Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Brown revolution »

Bonjour,
La « brown revolution », ou « révolution marron », couleur peau de vache, est une expérience assez insolite, menée au Zimbabwe. Elle vise à restaurer des sols et des écosystèmes dégradés en intégrant des troupeaux dans des paysages enclos. Le concept, qui bouscule l’idée que le bétail est l’ennemi de l’environnement, est porté par Allan Savory, biologiste zimbabwéen. En 2009, il fonde le Savory Institute, un organisme à but lucratif chargé de relayer la « brown revolution », une pratique environnementale née d’une vision holistique. Ce courant,  né dans les années 20, considère la nature come un « tout », où chaque élément influence les autres. Acquis à cette conception, Allan Savory considère que le changement climatique, la perte de la biodiversité, et la désertification des terres ne sont pas trois problèmes distincts, mais connectés. La dégradation de la biodiversité résulte de la désertification et du changement climatique, exacerbé par l’usage d’énergies fossiles. Dans ce contexte, s’il y a respect de la biodiversité, la désertification n’a pas lieu. Mais revenons à nos troupeaux, dont les sabots sont les outils de cette biodiversité. Dans un article publié par la Green Universtity, Allan Savory évoque d’immenses hordes de bisons, un défilé qui dure des heures, labourant les pâturages de leurs sabots, bien groupés pour échapper aux prédateurs. Ils piétinent l’herbe, tassent la végétation morte sur le sol, tandis que les graines utiles pénètrent  la terre pour germer. Ces plantes sont recouvertes d’un tapis de végétaux secs, qui favorise la pénétration de l’eau, et la retiennent. Cette humidité, qui tempère la surface du sol, stimule le renouvellement des prairies après le départ des bisons. Cette conception de la lutte contre la désertification se pratique dans des espaces clos et mouvants. Les bisons piétinent groupés, avant de partir fouler d’autres prairies. L’African Center For Holistic Management (ACHM), partenaire  de terrain du Savoy Institute, a expérimenté ce pâturage, très encadré, au Zimbabwe. (1) (2)

Au bon endroit, pour les bonnes raisons, au bon moment.  

L’expérience est développée dans la région de Dimbangombe, à proximité des Chutes Victoria sur le fleuve Zambèze, frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Le Zimbabwe, situé en climat tropical, avec une saison des pluies d’octobre à mars, et une saison sèche équivalente,  est une terre de hauts plateaux, autrefois couvert de forêts. La pauvreté,  la croissance de la population, et des besoins en bois, pour brûler et pour construire, ont nourri la déforestation. Des sécheresses à répétition ont contribué à l’appauvrissement des sols. La situation est telle que l’UNEP (2008), le Programme des Nations Unies pour l’environnement, place l’érosion des terres agricoles et la déforestation au cœur de la problématique environnementale du Zimbabwe. (3) Près des Chutes Victoria, le projet, inscrit sur une exploitation de 2900 hectares, a redonné vie à l’écosystème du fleuve Dimbangombe. Les troupeaux, bétail et chèvres, ont d’abord été gonflés de 400%. Chaque jour, les bêtes ont été incitées à consommer des pâturages, en fonction du calendrier de renouvellement de cet écosystème. Pas de stress sur les troupeaux pour les maintenir sains et productifs. Il a fallu ensuite construire des infrastructures, légères et pratiques, pour accompagner la migration des animaux. Tout en les protégeant des lions, des léopards, des chiens sauvages, ou des hyènes, qui viennent rôder pendant la nuit. Chaque semaine, la ferme ambulante a été déplacée sur des sites différents, afin de multiplier les espaces de fertilisation, enrichis grâce aux sabots des animaux, et par leurs déjections. Malgré des sécheresses de 2004 à 2007, là où le sol était nu, l’herbe pousse à nouveau. La rivière s’est remise à couler dans un environnement reconstitué. ACHM Zimbabwe résume les lois d’un pâturage bénéfique « Un troupeau, au bon endroit, pour les bonnes raisons, au bon moment. »  (4)

Sans bétail, le désert.

Canada, Mexique, Etats-Unis, Amérique du Sud, Australie, ou Nouvelle Zélande, la pratique holistique concerne aujourd’hui un peu plus de 16 millions d’hectares dans le monde. Le Savory Institute forme des « missionnaires», éducateurs et consultants, qui travaillent en Namibie, au Kenya, aux Etats-Unis, au Mexique et en Australie. Le Savory Institute cherche à conquérir de nouveaux territoires pour y développer sa pratique de restauration des écosystèmes, et conquérir l’approbation du monde scientifique. Reste une vision holistique qui bouscule quelques idées reçues. « Au cours du dernier million d’années, nous n’avons développé que trois outils majeurs pour gérer notre environnement en général. Ces outils sont la technologie, le feu, et le repos biologique ». résume Allan Savory dans une publication de  l’UNEP,(5). Or, la technologie, qui ne peut remplacer le cycle végétatif des prairies, n’est pas la bonne option. Le feu, utilisé depuis toujours pour la santé des pâturages, les oxyde, les expose, et libère de grandes quantités de gaz à effet de serre. Quant au repos des terres dans des espaces soumis aux pluies saisonnières, il favorise l’oxydation, la mort des végétaux, la nudité des sols, la désertification, et le changement climatique. La vision holistique veut que ces terres là soient dérangées par des troupeaux pour se reconstituer. Sans l’intervention du bétail, elles tournent rapidement au désert.

M.J

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(1) “Holistic Management, A New Framework for Decision Making »
by Allan Savory with Jody Butterfield” http://www.greenuniversity.net/Ideas_to_Change_the_World/AllanSavory.htm

(2) Africa Center for Holistic Mangement, Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Africa_Center_for_Holistic_Management

(3) « Africa: Atlas of Our Changing Environment »  , The United Nations Environment Programme (UNEP), 2008. http://na.unep.net/atlas/africa/downloads/chapters/Africa_Atlas_French_Intro.pdf

(4) Grazing Planning – Africa Center for Holistic Management (ACHM), Zimbabwe. Moving cattle « in one herd, to the right place, for the right reasons, at the right time ». From a Video by Seth J. Itzkan

(5) « We need a brown revolution”, Allan Savory, Healthy soil, healthy earth,, UNCDD News, Issue 3.3 / May-June 2011  http://newsbox.unccd.int/3.3/imgissue/UNCCDNews3,3.pdf


Publié le 18 janvier 2012 par marlene dans Afrique - Environnement.,Agriculture.,Biodiversité,Climat,déforestation,Désertification.,eau,elevage
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Yasuni, marchandage inédit.

Bonjour,

Marchandage inédit. Le gouvernement de la République d’Equateur  demande de l’argent à la communauté internationale pour ne pas exploiter une importante réserve de pétrole, endormie sous l’un des joyaux de la biodiversité mondiale.  L’histoire se passe dans Le Parc National Yasuní, classé Réserve Naturelle Mondiale par  l’UNESCO, en Amazonie équatorienne, une région difficile d’accès, arrosée par de nombreux affluents de l’Amazone et par le fleuve Napo, gorgée de pétrole. C’est sur ce territoire que vivent, depuis de longs siècles,  les Tagaeri et les Taromenane, deux peuples de culture Waoranie. Entre les fleuves et un prodigieux catalogue d’espèces, ils ont choisi l’isolement de la forêt, sans probablement se douter qu’ils étaient assis sur un gisement d’or noir.  La Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT), c’est le nom  de ce gisement, renfermerait 900 millions de barils. (2) Le site LiveYasuni.org, qui défend  ces paysages et leurs habitants, prétend l’extraction difficile. Chaque baril de pétrole produirait l’équivalent de quatre barils d’eau, qu’il faudrait ensuite réinjecter dans le sous-sol. Avec des conséquences dévastatrices pour cet écosystème forestier, et les bassins versants de la région, déjà malmenés par d’autres exploitations pétrolières.  En 2007, le Président Rafael Correa, nouvellement élu, suspend le projet. Et décide de  monnayer  ce renoncement. Le gouvernement équatorien demande 3,6 milliards de dollars de dédommagement. Soit la moitié de la valeur nette des réserves évaluées, et la valeur économique des 407 millions métriques d’émissions de CO² épargnées par l’extraction et la combustion de ce pétrole. (3) L’Equateur, où l’agriculture pèse encore dans la balance commerciale, profite aussi de la rente pétrolière pour doper son économie.  Si la pauvreté n’est pas complètement éliminée, elle a cependant reculé de 40% en deux décennies. (4) Au 31 décembre dernier, 116 millions de dollars ont été collectés, sans doute de quoi geler temporairement le projet,  en attendant les 3 milliards et quelques qui manquent.  Dans un article daté du 31 décembre dernier, The Guardian évoque une mobilisation aussi internationale que variée. (5) Des pays donateurs, Chili, Colombie, Géorgie, Turquie, Pérou, Australie, Espagne ; des régions, en France, en Belgique – la seule Wallonie aurait versé deux millions de dollars - ; un banquier New-Yorkais qui aurait sacrifié un an de salaire ; ou quelques vedettes de cinéma, Bo Derek,  Leonardo Di Caprio, ou Edward Norton. Autre contributeur, récompensé par le Nobel de la Paix 2007 pour son engagement contre le réchauffement climatique, Al Gore, l’auteur de « Une vérité qui dérange ». Marchands de sodas et boutiques japonaises auraient également contribué à la collecte. Si le PNUD, le programme des Nations Unies pour le développement, impliqué dans la gestion des fonds collectés, ou la FAO, l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture, s’intéressent à cette initiative, c’est qu’elle ne parle pas que d’argent frais. Le contrat, qui lie le gouvernement équatorien et les donateurs, s’il fonctionne un jour, vise à préserver cette partie de la forêt amazonienne, tout en stimulant une transition énergétique. Le déboisement sera interdit dans une quarantaine de zones protégées, une surface voisine de 5 millions de km². Soit près de 20% du territoire équatorien. (3) Les sols, menacés de dégradation, seront plantés d’arbres. La régénération de la forêt aura libre cours.  Le contrat comprend  encore un volet « développement humain »,  éducation, santé, formation, et emplois, écotourisme ou agro- foresterie. Sans oublier que les Tagaeri, les Taromenane, et leurs voisins, les Kichwa et les Naporuna, vivront bien plus tranquilles sans le scénario et les acteurs de l’exploitation pétrolière.  Cette transition énergétique annoncée, qui suppose de laisser dormir le pétrole et les émissions CO² associées, parie sur les technologies renouvelables, autre priorité de l’engagement. Mais le projet Yasuni, qui pourrait concrétiser un front contre la déforestation en Amazonie,  ouvrir la voie à une économie sans pétrole, fabrique aussi des sceptiques. Propos rapportés par The Guardian, Dirk Niebel, le Ministre allemand du développement commente le principe de payer pour ne pas exploiter du pétrole: « Cela introduirait une jurisprudence à l’orientation imprévisible. » (5) Le Nigeria, le Cameroun, et le Gabon, pays de forêts et de pétrole, intéressés par ce marchandage inédit, ne partagent pas cet avis. (5)

 

M.J

 

 

 

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(1) Equateur, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quateur_%28pays%29 http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quateur_%28pays%29

(2)Live Yasuni, http://www.liveyasuni.org/

(3)Initiative Yasuni ITT, Ambassade de l’équateur en France.http://ambassade-equateur.org/fra/?page_id=768 ( et id=776)

(4)« Pauvreté, pourcentage de la population vivant avec moins de deux dollars par jour (PPP) », Équateur, Perspective Monde, Université de Sherbrooke. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=ECU&codeTheme=2&codeStat=SI.POV.2DAY

(5)“World pays Ecuador not to extract oil from rainforest”, John Vidal, environment editor,  guardian.co.uk, 30-12-2011, http://www.guardian.co.uk/environment/2011/dec/30/ecuador-paid-rainforest-oil-alliance?intcmp=239


Publié le 5 janvier 2012 par marlene dans énergie,Climat,déforestation
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Les peuples des forêts contestent le REDD.

 

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Bonjour,

 

“Les communautés indigènes demandent un moratoire pour le REDD », titre un article d’IPS du 12 décembre dernier. (1) Il fait écho à la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities against REDD and for Life. Cette représentation de communautés forestières a demandé la suspension du REDD à la Conférence des Nations Unies sur le Climat qui vient de se terminer à  Durban. Le REDD ( pour Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) est un programme des Nations Unies qui vise à indemniser les pays, et les communautés, qui  protègent leurs forêts primaires. L’ONU, qui donne une valeur financière au carbone stocké dans les forêts, entreprend un vaste chantier, inclus dans une stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique. A l’échelle planétaire, la déforestation représente 15 à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.  En septembre 2008, Ban Ki-Moon, le secrétaire Général de l’ONU, commente cette initiative qui débute: «La lutte contre le changement climatique ne peut être gagnée sans les forêts du monde, cela est maintenant clair. » (2) Aujourd’hui, le programme REDD est développé dans 9 pays pilotes, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, la Zambie, l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle Guinée, le Viet Nam; la Bolivie, le Panama et le Paraguay. Auxquels s’ajoutent une vingtaine de pays, qui découvrent la valeur de leurs forêts. A Durban, sept pays d’Afrique centrale, soutenus par leurs donateurs occidentaux,  ont demandé une accélération de mise en oeuvre du REDD dans le  bassin du Congo, seconde forêt primaire de la planète après l’Amazonie. Henri Djombo, Ministre du Développement durable et de l’économie forestière du Congo-Brazzaville approuve. Il espère que d’importantes ressources financières seront disponibles au début de l’année 2012. Moins impatiente, la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities. A Durban, elle a exprimé quelques doutes sur les bénéfices de la transaction REDD pour les communautés originaires des forêts. Un nombre croissant de rapports de terrain signaleraient que les droits des autochtones sont bafoués lors de la mise en œuvre de cette stratégie. Le dispositif REDD, d’abord pensé pour les propriétaires officiels de parcelles forestières, a fait l’impasse sur les territoires coutumiers. Beaucoup de gens vivant dans la forêt, et de la forêt, depuis des générations, ne disposent pas de titre de propriété. Pas plus que d’alternative pour vivre autrement. Selon l’ONU, plus d’un milliard et demi de personnes dépendent directement des systèmes forestiers pour leur survie. Une lecture assouplie d’un droit  à la propriété, concession du REDD, pourrait protéger les “sans-titres” qui exploitent la forêt, argumentent certains. Heriberta Hidalgo, représentante  de communautés du Nord du Chili, n’y croit pas: « C’est une fantaisie plaisante (de croire) que le REDD aidera les populations à sécuriser la propriété foncière. » ‘(1) Madame Hidalgo a une autre vision de l’avenir. Elle voit la forêt céder la place aux plantations, repoussant les populations qui en dépendent pour leur nourriture et leur médecine traditionnelle. Ils pourraient y perdre leur territoire de référence. Le programme REDD propose encore un dispositif de terrain, qui vise à informer les communautés, accompagner la protection des forêts, et éviter les abus. Des pays comme le Brésil ou l’Indonésie le trouvent difficile à mettre en place, trop cher. Au Mexique, lors de la mise en place de projets REDD, cet accompagnement n’a pas suivi. Les populations forestières devaient être informées du déroulement du projet, avant de  donner leur consentement. Mais, d’après Berenice Sánchez, du MesoAmerican Indigenous Women’s BioDiversity Network, une organisation basée à Mexico, le message est mal passé. Les communautés, qui ont bien compris qu’elles allaient recevoir de l’argent, se sont précipitées pour obtenir des crédits. Elles sont aujourd’hui endettées, avec  pour seule issue, vendre leurs terres. Madame Sanchhez  ajoute : « Le REDD est un masque pour les usurpations de terre à grande échelle. »(1) Un autre représentant des communautés de l’Equateur, la Confederation of Indigenous Nationalities of Ecuador (CONAIE) rappelle quarante ans de lutte face à de grands groupes, Texaco, Shell, Rio Tinto. Ces sociétés ont promis une vie meilleure, avant de dévaster les terres, et faire éclater les communautés.  Plus tranchante, Berenice Sanchez  demande l’arrêt immédiat de tous les programmes  REDD qui se mettent en place dans le monde. « C’est une nouvelle forme de colonialisme.» (1) L’IUCN, Union internationale pour la conservation de la nature, met en garde : « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile..  ». (3)

 

M.J.

La cupidité par les arbres. Le Cas Chiapas : la Forêt Lacandona au meilleur offrant…

 

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Pour fouiller le sujet / document PDF/ Forest People Programme :Enseignements à tirer de l’expérience sur le terain ; REDD+ et les droits des peuples autochtones et des communautés tributaires de la forêt. http://www.forestpeoples.org/sites/fpp/files/publication/2011/11/lessons-field-briefing-french_0.pdf

(1)” Indigenous Peoples Call for REDD  Moratorium”, Stephen Leahy , DURBAN, South Africa, 12-12 2011 (Tierramérica) http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=106187

(2) « REDD au secours des forêts », Les Nations Unies et la Norvège s’unissent pour lutter contre les changements climatiques causés par la déforestation, PNUE, New York, 24-10  2008 http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=545&ArticleID=5930&l=fr

(3) « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile : le Cameroun lance le processus d’élaboration de la Readness Preparation Proposal (R-PP) », IUCN, 29-03-2011 http://www.iucn.org/fr/nouvelles_homepage/nouvelles_par_date/2011_news/mars_news_2011/?7184/Pas-de-REDD-sans-les-peuples-autochtones-et-la-societe-civile–le-Cameroun-lance-le-processus-delaboration-de-la-Readness-Preparation-Proposal–R-PP


Publié le 16 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat,déforestation
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Le Brésil ouvre un sentier à la déforestation.

Bonjour,

La réforme du Code forestier est en route au Brésil. Après avoir longuement été débattu et approuvé par les députés, le texte est examiné par le Sénat. S’il est adopté, il permettra aux exploitants brésiliens, industriels et petits cultivateurs, de déboiser au profit de terres agricoles. Si le monde de l’agriculture approuve cette modification, les écologistes y lisent un encouragement à la déforestation. L’image d’un Brésil,  à la fois pionnier et leader sur le front de l’environnement, pourrait s’estomper.

Une déforestation encore active.

Pourtant, il y a quelques mois encore, le Brésil annonçait fièrement un ralentissement de la déforestation en Amazonie. Selon l’INPE, – l’Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais -, l’observatoire brésilien des forêts qui effectue des repérages satellite, le déboisement du couvert amazonien recule effectivement entre 2009 et 2010, moins 6 ,2%. (1)(2) Ce qui laisse quand même un bilan de 7464 km² détruits par la déforestation en 2010, dont la moitié dans l’Etat du Para. D’ailleurs ce répit pour l’Amazonie, observé depuis 2005, ne dure pas. 2011 repart à la hausse. Mai annonce un record, amorcé en mars et avril – la déforestation a progressé de 500% par rapport à mars et avril 2010. (3) L’INPE confirme un regain pour août, porté par l’Etat du Mato Grosso.  Si l’immense complexe amazonien reste le terrain de jeux des coupeurs d’arbres, l’avenir de la grande forêt atlantique, déployée sur l’arc oriental, inquiète aussi les environnementalistes. Son bassin, qui accueille 112 millions de personnes, représente une source d’eau importante pour des zones très peuplées. L’INPE et l’ONG SOS Mâta Atlantica , impliquée dans la préservation de cet écosystème précieux, notent une déforestation ralentie en 2008-2010, par rapport à 2005-2008, mais continue. Au cours des deux dernières années, 312 km² ont été sabotés, avec une mauvaise note pour le Minas Gerais, Bahia, Santa Catarina, et le Parana.(4) Selon SOS Mâta Atlantica, moins de 7% de cette forêt primaire serait intact. Le reste a été grignoté par le développement de l’agriculture et de l’élevage, l’extension des villes, ou les plantations d’eucalyptus.

Agriculture et exportations.

En 1965, c’est un Brésil moins soumis aux tensions humaines et environnementales qui adopte le Code forestier. Sur le papier, ce texte permet de protéger 80% des forêts du Brésil, le reste est réservé aux cultures. Vraisemblablement jamais respecté, mais toujours renforcé par de nouvelles lois, il a sans doute réussi à contenir la déforestation. Du moins ces dernières années. Mais dans ce Brésil qui se développe, le Code forestier gêne les cultivateurs, et contrarie le projet d’un grand pays exportateur de denrées agricoles. Depuis les années 2000, le Brésil, servi par une géographie étendue, est devenu un leader du marché agroalimentaire mondial. Le pays fait commerce de soja, de sucre, d’éthanol, de bœuf, de poulet, de jus d’orange, de tabac, ou de ce café qui a inauguré son offensive sur le marché mondial.  Si le nouveau texte est adopté, les propriétaires terriens pourront déboiser jusqu’à 50% de leurs terres. Le lobby agricole y voit l’opportunité de développer son business. Les petits exploitants ne seraient pas mécontents d’étendre leurs champs. Il est question de développer une agriculture vivrière. Il est aussi question de nourrir une démographie en croissance, qui comptera plus de 200 millions de personnes  en 2030. De leur côté, les  environnementalistes imaginent une porte ouverte à la déforestation. L’impunité pour les zones illégalement exploitées figure déjà dans la modification du code.

Inondations et CO².

S’ils redoutent une dégradation du patrimoine forestier national, les partisans d’un Brésil qui respire  s’inquiètent d’une probable articulation entre déforestation et accidents climatiques. Dans la forêt Atlantique, SOS Mâta Atlantica note un déboisement actif des rives des cours d’eau, des coupes dans la mangrove, et un dénuement des zones qui protègent les habitations. Les sols, privés d’arbres, deviennent vulnérables aux fortes pluies qui provoquent des glissements de terrain. Quand  la déforestation des berges des rivières accentue les risques de crues. En juin 2010, de fortes pluies avaient provoqué  inondations et coulées de boue dans l’Alagoas et le  Pernambuco, deux Etats du Nord-Est assis dans la forêt atlantique. Les populations les plus touchées habitaient à proximité d’espaces mis à nu. (5) Autre argument des écologistes, la déforestation libère du CO², quand l’Amazonie peine de plus en plus à défendre son image de puits de carbone.  Au niveau international, la déforestation annoncée par la re-écriture du Code forestier voile l’image  d’un Brésil écolo, engagé à diminuer ses rejets de CO². De 2005 à 2010, une meilleure gestion de l’Amazonie lui avait permis de réduire d’un tiers ses émissions de gaz à effet de serre.

« Rio+20 »

Un collège composé d’une dizaine d’anciens ministres de l’Environnement a écrit à Dilma Rousseff, la Présidente du Brésil, pour tenter de geler la modification du Code forestier. Cette lettre  souligne le rôle avant-gardiste d’un pays qui a rédigé une loi pour protéger ses forêts, quand les autres n’en avaient pas compris l’importance. Les rédacteurs ajoutent que, grâce à ce processus responsable, le Brésil a pu devenir un acteur majeur dans les conférences internationales sur l’environnement. C’est d’ailleurs au Brésil que doit se tenir le prochain grand rendez-vous des Nations-Unies sur le Développemernt durable. Cette conférence, baptisée « RIO+20 », en référence aux engagements environnementaux formulés 20 ans plus tôt dans la métropole brésilienne, abordera aussi le dossier des forêts.  Rendez-vous donc à Rio,  en juin 2012.

 

M.J.

 

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(1) INPE releases Amazon deforestation rate in 2010, 03-10-2011 http://www.inpe.br/ingles/news/news_20111003_01.php

(2) Comparaison faite pour les périodes aoùt 2008- juillet 2009 et août 2009 – juillet 2010.

(3) Brazil confirms big jump in Amazon deforestation
Rhett A. Butler, mongabay.com , 18-05-2011 / Source INPE
http://news.mongabay.com/2011/0518-inpe_amazon.html

(4) SOS Mata Atlântica and INPE disclose data from Forest Remnants Atlas, 26-05-2011, http://www.inpe.br/ingles/news/news_20110526_02.php

(5) “Forestry Law Reforms Augur More Disasters”,  Fabiana Frayssinet, IPS News; 27-06-2010 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=51967

 


Publié le 20 octobre 2011 par marlene dans Agriculture.,Brésil,déforestation
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Wangari Maathai, « Dame Forêt ».

Bonjour,

Wangari  Maathai vient de s’éteindre. Wangari  Maathai, citoyenne du Kenya, a consacré sa vie au « Green Belt Movement ». Cette initiative, lancée en 1977, vise à émanciper les femmes du Kenya en leur donnant pour mission de planter des arbres. Wangari  Maathai, rare femme africaine à obtenir un doctorat – en biologie – au début des années 70, place l’arbre au cœur du développement des campagnes de son pays. Il s’agit de reboiser les paysages afin de freiner la désertification,  et de permettre aux sols de produire à nouveau. Cette vision, qui sous-tend celle de la sécurité alimentaire, place les femmes au premier plan. Elles sont formées à développer des pépinières, à gérer, à protéger les forêts, ou à produire du miel. L’idée est aussi de les tirer hors de la pauvreté. L’initiative de Wangari  Maathai répond à un déboisement, ancien et toujours actif. Entre 1990 et 2010, le Kenya aurait perdu 6,5% de son couvert forestier. (1)De l’autre côté de ce front de déforestation, après plus de trois décennies de sensibilisation et de travail de terrain, le « Green Belt Movement » a permis de planter plus de 30 millions d’arbres sur le territoire kényan. Près de 900000 femmes, estimation du  PNUE – le Programme des Nations Unies pour l’Environnement – auraient travaillé dans les pépinières et sur les plantations. (2)  Et dans un pays où la déforestation conditionne aussi l’accès à l’eau, le « Green Belt Movement » a déjà reverdi le Mont Kenya, la région des Aberdares, et le  Mau Complex, la forêt de montagne la plus étendue d’Afrique de l’Est, avant d’attaquer le Mont Elgon et les Cherengani Hills. Le Mont Kenya  est sans doute le premier de ces  cinq “châteaux d’eau” qui approvisionnent plus de 90% de la population kényane en eau. (3)

 

Depuis 1986, le « Green Belt Movement » a inspiré d’autres pays d’Afrique. En Tanzanie, en  Ouganda, au Malawi, au Lesotho, en Ethiopia, ou au Zimbabwe, on a misé sur les arbres, avec plus ou moins de succès, pour restaurer les terres. Cette vision du développement, qui articule « environnement », « démocratie », et « paix » mise sur les paysages et leurs ressources pour adoucir la vie des Africains. (4) Car Wangari  Maathai se préoccupe aussi de l’Afrique. Elle est d’ailleurs l’une des voix du Jubilee 2000  Africa Campaign. Ce mouvement, porté par une quarantaine de pays, demandait aux Nations riches d’annuler, pour l’an 2000,  la dette qui pèse sur les plus pauvres. Activiste dans son pays, Wangari  Maathai fait campagne contre l’appropriation abusive des terres. Elle dénonce l’attribution illégale des parcelles forestières.(2)  En 1997, celle qui défend la place des femmes dans la société kényane, échoue à la présidentielle face à Daniel erap Moi. Ses nombreuses interventions contre le régime répressif de Moi lui valent harcèlements, brimades, et quelques séjours en prison. En 2002, le Kenya change de Président. Wangari  Maathai, élue au Parlement, devient  Ministre adjoint pour l’environnement et les ressources naturelles. En 2004, le Prix Nobel de la Paix récompense son combat écologiste, féministe, et humaniste: « Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons les graines de la paix et de l’espérance. » (2)

M.J

 

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(1) Kenya Forest Information and Data, réactualisé en 2011, http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Kenya.htm

 

(2) « Lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004, le Professeur Wangari Maathai », PNUE http://www.unep.org/billiontreecampaign/french/Statements/wangari.asp

 

(3) Green Belt Movement  Tree planting Programme http://greenbeltmovement.org/w.php?id=13

 

(4) Green Belt Movement , GBM International http://greenbeltmovement.org/w.php?id=21


Publié le 30 septembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique,déforestation
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Les Mayas, victimes de désordres environnementaux.

Bonjour,

La chute de la civilisation Maya résulterait d’une dégradation environnementale majeure, conséquence d’une déforestation antérieure. Le système agricole, très sollicité par des populations nombreuses, peut-être un million de personnes vers la fin du premier siècle, n’aurait pas résisté à ce déséquilibre. Après avoir rayonné pendant la période classique – de 250 à 900 après JC -, la civilisation Maya qui se développe en Mesoamérique, s’éteint  avant le premier millénaire. « C’était un effondrement et non un recul, car le second est temporaire alors que le premier caractérise un déclin sur le long terme et la disparition du système économique et social qui structure un Etat, comme cela s’est passé dans cette région. » (1) commente Richard Hansen, anthropologue, spécialiste de civilisation Maya à l’Université de l’Idaho, lors de l’ouverture du 3° Congrès International sur la Culture Maya, au Mexique. Richard Hansen dirige le projet bassin du Mirador, un chantier archéologique et écologique, difficile à atteindre dans le nord du Guatemala. Plus d’une vingtaine de cités, des pyramides, et un complexe de temples se dissimulent dans une forêt tropicale humide de plus de 2000 km². (1) (2)

Du bois pour les édifices.

Pour Hansen, la chute de certaines villes à la fin de la période pré-classique – qui court de 1000 avant JC jusqu’à  l’an 150 de notre ère -, parmi lesquelles Tintal  Nakbe, Wakna,  résulterait d’une sur-exploitation des ressources. Tintal, gros centre urbain de ce premier temps de l’histoire Maya, témoigne d’une civilisation pionnière qui dispose de terrains pour jouer à la balle, élève des pyramides de plus de 50 mètres de haut, et construit une route de 40 km de long, la reliant à Mirador, la principale ville. Au tournant de l’ère chrétienne, Mirador compte environ 200.000 habitants. Lors de la période classique, Palenque, Copan, et Tikal périclitent à leur tour, elles aussi emportées par un déséquilibre environnemental majeur. Pour Richard Hansen, l’érosion massive, consécutive à une déforestation soutenue à l’époque pré-classique, expliqueraient la fin du système Maya. Pas seulement, mais surtout. Le bois est alors une source d’énergie. Il est aussi abondamment utilisé pour confectionner le stuc, plaqué sur les édifices qui se multiplient à l’époque pré-classique. Les besoins en bois vert, nécessaire à la confection de ce stuc, auraient été l’un des facteurs majeurs de cette déforestation, « bombe à retardement » qui précipite le déclin. Le Bassin d’El Mirador, c’est aussi une petite énigme environnementale. L’ensemble s’est développé sans eau, c’est-à-dire sans rivière, sans source, et sans nappe souterraine. A la fin de l’époque pré-classique, vers 100 avant J.C, plus de 100.000 habitants vivent pourtant dans cette zone. (2)Pour satisfaire les besoins, les pluies, abondantes, étaient recueillies dans des citernes. Dans un article paru dans le Monde en 2009, Richard Hansen évoque aussi  la « théorie de la boue ». Les boues collectées dans cette zone de marécages auraient permis de fertiliser les cultures. Sans avoir besoin de détruire la forêt pour récupérer des terres, ni d’épuiser les sols en enchaînant les semences. Malgré tout, l’équilibre environnemental, d’El Mirador n’aurait  pas résisté une civilisation qui voyait un peu trop grand. (3)

Sécheresse.

Quelques années auparavant, un article de Nature, daté de juin 1995, relie la chute de la civilisation Maya à un changement climatique. Cette hypothèse, d’abord envisagée à l’échelle de la Mésoamérique, est difficile à prouver. Les efforts pour reconstituer les humeurs du ciel au cours des trois derniers millénaires ne permettent pas de différencier les changements dus à l’évolution naturelle des cycles climatiques, de ceux provoqués par l’homme. La déforestation, qui a modifié la végétation régionale, brouille la lecture. Mais l’analyse de sédiments recueillis dans le Lac Chichancanab, au Mexique, finit par raconter la carte climatique de cette partie centrale de la péninsule du Yucatan, pendant la période Holocène. L’intervalle compris entre 800 et 1000 de notre ère, qui coïncide avec la fin de la civilisation Maya à l’époque classique, aurait été particulièrement sec. Il y aurait donc une relation, très probable, entre le déclin des Mayas et le climat. (4)

NASA / Site Maya / Guatemala

Sécheresse et déforestation.

La NASA, l’agence spatiale américaine, s’est aussi intéressée au territoire Maya. En 2006,  elle cartographie une zone du Guatemala qui révèle l’héritage architectural de cette civilisation. Photo ci-dessus. En jaunâtre, la forêt qui recouvre les ruines Maya. En rouge, la forêt environnante. En  bleu-vert, la petite végétation clairsemée. Ces sites, enfouis sous un couvert tropical très dense, pas toujours faciles à repérer sur le terrain, sont révélés par image satellite. Décodage. Les Mayas construisaient leurs temples avec des matériaux calcaires. En se détériorant, ces édifices ont modifié la composition des sols. Quelques plantes humides se sont développées alentour, d’autres ont disparu, ou se sont décolorées. La lecture satellite permet de repérer les traces de ruines calcaires, qui apparaissent en couleur jaunâtre. Pour Tom Sever, alors archéologue à la NASA, spécialiste de repérage « remote-sensing », sans contact avec le terrain, le déclin des populations Maya, résulte d’une combinaison de facteurs climatiques, la sécheresse, et anthropologiques, la déforestation. Et Sever d’ajouter : « Comprendre comment les Mayas ont affecté leur environnement pourrait aider l’homme actuel à faire des choix plus éclairés concernant la gestion des forêts tropicales humides. » (4) Conseil d’actualité, qui peut s’appliquer à d’autres désordres environnementaux.

M.J

(1) “Mayan civilisation collapse blamed on environmental damage”, Zee News, 16-03-2011, http://www.zeenews.com/news693602.html

(2) « El Mirador », Authentic Maya, 2009, http://www.authenticmaya.com/mirador1.htm

(3) « El Mirador, mère des cités mayas », Joëlle Stolz, Le Monde, 13.02.2009

(4) “Possible role of climate in the collapse of Classic Maya civilization”, David A. Hodell*, Jason H. Curtis* & Mark  Brenner†, Nature 375, 391 – 394 (01 June 1995); doi:10.1038/375391a0, http://www.nature.com/nature/journal/v375/n6530/abs/375391a0.html

(5)Maya Ruins, Earth Observatory, NASA, 18-02-2006 http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=6293


Publié le 22 mars 2011 par marlene dans Climat,déforestation,Histoire.,Préjudice écologique
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Forêts d’Ethiopie.

Bonjour,

Les forêts, 31% de la superficie du globe – dont plus du tiers en forêts primaires -, abritent 80% de la biodiversité terrestre, et hébergent 300 millions d’humains. L’ONU décide que 2011 sera l’année des forêts. Lancement officiel lors de la 9° cession du Forum des Nations Unies sur les Forêts ( FNDF), qui se déroule du 24 janvier au 4 février. L’occasion d’un zoom sur la situation en Ethiopie, où le couvert forestier a particulièrement été malmené. En attendant que le reboisement annoncé oxygène à nouveau le pays.

Démographie et pauvreté.

En Ethiopie, la couverture forestière représenterait moins de 4%, d’un territoire étendu  sur environ 1 million km². (1)  Vers 2008, les forêts éthiopiennes continuaient de diminuer au rythme de plus de 140.000 hectares par an. (2) (3) En un siècle, le pays aurait perdu plus du tiers de son poumon vert. La démographie, la mise en valeur du pays, les crises politiques, et la pauvreté expliquent une déforestation ancienne. Des années 50 au milieu des années 70, la population augmente, l’agriculture se modernise, des communautés rurales s’éparpillent, et l’on construit des routes. Conséquence, la forêt recule. Une redistribution aléatoire des terres participe au processus. Après 1974, et la Révolution éthiopienne, les populations colonisent un peu plus les forêts, tandis que les plantations de café s’installent à la place des arbres. Aujourd’hui, l’industrie du bois, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation du pétrole, le développement des villes et des villages continuent de faire tomber des arbres. Une déforestation qui tient surtout en deux mots, démographie et pauvreté. Une population qui dépasse sans doute les 80 millions d’habitants (2010), grosse démographie du continent, a besoin de terres pour se nourrir. Conséquence, l’agriculture s’installe à la place des forêts. Les sécheresses répétitives handicapent encore cette économie agricole. Et syndrome de pays pauvre,  où la moitié de la population survit, le bois est le principal combustible des ménages, qui s’en servent pour cuisiner. Il constitue aussi un matériau de construction bon marché, facile à exploiter. Esquisse d’une déforestation que le gouvernement s’empresse à inverser.

Sensibilisation et revenus.

Depuis une décennie, les Autorités orchestrent un reboisement à grande échelle qui mobilise citoyens, agriculteurs, coopératives agricoles, ou organisations gouvernementale. Tout le monde, ou presque, se met à planter des arbres. Une activité qui aurait augmenté le couvert forestier de 4% en 2005.(1) (2) Et de 9% en 2010. (1) (3) On parle d’un à deux milliards de jeunes plants mis en terre. (3) En 2007, le gouvernement adopte sa première politique forestière. Initiative qui s’accompagne d’un travail de sensibilisation auprès des citoyens, qui commencent à s’intéresser aux arbres. Dans le Nord du pays, à Tigray et Amhara, deux régions où les forêts ont été agressées par l’agriculture et les guerres civiles, la situation s’améliorerait. Mais ces efforts de reboisement sont loin de convaincre tout le monde. Un article intitulé « Ethiopie : Restaurer le couvert forestier », daté de septembre 2010, cite l’USAID, une agence de développement américaine très présente sur le terrain: «L’état des ressources forestières doit être considéré comme étant en danger». (3) Crainte exprimée ailleurs dans l’article. Un représentant de la société civile, engagé dans la récupération des terres communautaires et la biodiversité, confirme : «La tendance en Ethiopie est toujours vers la déforestation ». (3) Même si l’intérêt pour la conservation des forêts progresse dans le pays, tendance relevée par d’autres observateurs, la motivation essentielle pourrait être formulée par un paysan éthiopien: « Je comprends que la plantation d’arbres aide à maintenir l’équilibre écologique, mais je le fais pour gagner un revenu supplémentaire afin de couvrir le coût croissant des engrais ». (3)

M.J

Le Biogaz, une alternative au bois….

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(1) Household forest values under varying management regimes in rural Ethiopia, EFD (Environment For Development) http://www.efdinitiative.org/research/projects/project-repository/household-forest-values-under-varying-management-regimes-in-rural-ethiopia

(2) Ethiopia Forest Information and Data, Mongabay http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Ethiopia.htm

http://rainforests.mongabay.com/20ethiopia.htm

(3) L’Ethiopie est, avec le Nigeria et l’Egypte, l’un des pays les plus peuplés du continent africain.

(4) « Ethiopie: Restaurer le couvert forestier », Omer Redi , All Africa, 23-10-2010 »http://fr.allafrica.com/stories/201009230936.html

(5) Déforestation en Ethiopie, Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9forestation_en_%C3%89thiopie


Publié le 31 janvier 2011 par marlene dans Afrique,déforestation
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Le Belo Monte en « 3D ».

Bonjour,

“Un désastre pour le fleuve Xingu, pour la forêt tropicale, et certainement pour les indigènes et leurs familles qui vivent le long du fleuve…» (1) Sigourney Weaver, l’actrice d’Avatar, prête sa voix à une vidéo qui met en images le scénario, écologique et humain, du futur barrage de Belo Monte, en Amazonie brésilienne. Ce giga -projet, le troisième plus grand barrage au monde, installé sur le Rio Xingu, un affluent du fleuve Amazone, devrait inonder 668 km² de terres, avaler la ville d’Altamina, et déplacer environ 20.000 personnes. Plus de 80% du cours du Xingu sera détourné, divisé en deux longs canaux artificiels terminés par deux immenses réservoirs, reliés à la centrale électrique du barrage. Le puissant débit du fleuve, considérablement diminué, ne sera plus qu’un filet d’eau pendant une partie de l’année, condamnant à la sécheresse des cours d’eau secondaires. Dans un courrier adressé au Président Lula, daté de mars 2010, Amazon Watch,  une organisation qui défend l’Amazonie et ses populations, rappelle l’impact des deux canaux sur la vie des communautés du Volta Grande, une région baignée par le Xingu. Plus d’eau, plus de ressources, et plus de moyen de déplacement sur une distance de 130 km. Une activité agricole ruinée, une pêche désorganisée faute de poissons, pourtant à la base de l’alimentation des Kayapos, l’une des communautés menacées par le Belo Monte. Amazon Wath dénonce encore la formation d’étendues d’eaux stagnantes, facteur de paludisme. (2) L’arrivée de migrants, légaux et illégaux, en concurrence avec ces communautés, présage d’autres bouleversements, économiques et culturels. Privés de leurs activités traditionnelles, les populations autochtones devront s’adapter, et sans doute exploiter la forêt, seule option économique. Les aménagements routiers et les infrastructures électriques augmenteront, de toute façon, la pression sur la forêt amazonienne. Dont 400 km², sur les 668 annoncés, seront déjà noyés par le projet.(1)

L’idée d’aménager le Rio Xingu remonte aux années 70, sous la dictature militaire. Avec le temps, et les différentes architectures proposées, elle a fabriqué une solide opposition. Des organisations environnementales, emmenées par un réseau d’activistes, la mobilisation des populations riveraines, ont retardé la concrétisation de l’ouvrage. En1989, ces communautés refusent l’aménagement de 6 barrages sur leur territoire, obligeant les Autorités brésiliennes à changer le nom des ouvrages, sans donner de suite. En 2008, le gouvernement ressort le projet Belo Monte, devenu un complexe de 3 ouvrages. Selon Amazon Watch, les variations du fleuve entre la saison des pluies et la saison sèche obligent à construire d’autres retenues, en amont, pour rentabiliser le Belo Monte.(3) Début 2010, les Autorités brésiliennes donnent le feu vert à la construction d’un barrage qui doit accompagner la croissance du pays, devenu très gourmand en énergie, et soucieux de son bilan CO². (4)Avec l’argument que l’hydro-électricité ne produit pas directement de CO². Le barrage doit encore apporter de l’électricité à de nouvelles concessions minières, autre plaie environnementale de l’Amazonie. Pour Amazon Watch , le Belo Monte, d’une capacité supérieure à 11GW, ne produira que 10% de cette énergie pendant les 3 à 5 mois de la saison sèche. Ce qui ramènera sa production annuelle moyenne à un peu moins de 40% de son potentiel. D’où la nécessité d’aménager d’autres ouvrages sur le cours du Xingu, et de ses affluents, pour alimenter le barrage en eau. Quant à l’argument CO² servi par la gouvernement brésilien, les opposants répondent que l’inondation de terres boisées produira du méthane, beaucoup de méthane, un gaz à effet de serre 25 plus violent que le CO².(3)

Le projet, qui devrait démarrer fin 2010, réactive une opposition  peopolisée , Sting, Sigourney Weaver, ou James Cameron, le réalisateur d’Avatar qui a écrit à l’ex président Lula. La vidéo, initiée par Amazon Watch et International Rivers, une autre ONG remontée contre le Belo Monte, porte le message du Xingu Vivo Para Sempre , un puissant réseau local. Les images de Google Earth y révèlent, en « 3D »,  l’impact potentiel d’un projet, qui en cache plus d’une centaine d’autres. Le bassin de l’Amazone, doté de la plus grande forêt tropicale de la planète, est convoité par le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur, et le Pérou, qui rêvent d’y planter des aménagements hydrauliques. Assortis d’innombrables réservoirs d’eau stagnante.

M.J

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(1)”Google Earth animation shows Brazilian plans to turn Amazon into ‘series of stagnant reservoirs’, Rhett A. Butler, mongabay.com, 30-08-2010
http://news.mongabay.com/2010/0830-belo_monte_google_earth.html

(2)Courrier au Président Lula Da Silva, Christian Poirier, Brazil Program Coordinator, amazon Watch, 10-03-2010. http://www.internationalrivers.org/files/Appeal_letter_English.pdf

(3) Belo Monte Dam, Amazon Watch http://www.amazonwatch.org/amazon/BR/bmd/index.php?page_number=2

(4)” Brazil to build controversial Belo Monte hydroelectric dam in Amazon rainforest”, Tom Phillips, Guardian.co.uk , 0é-02-2010 http://www.guardian.co.uk/environment/2010/feb/02/brazil-amazon-rainforest-hydroelectric-dam


Publié le 12 octobre 2010 par marlene dans Barrages,Brésil,déforestation
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La Tasmanie, ses diables et ses fantômes.

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Bonjour,

Le cousin de Taz, ce personnage de Looney Tunes qui se déplace à la façon d’une tornade  emportée par un bruit de moteurs, doté d’une dentition menaçante et à l’appétit insatiable, est malade. Depuis quelques années, le diable de Tasmanie, le vrai, ce marsupial carnivore solidement charpenté, armé d’une puissante mâchoire, souffre d’un cancer facial qui le couvre de plaies, l’empêche de s’alimenter, et le condamne à mourir de faim. Le Devil Facial Tumour Disease (DFTD), repéré en 1996, transmissible par morsure, a fait décliner les populations de diables de 60% sur l’ensemble du territoire, avec des régions plus touchées. Au nord-est et au centre de la Tasmanie, où la maladie a été identifiée plus tôt, il ne reste plus beaucoup de ces marsupiaux qui poussent des hurlements effrayants, mais qui n’ont pas si mauvais caractère. Plutôt timides, pas forcément bagarreurs, ils défendent simplement le bout de carcasse qu’ils sont en train de dévorer. (1)

Le diable de Tasmanie est la mascotte de cette grande île soudée au continent australien, et dont elle s’est séparée il y a environ 10 000 ans, à la fin de l’âge glaciaire. Confin isolé au sud-est de l’Australie, de l’autre côté du détroit de Bass, cette île baignée, par l’Océan Indien et le Pacifique, a développé des écosystèmes uniques dont témoigne encore une faune endémique, une douzaine d’espèces d’oiseaux et quatre espèces de mammifères, le diable, le wallaby et le wombat, tous les deux au menu du premier, et le thycacine. Ce dernier, connu sous le nom  de « tigre de Tasmanie »,  aurait disparu dans les années 1930. L’histoire de cette île tempérée, aux paysages montagneux plantés de belles forêts primitives, restés intacts jusqu’à l’arrivée des colons, compte d’autres disparitions. La plus tragique, celle des Aborigènes enracinées en Tasmanie depuis sa séparation avec l’Australie. Quand les premiers colons débarquent au début du XX° siècle sur la terre de Van Dienem, du nom du gouverneur hollandais qui administre ces colonies orientales, l’île est alors un bagne. La population  aborigène est estimée entre 5000 et 10 000 personnes. Trente années de persécutions plus tard,  elle est réduite à 300. Les maladies importées par les Européens, principalement des détenus et leurs gardiens, ont contribué à ce désastre. Les Aborigènes sont ensuite déportés à Flinders Island, avant de disparaître complètement. Le dernier Aborigène de Tasmanie meurt en 1876. (2)Entre temps l’île a changé de nom, sans doute pour échapper à son histoire. Bien plus tard, ce sont les forêts primaires, dans lesquelles s’élèvent les arbres les plus gros et les plus anciens du patrimoine mondial, qui sont menacées de disparition par une déforestation sauvage. Quand ces essences, destinées à la production de bois et de papier, sont abattues, des hélicoptères lâchent des bombes de napalm pour raser ce qui reste de forêt. Un nettoyage efficace, avant de planter des espèces exotiques, à croissance rapide. Selon le WWF, au milieu des années 2000, il disparaissait chaque jour l’équivalent de 44  terrains de football de forêts sur le territoire de Tasmanie.

Mais revenons à notre diable de Tasmanie, espèce en danger inscrite sur la liste rouge de l’Union pour la Nature (IUCN)  que l’on tente de sauver du désastre. En mars dernier, un article du New Scientist rapporte qu’une équipe de scientifiques australiens a peut-être trouvé le moyen de sauver une partie de ces marsupiaux. L’équipe, qui s’est intéressée à des populations épargnées par la maladie, aurait mis en évidence la spécificité de leur système immunitaire. Les diables qui résistent au DFTD seraient équipés de gênes qui attaqueraient la maladie. (3)Plus récemment, un article du Sydney Morning Herald évoque la possibilité d’isoler les populations saines, en les évacuant vers d’autres îles. Une façon de sauver l’espèce. Déjà, des marsupiaux sains, incités à la reproduction dans des zoos, permettent de disposer d’une « population de secours » de 220 individus. Si les diables, carnivores, situés en haut de la chaîne alimentaire, sont de précieux alliés pour le fonctionnement des écosystèmes de Tasmanie – ils pourraient notamment aider au contrôle d’une surpopulation de renards -, leur transfert vers d’autres îles, et d’autres équilibres écologiques, est plein d’incertitudes : « Il y a beaucoup d’exemples dans le monde d’introduction d’espèces sur des îles qui ont mal tourné. » met en garde Andrew Sharman, qui dirige le plan de protection du diable de Tasmanie. (4)

M.J

(1)»Save the Tasmanian devil » http://www.tassiedevil.com.au/aboutdevils.html

(2) Tasmania Facts http://www.tasmaniatrip.com/tasmania-facts.html / Wikipediahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Tasmanie

(3) “The luck of the Tasmanian devils is in their genes”, The New Scientist, 10-03-2010 http://www.newscientist.com/article/mg20527515.300-the-luck-of-the-tasmanian-devils-is-in-their-genes.html

(4) “Australia moving cancer-hit Tasmanian Devils to new islands “, Talek Harris, Sydney Morning Herald, 21-01-2010,http://news.smh.com.au/breaking-news-world/australia-moving-cancerhit-tasmanian-devils-to-new-islands-20100121-mny0.html


Publié le 25 juin 2010 par marlene dans Australie,Biodiversité,déforestation
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Le REDD, une promesse pour le climat et les forêts?

Bonjour,

La Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) est réunie à Bonn jusqu’au 11 juin. Après l’échec de Copenhague, il s’agit de préparer une nouvelle conférence à Cancun, prévue en décembre prochain. Il est aussi question d’examiner les perspectives du mécanisme REDD, pour Réduction des émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts. Les forêts primitives seraient l’une des solutions pour alléger les émissions mondiales de CO², responsables de la crise climatique.

20% des émissions mondiales.

Le REDD doit permettre aux pays pauvres d’échanger la bonne tenue de leurs forêts, et le gain de CO² qui va avec, contre une aide financière. L’’échange a été proposé  par la Papouasie-Nouvelle Guinée en 2005, lors d’une conférence des Nations Unies sur le Climat. L’’idée a fait son chemin, la déforestation représente environ 20% des émissions mondiales de CO², bien plus que les transports. Ce mécanisme, qui devrait drainer des milliards de dollars des pays riches vers les pays pauvres, devrait être opérationnel en 2013. L’idée suppose que les pays bénéficiaires produisent la preuve – historique, statistiques, images satellites, mesures des arbres, retenues CO²… – que leurs forêts ne reculent plus. Des données, en principe,  vérifiées. Ce mécanisme, qui valorise une forêt préservée, cherche encore une récompense appropriée. Première idée, créer un fonds multilatéral bénévole alimenté par les pays riches, sur le modèle des aides au développement. Seconde idée, émettre des crédits REED, valorisés par les tonnes de CO² épargnées par le maintien de la forêt. Puis, les intégrer progressivement au marché international du carbone. Les pays  ayant dépassé leur quota d’émissions C0² pourraient acheter ces crédits pour compenser leurs excès. Déjà deux petits problèmes. L’émission de crédits REDD  pourrait dévaluer le prix du carbone sur le marché international, une bourse qui se cherche encore. Les pays industriels, qui polluent plus qu’autorisé, pourraient également se racheter en finançant un projet forestier dans un pays en voie de développement, commerce discutable. Dans le mécanisme de financement qui se met en place, qui mêle fonds bénévole et connexion au marché du carbone, on parle d’une clause interdisant d’échanger une pollution d’origine industrielle contre quelques hectares de forêt primaire préservée. En attendant un financement adapté, d’autres problèmes se profilent. (1) (2) (3)

Un terrain difficile à baliser.

Comment mesurer le carbone dans une forêt ? Certains s’y emploient , mais la démarche est complexe. Il n’existe pas de catalogue « carbone » des forêts du monde. Pas plus qu’il existe de mesures appropriées à la diversité des forêts. D’ailleurs, la plupart des pays concernés n’ont pas les moyens d’évaluer le potentiel de leurs écosystèmes forestiers. Comment intégrer au REDD les millions de personnes qui dépendent, directement ou indirectement, des forêts, populations souvent marginalisées?  Il est probable que ces gens voient débarquer des officiels ou des directeurs de société, désireux de gérer des territoires forestiers, désormais monnayables. De là à penser que les arbres pourraient prendre plus de valeur que les gens qui les peuplent… Même en invitant les communautés à la préservation de leur environnement, il n’est pas sûr qu’elles en tirent bénéfice si elles ne sont pas propriétaires des arbres. La « récompense – carbone », difficile à mesurer, difficile à attribuer en raison de la complexité des situations sur la propriété des arbres, est une inconnue de taille. Autre problème, la corruption qui caractérise certains pays, quand la classe dirigeante tire profit des forêts . Une hypothèse qui priverait les communautés, et les pays, des avantages financiers du REDD. Sans parler des dirigeants qui présenteraient un tableau, plus désastreux que vrai, de leurs forêts. Mais imaginons un scénario plus optimiste, celui de communautés pauvres dédommagées pour préserver les forêts dont elles dépendent. Un nouveau « contrat » de développement qui permettrait aussi de mieux contrôler l’érosion due à la déforestation, la qualité de l’eau, et la biodiversité.

M.J

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(1) “Will the UN’s forest protection dream turn into a nightmare?” – John Vidal explains Redd – Fred Pearce, guardian, 27-05-2007

http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/27/un-forest-protection-redd

(2) UN-REDD Programme / Site UNEP / http://www.un-redd.org/Home/tabid/565/language/en-US/Default.aspx

(3) REDD : Position de FNE sur les aspects méthodologiques, Fédération des Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, octobre 2009. http://www.fne.asso.fr/fr/themes/question.html?View=entry&EntryID=228


Publié le 4 juin 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Comprendre,déforestation,Non classé
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