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Bonjour, Je m’appelle Marlène Jaulin. Je suis géographe
A vrai dire, j’ai plutôt travaillé sur les questions migratoires, la géohistoire, et la géopolitique, sur l’Australie, puis sur la Pologne. Cette « parenthèse polonaise » me semble bien loin aujourd’hui. En 2000, j’ai fait un petit voyage à Moscou, histoire de dire au revoir à ces paysages post – communistes. Histoire de tourner la page.
En 2002, je suis partie pour l’Afrique. Atterrissage à Nouakchott, en Mauritanie, une ville coincée entre mer et désert, une impression de ville provisoire, un décor de science fiction. J’ai travaillé comme géographe pour une étude financée par la Banque mondiale, sur les risques de submersion de la ville de Nouakchott, en cas d’élévation du niveau de la mer. Nous sommes en plein sujet ! C’est à Nouakchott, en suivant un géologue pour mesurer les brèches du cordon littoral qui ne protège plus la ville des inondations, en regardant les coquilles abandonnées près de la plage par d’antiques migrants affamés en route vers le Sud, et en arpentant le désert alentour pour trouver des carrières de coquillages destinées à la construction des maisons, que j’ai renoué avec une géographie de terrain. C’est ce géologue, Salem, un Mauritanien, qui m’a montré la limite végétale, fluctuante, entre le désert du Sahara et le Sahel. Ensuite, il y a eu Dakar, le Sénégal, et une partie de l’Afrique de l’ouest, Gambie, Guinée Bissau, Guinée. Sujet : la protection du lamantin ouest africain, habitant des zones humides de l’espace tropical Atlantique. Zoom sur les zones humides, écosystèmes riches et productifs, dégradées par les sécheresses successives des années 70 et 80, perturbées par les infrastructures inadéquates, et souvent sur - exploitées par les communautés riveraines. Pauvres. Encore dans le sujet, les zones humides, là où il y a de l’eau, il y a de la vie. En Basse Casamance, j’ai découvert l’importance écologique des systèmes de mangrove, réserve de poissons, d’oiseaux, habitat d’une faune variée. Le temps de constater que la déforestation de la mangrove, déjà agressée par les sécheresses antérieures et gagnée par le sel, continue. Le bois de palétuvier, utilisé comme bois de chauffe et de construction, constitue une ressource accessible pour ces communautés démunies. Certains font même commerce de ce bois. A terme, les communautés risquent de voir disparaître cette ressource naturelle, source de revenus, et cadre de vie. Non loin, près de la frontière avec la Guinée Bissau, le Parc Naturel de Basse Casamance offre des « écosystèmes de mangrove remarquables », commente mon accompagnateur. Ce Parc, truffé de mines anti – personnel, est abandonné depuis plus d’une décennie, pour cause de conflit. Entre les deux, il existe sûrement une gestion raisonnable de la ressource.
Je me suis parfois demandée pourquoi j’avais choisi la géographie. Je pense que j’aime voyager. D’ailleurs, il reste toujours un petit coin de paradis dans les Marlborough Sounds, un paysage de fjörds glaciaires dans l’Ile sud de la Nouvelle Zélande.
5 réponses à ce jour ↓
1 Véronique Dupuis // 10 jan 2007 le 7:41
Bonjour Marlène ! Je suis géographe et je fais présentement une recherche sur la géomorphologie côtière de Tuvalu et sur l’érosion côtière que ce pays subit. Tu cites dans ton article comme référence “Nature, avril 2006″. J’aimerais savoir si tu pouvais me donner la référence exacte de cette source. Tu peux me l’envoyer par e-mail, si cela te convien.
Merci beaucoup !
Véronique Dupuis
2 L'oeil du cyclone // 5 avr 2007 le 6:10
Un peu de promotion pour le droit de l’environnement
http://avecvuesurlaterre.blog.lemonde.fr/
3 DIATTA M. // 2 mai 2007 le 4:38
salut
je suis également géographe. je travail dans le cadre de mes travaux de recherche sur la problématique de l’accès à l’eau dans une zone humide de la Basse Casamance: la communauté rurale de Kafountine. Je voudrais vous dire la passion que j’ai moi aussi de la géographie. C’est une discipline vivante qui serve à l’humanité. Je veut aussi dire que cette partie de la Casamance attire beaucoup mon attention parce que tout simplement frappée par la crise qui a desructuré les modes de vie et accentué la pauvreté. Les îles Karones, Bliss et petit Kassa meurent de soif à cause de la salinisation de ses terres et de ses nappes.
Je lance un appel à toute bonne volonté de se joindre à moi en vue de créer une initiative d’aide au îles.
Le nom de l’initiative: “La Géographie au service des Pauvres”
Si cela vous intéresse, réagisez.
OK. Dîtes m’en plus…Je connais la Basse Casamance, Kafountine, et les îles Karones. Sur le terrain, en Basse Casamance, j’ai enquêté auprès des communautés sur l’historique des zones humides - enquêtes destinées à servir un autre projet -. Le problème d’une salinisation des milieux - résultat d’un processus complexe - était au centre des conversations. Par exemple, les “Vieux” évoquaient la mangrove d’antan, un “paradis” d’avant la “salinisation”, un habitat de rêve pour la biodiversité….
4 Lamine DIA // 5 nov 2007 le 5:43
Bonsoir Marlène.
Et salut a vous tous. Moi aussi je suis géographe environnementaliste. En ce moment je travaille avec des australiens sur la zone côtière de Kafountine. On fait de la prospection minière de sables lourds titaniféres (Zircon, Ilménite, Titane). Je serais ravi de collaborer avec d’autres géographes afin de discuter et d’échanger des idées.
Merci.
Bonjour Lamine,
Je ne savais pas que les Australiens faisaient de la prospection en Casamance. Soyez un géographe vigilant, ce serait dommage de gâcher cette belle frange côtière…Je compte sur vous!
5 Sambou Joseph // 6 jan 2008 le 9:48
Bonsoir Mesdames, bonsoir Messieurs ! Je ne suis pas un geographe pour faire un commentaire au sujet de ce propléme , Mais étant resortissant de cette zone , je suis trés heureux d’entandre des personnes de bonne volonté que vous êtes qui se préoccupent ou s’occupent de ce probléme dont la vie en générale ne sera bientôt impossible dans cette zone si rien ne ce fait . Au nom de toute la population des îles, je vous remercie et comptons beaucoup sur vous .
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