Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Géant hydraulique, small hydro, et géothermie…

Bonjour,

 

Au Costa Rica, 95%  de l’économie repose sur les énergies renouvelables. L’hydraulique,  environ 80% du mix énergétique, et la géothermie, 12%, font tomber la part du pétrole au dessous des 5%. (1) Deux projets, le barrage  de Diquis, annoncé pour être l’un des plus importants d’Amérique centrale et prévu pour 2016, et le barrage  de Revantazon, planifié pour 2019, devraient gonfler un peu plus la capacité hydraulique du Costa Rica. La Présidente  élue en 2010,  Laura Chinchilla, veut encore développer la géothermie et l’énergie solaire pour tendre vers l’objectif « zéro carbone » à l’horizon 2020. Le Costa Rica est le membre le plus actif des pays d’Amérique centrale – Guatemala, Honduras, El Salvador, et Nicaragua – tous soucieux d’augmenter la part du renouvelable dans le bouquet énergétique. En 2011, elle dépasse les 65%, largement dominée par l’hydro-électricité. Mais la région compte bien développer un  potentiel géothermique,  peut-être moins prometteur au Honduras. (1 )(2)

 

Le géant hydraulique

L’énergie hydraulique , alimentée par l’eau et ses cycles, et la géothermie , qui puise dans la chaleur de la terre, progressent  partout dans le monde. Même si leur part reste modeste.  En 2011, l’hydraulique produit  plus de 15% de l’électricité mondiale. Et moins de 1% pour la géothermie, utilisée aussi pour le chauffage. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’un cheminement  pour se dégager des combustibles fossiles, et conquérir une certaine indépendance énergétique.  D’après une enquête du Worldwatch Institute, la Chine, le Brésil, le Canada, et la Russie mènent la production hydro-électrique, énergie primaire et électricité, avec plus de la moitié de la capacité mondiale en 2011. Le développement récent d’infrastructures  hydrauliques place la Chine en tête, suivie par le Vietnam, Brésil, le Canada. (3) Les barrages et les ouvrages  aménagés sur les grands fleuves du monde, le Colorado en Amérique du Nord, le Yangste en Chine, ou le Parana en Amérique du Sud,  racontent l’épopée de l’hydro-électrique. D’après la World Commission on Dams (2000),  environ 60% des fleuves majeurs sont contrariés par des ouvrages, ou déviés. Un processus qui aurait déplacé entre 40 et 80 millions de personnes dans le monde, et réduit considérablement le cours de certaines rivières, jusqu’à les empêcher d’atteindre la mer. L’hydraulique et ses barrages, qui malmènent  l’environnement et ses équilibres et qui déracinent les hommes, altèrent l’image d’une énergie pourtant réputée  « soft ».

 

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Small Hydro.

Les grands ouvrages, dont l’édification modifie les paysages des bassins-versants, bouleversent l’équilibre des sols. Un déboisement, par exemple, entraine ruissellement, érosion, et appauvrissement. Ces aménagements modifient l’équilibre fluvial, contrarient la migration des poissons, changent la composition chimique de l’eau. Ces constructions bouleversent les habitats voisins, et les espèces qui y sont attachées. Les communautés, dont les territoires sont inondés, sont expulsées. Le barrage des Trois Gorges, l’ouvrage le plus imposant jamais réalisé, a déplacé 1,2 milliards de personnes vivant dans plus 140 villes et 1300 villages. La violence de l’opposition à certains projets donne la mesure des bouleversements environnementaux, socio-économiques, et humains à venir. Dans certains cas, l’héritage architectural des communautés est englouti. Réputés pour produire une énergie « propre », leur construction exige des matériaux, le ciment, le fer, qui eux en consomment. Histoire de taille, ou de mesure, la « petite hydraulique » est réputée plus douce pour l’environnement. Construit au fil de l’eau, sans retenue importante, sans impact néfaste sur l’environnement et la vie qui s’y développe, le petit hydraulique a le vent en poupe. Entre 2005 et 2008, cette niche de l’industrie hydro-électrique  a bondi de presque 30%. Il se développe en Chine, plus de la moitié du marché actuel, en Inde , aux Etats-Unis. Il sert notamment le China Village Electrification Program qui prévoit d’électrifier 10.000 villages, pour alimenter 3,5 millions de ménages. Car autre avantage d’un ouvrage plus léger – aux vertus écologiques parfois discutées -, il permet d’amener l’électricité là où elle manque. (4)(5)

 

La route des volcans.

La géothermie s’inscrit dans la Ceinture de Feu Pacifique , et suit la route des volcans, actifs ou non. En 2010, plus d’une vingtaine de pays valorisent la chaleur de la terre pour produire de l’électricité. La cartographie de la capacité de production (2010), place les Etats-Unis en tête – 28% de la capacité mondiale (3) -, suivies par les Philippines, l’Indonésie, le Mexique, l’Italie, et la Nouvelle Zélande. Le plus grand complexe géothermal au monde, The Geysers, se situe à plus d’une centaine de kilomètres au Nord de San Francisco en Californie, dans les montagnes de Mayacamas  Mais la part d’électricité d’origine géothermique dans la production nationale bouscule la carte. L’Islande, les Philippines, le Salvador prennent la tête – entre 25 et 30% -, suivis par le Kenya et la Nouvelle Zélande  –  autour de 10%.  (6) En Islande, la géothermie alimente encore 90% du chauffage. D’ailleurs, plus de 70 pays ont choisi cette technologie, qui convient parfaitement au chauffage alternatif .(3)  Parmi les pays ciblés pour le développement de  la géothermie, le Chili. Assis sur un axe volcanique, le pays compte plus de 300 sites, avec un potentiel convertible en électricité ou voué à une utilisation directe. Les fluides renfermés dans le sous-sol chilien, situés à moins de 300 mètres de profondeur, peuvent atteindre 150°C, et promettent une exploitation d’une cinquantaine d’années. (7)

 

Le Rift africain.

Sur le continent africain, la Vallée du Grand Rift offre un potentiel énorme à la géothermie. Le Kenya, Djibouti, la Tanzanie exploitent déjà cette ressource. L’Ethiopie étudie sérieusement cette possibilité. La Banque de Développement Ethiopienne, aidée par la Banque mondiale, projette d investir 20 millions de dollars pour amorcer une exploitation, portée par le secteur privé. Cette énergie doit compenser un ralentissement attendu de l’électricité d’origine hydraulique. En cause, des pluies moins abondantes et des sécheresses. Les hauts plateaux d’Ethiopie, qui offrent une eau abondante, ont favorisé le développement de l’hydraulique. L’eau permet de produire plus de 85% de l’électricité du pays. La Banque mondiale aide le Kenya à développer  une alternative à l’hydraulique, afin de renforcer sa capacité électrique. Le gouvernement investit à fond dans la   « géothermie »,  moins soumise au climat de plus en plus aride de l’Afrique orientale. (8) (9)

 

M.J

 

 

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Première vidéo / Source: Alex de Sherbinin (CIESIN) et Bernhard Lehner (Department of Geography, at McGill University). Il a fallu des années pour constituer ce catalogue des barrages. Il représente plus de 5000 réservoirs dans le monde.
http://csdms.colorado.edu/wiki/Movie:…

(1)Finding Sustainable Alternatives to Large Hydropower in Central America CDKN / Climate and Development knowledge network, CDKN Latin America, from World Watch Institute website, 07-08-2012http://cdkn.org/2012/08/finding-sustainable-alternatives-to-large-hydropower-in-central-america/

(2)Le développement des projets d’énergie géothermique en Amérique centrale, mars 2012,Tresor Direction Générale, Publication des Services économiques. http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/337930

(3)« Hydropower and Geothermal Growth Slows », Evan Musolino Revolt, Worldwatch Institute, 02-12-2013, http://blogs.worldwatch.org/revolt/hydropower-and-geothermal-growth-slows-2/

(4)The Hydro Industry’s Proven Authority, HydroWorld.com, small hydro. http://www.hydroworld.com/industry-news/small-hydro.html

(5) Small Hydro, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Small_hydro

(6) Installed Geothermal Electric Capacity (2010) in Wikipedia, Geothermal electricity. http://en.wikipedia.org/wiki/Geothermal_electricity

(7)“Chile has excellent potential for both high and medium temperature geothermal projects.” http://www.hotrockltd.com/irm/content/exploration_chile.html

(8) “World Bank Gives Kenya $118 Million for Geothermal Development”

eBoom Staff , 07-07-2010, http://www.energyboom.com/geothermal/world-bank-gives-kenya-118-million-geothermal-development

(9) « Ethiopia to Develop its Geothermal Energy Potential with a Grant from the World Bank », AtisSun News, 15-02-2013, http://www.atissun.com/blog/18418/ethiopia-to-develop-its-geothermal-energy-potential-with-a-grant-from-the-world-bank/


Publié le 1 mars 2013 par marlene dans Barrages,Climat,Ecosystèmes.,energies alternatives
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Turquie: Hasankeyf, une cité ancienne promise aux eaux.

Bonjour,

Hasankeyf, petite cité assise depuis plus de 12000 ans sur les rives du Tigre, dans le Sud-Est de la Turquie, influencée par une vingtaine de cultures qui y ont laissé une empreinte architecturale précieuse, est aujourd’hui menacée par les eaux. Les Autorités locales, les archéologues, les architectes, les environnementalistes, ou l’association « Initiative to Keep Hasankeyf Alive », pourtant très active, ne pourront sans doute pas grand-chose pour empêcher la mise en eau du barrage d’Ilisu, projeté au début des années 2000. Cet ouvrage colossal, qui promet d’être la seconde plus grande retenue d’eau de Turquie, et la quatrième centrale hydro-électrique du pays, va engloutir cet héritage. Le projet, qui devrait déplacer entre 50.000 et 60.000 personnes, majoritairement Kurdes, noiera aussi une partie de la mémoire historique du Kurdistan turc. (1) (2)

Depuis une quarantaine d’années, la Turquie construit des barrages. En 1976, le GAP  (Guneydogu Anadolu Projesi), ou Projet d’Anatolie du Sud-Est, annonce la construction de 22 barrages et de 19 centrales hydro-électriques sur le système fluvial du Tigre et de l’Euphrate. Le GAP sert une course à l’électricité, 30 milliards de kilowattheures prévus à l’issue du projet, et un développement agricole, 1,7 milliards de terres irriguées pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Il s’agit aussi d’intégrer une Turquie orientale, moins avancée que le reste du territoire. Le barrage d’Ilisu, prétexte officiel à un développement régional, des emplois et une agriculture stimulée, permettra encore d’approvisionner en électricité les centres industriels de l’Ouest du pays. Le GAP  a déjà englouti quelques centaines de villages, déplacé environ 200.000 personnes. Il a encore confisqué Zeugma, autre bijou antique de l’Euphrate, situé au sud du pays. Même si mosaïques, peintures, et objets précieux, sauvés de ce déluge artificiel, ont été déposés au musée archéologique de Gazianteip. (3) (4)

Point de rencontre des influences du Proche-Orient et de l’Anatolie, voie de passage pour Alexandre Le Grand, la Civilisation grecque, le commerce de la soie, et route pour les épices, Hasankeyf est un carrefour historique. Son nom signifie « rocher fortifié », en araméen et en arabe. Le site est troué d’habitations troglodytes, refuge vraisemblable des premiers habitants. Au III° siècle, il délimite les marges Est de l’Empire romain, voisines de la Perse. Les Romains y construisent une forteresse, ils y font passer leurs récoltes et leurs troupeaux. Au V° siècle, la cité passe sous influence byzantine. Puis, vers le milieu du VII° siècle, conquise par les arabes, elle s’ouvre à l’Islam. Avant d’être administrée par les Turcs, les Kurdes, puis les Mongols qui s’installent dans la région dans la seconde moitié du XIII° siècle. Etape importante de la route de la soie au début du Moyen Âge, et sans doute traversée par Marco-Polo, Hasankeyf est intégrée à l’Empire Ottoman au début du XVI° siècle. Elle est aujourd’hui une petite ville turque d’environ 5000 habitants, qui vit au rythme d’un tourisme de proximité. Quelques ruines de l’ancien pont traversé par la route de la soie, quelques mosquées, une citadelle, et deux mausolées rappellent ce mélange d’influences. Dommage, le site a raté de peu son classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. (1) (5)

L’importance archéologique de Hasankeyf, loin d’être révélée par des fouilles trop lentes, sera engloutie par un barrage, très controversé par le voisinage, l’Europe, ou les défenseurs de l’environnement. Le contrôle du débit du Tigre par la Turquie, qui arrose aussi les vallées agricoles de la Syrie et de l’Irak, attise les tensions entre les trois pays. En 2010, le Danemark, la Suisse, l’Autriche, et l’Allemagne, et plusieurs banques occidentales, ont bloqué leurs promesses de financement et de crédits. Des raisons géopolitiques, et environnementales, contribuent à expliquer ce retournement. Des hydrologues pointent que la retenue d’Ilisu, ouvrage à grande échelle, affectera la qualité de l’eau, et celle des écosystèmes environnants. Les Européens voulaient aussi sauver ce patrimoine culturel. Mais la Turquie, fidèle à sa vision du développement, construira cet autre grand barrage. Les habitants de Hasankeyf sont d’ailleurs invités à évacuer la ville dans les mois qui viennent. (2) (6)

M.J

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(1) « Endangered Site: The City of Hasankeyf, Turkey”, Diane M. Bolz, Smithsonian magazine, March 2009,  http://www.smithsonianmag.com/travel/Endangered-Cultural-Treasures-The-City-of-Hasankeyf-Turkey.html

(2)« Dam Project in Turkey Breeds Controversy », IPS, 06-13-2011,  http://peakwater.org/?p=5942

(3 ) «  Wikipedia: Projet d’Anatolie du Sud Est / http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_d%27Anatolie_du_Sud-Est#.C3.89nergie

(4) »Barrages Turcs », Jean Christophe Victor, Virginie Raisson, Franck Tétart, Le Dessous des Cartes, Atlas Géopolitique, Le dessous des Cartes, Tallandier /Arte Editions, 2006, p 226-229.

(5) « Aspects culturels du projet relatif au barrage d’Ilisu, Turquie – Rapport d’information1 », Commission de la culture, de la science et de l’éducation – Rapporteur général pour le patrimoine culturel : Mme Vlasta Stepová, République tchèque, du Groupe socialiste. Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Doc. 930118 décembre 2001 http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/Doc01/FDOC9301.htm

(6)«Un barrage peut en cacher un autre -Troisième épisode : La région de Batman et le barrage d’Illisu »par Faidos ⋅ 10-01- 2010 ⋅ Contexte géopolitique de la construction des barrages turcs du GAP, Bouleversement du tissu social de vallées kurdes / reportage MP3 http://faidosonore.net/spip.php?article25


Publié le 17 juin 2011 par marlene dans énergie,Barrages,eau,Histoire.
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Chili, entre croissance et paysages.

Bonjour,

« HydroAysen », cinq barrages hydroélectriques projetés en Patagonie chilienne, risque de défigurer l’un des derniers territoires vierges de la planète. Le gouvernement chilien, qui a besoin d’électricité pour accompagner sa croissance, a donné son aval début mai. Les ouvrages, installés sur les rivières Baker et Pascua, deux cours d’eau énergiques de la vallée d’Aysen, devraient produire l’équivalent de 2750 Megawatt, et augmenter de 20% la capacité électrique du pays. Début des travaux prévus en 2014. « HydroAysen », complément énergétique d’un Chili de plus en plus gourmand, a fabriqué une opposition  soucieuse de ces terres australes, et de la vie sauvage qui s’y est nichée. Dans la région d’Aysen, quadrillée par une petite vingtaine de parcs nationaux et de réserves naturelles, les paysages sont précieux. (1)

Face à cette vision paysagiste, la croissance du pays, attendue autour des 6% dans les prochaines années. Le pays, qui dispose de faibles ressources énergétiques, importe du pétrole et du gaz naturel d’Argentine, source soumise à pénuries fréquentes. Le Chili valorise déjà largement son potentiel hydro-électrique, 65% de l’électricité du pays depuis les années 70.  Une production électrique complétée par le gaz naturel,  et le charbon. Avec trois nouvelles centrales annoncées. Ces activités polluantes donnent des arguments aux partisans d’HydroAysen, qui défendent une hydro-électricité plus propre. Autre argument pour justifier cette course à l’énergie, la croissance économique qui tire de la pauvreté des milliers de chiliens, quand le pays en compte plus de 2 millions. Pour les opposants au projet, la consommation électrique des ménages et l’éclairage des rues ne justifient pas complètement  cette option énergétique.(2) Plus vraisemblable, la consommation des mines de cuivre exploitées dans le désert d’Atacama, principale richesse du pays qui pèse pour plus de la moitié des exportations. Au total, l’ensemble du secteur minier, le cuivre mais aussi l’or, l’argent, le fer, ou le zinc,  engloutirait plus de 80% de l’énergie consommée dans le nord du pays. (3) Sans compter l’ouverture de nouvelles mines. Juan Pablo Orrego, à la tête de l’ONG « Ecosystemas », activiste engagé pour une Patagonie vierge, a calculé que les nouveaux projets miniers devraient engloutir 12.000 Mégawatts supplémentaires.(2)

Côté paysages, le projet devrait noyer près de 6000 hectares de forêts, et déchirer l’horizon avec des pylônes et des câbles sur près des 2000 kilomètres, distance qui sépare Aysen et Santiago, la capitale. Des espaces, restés intacts jusqu’alors, ne le seront plus. Les écosystèmes, habitat du cerf chilien et d’oiseaux natifs, seront malmenés. Des spécialistes annoncent une modification de la turbidité des fleuves aménagés, avec des conséquences incertaines pour le fonctionnement des fjords associés. Car l’équilibre des fjords dépend de la santé des rivières. Selon le Centre de Recherche sur les Ecosystèmes de Patagonie (CIEP) les fjords de Patagonie absorberaient l’équivalent CO² des rejets actuels du Chili. L’intrusion des barrages modifiera cette carte postale de la Patagonie chilienne, qui attire les touristes et en tire bénéfice. La population de Cochrane, la petite ville située à proximité, gonflée par les travailleurs du barrage, devrait doubler pendant les dix années du chantier. Sans disposer d’infrastructures adaptées. Et, dans une cinquantaine d’années, quand la centrale ne sera plus exploitée, des friches industrielles signaleront une option énergétique qui pèse toujours sur le paysage. A moins que les vestiges des barrages ne rappellent les débuts de l’exploitation des ressources  de la région d’Aysen, amorcée avec l’hydro-électricité. L’endroit est doté d’un important potentiel naturel.  (2) (4)

A l’heure d’HydroAysen, on reparle des mini-centrales hydrauliques, une énergie renouvelable dessinée à l’échelle des hommes et des paysages. Moins d’une vingtaine de Megawatts pour une consommation de proximité. Le Chili en compte plus d’une trentaine,  d’autres sont en projet,  pour une  production très marginale. Pour atteindre les 20% renouvelables en 2020, objectif du Chili qui reste au dessous de la barre des 5% pour l’électricité, il faudra bien tirer parti des ressources naturelles. Par exemple, pour alimenter les mines de cuivre d’Atacama, désert au ciel limpide, très ensoleillé, on pense de plus en plus à l’énergie solaire – avec des panneaux déployés dans un paysage déjà stigmatisé par l’extraction. Des investisseurs étrangers s’y intéressent. (3) En 2009, le Santiago Times titrait sur le potentiel du pays en matière d’énergie marémotrice. En exploitant seulement 10% du potentiel de ses courants marins, énergie plus facile à optimiser que le solaire ou l’éolien, le Chili produirait plus d’électricité qu’aujourd’hui.

M.J

Alors que 61% des chiliens s’opposent aux barrages (The Guardian (4)), HydroAysen agite les rues…


(1)“Chile officials approve HidroAysen electric dam project”, BBC News, 10-05-2011http://www.bbc.co.uk/news/mobile/world-latin-america-13343040

(2) « Chile’s HidroAysen dam project provokes mounting anger, Annie Murphy, BBC News, 21-05-2011 http://www.bbc.co.uk/news/mobile/world-latin-america-13445300

(3)« Foreign investment in solar power for Chilean mining industry”, This is Chile.cl http://www.thisischile.cl/Articles.aspx?id=6108&sec=190&eje=&t=foreign-investment-in-solar-power-for-chilean-mining-industry&idioma=2

(4) « Protests after Chile backs giant dams in Patagonia’s valleys”, Rory Carroll, Latin America correspondent guardian.co.uk, Tuesday 10-05-2011. http://www.guardian.co.uk/environment/2011/may/10/chile-patagonia-dams-hydroelectricity?INTCMP=SRCH

(5)« Le Chili mise sur les énergies renouvelables », Roland Meier, ExpertBlog, 07-02-2011 http://www.exportblog.ch/fr/blog/le-chili-mise-sur-les-%C3%A9nergies-renouvelables


Publié le 14 juin 2011 par marlene dans énergie,Barrages,Ecosystèmes.
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Le Belo Monte en « 3D ».

Bonjour,

“Un désastre pour le fleuve Xingu, pour la forêt tropicale, et certainement pour les indigènes et leurs familles qui vivent le long du fleuve…» (1) Sigourney Weaver, l’actrice d’Avatar, prête sa voix à une vidéo qui met en images le scénario, écologique et humain, du futur barrage de Belo Monte, en Amazonie brésilienne. Ce giga -projet, le troisième plus grand barrage au monde, installé sur le Rio Xingu, un affluent du fleuve Amazone, devrait inonder 668 km² de terres, avaler la ville d’Altamina, et déplacer environ 20.000 personnes. Plus de 80% du cours du Xingu sera détourné, divisé en deux longs canaux artificiels terminés par deux immenses réservoirs, reliés à la centrale électrique du barrage. Le puissant débit du fleuve, considérablement diminué, ne sera plus qu’un filet d’eau pendant une partie de l’année, condamnant à la sécheresse des cours d’eau secondaires. Dans un courrier adressé au Président Lula, daté de mars 2010, Amazon Watch,  une organisation qui défend l’Amazonie et ses populations, rappelle l’impact des deux canaux sur la vie des communautés du Volta Grande, une région baignée par le Xingu. Plus d’eau, plus de ressources, et plus de moyen de déplacement sur une distance de 130 km. Une activité agricole ruinée, une pêche désorganisée faute de poissons, pourtant à la base de l’alimentation des Kayapos, l’une des communautés menacées par le Belo Monte. Amazon Wath dénonce encore la formation d’étendues d’eaux stagnantes, facteur de paludisme. (2) L’arrivée de migrants, légaux et illégaux, en concurrence avec ces communautés, présage d’autres bouleversements, économiques et culturels. Privés de leurs activités traditionnelles, les populations autochtones devront s’adapter, et sans doute exploiter la forêt, seule option économique. Les aménagements routiers et les infrastructures électriques augmenteront, de toute façon, la pression sur la forêt amazonienne. Dont 400 km², sur les 668 annoncés, seront déjà noyés par le projet.(1)

L’idée d’aménager le Rio Xingu remonte aux années 70, sous la dictature militaire. Avec le temps, et les différentes architectures proposées, elle a fabriqué une solide opposition. Des organisations environnementales, emmenées par un réseau d’activistes, la mobilisation des populations riveraines, ont retardé la concrétisation de l’ouvrage. En1989, ces communautés refusent l’aménagement de 6 barrages sur leur territoire, obligeant les Autorités brésiliennes à changer le nom des ouvrages, sans donner de suite. En 2008, le gouvernement ressort le projet Belo Monte, devenu un complexe de 3 ouvrages. Selon Amazon Watch, les variations du fleuve entre la saison des pluies et la saison sèche obligent à construire d’autres retenues, en amont, pour rentabiliser le Belo Monte.(3) Début 2010, les Autorités brésiliennes donnent le feu vert à la construction d’un barrage qui doit accompagner la croissance du pays, devenu très gourmand en énergie, et soucieux de son bilan CO². (4)Avec l’argument que l’hydro-électricité ne produit pas directement de CO². Le barrage doit encore apporter de l’électricité à de nouvelles concessions minières, autre plaie environnementale de l’Amazonie. Pour Amazon Watch , le Belo Monte, d’une capacité supérieure à 11GW, ne produira que 10% de cette énergie pendant les 3 à 5 mois de la saison sèche. Ce qui ramènera sa production annuelle moyenne à un peu moins de 40% de son potentiel. D’où la nécessité d’aménager d’autres ouvrages sur le cours du Xingu, et de ses affluents, pour alimenter le barrage en eau. Quant à l’argument CO² servi par la gouvernement brésilien, les opposants répondent que l’inondation de terres boisées produira du méthane, beaucoup de méthane, un gaz à effet de serre 25 plus violent que le CO².(3)

Le projet, qui devrait démarrer fin 2010, réactive une opposition  peopolisée , Sting, Sigourney Weaver, ou James Cameron, le réalisateur d’Avatar qui a écrit à l’ex président Lula. La vidéo, initiée par Amazon Watch et International Rivers, une autre ONG remontée contre le Belo Monte, porte le message du Xingu Vivo Para Sempre , un puissant réseau local. Les images de Google Earth y révèlent, en « 3D »,  l’impact potentiel d’un projet, qui en cache plus d’une centaine d’autres. Le bassin de l’Amazone, doté de la plus grande forêt tropicale de la planète, est convoité par le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur, et le Pérou, qui rêvent d’y planter des aménagements hydrauliques. Assortis d’innombrables réservoirs d’eau stagnante.

M.J

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(1)”Google Earth animation shows Brazilian plans to turn Amazon into ‘series of stagnant reservoirs’, Rhett A. Butler, mongabay.com, 30-08-2010
http://news.mongabay.com/2010/0830-belo_monte_google_earth.html

(2)Courrier au Président Lula Da Silva, Christian Poirier, Brazil Program Coordinator, amazon Watch, 10-03-2010. http://www.internationalrivers.org/files/Appeal_letter_English.pdf

(3) Belo Monte Dam, Amazon Watch http://www.amazonwatch.org/amazon/BR/bmd/index.php?page_number=2

(4)” Brazil to build controversial Belo Monte hydroelectric dam in Amazon rainforest”, Tom Phillips, Guardian.co.uk , 0é-02-2010 http://www.guardian.co.uk/environment/2010/feb/02/brazil-amazon-rainforest-hydroelectric-dam


Publié le 12 octobre 2010 par marlene dans Barrages,Brésil,déforestation
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Quand la Chine convoite les eaux du Tibet.

Bonjour,

Le Yarlung Zangbo, qui prend sa source dans les montagnes de l’Himalaya, à 5000 mètres d’altitude, est un fleuve majeur partagé par le Tibet – et la Chine -, l’Inde, et le Bengladesh. Il s’appelle Yarlung Tsangpo quand il traverse le Sud-Est du Tibet. Puis il tourne et pénètre en Inde par une vallée très profonde, où il devient le Brahmapoutre, et irrigue la vallée fertile de l’Assam. Au Bengladesh, où il s’appelle Yamuna, il s’achemine vers le Golfe du Bengale, via le delta du Gange Brahmapoutre. Au Tibet, dans l’extrémité orientale de l’Himalaya, le fleuve a creusé l’une des gorges les plus impressionnantes au monde, le canyon du Yarlung Zangbo, en chinois. Avec plus de 500 km de long et une profondeur moyenne de 2200 mètres, il détrône le canyon du Colorado.(1) Ce fleuve, très fréquenté par les touristes et les néo-explorateurs, a été surnommé « L’Everest  des rivières », en raison de sa difficulté d’accès. (2) C’est ici, en territoire tibétain, dans la région du Great Bend, quand le fleuve effectue un brusque méandre avant de pénétrer en territoire indien, dans une gorge où il plonge de 2500 mètres sur environ 200 kilomètres, que la Chine a décidé de construire un giga barrage. Le projet, situé près de la ville de Metog, préparé de longue date, longtemps tenu secret, techniquement difficile à réaliser, doit tirer parti de l’un des meilleurs sites du monde pour son potentiel hydro-électrique. La future centrale, d’une capacité annoncée de 38 gigawatt, soit un peu plus du double de celle du barrage des Trois Gorges, installée dans les paysages accidentés et instables du Tibet, sera raccordée au territoire chinois. Les prouesses techniques déployées pour dompter la géographie himalayenne en disent long sur les besoins en électricité de la Chine. Pour les Tibétains, raccordés il y a peu de temps au  réseau électrique, pour ceux qui le sont, la vallée du Yarlung Tsangpo accompagne leur civilisation. Un peu comme le Nil pour les Egyptiens. Le fleuve a donné son nom à la première dynastie de rois tibétains. La vallée est dotée de nombreux sites sacrés, de lieux de méditation, et de monastères. Le Yarlung Tsangpo est omniprésent dans l’imagerie tibétaine. La région du Great Bend, Pema Koe, qui territorialise le bouddhisme, est un espace sacré pour les Tibétains, et pour les milliers de croyants répartis à travers le monde. La région est aussi un trésor de biodiversité. Difficile d’accès pour les botanistes, on y dénombre cependant quelques 3 700 espèces de plantes. Mais la zone, assise sur l’Himalaya et le plateau tibétain, à la rencontre de deux plaques tectoniques, serait aussi soumise à un risque sismique, argument des opposants, mais jusqu’alors minime. Mais selon un autre spécialiste, le risque se précise si l’on met en parallèle l’immense retenue d’eau du barrage, avec les explosions nucléaires destinées à creuser des tunnels sous l’Himalaya. (2) Plus embêtant encore, le projet risque de priver d’eau des millions de personnes, riveraines du Brahmapoutre en Inde, et de la Yamuna au Bengladesh. Car il est aussi question de détourner l’eau, sur des milliers de kilomètres à travers les plateaux tibétains, pour arroser les régions assoiffées du Nord- Ouest de la Chine, dans les provinces du Xinjiang et du Gansu.(2) Reste que le barrage rendrait l’Inde et le Bengladesh dépendants de la Chine pour l’eau pendant la saison sèche, et pour contenir les inondations pendant la saison des pluies. Sans compter que le barrage retiendrait les sédiments qui valorisent les sols en aval. Dès 2003, l’Inde s’inquiète du projet. En avril dernier, la presse indienne rapporte l’aveu des Chinois. Le projet est bel et bien en route. Dans un contexte où le tracé frontalier qui sépare la Chine et l’Inde sur les hauteurs himalayennes fait l’objet d’une discorde, la question de l’eau pourrait aggraver les tensions entre deux pays. Ils n’ont pas d’accord sur les partages de l’eau. (3). Mais selon le Guardian, l’Inde et la Chine se seraient entendues pour s’informer mutuellement des projets d’aménagement sur le « Tsangpo -Brahmapoutre». (4) Les Chinois, qui se vantent de maîtriser les contraintes techniques du barrage, devraient commencer une construction, déjà bien balisée. Une route qui mène au site, perchée sur les hauteurs, rappelle que techniquement rien n’est impossible. Le Tibet, dont les eaux abondantes irriguent le Sud et le Sud-Est asiatique, serait le nouveau réservoir de la Chine. On parle d’’autres projets, plus modestes, en cours et à venir. (1) En 2005, Li Ling, un ancien officier de l’Armée chinoise de Libération du peuple publie un livre intitulé: « How Tibet’s Water Can Save China ». (1)

M.J

Une video indienne qui prétend apporter des preuves de la construction d’un barrage, côté (tibétain) chinois du Brahmapoutre. En langue indienne, pour l’ambiance…

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(1) “Damming Tibet’s Yarlung Tsangpo-Brahmaputra and other South Asian rivers », The Tibetan Plateau blog,  24-05- 2010 http://tibetanplateau.blogspot.com/2010/05/damming-tibets-yarlung-tsangpo.html

(2)”Tsangpo River Project”, Candle for Tibet, posted by Maryse, 03-01-2009 http://candle4tibet.ning.com/profiles/blogs/tsangpo-river-project

(3) « China admits to Brahmaputra project”, IST,Indrani Bagchi,TNN, The Economic Times, 22-04-2010.

http://economictimes.indiatimes.com/news/politics/nation/China-admits-to-Brahmaputra-project/articleshow/5842624.cms

(4) “Chinese engineers propose world’s biggest hydro-electric project in Tibet”, Jonathan Watts, Asia environment correspondent, The Guardian, 24-05-2010. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/24/chinese-hydroengineers-propose-tibet-dam


Publié le 31 mai 2010 par marlene dans énergie,Barrages,Chine,eau,Préjudice écologique

Japon: des barrages qui engloutissent l’argent du contribuable.

Bonjour,

“Les barrages sans eau du Japon absorbent l’argent des impôts”, titrait le Yomiuri Shimbun, un quotidien japonais, dans son édition anglaise du 5 janvier dernier. Deux journalistes, Mikoto Hata and Hitoshi Yoshida commencent leur enquête dans l’île d’ Hokkaido,  à proximité d’une ville nommée Furuno, où s’érige le barrage de Togo, un ouvrage de 48 mètres de haut qui perd ses eaux.  La retenue de Togo, conçue en 1973 pour irriguer les champs et les cultures alentour, entre en service vingt ans plus tard. Elle peut stocker 4,3 millions de m3 d’eau, et  coûte près de 38 milliards de yens, environ 280 millions d’euros, argent du contribuable. (1) Très vite, il apparaît que le barrage fuit. L’eau semble s’échapper par le substrat volcanique qui supporte l’édifice. Les paysans, qui voient leurs impôts s’infiltrer dans la roche pendant que leurs cultures attendent une eau dont ils ont déjà payé l’accès, sont furieux. Pour réparer l’ouvrage, il faudrait 12 milliards de yens supplémentaires, environ 95 millions d’euros, sans compter les 300 millions de yens, un peu plus de deux millions d’euros, engloutis dans l’année pour l’entretien et la maintenance d’une infrastructure qui plombe le paysage. « Le barrage a l’allure d’un immense éléphant blanc qui frustre les riverains et leur vide les poches » rapportent les journalistes, avant de poursuivre une  enquête qui décline  les exemples.

Des barrages à profusion.

Dans les années 50, les barrages commencent à se multiplier sur le réseau hydrographique du Japon. Les ouvrages d’après-guerre, programmés pour protéger les métropoles des inondations, ont d’autres fonctions. D’où leur nom, « barrages à fins multiples ». Ils doivent réguler les fleuves, retenir l’eau destinée aux cultures, approvisionner les villes et les industries,  produire de l’électricité. (2) L’archipel compterait plus de 3000 barrages, dont certains encore en travaux. (3) A en croire le Lonely Planet, la Shimanto-gawa, sur l’île de Shikoku, serait le dernier cours d’eau du Japon à s’écouler librement.  Si l’aménagement des fleuves accompagne l’histoire japonaise, la profusion d’ouvrages hydrauliques, aux conséquences environnementales et humaines imprimées dans le paysage, vallées submergées, détournement des eaux, privatisation de la distribution, ou déstabilisation de l’organisation agraire, a fabriqué une solide opposition. Exemple à Yamba, un ouvrage programmé sur la rivière Agatsuma, au Nord-Est de la plaine du Kanto , l’une des réalisations les plus ambitieuses de ces dernières années.

Yamba, le mégaprojet.

Proposé dans les années  50, prévu pour 2015, le barrage de Yamba, à usage multiples, doit notamment approvisionner en eau potable la ville de Tokyo et six préfectures voisines. Le projet, qui doit noyer 316 hectares, déplacer plus de 400 foyers, perturber le quotidien d’un millier de japonais, engloutir la vieille cité thermale de Kawarayu Onsen, héritage historique et site touristique, provoque la colère des riverains.  On lui reproche encore une assise géologique douteuse, la proximité d’un volcan actif, et l’arrivée, via la rivière Agatsuma, d’éléments acides ennemis du béton, en provenance de sources chaudes situées en aval. On lui reproche surtout son coût, 322 milliards de yens, plus de 2 milliards d’euros. Beaucoup d’argent public pour alimenter en eau potable des citadins qui n’en manquent pas forcément. (4) Les législatives d’aoùt 2009, qui ont porté Yukio Hatoyama au poste de Premier Ministre, ont permis de ranger dans les cartons ce projet présenté comme « le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon ». (5)

L’eau à la source.

Dès l’automne dernier, le Parti démocrate – centre gauche – de Yukio Hatoyama promet d’en finir avec la politique de grands travaux emmenée par un Parti libéral-démocrate – conservateur -, accroché au pouvoir depuis 1955, et soucieux d’une partie de son électorat. Yukio Hatoyama, qui dénonce un gaspillage, annule la construction de dizaines de barrages. Il préfère financer des programmes sociaux. A une autre échelle, Shigeru Kobayashi, historien de la lutte anti-barrage qui a opposé les communautés rurales aux élus japonais, parle lui aussi d’économies: « Le coût de l’eau dépend avant tout du coût du barrage. A Ogawa on boit de l’eau d’ici… On a creusé un puit à côté de la rivière. C’est cette eau qui est bue. Pas besoin de barrage pour çà. Cette eau, de plus, est beaucoup moins chère... »

M.J

(1) Conversions approximatives, destinées à imager la facture du contribuable japonais.

(2) D’après « Atlas du Japon », « Une société face à la post-modernité », Philippe Pelletier, Editions Autrement, Collection Atlas/Monde, 2008, pp22-23
(3)Association of Concerned  Citizens of Yamba Dam Project. http://www.yamba-net.org/eng/

(4) « Japan Election Results: Yamba Dam Project Suspended »by greenz.jp, Tokyo, Japan, 09. 1.09 http://www.treehugger.com/files/2009/09/japan-election-results.php

(5) Yamba, le plus lourd fardeau des contribuables de l’histoire des barrages du Japon », Christian Pose, http://linked222.free.fr/cp/links/japan/yamba.html


Publié le 13 janvier 2010 par marlene dans Barrages,Japon
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