Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Capannori, un label pour le « Zero Waste ».

 

Bonjour,

 

En 2007, la petite ville de Capannori en Toscane , une région située au Centre-Ouest de l’Italie, choisit l’option « Zero Waste ». « Zéro Déchet ». Cette stratégie, qui secoue le concept d’une poubelle bonne à tout recevoir, vise à éliminer la production de déchets superflus, et à recycler ceux qui s’accrochent à notre quotidien. Depuis 6 ans, et le début de cet engagement, la communauté de Capannori, environ 46.000 âmes, a réduit de 30% sa production annuelle de déchets. Elle recycle 82% des rejets de ses habitants. La population, convertie à cette transition écologique et impliquée dans le processus, a permis cette petite « révolution des poubelles ». Tout commence en 1997, un projet d’usine d’incinération, prévu en périphérie de Capannori, commence à fabriquer une assemblée de contestataires. Rossano Ercoloni, instituteur de métier et sensible aux options écologiques, est un résistant engagé. Il réunit ses concitoyens, les informe sur les désagréments et les risques liés au processus d’incinération. Mais Rossano Ercoloni voit aussi plus loin. Depuis 2007, la ville, en avance un calendrier qui prévoyait 70% de déchets recyclés en 2015, vise  le « Zéro Waste » à l’horizon 2020. (1) (2) (3)

 

Ojectif éthique.

 

 « Zero Waste » est une vision qui développe une stratégie et des moyens pour éliminer les déchets. L’élimination plutôt que la gestion. Cette réflexion  considère que les résidus produits par nos sociétés signalent l’inefficacité de notre système de production. Ils témoignent aussi d’un manque de solidarité vis-à-vis des générations à venir. Ce sont elles  qui devront gérer les conséquences environnementales de l’accumulation de nos rejets. L’alternative « Zero Waste » nous propose de repenser nos sociétés, et leur fonctionnement. Elle ambitionne de faire disparaître les déchets superflus. Et donner une seconde vie aux autres : réutiliser, réparer,  recycler, ou convertir en compost, une transformation qui permettra de les introduire à nouveau dans le système. Et tout ce qui ne peut pas être réparé, recyclé, ou réduit en compost, doit être à nouveau conçu et remplacé pour pénétrer sur le marché, ou interdit. (4)  Sur le site Zero Waste International Alliance, la définition qui fait autorité ajoute une dimension vertueuse au projet : « Zéro déchet est un objectif éthique, économique, efficace et visionnaire, pour guider les gens vers un changement de mode de vie et des pratiques qui imitent les cycles naturels durables, où tous les matériaux mis au rebut sont destinées à devenir des ressources à utiliser par d’autres. ». Elle insiste sur les bénéfices de cette pratique : « La mise en œuvre du Zéro Déchet permettra d’éliminer tous les rejets dans le sol, l’eau ou l’air qui sont une menace pour la planète, l’humanité, le règne animal ou végétal ».

 

Réduire les déchets qui résistent.

 

Les rues de Capannori, désormais débarrassées de leurs vieilles poubelles, obéissent à une collecte des ordures au porte-à-porte. Chaque famille reçoit containers et sacs plastiques de différentes couleurs,  afin de séparer et trier les déchets. Et si l’on se trompe de bac ou de sac, celui au contenu inapproprié qui reste sur le bord du trottoir, on se fait expliquer à nouveau. Mais cela n’arrive plus. Entre 2004 et 2007, cette formule de tri sélectif a permis de recycler près de 257.000 tonnes de déchets. La quantité de déchets résiduels, ceux qui résistent au tri, a été réduite de 10.000 tonnes. La collecte de papiers usagés, puis recyclés, aurait épargné quelques milliers d’arbres, économisé près de 3 millions de litres d’eau, et évité plus de 900 tonnes de rejets de CO². Le gain financier de cette collecte sélective – estimé pour l’année 2007 sur la base du coût moyen d’une tonne de déchets non triés dans la province de Lucca – s’élèverait à plus de 2 millions d’Euros. Ce système de ramassage a encore permis de créer une trentaine d’emplois. Et le fait de dispenser la ville d’une infrastructure classique a encore fait baisser les taxes sur les ordures ménagères. (5) La distribution de sacs gris, destinés aux déchets non recyclables, dotés d’un système de reconnaissance et de pesage, devrait permettre de taxer chaque famille, en fonction du volume annuel produit. Une incitation à réduire un peu plus. Nouvel objectif de ce « Zero Waste », analyser les déchets non recyclés, les 18% restants, pour en connaître la cause, et minimiser leur empreinte. Une partie de la réponse pourrait se trouver en amont, dans une chaine de production encore très accroc aux plastiques et aux emballages. Et pour éviter le superflu, Capannori est en guerre contre l’eau achetée au supermarché, et les bouteilles plastique qu’elle suppose. La municipalité, qui fait campagne pour l’eau distribuée dans la ville, a fait restaurer et purifier une quinzaine de fontaines publiques. Dans les écoles et les administrations, on boit désormais de l’eau du robinet. (1)

 

L’exemple du Sud.

 

Capannori a fait école . En Italie, 123 municipalités ont engagé plus de 3 millions d’habitants dans une stratégie « Zéro Waste ». Le modèle est imité dans une centaine de villes espagnoles, au Pays basque et en Catalogne. En 2002, les décharges de la province basque de Guipuzcoa débordent, les Autorités proposent deux incinérateurs. Trois villes, Usurbill, puis Hernani et Oiartzun, adoptent le « Zero Waste ». La collecte au porte-à-porte de ces déchets urbains triés dépasse aujourd’hui  70% du total. Dans les pays de l’Union européenne, environ 40% des rejets ont droit à une seconde vie, environ 40% finissent à la décharge, et le reste est détruit par incinération. L’Europe, dont les structures soutiennent assez mollement le recyclage au profit de l’incinération, s’est cependant engagée à reconvertir la moitié des déchets municipaux solides en 2020. En avril dernier, Rossano Ercoloni a reçu le Goldman Environmental Prize, prestigieux prix d’environnement, pour sa vision éclairée de la gestion des déchets, et son travail de terrain. En 2013, il préside le mouvement Zero Waste Europe.

 

M.J

 

 

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(1) “Pioneering Italian Town Leads Europe in Waste Recycling”,Silvia Giannelli, IPS,17-05-2013 http://www.ipsnews.net/2013/05/pioneering-italian-town-leads-europe-in-waste-recycling/

(2) « Rossano Ercolini, president of Zero Waste Europe 2013 wins the Green Nobel award », Zero Waste Europe,  Posted on 04/15/2013 http://www.zerowasteeurope.eu/2013/04/rossano-ercolini-president-of-zero-waste-europe-2013-wins-the-green-nobel-award/

(3) “Capannori :the first Italian “Zero waste” municipality”, WASMAN, Newsletter N.7- March 2011 http://www.wasman.eu/media/uploads/newsletters/7th_wasman_newsletter.pdf

(4)« Principles ZW Europe », Posted on 05/08/2009 http://www.zerowasteeurope.eu/about/principles-zw-europe/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié par marlene le 13 juin 2013 dans déchets,pollution.,Préjudice écologique,Recyclage
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