Environnement
Un blog sur la géo-environnement

FAO: un point sur les forêts.

Bonjour,

La déforestation mondiale serait en baisse, sans pour autant s’arrêter. C’est le constat de la FAO qui livre son rapport 2010 sur l’état des forêts dans le monde. (1) Pendant la décennie 2000-2010, le rythme de la déforestation est estimé à 13 millions d’hectares par an, contre 16 millions pendant la décennie précédente. Avec des différences continentales. Les pertes les plus importantes sont enregistrées en Amérique du Sud et en Afrique, quand la superficie forestière stagne en Amérique du Nord et du Centre, et gagne du terrain en Europe et en Asie. Et des différences nationales. Moins de forêts sacrifiées au Brésil et en Indonésie, mais beaucoup plus en Australie, sous la double pression des sécheresses et des incendies. La perte contenue de la superficie mondiale des forêts s’expliquerait aussi par le reboisement et l’expansion naturelle des écosystèmes forestiers. La politique de plantation à grande échelle, orchestrée en Chine depuis la fin des années 70, compenserait les pertes forestières enregistrées en Asie et en Asie du Sud-Est.

Les forêts primaires , systèmes tropicaux denses et variés, épargnés par les activités humaines, représentent plus du tiers du couvert forestier mondial. Pénétrées et exploitées pour certaines essences, elles auraient perdu 40 millions d’hectares depuis 2000. Les forêts plantées, 7% du couvert forestier mondial, gagnent elles 5 millions d’hectares par an. En Asie, en Europe, en Amérique du Nord et du Centre, surtout. Un quart d’entre elles prospèrent grâce à des essences introduites. Environ 12% des forêts mondiales sont protégées, parcs nationaux, réserves d’animaux, ou espaces naturels. Une superficie sous surveillance qui gagne du terrain depuis les années 90.

Fonction économique et de survie. Environ le tiers des forêts de la planète sont destinées à la production  de bois et de produits forestiers non ligneux. L’extraction officielle de bois, stable depuis les années 90, serait gonflée par l’exploitation illégale. La FAO estime qu’environ la moitié du bois extrait est destiné à se chauffer. Environ 10 millions de personnes travaillent à la gestion et à la protection des forêts, quand probablement des millions d’autres, estimation difficile, dépendent de la forêt pour survivre. Fonction écologique. 8% des forêts mondiales sont affectées à la conservation des sols et des eaux. Les arbres permettent aussi de maîtriser les avalanches en montagne. Ils protègent les cordons dunaires, les côtes, et constituent un rempart contre la désertification. Les plantations chinoises, destinées à contenir la désertification, la dégradation des sols, la déperdition d’eaux dans toute la partie Nord du pays, ou à prévenir les crues du Yangtsé, ont fait progresser la surface mondiale des forêts utiles. Fonction socio-économique. 4% des forêts mondiales seraient destinées au tourisme, à l’éducation, et assumeraient une fonction socio-culturelle et spirituelle pour certaines communautés. Le Brésil consacrerait  1/5° de la superficie forestière aux populations qui en dépendent.

En lien la synthèse du rapport de la FAO, version PDF. http://www.fao.org/forestry/static/data/fra2010/KeyFindings-fr.pdf Au fait, à qui appartiennent les forêts ?  A tout le monde, 80% du couvert mondial. Les communautés, les particuliers, et les sociétés privées se partagent le reste.

M.J

Reboisement en Chine et arnaque. Des citoyens, encouragés à investir dans un programme de plantation d’arbres dans le nord de la Mongolie, région aride, ont été floués. Manifestation.

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(1) Evaluation des ressources forestières 2010.


Publié le 17 avril 2010 par marlene dans déforestation,FAO
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Kawamata, la possibilité des passages.

Bonjour,

La “passerelle” est une idée qui s’accroche à l’oeuvre de Tadashi Kawamata, artiste japonais qui invite le visiteur à reconsidérer les possibilités des paysages investis par ses créations de bois. En 1996,  à Barcelone, il installe une passerelle qui mène du Musée d’Art contemporain aux immeubles délabrés de la vieille ville. En 2000, invité du festival « Passavent » à Evreux, il imagine une construction circulaire surélevée qui relie quatre monuments épargnés par la Seconde Guerre Mondiale, autre point de vue sur le paysage urbain. De 2007 à 2009, à Lavaux-Sur-Loire, il met en œuvre la construction d’un long chemin de bois qui s’élève au dessus des marécages et des roseaux pour rejoindre une plate – forme surmontée d’une tour, avec vue sur le fleuve. Kawamata rend aux habitants du port de Lavaux un cours d’eau qui s’est, depuis longtemps, retiré du village. A l’automne 2009, à Bordeaux, invité du festival « Evento », il construit une nouvelle passerelle qui part de la Place des Quinconces, enjambe les trams et les voitures, pour finir au dessus de la Garonne. Ce pont offre une perspective nouvelle sur le paysage fluvial. Pour réaliser ses chemins, Kawamata utilise le bois brut, des essences locales. Il se soucie peu d’assembler parfaitement les planches. Ses créations sont appelées à disparaître. Ou à être recyclées.

Passerelle entre deux espaces, et passerelle entre passé et présent, Evreux, Lavaux-Sur-Loire. A Paris, en 1997, à la Chapelle Saint Louis de la Pitié Salpetrière, il empile les chaises et les bancs d’Eglise, un « Passage des chaises » qui invite le regard à s’élever vers la coupole, en évoquant l’histoire de tous ceux qui sont passés par là. A Saint Thélo, en Bretagne, il réalise « Mémoire en demeure ». Ce projet, conduit pendant trois étés successifs, de 2004 à 2006,  réhabilite trois maisons de tisserands, héritage d’une tradition du lin aujourd’hui disparue. En 2008, à Versailles, il bouscule l’architecture classique de la Maréchalerie en lui greffant une accumulation de cagettes de fruits et de légumes, construction éphémère et fragile.  Passerelle entre l’univers paisible de l’enfance et le monde pressé des adultes, les cabanes. En 2008, à New York, il installe quelques petites constructions de bois dans les arbres du Madison Square Park, invitation à une pause dans le tumulte de la vie urbaine. L’année suivante, il récidive à Berlin. Puis, en ce moment, sur la façade du centre Georges Pompidou, à Paris. Passerelle entre deux univers sociaux, deux réalités urbaines. Dans les années 90, à Tokyo, Chicago, Montréal, ou New – York, il bricole des abris de fortune, bois et carton, qu’il intègre dans le paysage urbain pour souligner la précarité des sans- abris. A Huston, à Ottawa, cité prospères, il pose des favellas au pied des gratte-ciels. La démarche artistique de Kawamata puise dans les relations sociales. Il passe du temps sur le terrain de ses interventions, s’entretient avec les habitants, les invite à participer, ou s’entoure d’étudiants pour réaliser des chantiers souvent longs à finaliser. Il travaille souvent sur le mode « Work in progress ».

En 1982, Tadashi Kawamata, diplômé de l’université des  Beaux Arts de Tokyo, est sélectionné pour la Biennale de Venise. C’est un jeune artiste de 28 ans. Il a déjà exploré quelques possibilités de la capitale japonaise, assise sur une zone sismique, soumise à l’éphémère, et toujours en construction. Au fil des villes, Barcelone, Berlin, Paris, Rome, Montréal, New-York, Tokyo, Toronto, il enrichit le long catalogue de ses interventions environnementales. En 2005, il quitte Tokyo pour enseigner à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. En février 2008, le Musée d’Art contemporain de Tokyo  lui ouvre ses galeries pour une exposition/ rétrospective intitulée : « Tadashi Kawamata : Walkway ». « Passage pour piéton ». A cette occasion, il confie au Japan Times : « J’ai étudié la peinture à l’huile, mais je n’ai jamais vraiment été intéressé par la peinture. J’aimais juste me tenir debout devant une toile dans un atelier. (…) Les gens observaient les modèles, puis regardaient la toile, puis revenaient, ils se déplaçaient constamment entre les toiles. J’étais vraiment intéressé par le passage entre ces « murs » et ce mouvement constant. C’était plus intéressant que n’importe quelle peinture. » (1)

M.J

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(1) Tadashi Kawamata , ”Human reeds swaying in a museum maze”, Donald Eubank, 28-02-2008. Japan Times. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/fa20080228a2.html


Publié le 13 avril 2010 par marlene dans Architecure.,Art,Ville
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« La laiterie du Berger », la petite entreprise de « Baba ».

Bonjour,

“ La laiterie du Berger” est une petite entreprise familiale qui a réussi le pari d’exister au Sénégal, un pays où le négoce du lait est compliqué, un pays qui importe plus de la moitié de sa consommation. Ce petit projet de développement, économique et humain, porte peut-être l’espoir, même lointain, d’une vraie production nationale.

Production locale, packaging européen.

« La particularité de la Laiterie du Berger est qu’elle achète son lait sur place, auprès des éleveurs locaux alors que les autres travaillent à partir de lait en poudre importé. », explique Bagoré Bathily, le directeur, sur le site de l’Agence française de Développement (AFD), partenaire financier du projet. (1) Le lait frais est collecté, matin et soir, dans le village de Ronkh, près de Richard Toll, dans le Nord du Sénégal, à la frontière de la Mauritanie. Une politique d’insémination a dopé la production. Mais, l’une des prouesses du projet a sans doute été d’impliquer des éleveurs peuhls, semi-nomades, habitués à un petit élevage transhumant, dans une collecte de lait efficace. La transformation, lait frais pasteurisé, lait caillé, ou yaourt, est réalisée dans une usine située à proximité. Suivi vétérinaire des bêtes, collecte sous contrôle, ou conditionnement des produits, la chaîne de l’hygiène est respectée. La production, packaging européanisé, est ensuite acheminée vers Dakar, une métropole habituée au lait en poudre importé de France et de l’Union européenne, consommé en boisson diluée et en yaourt. Faute de pouvoir bousculer les habitudes alimentaires de tous les Dakarois, question d’échelle et question de prix, la Laiterie du Berger satisfait une clientèle plutôt aisée, soucieuse de consommer local. L’entreprise, qui peut transformer jusqu’à 10.000 litres de lait frais par jour, emploie une cinquantaine de personnes, et implique 600 éleveurs, chiffres de l’AFD. L’élevage, envisagé comme une épargne, un vache c’est de l’argent, ou signe de prestige social, est aussi devenu source de revenus : « Avant, j’étais obligé de vendre mes vaches pour subvenir à mes besoins. Aujourd’hui, c’est la vente du lait qui me le permet. » (1) L’histoire de cette petite laiterie industrielle raconte qu’il est possible de tirer parti de l’élevage local pour réduire la dépendance alimentaire.

Elevage dispersé.

Avec plus de trois millions de têtes de bétail, chiffres de 2005, l’élevage sénégalais affiche un potentiel. (2) La production locale, estimée autour des 120 millions de litres de lait par an, un peu moins du tiers de la consommation actuelle, empêchée par contraintes géographiques, climatiques, ou culturelles, pourrait sans doute faire mieux. .(3) Dans une communication sur le sujet, Awa Diallo – à la tête d’une structure qui regroupe 20.000 femmes engagées dans l’élevage, le DINFEL – liste les difficultés d’une filière locale, essentiellement nourrie par un élevage extensif basé sur la transhumance. Au Sénégal, la production est faible, irrégulière car tributaire des saisons et des pâturages. Les troupeaux sont éclatés dans la zone sylvo-pastorale du Nord-Est, le Ferlo, dans le Bassin arachidier, et au Sud. Ils sont éparpillés au gré des villages, des campements d’éleveurs, ou séparés par la transhumance. Le lait est difficilement collecté au bout de routes pas toujours praticables. Autre contrainte, le climat, qui altère vite une production qui manque de camions frigorifiques. Et handicap de taille, un bétail génétiquement peu performant pour le lait. Même si le secteur se modernise, la Zone des Niayes où de petites entreprises visent le marché dakarois, quelques villages du bassin arachidier orientés vers un élevage plus intensif et la sélection des bêtes, une filière de lait reste à mettre en place à l’échelle nationale. Quelques précurseurs ont essayé, l’Union des Coopératives de Saint Louis dans les années 70, le GIE Coplait des Niayes dans les années 80, ou plus récemment, Nestlé, implanté dans la zone sylvo-pastorale, avec une dizaine de centres de collecte équipés de réservoirs et de frigos. Mais, faute d’une production suffisante et régulière, ou vaincus par la concurrence de la poudre de lait importé, tous ont jeté l’éponge.(4)

Politique fiscale, ou insémination.

En 2008, c’est la crise alimentaire. L’envolée du prix du lait importé fait naître quelques espoirs chez les professionnels sénégalais. La production locale, débarrassée de sa concurrente étrangère pourrait, enfin, devenir compétitive Avec un petit coup de pouce de l’Etat. Manque de chance, le gouvernement sénégalais détaxe les importations, cadeau fait au lobby laitier, mais condition d’un lait accessible au plus grand nombre dans les boutiques de quartiers. Entre 2008 et 2010, la facture de produits laitiers achetés en Europe hésite entre 40 et 50 milliards de CFA, soit 60 à 80 millions d’Euros.(3)(5). Pendant ce temps, les taxes continuent de plomber les laiteries locales. Un article publié par Le soir de Bamako, daté de novembre 2008, détaille les amertumes de la filière sénégalaise. (3) S’il est question des charges infligées aux petits industriels locaux, handicap pour développer la filière, il est aussi question d’espoir et d’indépendance alimentaire. « Nous sommes en mesure de couvrir, en moins de dix ans, les besoins du pays en lait, si la volonté politique se manifeste. », optimise Bagoré Bathily. « Moins de dix ans », espoir repris par Awa Diallo, la Présidente du DINFEL, qui attend que le gouvernement « mette en place un véritable programme de développement laitier ». Côté gouvernement, Malick Faye, alors Directeur au Ministère de l’élevage, partage aussi cet espoir, « une dizaine d’années »…« si le rythme actuel de l’insémination artificielle suit son cours, la facture des importations de lait devrait progressivement connaître une forte baisse, sans même l’intervention de l’Etat. »  Heureusement, Bagoré Bathily, entrepreneur, endetté, est aussi vétérinaire.

M.J

« Baba » évoque son projet….

http://www.dailymotion.com/videox9j1p3

(1) « La laiterie du Berger : Appuyer une PME et développer la production locale de lait. » Agence française de Développement, http://www.afd.fr/jahia/Jahia/lang/fr/home/Portail-Projets/pid/11101

(2) «Aperçu de l’agriculture sénégalaise », http://www.au-senegal.com/L-agriculture-senegalaise.html

(3) « Importations de lait au Sénégal : Les producteurs nationaux “boivent la tasse », Oumar Diawara, Le Soir de Bamako, 21-11-2008. http://www.malijet.com/actualite_economique_du_mali/importation_de_lait_au_senegal_les_producteurs_nationaux_boivent.html

(4) « La filière lait au Sénégal : enjeux et perspectives »- Communication présentée par Madame Awa Diallo, Présidente du Directoire National des femmes en élevage du Sénégal à l’occasion de la Table Ronde de New Delhi sur le lait., 4-08-2009- Document WORD.

(5) Sénégal-business. Production laitière: une politique nationale pour réduire les importations. http://senegal-business.com/2010/04/production-laitiere-une-politique-nationale-pour-reduire-les-importations/


Publié le 7 avril 2010 par marlene dans Afrique,Agriculture.,crise alimentaire
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