Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Yasuni, marchandage inédit.

Bonjour,

Marchandage inédit. Le gouvernement de la République d’Equateur  demande de l’argent à la communauté internationale pour ne pas exploiter une importante réserve de pétrole, endormie sous l’un des joyaux de la biodiversité mondiale.  L’histoire se passe dans Le Parc National Yasuní, classé Réserve Naturelle Mondiale par  l’UNESCO, en Amazonie équatorienne, une région difficile d’accès, arrosée par de nombreux affluents de l’Amazone et par le fleuve Napo, gorgée de pétrole. C’est sur ce territoire que vivent, depuis de longs siècles,  les Tagaeri et les Taromenane, deux peuples de culture Waoranie. Entre les fleuves et un prodigieux catalogue d’espèces, ils ont choisi l’isolement de la forêt, sans probablement se douter qu’ils étaient assis sur un gisement d’or noir.  La Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT), c’est le nom  de ce gisement, renfermerait 900 millions de barils. (2) Le site LiveYasuni.org, qui défend  ces paysages et leurs habitants, prétend l’extraction difficile. Chaque baril de pétrole produirait l’équivalent de quatre barils d’eau, qu’il faudrait ensuite réinjecter dans le sous-sol. Avec des conséquences dévastatrices pour cet écosystème forestier, et les bassins versants de la région, déjà malmenés par d’autres exploitations pétrolières.  En 2007, le Président Rafael Correa, nouvellement élu, suspend le projet. Et décide de  monnayer  ce renoncement. Le gouvernement équatorien demande 3,6 milliards de dollars de dédommagement. Soit la moitié de la valeur nette des réserves évaluées, et la valeur économique des 407 millions métriques d’émissions de CO² épargnées par l’extraction et la combustion de ce pétrole. (3) L’Equateur, où l’agriculture pèse encore dans la balance commerciale, profite aussi de la rente pétrolière pour doper son économie.  Si la pauvreté n’est pas complètement éliminée, elle a cependant reculé de 40% en deux décennies. (4) Au 31 décembre dernier, 116 millions de dollars ont été collectés, sans doute de quoi geler temporairement le projet,  en attendant les 3 milliards et quelques qui manquent.  Dans un article daté du 31 décembre dernier, The Guardian évoque une mobilisation aussi internationale que variée. (5) Des pays donateurs, Chili, Colombie, Géorgie, Turquie, Pérou, Australie, Espagne ; des régions, en France, en Belgique – la seule Wallonie aurait versé deux millions de dollars - ; un banquier New-Yorkais qui aurait sacrifié un an de salaire ; ou quelques vedettes de cinéma, Bo Derek,  Leonardo Di Caprio, ou Edward Norton. Autre contributeur, récompensé par le Nobel de la Paix 2007 pour son engagement contre le réchauffement climatique, Al Gore, l’auteur de « Une vérité qui dérange ». Marchands de sodas et boutiques japonaises auraient également contribué à la collecte. Si le PNUD, le programme des Nations Unies pour le développement, impliqué dans la gestion des fonds collectés, ou la FAO, l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture, s’intéressent à cette initiative, c’est qu’elle ne parle pas que d’argent frais. Le contrat, qui lie le gouvernement équatorien et les donateurs, s’il fonctionne un jour, vise à préserver cette partie de la forêt amazonienne, tout en stimulant une transition énergétique. Le déboisement sera interdit dans une quarantaine de zones protégées, une surface voisine de 5 millions de km². Soit près de 20% du territoire équatorien. (3) Les sols, menacés de dégradation, seront plantés d’arbres. La régénération de la forêt aura libre cours.  Le contrat comprend  encore un volet « développement humain »,  éducation, santé, formation, et emplois, écotourisme ou agro- foresterie. Sans oublier que les Tagaeri, les Taromenane, et leurs voisins, les Kichwa et les Naporuna, vivront bien plus tranquilles sans le scénario et les acteurs de l’exploitation pétrolière.  Cette transition énergétique annoncée, qui suppose de laisser dormir le pétrole et les émissions CO² associées, parie sur les technologies renouvelables, autre priorité de l’engagement. Mais le projet Yasuni, qui pourrait concrétiser un front contre la déforestation en Amazonie,  ouvrir la voie à une économie sans pétrole, fabrique aussi des sceptiques. Propos rapportés par The Guardian, Dirk Niebel, le Ministre allemand du développement commente le principe de payer pour ne pas exploiter du pétrole: « Cela introduirait une jurisprudence à l’orientation imprévisible. » (5) Le Nigeria, le Cameroun, et le Gabon, pays de forêts et de pétrole, intéressés par ce marchandage inédit, ne partagent pas cet avis. (5)

 

M.J

 

 

 

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(1) Equateur, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quateur_%28pays%29 http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quateur_%28pays%29

(2)Live Yasuni, http://www.liveyasuni.org/

(3)Initiative Yasuni ITT, Ambassade de l’équateur en France.http://ambassade-equateur.org/fra/?page_id=768 ( et id=776)

(4)« Pauvreté, pourcentage de la population vivant avec moins de deux dollars par jour (PPP) », Équateur, Perspective Monde, Université de Sherbrooke. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=ECU&codeTheme=2&codeStat=SI.POV.2DAY

(5)“World pays Ecuador not to extract oil from rainforest”, John Vidal, environment editor,  guardian.co.uk, 30-12-2011, http://www.guardian.co.uk/environment/2011/dec/30/ecuador-paid-rainforest-oil-alliance?intcmp=239


Publié le 5 janvier 2012 par marlene dans énergie,Climat,déforestation
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Géothermie, un courant alternatif.

Bonjour,

Lester R. Brown, encore lui, annonce la fin du pétrole. Dans son livre « Plan B », le chef du Earth Policy Institute  nous invite à une sobriété énergétique. Il recommande de nous préparer à changer nos modes de vie. Et dans un monde où charbon et réchauffement climatique sont inconciliables, il fait l’éloge des énergies renouvelables. Le nucléaire, trop cher sans subventions, et trop risqué -  l’ouvrage est écrit avant Fukuoka -  est mis sur la touche. «  Notre futur sera donc inévitablement modelé par les énergies renouvelables.. », écrit-il avant de convoquer les acteurs de cette transition énergétique souhaitée, « énergie éolienne, panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, centrales solaires thermiques, énergie géothermique, énergie hydraulique, énergie des marées, et biocarburants. » (1) En juin 2011, le site de l’Earth Institute, qui réactualise les propositions du « Plan B »,  fait l’éloge de la géothermie (2). Une énergie renouvelable aussi inépuisable que la terre qui la produit,  encore largement sous-exploitée.

Tour du monde.

La géothermie, manifestation d’une radioactivité naturelle enfouie dans les couches profondes de la terre, parfois signalée en surface par des sources d’eaux chaudes ou par des geysers, , cumule les avantages. Pratiquement sans émissions, elle peut être exploitée pour produire une électricité quasi-constante, chauffer les bâtiments et les serres agricoles, ou donner un petit coup de pouce à l’aquaculture. C’est l’Italie, qui en 1904, expérimente la première les possibilités énergétiques de son sous-sol pour produire de l’électricité. Aujourd’hui, plus d’une vingtaine de pays tirent profit de cette chaleur terrestre, au fil d’une géographie qui  s’étire sur la « ceinture de feu », passe par le grand rift africain, Kenya, Rwanda, Ouganda et remonte vers l’axe oriental de la Méditerranée, Italie, Hongrie, Roumanie, Turquie, Israël.  Chili,  Pérou, Equateur, Colombie, Amérique centrale, Mexique, Ouest des Etats-Unis, Hawaï,  Canada, Russie, Chine, Corée du Sud,  Japon, Philippines, Indonésie, Australie, Nouvelle Zélande signalent une cartographie Pacifique étendue, et plutôt bien dotée en ressources.  A ajouter sur la carte, l’Islande,  où les sources d’eaux chaudes, associées à la culture insulaire, chauffent plus de 90% des résidences. Mais la carte postale pourrait venir du Japon, qui compte plus de 5 500 Onsens publics, lieu de rencontre et de détente.

De la lumière pour 800 millions de personnes.

Avec 3100 Mégawatts en 2010, les Etats-Unis, emmenés par la Californie, sont les principaux producteurs d’électricité géothermique. Soit un peu plus du tiers d’une capacité mondiale estimée autour des 11000 mégawatts. La présidence Obama a réveillé une ressource énergétique, un peu oubliée pendant une vingtaine d’années. Aujourd’hui, la géothermie est en plein boom. Plus d’une centaine de  projets devraient doper la production américaine de  1 400 Mégawatts. A l’Ouest du pays, en Californie, au Nevada, en  Utah, terres traditionnelles de la géothermie, mais aussi à l’Est, en Louisiane, au Mississipi, ou au Texas, Etat souvent associé à l’Industrie pétrolière. Dans le Pacifique Sud, les Philippines ont développé une capacité de 1 900 Mégawatts, soit 17% de leurs besoins en électricité. L’archipel compte bien fouiller un peu plus les possibilités de son-sol pour dépasser les 2 500 Mégawatts en 2015. Beaucoup plus ambitieuse, l’Indonésie, qui veut multiplier par 10 sa capacité de production en 2025, pour atteindre les 12 000 Mégawatts. Et couvrir 70% de sa consommation en électricité. Le gouvernement veut se détourner des sources d’énergie fossiles, charbon et pétrole, en pariant sur l’énorme potentiel de son sous-sol. Le scénario 2025 n’exploiterait que les 2/5° de la ressource géothermique. Le Japon de l’après-Fukushima, qui dispose lui aussi d’un sous–sol très généreux – avec une capacité estimée à 69 000 Mégawatts par Lester Brown (1) – pourrait recourir à la terre pour produire de la lumière. Si le Mexique, et les autres pays situés plus au Sud du continent américain, convertissaient cette énergie, ils pourraient probablement couvrir leurs besoins en électricité. Un rapport de la Geothermal Energy Association / (GEA), publié en 1999,  identifie une quarantaine de pays en capacité de produire leur électricité avec la géothermie. Une reconversion énergétique qui permettrait d’éclairer 800 millions de personnes.

Kenya.

Le gros problème de la géothermie, c’est son coût. L’exploration, le forage, et la construction d’unités de production demandent d’énormes  investissements. A envisager sur le long terme. Au fil des années d’exploitation, ces centrales, qui fonctionnent à bas coût, sans énergie fossiles, sont appelées à devenir aussi compétitives que leurs cousines, nourries au fuel ou au nucléaire. Autre avantage, une électricité continue, sans apport fossile. La technologie EGS , pour Enhanced Geothermal Source,  mise au point aux Etats-Unis dans les années 70, qui consiste à creuser à grande profondeur dans des réservoirs naturels pour en stimuler le potentiel, et démultiplier la ressource, pourrait bien ouvrir des horizons à l’exploitation géothermique. En 2008, un rapport de l’US Geological Survey estime que l’EGS pourrait exploser le potentiel américain, et produire jusqu’à 13 fois le volume de ses ressources actuelles. Cette technologie, testée en Australie, en France, aux Etats-Unis, et au Royaume Uni, suscite de gros espoirs pour les années à venir. L’EGS pourrait faire de la géothermie un investissement rapidement rentable, et accélérer la production d’électricité d’origine terrestre. Mais, nous sommes encore loin du compte car la géothermie pourrait, toutes technologies confondues, produire l’équivalent de 4,6 millions de Megawatts, de quoi faire tourner deux fois l’industrie mondiale. Plus modeste, le Kenya, qui découvre la géothermie dans les années 60, couvre actuellement 20% de ses besoins en électricité. Le pays, qui a bien compris l’intérêt de la ressource, compte satisfaire sa demande en 2030, et exporter le surplus.

 

M.J

 

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(1)« Le plan b » - Pour un pacte écologique mondial », Lester R. Brown, Septembre 2008,  Editions Pluriel, Hachette Littérature,  p 72, p 296.

(2) Plan B Updates, “Geothermal Power Heating Up Worldwide”,  J. Matthew Roney, 16-06-2011  http://www.earth-policy.org/plan_b_updates/2011/update98


Publié le 18 novembre 2011 par marlene dans Climat,energies alternatives
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Le Japon cherche une nouvelle façon de s’éclairer.

Bonjour,

Le Japon vient d’annoncer la fin de l’effort collectif destiné à consommer moins d’électricité, conséquence indirecte de la crise de Fukushima, et de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires dans le pays.  Depuis le 1er juillet dernier, les Japonais du grand Tokyo, desservis par le réseau TEPCO (Tokyo Electric Power Co ),  et ceux de la région Nord -Est secouée par la catastrophe de mars dernier,  approvisionnés par Tohoku Electric Power Co, étaient invités à soulager le réseau. Décision du gouvernement. Citoyens et entreprises ont bousculé leurs habitudes de consommation pour éviter une pénurie pendant les heures de forte demande. Grand nombre d’entreprises ont démarré la journée avec une heure d’avance. L’industrie automobile a pris ses week-ends les jeudi et vendredi, préférant travailler en fin de semaine pour équilibrer les besoins. Une partie du transport ferroviaire a également réduit ses services. Un été plus frais que d’habitude, moins de climatisation, a contribué à freiner la consommation. Pendant que Tokyo mettait ses enseignes lumineuses en veilleuse. Cet été de contraintes aurait  permis d’économiser 15% d’électricité, par rapport à l’année précédente, pour la même période. C’est la première fois depuis presque quarante ans qu’un tel effort est demandé à des Japonais, gourmands en électricité. (1) Depuis le milieu des années 2000, la consommation par habitant y dépasse les 8000 Kilowatts, un besoin similaire à celui du voisin Sud-Coréen, mais bien inférieur à celui d’un Américain.

 

L’après-Fukushima pose la question énergétique à un pays qui en consomme beaucoup, qui n’a guère de ressources naturelles, et qui se demande comment réduire sa dépendance au nucléaire. Le projet de faire grimper la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité, au lieu des 30% actuels (2), proposition de l’ex-Premier Ministre, est rangée dans les cartons. Son successeur, Yoshihiko Noda, souhaite, lui, se détourner de l’atome qui fonctionne déjà au ralenti dans l’archipel. La mise hors service des réacteurs de Fukushima, l’arrêt de ceux exposés au risque séismique, et la fermeture pour maintenance de certains autres,  paralyseraient au moins la moitié du potentiel nucléaire japonais. Sinon plus.  Le charbon (28%) et le gaz naturel (27%), combustibles importés et peu compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont deux autres sources majeures de courant. (2) L’électricité d’origine hydraulique, qui a connu une chute spectaculaire depuis un demi-siècle, compte seulement pour 8% de la production nationale. (2) Les énergies renouvelables sont pourtant présentées comme partie de la solution.  Selon un article de Reuters daté du 23 août dernier,  le gouvernement envisagerait de porter la production d’électricité d’origine solaire autour des 100.000 Mégawatts vers 2015, au lieu des 40.000 actuels. Ce qui reviendrait à multiplier par 6 le nombre de panneaux solaires vendus en 2010 sur le territoire japonais. (4) L’éolien, la biomasse, et la géothermie, sont également convoqués pour doper la part d’électricité d’origine renouvelable. Qui, sans l’hydro-électricité, peine à dépasser Les 2%. (2) (5)

 

Avec plus d’une centaine de volcans en activité, 10% de la ressource mondiale, le Japon est pourtant bien placé pour développer la géothermie. Aujourd’hui, dix huit  centrales témoignent d’une source d’énergie exploitée lors de la crise pétrolière des années 70, puis éclipsée par le nucléaire. La production est anecdotique, 0,3% de l’électricité nippone, pour un potentiel prétendu énorme, et délaissé pendant deux décennies. (6)(7) Interrogé sur la catastrophe de Fukushima par le magazine Terra Eco,  Lester Brown, à la tête du Earth Policy Institute, regrette: « Le Japon aurait pu choisir la géothermie plutôt que le nucléaire. »

 

M.J

 

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(1) « Japan ends limits on electricity usage », Mainichy daily news, 13-09-2011 http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110909p2g00m0dm005000c.html

(2) Perspective Monde, Université de Sherbrooke, production d’électricité au Japon, approche détaillée. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=6&codeStat=EG.ELC.PROD.KH

(3) Les réacteurs nucléaires au Japon, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_au_Japon

(4) « Japan renewable energy push clears key hurdle”,  Risa Maeda, Reuters, 23-08-2011, http://www.reuters.com/article/2011/08/23/us-japan-politics-energy-idUSTRE77M12R20110823

(5) Rapport trimestriel sur le secteur des énergies renouvelables
Ambassade du Canada au Japon, 17-06-2011  http://www.deleguescommerciaux.gc.ca/fra/document.jsp?did=121078

(6)”Deregulation eyed for geothermal power”, Keisuke Katori, Asahi Shimbun, 17-02-2010,  http://www.asahi.com/english/TKY201002160499.html

(7) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization, Lester R. BrownChapter 5. Stabilizing Climate: Shifting to Renewable Energy: Energy from the Earth » Earth Policy Institute http://www.earth-policy.org/books/pb4/PB4ch5_ss4


Publié le 19 septembre 2011 par marlene dans energies alternatives,Japon,Non classé,Nucléaire
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Desertec, l’énergie du non-nucléaire.


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Bonjour,

Sortir du nucléaire au cours de la prochaine décennie, la décision allemande pourrait stimuler «Desertec »,  alternative énergétique pharaonique. C’est l’avis de Paul Van Son, le patron de Desertec Industrial Initiative, chargé de mettre en route ce projet européen, emmené par l’Allemagne. Sur la carte, Desertec esquisse un réseau de centrales solaires installées dans les déserts d’Afrique du Nord et du Proche – Orient, connecté au continent européen par des réseaux électriques. Cette vision énergétique répond au plan solaire méditerranéen, initié par la France au sein de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Lancé en 2009 par une douzaine d’entreprises, majoritairement allemandes, Désertec pourrait aujourd’hui rebondir sur l’après Fukushima. Première puissance européenne à renoncer à l’atome, l’Allemagne envisage de fermer ses derniers réacteurs en 2012. Et comme il faudra bien remplacer le nucléaire, près du quart de l’électricité allemande, le pays  mise sur le charbon, le gaz, et les énergies alternatives. Considérées avec intérêt par l’opinion allemande, elles sont au cœur du projet. Desertec parie sur le soleil, source d’énergie diffusée en abondance dans le désert, pour alimenter la machine économique allemande, et européenne. Ce complexe énergétique, d’une capacité de 500 mégawatts, alimenté aussi par le vent et l’eau, devra couvrir 15% des besoins européens vers le milieu du siècle. La zone de production, Afrique du Nord et Proche Orient, disposera de 20% de la ressource. Reste à trouver 400 milliards d’Euros pour multiplier les prouesses technologiques, centrales solaires thermodynamiques, transport d’électricité optimisé pour de longues distances, et stockage sur le continent européen. L’aboutissement, conditionné à un ensemble de contraintes techniques, dont une bonne résistance des infrastructures aux tempêtes de sable et à des températures extrêmes, est aussi soumis à une géopolitique régionale secouée par les révolutions en Tunisie, en Egypte, ou par la guerre de Libye. Les discussions sont déjà bien engagées. Un premier projet, expérimenté au Maroc, devrait fonctionner vers 2015, ou 2016. Le Maroc, qui vise l’indépendance énergétique, se veut la vitrine d’un Maghreb qui s’oriente vers le renouvelable. Et qui parle  aussi de nucléaire.

M;J

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Sources :

« Desertec fait de l’ombre au nucléaire en Algérie », Samy Injar, Les Afriques http://www.lesafriques.com/industrie-et-services/desertec-fait-de-l-ombre-au-nucleaire-en-algeriedesertec-fait-de-l-ombre-au-nucleaire-en-al.html?Itemid=308?articleid=18926

« Le projet pilote de Désertec aura lieu en terre marocaine selon les propos du Belge Paul Van Son , président de Désertec. », Les Afriques, http://www.lesafriques.com/actualite/le-premier-projet-de-desertec-se-fera-au-maroc.html?Itemid=89?articleid=25671

« Desertec, un projet néocolonial ou une nouvelle arche de Noé ? », Interview de  Michael Straub, à la tête du pôle Communication de la fondation Desertec, les Afriques, http://www.lesafriques.com/actualite/desertec-un-projet-neocolonial-ou-une-nouvelle-arche-de-5.html?Itemid=89?articleid=27220

« Desertec profite du recul du nucléaire », Frédéric Lemaître, Le Monde, 8 juin 2011, accessible sur : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/699681-desertec-profite-du-recul-du-nucleaire

« Saharan Solar Boosted by German Nuclear Decision, Desertec Says(Bloomberg) », Finance Greenwatch, 15-06-2011, FInance Greenwatch http://financegreenwatch.org/?p=1613


Publié le 23 juin 2011 par marlene dans Afrique du Nord,energies alternatives,Nucléaire
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Turquie: Hasankeyf, une cité ancienne promise aux eaux.

Bonjour,

Hasankeyf, petite cité assise depuis plus de 12000 ans sur les rives du Tigre, dans le Sud-Est de la Turquie, influencée par une vingtaine de cultures qui y ont laissé une empreinte architecturale précieuse, est aujourd’hui menacée par les eaux. Les Autorités locales, les archéologues, les architectes, les environnementalistes, ou l’association « Initiative to Keep Hasankeyf Alive », pourtant très active, ne pourront sans doute pas grand-chose pour empêcher la mise en eau du barrage d’Ilisu, projeté au début des années 2000. Cet ouvrage colossal, qui promet d’être la seconde plus grande retenue d’eau de Turquie, et la quatrième centrale hydro-électrique du pays, va engloutir cet héritage. Le projet, qui devrait déplacer entre 50.000 et 60.000 personnes, majoritairement Kurdes, noiera aussi une partie de la mémoire historique du Kurdistan turc. (1) (2)

Depuis une quarantaine d’années, la Turquie construit des barrages. En 1976, le GAP  (Guneydogu Anadolu Projesi), ou Projet d’Anatolie du Sud-Est, annonce la construction de 22 barrages et de 19 centrales hydro-électriques sur le système fluvial du Tigre et de l’Euphrate. Le GAP sert une course à l’électricité, 30 milliards de kilowattheures prévus à l’issue du projet, et un développement agricole, 1,7 milliards de terres irriguées pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Il s’agit aussi d’intégrer une Turquie orientale, moins avancée que le reste du territoire. Le barrage d’Ilisu, prétexte officiel à un développement régional, des emplois et une agriculture stimulée, permettra encore d’approvisionner en électricité les centres industriels de l’Ouest du pays. Le GAP  a déjà englouti quelques centaines de villages, déplacé environ 200.000 personnes. Il a encore confisqué Zeugma, autre bijou antique de l’Euphrate, situé au sud du pays. Même si mosaïques, peintures, et objets précieux, sauvés de ce déluge artificiel, ont été déposés au musée archéologique de Gazianteip. (3) (4)

Point de rencontre des influences du Proche-Orient et de l’Anatolie, voie de passage pour Alexandre Le Grand, la Civilisation grecque, le commerce de la soie, et route pour les épices, Hasankeyf est un carrefour historique. Son nom signifie « rocher fortifié », en araméen et en arabe. Le site est troué d’habitations troglodytes, refuge vraisemblable des premiers habitants. Au III° siècle, il délimite les marges Est de l’Empire romain, voisines de la Perse. Les Romains y construisent une forteresse, ils y font passer leurs récoltes et leurs troupeaux. Au V° siècle, la cité passe sous influence byzantine. Puis, vers le milieu du VII° siècle, conquise par les arabes, elle s’ouvre à l’Islam. Avant d’être administrée par les Turcs, les Kurdes, puis les Mongols qui s’installent dans la région dans la seconde moitié du XIII° siècle. Etape importante de la route de la soie au début du Moyen Âge, et sans doute traversée par Marco-Polo, Hasankeyf est intégrée à l’Empire Ottoman au début du XVI° siècle. Elle est aujourd’hui une petite ville turque d’environ 5000 habitants, qui vit au rythme d’un tourisme de proximité. Quelques ruines de l’ancien pont traversé par la route de la soie, quelques mosquées, une citadelle, et deux mausolées rappellent ce mélange d’influences. Dommage, le site a raté de peu son classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. (1) (5)

L’importance archéologique de Hasankeyf, loin d’être révélée par des fouilles trop lentes, sera engloutie par un barrage, très controversé par le voisinage, l’Europe, ou les défenseurs de l’environnement. Le contrôle du débit du Tigre par la Turquie, qui arrose aussi les vallées agricoles de la Syrie et de l’Irak, attise les tensions entre les trois pays. En 2010, le Danemark, la Suisse, l’Autriche, et l’Allemagne, et plusieurs banques occidentales, ont bloqué leurs promesses de financement et de crédits. Des raisons géopolitiques, et environnementales, contribuent à expliquer ce retournement. Des hydrologues pointent que la retenue d’Ilisu, ouvrage à grande échelle, affectera la qualité de l’eau, et celle des écosystèmes environnants. Les Européens voulaient aussi sauver ce patrimoine culturel. Mais la Turquie, fidèle à sa vision du développement, construira cet autre grand barrage. Les habitants de Hasankeyf sont d’ailleurs invités à évacuer la ville dans les mois qui viennent. (2) (6)

M.J

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(1) « Endangered Site: The City of Hasankeyf, Turkey”, Diane M. Bolz, Smithsonian magazine, March 2009,  http://www.smithsonianmag.com/travel/Endangered-Cultural-Treasures-The-City-of-Hasankeyf-Turkey.html

(2)« Dam Project in Turkey Breeds Controversy », IPS, 06-13-2011,  http://peakwater.org/?p=5942

(3 ) «  Wikipedia: Projet d’Anatolie du Sud Est / http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_d%27Anatolie_du_Sud-Est#.C3.89nergie

(4) »Barrages Turcs », Jean Christophe Victor, Virginie Raisson, Franck Tétart, Le Dessous des Cartes, Atlas Géopolitique, Le dessous des Cartes, Tallandier /Arte Editions, 2006, p 226-229.

(5) « Aspects culturels du projet relatif au barrage d’Ilisu, Turquie – Rapport d’information1 », Commission de la culture, de la science et de l’éducation – Rapporteur général pour le patrimoine culturel : Mme Vlasta Stepová, République tchèque, du Groupe socialiste. Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Doc. 930118 décembre 2001 http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/Doc01/FDOC9301.htm

(6)«Un barrage peut en cacher un autre -Troisième épisode : La région de Batman et le barrage d’Illisu »par Faidos ⋅ 10-01- 2010 ⋅ Contexte géopolitique de la construction des barrages turcs du GAP, Bouleversement du tissu social de vallées kurdes / reportage MP3 http://faidosonore.net/spip.php?article25


Publié le 17 juin 2011 par marlene dans énergie,Barrages,eau,Histoire.
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Chili, entre croissance et paysages.

Bonjour,

« HydroAysen », cinq barrages hydroélectriques projetés en Patagonie chilienne, risque de défigurer l’un des derniers territoires vierges de la planète. Le gouvernement chilien, qui a besoin d’électricité pour accompagner sa croissance, a donné son aval début mai. Les ouvrages, installés sur les rivières Baker et Pascua, deux cours d’eau énergiques de la vallée d’Aysen, devraient produire l’équivalent de 2750 Megawatt, et augmenter de 20% la capacité électrique du pays. Début des travaux prévus en 2014. « HydroAysen », complément énergétique d’un Chili de plus en plus gourmand, a fabriqué une opposition  soucieuse de ces terres australes, et de la vie sauvage qui s’y est nichée. Dans la région d’Aysen, quadrillée par une petite vingtaine de parcs nationaux et de réserves naturelles, les paysages sont précieux. (1)

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Face à cette vision paysagiste, la croissance du pays, attendue autour des 6% dans les prochaines années. Le pays, qui dispose de faibles ressources énergétiques, importe du pétrole et du gaz naturel d’Argentine, source soumise à pénuries fréquentes. Le Chili valorise déjà largement son potentiel hydro-électrique, 65% de l’électricité du pays depuis les années 70.  Une production électrique complétée par le gaz naturel,  et le charbon. Avec trois nouvelles centrales annoncées. Ces activités polluantes donnent des arguments aux partisans d’HydroAysen, qui défendent une hydro-électricité plus propre. Autre argument pour justifier cette course à l’énergie, la croissance économique qui tire de la pauvreté des milliers de chiliens, quand le pays en compte plus de 2 millions. Pour les opposants au projet, la consommation électrique des ménages et l’éclairage des rues ne justifient pas complètement  cette option énergétique.(2) Plus vraisemblable, la consommation des mines de cuivre exploitées dans le désert d’Atacama, principale richesse du pays qui pèse pour plus de la moitié des exportations. Au total, l’ensemble du secteur minier, le cuivre mais aussi l’or, l’argent, le fer, ou le zinc,  engloutirait plus de 80% de l’énergie consommée dans le nord du pays. (3) Sans compter l’ouverture de nouvelles mines. Juan Pablo Orrego, à la tête de l’ONG « Ecosystemas », activiste engagé pour une Patagonie vierge, a calculé que les nouveaux projets miniers devraient engloutir 12.000 Mégawatts supplémentaires.(2)

Côté paysages, le projet devrait noyer près de 6000 hectares de forêts, et déchirer l’horizon avec des pylônes et des câbles sur près des 2000 kilomètres, distance qui sépare Aysen et Santiago, la capitale. Des espaces, restés intacts jusqu’alors, ne le seront plus. Les écosystèmes, habitat du cerf chilien et d’oiseaux natifs, seront malmenés. Des spécialistes annoncent une modification de la turbidité des fleuves aménagés, avec des conséquences incertaines pour le fonctionnement des fjords associés. Car l’équilibre des fjords dépend de la santé des rivières. Selon le Centre de Recherche sur les Ecosystèmes de Patagonie (CIEP) les fjords de Patagonie absorberaient l’équivalent CO² des rejets actuels du Chili. L’intrusion des barrages modifiera cette carte postale de la Patagonie chilienne, qui attire les touristes et en tire bénéfice. La population de Cochrane, la petite ville située à proximité, gonflée par les travailleurs du barrage, devrait doubler pendant les dix années du chantier. Sans disposer d’infrastructures adaptées. Et, dans une cinquantaine d’années, quand la centrale ne sera plus exploitée, des friches industrielles signaleront une option énergétique qui pèse toujours sur le paysage. A moins que les vestiges des barrages ne rappellent les débuts de l’exploitation des ressources  de la région d’Aysen, amorcée avec l’hydro-électricité. L’endroit est doté d’un important potentiel naturel.  (2) (4)

A l’heure d’HydroAysen, on reparle des mini-centrales hydrauliques, une énergie renouvelable dessinée à l’échelle des hommes et des paysages. Moins d’une vingtaine de Megawatts pour une consommation de proximité. Le Chili en compte plus d’une trentaine,  d’autres sont en projet,  pour une  production très marginale. Pour atteindre les 20% renouvelables en 2020, objectif du Chili qui reste au dessous de la barre des 5% pour l’électricité, il faudra bien tirer parti des ressources naturelles. Par exemple, pour alimenter les mines de cuivre d’Atacama, désert au ciel limpide, très ensoleillé, on pense de plus en plus à l’énergie solaire – avec des panneaux déployés dans un paysage déjà stigmatisé par l’extraction. Des investisseurs étrangers s’y intéressent. (3) En 2009, le Santiago Times titrait sur le potentiel du pays en matière d’énergie marémotrice. En exploitant seulement 10% du potentiel de ses courants marins, énergie plus facile à optimiser que le solaire ou l’éolien, le Chili produirait plus d’électricité qu’aujourd’hui.

M.J

Alors que 61% des chiliens s’opposent aux barrages (The Guardian (4)), HydroAysen agite les rues…

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(1)“Chile officials approve HidroAysen electric dam project”, BBC News, 10-05-2011http://www.bbc.co.uk/news/mobile/world-latin-america-13343040

(2) « Chile’s HidroAysen dam project provokes mounting anger, Annie Murphy, BBC News, 21-05-2011 http://www.bbc.co.uk/news/mobile/world-latin-america-13445300

(3)« Foreign investment in solar power for Chilean mining industry”, This is Chile.cl http://www.thisischile.cl/Articles.aspx?id=6108&sec=190&eje=&t=foreign-investment-in-solar-power-for-chilean-mining-industry&idioma=2

(4) « Protests after Chile backs giant dams in Patagonia’s valleys”, Rory Carroll, Latin America correspondent guardian.co.uk, Tuesday 10-05-2011. http://www.guardian.co.uk/environment/2011/may/10/chile-patagonia-dams-hydroelectricity?INTCMP=SRCH

(5)« Le Chili mise sur les énergies renouvelables », Roland Meier, ExpertBlog, 07-02-2011 http://www.exportblog.ch/fr/blog/le-chili-mise-sur-les-%C3%A9nergies-renouvelables


Publié le 14 juin 2011 par marlene dans énergie,Barrages,Ecosystèmes.
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« negaWatt », des solutions pour le « negaNucléaire ».

Bonjour,

« Par ailleurs, le scénario negaWatt prévoit une fermeture progressive des centrales nucléaires existantes jusqu’à 2035, sans remplacement par des centrales de 3° génération dont la conception ne règle pas les principaux problèmes liés à cette technologie : pas de sécurité passive, pas d’avancée concernant le problème des déchets et l’épuisement de la ressource en uranium, aucune valorisation de la chaleur créée. », lit-on dans le document de synthèse du scénario negaWatt, version 2006. (1) L’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, qui n’en finit pas de finir, crédite tragiquement cette proposition. Même si  le « non au nucléaire », version radicale, n’est pas tout à fait le fond de commerce de negaWatt. L’argument, plus ancien, documenté par plus d’une vingtaine d’experts et de professionnels de l’énergie, et quelques dizaines d’ingénieurs, construit autour du bouquet énergétique « sobriété, efficacité, renouvelables », propose une sortie en douceur de l’atome. Il ne s’agit pas d’un retour à la bougie, il faut bien de l’énergie pour continuer à faire tourner le monde, mais il s’agit de casser le dogme « produire toujours plus d’énergie pour en consommer plus. »  Dans son scénario 2006, réactualisation du document 2003, negaWatt jette les bases d’une société plus sobre, plus inventive pour réduire le gaspillage, et plus audacieuse pour exploiter ses ressources inépuisables. L’association parie d’ailleurs sur le « negaWatt », concept qui fait de l’abstinence énergétique la plus accessible, et la plus infaillible, des ressources.

Premier tableau de cette alternative énergétique, la sobriété, une proposition qui est souvent affaire de bon sens. Exemples, préférer la lumière naturelle pour l’éclairage, régler le chauffage pour une chaleur suffisante mais sans excès, consommer des fruits et légumes de saisons, produit localement. En matière d’électricité, la sobriété passe par une chasse au gaspillage. Les particuliers, les entreprises, les villes sont invités à réduire l’éclairage inutile. Avec à la clé, une baisse annuelle de la consommation de 0,2% à 0,5%, selon les secteurs. Concernant le parc de logements neufs, la sobriété commande d’en réduire la surface, pour tendre vers les 75m² en 2050, contre 117 m² actuellement. Un habitat plus petit, destiné à des familles moins nombreuses, qui laisse plus d’espace par individu, 45m² au lieu de 38m² actuellement. Et qui permet de construire plus de logements, 31 millions en 2050 contre 25 en 2005. Concernant les transports, il s’agit de repenser la mobilité, à l’échelle de villes trop étendues, de favoriser le co-voiturage, le télétravail, et le sport. La marche et le vélo, alternatives aux transports collectifs, sont particulièrement adaptés aux trajets courts. Un petit effort des piétons et des cyclistes permettrait de tendre vers les 16% de kilométrages parcourus en ville, au lieu des 9% actuels.

Second tableau, l’efficacité énergétique. Ce qui revient à améliorer le rendement énergétique de nos bâtiments, de notre environnement domestique – froid, éclairage, électroménager -, de notre bureautique, et de nos transports. Il s’agit aussi de renouveler les équipements les plus gourmands en énergie. Sur le papier, un parc de logements neufs dessinés pour l’efficacité, contraints à des normes thermiques, permettrait de tomber la consommation à 29 kWh/m² en moyenne, au lieu d’une centaine actuellement. Cette efficacité suppose aussi de remplacer le chauffage électrique des bâtiments, et celui qui alimente l’eau chaude, par d’autres sources de chaleur, encore plus performantes.  En matière de transports, cette efficacité se décline par des voitures moins gourmandes. Pour transporter les marchandises, le rail et les voies fluviales s’imposent.  Et dans un scénario qui fait tout pour contenir le trafic aérien, on met un peu plus de marchandises sur les trains, et on taxe les trajets « low-costs ». L’efficacité énergétique permettrait « de réduire d’un facteur 2 à 5 nos consommations d’énergie et de matières premières », promet le scénario negaWatt. Sans révolution technique, puisque toutes les solution existent déjà.

Troisième tableau, complémentaire des deux précédents, miser sur le renouvelable pour produire de l’énergie. Inépuisables, bien réparties, sans grand dommage pour l’environnement, et largement sous-exploitées, elles collent parfaitement au scénario. Le  photovoltaïque, l’éolien, l’hydraulique, la co-génération, ou la biomasse, bouquet complété par le gaz naturel,  présentent une alternative énergétique crédible, inscrite sur le long terme, « sans épuiser notre planète.» Il faudrait encore fouiller les possibilités des énergies de la mer, ou celles de la géothermie en roches profondes. Mais, en variant les combinaisons et en développant les ressources, la production d’énergie renouvelable pourrait presque être multipliée par 5, à l’horizon 2050. Sans exploiter tout le potentiel, et sans rupture technologique. Attention, le scénario ne vaut que si la demande en électricité se stabilise. Et pour atteindre un bouquet alternatif de 80% en 2050, il faut que la demande énergétique tombe. Ce qui est possible en s’interrogeant un peu sur nos besoins de consommation réels.

Le scénario negaWatt, qui promet encore un « paysage énergétique  profondément renouvelé »,  pour l’instant à l’échelle nationale, nous débarrasse aussi doucement du nucléaire. Tout simplement, parce que nous n’en avons plus besoin pour produire de l’électricité. Exit également les centrales thermiques, fioul et charbon, et leurs émissions de gaz à effet de serre. Des emplois, moins d’argent pour s’éclairer, se chauffer, se déplacer, des postes qui pèsent lourd pour les plus démunis, le scénario esquisse aussi planète plus viable. Pour maintenant, et pour plus tard. En attendant le prochain document, prévu pour le milieu de l’année 2011, l’association rebondit sur l’accident de Fukushima : « Le scénario négaWatt n’est pas basé sur une sortie d’urgence du nucléaire faisant suite à une catastrophe ou à une décision politique soudaine : il est de la responsabilité d’un État de droit, soucieux de sa population, d’avoir dans ses cartons un plan B pour faire face à une telle hypothèse qui s’apparenterait à une situation de guerre. » (2)

M.J

(1) Scenario negaWatt 2006, Document de synthèse, version 1.0.2, 16 décembre 2005, NW 2006 V031, Association negaWatt http://www.negawatt.org/telechargement/Scenario%20nW2006%20Synthese%20v1.0.2.pdf

(2)Negawatt, 20-03-2011 http://www.negawatt.org/


Publié le 1 avril 2011 par marlene dans Actualité,energies alternatives,Nucléaire
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Mike Reynolds dessine des îles au Nouveau Mexique.

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Bonjour,

Imaginez une maison conçue comme une île plantée en plein désert du Nouveau Mexique , un habitat qui produit électricité, chauffage, et eau, avec la possibilité d’un jardin. Le « Hybrid Earthship », vaisseau terrestre amarré dans la petite ville de Taos, est l’œuvre de Mike Reynolds, précurseur malmené de bâtiments autosuffisants, assemblés avec des matériaux de récupération, et faits pour durer. Le premier « Earthship », construit au Nouveau Mexique en 1988, est toujours là.

Une architecture libérée des réseaux.

Reynolds, c’est l’homme  à la moto sur la vidéo, un pionnier de la récup, formé à l’architecture à la fin des années 60. En 1972, il réalise la « Thumb House », une maison aux murs assemblés de canettes de bière en aluminium, maintenus par des joints de mortier. Environnementaliste avant l’heure, il cultive son jardin au Nouveau Mexique, où il conçoit le « Earthship », première version d’une architecture libérée des réseaux, eau, électricité, eaux usées. Imaginé dans une logique de survie, pas besoin d’aller faire ses courses ailleurs,  le site peut nourrir une famille de quatre personnes. Pendant 25 ans, Reynolds multiplie les constructions indépendantes, créant une communauté qui refuse le rêve américain, version pavillonnaire. Mais ce « Home Sweet Home », qui séduit une clientèle de radicaux écolos, ne colle pas aux normes de construction édictées par l’architecture officielle. Engagé contre une administration qui tarde à assouplir les normes du bâtiment, Reynolds renonce à son métier en 1990. En 1997, les communautés édifiées sur le principe d’une indépendance énergétique sont fermées. Reynolds doute, déprime, puis s’exile aux Iles Nicobar, dévastées par le tsunami. Il sait construire  en milieu hostile, il aide les populations à se reloger. Dans l’Océan indien, la « Earthship », bricolée avec des matériaux de fortune, devient habitat subtropical. En 2007, auréolé par son engagement humanitaire, Reynolds récupère sa licence d’architecte. Enfin, la législation du Nouveau Mexique s’ajuste aux règles d’une architecture plus durable. Les temps ont changé, la crise climatique plaide pour un habitat éco- responsable.

« Biotecture »

La “Hybrid Earthship”, fantaisie en partie enterrée dans le désert du Mexique et ouverte au soleil, exprime cette architecture qui se combine à la biologie pour forger le concept de « biotecture », production de la Maison Reynolds. Le modèle, qui s’adapte à d’autres tropiques, obéit à quelques principes. L’électricité, le chauffage, la climatisation  sont d’origine solaire ou éolienne. L’eau est récupérée. Des cellules végétales permettent de traiter les rejets.  Les eaux sont recyclées, sauf pour la consommation,  filtrage renforcé pour les toilettes. Et, conception insulaire, production de nourriture sur le site. Côté construction, c’est du béton.  Des murs porteurs  faits de briques circulaires à armature métallique, fabriqués avec des pneus recyclés remplis de terre. Des cloisons internes plus fantaisistes, qui mêlent boites d’aluminium, bouteilles de verre , et plastiques. Cet habitat autosuffisant, conçu avec des matériaux naturels ou recyclés, est aujourd’hui complètement dans l’air du temps. Son concepteur n’est plus en dissidence depuis longtemps. En 2006, Mike Reynolds est consacré « Eco-hero » par le New York Times. En 2007, un documentaire, « Garbage Warrior , ou le « Guerrier des poubelles », éclaire la vie et l’œuvre de l’architecte. Quelques centaines d’Earthships construits au Nouveau Mexique, dont le « Phoenix », l’une des dernières conceptions, quelques échantillons disséminés en Europe, Angleterre, Ecosse, France, et quelques projets pensés pour le continent africain. Pour coller un peu plus à une époque qui a vu basculer une partie de la société américaine dans la dette immobilière, Reynolds veut des maisons abordables. Sans facture d’électricité, sans facture d’eau, et sans crédit, ou presque.

M.J

Video, version longue …

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Sources :

« GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Michael Reynolds”, “Hybrid Earthship”, Taos, New Mexico, USA, 2003,  pp 300-304

Earthship/ site: http://earthship.com/

Wikipedia / Mike Reynolds Architect http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Mike_Reynolds_%28architect%29&printable=yes

Wikipedia / Earthship http://en.wikipedia.org/wiki/Earthship

“Living Outside the Box: Michael Reynolds and Earthships”, Melissa Baldridge, Greenspot, http://greenspotglobal.com/blog/?p=62

“Book Review: Michael Reynold’s Earthship” , Sarah Ganly, The Examiner, 28-08-2010 http://www.examiner.com/green-living-in-new-york/book-review-michael-reynold-s-earthship


Publié le 26 janvier 2011 par marlene dans Architecure.,Développement durable,energies alternatives
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Nicaragua: électricité, climat, et développement.

Bonjour,

Energie, gaz à effet de serre, et pauvreté, une relation fouillée par deux chercheurs américains. Ils ont mené enquête au Nicaragua , l’un des pays les plus démunis d’Amérique Centrale, pour montrer que l’accès contrôlé à l’énergie ne fait pas grimper la consommation. Ni la production de CO². Ce travail bouscule aussi l’imaginaire occidental qui appréhende que les pays du Sud se développent sur le modèle chinois, à la fois énergivore et acteur du réchauffement climatique.

Gaspillage.

L’histoire se passe à Orinoco et Marshall Point, deux villages ruraux de la Mosquito Coast qui comptent 172 foyers, 6 Eglises, deux hôpitaux, deux écoles, un atelier de charpentier, tous reliés au groupe électrogène alimenté au fuel, pour recevoir l’électricité. Une solution énergétique assez répandue dans le monde en développement, polluante, coûteuse, et d’une fiabilité relative. Nos deux chercheurs de l’Université de Berkeley, Christian E. Casillas et Daniel M. Kammen, respectivement étudiant et professeur, commencent à suivre cette communauté qui modernise son accès à l’éléctricité en 2009.  Sur le terrain, le Ministère de l’Energie et des Mines, et l’ONG « BlueEnergy »,  accompagnent cette mutation qui s’effectue en deux temps. Dans un premier temps, il s’agit d’installer un compteur électrique dans chaque foyer pour mesurer la consommation réelle. Jusqu’alors, la facture d’électricité résulte du nombre d’appareils electro- ménagers déclarés dans chaque maison. Rapidement, la consommation d’électricité baisse de 28%. Les chercheurs notent que cette économie d’énergie intervient surtout pendant la journée. Ce qui suggère que les habitants ont l’habitude de laisser la télé allumée, et qu’ils oublient  d’éteindre une lampe qui ne sert à rien. Second temps de cette modernisation électrique, des lampes basse consommation sont distribuées, deux par ménage, pour remplacer les ampoules classiques. Des représentants de l’agence énergétique gouvernementale et de l’ONG « BlueEnegy » font le tour des maisons pour expliquer que ce type de lampe consomme 25% de l’électricité d’une ampoule à incandescence, à intensité lumineuse équivalente, et qu’elle dure plus longtemps. Au passage, petit cours de recyclage, rapporter les ampoules usagées, qui contiennent du mercure. Ce changement d’éclairage permet de réduire de 17%, en moyenne, la consommation d’énergie par foyer. Quelques semaines plus tard, les habitants d’Orinoco et de Marshall Point voient leur note d’électricité baisser de 37%. C’est beaucoup. Dans l’espace en développement, l’énergie absorbe environ 30% du revenu des ménages. (1) (2)

Pauvreté et Co².

Toujours en observation, nos deux chercheurs calculent une économie de fuel conséquente, assortie d’un gain carbone. Moins sollicité, le groupe électrogène a moins fonctionné. Grâce au MAC ( Marginal Abatement Cost) , un outil qui pointe les options pour optimiser les dépenses énergétiques, Christian E. Casillas et Daniel M. Kammen développent une stratégie adaptée au contexte, en tirant parti du moindre dollar. Le Nicaragua, peuplé et pauvre, tire son électricité du pétrole quand le pays dispose d’un potentiel pour développer les solutions renouvelables. Les chercheurs proposent de réduire la capacité du groupe électrogène, encore moins de gasoil, moins de CO². Et de remplacer une partie du fuel nécessaire par du biogaz, production locale, issue des matières fécales animales ou des résidus de l’agriculture. Une éolienne de 10 Kilowatt  permettrait d’alléger la production d’électricité, et le bilan CO². Une petite station photovoltaïque de 10 Kilowatt pourrait encore  soulager le dispositif énergétique d’Orinoco et de Marshall Point. Cette dernière solution, plus coûteuse, deviendrait rentable dans la perspective d’un pétrole plus cher dans les années à venir. Cette stratégie énergétique, qui conjugue efficacité et renouvelable, réussit le pari d’un accès fiable à une électricité moins chère, assorti d’une réduction de CO². (1)(2) « Cela montre que vous pouvez atteindre les objectifs du développement pour vaincre la pauvreté, et atteindre les objectifs climatiques pour tout le monde. », commente Daniel Kammen. (2)

« Energy-Poverty »

Un rapport intitulé « Energy Poverty - How to make modern energy access universal ? ”(3), articule énergie et pauvreté, objectif principal du Millénaire qui vise à réduire de moitié le nombre de pauvres. Dans le monde, 1,4 milliards de personnes n’a pas accès à d’électricité. Trois milliards cuisinent avec des sources d’énergie, bois, charbon de bois, qui épuisent les ressources, et libèrent des particules toxiques. Or,  selon le rapport, si tout le monde avait accès à une source d’énergie fiable et propre, horizon 2030, la production d’électricité mondiale n’augmenterait que de 2,9%, la demande en pétrole de 1%, et les émissions de carbone de 0,8%.

M.J.

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(1) « Investments in rural energy efficiency, renewable energy reduce poverty, greenhouse gas emissions”, Robert Sanders, Media Relations, UC Berkeley News, 25-11-2010 http://berkeley.edu/news/media/releases/2010/11/25_nicaragua.shtml

(2) “Fighting Poverty Can Save Energy, Nicaragua Project Shows”, Marianne Lavelle, National Geographic News; 25-11-2010, http://news.nationalgeographic.com/news/energy/2010/11/101125-poverty-energy-efficiency-nicaragua/

(3) « Energy Poverty - How to make modern energy access universal ?”,  publication conjointe,  International Energy Agency (IEA), United Nations Development Programme (UNDP), United Nations Industrial Development Organization (UNIDO) http://www.undp.org/energy/


Publié le 2 décembre 2010 par marlene dans énergie,Développement durable,Objectifs du Millénaire.
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L’Europe séduit par son énergie.

Bonjour,

Alors que la nappe de pétrole continue de souiller les eaux et les côtes du Golfe du Mexique, un éditorial du New-York Times fait l’éloge d’un modèle énergétique européen, moins accroc au pétrole.(1) Ce billet, qui invite l’administration Obama à regarder de l’autre côté de l’Atlantique, est signé Stephen Hill, un analyste politique spécialiste de l’Europe, membre de la New American Foundation, un think tank centriste.

Il attaque : «Aujourd’hui l’Européen moyen émet moitié moins de carbone qu’un Américain moyen, et consomme beaucoup moins d’électricité. » (1) Pour parcourir un mile, une voiture américaine consomme 40% de carburant en plus qu’un véhicule européen. Au total, nous dit notre analyste, à niveau de vie équivalent, l’Europe a réduit de moitié son empreinte écologique par rapport à celle des Etats-Unis. Et tout cela, grâce à une gouvernance plus éclairée. Ou plus visionnaire. Car pendant que les Etats-Unis poursuivaient leur course au pétrole jusqu’au fond des mers, ce que nous rappelle BP et la marée noire, les paysages européens se couvraient d’éoliennes et de panneaux solaires. L’Union européenne, présentée comme leader mondial de production éolienne, augmenterait encore son potentiel solaire de 70% par an. De quoi décoiffer les Américains qui n’atteignent pas la moitié de la capacité européenne pour l’énergie produite par le vent. D’ailleurs, vent, soleil, marées,  géothermie, biomasse, tout est bon à exploiter en Europe. Mais si cela marche aussi bien pour le solaire et l’éolien européens, c’est que le Kilowatt est payé trois fois plus cher à son producteur que le Kilowatt classique. Par comparaison, les USA totalisent un petit 6% d’électricité d’origine renouvelable. Et selon une autre source, les investissements américains dans les énergies propres auraient chuté de 40% en 2010 par rapport à 2009, conséquence de la crise économique et manque de volonté politique. (2) Encore malins ces Européens qui travaillent depuis les années 1990 à construire des habitations de plus en plus sobres, quand l’habitat compte pour 50 à 70% des dépenses énergétiques d’une ville, avec des toilettes plus économes en eau. Ou qui recyclent l’énorme quantité de chaleur perdue par les centrales électriques, la transportent, et l’utilisent pour chauffer maisons et bâtiments. La «Cogénération », c’est le nom de cette production, représente 40 à 50% de l’énergie utilisée au Danemark, aux Pays-Bas, en Finlande, 20% en Allemagne et en Pologne. Contre seulement 8% aux Etats-Unis. Côté transports, l’Europe a su développer les déplacements en commun, les trains à grande vitesse, et choisit des voitures moins gourmandes. Bravo pour les centaines de kilomètres de pistes cyclables et de voies piétonnes. Encore chapeau pour les « green jobs », ces emplois liés à l’émergence d’un nouvel ordre environnemental. Sans parler  du « 20-20-20 », 20% de réduction d’émissions de CO² promis par l’Europe par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans le bouquet énergétique,  le tout d’ici à 2020. Les USA qui promettent 17% d’ici à 2020, choisissent 2005 comme année de comparaison. Soit une petite réduction de 4% par rapport à 1990. Mais revenons à Stephen Hill qui finit par évoquer une Europe énergétique où tout n’est pas si rose. Avec une dépendance à des régions instables, 45% du pétrole importé vient du Moyen Orient, et 40% du gaz arrive de Russie.(3) Et en prime, une crise financière. Ce qui n’empêche pas notre éditorialiste de conclure: « Mais les Européens ont découvert ce que savait la précédente génération de décideurs américains : cet investissement dans les infrastructures rapporte d’avantageux dividendes pour affronter l’avenir. » (1)

Stephen Hill vient d’écrire un livre qui défend le modèle européen : « La promesse de l’Europe : pourquoi la voie européenne est le meilleur espoir en ces temps incertains. » Il y défend la thèse que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a opéré une révolution tranquille. Une transformation qui a posé les bases d’une société moderne qui offre à ses citoyens une sécurité  économique, une protection environnementale, et une stabilité globale. Il a voyagé pendant dix ans pour pénétrer la « European way of life » et comprendre le fonctionnement d’un système géopolitique qui fait quelques envieux.

M.J


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(1) « Europe energized », Stephen Hill, New-York Times, 08-06-2010 http://www.nytimes.com/2010/06/09/opinion/09iht-edhill.html?hp&ex=&ei=&partner=

(2) “ Renewable Energy Investment May Reach $200 Billion in 2010”,  Jeremy van Loon, Bloomberg, 17-03-2010http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601130&sid=aqM_.nmSwKvg

(3) Géopolitique des approvisionnements énergétiques de l’UE [FR], Euractiv.com Publié: 10 -01-2007 / Updated: 20 July 2005 http://www.euractiv.com/fr/energie/gopolitique-approvisionnements-nergtiques-ue/article-142797


Publié le 14 juin 2010 par marlene dans Actualité,énergie,Europe,USA
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