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Après Kyoto, Bali.

3 décembre 2007 · Pas de commentaires

Bali.

Bonjour,

Bali, c’est parti! Depuis ce matin, l’Indonésie accueille la Conférence de l’ONU sur le climat. Deux semaines de négociations pour décider de l’après- Kyoto, qui expire en 2012. Deux semaines de discussions pour convenir d’une stratégie, commune et efficace, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et limiter les effets du réchauffement. Et première bonne nouvelle, l’Australie de Kevin Rudd, nouveau premier Ministre, adhère au protocole de Kyoto.


Le Protocole de Kyoto, crée en 1997, devient effectif en 2005, après l’adhésion de la Russie. Il engage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% entre 2008 et 2012, par rapport à 1990. Les Etats - Unis, pourtant signataires de Kyoto, ont toujours refusé de se soumettre à ses objectifs, par souci de leurs intérêts industriels et pétroliers. Ce refus, nuancé par l’activisme de nombreux élus américains engagés localement en faveur du climat, isole les Etats -Unis, fraîchement lâchés par l’Australie. Le Canada, qui avait pourtant choisi de ratifier le traité, n’a pas mis beaucoup d’enthousiasme à honorer ses engagements. Georges Bush, qui refuse toujours les contraintes en matière de réduction de gaz à effet de serre, donne l’impression de lâcher un peu.
L’Union Européenne, qui a ratifié Kyoto en 2002, n’a pas accompli de miracle. Pour coller à ses engagements, elle doit encore réduire ses émissions de 8%, par rapport à 1990 et d’ici 2012. C’est à dire qu’il va lui falloir être imaginative et efficace pour arriver à une réduction de 20% d’ici 2020, comme elle s’y est engagée en mars dernier. Bon point pour l’Europe, la motivation des Allemands, et un enthousiasme affiché.

Les pays en voie de développement, qui n’ont guère participé à l’accumulation de CO² dans l’atmosphère, qui doivent surtout rattraper leur retard économique, échappent aux engagements de Kyoto. Un privilège contestable qui accompagne le développement de la Chine et l’Inde, signataires de Kyoto. La Chine, qui tourne au charbon pour servir son boom économique, est en passe de devenir le plus gros pollueur de la planète. Dans cette course à la pollution, l’Inde n’est plus très loin derrière. Pendant ce temps, le Brésil et l’Indonésie sacrifient leurs forêts primaires, pièges à carbone, à l’exploitation et aux cultures industrielles.

L’une des grandes inconnues de Bali reste la motivation de ces grandes puissances pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Le dernier rapport du PNUD suggère qu’après 2020, les pays en voie de développement devraient réduire leurs rejets de 20%, par rapport à 1990 et d’ici 2050. Le Brésil et l’Indonésie ont déjà proposé que les forêts tropicales, épargnées par la déforestation, figurent dans ce nouveau contrat climatique. La Chine, officiellement préoccupée par les questions d’environnement et de climat, promet une sobriété énergétique. L’Inde refuse tout engagement.

Peu avant l’ouverture de la conférence de Bali, Yves de Boer, responsable de la Convention Climat de l’ONU, soumettait le succès de Bali à trois conditions: “Une décision pour lancer les négociations, un calendrier pour ces négociations, et une date en 2009 pour conclure.”(1) C’était sans doute tenir compte du climat de Bali, 28°C, humidité insupportable, atmosphère suffocante…

M.J

(1) AFP/ Le Monde, 17 -11 -2007.

Tags: Actualité · Climat

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