Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Vers un monde plus renouvelable.

 

Bonjour,

Entre 2011 et 2012, la demande mondiale en énergies renouvelables a encore augmenté, constat du rapport REN21’s Renewables 2013 Gloabal Statut Report qui pointe les grandes tendances  de l’année écoulée et évalue les investissements. (1) Fin 2011, les renouvelables représentent 19% de l’énergie consommée dans le monde. Un peu plus de 9% de ce total provient de la biomasse traditionnelle, comme le bois ou les végétaux utilisés pour  le chauffage et la cuisine dans les zones rurales de l’espace en développement. Environ 5% de la consommation mondiale d’énergies alternatives provient du renouvelable moderne – petit hydraulique, biomasse moderne , vent, soleil, géothermie, et carburants d’origine végétale -, converti en électricité ou en chaleur. L’hydroélectricité contribue à 3,7% de ce total. Dans un nombre croissant de pays, les renouvelables ont cessé d’être des options pour devenir des solutions énergétiques, soutenues par une politique nationale. Le rapport note que le renouvelable moderne peut se substituer aux fossiles et au nucléaire sur quatre marchés distincts : la production d’électricité, le secteur du chauffage et du refroidissement, le carburant destiné aux transports, et le raccordement au réseau énergétiques des zones rurales privées d’accès. Et, surprise, la 4° source d’énergie mondiale, après le pétrole, le charbon, et le gaz naturel, est la biomasse, qui continue de progresser dans le bâtiment, l’industrie, ou les transports.

Des technologies moins chères.

Au cours de la période 2008-2012, la capacité installée de nombre d’énergies renouvelables a connu une forte croissance, tirée vers le haut par la production d’électricité. Pendant ces cinq années, la capacité du solaire photovoltaïque a progressé à un rythme annuel de 60%, celle du solaire thermique à plus de 40%, et 25% pour l’électricité d’origine éolienne. L’hydroélectricité, la géothermie, et la bioélectricité augmentaient à un rythme plus lent. Dans le même temps, la demande mondiale se faisait plus pressante dans les secteurs du chauffage et du refroidissement, réclamant plus de systèmes solaires thermiques, de pompes à chaleur géothermiques, ou de technologies bioénergétiques. La capacité des capteurs solaires vitrés, destinés à produire de l’eau chaude, a augmenté de 15% chaque année. Les pompes à chaleur puisant dans les eaux souterraines ont progressé de de 20% par an au cours de la période 200-2012. Cet engouement pour les énergies vertes, porté par un contexte de développement alternatif aux énergies fossiles et de crise climatique, s’explique aussi par une réduction des coûts de production. Economies d’échelle, innovations technologiques, et concurrence accrue, les turbines éoliennes et les panneaux photovoltaïques  sont devenus beaucoup plus abordables sur le marché. L’engagement de certains Etats à introduire le renouvelable dans leur mix énergétique favorise encore cette transition. Actuellement, 138 pays s’orientent vers les énergies alternatives, dont les 2/3 dans l’espace en développement.

Chine, Etats-Unis, Allemagne.

Le renouvelable est une solution énergétique qui progresse en Asie, en Amérique du Sud, au Moyen Orient, ou en Afrique. Certains pays, plus riches ou plus visionnaires, dominent le marché. En 2012, la Chine, les Etats-Unis, le Canada, et l’Allemagne sont les leaders mondiaux de la capacité en électricité renouvelable. La Chine, qui accueille environ 1/5° de la capacité mondiale, en tire 20% de son l’électricité, dont 17% est produite par les barrages. En Chine, la production d’électricité d’origine éolienne a progressé plus que celle issue du charbon, et devance le nucléaire pour la première fois. Aux Etats-Unis, plus de 12% de l’électricité  provient d’une source renouvelable. Une tendance en progression, le pays a largement misé sur le vent pour augmenter sa capacité. En Allemagne, 23% de l’électricité consommée est d’origine renouvelable. C’est plus que le nucléaire, le gaz, ou le charbon. L’Allemagne est aussi le 3° marché mondial pour les investissements dans les énergies alternatives. L’Espagne, pourtant bien lancée dans la course aux renouvelables, ralentit le rythme. La crise économique et un changement d’orientation politique expliquent cette tendance.

Réseaux alternatifs.

Dans les pays de l’Union Européenne, un nombre croissant d’entrepreneurs et de consommateurs se tournent désormais vers les énergies renouvelables, notamment pour l’électricité. Le marché allemand est passé de 0,8 millions de consommateurs « d’électricité verte » en 2006 à 4,3 millions en 2011. La demande progresse aussi en Autriche, en Belgique, en Finlande, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse, au Royaume-Uni, mais sans rivaliser avec l’Allemagne. Dans les pays de l’Union européenne, plus de 70% de la capacité électrique ajoutée en 2011 puise dans des sources renouvelables. Aux Etats-Unis, la moitié des consommateurs ont désormais le choix de consommer de l’électricité de source alternative, fournie par un détaillant. En Europe, en Inde, aux Etats-Unis, le nombre d’industriels ou de commerçants exploitant leur propre système « d’électricité verte » est en hausse. Le nombre de communautés et de coopératives, tournées vers ce type de connexion, est lui aussi en augmentation. Les petites unités de production se multiplient, générant un accès à l’électricité dans des endroits oubliés des réseaux. Dans les campagnes du Tiers-Monde, les énergies renouvelables, petite unité solaire, éolienne, ou mini installation hydro-électrique, commencent à s’imposer comme une alternative crédible à un réseau électrique, coûteux, qui n’arrivera sans doute jamais. Dans ces espaces, l’accès à l’énergie est aussi une condition de développement socio-économique.

Afrique.

Après avoir longtemps été associée à l’industrie du pétrole et du gaz, l’Afrique est désormais remarquée pour son potentiel en énergies renouvelables. De vastes terres, au Sud et au Nord du continent, sont regorgent de réserves en énergie solaire. L’Afrique dispose d’un environnement exceptionnel pour l’éolien, et la géothermie. D’après certaines estimations, seul 7% du potentiel hydroélectrique du continent serait exploité.  L’Afrique, très dépendante de la biomasse, et du bois prélevé sur les forêts, s’apprête à développer des pratiques et des technologies plus durables en matière de bioénergies.  Si le marché du renouvelable piétine encore, le contexte change rapidement. La prise de conscience du potentiel africain, la capacité à surmonter les difficultés économiques, la croissance, et une gouvernance plus stables, favorisent l’émergence d’une multitude de solutions renouvelables, à grande échelle. Beaucoup de pays ambitionnent de convertir leurs petites installations électriques hors réseau – héritage d’un programme d’électrification des villages financé par des donateurs – en infrastructures plus ambitieuses. L’Afrique du Nord domine le marché continental de l’éolien ; l’Est du continent, emmené par le Kenya, augmente sa capacité géothermique ; pendant que l’hydro-électricité se développe à toutes les échelles sur le continent. L’Afrique du Sud devrait  se doter 2013 le premier réseau régional d’électricité d’importance, alimenté par le vent et le soleil . Si 2012 est une moins bonne année que 2011 pour les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables – notamment en raison de la chute des prix du solaire et de la frilosité des marchés, aux Etats-Unis et en  Europe -, le Moyen Orient et l’Afrique enregistrent la meilleure croissance régionale, avec une progression de plus de 200% pour les investissements.

 

M.J

 

L’exemple européen…

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(1) REN21′s Renewables Global Status Report (GSR) 2013 – REN21/ Renewable Energy Policy Network for the 21th Century.http://www.ren21.net/Portals/0/documents/Resources/GSR/2013/GSR2013_highres.pdf


Publié le 1 juillet 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,energies alternatives
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« Children are the future of China’s greenpower. »

Bonjour,

Après une course effrénée au développement signalée par une croissance annuelle moyenne de 10% pendant les trois dernières décennies, la Chine respire de plus en plus mal. Au milieu des années 2000, 60% des villes chinoises, dans lesquelles résident les 2/3 tiers de la population urbaine du pays, sont enveloppées d’un nuage de pollution. En 2008, Beijing compte parmi les 10 villes les plus polluées de la planète, classement établi par l’Organisation mondiale de la Santé. Une étude récente sur les principales causes de mortalité dans le monde attribue la mort prématurée d’1,2 millions de Chinois à une mauvaise qualité de l’air en 2010. La relation entre une industrialisation brutale et la dégradation des conditions de vie de la population s’affirme. Pourtant, depuis une décennie déjà, la Chine s’engage sur la voie d’une transition verte. Ce choix d’un développement plus respectueux des hommes et de l’environnement s’est affirmé lors du dernier plan quinquennal (2006-2011). Un rapport publié par le Worldwatch Institute    évalue le potentiel  de conversion de trois secteurs importants de l’économie chinoise, l’énergie, les transports, et les forêts, à l’horizon 2020.

 

Renouvelables.

Dans cette économie soumise au charbon – 70% de l’énergie consommée et 80% des émissions de CO² -, les énergies renouvelables constituent l’option majeure de cette transition verte. La Chine y travaille déjà. En une dizaine d’années, le pays a fortement développé le chauffe-eau solaire. En 2008, cette technologie représente déjà la moitié de renouvelables consommés dans le pays – hors hydroélectricité et biomasse. Les panneaux tournés vers le ciel se multiplient, 31 millions de m² en 2008, auxquels s’ajoutent  42 millions de m² en 2009. Le pays compte alors 177 millions de m² installés, l’objectif 2010 -150 millions de m² – est dépassé.  Aujourd’hui, la Chine exploite 80% de la capacité mondiale de chauffe-eau solaire. Avec un potentiel annuel estimé autour des 2,4 milliards de milliards de tonnes équivalent charbon, l’énergie solaire est d’ailleurs l’un des grands atouts de la Chine. Cette capacité solaire est de taille à modifier le mix énergétique du pays. Les provinces du Xizang, du Qinghai, du Xinjiang, du Gansu, du Ningxia,  situées  à l’Ouest et au Nord du territoire, et la Mongolie Extérieure  sont particulièrement prometteuses. Chaque année entre 2006 et 2011, le secteur a déjà crée plus de 10.000 emplois, directs et indirects. Il pourrait encore en offrir 20.000 annuels entre 2011 et 2020, estime la publication du WWI. Depuis le milieu des années 90, option renforcée en 2006-2011, la Chine  augmente sa capacité éolienne.  En 2010, 378 nouveaux projets éoliens sont conçus. Avec une capacité raccordée au réseau de 31 Gigawatt,  la Chine domine désormais l’éolien mondial, devant les Etats-Unis. Le  pays vise 120 Gigawatt à l’horizon 2020. L’industrie du vent, qui a généré 40.000 emplois directs chaque année entre 2006 et 2010, pourrait encore en créer 34.000 annuels entre 2011 et 2020. Estimation basse.

 

Hybride, métro, et train à grande vitesse.

Au cours de  sa conversion industrielle, la Chine est passée de l’ère de la bicyclette à celle de la voiture. En 2009, le pays devient le plus grand marché automobile du monde, devant le marché états-unien. Environ 170 millions de véhicules y circulent. Et si le rêve automobile continue de séduire les plus aisés, le pays pourrait compter 220 millions de véhicules supplémentaires en 2020. Pour adoucir cette prévision, les Autorités investissent dans des transports moins polluants. Le marché du véhicule hybride, environ 5000 véhicules en circulation mi-2010, pourrait se développer. Avec le soutien du gouvernement, plus de 16 millions de véhicules, hybrides et électriques, pourraient sortir des usines d’ici à 2020. Avec un peu plus d’un million d’emplois induits chaque année. Autre alternative, le rail urbain et interurbain. En 2006, le métro et le train léger ont transporté 1,8 milliards de passagers, deux fois plus qu’en 2001. Shangaï et Beijing en tête. A l’occasion de l’exposition universelle de 2010, le métro de Shangaï  déploie le plus long réseau du monde,devant celui de Londres. Entre 2005 et 2008, les investissements dans le rail urbain doublent. Quelques années plus tôt, la Chine s’est dotée d’une première ligne à grande vitesse. Aujourd’hui, le pays domine le marché mondial du train à grande vitesse. Sur le territoire chinois, 17 lignes sont opérationnelles sur près de 8500 kilomètres, le train rapide le plus cher du monde. Mais la Chine vise 18.000 kilomètres de rail pour 2020. Ces 10.000 kilomètres supplémentaires devraient  générer environ 630.000 emplois annuels pour la période 2011-2020, emplois directs et indirects.

 

4,5 millions d’emplois.

Les forêts chinoises comptent plus de 1800 espèces d’animaux sauvages, 2000 essences d’arbres, et plus de 6000 végétaux. La forêt, habitat pour quelques centaines d’espèces inconnues ailleurs, est au cœur de cette transition écologique. Ces arbres, qui piègent le carbone et rejettent de l’oxygène, contribuent aussi à atténuer les excès de la pollution. A la fin des années 40, le territoire chinois compte peu de forêts. Le pays, qui entreprend un gigantesque effort de plantation, 62 millions d’arbres mis en terre, étend son couvert forestier sur 195 millions d’hectares. Un record mondial. Pendant un demi-siècle, le territoire s’est doté de 3 à 6 millions d’hectares de forêts chaque année.  A l’horizon 2020, la superficie boisée devrait encore augmenter de 10%. Le pays, qui offre un patrimoine de plus de 2000 parcs nationaux,  se tourne aussi vers le tourisme vert. Au total, le secteur forestier – reboisement, entretien des jeunes forêts, tourisme – pourrait représenter plus de 2 millions d’emplois annuels pour la période 2011-2020. Et si l’on fait l’addition, énergie, transports, et forêts permettraient de créer au moins 4,5 millions de « green jobs » en 2020. Si la transition se poursuit à ce rythme, qu’elle se combine avec d’autres niches de l’économie verte encore mal connues des statistiques, la réserve d’emplois sera bien supérieure encore, note le rapport du WWI.

 

“Children are the future of China’s greenpower”

Cette transition verte proclamée connait des contrariétés et des inconnues. Bien que la Chine inonde le monde de sa technologie photovoltaïque, l’électricité solaire attend encore son développement dans le pays. Le marché de l’éolien, qui s’exporte à merveille, peine à reproduire cette performance en interne. La plupart des centrales, solaires et éoliennes, ne sont pas connectées au réseau, dilapidant ainsi les millions de dollars investis. L’électricité produite est encore trop chère. Les efforts engagés depuis deux décennies pour faire avancer la décentralisation génèrent aussi des querelles de pouvoir entre les Autorités provinciales et locales, au risque de gripper cette mécanique verte. L’information nécessaire à cette transition verte, inexistante ou déformée par le système statistique, retarde le processus de transition socio-économique. Il faudra sans doute attendre quelques décennies pour que la première puissance émergente finalise un scénario de transition, qui pourrait faire école dans le monde. « Children are the future of China’s greenpower” promet le rapport.

 

M.J

 

La lointaine province occidentale du Xinjiang est devenue l’un des fronts du développement de l’énergie renouvelable, notamment du solaire. Grâce à des panneaux photovoltaïques, un petit village du désert découvre l’électricité en continu….

 

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“Green Economy and Green Jobs in China:

Current Status and Potentials for 2020” Jiahua Pan, Haibing Ma, and Ying Zhang

L i s a  M a s t n y,  editor, Worldwatch Report 185

Wo r l dwat c h  In s t i t u t e, July 2011. http://www.worldwatch.org/system/files/185%20Green%20China.pdf

 

Summury: http://www.worldwatch.org/bookstore/publication/worldwatch-report-185-green-economy-and-green-jobs-china-current-status-and-po


Publié le 8 avril 2013 par marlene dans Chine,Développement durable,energies alternatives,Pollution atmospérique.
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Géant hydraulique, small hydro, et géothermie…

Bonjour,

 

Au Costa Rica, 95%  de l’économie repose sur les énergies renouvelables. L’hydraulique,  environ 80% du mix énergétique, et la géothermie, 12%, font tomber la part du pétrole au dessous des 5%. (1) Deux projets, le barrage  de Diquis, annoncé pour être l’un des plus importants d’Amérique centrale et prévu pour 2016, et le barrage  de Revantazon, planifié pour 2019, devraient gonfler un peu plus la capacité hydraulique du Costa Rica. La Présidente  élue en 2010,  Laura Chinchilla, veut encore développer la géothermie et l’énergie solaire pour tendre vers l’objectif « zéro carbone » à l’horizon 2020. Le Costa Rica est le membre le plus actif des pays d’Amérique centrale – Guatemala, Honduras, El Salvador, et Nicaragua – tous soucieux d’augmenter la part du renouvelable dans le bouquet énergétique. En 2011, elle dépasse les 65%, largement dominée par l’hydro-électricité. Mais la région compte bien développer un  potentiel géothermique,  peut-être moins prometteur au Honduras. (1 )(2)

 

Le géant hydraulique

L’énergie hydraulique , alimentée par l’eau et ses cycles, et la géothermie , qui puise dans la chaleur de la terre, progressent  partout dans le monde. Même si leur part reste modeste.  En 2011, l’hydraulique produit  plus de 15% de l’électricité mondiale. Et moins de 1% pour la géothermie, utilisée aussi pour le chauffage. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’un cheminement  pour se dégager des combustibles fossiles, et conquérir une certaine indépendance énergétique.  D’après une enquête du Worldwatch Institute, la Chine, le Brésil, le Canada, et la Russie mènent la production hydro-électrique, énergie primaire et électricité, avec plus de la moitié de la capacité mondiale en 2011. Le développement récent d’infrastructures  hydrauliques place la Chine en tête, suivie par le Vietnam, Brésil, le Canada. (3) Les barrages et les ouvrages  aménagés sur les grands fleuves du monde, le Colorado en Amérique du Nord, le Yangste en Chine, ou le Parana en Amérique du Sud,  racontent l’épopée de l’hydro-électrique. D’après la World Commission on Dams (2000),  environ 60% des fleuves majeurs sont contrariés par des ouvrages, ou déviés. Un processus qui aurait déplacé entre 40 et 80 millions de personnes dans le monde, et réduit considérablement le cours de certaines rivières, jusqu’à les empêcher d’atteindre la mer. L’hydraulique et ses barrages, qui malmènent  l’environnement et ses équilibres et qui déracinent les hommes, altèrent l’image d’une énergie pourtant réputée  « soft ».

 

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Small Hydro.

Les grands ouvrages, dont l’édification modifie les paysages des bassins-versants, bouleversent l’équilibre des sols. Un déboisement, par exemple, entraine ruissellement, érosion, et appauvrissement. Ces aménagements modifient l’équilibre fluvial, contrarient la migration des poissons, changent la composition chimique de l’eau. Ces constructions bouleversent les habitats voisins, et les espèces qui y sont attachées. Les communautés, dont les territoires sont inondés, sont expulsées. Le barrage des Trois Gorges, l’ouvrage le plus imposant jamais réalisé, a déplacé 1,2 milliards de personnes vivant dans plus 140 villes et 1300 villages. La violence de l’opposition à certains projets donne la mesure des bouleversements environnementaux, socio-économiques, et humains à venir. Dans certains cas, l’héritage architectural des communautés est englouti. Réputés pour produire une énergie « propre », leur construction exige des matériaux, le ciment, le fer, qui eux en consomment. Histoire de taille, ou de mesure, la « petite hydraulique » est réputée plus douce pour l’environnement. Construit au fil de l’eau, sans retenue importante, sans impact néfaste sur l’environnement et la vie qui s’y développe, le petit hydraulique a le vent en poupe. Entre 2005 et 2008, cette niche de l’industrie hydro-électrique  a bondi de presque 30%. Il se développe en Chine, plus de la moitié du marché actuel, en Inde , aux Etats-Unis. Il sert notamment le China Village Electrification Program qui prévoit d’électrifier 10.000 villages, pour alimenter 3,5 millions de ménages. Car autre avantage d’un ouvrage plus léger – aux vertus écologiques parfois discutées -, il permet d’amener l’électricité là où elle manque. (4)(5)

 

La route des volcans.

La géothermie s’inscrit dans la Ceinture de Feu Pacifique , et suit la route des volcans, actifs ou non. En 2010, plus d’une vingtaine de pays valorisent la chaleur de la terre pour produire de l’électricité. La cartographie de la capacité de production (2010), place les Etats-Unis en tête – 28% de la capacité mondiale (3) -, suivies par les Philippines, l’Indonésie, le Mexique, l’Italie, et la Nouvelle Zélande. Le plus grand complexe géothermal au monde, The Geysers, se situe à plus d’une centaine de kilomètres au Nord de San Francisco en Californie, dans les montagnes de Mayacamas  Mais la part d’électricité d’origine géothermique dans la production nationale bouscule la carte. L’Islande, les Philippines, le Salvador prennent la tête – entre 25 et 30% -, suivis par le Kenya et la Nouvelle Zélande  –  autour de 10%.  (6) En Islande, la géothermie alimente encore 90% du chauffage. D’ailleurs, plus de 70 pays ont choisi cette technologie, qui convient parfaitement au chauffage alternatif .(3)  Parmi les pays ciblés pour le développement de  la géothermie, le Chili. Assis sur un axe volcanique, le pays compte plus de 300 sites, avec un potentiel convertible en électricité ou voué à une utilisation directe. Les fluides renfermés dans le sous-sol chilien, situés à moins de 300 mètres de profondeur, peuvent atteindre 150°C, et promettent une exploitation d’une cinquantaine d’années. (7)

 

Le Rift africain.

Sur le continent africain, la Vallée du Grand Rift offre un potentiel énorme à la géothermie. Le Kenya, Djibouti, la Tanzanie exploitent déjà cette ressource. L’Ethiopie étudie sérieusement cette possibilité. La Banque de Développement Ethiopienne, aidée par la Banque mondiale, projette d investir 20 millions de dollars pour amorcer une exploitation, portée par le secteur privé. Cette énergie doit compenser un ralentissement attendu de l’électricité d’origine hydraulique. En cause, des pluies moins abondantes et des sécheresses. Les hauts plateaux d’Ethiopie, qui offrent une eau abondante, ont favorisé le développement de l’hydraulique. L’eau permet de produire plus de 85% de l’électricité du pays. La Banque mondiale aide le Kenya à développer  une alternative à l’hydraulique, afin de renforcer sa capacité électrique. Le gouvernement investit à fond dans la   « géothermie »,  moins soumise au climat de plus en plus aride de l’Afrique orientale. (8) (9)

 

M.J

 

 

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Première vidéo / Source: Alex de Sherbinin (CIESIN) et Bernhard Lehner (Department of Geography, at McGill University). Il a fallu des années pour constituer ce catalogue des barrages. Il représente plus de 5000 réservoirs dans le monde.
http://csdms.colorado.edu/wiki/Movie:…

(1)Finding Sustainable Alternatives to Large Hydropower in Central America CDKN / Climate and Development knowledge network, CDKN Latin America, from World Watch Institute website, 07-08-2012http://cdkn.org/2012/08/finding-sustainable-alternatives-to-large-hydropower-in-central-america/

(2)Le développement des projets d’énergie géothermique en Amérique centrale, mars 2012,Tresor Direction Générale, Publication des Services économiques. http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/337930

(3)« Hydropower and Geothermal Growth Slows », Evan Musolino Revolt, Worldwatch Institute, 02-12-2013, http://blogs.worldwatch.org/revolt/hydropower-and-geothermal-growth-slows-2/

(4)The Hydro Industry’s Proven Authority, HydroWorld.com, small hydro. http://www.hydroworld.com/industry-news/small-hydro.html

(5) Small Hydro, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Small_hydro

(6) Installed Geothermal Electric Capacity (2010) in Wikipedia, Geothermal electricity. http://en.wikipedia.org/wiki/Geothermal_electricity

(7)“Chile has excellent potential for both high and medium temperature geothermal projects.” http://www.hotrockltd.com/irm/content/exploration_chile.html

(8) “World Bank Gives Kenya $118 Million for Geothermal Development”

eBoom Staff , 07-07-2010, http://www.energyboom.com/geothermal/world-bank-gives-kenya-118-million-geothermal-development

(9) « Ethiopia to Develop its Geothermal Energy Potential with a Grant from the World Bank », AtisSun News, 15-02-2013, http://www.atissun.com/blog/18418/ethiopia-to-develop-its-geothermal-energy-potential-with-a-grant-from-the-world-bank/


Publié le 1 mars 2013 par marlene dans Barrages,Climat,Ecosystèmes.,energies alternatives
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Géothermie, un courant alternatif.

Bonjour,

Lester R. Brown, encore lui, annonce la fin du pétrole. Dans son livre « Plan B », le chef du Earth Policy Institute  nous invite à une sobriété énergétique. Il recommande de nous préparer à changer nos modes de vie. Et dans un monde où charbon et réchauffement climatique sont inconciliables, il fait l’éloge des énergies renouvelables. Le nucléaire, trop cher sans subventions, et trop risqué -  l’ouvrage est écrit avant Fukuoka -  est mis sur la touche. «  Notre futur sera donc inévitablement modelé par les énergies renouvelables.. », écrit-il avant de convoquer les acteurs de cette transition énergétique souhaitée, « énergie éolienne, panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, centrales solaires thermiques, énergie géothermique, énergie hydraulique, énergie des marées, et biocarburants. » (1) En juin 2011, le site de l’Earth Institute, qui réactualise les propositions du « Plan B »,  fait l’éloge de la géothermie (2). Une énergie renouvelable aussi inépuisable que la terre qui la produit,  encore largement sous-exploitée.

Tour du monde.

La géothermie, manifestation d’une radioactivité naturelle enfouie dans les couches profondes de la terre, parfois signalée en surface par des sources d’eaux chaudes ou par des geysers, , cumule les avantages. Pratiquement sans émissions, elle peut être exploitée pour produire une électricité quasi-constante, chauffer les bâtiments et les serres agricoles, ou donner un petit coup de pouce à l’aquaculture. C’est l’Italie, qui en 1904, expérimente la première les possibilités énergétiques de son sous-sol pour produire de l’électricité. Aujourd’hui, plus d’une vingtaine de pays tirent profit de cette chaleur terrestre, au fil d’une géographie qui  s’étire sur la « ceinture de feu », passe par le grand rift africain, Kenya, Rwanda, Ouganda et remonte vers l’axe oriental de la Méditerranée, Italie, Hongrie, Roumanie, Turquie, Israël.  Chili,  Pérou, Equateur, Colombie, Amérique centrale, Mexique, Ouest des Etats-Unis, Hawaï,  Canada, Russie, Chine, Corée du Sud,  Japon, Philippines, Indonésie, Australie, Nouvelle Zélande signalent une cartographie Pacifique étendue, et plutôt bien dotée en ressources.  A ajouter sur la carte, l’Islande,  où les sources d’eaux chaudes, associées à la culture insulaire, chauffent plus de 90% des résidences. Mais la carte postale pourrait venir du Japon, qui compte plus de 5 500 Onsens publics, lieu de rencontre et de détente.

De la lumière pour 800 millions de personnes.

Avec 3100 Mégawatts en 2010, les Etats-Unis, emmenés par la Californie, sont les principaux producteurs d’électricité géothermique. Soit un peu plus du tiers d’une capacité mondiale estimée autour des 11000 mégawatts. La présidence Obama a réveillé une ressource énergétique, un peu oubliée pendant une vingtaine d’années. Aujourd’hui, la géothermie est en plein boom. Plus d’une centaine de  projets devraient doper la production américaine de  1 400 Mégawatts. A l’Ouest du pays, en Californie, au Nevada, en  Utah, terres traditionnelles de la géothermie, mais aussi à l’Est, en Louisiane, au Mississipi, ou au Texas, Etat souvent associé à l’Industrie pétrolière. Dans le Pacifique Sud, les Philippines ont développé une capacité de 1 900 Mégawatts, soit 17% de leurs besoins en électricité. L’archipel compte bien fouiller un peu plus les possibilités de son-sol pour dépasser les 2 500 Mégawatts en 2015. Beaucoup plus ambitieuse, l’Indonésie, qui veut multiplier par 10 sa capacité de production en 2025, pour atteindre les 12 000 Mégawatts. Et couvrir 70% de sa consommation en électricité. Le gouvernement veut se détourner des sources d’énergie fossiles, charbon et pétrole, en pariant sur l’énorme potentiel de son sous-sol. Le scénario 2025 n’exploiterait que les 2/5° de la ressource géothermique. Le Japon de l’après-Fukushima, qui dispose lui aussi d’un sous–sol très généreux – avec une capacité estimée à 69 000 Mégawatts par Lester Brown (1) – pourrait recourir à la terre pour produire de la lumière. Si le Mexique, et les autres pays situés plus au Sud du continent américain, convertissaient cette énergie, ils pourraient probablement couvrir leurs besoins en électricité. Un rapport de la Geothermal Energy Association / (GEA), publié en 1999,  identifie une quarantaine de pays en capacité de produire leur électricité avec la géothermie. Une reconversion énergétique qui permettrait d’éclairer 800 millions de personnes.

Kenya.

Le gros problème de la géothermie, c’est son coût. L’exploration, le forage, et la construction d’unités de production demandent d’énormes  investissements. A envisager sur le long terme. Au fil des années d’exploitation, ces centrales, qui fonctionnent à bas coût, sans énergie fossiles, sont appelées à devenir aussi compétitives que leurs cousines, nourries au fuel ou au nucléaire. Autre avantage, une électricité continue, sans apport fossile. La technologie EGS , pour Enhanced Geothermal Source,  mise au point aux Etats-Unis dans les années 70, qui consiste à creuser à grande profondeur dans des réservoirs naturels pour en stimuler le potentiel, et démultiplier la ressource, pourrait bien ouvrir des horizons à l’exploitation géothermique. En 2008, un rapport de l’US Geological Survey estime que l’EGS pourrait exploser le potentiel américain, et produire jusqu’à 13 fois le volume de ses ressources actuelles. Cette technologie, testée en Australie, en France, aux Etats-Unis, et au Royaume Uni, suscite de gros espoirs pour les années à venir. L’EGS pourrait faire de la géothermie un investissement rapidement rentable, et accélérer la production d’électricité d’origine terrestre. Mais, nous sommes encore loin du compte car la géothermie pourrait, toutes technologies confondues, produire l’équivalent de 4,6 millions de Megawatts, de quoi faire tourner deux fois l’industrie mondiale. Plus modeste, le Kenya, qui découvre la géothermie dans les années 60, couvre actuellement 20% de ses besoins en électricité. Le pays, qui a bien compris l’intérêt de la ressource, compte satisfaire sa demande en 2030, et exporter le surplus.

 

M.J

 

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(1)« Le plan b » - Pour un pacte écologique mondial », Lester R. Brown, Septembre 2008,  Editions Pluriel, Hachette Littérature,  p 72, p 296.

(2) Plan B Updates, “Geothermal Power Heating Up Worldwide”,  J. Matthew Roney, 16-06-2011  http://www.earth-policy.org/plan_b_updates/2011/update98


Publié le 18 novembre 2011 par marlene dans Climat,energies alternatives
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Le Japon cherche une nouvelle façon de s’éclairer.

Bonjour,

Le Japon vient d’annoncer la fin de l’effort collectif destiné à consommer moins d’électricité, conséquence indirecte de la crise de Fukushima, et de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires dans le pays.  Depuis le 1er juillet dernier, les Japonais du grand Tokyo, desservis par le réseau TEPCO (Tokyo Electric Power Co ),  et ceux de la région Nord -Est secouée par la catastrophe de mars dernier,  approvisionnés par Tohoku Electric Power Co, étaient invités à soulager le réseau. Décision du gouvernement. Citoyens et entreprises ont bousculé leurs habitudes de consommation pour éviter une pénurie pendant les heures de forte demande. Grand nombre d’entreprises ont démarré la journée avec une heure d’avance. L’industrie automobile a pris ses week-ends les jeudi et vendredi, préférant travailler en fin de semaine pour équilibrer les besoins. Une partie du transport ferroviaire a également réduit ses services. Un été plus frais que d’habitude, moins de climatisation, a contribué à freiner la consommation. Pendant que Tokyo mettait ses enseignes lumineuses en veilleuse. Cet été de contraintes aurait  permis d’économiser 15% d’électricité, par rapport à l’année précédente, pour la même période. C’est la première fois depuis presque quarante ans qu’un tel effort est demandé à des Japonais, gourmands en électricité. (1) Depuis le milieu des années 2000, la consommation par habitant y dépasse les 8000 Kilowatts, un besoin similaire à celui du voisin Sud-Coréen, mais bien inférieur à celui d’un Américain.

 

L’après-Fukushima pose la question énergétique à un pays qui en consomme beaucoup, qui n’a guère de ressources naturelles, et qui se demande comment réduire sa dépendance au nucléaire. Le projet de faire grimper la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité, au lieu des 30% actuels (2), proposition de l’ex-Premier Ministre, est rangée dans les cartons. Son successeur, Yoshihiko Noda, souhaite, lui, se détourner de l’atome qui fonctionne déjà au ralenti dans l’archipel. La mise hors service des réacteurs de Fukushima, l’arrêt de ceux exposés au risque séismique, et la fermeture pour maintenance de certains autres,  paralyseraient au moins la moitié du potentiel nucléaire japonais. Sinon plus.  Le charbon (28%) et le gaz naturel (27%), combustibles importés et peu compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont deux autres sources majeures de courant. (2) L’électricité d’origine hydraulique, qui a connu une chute spectaculaire depuis un demi-siècle, compte seulement pour 8% de la production nationale. (2) Les énergies renouvelables sont pourtant présentées comme partie de la solution.  Selon un article de Reuters daté du 23 août dernier,  le gouvernement envisagerait de porter la production d’électricité d’origine solaire autour des 100.000 Mégawatts vers 2015, au lieu des 40.000 actuels. Ce qui reviendrait à multiplier par 6 le nombre de panneaux solaires vendus en 2010 sur le territoire japonais. (4) L’éolien, la biomasse, et la géothermie, sont également convoqués pour doper la part d’électricité d’origine renouvelable. Qui, sans l’hydro-électricité, peine à dépasser Les 2%. (2) (5)

 

Avec plus d’une centaine de volcans en activité, 10% de la ressource mondiale, le Japon est pourtant bien placé pour développer la géothermie. Aujourd’hui, dix huit  centrales témoignent d’une source d’énergie exploitée lors de la crise pétrolière des années 70, puis éclipsée par le nucléaire. La production est anecdotique, 0,3% de l’électricité nippone, pour un potentiel prétendu énorme, et délaissé pendant deux décennies. (6)(7) Interrogé sur la catastrophe de Fukushima par le magazine Terra Eco,  Lester Brown, à la tête du Earth Policy Institute, regrette: « Le Japon aurait pu choisir la géothermie plutôt que le nucléaire. »

 

M.J

 

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(1) « Japan ends limits on electricity usage », Mainichy daily news, 13-09-2011 http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110909p2g00m0dm005000c.html

(2) Perspective Monde, Université de Sherbrooke, production d’électricité au Japon, approche détaillée. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=6&codeStat=EG.ELC.PROD.KH

(3) Les réacteurs nucléaires au Japon, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_au_Japon

(4) « Japan renewable energy push clears key hurdle”,  Risa Maeda, Reuters, 23-08-2011, http://www.reuters.com/article/2011/08/23/us-japan-politics-energy-idUSTRE77M12R20110823

(5) Rapport trimestriel sur le secteur des énergies renouvelables
Ambassade du Canada au Japon, 17-06-2011  http://www.deleguescommerciaux.gc.ca/fra/document.jsp?did=121078

(6)”Deregulation eyed for geothermal power”, Keisuke Katori, Asahi Shimbun, 17-02-2010,  http://www.asahi.com/english/TKY201002160499.html

(7) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization, Lester R. BrownChapter 5. Stabilizing Climate: Shifting to Renewable Energy: Energy from the Earth » Earth Policy Institute http://www.earth-policy.org/books/pb4/PB4ch5_ss4


Publié le 19 septembre 2011 par marlene dans energies alternatives,Japon,Non classé,Nucléaire
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Desertec, l’énergie du non-nucléaire.


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Bonjour,

Sortir du nucléaire au cours de la prochaine décennie, la décision allemande pourrait stimuler «Desertec »,  alternative énergétique pharaonique. C’est l’avis de Paul Van Son, le patron de Desertec Industrial Initiative, chargé de mettre en route ce projet européen, emmené par l’Allemagne. Sur la carte, Desertec esquisse un réseau de centrales solaires installées dans les déserts d’Afrique du Nord et du Proche – Orient, connecté au continent européen par des réseaux électriques. Cette vision énergétique répond au plan solaire méditerranéen, initié par la France au sein de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Lancé en 2009 par une douzaine d’entreprises, majoritairement allemandes, Désertec pourrait aujourd’hui rebondir sur l’après Fukushima. Première puissance européenne à renoncer à l’atome, l’Allemagne envisage de fermer ses derniers réacteurs en 2012. Et comme il faudra bien remplacer le nucléaire, près du quart de l’électricité allemande, le pays  mise sur le charbon, le gaz, et les énergies alternatives. Considérées avec intérêt par l’opinion allemande, elles sont au cœur du projet. Desertec parie sur le soleil, source d’énergie diffusée en abondance dans le désert, pour alimenter la machine économique allemande, et européenne. Ce complexe énergétique, d’une capacité de 500 mégawatts, alimenté aussi par le vent et l’eau, devra couvrir 15% des besoins européens vers le milieu du siècle. La zone de production, Afrique du Nord et Proche Orient, disposera de 20% de la ressource. Reste à trouver 400 milliards d’Euros pour multiplier les prouesses technologiques, centrales solaires thermodynamiques, transport d’électricité optimisé pour de longues distances, et stockage sur le continent européen. L’aboutissement, conditionné à un ensemble de contraintes techniques, dont une bonne résistance des infrastructures aux tempêtes de sable et à des températures extrêmes, est aussi soumis à une géopolitique régionale secouée par les révolutions en Tunisie, en Egypte, ou par la guerre de Libye. Les discussions sont déjà bien engagées. Un premier projet, expérimenté au Maroc, devrait fonctionner vers 2015, ou 2016. Le Maroc, qui vise l’indépendance énergétique, se veut la vitrine d’un Maghreb qui s’oriente vers le renouvelable. Et qui parle  aussi de nucléaire.

M;J

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Sources :

« Desertec fait de l’ombre au nucléaire en Algérie », Samy Injar, Les Afriques http://www.lesafriques.com/industrie-et-services/desertec-fait-de-l-ombre-au-nucleaire-en-algeriedesertec-fait-de-l-ombre-au-nucleaire-en-al.html?Itemid=308?articleid=18926

« Le projet pilote de Désertec aura lieu en terre marocaine selon les propos du Belge Paul Van Son , président de Désertec. », Les Afriques, http://www.lesafriques.com/actualite/le-premier-projet-de-desertec-se-fera-au-maroc.html?Itemid=89?articleid=25671

« Desertec, un projet néocolonial ou une nouvelle arche de Noé ? », Interview de  Michael Straub, à la tête du pôle Communication de la fondation Desertec, les Afriques, http://www.lesafriques.com/actualite/desertec-un-projet-neocolonial-ou-une-nouvelle-arche-de-5.html?Itemid=89?articleid=27220

« Desertec profite du recul du nucléaire », Frédéric Lemaître, Le Monde, 8 juin 2011, accessible sur : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/699681-desertec-profite-du-recul-du-nucleaire

« Saharan Solar Boosted by German Nuclear Decision, Desertec Says(Bloomberg) », Finance Greenwatch, 15-06-2011, FInance Greenwatch http://financegreenwatch.org/?p=1613


Publié le 23 juin 2011 par marlene dans Afrique du Nord,energies alternatives,Nucléaire
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« negaWatt », des solutions pour le « negaNucléaire ».

Bonjour,

« Par ailleurs, le scénario negaWatt prévoit une fermeture progressive des centrales nucléaires existantes jusqu’à 2035, sans remplacement par des centrales de 3° génération dont la conception ne règle pas les principaux problèmes liés à cette technologie : pas de sécurité passive, pas d’avancée concernant le problème des déchets et l’épuisement de la ressource en uranium, aucune valorisation de la chaleur créée. », lit-on dans le document de synthèse du scénario negaWatt, version 2006. (1) L’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, qui n’en finit pas de finir, crédite tragiquement cette proposition. Même si  le « non au nucléaire », version radicale, n’est pas tout à fait le fond de commerce de negaWatt. L’argument, plus ancien, documenté par plus d’une vingtaine d’experts et de professionnels de l’énergie, et quelques dizaines d’ingénieurs, construit autour du bouquet énergétique « sobriété, efficacité, renouvelables », propose une sortie en douceur de l’atome. Il ne s’agit pas d’un retour à la bougie, il faut bien de l’énergie pour continuer à faire tourner le monde, mais il s’agit de casser le dogme « produire toujours plus d’énergie pour en consommer plus. »  Dans son scénario 2006, réactualisation du document 2003, negaWatt jette les bases d’une société plus sobre, plus inventive pour réduire le gaspillage, et plus audacieuse pour exploiter ses ressources inépuisables. L’association parie d’ailleurs sur le « negaWatt », concept qui fait de l’abstinence énergétique la plus accessible, et la plus infaillible, des ressources.

Premier tableau de cette alternative énergétique, la sobriété, une proposition qui est souvent affaire de bon sens. Exemples, préférer la lumière naturelle pour l’éclairage, régler le chauffage pour une chaleur suffisante mais sans excès, consommer des fruits et légumes de saisons, produit localement. En matière d’électricité, la sobriété passe par une chasse au gaspillage. Les particuliers, les entreprises, les villes sont invités à réduire l’éclairage inutile. Avec à la clé, une baisse annuelle de la consommation de 0,2% à 0,5%, selon les secteurs. Concernant le parc de logements neufs, la sobriété commande d’en réduire la surface, pour tendre vers les 75m² en 2050, contre 117 m² actuellement. Un habitat plus petit, destiné à des familles moins nombreuses, qui laisse plus d’espace par individu, 45m² au lieu de 38m² actuellement. Et qui permet de construire plus de logements, 31 millions en 2050 contre 25 en 2005. Concernant les transports, il s’agit de repenser la mobilité, à l’échelle de villes trop étendues, de favoriser le co-voiturage, le télétravail, et le sport. La marche et le vélo, alternatives aux transports collectifs, sont particulièrement adaptés aux trajets courts. Un petit effort des piétons et des cyclistes permettrait de tendre vers les 16% de kilométrages parcourus en ville, au lieu des 9% actuels.

Second tableau, l’efficacité énergétique. Ce qui revient à améliorer le rendement énergétique de nos bâtiments, de notre environnement domestique – froid, éclairage, électroménager -, de notre bureautique, et de nos transports. Il s’agit aussi de renouveler les équipements les plus gourmands en énergie. Sur le papier, un parc de logements neufs dessinés pour l’efficacité, contraints à des normes thermiques, permettrait de tomber la consommation à 29 kWh/m² en moyenne, au lieu d’une centaine actuellement. Cette efficacité suppose aussi de remplacer le chauffage électrique des bâtiments, et celui qui alimente l’eau chaude, par d’autres sources de chaleur, encore plus performantes.  En matière de transports, cette efficacité se décline par des voitures moins gourmandes. Pour transporter les marchandises, le rail et les voies fluviales s’imposent.  Et dans un scénario qui fait tout pour contenir le trafic aérien, on met un peu plus de marchandises sur les trains, et on taxe les trajets « low-costs ». L’efficacité énergétique permettrait « de réduire d’un facteur 2 à 5 nos consommations d’énergie et de matières premières », promet le scénario negaWatt. Sans révolution technique, puisque toutes les solution existent déjà.

Troisième tableau, complémentaire des deux précédents, miser sur le renouvelable pour produire de l’énergie. Inépuisables, bien réparties, sans grand dommage pour l’environnement, et largement sous-exploitées, elles collent parfaitement au scénario. Le  photovoltaïque, l’éolien, l’hydraulique, la co-génération, ou la biomasse, bouquet complété par le gaz naturel,  présentent une alternative énergétique crédible, inscrite sur le long terme, « sans épuiser notre planète.» Il faudrait encore fouiller les possibilités des énergies de la mer, ou celles de la géothermie en roches profondes. Mais, en variant les combinaisons et en développant les ressources, la production d’énergie renouvelable pourrait presque être multipliée par 5, à l’horizon 2050. Sans exploiter tout le potentiel, et sans rupture technologique. Attention, le scénario ne vaut que si la demande en électricité se stabilise. Et pour atteindre un bouquet alternatif de 80% en 2050, il faut que la demande énergétique tombe. Ce qui est possible en s’interrogeant un peu sur nos besoins de consommation réels.

Le scénario negaWatt, qui promet encore un « paysage énergétique  profondément renouvelé »,  pour l’instant à l’échelle nationale, nous débarrasse aussi doucement du nucléaire. Tout simplement, parce que nous n’en avons plus besoin pour produire de l’électricité. Exit également les centrales thermiques, fioul et charbon, et leurs émissions de gaz à effet de serre. Des emplois, moins d’argent pour s’éclairer, se chauffer, se déplacer, des postes qui pèsent lourd pour les plus démunis, le scénario esquisse aussi planète plus viable. Pour maintenant, et pour plus tard. En attendant le prochain document, prévu pour le milieu de l’année 2011, l’association rebondit sur l’accident de Fukushima : « Le scénario négaWatt n’est pas basé sur une sortie d’urgence du nucléaire faisant suite à une catastrophe ou à une décision politique soudaine : il est de la responsabilité d’un État de droit, soucieux de sa population, d’avoir dans ses cartons un plan B pour faire face à une telle hypothèse qui s’apparenterait à une situation de guerre. » (2)

M.J

(1) Scenario negaWatt 2006, Document de synthèse, version 1.0.2, 16 décembre 2005, NW 2006 V031, Association negaWatt http://www.negawatt.org/telechargement/Scenario%20nW2006%20Synthese%20v1.0.2.pdf

(2)Negawatt, 20-03-2011 http://www.negawatt.org/


Publié le 1 avril 2011 par marlene dans Actualité,energies alternatives,Nucléaire
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Mike Reynolds dessine des îles au Nouveau Mexique.

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Bonjour,

Imaginez une maison conçue comme une île plantée en plein désert du Nouveau Mexique , un habitat qui produit électricité, chauffage, et eau, avec la possibilité d’un jardin. Le « Hybrid Earthship », vaisseau terrestre amarré dans la petite ville de Taos, est l’œuvre de Mike Reynolds, précurseur malmené de bâtiments autosuffisants, assemblés avec des matériaux de récupération, et faits pour durer. Le premier « Earthship », construit au Nouveau Mexique en 1988, est toujours là.

Une architecture libérée des réseaux.

Reynolds, c’est l’homme  à la moto sur la vidéo, un pionnier de la récup, formé à l’architecture à la fin des années 60. En 1972, il réalise la « Thumb House », une maison aux murs assemblés de canettes de bière en aluminium, maintenus par des joints de mortier. Environnementaliste avant l’heure, il cultive son jardin au Nouveau Mexique, où il conçoit le « Earthship », première version d’une architecture libérée des réseaux, eau, électricité, eaux usées. Imaginé dans une logique de survie, pas besoin d’aller faire ses courses ailleurs,  le site peut nourrir une famille de quatre personnes. Pendant 25 ans, Reynolds multiplie les constructions indépendantes, créant une communauté qui refuse le rêve américain, version pavillonnaire. Mais ce « Home Sweet Home », qui séduit une clientèle de radicaux écolos, ne colle pas aux normes de construction édictées par l’architecture officielle. Engagé contre une administration qui tarde à assouplir les normes du bâtiment, Reynolds renonce à son métier en 1990. En 1997, les communautés édifiées sur le principe d’une indépendance énergétique sont fermées. Reynolds doute, déprime, puis s’exile aux Iles Nicobar, dévastées par le tsunami. Il sait construire  en milieu hostile, il aide les populations à se reloger. Dans l’Océan indien, la « Earthship », bricolée avec des matériaux de fortune, devient habitat subtropical. En 2007, auréolé par son engagement humanitaire, Reynolds récupère sa licence d’architecte. Enfin, la législation du Nouveau Mexique s’ajuste aux règles d’une architecture plus durable. Les temps ont changé, la crise climatique plaide pour un habitat éco- responsable.

« Biotecture »

La “Hybrid Earthship”, fantaisie en partie enterrée dans le désert du Mexique et ouverte au soleil, exprime cette architecture qui se combine à la biologie pour forger le concept de « biotecture », production de la Maison Reynolds. Le modèle, qui s’adapte à d’autres tropiques, obéit à quelques principes. L’électricité, le chauffage, la climatisation  sont d’origine solaire ou éolienne. L’eau est récupérée. Des cellules végétales permettent de traiter les rejets.  Les eaux sont recyclées, sauf pour la consommation,  filtrage renforcé pour les toilettes. Et, conception insulaire, production de nourriture sur le site. Côté construction, c’est du béton.  Des murs porteurs  faits de briques circulaires à armature métallique, fabriqués avec des pneus recyclés remplis de terre. Des cloisons internes plus fantaisistes, qui mêlent boites d’aluminium, bouteilles de verre , et plastiques. Cet habitat autosuffisant, conçu avec des matériaux naturels ou recyclés, est aujourd’hui complètement dans l’air du temps. Son concepteur n’est plus en dissidence depuis longtemps. En 2006, Mike Reynolds est consacré « Eco-hero » par le New York Times. En 2007, un documentaire, « Garbage Warrior , ou le « Guerrier des poubelles », éclaire la vie et l’œuvre de l’architecte. Quelques centaines d’Earthships construits au Nouveau Mexique, dont le « Phoenix », l’une des dernières conceptions, quelques échantillons disséminés en Europe, Angleterre, Ecosse, France, et quelques projets pensés pour le continent africain. Pour coller un peu plus à une époque qui a vu basculer une partie de la société américaine dans la dette immobilière, Reynolds veut des maisons abordables. Sans facture d’électricité, sans facture d’eau, et sans crédit, ou presque.

M.J

Video, version longue …

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Sources :

« GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Michael Reynolds”, “Hybrid Earthship”, Taos, New Mexico, USA, 2003,  pp 300-304

Earthship/ site: http://earthship.com/

Wikipedia / Mike Reynolds Architect http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Mike_Reynolds_%28architect%29&printable=yes

Wikipedia / Earthship http://en.wikipedia.org/wiki/Earthship

“Living Outside the Box: Michael Reynolds and Earthships”, Melissa Baldridge, Greenspot, http://greenspotglobal.com/blog/?p=62

“Book Review: Michael Reynold’s Earthship” , Sarah Ganly, The Examiner, 28-08-2010 http://www.examiner.com/green-living-in-new-york/book-review-michael-reynold-s-earthship


Publié le 26 janvier 2011 par marlene dans Architecure.,Développement durable,energies alternatives
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Dezhou, cité solaire.

Bonjour,

La Chine, qui brûle du charbon pour produire 70% de son énergie, expérimente le renouvelable. Dezhou est en train de devenir la vitrine d’une nouvelle démonstration technologique. Un échantillon vert à l’échelle d’une Chine dopée aux énergies fossiles.

Les toits de Dezhou, une ville de la province de Shandong jusque-là connue pour ses poulets braisés et ses melons d’eau, sont tapissés de panneaux solaires. Dans cette cité de 600.000 habitants, 90% des logements bénéficient de ce chauffage naturel. (1) Les vastes avenues y sont éclairées la nuit par une énergie emmagasinée le jour.  Les habitants peuvent désormais prétendre à une douche chaude, une petite révolution dans une ville habituée aux bains publics. Mais, c’est  Solar Valley qui promet un gigantesque laboratoire de technologies vertes, un projet économique et social en réalisation. Une centaine d’entreprises, dont certaines développent des technologies pour le solaire de demain, leurs sous-traitants, et un centre de recherche, ont déjà colonisé l’endroit. Des dizaines de milliers de paysans, déplacés et relogés dans des blocs de béton divisés en appartement, font également partie d’un programme qui avale leurs terres en bordure de ville.(2) Le Huang Himin Solar Energy Group, le géant mondial du chauffe – eau solaire, établi à Dezhou, en profite pour faire des affaires. Il produit et vend une technologie classique, devenue obligatoire sur les toits des nouvelles constructions, et parie sur l’effet vitrine du projet. Le groupe vient d’ouvrir un hôtel cinq étoiles, à faible émission carbone. Il projette la construction d’un complexe d’appartements de luxe, eco – friendly of course. Deux réalisations dotées chacune d’une piscine chauffée au solaire. Derrière la vitrine, c’est toute la ville de Dezhou qui travaille. En 2008, elle a produit 3 millions de m² de panneaux solaires, une activité qui emploie environ le tiers de la population active.(1) Les Autorités Gouvernementales, citées par Greenpeace, estiment que cette production a permis d’éviter de brûler 540 000 tonnes de charbon, sans oublier le gain CO² qui va avec. (1)Au total, la région de Dezhou produit environ 16% de l’énergie solaire chinoise.(3) Le pays, qui s’engage sur 15% de renouvelables d’ici 2020, a investi l’an dernier l’équivalent de 34  milliards de dollars dans les énergies alternatives. Presque deux fois plus que les Etats-Unis. (2)

En attendant, Dezhou se prépare à accueillir le congrès mondial des « villes – solaires », une initiative de l’International Solar Cities Iniative (SCI) prévue pour septembre prochain. Pour l’occasion, Dezhou devrait encore doter la vitrine d’un centre de conférence équipé d’un système photovoltaïque de 5000 m2 pour une autonomie de 95%, d’une usine de désalinisation dopée par le solaire, et d’un parc d’attractions dédié à l’exploitation du soleil.

M.J

En route pour la cité radieuse….

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(1) “On the sunny side o the street”, Zheng Mingqing, Greenpeace China,

http://www.greenpeace.org/china/en/campaigns/countdown-to-copenhagen/dezhou-solar-story

(2)“China’s experimental Solar Valley a bold step on energy, environment », Andrew Higgins

Washington Post , 06-0- 2010

http://www.boston.com/news/world/asia/articles/2010/06/06/china_takes_bold_step_on_energy_with_solar_valley/

(3) « Solar Energy Changes People’s Lives In Dezhou, China », To Be The Change, 30-03-2010

http://tobethechange.blogspot.com/2010/03/solar-energy-changes-peoples-lives-in.html

(4) ISCI International Solar Cities Iniative

http://www.isci-cities.org/index.php?option=com_content&view=article&id=48&Itemid=2

Et: « L’énergie solaire, une chance pour la Chine », Esther Leburgue, Aujourd’hui La Chine, 05-10-2007 http://www.aujourdhuilachine.com/article.asp?IdArticle=4460


Publié le 9 juin 2010 par marlene dans Chine,energies alternatives