Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Singapour, l’île qui manque d’eau.

Bonjour,

La République de Singapour est une petite île, une Cité-Etat située à l’extrême Sud de la péninsule malaise. C’est un tout petit bout de territoire, environ 680 km2, le plus petit Etat d’Asie du Sud-Est. C’est un espace très urbanisé, où 4, 5 millions de citoyens poussent les densités urbaines à 6826 habitants au kilomètre carré. C’est un Etat prospère, où l’espace en partie gagné sur la mer est compté, un espace sans ressources naturelles. L’île, pourtant généreusement arrosée par un climat tropical humide, deux moussons et un calendrier des pluies bien chargé, manque d’eau pour satisfaire ses besoins. La Cité-Etat, encore très dépendante de la Malaisie pour son approvisionnement, mise sur la recherche et la technologie pour produire une eau, « made in Singapore ».

La valeur d’une goutte d’eau.

Au début des années 80, Singapour amorce sa conversion environnementale. La cité contrôle sa pollution, surveille la qualité de l’eau de ses rivières,  planifie son industrialisation, et se dote d’un complexe sanitaire de haut niveau. Un réseau de distribution des eaux, des systèmes d’égouts, et des unités de traitement sont intégrés dans l’espace urbain. Cette conversion, très encadrée, fait de Singapour une « cité-jardin ». A la fin de la décennie 90, le gouvernement place un « approvisionnement en eau durable » au cœur de sa stratégie. La moitié de la ville est dédiée à la collecte des pluies. Les structures de traitement des eaux usées se multiplient, les techniques se perfectionnent. Aujourd’hui, près de 3000 km de canalisations évacuent les eaux usées. Le Deep Tunnel Sewerage System,   un nouveau complexe d’assainissement, prépare l’avenir d’une cité, sans doute plus peuplée. Depuis 2006, l’eau et l’environnement accompagnent le développement économique du pays. Le PUB, l’agence nationale de l’eau, qui contrôle l’ensemble du cycle, communique aussi beaucoup. Chaque citoyen doit connaître la valeur d’une goutte d’eau. (1) (2)

Quatre sources.

Aujourd’hui, quatre sources principales approvisionnent Singapour en eau. La pluie, récoltée dans une quinzaine de réservoirs. La dernière création, le Marina Barrage, fait beaucoup parler de lui. C’est le plus grand, 1/6° du territoire, un bijou d’ingéniosité. Ce réservoir d’eau, situé à l’embouchure de la rivière Kallang, communique avec la mer. Son eau saumâtre devrait se transformer en eau douce d’ici deux ans, grâce à l’apport de la rivière. A marée basse, lors de pluies violentes, l’ouvrage est conçu pour libérer l’excès d’eau vers la mer. A marée haute, un système de pompes devrait soulager la retenue des eaux superflues. Le Marina Barrage, qui devrait fournir 10% des besoins en eau de Singapour, est aussi conçu pour éviter les inondations qui se reproduisent dans les quartiers les plus bas de la ville, Chinatown, Boat Quay, Jalan Besar ou Geylang. Autre innovation du pays, la NEWater , une eau potable recyclée à partir de rejets domestiques, mise à l’épreuve par quantité de tests scientifiques. Elle est obtenue grâce à un double  processus de micro – filtration et d’osmose inverse, d’irradiation d’UV, un raffinement technologique qui en dit long sur les efforts déployés pour fabriquer de l’eau pure avec de l’eau souillée. La NEWater, qui couvre environ 15% des besoins en eau de la ville, pourrait rapidement doubler ses services.  Troisième source, l’eau de mer. L’unité de désalinisation, inaugurée en 2005, a la capacité de produire environ 10% des besoins quotidiens de Singapour. (2) (3) Quatrième réserve d’eau, la plus importante, l’Etat de Johor, situé en Malaisie voisine, 40% de l’eau de Singapour. Ce commerce fait l’objet de deux accords internationaux, l’un expire en 2011, et l’autre en 2061. (4)

Singapour travaille bien évidemment à une autosuffisance en eau, question de stratégie et d’intérêt national. Les moussons, la technologie, et la rationalisation des besoins, sont les meilleures alliées d’une politique déjà bien canalisée.

M.J

(1) « Dealing with Water Scarcity in Singapore », Institutions, Strategies, and Enforcement. July 2006. Environment and Social Department – East Asia and Pacific Region – The world Bank.

(2) “Gestion et Traitement de l’eau à Singapour : que retenir ?”  Daniel R. Thevenot, 20-12-2006 -Ambassade de France à Singapour – Service de Coopération et d’action culturelle –

(3) PUB http://www.pub.gov.sg/water/Pages/default.aspx

(4) “Key step to water adequacy”, Clarissa Oon, Straits Times, 24-06-2009.

Straihttp://www.straitstimes.com/Breaking%2BNews/Singapore/Story/STIStory_394640.html


Publié par marlene le 26 mars 2010 dans Asie du Sud-Est.,eau
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