Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le mystérieux voyage des Aborigènes.

Bonjour,

Entre l’arrivée des Aborigènes, il y a au moins 40.000 ans, et celle des Européens, à la fin du XIX° siècle, l’Australie a sans doute connu d’autres visites. Une étude menée par une équipe d’anthropologues de l’Université de Leipzig, en Allemagne, vient bousculer l’idée d’une île-continent, solitaire et ignorée depuis son peuplement initial. (1) Irina Pugach et ses collègues ont mis en évidence la présence d’un gène substantiel reliant des populations indiennes et australiennes, dont l’origine remonterait à 4000 ans. Au cours de l’Holocène, ou plus précisément, vers 4230, un gène aurait voyagé entre le sous-continent indien et le continent austral. Cette migration se serait accompagnée d’un changement de nourriture et de technologie. C’est à cette période que seraient apparues des flèches en pierre. C’est aussi à cette période que seraient arrivés les dingos , désormais inscrits dans la mémoire fossile du territoire. Les auteurs, qui soulignent la concomitance entre l’afflux de gènes en provenance d’Inde et l’évolution qui s’opère en Australie, formulent  l’hypothèse d’une relation entre ce moment migratoire et l’évolution en cours. Plus près des origines du peuplement, les anthropologues ont  mis en évidence une origine commune entre les populations d’Australie, de Nouvelle Guinée, et les Mamanwa, une population noire des Philippines. Groupes qui se seraient séparés il y a environ 35.000 ans. Cette hypothèse suggère une migration ancienne par une route Sud, en provenance du continent africain. Alors que les autres populations seraient arrivées plus tardivement, lors d’une migration dispersée. Cette analyse révèlerait encore que populations d’Australie et de Nouvelle Guinée se seraient quittées assez tôt dans l’histoire de Sahul. Et non pas, comme le suppose une autre hypothèse, il y a 8000 ans, quand l’élévation du niveau de la mer isole définitivement Australie et Nouvelle Guinée. Le Sahul, territoire qui unit Tasmanie, Australie, et Nouvelle Guinée, aurait été la porte du  peuplement originel aborigène. (1)

 

Entre Sahul et Sunda     

L’Australie, qui connait un peuplement continu depuis plus de 40 000 ans, serait l’un des premiers berceaux de l’humanité. Antériorité partagée avec l’Afrique. Puis, les hypothèses se croisent. Avant les années 1950, on suppose que les Aborigènes arrivent seulement il y a 10.000 ans. Quelques années plus tard, le carbone 14 aide les scientifiques à remonter le curseur de l’histoire jusqu’à au moins 40.000 ans. Les côtes du territoire australien sont alors accessibles, et le carbone 14 ne peut guère en dire plus. Mais l’hypothèse d’une colonisation vieille d’au moins au moins 40.000 ans, datation flexible, est retenue. (2) Concernant la genèse du peuplement, deux théories s’opposent dès la fin du XIX° siècle. La première propose multiples origines au peuple aborigène. La seconde retient une population souche, avant essaimage. Dans les années 60, l’anthropologie énonce une triple origine, c’est la théorie du  « Trihybride ». Balayée plus tard par d’autres études. La linguistique, qui établit une parenté entre l’extraordinaire diversité des langues et langages aborigènes, renforce l’idée d’une population « souche ». Michel Charleux, ethnologue de la Préhistoire qui écrit sur l’origine du peuplement aborigène dans l’ouvrage « Australie Noire »  – éditions Autrement 1989 -, déplace – avec d’autres chercheurs – le berceau aborigène en Asie du Sud- Est.(3) Si la mer reste un obstacle qui sépare le Sahul – Tasmanie, Australie, Nouvelle Guinée  – du Sunda – le  Sud-Est asiatique dont seraient originaires les Aborigènes – l’aventure n’apparaît  pas impossible. Ils ont pu, grâce à des embarcations, franchir cette distance finalement pas si longue. Michel Charleux, qui s’appuie sur les travaux antérieurs, retient l’hypothèse d’un peuplement remontant à environ 55.000 ans, alors que les eaux sont basses. Pendant 10.000 ans, ce noyau initial de cueilleurs-chasseurs, doucement gonflé par la démographie, en quête de nouveaux territoires et de plus gros gibiers, qui développe technologies et connaissance des milieux, essaime sur le territoire australien. La terre est immense, le peuplement diffus, mais la colonisation progresse. Les fouilles montrent qu’il y a 20.000 ans, les Aborigènes pratiquent l’ensemble du territoire australien. Cet article, qui rappelle la difficulté du terrain et des recherches, balaie les hypothèses d’un  peuplement initial à partir de la Mélanésie et de la Polynésie, « colonisées tardivement ». (3) Mais il annonce clairement : « Une origine africaine est inconcevable, reste l’hypothèse d’un peuplement asiatique. » (3)

 

Doutes.

Des chercheurs australiens commentent les résultats obtenus par l’équipe de Leipzig dans Australian Geographic. Jeremy Austin, Professeur associé à l’Université d’Adelaïde, salue l’idée de relations commerciales et migratoires anciennes entre l’Australie et l’Asie, hypothèse antérieure avalisée par l’étude. Plus critique, il remet en cause l’origine des Dingos, originaires selon lui, du Sud Est asiatique insulaire. Et non de l’Inde. La relation entre une migration indienne génétiquement prouvée, l’arrivée de nouvelles technologies, et l’apparition des dingos, reste cependant à fouiller. Joe Dortch, enseignant à l’Université de Perth  -Western Australia -, s’interroge, lui, sur la nature des relations entre Indiens et Australiens, mouvement migratoire ou contact occasionnel ? Il doute : « Il n’est pas possible de dire comment la relation avec l’Inde a surgi. » L’article pointe un autre point sensible: un échantillonnage génétique sur un vaste espace du Territoire Nord, peut-être pas représentatif d’autres populations aborigènes. (5). L’origine des Aborigènes d’Australie, noyau initial enrichi d’autres populations, reste une énigme plus ou moins résolue…

 

 

M.J

 

 

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(1) Publication originale:

Irina Pugach, Frederick Delfin, Ellen Gunnarsdóttir, Manfred Kayser, Mark Stoneking

Genome-wide data substantiates Holocene gene flow from India to Australia

PNAS, Online Early Edition, January 2013

Résumé: http://www.mpg.de/6818105/Holocene-gene-flow_India-Australia

(2) Wikipedia Australian Archeology, http://en.wikipedia.org/wiki/Australian_archaeology Préhistory of Australia Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Prehistory_of_Australia

(3) » Australie noire »,   Les Aborigènes, un peuple d’intellectuels, Sylvie Girardet, Claire Merleau Ponty, Anne Tardy (Dir), Monde, Mars 1989 « 40 000 ans déjà », Michel Charleux, p70 à 73.

(4)Northern Australian aboriginals may have had contact with Indian migrants 4000 years ago, says study.”, Alice McRae with AAP, 15-01-2013. http://www.australiangeographic.com.au/journal/aboriginal-genetic-study-suggests-indian-migration.htm


Publié le 22 janvier 2013 par marlene dans Afrique,Asie du Sud-Est.,Australie aborigène.,Inde,Migrations.
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FAO: une cuisine aux « petits cocons ».

Bonjour,

Khamlai Chathavong maîtrise désormais les techniques de reproduction et d’élevage d’insectes, destinés à l’alimentation. Il est l’un des sept agriculteurs sélectionnés pour un projet pilote, mené en collaboration par le Département d’Agriculture de l’Université nationale du Laos et la FAO, l’Organisation mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture. L’idée est simple. Développer la consommation d’insectes pour faire reculer la faim. Le terrain s’y prête. Au Laos, où crickets, scarabées, vers, et  fourmis s’affichent sur les menus des restaurants, 95% de la population consomme des insectes. Et dans un pays où la malnutrition des moins de cinq ans galope, les insectes offrent une source de protéines, de graisses, de fer, de calcium, et de vitamines à bas prix. Autre vocation du projet, créer une petite industrie, génératrice de revenus pour les plus pauvres. « Si les fermiers développent ces nouvelles techniques, ils peuvent vendre des crickets, des scarabées de palmiers, des vers de farine, ou des fourmis de tisserands, trois ou quatre fois par an, alors que les méthodes traditionnelles ne leur permettent qu’une à deux récoltes par an. », commente Khamlai Chathavong. (1) L’Université de Ventiane vient de former une vingtaine d’autres agriculteurs à la « culture » d’insectes. Pour l’année 2011, quatre séminaires sont prévus, dans la capitale et en province. Avec un mot d’ordre: diffuser ces techniques d’élevage et de marketing, tout en informant sur les valeurs nutritionnelles des insectes. Dans un pays où chaque province a ses habitudes de consommation et d’élevage, il s’agit de convertir le plus grand nombre à un entreprenariat efficace. (1)

Nourriture de base ou snack.

Les laotiens ne sont pas les seuls à consommer des insectes. Dernier recours contre la faim, nourriture de base, ou met délicat, le catalogue des insectes comestibles hésite entre 1400 et 1700 espèces. L’entomophagie, qui désigne la consommation d’insectes sans vraiment réussir à les rendre appétissants, se décline dans plus de 90 pays dans le monde, en Afrique, en Amérique du Sud, ou en Asie du Sud-Est. Le Malawi, la Zambie, et la République du Congo mangent des chenilles collectées dans les bois. La Nouvelle Guinée déguste des larves de Sago. Et depuis très longtemps, la Chine goûte le ver à soie. Dans beaucoup de cultures, désormais offertes à une consommation plus aseptisée, les insectes sont devenus dégoûtants. D’autres sont restées fidèles à cette pratique nutritionnelle. Et dans certaines périphéries des grandes villes du monde en développement, les insectes nourrissent le souvenir d’une vie simple et saine à la campagne. Historiquement, la plupart de ces insectes sont collectés dans les forêts environnantes. Une nourriture locale qui répond à l’envolée des prix alimentaires, à une agriculture émettrice de CO², de plus en plus contrariée par les effets du changement climatique. La FAO mise sur cette ressource locale pour nourrir les affamés, créer des revenus, et protéger la biodiversité. En Afrique centrale, les brûlis saisonniers préservent les colonies de chenilles, qui figurent au menu traditionnel. La FAO fait aussi l’éloge de la Thaïlande, où elle développe le commerce du cricket depuis 1999, en collaboration avec l’Université de Khon Kaen, dans le Sud-Est du pays. Les communautés ont été formées à une activité bon marché, facile à mettre en place, nécessitant peu d’espace, qui commence à tourner. Dans la région de Khon Kaen, 4500 familles élèvent des criquets. Activité qui occupe 15.000 familles à l’échelle nationale. Dans ces régions pauvres, deux villages, environ 400 familles, produisent l’équivalent de 10 tonnes de criquets pendant l’été, pour un revenu qui varie d’une centaine à plus de mille euros, par mois et par famille. La récolte est destinée aux étals de Bangok et aux marchés urbains du pays. A moins d’être exportée vers le Laos ou le Cambodge. Les familles thaïlandaises élèvent aussi des fourmis, autre nourriture populaire. L’Université de Khon Kaen a aussi planché sur la punaise d’eau géante, autre gourmandise thaïlandaise. A la question « Pourquoi les Thaïlandais mangent-t-il des punaises ? », les ¾ de consommateurs d’insectes répondent que c’est bon avec une bière. (2)

Criquets, suschis, et sashimis.

La FAO, qui réfléchit à introduire plus d’insectes dans l’alimentation mondiale, travaille à mieux connaître leurs habitudes, leurs habitats, ou leur place dans les régimes traditionnels. Elle pense aussi à conquérir la nouvelle cuisine, au Japon, à Singapour, à Hong-Kong, ou en Occident. Des criquets « mode Thaï », cuisinés avec du piment et de la citronnelle, servis avec  du riz, quand la chair crue des sushi et des sashimi multiplie les amateurs. En attendant, lors d’un meeting des Nations Unies en Thaïlande en 2008, un scientifique japonais a proposé d’installer des élevages de cafards dans les navettes spatiales, gain de place et source de protéines pour les astronautes. (3)

M.J

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(1) « More insects coming to a restaurant near you ». EC FAO food security programme

http://www.foodsecuritylink.net/laopdr/index.php?option=com_content&view=article&id=105:more-insects-coming-to-a-restaurant-near-you&catid=1:news&Itemid=2

(2)”Edible Forest Insects / Humans Bite Back”, B.Durst, V.Johnson, N.Leslie, Shono, 19/21-02-2008, Chiang Mai, Thaïland. -FAO/ RAP Publication 2010-02 http://www.fao.org/docrep/012/i1380e/i1380e00.pdf

(3) ”Eat insects to beat world hunger, UN scientists say”, Asia News, Thaïland, 26-02-2008, http://www.asianews.it/news-en/Eat-insects-to-beat-world-hunger,-UN-scientists-say-11624.html


Publié le 28 avril 2011 par marlene dans Asie du Sud-Est.,crise alimentaire,FAO
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L’Indonésie, un archipel actif.

Bonjour,

Après quatre siècles de sommeil, le Mount Sinabung vient de se réveiller. Ce volcan, situé dans le Karo District, au nord de Sumatra, en Indonésie,  a surpris tout le monde en crachant cendres et fumées à plus de deux kilomètres de haut. Quelques arbres brûlés par des retombées de roches incandescentes, des scories, une forte odeur de soufre, et quelques 30.000 personnes évacuées. Dont certaines seraient déjà rentrées chez elles. (1)(2)(3) Les Indonésiens vivent avec leurs volcans, géographie oblige. L’archipel, assis sur la ceinture de feu du Pacifique, traversé par l’arc volcanique indonésien, compte environ 130 montagnes potentiellement actives, dont certaines très turbulentes. La plus forte densité de volcans au monde. Au cours des quatre derniers siècles, plus de 80 se sont manifestés. Avec deux réveils plus remarqués que les autres. En 1815, le Tambora, sur l’île de Sumbawa, se met violemment en pétard. L’explosion se fait entendre jusqu’à 1500 kilomètres du volcan. Les poussières favorisent une nuit qui dure quatre jours dans périmètre de 500 kilomètres. On dénombre plus de 90.000 victimes, dont la plupart meurent de famine. Le volcan a détruit les cultures et les pâturages alentour. En 1883, le Krakatau, situé dans le Détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, fait mieux. Le bruit de son explosion parvient dans l’Océan indien, à quelques 5000 kilomètres de l’Indonésie. Le panache volcanique troue l’atmosphère et s’élève jusqu’à 40 kilomètres de haut. Les cendres se dispersent sur l’ensemble du globe. Le volcan, situé à proximité des côtes, provoque des vagues colossales qui balaient les rivages de Java et de Sumatra. Bilan, 40.000 morts, et plus de 300 villages détruits ou touchés. La récente colère du Mount Sinabung enrichit un calendrier volcanique associé à ces paysages insulaires. A Java, l’île la plus peuplée d’Indonésie, la plus exposée aussi, les hommes s’agglutinent autour des volcans dont les cendres enrichissent les terres. Une fertilisation qui gagne avec la fréquence des cendres, et la vitalité des volcans. (4)Le Kelud, l’un des volcans les plus agressifs de Java, situé à moins de 100 kilomètres de Surabaya, seconde ville d’Indonésie, rassemble près de 350.000 personnes qui profitent de la richesse des sols volcaniques. Si certains pensent qu’il suffit d’éteindre les lumières ou de chuchoter pour ne pas réveiller l’esprit du volcan, d’autres croient qu’ils connaissent suffisamment bien ses réactions pour s’en tirer.(5) Question de géographie, et de philosophie.

M.J

(1)« Indonesian volcano erupts again, many evacuated”, Tarmizy Harva and Beawiharta, Reuters, 30-08-2010, http://www.reuters.com/article/idUSTRE67S06O20100830

(2) Volcano wakes from four-century sleep, New Scientist, 01-09-2010, http://www.newscientist.com/blogs/shortsharpscience/2010/09/volcano-wakes-from-four-centur.html?DCMP=OTC-rss&nsref=online-news

(3)Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Mount_Sinabung

(4) « Volcans du Monde », Maurice et Katia Kraft, L’Odyssée, Flammarion, novembre 1987, pp4 »-45

(5)“Experts on edge as Indonesia’s volcanoes rumble to life”, Ahmad Pathoni, Reuters, 06-11-2007 http://www.enn.com/top_stories/article/24278


Publié le 6 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Asie du Sud-Est.,Volcans.
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Singapour, l’île qui manque d’eau.

Bonjour,

La République de Singapour est une petite île, une Cité-Etat située à l’extrême Sud de la péninsule malaise. C’est un tout petit bout de territoire, environ 680 km2, le plus petit Etat d’Asie du Sud-Est. C’est un espace très urbanisé, où 4, 5 millions de citoyens poussent les densités urbaines à 6826 habitants au kilomètre carré. C’est un Etat prospère, où l’espace en partie gagné sur la mer est compté, un espace sans ressources naturelles. L’île, pourtant généreusement arrosée par un climat tropical humide, deux moussons et un calendrier des pluies bien chargé, manque d’eau pour satisfaire ses besoins. La Cité-Etat, encore très dépendante de la Malaisie pour son approvisionnement, mise sur la recherche et la technologie pour produire une eau, « made in Singapore ».

La valeur d’une goutte d’eau.

Au début des années 80, Singapour amorce sa conversion environnementale. La cité contrôle sa pollution, surveille la qualité de l’eau de ses rivières,  planifie son industrialisation, et se dote d’un complexe sanitaire de haut niveau. Un réseau de distribution des eaux, des systèmes d’égouts, et des unités de traitement sont intégrés dans l’espace urbain. Cette conversion, très encadrée, fait de Singapour une « cité-jardin ». A la fin de la décennie 90, le gouvernement place un « approvisionnement en eau durable » au cœur de sa stratégie. La moitié de la ville est dédiée à la collecte des pluies. Les structures de traitement des eaux usées se multiplient, les techniques se perfectionnent. Aujourd’hui, près de 3000 km de canalisations évacuent les eaux usées. Le Deep Tunnel Sewerage System,   un nouveau complexe d’assainissement, prépare l’avenir d’une cité, sans doute plus peuplée. Depuis 2006, l’eau et l’environnement accompagnent le développement économique du pays. Le PUB, l’agence nationale de l’eau, qui contrôle l’ensemble du cycle, communique aussi beaucoup. Chaque citoyen doit connaître la valeur d’une goutte d’eau. (1) (2)

Quatre sources.

Aujourd’hui, quatre sources principales approvisionnent Singapour en eau. La pluie, récoltée dans une quinzaine de réservoirs. La dernière création, le Marina Barrage, fait beaucoup parler de lui. C’est le plus grand, 1/6° du territoire, un bijou d’ingéniosité. Ce réservoir d’eau, situé à l’embouchure de la rivière Kallang, communique avec la mer. Son eau saumâtre devrait se transformer en eau douce d’ici deux ans, grâce à l’apport de la rivière. A marée basse, lors de pluies violentes, l’ouvrage est conçu pour libérer l’excès d’eau vers la mer. A marée haute, un système de pompes devrait soulager la retenue des eaux superflues. Le Marina Barrage, qui devrait fournir 10% des besoins en eau de Singapour, est aussi conçu pour éviter les inondations qui se reproduisent dans les quartiers les plus bas de la ville, Chinatown, Boat Quay, Jalan Besar ou Geylang. Autre innovation du pays, la NEWater , une eau potable recyclée à partir de rejets domestiques, mise à l’épreuve par quantité de tests scientifiques. Elle est obtenue grâce à un double  processus de micro – filtration et d’osmose inverse, d’irradiation d’UV, un raffinement technologique qui en dit long sur les efforts déployés pour fabriquer de l’eau pure avec de l’eau souillée. La NEWater, qui couvre environ 15% des besoins en eau de la ville, pourrait rapidement doubler ses services.  Troisième source, l’eau de mer. L’unité de désalinisation, inaugurée en 2005, a la capacité de produire environ 10% des besoins quotidiens de Singapour. (2) (3) Quatrième réserve d’eau, la plus importante, l’Etat de Johor, situé en Malaisie voisine, 40% de l’eau de Singapour. Ce commerce fait l’objet de deux accords internationaux, l’un expire en 2011, et l’autre en 2061. (4)

Singapour travaille bien évidemment à une autosuffisance en eau, question de stratégie et d’intérêt national. Les moussons, la technologie, et la rationalisation des besoins, sont les meilleures alliées d’une politique déjà bien canalisée.

M.J

(1) « Dealing with Water Scarcity in Singapore », Institutions, Strategies, and Enforcement. July 2006. Environment and Social Department – East Asia and Pacific Region – The world Bank.

(2) “Gestion et Traitement de l’eau à Singapour : que retenir ?”  Daniel R. Thevenot, 20-12-2006 -Ambassade de France à Singapour – Service de Coopération et d’action culturelle –

(3) PUB http://www.pub.gov.sg/water/Pages/default.aspx

(4) “Key step to water adequacy”, Clarissa Oon, Straits Times, 24-06-2009.

Straihttp://www.straitstimes.com/Breaking%2BNews/Singapore/Story/STIStory_394640.html


Publié le 26 mars 2010 par marlene dans Asie du Sud-Est.,eau