Environnement
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Obama promet 300 millions de dollars pour nettoyer les Grands Lacs.

Bonjour,

Barack Obama promet une enveloppe de 300 millions de dollars pour restaurer le bassin des Grands Lacs. C’est beaucoup moins qu’attendu, crise financière explique. Mais c’est beaucoup mieux que l’effort consenti par ses prédécesseurs, selon l’avis des activistes environnementalistes. (1) Les Grands Lacs, quatrième littoral des Etats-Unis, sont une plaie environnementale. Un gros souci écologique partagé par le Canada.

Les Grands Lacs, un axe de colonisation.

Les Grands Lacs, étalés sur 1200 kilomètres d’Ouest en Est, partagés par huit Etats américains et deux provinces canadiennes, constituent l’une des plus grandes réserves d’eau douce de surface, 18% des ressources mondiales. Le lac Supérieur, le plus vaste, le lac Michigan, le seul assis en territoire américain, le lac Huron et le lac Erié, moins étendus, forment un réseau de mers intérieures reliées entre elles par des voies d’eau. Tous se jettent dans le fleuve Saint Laurent. Ce complexe hydrographique a porté le peuplement, et le développement des deux pays. (2) Les premiers explorateurs et colonisateurs européens ont utilisé ces voies navigables pour pénétrer à l’intérieur du continent. Dès le XIX°, des aménagements facilitent la navigation. Peu à peu, la région s’industrialise, des villes se constituent, l’agriculture se développe, et les forêts originales commencent à disparaître. Aujourd’hui, le dixième de la population des Etats-Unis et le quart de la population canadienne, tous dépendants des lacs pour leur eau potable, habitent  cet espace. Chicago, Detroit, ou Toronto signalent cette concentration humaine. Les industries, métallurgie, papeteries, chimie, automobile, l’ont colonisé. L’agriculture s’y est intensifiée, 7% de la production agricole des Etats-Unis, et 25% de celle du Canada. Si les pionniers, des trappeurs,  n’ont guère malmené cet écosystème, les vagues successives d’immigrants y ont laissé une empreinte durable. (2)(3)

L’ère des rejets.

Dans les années 60, on commence à établir un lien entre la dégradation du système des grands lacs et la colonisation. L’aménagement des terres, l’exploitation des forêts, l’urbanisation ont provoqué l’envasement des cours d’eau et des marais. Les zones portuaires sont des dépotoirs. Les villes et les industries souillent le réseau hydrographique. La prise de conscience des années 60 conduit à une amélioration dans les années 70. La pollution fait une petite pause, quelques espèces d’oiseaux et de poissons réapparaissent. Les Etats-Unis et le Canada s’accordent pour améliorer la qualité de l’eau. Malgré des règlementations plus strictes, le réseau  des Grands Lacs continue d’accumuler les résidus. (3)Après plusieurs décennies de maltraitance, l’écosystème a gardé la mémoire des produits chimiques toxiques, et celle des métaux lourds. D’autres nuisances s’y ajoutent. Les sels de déglaçage, qui servent à déneiger les routes, finissent à l’eau. Les eaux usées de l’agriculture et des villes continuent de s’y déverser. Les lacs offrent encore leurs vastes étendues aux pluies dénaturées par la pollution atmosphérique, principale ennemie du Lac Supérieur. L’invasion d’espèces malvenues, la moule zébrée, ou la carpe asiatique, menace gravement cet écosystème, et ses habitants. Autre source de pollution, une toxine issue d’OGM, très présents dans la région, s’accumulerait dans les sédiments du Saint Laurent.(4)

Accumulations.

Eaux souillées, espèces exotiques, sédiments chargés de toxines, habitats dégradés, algues invasives, les urgences s’accumulent. La carpe asiatique, qui menace d’envahir le Lac Michigan par les voies navigables, avec des conséquences désastreuses pour la chaîne alimentaire et les espèces locales, est l’une des priorités de l’Agence de Protection de l’Environnement ( EPA). La Commission des Grands Lacs, une agence qui représente huit Etats américains riverains et collabore avec les Canadiens, cherche des crédits pour réhabiliter le système des eaux usées, cause majeure de pollution dans les métropoles, Detroit, Cleveland, ou Chicago. L’EPA a déjà reçu plus d’un millier de requêtes, en provenance d’Etats, de communautés indiennes, de villes, d’universités, et d’autres lobbies, qui veulent de l’argent pour développer des projets de restauration. Les dossiers s’accumulent aussi.

M.J.

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(1) « Obama seeks $300 million for Great Lakes cleanup”, John Flescher, Seattlepi, 1-02-2010. http://www.seattlepi.com/business/1310ap_mi_budget_great_lakes.html

(2) Carte/ source : « Les grands lacs -Atlas écologique et manuel des ressources ». Rédigé conjointement par :Gouvernement du Canada Toronto (Ontario) et United States Environmental Protection Agency Great Lakes National Program Office -Chicago (Illinois) -3° edition

(3) Grand Lacs, Encyclopédie de l’Agora. http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Grands_Lacs

(4) Wikipedia, d’après un chercheur français, le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada, et l’Institut de recherche en biotechnologie de Montréal.


Publié par marlene le 5 février 2010 dans Non classé
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2 réactions à “Obama promet 300 millions de dollars pour nettoyer les Grands Lacs.”

  1. mutuelle
    8 février 2010

    La protection de l’environnement ne se résume pas simplement à des dépenses. Il faut aller plus loin, c’est-à-dire étudier les efforts législatifs et les plans d’action des provinces.

  2. marlene
    8 février 2010

    Vous avez tout à fait raison. Une politique environnementale a besoin d’être accompagnée. Reste à mettre en place les outils…Ce qui suppose aussi des délais. A noter que des initiatives locales, et régionales, se multiplient sans forcément attendre d’être encadrées sur le plan national.

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