Environnement
Un blog sur la géo-environnement

BedZed: un quartier zéro émission

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Bonjour,

BedZed, au Sud de Londres, est devenu un modèle de quartier durable. Peu gourmand en énergie, il limite les dommages à l’environnement. Dans un contexte d’économie d’énergie, et de réchauffement climatique, ce village écologique pourrait faire école.

Pas d’énergie fossile, pas de Gaz à effet de serre.

Bedzed, le projet écologique est contenu dans le nom: Beddington Zero Energy Development, ou Développement sans recours à l’énergie fossile, en version française. Il ne rejette aucun gaz à effet de serre, c’est un quartier « Zéro émission ». Bedzed, qui impose ses sept bâtiments dans le paysage pavillonnaire environnant, propose 90 logements, accès à la propriété pour les plus riches, et location pour les autres. BedZed, qui offre encore 2500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, un centre médico- social, un complexe sportif, un crèche, un café, un restaurant, des espaces publics et privés, est inauguré en 2000 à Sutton, dans la banlieue Sud de Londres. Il s’agit de construire un quartier agréable à vivre, en utilisant les matériaux locaux, et en limitant les ressources non renouvelables. « Les réserves de pétrole du Royaume Uni seront épuisées dans dix ans. Aussi devons nous préparer notre société à mieux gérer les ressources de la planète », commente Bill Dunster, architecte du projet. (Benoît Théau, Igapura, novembre 2006)
Une consommation énergétique maîtrisée.

BedZed est un petit consommateur d’énergie. L’orientation solaire des bâtiments, la qualité de l’isolation, et quelques innovations permettent d’optimiser la réponse énergétique. Les pertes thermiques des bâtiments sont réduites. La toiture, en partie recouverte d’un tapis végétal, constitue un premier isolant. Les murs, d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur, sont bourrés de matériaux isolants. Les fenêtres orientées vers le Nord, sont équipées d’un triple vitrage. Celles, offertes au Sud, sont doublées. Au total, l’isolation permet de réduire 90% des besoins en chauffage. Et en cas de gros coup de froid, nous sommes à Londres, une chaudière à bois collective prend le relais. Parmi les autres astuces pour récupérer la chaleur et la lumière du soleil, chaque logement dispose d’une serre, exposée au Sud. Certaines vitres sont équipées de cellules photovoltaïques. Et pour optimiser les bénéfices du soleil, 777 m² de panneaux solaires sont installés sur les toits, afin de produire de l’électricité. Des cheminées, où systèmes d’air chaud et d’air froid se croisent dans des conduits, permettent l’aération des logements, et apportent encore un peu de chaleur. Une partie de l’énergie électrique et thermique provient de bois de récupération. (B. Théau, 2006;L. Noualhat, Libération, 14 -01 -2006)

L’eau valorisée.

L’eau de pluie et les eaux recyclées assurent le cinquième de la consommation du village. L’eau de pluie est stockée dans des réservoirs situés dans les fondations du bâtiment. Une partie des eaux usées est traitée sur place par une « living machine ». Cette machine vivante se compose de sept bassins, reliés entre eux, où microbes et plantes travaillent à épurer l’eau souillée. Les nutriments récupérés sont destinés aux plantes, l’eau filtrée nettoie les toilettes et arrose les jardins. L’économie d’eau est d’ailleurs un parti -pris. Des appareils ménagers aux économisateurs d’eau installés sur les robinets, en passant par la fonction « double commande » installée dans les toilettes, tout est conçu pour limiter la consommation d’eau. Une règle de vie, pour les résidents. (B.Théau; L. Noualhat, 1996)
Oublier la voiture.

BedZed essaie de faire oublier la voiture à ses habitants. Rapporté au nombre de logements, peu de places de parking sont disponibles. Le stationnement y est limité. On y pratique le « véhicule en commun », dont deux sur trois sont électriques. Le village, qui est aussi un pôle d’emplois, permet encore de réduire les déplacements. Conséquence écologique, plus d’espaces pour les piétons, les cyclistes, et la verdure.

Les « BedZed » pourraient se multiplier.

Edifié grâce à des bois achetés dans les environs, des matériaux récupérés sur les chantiers, ou d’anciens rails de chemins de fer recyclés, BedZed a utilisé les ressources locales, et stimulé l’économie environnante. Le village, qui accueille des familles à bas revenus dans la moitié des logements, réussit encore son pari social. Les autres appartements ont été vendus au prix du marché tradirionnel. Contre – performance, un surcoût de la construction d’environ 30%, lié aux innovations. Un prix raisonnable pour une empreinte écologique maîtrisée: un chauffage réduit de 90%, une consommation énergétique de 70%, et 75% d’ordures en moins. Un prix dérisoire pour un fonctionnement « neutre en carbone ». Les nouveaux « BedZed », inspirés d’un village durable déjà rôdé, devraient côuter moins cher, à l’avenir. Le programme britannique de logements, un million prévus sur 10 ans, s’intéresse au projet. Et BedZed pourrait encore s’exporter en Suisse, en Afrique du Sud, en France, ou en Chine et en Australie. (B.Théau; L. Noualhat, 1996)

BedZed, un modèle de ville durable: vidéo (Le mieux, c’est de regarder la vidéo, version petit format…A l’échelle de l’écran, l’image perd beaucoup.)

M.J.


Publié le 5 février 2007 par marlene dans Développement durable,Economie d'énergie

« Villes durables »: échantillons européens.

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Vauban: un quartier durable équipé à l’énergie solaire.

Bonjour,

L’étalement urbain, qui renforce la dépendance aux transports, engloutit l’espace foncier, et multiplie les nuisances environnementales, s’oppose au modèle de « ville durable ». En Europe, cette ville respectueuse de l’environnement et de ses habitants, se décline surtout à l’échelle de quartiers.

Une ville écologique, sociale, et participative.

Difficile de saisir la « ville durable », les modèles font défaut. C’est un projet qui puise dans l’identité de chaque ville, compose avec son histoire et ses possibilités, pour inventer un urbanisme qui répond aux exigences du « développement durable », un héritage à léguer aux générations futures. C’est une ville qui impulse une dynamique écologique, sociale, et participative, inscrite dans la durée. Trois pistes pour esquisser ce modèle urbain.

La « ville durable » donne une réponse locale à un problème global. Elle optimise ses transports afin de réduire les émissions de CO², acteur principal du réchauffement climatique. Elle encourage les piétons et les cyclistes. Ce projet propose encore une rénovation d’un vieux parc de logements pour le rendre moins gourmand en chauffage, et donc en énergie. Elle envisage un habitat écologique. Ou elle développe la proximité, transports, services, commerces.

La « ville durable » concilie le social et l’écologie. Dans un contexte où les dégradations et les nuisances écologiques reflètent les inégalités sociales, elle offre un cadre de vie, et des conditions d’existence, comparables, à l’ensemble de ses citoyens. Elle réhabilite une cité exposée aux nuisances urbaines, bruit, pollutions. Elle s’attaque à la cause de pathologies environnementales, maladies respiratoires. Elle offre à l’ensemble de ses habitants un parc de logements sains, entouré de services et de commerces, à proximité de jardins, et d’espaces culturels. La « ville durable » mélange ses habitants, et estompe les inégalités. Elle procure un accès égal à l’éducation.

La « ville durable » invite encore ses citoyens à se prononcer, et à participer à son édification. Elle définit un projet politique, collectif. Elle sensibilise les habitants à ce projet, organise des rencontres avec les différents acteurs de la cité (associations, maisons de quartiers, services urbains, élus…). Elle invite tout le monde à se réapproprier l’espace urbain, et à le transformer, ensemble. Il y a l’idée d’une dynamique « participative ».

Après ces quelques exemples, je vous propose une définition plus aboutie

Des « villes durables » à l’échelle de quartiers.

De 1994 à 2004, la campagne européenne des « villes durables » a généré des expériences pilotes dans certaines grandes villes, Hanovre, en Allemagne, Malmö, en Suède, et Barcelone en Espagne. La Commission européenne a mis fin à une initiative qui se développait sur le registre de la compétitivité. Aujourd’hui, si nombre de cités européennes tendent à interpréter ce projet (optimisation des transports en commun, accès limité aux voitures en centre ville, plus d’espaces verts, meilleure gestion du foncier, de l’eau, de l’électricité..), la « ville durable » se construit à l’échelle de quartiers. En Europe du Nord, deux quartiers écologiques font école, Vauban, à Fribourg en Allemagne, et Bedzed, dans la banlieue de Londres. Kronsberg, dans la région d’Hanovre, tente encore ce modèle en Allemagne. En Suède, il se décline à Hammarby Sjöstad, dans la région de Stockholm. Près de Copenhague, au Danemark, il se développe à Versterbro. En Hollande, il y a Eva-Lanxmeer, et Breda, une ville de 170.000 habitants, très orientée vers le développement durable. En France, on peut citer Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes. L’Europe du Nord, sensibilisée plus tôt aux questions environnementales, a aussi été plus réactive, et innovante. (Quartier durable, Piste pour l’action locale, Laurence Lambert, ETOPIA, coll. de Christine Dewart. Etude N°1, décembre 2006) Les auteures mettent l’accent sur le moteur de cette urbanisation engagée: une forte volonté politique, et une dynamique participative.

Vauban: une référence historique, une orientation écologique.

Revenons dans le quartier Vauban, à la périphérie de Fribourg, dans le Sud Ouest de l’Allemagne. Le projet, qui s’est installé sur une quarantaine d’hectares désertés par l’armée française en 1992, démarre six ans plus tard. Il se décline sur le modèle de la « cité-jardin », conçu en Grande Bretagne à la fin du XIX° siècle, dans un contexte de Révolution Industrielle. C’est un projet urbain qui associe logements sociaux, jardins, etaménagement paysagers. Les arbres centenaires ont été conservés.

Ce quartier écologique repose sur une maîtrise de l’espace foncier. Il obéit à des exigences architecturales, des bâtiments limités à quatre étages. Les eaux de pluies sont exploitées. La consommation énergétique, draconienne, est compensée par un travail sur les matériaux, l’orientation des bâtiments, ou la toiture. De nombreux panneaux solaires complètent ce dispositif. En matière d’énergie solaire, Vauban est un exemple européen.

Le quatier dispose d’un parking commun, avec une règle, une voiture seulement par logement. En contrepartie, les piétons et les cyclistes sont rois, une ligne de tramway relie le quartier au centre ville.
Une population mélangée, une impulsion participative.

Une population de 5000 habitants, origines socio – culturelles mélangées, principe de mixité sociale, habite de petits bâtiments colorés, aux jardins ouverts. L’intervention des habitants, des idées architecturales aux travaux, l’investissement financier de la commune, des échanges réguliers avec les services de la ville, et la mise en place d’un Forum Vauban, espace de rencontre entre les élus et les résidents, témoignent d’une dynamique participative, et d’une volonté politique d’accompagner le projet. Il y a eu des conflits, mais le projet livré en 2006, propose 200 logements, et un pôle d’activités de 600 emplois.

Visite du quartier Vauban. (historique, architecture, écologie…)
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Visite en photos, avec en prime un commentaire plus critique….

Vauban, un exemple de « ville durable » interprété à l’échelle d’un quartier. Face aux cités européennes qui continuent de s’étaler, ces petits périmètres écologiques apparaissent comme des échantillons de « villes durables ». Prochain blog, un autre échantillon, le quartier de Bedzed, en Angleterre.

M.J.


Publié le 31 janvier 2007 par marlene dans Développement durable,Economie d'énergie