Environnement
Un blog sur la géo-environnement

BAD barrages.

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Bonjour,

La Banque asiatique de développement (BAD) s’inquiète des conséquences de la crise financière pour l’économie des pays asiatiques. Elle s’engage à tripler son capital pour financer des infrastructures, afin de booster les économies locales, et réduire la pauvreté. Cette réponse à la crise, défendue à Bali début mai, lors de la réunion annuelle de la BAD, rencontre un front d’opposition. Des ONG internationales, surtout originaires du voisinage asiatique, et des organisations locales, association de fermiers et de femmes, environnementalistes et anti-dettes, syndicats de mineurs et de pêcheurs, ne partagent pas cette vision du développement. (1) Pour ce front de résistance qui a fait le déplacement jusqu’à Bali, les grands travaux alimentent la dette des pays engagés. Ils bouleversent l’environnement et déplacent les populations concernées par ces projets, sans vraiment répondre à leurs besoins. Le barrage du West-Seti – une région située au Nord-Ouest du Népal – illustre l’inclinaison de la BAD à financer de gros travaux inadaptés.(2)

De l’électricité destinée à l’Inde.

Avec un système fluvial aux débits rapides, le Népal est un peu l’Eldorado pour les barrages. 90% de l’électricité népalaise vient de ses ressources hydriques. Le gouvernement veut aussi exploiter ce potentiel pour alimenter ses puissants voisins gourmands en énergie, l’Inde ou la Chine. Il cherche des investisseurs pour financer ces gros travaux. La BAD, la China Exim Bank, l’une des banques chinoises impliquées, et quelques investisseurs privés, misent sur un ouvrage qui ne fait pas l’unanimité. La société civile népalaise, appuyée par un réseau international, s’oppose à un ouvrage qui devrait avaler plus de 2300 ha de terres cultivables, de forêts, de prairies, bouleverser les écosystèmes, et déplacer plus de 10.000 personnes, dont la plupart re-installées hors de leurs terres d’origine. Le bénéfice sera pour l’Inde, qui devrait importer 90% de l’électricité produite par le barrage du West-Seti. Les impacts négatifs du projet ne sont pas pris en compte par le gouvernement népalais, qui a donné son feu vert. La BAD semble également ignorer les conséquences environnementales et humaines de cet aménagement, pourtant peu conformes aux recommandations de la Commission mondiale sur les Barrages, un organisme de contrôle indépendant. (3) A Bali, le NGO Forum on ADB, une organisation qui pousse la BAD à devenir plus vertueuse, a dénoncé : « La banque collectionne les antécédents de grandes infrastructures qui déplacent massivement des populations pauvres, détruisent les forêts et les systèmes fluviaux dont ces communautés dépendent ». (2)

Le prix du kilo de poissons.

Selon International River Network, une ONG américaine qui protège les bassins fluviaux et les populations asociées, le Népal a déjà connu un précédent avec le barrage d’Arun III. En 1995, la Banque mondiale s’était retirée d’un projet qui ne répondait pas aux besoins énergétiques d’un pays pauvre. Et dont les populations, isolées, avaient peu de chance de bénéficier du réseau électrique. En Asie du sud-Est, International River s’intéresse au bassin du Mékong, source de vie et de protéines pour 60 millions de personnes. Et espace convoité pour les bâtisseurs de barrages. La BAD y porte le développement du réseau électrique. La Chine, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, ou le Myanmar (Birmanie) projettent une série d’aménagements sur le cours principal du Mékong, et ses affluents, au risque de bouleverser les paysages et leurs équilibres, sans grand profit pour les populations. En Chine, la cascade d’ouvrages installés sur le Haut-Mekong, dans la province du Yunnan, a perturbé les rythmes du fleuve, avec des conséquences sur la réserve halieutique, et 20 millions de personnes. (4) Au Laos, le projet hydro-électrique de Theun-Hinboun, porté par l’ADB, a paupérisé 30.000 personnes, les privant d’une source de revenus. (5) En 2008, l’organisation américaine pointe le mauvais rapport « coûts-bénéfices » des barrages de Kamchay et de Stung Atay, au Cambodge. Sous prétexte d’apporter de l’électricité à un pays qui en manque, les deux ouvrages vont déraciner des populations et inonder des forêts protégées. Les Chinois, qui profitent de l’intérêt des autorités cambodgiennes pour l’hydro-électricité, ont largement financé des projets, aux études d’impact incertaines.(6) De son côté, la BAD mise sur un Cambodge « importateur d’électricité », avant de devenir « exportateur ». (7) Au Vietnam, la BAD a prêté 196 millions de dollars pour développer un projet hydro-électrique dans le centre du pays, communautés déplacées et inquiétudes pour la reproduction des poissons. (8) Sur le Forum de discussion de Khmer-network, on peut lire : « Savez –vous ce que coûte un kg de poissons quand il n’y en a plus ? » (7)

Une résistance locale, des réseaux transnationaux.

En Asie, ou ailleurs, les grands barrages témoignent de conflits d’intérêts qui opposent bailleurs de fonds, décideurs, et bâtisseurs, aux populations malmenées par ces grands travaux. Les premiers s’accrochent à une vision du « développement » qui passe par la maîtrise des fleuves, le béton, et l’électricité. Sans oublier leurs intérêts financiers. Les autres aspirent à préserver un milieu qui les accueille et les nourrit depuis des générations. La résistance locale à ces grands travaux, qui a émergé dans les années 80, est aujourd’hui portée par une opposition transnationale, qui via les réseaux et internet, se fait de plus en plus entendre. Ils étaient environ un millier à Bali.(1)

M.J

Exemple au Myanmar…

http://www.youtube.com/watch?v=gw6tfL034YQ

(1) Indonesian Indian Farmer (SPI), Women’s Union, Friends of the Earth Indonesia (WALHI), Anti-Debt Coalition, People’s Coalition for Fisheries Justice, mining Advocacy Network…« NGOs plan protest at ADB’s Bali meeting”, The Jakarta Post,May 12, 2009, http://www.thejakartapost.com/news/2009/04/15/ngos-plan-protest-adb%E2%80%99s-bali-meeting.html

(2) « ADB head : Asia must tackle poverty, climate change”, Stephen Wright, Associated Press, 05-04-2009. http://www.syracuse.com/newsflash/index.ssf?/base/business-5/1241425437317650.xml&storylist=new_topstories

(3) International River Network, http://internationalrivers.org/en/south-asia

(4) New Scientist, mai 2004.

(5) International Rivers http://www.internationalrivers.org/en/southeast-asia/laos/theun-hinboun

(6) AFP, 29 Janvier 2008, http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(7) http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(8) Romandie News / AFP, 27 juin 2008. http://www.romandie.com/infos/news2/080627050428.ob6ow77y.asp


Publié le 19 mai 2009 par marlene dans Actualité, Developpement, Préjudice écologique, eau
Tags :: Asie, BAD, Barrages

Les maux de la ville.

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Bonjour,

Quand plus de la moitié de l’humanité réside en ville, comment financer des logements abordables dans un contexte de crise financière et climatique ? La question était posée aux représentants d’une soixantaine de pays, réunis du 30 mars au 3 avril dernier à Nairobi, par le conseil d’administration d’ONU-Habitat. Cet organe des Nations Unies pour les établissements humains accompagne les pays, notamment les plus démunis, pour fabriquer des conditions urbaines plus décentes. Chaque mois, les villes des pays en voie de développement accueillent cinq millions de nouveaux habitants.

Inégalités et droit au logement.

La question posée à Nairobi fait écho au dernier rapport ONU-Habitat sur « l’état de villes dans le monde ». (1) Publié en octobre dernier, ce document, intitulé « Villes harmonieuses », mesure la « température urbaine » à l’aide de quelques paramètres, répartition spatiale, évolution de la taille des villes, harmonie et égalité sociale, et relation entre développement urbain et protection de l’environnement. Cette cartographie mondiale révèle une urbanisation à deux vitesses. Urbanisation galopante dans les pays du sud, où la pauvreté des campagnes rend la ville attractive. Croissance modérée et villes en déclin dans les pays développés, notamment en Europe. Les pays en voie développement participent à 95% de l’urbanisation mondiale. C’est en Afrique que les villes gonflent et se bricolent le plus vite. Niamey (Niger), Dar Es Salam (Tanzanie), ou Lomé (Togo) enflent de 4% par an. D’ici à 2050, la moitié de la population africaine sera citadine. Près des deux-tiers en Asie. Cette urbanisation anarchique fabrique des conditions de vie difficiles. A l’échelle mondiale, un citadin sur trois habite un bidonville. En Afrique subsaharienne, plus de la moitié. Le rapport note que la situation sociale est explosive dans de nombreuses villes d’Amérique du Sud, Bogota (Colombie) et Sao Paulo (Brésil) en tête. Et d’Afrique, Johannesburg et le Cap ( Afrique du Sud). Mais les tensions urbaines ne sont pas réservées aux pays pauvres. Les grandes cités des Etats-Unis présentent des niveaux d’inégalité aussi alarmants qu’Abidjan (Côte d’Ivoire), Nairobi (Kenya), ou Maputo( Mozambique). « L’accès au logement est un défi pour tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement. » déclare Anne Tibaïjuka, directrice générale d’ONU-habitat. (2)

Villes et crise climatique.

Selon l’ONU-Habitat, la crise climatique pourrait accentuer les pressions urbaines. Les cités construites dans les zones côtières, plus de 3351 selon le rapport, sont particulièrement exposées aux inondations. Les 13 millions d’habitants de Dhaka, au Bengladesh, connaissent bien ce problème. Calcutta en Inde, est également en première ligne. A Alexandrie, en Egypte, une élévation du niveau marin ferait fuir environ deux millions d’habitants. Lagos (Nigeria) , 10 millions d’habitants, apparaît également très exposée. Si l’Asie reste le continent le plus menacé par les conséquences du réchauffement climatique, l’Afrique apparaît la plus démunie pour affronter les intempéries. Pour ONU-Habitat, les effets des changements climatiques devraient jeter plus de 380 millions de personnes à la rue, la plupart issus des pays en voie de développement.

Sao Paulo et San Diego.

On apprend encore que si la ville est un producteur actif de gaz à effet de serre (GES), elle peut aussi corriger ses défauts. La ville et ses activités génèrent aujourd’hui 80% du dioxyde de carbone émis sur la terre, sans parler des autres rejets. Mais toutes les cités de la planète ne contribuent pas au réchauffement de la même façon. Si les villes riches sont, en principe, plus polluantes – industries, transports, et niveau de vie de ses habitants -, une meilleure gestion urbaine peut changer la donne. Le rapport cite l’exemple de la mégalopole brésilienne Sao Paulo, plus de 20 millions d’habitants pour environ 249 000 km², qui produit le dixième des émissions de San Diego en Californie, 1,3 millions d’habitants pour environ 164 km². Ce qui indique que le mode de vie urbain, une ville plus compacte et mieux desservie par les transports en communs, peut vraiment jouer sur les émissions de GES. D’où l’importance de développer une stratégie urbaine.

Bangkok

Le message d’ONU-Habitat est d’ailleurs “l’intervention”. Aider les pays à élaborer une politique du logement et de la ville. A Bangkok (Thaïlande), La Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) et ONU-Habitat ont mis en ligne des guides pour aider les dirigeants à gérer la croissance sauvage des bidonvilles. Une sorte de mode d’emploi pour soulager la misère des ghettos urbains, condition d’une stabilité sociale. Le Népal, le Cambodge, et l’Indonésie sont également ciblés. Selon le rapport de l’ONU-habitat, Bangkok, probablement 12 millions d’habitants, serait en passe de devenir une « ville harmonieuse ». Une invitation à repenser la ville et ses inégalités, à Abidjan, à Lagos, ou à Chicago.

M.J

Le bidonville de Mumbai (Inde)

http://www.youtube.com/watch?v=lIaq_5GNI1I

(1) http://www.unhabitat.org/pmss/getPage.asp?page=bookView&book=2562

(2) « Conférence de presse sur le « Rapport sur la situation des villes dans le monde 2008-2009 : Villes harmonieuses » <!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:”"; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:”Times New Roman”; mso-fareast-font-family:”Times New Roman”;} a:link, span.MsoHyperlink {color:blue; text-decoration:underline; text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed {color:purple; text-decoration:underline; text-underline:single;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} –> http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/Conf081027-HABITAT.doc.htm


Publié le 10 avril 2009 par marlene dans Actualité, Climat, Developpement, Ville
Tags :: bidonvilles., ONU-Habitat, Ville

Afrique, pauvreté, environnement, et développement.

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Bonjour,

Semaine de l’économie africaine sur le Webpedagogique, petite recherche, un titre accroche mon œil : « Afrique : pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre ». “L’Afrique est connue comme l’une des parties les plus riches du monde lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre – malgré les richesses naturelles et le flot d’aides”, a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) » Plus loin : « ”La dette écologique causée par l’exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario”, a ajouté Mutasa. “Elle maintient le continent en bas, empêche la région de sortir du cercle de la pauvreté, et déclenche la nécessité d’avoir plus d’aide” » Cet article développe l’exemple de la Zambie, ses mines de cuivre, ses exploitants prospères, ses populations exclues des profits, mais généreusement dédommagées en déchets et en poussières, résultat d’une exploitation irrespectueuse. La question de l’exploitation des richesses africaines, et leurs conséquences environnementales sur la vie des communautés, trop rarement discutée lors des Conférences internationales, figurait à l’agenda du 3° Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide au Développement.

Une aide aux consultants…

Troisième rencontre après Rome (2004) et Paris (2005), le Forum d’Accra (2-4 septembre 2008) visait à examiner l’aide au développement, et ses dysfonctionnements. Vaste programme qui dépasse la question environnementale, mais qui l’inclut. Et s’il y a rencontre, c’est qu’il y problème. Mais je ne vais pas fouiller le sujet, quelques kilomètres de blog n’y suffiraient pas. Retour sur le forum d’Accra qui a rassemblé des représentants et pays donateurs, des pays bénéficiaires, et de la société civile, pour examiner les acquis de la Déclaration de Paris. C’est-à-dire tenter de réajuster une aide peu efficace, mal ciblée, et souvent trop lente, malgré les bonnes intentions affichées. Au total, plus de 100 milliards de dollars sont alloués chaque année aux pays les plus démunis.(1) Une aide ralentie par les procédures administratives, instrumentalisée par les rivalités politiques, et soulagée par la corruption. Une récente étude sur la Déclaration de Paris montre que moins de la moitié des fonds alloués arrivent dans les délais prévus par les bailleurs de fond. (1) Les représentants des Eglises d’Afrique et des organisations religieuses internationales, très présentes sur le terrain de la pauvreté, prétendent que les plus démunis ne profitent pas de l’aide. Dans un texte destiné à préparer le forum d’Accra, le collectif religieux affirme que six des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année pourraient être sauvés avec des moyens simples et peu coûteux. Le rapport souligne encore que « l’aide est estimée sur la quantité, et non par ce qu’elle apporte au développement ». « La Déclaration de Paris ne tient pas compte du développement durable », poursuit le collectif. Encore deux extraits: « La moitié de l’aide est donnée sous la forme de consultants qui coûtent cher et qui répondent aux directives des donneurs. », « Les gouvernement des pays riches se comportent de façon honteuse en limitant l’aide à leurs propres intérêts économiques… »

De fait, l’aide au développement génère une dynamique complexe. Elle a des incidences sur le commerce des pays secourus, leur dette, la gestion des ressources. Elle influe sur la politique internationale, et reste ligotée à certains intérêts. La crise financière, la hausse des produits alimentaires, les difficultés d’accès à l’énergie, ou les effets du changement climatique l’ont rendue plus urgente, et plus précieuse, sur un terrain qui n’en verra peut-être jamais la couleur…

M.J

L’article d’attaque : « Afrique: Pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre? »Miriam Mannak, 9 Septembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200809091141.html

Pour en savoir sur le Forum D’Accra deux points de vue africains : Arbre à Palable / Forum d’ACCRA – septembre 2009 (1) http://www.arbre-a-palabre.org/2008/09/forum-daccra-septembre-2009/, et « La société civile exige une action urgente en matière d’aide au développement », 1er septembre 2008, Libération-Afrique http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2289. Côté occidental, une présentation du processus – et des priorités – de l’aide au développement sur le site de l’Agence française de Développement (AFD) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/Efficacite_1/pid/1686, et un appel à l’efficacité de l’aide par la Commission européenne http://www.eu-un.europa.eu/articles/fr/article_8119_fr.htm

Enfin, un lien vers AFRODAD, un organisme de recherche qui examine le problème de la dette africaine, et son impact sur le développement du continent. http://www.afrodad.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Publié le 4 décembre 2008 par marlene dans Actualité, Afrique, Developpement
Tags :: Accra, Afrique, aide, Developpement, environnement.

Des Africains au Japon….

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Bonjour,

Bono pique une colère contre le G8. Le leader du groupe U2 invite les pays les plus industrialisés de la planète à tenir leurs promesses d’aide au continent africain. Le G8, qui devait verser une enveloppe de 22 milliards de dollars à l’Afrique, a quelques arriérés. Trois ans après l’engagement, l’Afrique n’aurait reçu que 14% de la somme, soit 3 milliards de dollars. D’où, le coup de gueule de Bono qui mise sur Nicolas Sakozy, et la France qui doit prochainement prendre la présidence de l’Union européenne, pour faire avancer le dossier. Début juin, lors d’un coup de fil à Bono, Nicolas Sarkozy, conscient de « l’urgence à agir » en faveur du développement africain, l’avait assuré de son soutien. Bono-Sarkozy, même combat pour l’Afrique. Pourtant, il semblerait que la France soit moins généreuse que prévu. En 2007, Paris a réduit de 66 millions de dollars son aide à l’Afrique subsaharienne. En 2005, la France s’était pourtant engagée à consacrer 0,7% de sa richesse nationale à l’aide publique au développement, d’ici à 2015. Elle était de 0,47% du PIB en 2006, et de 0,39% en 2007. De passage à Paris avec Bob Geldof, son Second, épaulé par Yannick Noah, Bono compte quand même sur le soutien de Sarkozy pour inciter le G8 à tenir ses promesses. Le prochain sommet du G8 doit se réunir à Hokkaïdo, au Japon, début juillet.

Bono, chanteur militant, est à l’origine de One, une organisation humanitaire, créée en 2004. One, qui se bat contre l’extrême pauvreté et les grands maux de la planète, SIDA ou paludisme, demande aux gouvernements des pays riches de participer à ces combats. Et d’y apporter des fonds. One, qui se réfère aux engagements du G8 en 2005 en faveur de l’Afrique, publie un rapport annuel qui mesure l’avancée des promesses. Flash Back. En 2005, Bob Geldorf organise « Live 8 » , une série de huit concerts organisés dans les pays du G8, avant le sommet de Gleneagle, en Ecosse. Cette manifestation accompagne la campagne britannique « Make poverty history » ( Abolissons la pauvreté ), qui vise à faire pression sur les dirigeants occidentaux pour alléger le fardeau de l’Afrique. A Gleneagle, les pays riches conviennent de doubler l’aide au développement des pays africains, d’ici 2010. Cet objectif, plusieurs fois révisé à la baisse, devait donc avoisiner les 22 milliards de dollars en 2010. Et Bono trouve que le compte n’y est pas. One commente ce retard: “Le rythme insuffisant de l’aide du G8 et de l’Union européenne à l’Afrique est très inquiétant. » Et toujours selon One, l’allègement de la dette combinée à l’augmentation de l’aide entre 1999 et 2005, aurait permis de vacciner 26 millions d’enfants entre 2001 et 2006. Et grâce à ces mesures, près de 30 millions de petits Africains auraient pu, pour la première fois de leur vie, prendre le chemin de l’école. (1)

Et c’est encore pour évoquer le retard, et regretter le manque d’enthousiasme du G8 à honorer ses promesses de 2005, que l’Afrique s’est réunie à Yokohama, au Japon, du 28 au 30 mai dernier. Cette quatrième conférence internationale sur le développement africain (TICAD), a connu une certaine affluence, l’évènement n’a lieu que tous les cinq ans. Michel Temman, correspondant de Libération à Tokyo, évoque le succès de ce rendez-vous : « Des centaines de billets d’avion. Des dizaines de coucous présidentiels et de vols venus de toute l’Afrique transportant d’énormes délégations (plus de 120 personnes pour celle du Gabon). Des bataillons de gardes du corps. D’interminables ballets de limousines et de voitures blindées. Pas loin de 3 000 hôtes logés durant trois à quatre jours dans les plus beaux hôtels de Yokohama, dans les suites des Intercontinental, Pacifico et autres enseignes de prestige… »Lire la suite, qui n’est pas sans intérêt….

Allez, un peu de musique pour se détendre….

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M.J

(1)AFP, 18 juin 2008.


Publié le 20 juin 2008 par marlene dans Actualité, Afrique, Developpement
Tags :: Afrique, aide au développement, Bono, G8, gaspillage, Japon

La pomme de terre, élue de l’année.

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Bonjour,

En 2008, l’ONU invite la pomme de terre, quatrième sur le menu mondial, après le maïs, le blé, et le riz. Dans le cadre de cette année internationale IYP, la FAO propose aux photographes du monde entier de révéler le tubercule sous les angles les plus divers, biodiversité, culture, transformation, commerce, ou utilisation rationnelle des espaces cultivés. Ce concours, intitulé « Zoom sur un aliment mondial », vise à illustrer l’importance de la pomme de terre dans le système alimentaire, agricole, et économique, des pays en voie de développement. La montée en flèche du prix des céréales participe au succès d’une pomme de terre riche en énergie, et facile à cultiver.

Un tubercule qui a beaucoup voyagé…

Originaire des Andes péruviennes, la pomme de terre est une vieille patate d’environ 8000 ans. Au XVI° siècle, les Espagnols, partis chercher de l’or au Pérou, la ramènent en Europe. Cette culture, attestée en Espagne en 1573, commence à essaimer sur le continent, Italie, Angleterre, France, Pays-Bas… En Irlande, l’accueil est chaleureux, elle s’y développe dans un contexte frais et humide. Portée par l’expansion coloniale européenne, la pomme de terre continue de voyager, plaines alluviales du Bengale dans le sous-continent indien, Delta du Nil en Egypte, Massif de l’Atlas au Maroc, Australie, Amérique du Sud, Brésil et Argentine. En Asie, elle passe du Caucase au plateau d’Anatolie en Turquie, gagne la Russie, la Chine orientale, et s’avance sur la péninsule coréenne. A la fin des années 50, aux Etats-Unis, elle se transforme en frites pour Mac Donald. Dans les années 60, elle se développe en Chine, en Inde, et au Bengladesh. Connue en Afrique subsaharienne, elle descend vers le Cameroun, le Kenya, ou le Rwanda. Au XX° siècle, la pomme de terre est devenue l’un des principaux aliments de la planète. (1)

« L’aliment du futur »

Cultivée aujourd’hui dans plus d’une centaine de pays, sa production mondiale atteint les 320 millions de tonnes en 2007, chiffre record. L’Asie et l’Europe totalisent 80% de cette production. Depuis les années 90, le secteur de la pomme de terre, jusqu’alors monopolisé par l’Europe, l’Amérique du Nord, et les pays ex-soviétiques, a évolué. L’Asie, l’Afrique, et l’Amérique latine, ont multiplié leur récolte par plus de 5 depuis les années 60. En 2005, la production des pays en voie de développement, Chine et Inde en tête, a dépassé celle des pays développés. La Chine est devenue le plus grand champ mondial de pommes de terre. Côté rendements, l’Amérique du Nord reste en tête, plus de 40 tonnes à l’hectare. Contre une fourchette comprise entre 16 et 17 pour l’Asie, l’Océanie, et l’Europe, et seulement un peu moins de 11 tonnes à l’hectare pour le continent africain. (2) Pour les experts de la FAO, qui examinent le potentiel de la pomme de terre dans le cadre de cette Année internationale, la question des rendements n’est pas insurmontable. Il y a même beaucoup à attendre d’un tubercule qui pousse vite, s’adapte sur des sols difficiles, et qui consomme peu d’engrais. Une opportunité pour les pays en voie de développement. Réunis à Cuzco fin mars dernier par les Nations Unies, 90 experts ont discuté des stratégies à développer pour exploiter ce potentiel alimentaire, et économique. Selon eux, « La pomme de terre sera l’aliment du futur ».

La cause d’une émigration ancienne.

Pour moi, la pomme de terre reste liée à l’histoire de la diaspora irlandaise. Introduite à la fin du XVI°, elle s’est accommodée d’un climat doux et humide, de terres ingrates, et d’une multiplication des petites propriétés. Elle n’a pas besoin de grands espaces. Au fil du temps, la pomme de terre est devenue la principale nourriture des Irlandais. Au milieu du XIX° siècle, le mildiou s’attaque aux cultures, les mauvaises récoltes se succèdent. De 1846 à 1851, 500.000 à un million de personnes, selon les estimations, meurent de faim. Des épidémies, notamment le typhus, se développent. Autre conséquence majeure, l’émigration. La crise de la pomme de terre, probablement aidée par la brutalité de l’occupation anglaise, provoque le départ de deux millions de personnes vers la Grande Bretagne, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie. Entre 1845 et 1851, l’Irlande perd le tiers de sa population. (3)

M.J

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(1) FAO, 2008 (2) FAO, 2008 (3) Global Diasporas, An introduction, Robin Cohen, UCL Press, p 181.


Publié le 3 avril 2008 par marlene dans Developpement, faim
Tags :: alimentation mondiale., FAO, IYP 2008, pomme de terre

Nairobi brûle ses déchets pour cuisiner…

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Bonjour,

L’incinération des déchets est l’une des questions qui fâche, au Grenelle de l’environnement. Et qui fâche drôlement. Dans un communiqué, médecins et scientifiques n’hésitent pas à évoquer une “aberration sanitaire”, une “impasse écologique”, et une “absurdité économique”. Ils réclament un moratoire pour une gestion, plus propre, de ces rejets. Mais brûler les déchets, devenu inacceptable pour les uns, pourrait être une aubaine pour d’autres. Direction Kibera, au Kenya, dans la banlieue de Nairobi.

Kibera, c’est le plus grand bidonville d’Afrique, avec probablement un million d’habitants, et peut – être 1,2 million. Kibera, dont le nom évoque la “forêt” ou la “jungle” en Nubien, est surtout un espace de grande pauvreté, 40% de la population au chômage, et moins d’un dollar par jour pour la plupart. L’Etat a déserté cet immense bidonville accroché à la capitale, pas d’électricité, pas d’eau potable, pas d’évacuations sanitaires, pas de poubelles, et pas de ramassage. Ruelles boueuses chargées de détritus, odeurs pestilentielles, et risques d’épidémies associées, typhoïde et diarrhées. C’est dans l’un de ces quartiers, empoisonné par les ordures ménagères, que l’on a développé l’idée d’une grosse cuisinière communautaire, pour les brûler.

Deux fois par semaine, une cinquantaine de chômeurs de Kibera collecte des détritus pour 10 shillings kenyans, soit environ 0,10 centimes d’euros. Un travail peu valorisant, qui vaut quand même mieux que de ne rien faire. Ils trient ensuite ces détritus, plastiques durs, métaux, et verre d’un côté, pour la revente. Et de l’autre, tous les déchets inflammables, que l’on laisse sécher pendant deux jours, avant de les enfourner dans la fameuse cuisinière communautaire. Et sur les plaques chauffées par la combustion de ces déchets, on fait bouillir l’eau pour le thé, on cuit du pain ou des chapatis, de petites galettes chaudes, et on cuisine de la viande pour 5 à 10 shillings kényans, 5 à 10 centimes d’euros. Cette nourriture est ensuite revendue, à des prix subventionnés”, aux habitants de Kibera. L’association Umande trist gère ce projet.

Ce projet pilote, porté et financé par le PNUE ( Programme des Nations unies pour l’environnement), rentre dans le cadre d’une réhabilitation du bassin des rivières de Nairobi. Ces rivières, situées à proximité des bidonvilles, sont de véritables poubelles, envahies de plastique, de verre, de batteries, ou des métaux lourds. Résultat, les cours d’eau sont pollués jusqu’à l’Océan Indien. Dans une ville qui, selon les Nations Unies, produit environ 300 tonnes de déchets par jours, ce type d’incinération domestique pourrait se développer. Mais pour l’instant, tous les efforts se concentrent sur cette cuisinière géante, qui devrait avaler jusqu’à 500 kilos d’ordures par jour. Son four pourrait chauffer l’eau de la vaisselle, et de douches attenantes. Et si l’engin crache encore une épaisse fumée, on pense y remédier en augmentant la température d’incinération. Mais dans un quartier ou tout le monde patauge dans la boue, au milieu des ordures, le recyclage des fumées n’est pas encore une priorité…

M.J

Une promenade dans Kibera, juste pour se rendre compte…

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Publié le 18 octobre 2007 par marlene dans Developpement

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