Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Les Etats-Unis peuvent-ils nourrir la Chine ? », s’interroge Lester R. Brown.

Bonjour,

« Dans les années à venir, les Etats-Unis pourraient bien devoir expédier un ou deux bateaux cargos de céréales par jour en direction de la Chine. ». Cette phrase, un peu étrange, est tirée de « Plan B », un ouvrage signé Lester R. Brown, édition 2008. (1) Le Patron du Earth Policy Institute esquisse un portait édifiant d’une Chine superpuissante, qui a consommé trop vite sa géographie, épuisé ses terres et ses nappes phréatiques. Au risque de ne plus produire assez de céréales pour nourrir son imposante démographie. Lester R. Brown estime que la Chine de 2031, peuplée d’1,45 milliards d’individus avec un niveau de vie proche de celui des Américains des années 2000, consommera les 2/3 de la production mondiale de céréales. (2) En 2005, l’auteur note que la Chine absorbe déjà 120 millions de tonnes de céréales de plus que les Etats-Unis. Dans le même temps, la production céréalière du géant asiatique a chuté de 35 millions de tonnes, un recul de 9% entre 1998 et 2005. En mars 2011, LesterR.  Brown réactualise sa démonstration sur le site du Earth Policy Institute. Un article intitulé « Les Etats-Unis peuvent-ils nourrir la Chine ? » reprend les grands paramètres de l’équation alimentaire d’une Chine qui consommera plus de céréales qu’elle n’en produira.

« La Chine est en guerre.»

Premier handicap, la disparition des terres cultivables avalées par le désert. L’obsession des autorités chinoises à produire plus de céréales pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire, et tourner la page de la grande famine des années 1959-1961 qui a fait trente millions de victimes, a conduit à une sur- exploitation des terres et des pâturages des régions  Nord et l’Ouest.  L’abus de cet espace agricole a favorisé la formation de gros nuages de poussières qui se déplacent à la fin de l’hiver et au début du printemps. Cette manifestation du désert ne s’est plus arrêtée. Chaque printemps, les habitants des régions Est doivent se battre contre une atmosphère chargée de poussières. Beijing et les autres cités orientales sont prises dans la tourmente. Mais les plus à plaindre sont les cultivateurs et les éleveurs des vastes terres du Nord-Ouest, dont les récoltes et les revenus sont balayés par la poussière. Depuis 1950, 24.000 villages de ces régions ont été, complètement ou partiellement, abandonnés. Les dunes de sables, qui ont colonisé les terres cultivables, ont poussé les agriculteurs à émigrer vers les grandes villes de l’Est, déjà surpeuplées. Wang Tao, spécialiste des déserts cité par Lester R. Brown, évalue qu’entre 1950 et 1975, un peu plus de 1500 km² de terres ont été gagnées par le désert chaque année, au Nord et à l’Ouest du territoire. Le processus s’est accéléré. Au tournant du siècle, il estime que plus de 3600 km² de terres par an, soit plus du double, deviennent incultivables. « La Chine est en guerre », annonce Lester R. Brown. Son ennemi, le désert, progresse sur plusieurs fronts à la fois. «  Et dans cette guerre contre les déserts, la Chine est en train de perdre. », constate le chercheur.

 

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Nappe fossile.

L’eau, indispensable à l’agriculture, est aussi à l’heure des bilans sur un territoire inégalement doté. Une Chine du Sud qui concentre 80 % des ressources, et une Chine du Nord qui tend vers les 15%. Pour répondre à une demande croissante en nourriture, des millions d’agriculteurs chinois ont pratiqué l’irrigation. Les nappes phréatiques qui alimentent la grande plaine du Nord en eau commencent à baisser. Dès 2005, Lester R. Brown note que le pompage excessif a épuisé les nappes superficielles, obligeant les agriculteurs à puiser dans la nappe fossile. Celle qui ne se recharge pas. Toujours en 2005, une étude révèle que dans la province du Hebei, assise dans la grande plaine du Nord, le niveau de cette précieuse eau souterraine diminue au rythme de 3 mètres par an. Plus rapidement encore à proximité des grandes villes. Il faut creuser de plus en plus profond pour l’atteindre. Si la nappe aquifère qui dort dans le sous-sol de la grande plaine du Nord disparaît, la région perdra sa dernière réserve d’eau. Sombre perspective pour un espace agricole qui produit la moitié du blé chinois, et le tiers de son maïs. Pour Lester R. Brown, la surexploitation des nappes aquifères pour l’irrigation gonfle temporairement la production de nourriture, créant une sorte de « bulle alimentaire artificielle », qui ne résistera pas à l’épuisement des eaux. Le Earth Policy Institute estime que 130 millions de Chinois sont nourris à base de céréales arrosées par un pompage, excessif mais pas illimité.

Voitures contre fermiers.

L’extension des villes, la multiplication des usines, et l’aménagement de routes de plus en plus nombreuses qui traversent des terres cultivables, contrarient encore l’agriculture chinoise. En 2009, le nombre de véhicules vendus en Chine dépasse pour la première fois celui des Etats-Unis. En 2011, il y aura probablement 20 millions de voitures mises en circulation. Des milliers d’hectares seront transformés en routes, en autoroutes, et en parkings. Lester R.  Brown écrit : « Les voitures sont maintenant en compétition avec les fermiers pour les terres cultivées en Chine. » Autre handicap, la main d’œuvre agricole qui, emmenée par le boom industriel, a émigré vers les grands cités chinoises. Avec peu d’espoir de retour vers de petits lopins de terres qui tournent à l’abandon. Cette main d’œuvre exilée prive la terre d’une force de travail, traditionnellement occupée à produire deux récoltes annuelles, blé d’hiver et maïs d’été dans le Nord, et double culture du riz dans le Sud. Un programme « blé-maïs »  de la FAO, lancé en 1996 dans la plaine Nord du Hebei,  montre une progression des rendements, plus 10%, et une optimisation de l’eau, moins 20%. (3)  En Chine, tous ces handicaps se conjuguent pour compromettre la production de céréales. En novembre 2010, les prix alimentaires ont augmenté de 12%, par rapport à l’année précédente. Or, l’envolée des prix de la nourriture présente des risques d’instabilité politique. Après une quinzaine d’années d’autosuffisance en céréales, la Chine pourrait se tourner vers le marché international. C’est ici que Lester R. Brown resserre sa démonstration.

Ravitailler son banquier.

S’il est question de connaître la part des importations chinoises, peut-être 20% des besoins, soit 90 millions de tonnes, à peine un peu moins que ce qu’exportent les Etats-Unis sur le marché mondial, de quoi bousculer les échanges internationaux, il est aussi question d’une relation commerciale, inédite et tendue, entre les deux puissances. Pour Lester R. Brown, à peu près certain de l’intérêt chinois pour le marché des céréales américain, grenier mondial, ce sera le « cauchemar ». Cauchemar pour les Chinois qui devront dépendre du blé et du maïs américains. Et cauchemar pour les consommateurs américains, désormais en concurrence avec 1,4 milliards de Chinois assez prospères pour s’offrir une partie de la récolte américaine. Les prix, des céréales, et de toutes les denrées qui en ont besoin, viande, œuf, ou lait, risquent fort de grimper. Et si la Chine importe seulement le cinquième de sa demande, les consommateurs américains seront bien obligés de se mettre au régime. A moins d’interdire les exportations vers la Chine. Dans les années 70, les Américains ont suspendu la vente de haricots de soja  au Japon. Mais changement d’époque, si le Japon était l’obligé des Etats-Unis, c’est aujourd’hui la Chine qui tient la puissance américaine. La Chine, qui finance le déficit américain, Lester R. Brown parle de plus de 900 milliards de dollars engagés, est devenu son principal créancier. Difficile de refuser de ravitailler son banquier.

M.J

 

(1) « Le plan B » - Pour un pacte écologique mondial », Lester R. Brown, Septembre 2008, Editions Pluriel, Hachette Littérature, p 34.

(2) Lester R. Brown se base sur la consommation américaine de céréales – 900 kg par personne et par an,  pour une population de 298 millions d’habitants au milieu des années 2000, estimation incluant le secteur industriel – pour estimer que la Chine de 2031 – peuplée de 1,45 milliard d’individus au niveau de vie comparable à celui des Américains – consommera les 2/3 tiers de la production mondiale de céréales. ( « Le plan b » - Pour un pacte écologique mondial », p 28)

(3) 1. Quelles innovations techniques conduisent à une amélioration de la production alimentaire dans le cadre de l’agriculture et du développement rural durables (ADRD)? FAO, sans date.  http://www.fao.org/docrep/006/y3951f/y3951f05.htm


Publié le 14 novembre 2011 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,Chine,USA
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« Journée mondiale de la l’alimentation », jour de faim.

Bonjour,

Le 16 octobre prochain s’annonce  « Journée  mondiale de l’alimentation » . Dans son rapport 2011, intitulé « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde », la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture – interroge l’économie de la faim. La flambée des prix alimentaires, inscrite dans le sillage des crises de 2006-2008, touche surtout les pays les plus pauvres, addicts à l’importation de produits agricoles. Nombre d’Etats africains, très dépendants de riz et de céréales cultivés ailleurs, comptent parmi les plus touchés. Entre 2007 et 2008, le nombre de sous-alimentés sur le continent africain a grimpé de 8%. Mauvaise nouvelle à l’approche des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), car la nourriture pourrait rester chère, message de la FAO. Voire inabordable pour les plus démunis. Le changement de climat, ses excès, la concurrence entre l’agriculture dédiée aux agro -carburants et l’agriculture vivrière, sans oublier la spéculation sur les céréales, annoncent une crise durable. Le rapport montre comment l’envolée des prix alimentaires expose les petits producteurs et les populations pauvres des grandes cités du monde en développement. Les petits producteurs, car ils ne vendent pas suffisamment pour profiter d’une envolée des prix alimentaires. Et les pauvres,  car ils consacrent une part importante de leurs revenus à l’alimentation. Plus de 60% au Vietnam, au Malawi, au Bengladesh.  Plus de 70% au Ghana, au Pakistan, au Tadjikistan.

Protectionnisme, stocks, et politique sociale.

Scénario simplifié d’une dynamique économique  complexe de la faim – elle progresse en 2007-2008 en Afrique et stagne en Asie – , la FAO distingue trois types de pays. Ceux qui se sont tenus à l’écart du marché international. Ceux qui ont pu limiter les dégâts. Et ceux où la crise alimentaire a fait avancer la faim. Le premier groupe de pays, Chine, Inde, ou Brésil, a limité ses échanges agricoles, développé une politique sociale pour adoucir le choc, et puisé dans ses réserves alimentaires. Avec le risque que ce protectionnisme porte la spéculation mondiale, et prive de nourriture les pays importateurs. Ce premier groupe a cependant réussi à contenir les prix sur le marché intérieur, et à faire reculer le nombre de sous-alimentés. Mais, sur le modèle du Brésil,  tous les Etats n’ont pas les moyens d’accompagner les plus démunis avec une politique sociale. Autre problème, pour disposer de stocks alimentaires, il faut être assez riche pour aire des réserves. Ce qui exclut les plus pauvres. Le rapport cite l’exemple de la Chine, de l’Inde, et de l’Indonésie, qui, contrôlant leurs exportations pendant la crise alimentaire des années 2007-2008, ont maintenu le prix du riz et celui du blé. Second groupe, les Etats pauvres, mais producteurs et exportateurs de denrées alimentaires. Le Vietnam ou la Thaïlande. Malgré une valse des étiquettes sur le marché intérieur, la FAO y note un recul de la malnutrition. Mais attention, ce modèle suppose une bonne répartition des terres, condition d’une production alimentaire supérieure à la consommation. Enfin, un troisième groupe de pays a vu les prix s’envoler sur les étals des marchés locaux, privant les populations dépourvues. Au Malawi, en Afghanistan, en Ouganda, au Sénégal, au Mozambique, en Zambie, en Ethiopie ou au Kenya, il n’y a pas, ou peu, de stocks alimentaires. Il n’y a pas non plus d’argent pour assister les plus démunis. Le rapport cite l’exemple du Burkina Faso, qui, en 2008,  subventionne la vente de céréales sur le marché interne. Mais qui doit faire appel au PAM – le Programme Alimentaire Mondial – pour secourir 600.000 personnes. Toujours en 2008, le gouvernement éthiopien puise 190.000 tonnes de blé dans ses réserves pour approvisionner 800.000 urbains. Et qui, un peu plus tard, doit en importer 150.000 tonnes pour nourrir ses villes. Ici encore, le PAM est intervenu.

Un milliard de mal nourris.

La FAO, qui tire les conséquences de la crise alimentaire de 2007-2008, se demande comment mieux contrôler les prix sur les marchés intérieurs. Deux propositions. D’abord, améliorer l’information qui renseigne sur l’état des marchés, mondiaux et nationaux, afin de développer une analyse pertinente de l’évolution des échanges. Cette idée, qui suppose la transparence des données, permettrait de réagir avant que la panique des marchés joue sur les prix. Reste que l’information sur les réserves alimentaires est difficile à obtenir, problème d’accès aux sources, ou stratégie économique de certains pays. Seconde proposition, considérer l’envol des prix alimentaires comme « un état de fait », et s’y adapter. En développant des stratégies de protection sociale. Message fort de la FAO, investir dans l’agriculture pour impulser une dynamique interne qui fasse reculer la pauvreté et la faim : plus de compétitivité sur le  marché intérieur, plus de revenus pour les agriculteurs, et des produits agricoles, moins chers,  accessibles au plus pauvres. La FAO, qui révise sa méthodologie, ne chiffre pas la faim dans le monde en 2011. Elle touche probablement un milliard de personnes.

 

M.J

 

Pendant ce temps, Action contre la Faim convoque le G20

 

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Une classe virtuelle est mise en ligne par la FAO. Des documents et des leçons type permettent aux enseignants de fouiller la problématique de la faim – faim, malnutrition, insécurité alimentaire..-, afin de sensibiliser les élèves et les étudiants : http://www.feedingminds.org/fmfh/accueil/fr/

A petite échelle, la campagne TeleFood de la FAO accompagne des micro-projets dans plus d’une centaine de pays pour aider les familles et les communautés à produire de la nourriture. Ou générer des revenus pour en acheter. Petites histoires… http://www.fao.org/getinvolved/telefood/fr/

Lien Rapport : « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde », Comment la volatilité des cours internationaux porte-t-elle atteinte à l’économie et à la sécurité alimentaire des pays. FIDA, WFP, FAO. http://www.fao.org/docrep/014/i2330f/i2330f.pdf


Publié le 13 octobre 2011 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Alimentation,FAO,Objectifs du Millénaire.
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La décennie des déserts.

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Bonjour,

En Chine, réputée pour être l’un des plus beaux exemples de désertification de la planète, la région des « Trois Nord », Nord-Est, Nord, Nord-Ouest, est à 98% désertique. Ce constat englobe le désert de Gobi et les terres gagnées par les sables. Selon Lester Brown, Directeur du Worldwatch Institute, entre 1950 et 1975, chaque année, 3600 km2 de sols sont devenus infertiles. Au cours du demi-siècle passé, le sable a colonisé plus de 24.000 villages, chassant les populations. A l’échelle du pays, 30% du territoire est convoité par le désert. (1) En Inde, 68% des terres de l’Etat du Gujarat est soumis à la désertification, ou à un processus de dégradation des sols. Une situation plus alarmante que celle du Rajasthan voisin, 66% de déserts dont une grande partie du Grand Désert Indien. Au Gujarat, l’érosion  hydrique, la salinisation, la dégradation de la végétation, ou l’action du vent, ont épuisé les terres. Un cheptel de plus de 18 millions de têtes a favorisé cet appauvrissement du milieu. (2) La démographie, plus de bouches à nourrir, et l’élevage, des troupeaux plus gros, rendent la désertification très lisible dans les pâturages africains. Entre 1950 et 2007, le continent a vu sa population passer de 227 à 960 millions d’habitants. Le bétail a suivi une courbe analogue pour atteindre 824 millions de têtes au début de ce siècle. La désertification, facile à cartographier au Moyen Orient et en Asie Centrale, a franchi les frontières de l’espace en développement. Les écosystèmes de l’Europe méditerranéenne, surexploités et asséchés, sont rongés par la salinisation et soumis à des sécheresses plus fréquentes. L’olivier, dont l’huile tient la vedette d’une cuisine à la mode, très gourmand en eau et abondamment irrigué, est accusé de convertir doucement certaines régions d’Italie, de Grèce, d’Espagne, ou du Portugal, en petits déserts. En Espagne, 35% du territoire risque la désertification. (3)

Un espace vital contenu dans une vingtaine de centimètres….

Pour Luc Gnacadja, le secrétaire executif de l’UNCCD, l’organisme des Nations Unies qui combat la désertification, la productivité des terres est une question essentielle, « Le plus grand défi environnemental de notre temps ».(4) Une menace pour les écosystèmes et la sécurité alimentaire qui tient dans une vingtaine de centimètre de sol, située entre nos pieds et la début de la couche stérile. Quelques centimètres qui nous permettent de produire de la nourriture et de l’eau, de faire pousser des forêts, ou de stocker du carbone pour adoucir le réchauffement climatique. Depuis le début des années 80, à l’échelle planétaire, cette couche productive continue de disparaître au rythme de 1% par an. (4) Or le renouvellement de cet écosystème est un processus lent. Lester Brown estime qu’il faut entre 200 ans et un millénaire pour enrichir à nouveau 2,5 cm de sol. Le substrat qui a permis aux civilisations de se développer, 16 cm ou plus, s’est formé au cours d’un long processus géologique, à peine dérangé par l’activité humaine. Sa dégradation s’est accélérée avec la multiplication des communautés humaines et des troupeaux. L’érosion des sols, peut-être1 mm par an, n’est pas toujours perceptible. Ce qui l’éloigne des priorités. Mais au bout de quelques années, le sol perd quelques dizaines de millimètres qui mettront des siècles à se reconstituer. Avant d’être complètement stérile, la terre, privée d’eau, de matières organiques, et de nutriments, devient moins généreuse. Un espace agricole qui fonctionne avec la moitié de ses matières organiques donnera 25% de céréales en moins. Selon la FAO, l’équivalent de 10 millions d’hectares de terres productives, rongés par l’érosion ou saturés d’eau et de sel, disparaissent chaque année. Et 20 millions supplémentaires deviennent carrément infertiles. (1)

Des guerres et des arbres.

L’UNCCD, qui vient de lancer la Décennie des Déserts et de la Lutte contre la Désertification, place l’érosion des sols en perspective avec les projections démographiques. Comment faire pour nourrir une population mondiale augmentée de 2 milliards en 2050, addition qui pousse l’humanité vers les 9 milliards ? La  production de nourriture, qui devra augmenter de 40%, devra aussi s’accommoder d’un territoire estimé à 11% des terres de la planète, amputé d’espaces devenus stériles. Avec un déséquilibre de départ, une désertification mondiale différenciée, accentuée dans l’espace en voie de développement. La dégradation des terres, articulée à des sécheresses plus fréquentes, pourrait produire des conflits pour la terre comme au Darfour, en Somalie, multiplier les tempêtes de sable comme celles qui voyagent du désert de Gobi jusqu’aux poumons des habitants de Séoul, en Corée, ou favoriser des crises alimentaires. La sécheresse en Australie annonce une envolée des prix en 2007-2008. Celle de Russie crée les mêmes effets en 2010. Luc Gnacadja, Béninois, ex- Ministre de l’Environnement, rêve d’une aide au développement qui associerait la désertification aux autres crises, insécurité alimentaire, pauvreté, eau, énergie, et changements climatiques. Lors du discours prononcé à Londres pour annoncer la décennie de la désertification, il rappelle qu’en 2007, 80% des conflits armés se déroulent dans des régions vulnérables, ou affectées par la désertification. Il rêve aussi à « Plus d’hommes, plus d’arbres », comme au Kenya, au Niger, ou en Inde, où l’on plante des arbres pour limiter l’érosion des sols. Sans oublier la « Grande Muraille verte » qui doit ceinturer le continent africain, de Dakar à Djibouti. (5)

M.J

(1) “Soil erosion threatens to leave Earth hungry”, John Vidal, Guardian Weekly, 14-12-2010. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/dec/14/soil-erosion-environment-review-vidal

(2) 2. “68% of Gujarat land is turning into desert; it’s 66% in Rajasthan’s case!”, Jumana Shah, DNA, 27-12-2009. http://www.dnaindia.com/india/report_68pct-of-gujarat-land-is-turning-into-desert-it-s-66pct-in-rajasthan-s-case_1327930

(3) TV chefs blamed for turning Mediterranean into a desert as demand for olive oil surges, This is London, 14-12-2010http://www.thisislondon.co.uk/news/article-23544950-tv-chefs-blamed-for-turning-mediterranean-into-a-desert-as-demand-for-olive-oil-surges.do#readerComments

(4) « Desertification is greatest threat to planet, expert warns », Damian Carrington, The Guardian, 16-12-2010,http://www.guardian.co.uk/environment/2010/dec/16/desertification-climate-change

(5) “At the European launch of the United Nations Decade for Deserts and the Fight against Desertification (2010-2020), Statement of Luc Gnacadja, London, 16-12-2010http://www.unccd.int/publicinfo/docs/Europe%20Launch_of%20UN-DDD%20-%20London_16%20Dec%2010.pdf


Publié le 6 janvier 2011 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Alimentation,Désertification.
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Des cités qui jardinent.

Bonjour,

Hugo Chavez, le Président du Venezuela, cultive ses jardins urbains. Depuis 2003, il a autorisé l’aménagement de 4000 micro-parcelles dans les périphéries pauvres de Caracas, lancé une vingtaine de coopératives horticoles, et réservé quelques lots à l’agriculture biologique. Organopoco Bolvar I,  premier potager organique d’un demi-hectare, planté au cœur de la capitale, où poussent betteraves, carottes, courgettes, poivrons, et laitues, est sans doute le symbole de ce jardinage urbain, inspiré par une quête à l’autosuffisance alimentaire,  initié par l’expérience de Cuba, et soutenu par la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture -. Dans un pays où plus de 90% de la population vit et travaille en ville, avec une pauvreté voisine des 80%, Hugo Chavez parie sur l’agriculture urbaine pour varier le menu des Vénézuéliens. (1) (2)

Copenhague et Manille.

Apparus dans les paysages urbains européens au XIX° siècle,  les jardins servaient à faire pousser des légumes pour améliorer l’ordinaire des ouvriers,  soulager la misère. Au XXI° siècle, l’expansion rapide des villes dans le monde en développement, gonflées par la pauvreté des campagnes, l’exode rural consécutif, et la natalité, avec une croissance encore plus soutenue dans les bidonvilles, réactualise la fonction nourricière du jardin urbain. Plus de 2,5 milliards de personnes habitent une ville du tiers monde, dont plus d’un milliard s’entasse dans les bidonvilles, la plupart complètement démunis. Ces pauvres, qui continuent d’affluer dans des cités attrayantes mais sans espoirs, consacrent une grosse partie de leurs revenus à se nourrir, souvent mal. La FAO estime d’ailleurs que la malnutrition infantile est souvent pire en ville que dans les campagnes. (3) Dans ce contexte, la perspective d’exploiter une parcelle pour y cultiver quelques légumes, avec une poule ou deux, apparaît comme une solution, de proximité, pour adoucir l’inhospitalité des grandes villes du monde émergent.  Si à  New-York, à Montréal, à Copenhague,  ou à Paris, les potagers signalent un regain pour l’écologie urbaine, espace de production et d’éducation, à Accra, à Caracas, à Hanoi, ou à Manille, ils s’inscrivent dans une stratégie alimentaire.

Dakar, Accra, ou Libreville.

Dans le monde en développement, l’agriculture urbaine, qui produit fruits, légumes, racines, tubercules, ou plantes d’ornement, ne date pas d’hier. A Dakar, au Sénégal, dès 1903, le jardin de Hann, doté de nappes d’eaux, fournit fruits et légumes aux citadins. Quelques années plus tard, le petit élevage, importé par les premières migrations d’éleveurs, arrive en ville. Ces pratiques agricoles ont accompagné l’expansion de la métropole qui produit fruits et légumes, viande, lait, et œufs, destinées aux familles ou au commerce. Dakar compte environ 3000 entreprises horticoles familiales, la plupart situées en périphérie, avec en commun une petite surface, moins d’un hectare, sans grande garantie foncière, qui mobilise les moins qualifiés et les petites classes moyennes, ou qui fonctionne avec l’immigration en provenance des pays voisins. (4) Au Bénin, dans l’agglomération de Cotonou, l’agriculture s’est développée dans les années 70, impulsée par une ONG néerlandaise. L’urbanisation chaotique, qui a aussi avalé des terres agricoles environnantes, contraint les plus démunis à improviser des jardins sur des parcelles, oubliées par les bâtisseurs. A Accra, au Ghana, et dans sa banlieue, les « sans terre » s’emparent de bouts de terrain abandonnés, sans souci de propriété, sans le cloisonner, le lot des plus pauvres, pour y cultiver quelques légumes, consommés à la maison. La moitié des résidents d’Accra pratiqueraient une agriculture urbaine, aujourd’hui encouragée par le gouvernement qui a compris son importance. Ailleurs, en Afrique subsaharienne, 80% des familles de Libreville, au Gabon, pratiquent une agriculture urbaine. Dans les villes de Tanzanie, 60% des familles disposent d’un potager. A Lusaka, en Zambie, à Maputo, au Mozambique, à Ouagadougou, au Burina- Faso, à Yaounde, au Cameroun,  et à Kampala, en Ouganda, 35 à 45% des familles entretiennent un potager. (5) Dans beaucoup de villes, peuplées d’anciens ruraux, l’agriculture, seul savoir-faire, répond plus facilement à une économie de survie.

Urban garden in Zambia.

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Dans les villes d’Inde, du Bengladesh, du Vietnam, de Corée, de Malaisie, de Thaïlande, ou des Philippines, et dans leurs périphéries, les jardins contribuent à la sécurité alimentaire. La FAO estime que 700 millions de citadins pauvres, le quart de la population urbaine mondiale, pratiquent une petite agriculture de quartier. (6) Depuis une dizaine d’années, l’organisation accompagne nombre de projets, cultures maraîchères irriguées ou mico-potagers bricolés, dans les métropoles d’Afrique ou dans les bidonvilles d’Amérique centrale. Pendant ce temps, Hugo Chavez, qui a engagé le Vénézuela dans le « Special Program for Food Sécurity » veut encore concéder quelques hectares à ses jardins urbains. Avec un objectif , 20% de la production de légumes du pays récoltée en ville.(1)

M.J

(1) Feeding Ourselves: Organic Urban Gardens in Caracas, Venezuela, April M. Howard – Toward Freedom, Venezuelanalysis.com,10-08-2006, V http://venezuelanalysis.com/analysis/1881

(2) Caracas, Venezuela Embraces City Gardening for Improved Nutrition, Jobs Linked, Michael Levenston, City Farmer News, 2008. http://www.cityfarmer.info/2008/01/23/caracas-venezuela-embraces-city-gardening-for-improved-nutrition-jobs/

(3) Horticulture urbaine et péri-urbaine, « Le siècle des villes » FAO, 2010. http://www.fao.org/ag/agp/greenercities/fr/hup/index.html

(4) « Situation et contraintes des systèmes urbains et périurbains de production horticole et animale dans la région de Dakar »,  Ba Diao / Maty – Institut Sénégalais de Recherches Agricoles, 13-09-2005 http://www.agricultures-urbaines.com/rubriqueSiefa.php3?id_rubrique=19

(5) Obosu-Mensah, Kwaku. « Changes in official Attitudes Towards Urban Agriculture in Accra. » African Studies Quarterly 6, no. 3: [online] URL: http://web.africa.ufl.edu/asq/v6/v6i3a2.htm

(6) « Nourrir les villes », FAO http://www.fao.org/kids/fr/cities.html


Publié le 18 juin 2010 par marlene dans Alimentation,faim,FAO,Ville

FAO, femme, et « genre ».

Bonjour,

En fouillant sur le site de la FAO – l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture -, on découvre un lien intitulé «Genre et droit à la terre ». Si le « droit à la terre » s’annonce explicite, la notion de « genre » est plus intrigante.  Le « genre » est un concept sociologique qui transforme le sexe en « homme », ou en  « femme », et qui stéréotype sa fonction sociale. C’est aussi un marqueur d’inégalités. C’est justement là où veut en venir la FAO qui pointe la situation des femmes dans les sociétés rurales traditionnelles. Plus pauvres, écartées des décisions, et sans moyens pour accéder à la propriété, elles sont exclues de l’économie des campagnes. Or, ce sont elles qui font vivre les champs et les enfants. Depuis quelques années, la FAO place les femmes au cœur de sa stratégie de développement rural. Question d’équilibre des « genres », et de sécurité alimentaire pour ceux  qui mangent ce que les femmes cultivent.

Dans l’ombre….

Dans son approche de « genre » en milieu rural, la FAO schématise le rôle de chacun des acteurs. Dans la plupart des sociétés traditionnelles, «l’homme », en principe propriétaire de la terre, tire profit de son travail. Il est plus souvent impliqué dans une agriculture de type « commercial », des légumes destinés aux populations urbaines voisines par exemple. Il prépare ses champs, plante, sème, cultive, et récolte. Il est souvent responsable des troupeaux, dont il peut vendre les bêtes. Il accomplit les tâches forestières, coupe le bois, et le négocie. Dans les communautés de pêcheurs, il monnaie sa pêche aux femmes qui la revendent. Bref, il cumule les fonctions économiques essentielles, et en retire des bénéfices. Dans la même famille, la « femme » tient le foyer. Elle élève les enfants, prépare les repas, s’affaire dans la basse-cour, ramasse le petit bois pour faire la cuisine, et effectue la corvée d’eau. Mais surtout, femme, et filles, produisent une agriculture vivrière, destinée à la consommation du ménage. Elles vendent parfois quelques légumes, quelques fruits ramassés dans les bois,  de petits revenus immédiatement investis dans l’achat de nourriture, ou consacrés à l’éducation des enfants. Et quand la famille manque de « bras », les filles sont les premières à quitter l’école. Les femmes sont exclues des moyens de production qui transformeraient leur statut. Elles n’ont que rarement accès à la terre qui reste soumise aux droits coutumiers, ou à une législation exclusive. Elles n’ont pas droit au crédit, ni à la formation. Elles ne sont pas impliquées dans le business des cultures industrielles, qui prennent la place de leurs cultures vivrières, ou les repoussent vers des sols moins fertiles. La mécanisation de l’agriculture, menée de main d’homme, les éloigne encore de l’économie formelle. Les femmes, qui portent les sociétés traditionnelles, restent des travailleurs de l’ombre.(1)

En attendant….

Dans sa vision de développement agricole, la FAO mise sur  l’égalité des « genres », un partage des terres, des décisions et des bénéfices communs, une participation conjointe aux projets de développement, conditions d’une reconnaissance du rôle des femmes dans le fonctionnement des communautés agraires. S’il est question de « dignité » humaine, il est aussi question de sécurité alimentaire. Dans ces sociétés, les femmes représentent plus de la moitié des bras employés dans les champs. Sur le continent africain, elles constituent  70% de la force de travail, produisent sans doute près de 90% des denrées alimentaires, mais ne possèdent que 2% des terres. (2) La FAO cite une étude qui estime que la productivité agricole de l’Afrique sub-saharienne serait de 20% supérieure si les femmes avaient accès à la terre, aux graines, et aux engrais. (1) En attendant que les femmes, mieux éduquées, libérées des préjugés ancestraux qui leur interdisent de décider, et de posséder, la FAO propose une base de données qui renseigne sur le contexte foncier et la condition féminine dans 78 pays.  Cet outil est destiné aux décideurs qui travaillent à adoucir la condition des femmes dans les sociétés rurales, et a en faire des « actives » déclarées. Une belle intention qui ferait presque oublier que les sociétés se réforment de l’intérieur, et que les inégalités de « genre » ont le sommeil profond.

M.J

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(1) « Gender », FAO, http://www.fao.org/gender/gender-home/gender-why/why-gender/en/

(2) « Le femmes en Afrique », OCDE http://www.oecd.org/document/30/0,3343,fr_2649_33935_39362462_1_1_1_1,00.html


Publié le 25 février 2010 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,Développement durable,Non classé
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Menus traditionnels et sodas.

Bonjour,

Que mangent les « communautés indigènes » isolées sur les glaces du Grand Nord canadien, dans un confin d’Amazonie, ou sur une île du Pacifique? La FAO et la CINE – un centre de recherches sur la nutrition et l’environnement des « indigènes » – ont enquêté en Amérique, en Afrique, en Asie, et en Océanie. Ce voyage diététique et ethnologique révèle des systèmes alimentaires traditionnels, fragilisés par l’érosion de l’environnement, par une nourriture étrangère. Une étude qui bouscule une valeur sûre, le menu « pizza-coca ».

Des corps sains, des communautés épanouies.

Les aliments traditionnels sont ceux qui ne s’achètent pas au supermarché. C’est en partant de ce postulat que les enquêteurs ont étudié douze communautés, en quête de ces systèmes alimentaires ancestraux. Ainu du Japon, Awajun du Pérou, Baffin et Inuit du Canada, Igbo du Nigeria, Massai du Kenya, ou Pohnpei de Micronésie ont révélé une parfaite connaissance des écosystèmes environnants, et de leurs ressources. Au fil des siècles, ces systèmes alimentaires, associés à une vie sociale et économique simple, ont sculpté des corps sains, et des communautés épanouies. Ils renseignent aussi sur la cosmogonie des communautés étudiées. Exemple en Colombie amazonienne où les Ingano associent shamanisme, santé, régime alimentaire, plantes, et nature. Mais avant tout, l’étude définit la notion de « peuple indigène » comme « ceux qui détiennent la connaissance de la terre et de ses ressources en nourriture, héritage d’une continuité historique sur un territoire. »

Des menus de choix.

L’enquête révèle des régimes alimentaires traditionnels riches et variés. Des racines aux insectes, en passant par les plantes, celles qui nourrissent et celles qui soignent, sans oublier les céréales, le poisson, ou la viande, tout est bon à consommer. Chez les Massaï du Kenya, pourtant désavantagés par un environnement aride, on dénombre déjà 35 sortes de nourritures. Chez les Ingano de Colombie, une grande diversité biologique propose 160 aliments au menu. Chez les Igbo d’Afrique de l’Ouest, environnement tropical, et les Awajun du Pérou, région forestière avec lacs et rivières, on dénombre plus de 220 sortes de nourritures. Chez les Pohnpei de Micronésie, et chez les Karen de Sanephong de Thaïlande, c’est carrément l’abondance, plus 380 espèces consommables. Les Karen disposent de 387 variétés d’aliments, dont 17% de viande, et le reste en espèces végétales. Boeuf, buffle, chèvre, ou canard, élevés à la maison sont au menus, servis avec du riz, des légumes, des racines et des fruits, culture ou plante sauvage. Pour les œufs et la viande de porc, c’est à l’épicerie du coin. Les Karen apparaissent encore comme une communauté privilégiée puisque 85% de l’apport énergétique des adultes provient du système alimentaire traditionnel. Privilège partagé avec les Awajun, dont les adultes consomment presque exclusivement des ressources locales. Ailleurs, l’enquête révèle pas mal d’entorses aux régimes ancestraux.

Sodas et mondialisation.

La pauvreté, l’arrivée de denrées importées, ou l’érosion des écosystèmes, bouleverse les menus traditionnels. Chez les Massaï du Kenya, les Pohnpei de Micronésie, les Ingano de Colombie, les Bhil et les Dalit, deux communautés indiennes, la farine de maïs industrielle et le riz blanc raffiné s’invitent désormais à table. Changement de régime encore chez les Nuxalk, une communauté de Colombie britannique qui vit sur l’embouchure de la Bella Coola River, en Colombie britannique. Cette communauté, qui a longtemps tiré avantage des ressources naturelles, poissons, viandes, baies, herbes sauvages, racines, noix, bulbes, commence à changer de régime dans les années 60. Aujourd’hui, les aliments traditionnels ne représentent que 30% de l’apport énergétique des adultes. En cause, la dégradation des écosystèmes, moins de bancs de saumon et de fruits de mers. Le rythme de vie, qui a raccourci le temps de la chasse et de la pêche, les a encore privé d’un peu d’exercice. Les nourritures importées, hypercaloriques et bourrées de mauvais gras, alcool en prime, ont contribué à leur ruiner la santé, obésité, diabète, alcoolisme, et à leur gâter les dents. Scénario analogue chez les Inuits du Canada, où les produits locaux représentent moins de la moitié de l’apport énergétique des adultes. La nourriture conditionnée et les sodas, arrivés avec la mondialisation, fabriquent désormais des corps moins sains que la viande de caribou ou de phoque. Les victimes du supermarché n’en pas forcément les moyens de s’offrir des aliments de bonne qualité. Selon cette étude, le changement de climat et la dégradation de l’environnement risquent encore de réduire le régime traditionnel. En attendant, la FAO estime que les ¾ de la diversité agricole aurait disparu de la planète au cours du siècle précédent.

Cette étude est éditée en anglais sous le titre « Indigenous People’s Food Systems ».Chacun des chapitres est accessible en format PDF http://www.fao.org/docrep/012/i0370e/i0370e00.htm -


Publié le 26 septembre 2009 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,Biodiversité
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Chicken A La Carte…

Bonjour,

Globalisation, faim et pauvreté, le regard d’un Philippin. Chicken A La Carte (2005) est un petit film signé Ferdinand Dimadura….

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Publié le 8 juin 2009 par marlene dans Alimentation,crise alimentaire
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Le goût du riz japonais.

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les habitants des quartiers pauvres des grandes métropoles des pays en développement, les prix agricoles resteront élevés pendant les dix prochaines années. La nourriture, appelée à devenir plus accessible qu’en ce moment, pèsera encore sur budgets des ménages les plus pauvres. L’alimentation restera plus chère qu’au cours de la décennie précédente, avec des variations importantes. Ce scénario est décrit dans les « Perspectives agricoles », publication conjointe de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique ) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture.) Pendant que la FAO, réunie en ce moment à Rome, tente de définir une stratégie pour sortir de la crise alimentaire, le Japon propose ses stocks de riz aux Philippines, et à l’Afrique. Producteur excédentaire, et importateur de riz malgré lui, le Japon a des réserves à écouler.

Le Japon, neuvième producteur mondial de riz, près de 9 millions de tonnes en 2007, est obligé d’en d’importer des Etats- Unis, de Thaïlande, ou du Vietnam, pour coller à la réglementation de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Chaque année, 770.000 tonnes de riz sont débarquées sur l’archipel. (1) (2) Ces riz importés, peu adaptés au goût japonais, et délaissés au profit de la production locale, sont stockés. Ces réserves s’ajoutent à la surproduction locale. Et dans un pays, traditionnellement associé à la riziculture et au riz, on en consomme moins qu’avant. Changement de régime pour des Japonais qui mangent plus de pâtes, de pain, et de plats occidentaux, mais qui avalent quand même, en moyenne, plus d’un kilo de riz par personne, et par semaine. Pendant que de nombreux pays producteurs de riz stockent leurs réserves, notamment pour ne pas en manquer chez eux, le Japon a décidé d’exporter. Le pays a l’intention de vendre 200.000 tonnes de riz aux Philippines, et 20.000 tonnes à cinq pays africains.

On pense que la culture du riz au Japon remonte à 2500 ans. C’est le « pays du riz abondant », satisfaction japonaise. Le riz est la principale culture des campagnes de l’archipel, les rizières occupent près de 40% des terres cultivées.(3) Les parcelles sont petites, moins d’un hectare en moyenne, avec une production très mécanisée. Le riz, semé dans la quasi-totalité des 2,3 millions d’exploitations du pays, reste une activité secondaire pour la majorité des agriculteurs, taille des parcelles explique. A l’échelle du pays, la riziculture pèse d’ailleurs moins dans l’économie que par le passé. Le riz japonais, subventionné et protégé par des droits de douane qui contrarient son commerce, est un riz cher. Sur le marché international, et au Japon. Le gouvernement protège ses riziculteurs, qui sont aussi des électeurs. Si tout le pays cultive des variétés améliorées du riz Japonica, c’est le Koshihikari qui a la cote, dans les rizières, et dans les bols. Au Japon, le goût du riz est un critère d’importance.(1)(2)

Il y a quelques mois, le gouvernement japonais s’est inquiété du réchauffement climatique, et de ses conséquences sur la production de riz. Durant la dernière décennie, la température moyenne de l’archipel s’est élevée de 0,2°C à 1°C, par rapport aux trois décennies antérieures. Les scientifiques, qui cherchent pour le compte du gouvernement, craignent qu’un réchauffement plus important affecte la production, et la qualité d’un riz. La céréale, très sensible aux variations de température à chaque stade de sa croissance, devient très vulnérable en fin de cycle. Un climat plus chaud pourrait faire échouer la pollinisation du riz, ou modifier l’apparence des grains. Mais difficile de prédire le comportement du riz sous des températures plus élevées, quand la force du vent, sa direction, ou l’altitude des cultures, influencent aussi son développement. Reste un point qui préoccupe les japonais, le goût du riz. « Ce serait une honte si le riz japonais, de haute qualité, perdait son goût à cause du réchauffement climatique. », a commenté un habitant de Tokyo.

M.J

(1) « En pleine crise alimentaire mondiale, le Japon ne sait que faire de son riz », Roland de Courson, 23-05-22008 AFP- (2) AIR, Le riz dans le monde, le Japon, FAO, 2004. (3) http://genma.free.fr/ninoto/article.php3?id_article=203


Publié le 3 juin 2008 par marlene dans Actualité,Alimentation,Japon
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L’Afrique chemine vers une révolution verte.

Bonjour,

«A green revolution taking place in the fields of Malawi has, in three years, turned a nation that was once reliant on international aid to feed half its population into a food exporter.» (1) En ligne, l’article de The Independant, daté du 5 mai dernier, qui reprend les grandes lignes d’une petite révolution agricole dans ce pays d’Afrique australe, habitué aux crises alimentaires consécutives aux sécheresses.

Une petite révolution agricole au Malawi.

En 2002, le Monde écrit « Le Malawi fait face à sa plus grave crise alimentaire depuis quarante ans. » En 2005, le Malawi est à nouveau en proie à une terrible sécheresse. On meurt de faim dans les villages du Malawi. On s’y tue en s’arrachant le reste des dernières récoltes. Et on survit en mangeant des tubercules de nénuphars blancs. La FAO estime alors que 5 millions de personnes, sur une population totale de 12 millions, nécessitent une aide alimentaire. Contre l’avis de ses principaux donateurs, Grande Bretagne, Etats-Unis, et Banque mondiale, le gouvernement développe une politique agricole, basée sur la subvention des fertilisants, et des maïs hybrides. La pâte de maïs, qui sert à cuisiner le Nzima, est à la base de l’alimentation de la population. Dans les faits, les paysans échangent des coupons émis par le gouvernement contre des fournitures agricoles, et du matériel, chez des agro-commerçants certifiés. Pari réussi. D’une production de 1,2 millions de tonnes de maïs en 2005, quand la population en a besoin de 2,2 pour se nourrir, le Malawi récolte 3,2 millions de tonnes de maïs en 2007. Sur certaines parcelles d’un acre – environ 40% d’un hectare – qui produisaient 250 kilos de maïs en 2005, on en obtient 750 kg trois ans plus tard. (2)L’excédent de production à la récolte 2007 a permis de vendre du maïs, et de faire des dons alimentaires aux pays voisins, Lesotho et Swaziland.

Cette petite révolution verte a produit des critiques. On a parlé de corruption, et d’avantages donnés aux agriculteurs proches du pouvoir. Ce financement, dont ont bénéficié certains riches agriculteurs, qui avaient les moyens de s’offrir semences et fertilisants, n’aurait-il pas été mieux investi dans la recherche agricole ? (2) Il est probable que cette politique agricole ait été servie par les dernières saisons des pluies, plus généreuses et plus profitables aux récoltes. L’Alliance for a Green Révolution in Africa (AGRA), créée par Bill Gates et la Rockefeller Foundation, souligne le succès d’un système qui articule « secteur public » – l’Etat -, et secteur privé – un réseau d’agro-commerçants – qui joue les intermédiaires, et en tire quelques bénéfices.

Peu importe les dysfonctionnements de cette révolution agricole, le Malawi a su convaincre des donateurs, Grande Bretagne en tête. Le prix des fertilisants, dopé par les cours du pétrole, justifie encore cette intervention. Aujourd’hui, le Malawi incite ses voisins à suivre son exemple.(2) Début mai, le Mozambique annonce la mise en place d’une révolution verte, pour en finir avec la crise alimentaire du pays.

Une révolution chère à Koffi Annan.

L’idée d’une révolution verte en Afrique, sur le modèle asiatique, est une idée chère à Koffi Annan, président de l’AGRA. L’ex-secrétaire général de l’ONU multiplie les interventions pour réhabiliter l’agriculture africaine. Il parie sur l’aide aux paysans africains pour améliorer leur productivité agricole. Partant du constat que près des ¾ des terres africaines sont cultivées sans engrais, ni semences améliorées, il défend l’idée d’une diversification des cultures sur des sols enrichis, grâce à des semences plus performantes. Mais, il semble exclure les OGM. En 2007, lors du Forum économique mondial (WEF) qui se tient à Kinshasa, il affirme : « Il est clair que nous ne pouvions extirper nos peuples et nos pays de la pauvreté, sans une base agricole forte ».(3) Pendant une quinzaine d’années, les gouvernements africains ne se sont guère préoccupés de l’agriculture du continent. L’AGRA, créée en 2006 pour orchestrer cette révolution verte, a reçu une enveloppe de départ de 150 millions de dollars, don des fondations Gates, et Rockefeller.

Afrique et Asie.

Dans les années 70 et 80, l’Asie déploie une stratégie agricole à grande échelle, qui conjugue amélioration des semences et des techniques, irrigation plus performante, et engrais. Si cette révolution verte n’a pas tenu toutes ses promesses, elle a notamment permis d’augmenter les rendements agricoles, et de multiplier les ressources alimentaires. Le modèle, qui s’est essoufflé dans les années 80 pour rebondir dans les années 2000, continue de faire école. Dans un article paru dans Le Monde en 2005, Gilbert Etienne (4), économiste qui a parcouru les campagnes asiatiques, esquisse une comparaison entre l’Afrique et l’Asie, séparées par l’histoire et la géographie, et les rendements agricoles. L’Asie est favorisée par une tradition d’agriculture intensive, servie par l’usage de la charrue et une irrigation qui compensait les sécheresses, et régulait l’apport des moussons. « Le décor n’est pas le même au Sud du Sahara. Les plaines alluviales tiennent une place beaucoup plus faibles qu’en Asie. Les plateaux dominent avec des sols d’inégale valeur. » Le Sahel, offert aux sécheresses, est peu propice à l’irrigation, réservée aux zones fluviales. « Plus au Sud, les pluies se renforcent, mais elles ne sont pas toujours sûres, d’où de gros écarts de rendements. », poursuit Gilbert Etienne. Conclusion sans appel pour les rendements. L’Afrique, longtemps à la traîne sur les méthodes, charrue et irrigation, pratiquant les cultures sur brûlis avec de longues périodes de jachères, n’a pas comblé son retard. La pression démographique a raccourci les jachères, favorisant l’appauvrissement des sols. L’auteur, qui reste optimiste sur le devenir agricole de l’Afrique, invite à une coopération concertée, et de haut niveau. Il en appelle à « l’engagement décisif des élites dirigeantes »….

Quand Wade s’énerve.

« Ne nous donnez pas de l’argent, mais des semences de qualité, des équipements et matériels agricoles performants, de l’engrais, des produits phytosanitaires et un encadrement technique adapté » (5) Mi-avril dernier, Abdoulaye Wade lance un appel à ses partenaires internationaux.. Wade, Président d’un Sénégal gros importateur de denrées alimentaires, et de riz – 600.000 tonnes achetées à l’extérieur, contre 100.000 tonnes produites -, ambitionne de conduire son pays à l’autosuffisance alimentaire. Sa «grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance » vise à multiplier par cinq la production de riz au Sénégal, d’ici la prochaine saison. Début mai, Wade s’en est violemment pris à l’Organisation des Nations Unies pour la nourriture et l’alimentation. La FAO, « coûteuse » et « inefficace », ferait mieux de miser sur « un investissement innovant dans l’agriculture en Afrique. » Peu importe la colère de Wade contre une organisation qui a sans doute des défauts, mais dont les dysfonctionnements ne peuvent complètement expliquer la situation alimentaire du Sénégal, l’un des pays africain les plus aidés. Reste une volonté de devenir « acteur » de son agriculture.

L’agriculture familiale, acteur alimentaire.

Dans les pages de Libération, Sylvie Brunel, ancienne présidente d’Action contre la faim, analyse les causes des récentes émeutes, dues à la hausse des prix alimentaires. Cette flambée des prix signale les dérèglements du marché agricole mondial, portée par le repli de certains grands pays exportateurs, et laissé à la spéculation. Sylvie Brunel dénonce encore le diktat des importations de nourriture, pour les pays du Sud. Et surtout, elle souligne l’importance de la « petite agriculture familiale paysanne », acteur potentiel du marché alimentaire mondial: « La situation actuelle offre surtout une nouvelle opportunité aux paysanneries du monde entier, longtemps oubliées, méprisées, dans les politiques de développement : celle de vivre décemment, elles qui, faute de débouchés et de revenus, formaient jusque- là les principaux bataillons de la faim. La crise alimentaire actuelle montre qu’il n’est pas «durable» de négliger la petite agriculture familiale paysanne : lui permettre de vivre convenablement de son travail est la seule condition pour résoudre le dilemme alimentaire, tout en permettant de faire baisser les prix de la nourriture sur les marchés internes. »

M.J

(1)« Une révolution verte dans les champs du Malawi a, en trois années, fait de cette Nation qui était dépendante de l’aide internationale pour nourrir la moitié de sa population, un exportateur de produits alimentaires. » (2) The Independant, Steve Bloomfield, 5 may 2008. (3) « Koffi Annan prône « une révolution verte en Afrique », Godefroid Ngamisata, Le Potentiel, Kinshasa, 15 juin 2007.(4) Professeur honoraire aux Instituts universitaires de hautes études internationales et d’études du développement à Genève.(5) « Sénégal : Abdoulaye Wade lance un plan pour l’autosuffisance alimentaire », Pascal Fletcher, Henri-Pierre André, Dakar, Reuters, 19 avril 2008


Publié le 22 mai 2008 par marlene dans Afrique,Agriculture.,Alimentation
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Et si on refaisait le menu….

Bonjour,

« Et si on refaisait le monde » proposaient Didier Ades et Dominique Dombert, dans la Rue des Entrepreneurs du 26 avril dernier. Une invitation à inventer un monde nouveau, à faire plus avec moins, et à penser local. Un prétexte pour évoquer l’expérience de deux journalistes canadiens de Vancouver, James MacKinnon et Alisa Smith, les pionniers du « 100-Mile Diet », un régime qui mise sur les vertus d’une alimentation de proximité.

Faute de sucre…

Pendant un an, James MacKinnon et Alisa Smith ont renoncé au café de Colombie, au vin d’Australie et au fromage français, aux bananes du Costa Rica, et à toutes ces marchandises qui voyagent beaucoup avant d’atterrir dans notre assiette, pétrole et Co² en accompagnement. Ils se sont engagés à se nourrir de produits cultivés et emballés dans un rayon de 100 miles, c’est à dire à moins de 160 kilomètres de leur domicile. Changement d’échelle de consommation, chaque aliment absorbé en Amérique du Nord a parcouru 1500 miles, environ 2400 kilomètres. Quand James MacKinnon et Alisa Smith parient sur le « consommer local », il s’agit bien sûr de réduire la facture énergétique, et la production de CO² à l’origine de la crise climatique. Mais il s’agit aussi de stimuler une industrie alimentaire régionale et authentique, celle qui refuse le jeu de l’économie globale. Et pour composer leurs menus, James MacKinnon et Alisa Smith se sont inspirés d’un livre édité lors de la Seconde Guerre Mondiale, temps de pénuries et d’agriculture de proximité. Cette expérience, qui date de 2005, été rapportée dans « The Tyee », un magazine canadien en ligne. On y retrouve d’ailleurs James et Alisa en train de cueillir des fraises, qui ne pourront pas finir en confiture, faute de sucre. Le sucre, une horreur en terme de production, ou d’exploitation de la main d’œuvre, sans parler des milliers de kilomètres parcourus. Les deux journalistes, un peu paniqués à l’idée d’être dépendants des saisons, l’hiver est moins généreux, ont cependant redécouvert des saveurs locales oubliées. Et l’immense satisfaction personnelle d’un retour à la mère nourricière…

« Locavore », un mot à traduire…

L’expérience de James MacKinnon et Alisa Smith, a fait l’objet d’un bouquin, et a produit quelques adeptes aux Etats-Unis. Il y a environ deux ans, l’Etat de New York a lancé le «100-Mile Diet Challenge » , un pacte qui engage producteurs et consommateurs à penser local. Mêmes motivations, manger plus sain, économiser du carburant, et favoriser l’agriculture locale. Mais à terme, il s’agit aussi de développer une vraie industrie locale, en y associant producteurs et commerçants. Sur le site du « 100-Mile Diet Challenge » , on évoque la perspective d’une pénurie alimentaire provoquée par un pétrole cher, et de plus en plus rare. Direction San Francisco, où les « Locavores » résistent aux aberrations écologiques du marché alimentaire. Les « Locavores », principaux héritiers de James MacKinnon et d’Alisa Smith, prônent l’alimentation locale, saisonnière, et la conserve pour passer l’hiver. Leur philosophie rappelle celle du « Slow-food » ce mouvement fondé par l’Italien Carlo Petrini qui défend les saveurs d’une cuisine locale. Depuis Sans Francisco, les « Locavores »ont essaimé, on en trouve aussi en Alabama. Dommage que le « locavore » se décline surtout en Anglo-saxon et en Anglais, même quand il évoque la richesse des terroirs français….

Je vous invite, en quelques clics, à ré-écouter l’émission de France-Inter. On y dénonce le totalitarisme du développement, on y annonce la fin de la parenthèse de la première révolution industrielle, mais on y multiplie les propositions pour recomposer un monde plus humain…

M.J


Publié le 2 mai 2008 par marlene dans Alimentation,Développement durable
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