Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le péril du petit koala dans le bush australien….

 

Bonjour,

 

« Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable – les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. […] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu’un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable. » (1) écrit Kenneth Cook dans son recueil de nouvelles australiennes, le « Koala tueur ». L’auteur, qui tente de décrocher un koala de son arbre, nourrit sa haine au gré d’un duel assez drôle.  Mais triste revers de l’histoire, ou vengeance posthume de Kenneth Cook décédé il y a quelques années, le koala est devenu une espèce menacée de disparition en Australie. Autrefois chassé par les colons Européens pour la qualité de sa fourrure, plus de trois millions de peaux auraient alimenté ce commerce, une partie de l’opinion australienne s’émeut aujourd’hui du déclin des populations de koalas. Il y va aussi de l’image d’un pays qui a fait du koala sa mascotte. L’Australian Koala Foundation (AKF), une ONG qui s’emploie à regonfler les effectifs et à promouvoir son statut d’espèce menacée, estime qu’il reste sans doute moins de 80.000 koalas dans les paysages australiens. Peut-être même moins de 43.000. Au début des années 2000, ces populations comptaient environ 100.000 individus. Perché dans son eucalyptus, qui lui sert à la fois de garde-manger et d’abri, le koala n’est pas toujours facile à compter. (2)

Marsupial et dormeur.

Kenneth Cook a raison, pourtant surnommé « koala bear » par les pionniers, le koala n’est pas un ourson. C’est un marsupial herbivore, espèce endémique de l’Australie, qui descend probablement du wombat, autre marsupial qui vit dans les forêts de mangrove. C’est un mammifère, aux incisives pointées vers l’avant, qui pèse entre 5 et une quinzaine de kilos, selon les sexes, et selon les régions. Il présente une fourrure plus ou moins grise, et plus ou moins épaisse. Le Koala du New South Wales ne ressemble pas tout à fait au koala du Queensland, qui ne ressemble pas tout à fait au koala du Victoria.  Son habitat s’étend du Nord du Queensland jusqu’au Sud-Est de l’Australie du Sud. Il vit dans l’Est du Queensland, se disperse à l’Ouest; dans l’Est du New-South Wales, sur la frange côtière ou dans les plaines de l’Ouest, dans le Victoria, et dans le Sud-Est de l’Australie du Sud. (3) Kangaroo Island, en Australie du Sud, est une extension un peu particulière de cet habitat. Introduit dans les années 1920, le koala y a proliféré, jusqu’à devenir indésirable sur l’île. Partout, le koala vit là où les arbres assurent son existence. Il adore les feuilles d’eucalyptus, pauvres en nutriments, qui lui apportent l’hydratation nécessaire à sa survie mais peu d’énergie. Il en consomme 500 g par jour en moyenne, jusqu’à un kilo pour les plus voraces. Coincé entre deux branches d’arbre, il dort, beaucoup, jusqu’à 20 heures  par jour. Le koala est attaché à son territoire, deux à trois hectares et quelques arbres, qu’il partage avec d’autres.  Certaines études le prétendent aussi solitaire. Chaque année, une femelle peut donner naissance à petit. Il vivra une petite vingtaine d’années en liberté, dans un habitat préservé. (2) (4) (5)

Habitat et climat.

Depuis la fin du XVIII° siècle, et l’arrivée des colons en Australie, l’AKF estime que 80% de l’habitat naturel des koalas a disparu. Ce qui reste s’étend majoritairement sur des propriétés privées. Depuis deux décennies, les sécheresses, les incendies dans le bush, le défrichage des terres agricoles, l’exploitation des forêts, celle des mines, et la croissance des villes australiennes continuent de grignoter l’habitat des koalas. Le réchauffement climatique inquiète particulièrement les spécialistes. La décennie passée, qui a vu son lot de canicules, d’inondations et de cyclones, semble donner un avant- goût de la nature des changements à venir en Australie. Des températures plus élevées, d’autres sécheresses, et d’autres feux de forêts pourraient encore réduire l’espace de vie des koalas. Le koala résiste difficilement à une température supérieure à 37°C. Il craint la déshydratation. Ses déplacements lents le rendent particulièrement vulnérable aux incendies dans le bush. Le changement de climat, qui devrait réduire le stock de nourriture disponible, pourrait affecter la qualité nutritive et hydrique des feuilles consommées. Pendant ce temps, d’autres koalas sont exposés à une mort plus violente. (2) (4) (6)

Voitures et chiens.

Dans le Queensland, les voitures seraient la principale cause du déclin des populations de koalas. La mutation des paysages australiens, qui force les marsupiaux à quitter leur territoire en quête de nourriture, ou d’un compagnon, les pousse aussi à traverser les routes. Dans le Queensland et le New South Wales, les véhicules qui accompagnent l’exploitation minière multiplient l’occasion d’un accident. L’attaque des chiens, sauvages et domestiqués, est une autre cause majeure de mortalité. Selon l’AKF, la route et les chiens provoqueraient la mort d’environ 4000 koalas chaque année. Dans le Queensland, les chiens et les maladies – conjonctivites, sinusites, pneumonies, infection de chlamydia, ou rétrovirus du koala – sont l’autre grande menace, après les accidents de la route. Perte d’habitat, accidents, attaques de chiens, maladies, l’AKF estime que les populations de koalas auraient diminué de 40% dans le Queensland, et d’un tiers dans le New South Wales au cours des deux dernières décennies. (2) (4) (6)

D’espèce parasite à espèce vulnérable.

A Kangaroo Island, la situation est un peu différente. En 2001, l’île compte environ 27.000 koalas, une invasion. Multiples et voraces, ils sont accusés de détruire leur habitat, et les paysages d’une île très fréquentée par les touristes. En 1997, le gouvernement d’Etat initie une vaste campagne de stérilisation, 10.000 koalas sont castrés. Un peu moins de 4000 sont déplacés dans le Sud-Est de l’Etat. En 2011, le Département de l’Environnement révèle que la population de koalas s’est réduite à 13.000 individus au cours de la décennie écoulée. Un rétrovirus – lié au cancer du koala, lymphome ou leucémie -, actif sur les autres populations d’Australie, est détecté sur l’île que l’on pensait épargnée. Hypothèse de recherche, introduit au Nord, le virus se serait lentement déplacé vers le Sud de l’Australie. La maladie évoque l’hécatombe provoquée par le cancer de la bouche chez les diables de Tasmanie. Mais sans véritable menace d’extinction dans cette partie de l’Australie. (7)(8) En 2001, le koala qui abonde à Kangaroo Island est  listé comme l’une des 8 espèces parasites, « pest species », d’Australie sur le rapport environnemental du Commonwealth. (3) Il est aujourd’hui classé « Vulnérable » dans le Queensland et dans le New South Wales, et « Rare » en Australie du Sud. L’AKF a fait pression sur le gouvernement australien pour que le koala obtienne le statut « d’espèce vulnérable menacée d’extinction » en 2012. (2) La même année, il devient « espèce vulnérable » sur la liste rouge de l’IUCN.

M.J

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(1) Le koala tueur et autres histoires du bush, Kenneth Cook, Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol, Autrement, 2009 – Le Livre de poche, 2011. 

(2) Australian Koala Foundation, About koala, Education resources https://www.savethekoala.com/

(3) The IUCN Red List of Threatened Species, Phascolarctos cinereus, http://www.iucnredlist.org/details/16892/0

(4) Koala, Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Koala

(5) Koala, Dinosoria.com, http://www.dinosoria.com/koala.htm

(6) The Clock Is Ticking on Koala Conservation, Neena Bhandarihttp://www.ipsnews.net/2013/04/the-clock-is-ticking-on-koala-conservation/

(7) « Retrovirus threatens Kangaroo Island koalas » , Catherine Hockley, The Advertiser, 29-09-2011  http://www.theaustralian.com.au/news/breaking-news/retrovirus-threatens-ki-koalas/story-fn3dxity-1226151046413

(8)Spread of koala retrovirus in Australia, Virology blog,  07-11-2012http://www.virology.ws/2012/11/07/spread-of-koala-retrovirus-in-australia/

 

 

 

 

 


Publié le 27 mai 2013 par marlene dans Australie,Biodiversité,Climat,Ecosystèmes.
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Un dernier repos écolo.

Bonjour,

Pas de pierre tombale, encore moins de mausolée, juste un petit carré de nature aménagé, la ville de Sydney offre désormais un dernier repos, version « biodégradable », dans un endroit tranquille situé à l’Ouest de la ville, à Kemps Creek. Une façon de réduire l’empreinte écologique après trépas. Le corps, enveloppé dans un suaire biodégradable, sans fluide d’embaumement ni préservateur chimique, pas question de retarder le processus de décomposition, est placé dans un cercueil, lui aussi biodégradable, enterré à quelques dizaines de centimètres du sol, pour favoriser le retour à la terre. Touche technologique, chaque corps est enseveli avec une balise qui transmet les coordonnées géographiques de la tombe. Les parents du défunt, munis d’un téléphone portable avec lecture satellite, peuvent facilement localiser l’endroit pour venir s’y recueillir, de façon assez traditionnelle. La concession court pour trente ans. Et si le bail n’est pas renouvelé, un autre corps viendra participer à ce qui rappelle un processus de compost.(1) (2) L’Australie compte trois cimetières de ce type, mais l’idée est née au Royaume-Uni. Depuis 1993, environ 200 Britanniques reposent dans une sépulture respectueuse de l’environnement. Une option qui en intéresse actuellement plus de 200 autres, pas non plus une révolution. (3)

En 2008, The Journal of Environmental Health titre “Drining Grandma”, “Boire Mémé” en français. L’article, cité par The Economist, avertit que les cimetières, qui diffusent dans les eaux souterraines, constituent un risque pour la santé publique. Les incinérations n’ont pas meilleure presse. Ainsi, les amalgames dentaires représenteraient l’équivalent de 1/5° des émissions britanniques de mercure. Une réglementation inciterait d’ailleurs  les centres d’incinération à réduire de moitié leurs émissions de mercure, d’ici 2012. The Economist rapporte encore les résultats d’une étude effectuée en 2007, pour le compte du Centennial Park, un cimetière australien. Les crémations produiraient l’équivalent de 160 kg de CO² par corps. Quand la mise en terre n’en émettrait qu’à peine 40 kg. Mais, c’est sans compter avec l’entretien du cimetière, les tondeuses qui avalent la pelouse des allées, et qui finalement, rendent l’incinération beaucoup plus sobre en carbone. (3)

Pour l’instant, la tradition l’emporte sur le gain CO². Les Australiens continuent de se recueillir sur les tombes du Rookwood Necropolis de Sydney, sans doute le plus grand cimetière de l’Hémisphère Sud, où repose plus d’un million de personnes. Et où la pierre tombale semble un indicateur plus digne que le GPS. « Je suis très traditionnelle. J’aime l’ancienne façon de faire, et juste penser qu’avec un GPS, vous tournez autour, comme si vous cherchiez des mines… », confie l’une des visiteuses de ce lieu semé de monuments mortuaires, et mémoire multiculturelle du pays.(1)

M.J

(1) “Sydney, Australia Opens New ‘Green’ Cemetery”, Phil Mercer, Voice of America, 22-07- 2010, http://www.voanews.com/english/news/asia/Sydney-Australia-Opens-New-Green-Cemetery–99027329.html

(2) « Green burials », Annabelle Nyst , Australian geographic, 04-08-2010

http://www.australiangeographic.com.au/journal/green-burials-becoming-popular.htm

(3) « Green funerals, Exit strategies, Innovations for a conservative industry, The Economist, 16-09-2010 http://www.economist.com/node/17043348?story_id=17043348&fsrc=rss


Publié le 4 octobre 2010 par marlene dans Australie,pollution.
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La Tasmanie, ses diables et ses fantômes.

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Bonjour,

Le cousin de Taz, ce personnage de Looney Tunes qui se déplace à la façon d’une tornade  emportée par un bruit de moteurs, doté d’une dentition menaçante et à l’appétit insatiable, est malade. Depuis quelques années, le diable de Tasmanie, le vrai, ce marsupial carnivore solidement charpenté, armé d’une puissante mâchoire, souffre d’un cancer facial qui le couvre de plaies, l’empêche de s’alimenter, et le condamne à mourir de faim. Le Devil Facial Tumour Disease (DFTD), repéré en 1996, transmissible par morsure, a fait décliner les populations de diables de 60% sur l’ensemble du territoire, avec des régions plus touchées. Au nord-est et au centre de la Tasmanie, où la maladie a été identifiée plus tôt, il ne reste plus beaucoup de ces marsupiaux qui poussent des hurlements effrayants, mais qui n’ont pas si mauvais caractère. Plutôt timides, pas forcément bagarreurs, ils défendent simplement le bout de carcasse qu’ils sont en train de dévorer. (1)

Le diable de Tasmanie est la mascotte de cette grande île soudée au continent australien, et dont elle s’est séparée il y a environ 10 000 ans, à la fin de l’âge glaciaire. Confin isolé au sud-est de l’Australie, de l’autre côté du détroit de Bass, cette île baignée, par l’Océan Indien et le Pacifique, a développé des écosystèmes uniques dont témoigne encore une faune endémique, une douzaine d’espèces d’oiseaux et quatre espèces de mammifères, le diable, le wallaby et le wombat, tous les deux au menu du premier, et le thycacine. Ce dernier, connu sous le nom  de « tigre de Tasmanie »,  aurait disparu dans les années 1930. L’histoire de cette île tempérée, aux paysages montagneux plantés de belles forêts primitives, restés intacts jusqu’à l’arrivée des colons, compte d’autres disparitions. La plus tragique, celle des Aborigènes enracinées en Tasmanie depuis sa séparation avec l’Australie. Quand les premiers colons débarquent au début du XX° siècle sur la terre de Van Dienem, du nom du gouverneur hollandais qui administre ces colonies orientales, l’île est alors un bagne. La population  aborigène est estimée entre 5000 et 10 000 personnes. Trente années de persécutions plus tard,  elle est réduite à 300. Les maladies importées par les Européens, principalement des détenus et leurs gardiens, ont contribué à ce désastre. Les Aborigènes sont ensuite déportés à Flinders Island, avant de disparaître complètement. Le dernier Aborigène de Tasmanie meurt en 1876. (2)Entre temps l’île a changé de nom, sans doute pour échapper à son histoire. Bien plus tard, ce sont les forêts primaires, dans lesquelles s’élèvent les arbres les plus gros et les plus anciens du patrimoine mondial, qui sont menacées de disparition par une déforestation sauvage. Quand ces essences, destinées à la production de bois et de papier, sont abattues, des hélicoptères lâchent des bombes de napalm pour raser ce qui reste de forêt. Un nettoyage efficace, avant de planter des espèces exotiques, à croissance rapide. Selon le WWF, au milieu des années 2000, il disparaissait chaque jour l’équivalent de 44  terrains de football de forêts sur le territoire de Tasmanie.

Mais revenons à notre diable de Tasmanie, espèce en danger inscrite sur la liste rouge de l’Union pour la Nature (IUCN)  que l’on tente de sauver du désastre. En mars dernier, un article du New Scientist rapporte qu’une équipe de scientifiques australiens a peut-être trouvé le moyen de sauver une partie de ces marsupiaux. L’équipe, qui s’est intéressée à des populations épargnées par la maladie, aurait mis en évidence la spécificité de leur système immunitaire. Les diables qui résistent au DFTD seraient équipés de gênes qui attaqueraient la maladie. (3)Plus récemment, un article du Sydney Morning Herald évoque la possibilité d’isoler les populations saines, en les évacuant vers d’autres îles. Une façon de sauver l’espèce. Déjà, des marsupiaux sains, incités à la reproduction dans des zoos, permettent de disposer d’une « population de secours » de 220 individus. Si les diables, carnivores, situés en haut de la chaîne alimentaire, sont de précieux alliés pour le fonctionnement des écosystèmes de Tasmanie – ils pourraient notamment aider au contrôle d’une surpopulation de renards -, leur transfert vers d’autres îles, et d’autres équilibres écologiques, est plein d’incertitudes : « Il y a beaucoup d’exemples dans le monde d’introduction d’espèces sur des îles qui ont mal tourné. » met en garde Andrew Sharman, qui dirige le plan de protection du diable de Tasmanie. (4)

M.J

(1)»Save the Tasmanian devil » http://www.tassiedevil.com.au/aboutdevils.html

(2) Tasmania Facts http://www.tasmaniatrip.com/tasmania-facts.html / Wikipediahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Tasmanie

(3) “The luck of the Tasmanian devils is in their genes”, The New Scientist, 10-03-2010 http://www.newscientist.com/article/mg20527515.300-the-luck-of-the-tasmanian-devils-is-in-their-genes.html

(4) “Australia moving cancer-hit Tasmanian Devils to new islands “, Talek Harris, Sydney Morning Herald, 21-01-2010,http://news.smh.com.au/breaking-news-world/australia-moving-cancerhit-tasmanian-devils-to-new-islands-20100121-mny0.html


Publié le 25 juin 2010 par marlene dans Australie,Biodiversité,déforestation
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L’Australie malmène son environnement.

Bonjour,

Loin de son image  « écolo », l’Australie figure parmi les dix plus gros consommateurs d’environnement. C’est le résultat d’une étude internationale qui a estimé la désertification, les émissions de carbone, et la perte de la biodiversité dans plus de 150 pays. (1) Un premier classement, qui évalue les dégradations environnementales à grande échelle, place l’Australie en 9° position. Selon le Professeur Corey Bradshaw de l’Université d’Adelaide – qui a collaboré à cette enquête -, le continent australien est malmené depuis l’arrivée des colons. Il ne reste plus que la moitié des forêts originelles, et celles qui tiennent encore debout sont clairsemées. Mais l’Australie se place loin derrière le Brésil, placé en tête de ce palmarès du gâchis environnemental à grande échelle. En passant, en 1990, l’Australie consommait encore pas mal de terres vierges, l’équivalent de plus de la moitié de la superficie arrachée à la forêt en Amazonie brésilienne. (2) Dans cette étude, l’Australie se fait encore tirer l’oreille pour sa consommation d’eau, l’une des plus importante de la planète alors que les robinets sont à sec. Elle figure parmi les gros producteurs de carbone par habitant. Et elle obtient un classement record pour l’extinction des mammifères, résultat de l’introduction d’espèces étrangères au continent australien, ou  conséquence de la destruction de leur habitat. Dans un autre classement, qui met en parallèle le potentiel des ressources naturelles et le taux de dégradation de ces ressources, l’Australie regagne des points. L’île-continent est à la  120° position. C’est Singapour, la cité-Etat ultra-urbanisée, aux parcs et jardins entièrement reconstitués, pas un brin d’herbe d’origine, qui remporte la première place.

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Idée-force de l’étude, plus un état est riche, et plus il abuse de l’environnement. Or, c’est l’idée inverse – plus un pays est riche et plus il respecte son environnement – qui est généralement admise. Le Professeur Bradshaw fait référence à la courbe de Kuznets :”Cela part de l’hypothèse que lorsqu’un pays pauvre commence à se développer, il augmente son empreinte environnementale. »(1) Et parvenu à un certain niveau de richesse par habitant, il accède à des technologies propres. Sa population mieux éduquée, développe une conscience environnementale. Et c’est donc quand le niveau de vie commence à augmenter que l’impact environnemental commence à diminuer. « Tout faux », nous dit l’étude, les pays riches sont plus agressifs pour leur environnement que les pays pauvres. Même si le Professeur Bradshaw remarque que cette relation n’est pas si simple, question d’indicateurs, question d’échelle. Cette étude a encore permis de formuler un modèle pour alléger les habitudes de consommation. Les Australiens ont beaucoup à apprendre. « C’est certainement ce qui explique la mauvaise position de l’Australie car nous avons un niveau très élevé de consommation. Nous sommes un pays très riche, et nous avons tendance à l’excès. »,commente le professeur. En attendant, le gouvernement australien s’engage à changer toutes les ampoules électriques du pays, inefficaces et énergivores, au profit d’ampoules fluorescentes compactes.

M.J


Publié le 11 mai 2010 par marlene dans Actualité,Australie,Climat,Comprendre,Désertification.,Développement durable,Developpement,eau,Non classé
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Je hais les crapauds.

Bonjour,

Il est gros, pataud, le dos couvert de pustules, avec les yeux qui lui sortent de la tête, franchement repoussant, néfaste, inutile, il a aussi tendance à s’incruster. Les Australiens, qui tentent de s’en débarrasser depuis des années, ont peut-être trouvé une solution. La Chine.

Crapauds contre hannetons.

En 1935, les hannetons menacent de détruire la canne à sucre, dans le Nord du Queensland. Pour protéger la récolte, le gouvernement australien décide d’importer d’Hawaï une colonie de crapauds buffle, le Bufo marinus. Cane Toad, en Anglais. Ces travailleurs immigrés, employés dans les champs de canne, doivent dévorer les hannetons. Très vite, il apparaît que les amphibiens ne sont pas aptes à remplir leur mission. Ils craignent la lumière. Et surtout, ils ont du mal à décoller du sol pour attraper les insectes, qui eux, volent. Depuis, le crapaud buffle a prospéré sous les tropiques australiens. Il fait aujourd’hui carrière dans la destruction de la faune locale. Il est redoutable. Il dévore tout ce qu’il peut avaler, abeilles, oisillons, grenouilles. Il empoisonne  ceux qui le convoitent, crocodiles, dingos, ou goannas,  leur promettant une mort lente. A la moindre agression, il projette son venin contre son ennemi. S’il atterrit dans les yeux, il peut rendre temporairement aveugle. Dans les territoires du nord de l’Australie, une population estimée à 200 millions de crapauds buffles terrorise son voisinage. (1)

Battes de cricket et clubs de golf.

Pour faire chuter les effectifs, l’association Frog Watch traque le vilain gros crapaud sur ses terres d’accueil. Depuis deux ans, les volontaires de l’organisation auraient réglé leur compte à 40.000 individus. Et quand la prise fait poids, elle devient trophée. Exemple, ce mâle de plus de 20 cm de long, approchant le kilo, attrapé près de Darwin, dans le Territoire Nord, où l’espèce menace des reptiles rares.  En 2005, ABC News rapporte que David Tollner, un représentant du Territoire Nord, a fouillé ses souvenirs d’enfant pour trouver une solution: « Nous les frappions avec des battes de cricket, des clubs de golf, et ainsi de suite. » (2) Les défenseurs des animaux n’ont pas apprécié cet appel à la guerre, qui pouvait dégénérer. Autre solution, en faire des animaux de compagnie, sur le thème: « Puisque vous ne pouvez pas vous en débarrasser, aimez-les ». Un débouché qui a surtout inspiré les réalisateurs de documentaires. (3)

Le marché chinois.

Selon la BBC News, John Burey, industriel dans le Queensland, doit prendre l’avion le mois prochain pour Beijing. Il doit négocier l’exportation de crapauds buffles vers le géant asiatique, et tenter d’ouvrir le marché. En Chine, les produits dérivés de l’amphibien entrent dans la composition de quelques médicaments traditionnels. Les toxines, qui agissent comme stimulant cardiaque et diurétique, permettent aussi de combattre les sinusites et les maux de dents. La peau et Les organes sont encore connus pour leurs grandes qualités thérapeutiques. La viande de crapaud, source de protéines, pourraient intéresser les Chinois, les Australiens bossent le dossier.(1) Et si l’affaire est conclue, il ne restera plus qu’à les attraper. Beurk, je hais les crapauds.

M.J

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(1) “China market sought for cane toad” , Phil Mercer
BBC News, Sydney, http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8480041.stm

(2) “Cane toad clubbing sparks controversy”

ABC News online, 11-0’- 2005. http://www.abc.net.au/news/newsitems/200504/s1342444.htm

(3)”Les crapauds de la canne à sucre” – Cane Toads – Mark Lewis, Film Australia Limited, Arte France – Thema : « Australie : avenir tête en bas. »

http://www.artepro.com/programmes/3414/presentation.htm


Publié le 29 janvier 2010 par marlene dans Australie,Biodiversité
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