Environnement
Un blog sur la géo-environnement

“Focus”, paradis artificiel pour les poissons.

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Bonjour,

Ross Power, artiste environnementaliste, projette d’exposer au fond des océans. « Focus », une gigantesque sculpture, sera immergée près de Miami Beach, en Floride. Cette démarche, qui vise à créer des habitats pour les poissons à partir d’oeuvres métalliques, annonce six projets similaires. Après la Floride, Ross noyera ses créations aux Bahamas, au Baléares, en Grèce, en Thaïlande, à Hawaï, et en Californie. L’artiste conçoit la structure, l’océan l’habille, et la conserve.

Ross Power sculpte depuis les années 70. Avant d’exposer dans le fond des océans, il imagine un certain nombre d’œuvres, destinées aux jardins. En 1985, il commence à s’intéresser aux fonds marins, et crée le Key Largo Undersea Art Gallery.
« Future Wave » et « No turning back », deux sculptures, sont immergées dans ce musée des profondeurs pendant une année, le temps que la mer les patine. Les sculptures émergent, transformées. Ross décide alors d’associer l’univers aquatique à son processus de création. Il abandonne ses conceptions à l’océan pour qu’il les transforment en petits écosystèmes.

Ross conçoit « Focus », un projet de récifs artificiels, immergés dans sept points du globe. Cette sculpture métallique à quatre pieds, mesure 2,4 mètres de hauteur, pour 4,2 mètres de diamètre. Solidement ancrée à plus de 12 mètres de profondeur, elle est conçue pour permettre la circulation de l’eau, et capter les changements de lumière. Le support en fer, non toxique, est soumis à un processus de calcification auquel participent les coquillages, les coraux, ou les éponges. La sculpture, travaillée par la mer, est appelée à devenir un habitat pour les poissons. « Focus », démarche environnementale, doit stimuler notre conscience écologique: « En nous intéressant à l’océan, nous utilisons une métaphore pour mieux comprendre la vie. Nous pouvons seulement prendre conscience de son vaste potentiel en reconnaissant, d’abord, sa nature fragile. »* C’est l’artiste qui le dit.

Ross explique sa démarche…

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Et pour en savoir un peu plus sur les récifs artificiels, un compte-rendu d’IFREMER...

* « As we focus on the ocean we create a metaphor for better understanding life itself. We can only realize its vast potential by first recognizing its fragile nature.”


Publié le 30 juin 2008 par marlene dans Art, Ecosystèmes.
Tags :: Focus, IFREMER., Miami Floride, récifs artificiels, Ross Power

“Women are heroes”.

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Bonjour,

« Woman are heroes », un super travail de photo, une vidéo, et une belle leçon de vie, signée JR, photographe de rue, et visagiste grand format. Pour saisir ces portraits de femmes meurtries par les conflits et malmenées par l’existence, JR est parti en Sierra Leone, au Liberia, au Soudan, et au Kenya, terres de conflits. Le résultat, des photos animées de grimaces. En Afrique, il n’y a pas de place pour le malheur. JR est un artiste optimiste.

JR, 25 ans, se qualifie «d’artiviste », à la fois artiste et activiste. Avec son objectif 28 millimètres, il capture les visages sans complaisance, au plus près des expressions. Une grimace, et c’est mieux. Ses portraits, noir et blanc, sont bruts. Ils deviennent des posters qui s’exposent dans les rues, improvisées musées à ciel ouvert. Affichage illégal. Le monde est son atelier, Paris et sa banlieue, USA, Israël, Palestine, Brésil, Afrique, Birmanie, Rome, ou Auschwitz, en Pologne. Un peu plus sur l’artiste et son travail….

« Woman are heroes » est la troisième partie d’un projet « 28 millimètres ». Dans un premier volet, « Portrait d’une génération », JR a photographié des jeunes de la Cité des Bosquets, à Montfermeil, et ceux du quartier de la Forestière, à Clichy Sous Bois. Ces portraits, devenus posters, ont été placardés sur des murs de l’Est parisien, anciens quartiers populaires. Pour le second volet de ce triptyque, « Face 2 Face », JR est parti pour le Moyen Orient, avec son compagnon Marco, pour tenter de comprendre les difficultés des Israéliens et des Palestiniens à vivre  ensemble. Ils sont allés dans des villes situées de chaque côté du mur qui sépare les deux Etats. Ils ont collecté des portraits grimaçants d’Israéliens et de Palestiniens, exerçant la même profession. Ces photos, version grand format, ont été collées face à face, de chaque côté de la frontière, pour suggérer une proximité humaine entre ces gens qui se font la guerre, et qui se ressemblent.

« Woman are heroes », projet soutenu par MSF, restitue le présent de ces femmes africaines, aux expériences douloureuses. Ces portraits, déjà exposés en Sierra Leone et au Libéria, affichés à Bruxelles depuis le 8 mars, sont déjà prêts à partir pour une autre ville. Attention au dossier de presse, les témoignages sont parfois violents. Une violence retouchée par un photographe qui préfère restituer la vie.

M.J

The vidéo..

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Publié le 7 avril 2008 par marlene dans Art
Tags :: Afrique, JR, photographe de rue, Women are heroes

Merci Goldsworthy!

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Bonjour,

Sous ma couette, en train de lutter contre un vilain virus, je culpabilise de ne pas assurer mes petits rendez-vous sur le “Web”. Pas une idée, pas en état, je sèche, ou plutôt je transpire. “A moins que…”, mon portable installé à côté de moi me souffle le nom de mon sauveur, Andy Goldsworthy, le “bon génie de l’environnement”. Ce n’est pas la première fois qu’il me tire d’affaire, Goldsworthy pas l’ordinateur, et c’est toujours un vrai plaisir.

Rien de très nouveau, visiblement Goldsworthy n’est pas au courant de mes petits ennuis, mais j’ai trouvé un petit montage qui saisit quelques créations contrastées. Cette vidéo compose avec des extraits du documentaire de Thomas Redelsheimer, “Rivers and Tide”. Une mine pour ce blog !

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A plus…

M.J


Publié le 21 février 2008 par marlene dans Art

Manufactured landscapes.

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©http://www.edwardburtynsky.com/

Bonjour,

“Manufactured landscapes” est un voyage terrifiant qui commence par un très long travelling dans une immense unité de production. La caméra y détaille des chaines de montage interminables, auxquelles est arrimée une armée de playmobils habillés en jaune, chacun absorbé par sa tâche d’esclave de la croissance chinoise. Cette monotonie oppressante est interrompue par la voix off d’Edward Burtynsky, photographe canadien qui porte ce documentaire, signé Jennifer Baichwal.

Edward Burtynsky, c’est le photographe des paysages défigurés, excavés, ou gavés de détritus. Il capture et esthétise les désordres environnementaux, pour souvent les faire basculer dans l’abstrait. Son travail restitue, en très grand format, ces espaces dénaturés par l’homme et ses activités, mines de nickel ou d’uranium, fleuves saturés de boues douteuses, usines gigantesques et froides, dépotoirs sans fin et sans fond, pétroliers en démolition, ou urbanisation rapace. Burtynsky, qui photographie les souillures de la planète, est un artiste engagé. Il aime la nature, regrette son exploitation anarchique et destructrice.

©http://www.edwardburtynsky.com/

Le documentaire s’attarde dans cette Chine asphyxiée par la croissance et ses rejets, saccagée et expulsée par le projet pharaonique du Barrage des Trois Gorges, et nous emmène au Bengladesh, où des carcasses de pétroliers attendent d’être désossées. Burtynsky au travail est sans doute le fil d’un documentaire qui hésite entre dégradation environnementale, portrait d’artiste, et condition humaine. “Manufactured Landscapes” évoque aussi ces milliers de destins embarqués, malgré eux, dans cette machine à défigurer le monde, ou occupés à faire disparaître les rebuts d’une civilisation du “jetable”.

Quelques images du film…

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M.J.


Publié le 17 janvier 2008 par marlene dans Art
Tags :: artiste engagé, Edward Burtynsky, Paysages manufacturés, photographie, planète souillée

Goldsworthy, conversations avec la nature. (2)

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Bonjour,

Goldsworthy, part two. Deux vidéos, extraits du documentaire de Thomas Ridelsheimer, “L’oeuvre du temps”, diffusé sur Arte, en 2005. Goldsworthy parle de son travail, et de sa “muse”, la nature.

Etudiant aux Beaux Arts de Lancaster, Goldsworthy s’échappe de cet univers confiné, et sécurisant. Il se retrouve dans la nature, un environnement ouvert qui libère son énergie. L’espace lui donne un sentiment d’insécurité, nécessaire à sa création.” Un contrôle total peut tuer le travail artistique”…

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“Je ne crois pas que la nature ait besoin de moi, mais moi j’ai besoin d’elle.” Et quand Goldsworthy s’éloigne de la nature, désoeuvré, il se sent déraciné. C’est ce contact avec l’environnement qui l’enracine. Il a besoin de travailler. Il a besoin de solitude. “Mais pour être honnête, les gens me fatiguent”…

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Et joyeux Noël!

M.J


Publié le 25 décembre 2007 par marlene dans Art
Tags :: énergie, espace, Goldsworthy, land art, solitude.

Goldsworthy, conversations avec la nature (1).

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Bonjour,

Jean Louis Borloo et la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement? Les objectifs contraignants de réduction des émissions de CO² annoncés par Bruxelles ? Ou Andy Goldsworthy, une belle façon de retarder une actualité environnementale un peu grise. Goldsworthy, c’est ce sculpteur anglais qui vit et travaille en Ecosse, et qui court le monde pour y laisser des traces, souvent éphémères. Ses sculptures sont en harmonie avec l’environnement. Ses matériaux, empruntés à la nature, évoquent le provisoire des éléments naturels. La plupart de ses oeuvres sont temporaires. Goldsworthy est l’un des maîtres du Land art. Il est aussi l’un des plus filmés. En 2003, Arte lui consacre une émission. Je vous propose deux vidéos, d’une série qui en compte quatre, la suite pour plus tard.

Premier document, Goldsworthy y confesse son besoin de la terre. Il veut comprendre l’énergie qui l’anime, qui coule à travers le paysage. Cette énergie qui est là, et qui disparaît. Puis vient le renouveau de la vie, le temps, les changements, et toujours cette énergie qui habite la nature. Dans le monde de Goldsworthy, la mer, les cours d’eau, les marées, parlent encore du temps qui s’écoule.

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Seconde vidéo, Goldsworthy au travail. Ou l’humilité de l’artiste face à des éléments naturels, parfois rebelles. Goldsworthy qui sculpte une oeuvre qui, une fois achevée, ne dira rien des efforts de l’artiste. En attendant, l’important est de ne pas attraper froid, de ne pas avoir les doigts gelés, pour garder l’habileté du geste, et le contact avec l’élément naturel. Et quand l’installation s’effondre, Goldsworthy prend froid. Une oeuvre réussie lui tient chaud.

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M.J


Publié le 23 décembre 2007 par marlene dans Art
Tags :: énergie, Goldsworthy, humilité., land art

Laura, land Art, et solidarité.

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Laura en cours de réalisation.

Photo: Alexandre Modesto, Licence CC-BY-NC.
Bonjour,

Land Art et solidarité pour une vallée déprimée, c’est le message de Laura, alias L’aura. Depuis fin septembre, cette aura, une gigantesque auréole métallique de 5000 m², imprime le paysage de la vallée de la Maurienne. Une oeuvre de Land Art qui invite les automobilistes à regarder, autrement, ce paysage métamorphosé. La sculpture, composée de 42000 pastilles d’aluminium, un rappel des 42000 habitants de la vallée, est une composition imaginée par Marc Bietry, un artiste lyonnais. Ce projet voulu par Solid’Art Maurienne, conduit par Yves Pasquier, a été réalisé par des anonymes, en situation précaire. Cette idée porte la démarche. Solid’Art, un collectif d’associations locales, souhaitait impliquer les victimes de la déroute industrielle de la vallée de la Maurienne, chômeurs de longue durée, RMistes, ou handicapés. Il a fallu du monde pour importer les 4000 tonnes de pierres sur le site, dérouler les 25 kilomètres de fil de fer, installer les 12000m² de grillages, reposant sur 800 pieux. Un travail d’Hercule qui a généré une petite activité industrielle, des fonderies d’aluminium, des ateliers de gravure – chaque pièce qui compose l’installation a été gravée par un participant -, et a crée des emplois. Et chacun de ces “petits bras d’Hercule” aura goûté au privilège de la création artistique.

Le mieux, c’est de regarder. D’abord, une vidéo de l’installation. Le blog de Solid’Art donne accès à une galerie photo, et à un article de Libé.

M.J


Publié le 10 décembre 2007 par marlene dans Art

In the middle of nowhere.

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Centre d’Art Contemporain Fantôme de la Rochefourchat.

Hello,

L’histoire commence à Cook, un bled planté sur la ligne de chemin de fer qui s’étire dans la Nullarbor, une grande plaine tristement privée d’arbres et d’habitants, dans le sud ouest de l’Australie, un endroit comme je les aime. Un jour de 2001, Laurent Mulot découvre Cook, au milieu de nulle part. Un site idéal pour y planter un musée d’art contemporain.

Cook, une ville fantôme.

Cook, en Australie méridionale, quelques habitations, un réservoir de fuel pour les locomotives, une seule boutique, regarde passer les trains de l’Indian Pacific. Ceux qui traversent le continent pour relier l’Océan Pacifique à l’Océan Indien, via la Nullarbor plain et son rail rectiligne de 478 kms de long, record mondial de solitude ferroviaire. Quand le train s’arrête à Cook, les voyageurs descendent, se ruent vers le seul magasin du bled pour acheter une glace, et découvrent qu’il n’en reste que trois. Dommage, elles sont déjà réservées pour d’autres voyageurs, qui repasseront…Créée en 1917, lors de la construction de la ligne de chemin de fer, Cook est devenue une « ville-fantôme » depuis que le rail a été privatisé, à la fin des années 90. Les habitants ont déserté, l’hôpital du bush a fermé. Quand Laurent Mulot, qui traverse l’Australie d’Est en Ouest, débarque à Cook en 2001, il ne reste que deux habitants.

Le Cook Ghost Contemporary Art Centre (CGCAC)

Deux ans plus tard, c’est parti, Laurent Mulot revient à Cook. Il y travaille, et fonde le « Cook Ghost Contemporary Art Centre », un centre d’art contemporain fantôme. Les deux habitants de Cook, photographiés devant l’acte de fondation de ce centre imaginaire, sont promus « gardiens du musée ». C’est la première étape d’une démarche artistique, qui établit un lien entre réalité et virtuel. Elle est matérialisée par un site internet, « They come out at night », chargé de diffuser une création multimédia, et d’attirer les amis du musée. Les portraits « fantômes » de ces membres associés, environ une centaine à la création, aujour’hui peut – être plus, sont placés dans la collection permanente du CGCAC.

Un réseau international de centres d’art fantômes.

Etape suivante, créer un réseau international de centres d’art fantômes, aux quatre coins de la planète. Laurent Mulot fonde alors « Middle of nowhere », une association loi de 1901, qui fédère cet ensemble de « fondations fantômes ». Un site internet « Middle of nowhere » est crée. Le but, dénicher de nouveaux endroits qui résistent au milieu de nulle part, en attendant une promotion artistique. Même démarche que pour le CGCAC, ces lieux doivent être situés dans des endroits perdus, où il est difficile de séjourner, mais propices à se faire des films. Le processus de création, une plaque fondatrice apposée sur un mur, avec, clic clac, les gardiens photographiés devant. Les habitants adhèrent au projet, certains sont exposés dans la collection permanente.

Halte à la Rochefourchat.

Aujourd’hui, le monde des musées compte quatre fondations fantôme, le CGCAC en Australie Méridionale, le MGCAC en Chine, l’AGCAC en Amazonie, et le RGCAC, à la Rochefourchat, un petit village de la Drôme qui vaut bien qu’on s’y arrête un instant. La Rochefourchat, dont le nom rappelle le rocher fourchu qui surplombe le village, est planté sur le flanc est de la montagne de Couspeau. Patrimoine, un château effondré, une école collée à l’église, école fermée en 1957 et devenue gîte rural, deux hameaux, une chanson écrite en 1900, « La fanfare de la Rochefourchat ». Population, un habitant mais une équipe municipale, densité 0 hab/km², commune qui a perdu deux habitants entre 1990 et 1999… Comme quoi, pas besoin d’aller courir en Australie.


Visite libre de ces quatre centres d’art fantômes http://www.theycomeoutatnight.org/. Première entrée à gauche – l’autre, la Ghost fondation, est momentanément indisponible -, un clic sur l’un de quatre points de la carte du monde pour d’accéder à chaque musée virtuel. Un autre clic sur « collection permanente » pour ouvrir un diaporama, avec en prime une bande-son qui stimule les fantômes, ceux qui vous invitent au milieu de nulle part.

M.J

Le musée d’art contemporain de Lyon propose une borne d’accès au travail multimédia de Laurent Mulot.


Publié le 26 novembre 2007 par marlene dans Art, Non classé

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