Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les pays émergents en guerre contre les petites poches plastique…

 

Bonjour,

A Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, l’Harmattan fait voler les sacs plastique le long des grandes artères poussiéreuses de la ville, les promène en nombre dans les quartiers résidentiels, les plaque soudain sur un tas d’immondices, et les accroche aux branches des rares arbres de la sebkha, donnant l’illusion d’une floraison aérienne et multicolore. D’après Mohamed Yahya, le Ministre de l’Environnement interrogé par la BBC, ces poches plastiques qui tracent partout dans la ville seraient responsable de la mort de 70% des animaux qui habitent la capitale, bovins et ovins. D’après les statistiques officielles, le plastique représente plus du quart des détritus qui s’amoncellent chaque année dans Nouakchott. (1) Ces plastiques ne sont pas collectés, la plupart finissent dans le désert, dans l’océan Atlantique, dans le ventre d’un poisson ou d’un mammifère marin. Le 1er janvier dernier, après un moratoire de 6 mois, la Mauritanie a finalement interdit l’usage de sacs plastiques. Quiconque les utilise, les fabrique, ou les importe encourt jusqu’à un an de prison. Pour faire oublier la mauvaise habitude du sac plastique généreusement distribué par tous les commerçants, le gouvernement, les ONG, et l’UNDP – le Programme des Nations Unies pour le Développement – sortent le sac biodégradable, celui qui disparaît dans la nature. Le Mali, où les sacs plastiques obstruent les systèmes d’évacuation des eaux, créant des inondations, a suivi la Mauritanie. Pollution visuelle, pollution urbaine, problème sanitaire, depuis une dizaine d’année déjà, l’Afrique est engagée dans cette guerre contre le plastique. (1)(2)

 

Le paradis du moustique.

Dès 2003, l’Afrique du Sud interdit le sac plastique polyéthylène haute densité (PEHD), les plus fins du marché. Ces sacs, de mauvaise qualité, volatiles, rarement utilisés deux fois, sont aussi les premiers à être frappés d’interdiction. L’Afrique du Sud instaure encore un impôt sur les sacs plus épais, le polyéthylène basse densité (PEHD). C’est un produit plus souvent épargné par les interdictions, qui coûte cher aux boutiques,  qui peut servir plusieurs fois. Cette nouvelle loi impose aux détaillants de vendre les sacs plastique, pas de les donner. En 2005, l’Erythrée, le Rwanda, la Somalie – et le Somaliland –  bannissent à leur tour l’utilisation de la petite poche plastique. En 2006, la Tanzanie – et Zanzibar – légifèrent contre le sac PEHD. En 2007, l’Ouganda interdit l’importation et la circulation du sac d’emballage, et ajoute 120% de taxes sur la version plus épaisse. Le Kenya, fatigué des plastiques qui jonchent les aires résidentielles de Nairobi, qui s’accumulent  dans les bouches d’évacuations de la ville, impose des restrictions similaires. Fin 2011, le Burkina Faso lance une vaste campagne pour débarrasser les rues de Ouagadougou de ces poches plastique, qui gorgées d’eau pendant la saison des pluies, se transforment en paradis du moustique, porteur potentiel du paludisme. (3)(4)(5)

 

Lois répressives.

Le début de cette guerre à fronts multiples commence sans doute au Bengladesh, après l’inondation très meurtrière de 1998. Les sacs plastiques, accumulés  dans les réseaux d’évacuation, ont empêché les eaux de s’écouler, amplifiant le désastre. Les Autorités interdisent alors l’usage des poches plastiques, peu à peu remplacées par des sacs en toile de jute, plante abondante au Bengladesh. (3) Le site « Plastic Bag Ban Report »  , établit une géographie mondiale de ce front contre le sac plastique, et actualise la situation d’une trentaine de pays. La législation est répressive, pas toujours simple à mettre en place, exemples. En 2012, la ville de New Delhi interdit de fabriquer,  d’importer, de stocker, de vendre, ou de transporter toute sorte de sac plastique dans la ville. En 2002, l’Inde a déjà imposé une épaisseur minimale à ces sacs. Exception tolérées à New Dehli, les poches destinées à recevoir des déchets biomédicaux, celles enveloppant des produits alimentaires, lait, huile, farine, et les tasses en plastique utilisées par les vendeurs de thé. Dans cette ville de 17 millions d’habitants, la législation étouffe aussi l’industrie du plastique, mettant en péril des centaines de milliers d’emplois. Une précédente loi de 2009 n’avait guère eu d’effets. Cette fois, les contrevenants s’exposent à une peine maximale de cinq années de prison, assortie d’une amende équivalente à 1800 dollars. (6) En aout 2010, la grande métropole du continent américain, Mexico, interdit aux détaillants d’envelopper les marchandises d’un sac plastique, attention à ceux qui le distribuent gratuitement. C’est le grand retour annoncé du cabas à provisions et du chariot de courses. Et pour les sacs encore en circulation, invitation à la réutilisation et au recyclage. (7) En 2008, quand la Chine proscrit la poche plastique, version fine, 3 milliards de sacs circulent chaque jour dans le pays. Une production équivalente à 36 millions de barils de pétrole annuels.  Les sacs, devenus payants, ne le sont guère que dans les supermarchés et les grands magasins. Mais, après quatre années d’interdiction et le déclin progressif de l’addiction au sac plastique, la Chine n’a toujours pas gagné la bataille. La quasi-totalité des fermiers, qui vendent leur production sur les marchés, la proposent dans des sacs plastique.(8) Début 2013, le Pakistan interdit de fabriquer, de vendre, et d’utiliser des sachets non dégradables. De fait, il ne s’agit pas de se passer de plastique, mais de le produire « oxo-biodégradable », une technologie qui accélère la décomposition. (9)

 

Haïti.

En octobre 2012, Haïti interdit l’importation, la production, et la commercialisation de sacs en polyéthylène et  bannit les conteneurs alimentaires en polystyrène.  Même s’il semble difficile de se débarrasser des tasses, des assiettes, et des plateaux polystyrène importés de la République dominicaine voisine, place aux plastiques biodégradables. Le pays déjà malmené par les conséquences interminables du tremblement de terre de janvier 2010, veut protéger ses côtes, ses plages, et sa mangrove de l’invasion plastique. Celle qui obstrue les systèmes d’évacuation, créant des inondations dans les quartiers les plus pauvres, est déjà de trop. Exception à la règle, les sacs plastiques destinés à l’eau potable, finalement autorisés après une mobilisation  populaire. Mais dans ce vaste chantier de reconstruction, le plastique révèle d’autres utilités. Initié dans le cadre du Haïti Communitere, le projet « Ubuntu Blox » , utilise le plastique comme matériau de construction.  L’équipe engagée court les rues de Port au Prince, ramasse les conteneurs alimentaires, retire les films plastique des canaux et des bouches d’évacuation, les rassemble dans un point de collecte. Les résidus plastiques, emballés dans des sacs de riz, sont compressés de façon à former des briques standard. L’an dernier, le travail d’une vingtaine de femmes a permis d’édifier une maison à partir de ces plastiques recyclés. (10) Fierté du concepteur, Harvey Lacey, un Texan, la construction offre aussi une résistance aux tremblements de terre. Mais le concept « Ubuntu Blox », qui l’avantage de réduire la pollution plastique, de pallier le manque de matériaux de construction, de produire local, et sans doute de créer des emplois, colle-t-il vraiment à une conception haïtienne de l’habitat ? De toute façon, le matériau devrait bientôt manquer…

 

M.J

 

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(1)« Mauritania bans plastic bag use », BBC World Africa http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-20891539

(2) « Les sacs plastiques interdits pour sauver l’environnement »
Mohamed Abderrahmane, Nouakchott, 21-01-2013, IPS, http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=7405

(3) “Plastic bags reduction around the world”, Marrickville Council / Bagbusters, 2010 http://www.marrickville.nsw.gov.au/marrickville/internet/resources/documents/pdfs/bagbusters/around-the-world.pdf

(4) « Une guerre est déclarée aux sachets plastiques », Brahima Ouédraogo, Ouagadougou, IPS, 09-12-2011 http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=6813

(5) « Plastic bag bans around the world », BBC News, 22-02-2008, http://news.bbc.co.uk/2/hi/7268960.stm

Sur site « Plastic Bag Ban Report » : http://plasticbagbanreport.com/

(6) “Delhi High Court Refuses to Block Plastic Bag Ban” , posted by Ted Duboise, DELHI, India, November 24, 2012 (ENS) http://plasticbagbanreport.com/delhi-high-court-refuses-to-block-plastic-bag-ban/

(7) “Mexico City Bans Free Plastic Bags, posted by Ted Duboise,  2010, http://plasticbagbanreport.com/mexico-city-bans-free-plastic-bags-2/

(8)Farm Markets Still Use Plastic Bags | Plastic Bag Ban Report
BEIJING, China, 04-06-2012 (ENS)
 http://plasticbagbanreport.com/chinas-farmers-markets-ignore-plastic-bag-ban/

(9) “Pakistan Latest Country To Ban Plastic Bags” Posted by Ted Duboise ,Press Release from Pakistan EPA, Pakistan Environmental Protection Agency (Pak-EPA), 2013, http://plasticbagbanreport.com/pakistan-latest-country-to-ban-plastic-bags/

(10)”Haiti Bans Plastic Bags and Foam Containers”, Posted by Ted DuboiseHaiti, 28-09-2012 (ENS) http://plasticbagbanreport.com/haiti-bans-plastic-bags-and-foam-containers/

 

 


Publié le 19 avril 2013 par marlene dans Afrique - Environnement.,déchets,Pollution de l'eau,pollution.,Recyclage,Urbanisation
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So green, Vancouver!

Bonjour,

Vancouver, cité portuaire de l’extrême Sud-Ouest canadien , cultive son image de ville-paysage dans  un environnement urbain réputé pour être l’un des plus accueillants au monde. Assise sur le Delta du fleuve Fraser, elle se réfugie à l’Ouest derrière le Détroit de Georgie et l’île de Vancouver qui la séparent de l’Océan Pacifique. Au Nord, trois montagnes se couvrent de neige en hiver. Mais dans la ville, quelques palmiers témoignent de l’un des climats les plus doux du Canada. Vancouver est une métropole hérissée de buildings,  on y circule beaucoup à vélo, et la nature n’est qu’à quelques minutes de marche. Désignée par le WWF en 2011 comme une ville très engagée contre le réchauffement climatique, elle ambitionne aujourd’hui de devenir la « Greenest City 2020 »,  la cité la plus écolo de la planète. Sur le site dédié à cet engagement, Vancouver détaille un plan d’action inspiré du « One Planet Living », une stratégie destinée à ratatiner l’empreinte écologique. Vancouver, métropole de 600.000 habitants (2011)  qui continue d’attirer de nouveaux arrivants de toutes origines, veut réduire de 33%  son empreinte écologique à l’horizon 2020, par rapport à 2006. « Mais, pendant que nous vivons dans un endroit qui est largement connu comme étant la ville la plus agréable au monde, notre empreinte écologique est trois fois plus importante que ce que la terre peut supporter. », peut-on lire sur la page de présentation du projet.(1)

 

Sobriété, recyclage, et oxygène.

« Greenest City 2020 » s’attaque en priorité au carbone et aux déchets, il valorise  les écosystèmes.  Dix programmes doivent servir cette stratégie globale. La  transition vers une économie verte pendant la décennie 2010-2020 donne le ton: doubler le nombre d’emplois induits et doubler le nombre d’entreprises  en conversion. Vancouver,  déjà tournée vers les énergies renouvelables, souhaite encore réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’un tiers par rapport à 2007. Pointée du doigt, l’énergie consommée par les immeubles, 55%  des émissions de Vancouver. Marche, vélo, métro devront compter pour la moitié des déplacements en 2020. Objectif « Zero waste », ou presque. Vancouver invite ses citoyens à réduire de moitié les déchets voués à la décharge et à l’incinérateur. Le compost –  fertilisant pour une agriculture locale -, la collecte de résidus alimentaires, le recyclage, et la récupération de matériaux de construction serviront cette stratégie. Et carton rouge pour les emballages. Vancouver,  aérée par un  parc de 400 hectares, le Stanley Park , compte intégrer d’autres jardins dans l’espace urbain. Le plan annonce encore 15 000 arbres supplémentaires. Ces efforts doivent contribuer à alléger l’empreinte écologique de la ville, objectif déjà évoqué. La qualité de l’eau potable devra être l’une des meilleures au monde.  En contrepartie, la ville attend de ses citoyens  qu’ils réduisent leur consommation d’eau de 30%. De 320 litres par habitant et par jour en 2006, ils devront se limiter à 214 litres en 2020. L’air de Vancouver sera l’un des meilleurs du club des grandes métropoles, avec plus de véhicules électriques et moins de feux de bois illégaux. Enfin, en dix ans, la ville souhaite doubler la quantité de nourriture produite localement en développant les marchés fermiers, les jardins et les vergers urbains. La nourriture compte pour 49 % de l’empreinte écologique de la ville, on en reparle.(1)

 

« Pas facile d’être vert. »

Dans un blog initulé «What Does a One-Planet City Look Like?” (2), ou à quoi ressemble une ville estampillée « One-Planet ,  publié sur l’un des sites du Worldwatch Institute , Jennie Moore (3),  spécialiste des questions d’environnement à L’Institut de Technologie de Colombie britannique, annonce  d’emblée : « Ce n’est pas facile d’être vert ». Munie de sa calculette à empreinte écologique, elle examine le cas de Vancouver.  Elle additionne les initiatives listées dans le « Greenest City Action Plan » et estime que Vancouver ne pourra réduire son empreinte  écologique  que de 11,5% . Peut-être 23% en y ajoutant quelques mesures supplémentaires. Un peu court pour tendre vers les 33% annoncés, et l’objectif « One Planet Living ». Elle détaille ses calculs. (4)  A Vancouver,  la nourriture contribue donc à la moitié de l’empreinte écologique. La moitié de cette moitié est due à la consommation de viande, de poisson, et de lait. Avec un zéro pointé pour la viande rouge. Les transports, 20% de l’empreinte écologique, dont la moitié  est due aux automobilistes qui voyagent seuls.   Et si l’on ajoute le carburant consommé par les moteurs et les voyages en avion, on arrive à 90% de l’empreinte écologique causée par les transports. Les constructions, 16% de l’empreinte écologique, dont 80% résulte de l’énergie consommée pour le fonctionnement des résidences, des commerces, et des administrations. Les consommables, ce que nous achetons, représentent  12% de l’empreinte écologique de Vancouver. Dont la moitié est due au  papier , suivi par les plastiques, les déchets organiques, les métaux, le verre.  Jennie Moore  rappelle au passage qu’une redistribution égale des services rendus par les écosystèmes de la planète à chacun de ses habitants lui donne l’équivalent d’1,8 hectare.  Au-delà, l’empreinte écologique devient trop conséquente. Or, un habitant des Etats-Unis utilise l’équivalent de 9 hectares,  7 pour un Canadien. Pour coller aux recommandations du « One Planet Living », Jennie Moore estime que ces riches américains  doivent réduire leur consommation d’énergie, de biens, et leur production de déchets de 80%.

 

« Combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? »

Alors ?  Moins de viande rouge, moins de trajets en voiture, de voyages en avion, moins de chauffage à la maison, moins d’électricité, moins d’emplettes ? Oui, mais ce ne sont pas quelques steaks de moins, et une pratique éclairée du co- voiturage qui vont considérablement nous rapprocher du « One Planet Lliving », nuance Jennie Moore, plus catégorique.  « Si « One Planet Living » est le but, une transformation radicale de nos modes de vie doit être envisagée. Et comme nous savons que les individus prisonniers d’un système ne seront pas capables d’opérer des changements spectaculaires si on ne les y incite pas – combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? – cela veut dire que le gouvernement va être amené à jouer un rôle-clé en encourageant les choix individuels de consommation plus durables. » (2) Même loin du compte, difficile de reprocher à Vancouver une stratégie de réduction de son empreinte écologique qui doit bien commencer quelque part.

M.J

 

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(1) Greenest City 2020 Action Plan, City of Vancouver http://vancouver.ca/green-vancouver/greenest-city-2020-action-plan.aspx

(2) «What Does a One-Planet City Look Like?”, Posted by Jennie Moore on March 23 2012, Moving  Toward Sustainable Prosperity. http://blogs.worldwatch.org/sustainableprosperity/oneplanetcity/

(3)Jennie Moore est directrice du Développement Durable et de Gestion Environnementale à l’Institut de Technologie de Colombie Britannique. Elle termine un Doctorat, et travaille sur la façon de faire de Vancouver une « One-Planet’City ».

(4) Vancouver’s Ecological Footprint Based on Consumption Activity (Calculated by Jennie Moore)


Publié le 20 février 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,Economie d'énergie,Ecosystèmes.,Urbanisation
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La ronde des petits légumes de Singapour.

 

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Bonjour,

Avec un peu plus de 5 millions d’habitants ramassés sur un territoire d’à peine 700 km² , l’une des plus fortes densités urbaines au  monde , Singapour est un peu à l’étroit sur son territoire. La cité- Etat, qui refuse pourtant de sacrifier ses espaces verts, concentre ses industries et construit en hauteur pour se développer et pour habiter.  L’afflux d’immigrants, que l’on a dû loger dans des tours de plus en plus nombreuses, a encore réduit l’espace disponible pour les cultures. En 1988, l’urbanisation laisse  3% du territoire à la pratique agricole. (1) En 2007, l ’espace agricole représente 1,1 %  du territoire. (2) C’est dans ce décor urbain qu’en 2009, Jacky Ng imagine un projet agricole vertical. Depuis longtemps, Singapour mise sur l’agro- technologie et développe des cultures hors-sol, hydroponique et aéroponique, installées sur le toit des immeubles.  Cette production, qui s’ajoute à une petite agriculture traditionnelle, couvre 7% de la consommation du pays en produits potagers. Chaque jour, des légumes frais et des fruits arrivent du voisinage, Malaisie, Thaïlande, Philippines, ou d’un peu plus loin, Australie, Nouvelle Zélande, Chili, Israël. Singapour importe de la nourriture d’une trentaine de pays au total. En 2009 c’est la crise. Jack Ng cherche une solution pour rendre Singapour moins dépendante de l’étranger, et pour éviter l’envolée des prix sur le marché intérieur. Quelques amis agriculteurs contribuent à une réflexion qui aboutit  à un prototype de ferme verticale, 1000 m² pour expérimenter la pousse de petits légumes. Début 2011, résultat d’un accord entre Agri-Food et l’Autorité vétérinaire de Singapour (AVA) et l’entreprise de Jacky Ng, Sky-Green, la ferme verticale prend forme. Ce potager tropical de 3,5 hectares, du nom de « Go-Grow », devrait produire 5 fois plus de légumes qu’un potager horizontal. Avec des avantages environnementaux qui collent à l’époque. La structure se compose de tours de 6 mètres de haut – elles peuvent grimper jusqu’à 9 mètres -, divisées en paliers sur lesquels sont installés des bassins, destinés aux légumes. L’ensemble tourne autour d’une structure en aluminium, qui fait voyager les plantations de bas en haut, afin que toutes profitent au mieux de la lumière du soleil. Un système hydraulique, peu gourmand en énergie, actionne la rotation. L’eau, réintroduite dans le système hydraulique, est recyclée. L’irrigation des plantes est optimisée. Et gain de taille, l’espace. Depuis quelques semaines, de petits légumes destinés à la cuisine locale, des choux chinois, des épinards, et  des laitues s’arrachent sur les étals du Fair Price Finest, une chaine locale de supermarchés. Ces légumes, un peu plus chers que ceux importés, restent plus abordables que les « bio ». La production, environ une demi- tonne par jour,  pourrait quadrupler l’année prochaine. La ferme articulée, qui compte 120 tours, pourrait bientôt en compter 300. Prochaine étape, trouver des investisseurs pour développer un projet dont l’extension devrait coûter 27 millions de dollars Singapour – environ 17 millions d’Euros -. Singapour est un état riche  qui ambitionne, toutes méthodes de cultures confondues, de produire bientôt 10% de ses légumes sur place. (3) (4)  (5)

 

M.J

 

 

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(1) Mongabay, Singapore – Land Management and Development  http://www.mongabay.com/reference/country_studies/singapore/ECONOMY.html

(2)Worldstat Info –Singapore. http://en.worldstat.info/Asia/Singapore/Land

(3)Farming in the Sky in Singapore”, Kalinga Seneviratne, IPS, 08-12-2012 http://www.ipsnews.net/2012/12/farming-in-the-sky-in-singapore/

(4)“First commercial vertical farm opens in Singapore”, Olivia Siong, Channel New Asia, 24-10-2012 http://www.channelnewsasia.com/stories/singaporelocalnews/view/1233261/1/.html

(5)” Vertical farm produces 5 times more vegetables.” The Straight Times, 20-11-2011, http://www.eco-business.com/news/vertical-farm-produces-5-times-more-vegetables/

 


Publié le 18 décembre 2012 par marlene dans Agriculture.,Singapour,Urbanisation
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En attendant le Zéro-Waste…

 

Bonjour,

Le développement économique et l’urbanisation croissante devraient doubler l’accumulation des déchets produits par les villes et leurs habitants, d’ici une dizaine d’années. Leur volume annuel passerait de 1,3 milliards de tonnes à 2,26 milliards en 2025, échelle mondiale. L’info est  rapportée sur le site du World Watch Institute dans un article Intitulé  « Global Municipal Solid Waste Continues to Grow« , Epluchures de légumes, papiers, plastiques, verre, métaux, gonflent les tas de MSW, ces Municipal Solid Waste rejetés par les villes. Production des particuliers, des administrations, ou des commerces urbains,  ils sont collectés au coin de la rue. A moins d’être durablement  oubliés sur les trottoirs et les terrains vagues des cités du monde en développement. Les eaux usées, les morceaux de bâtiments éventrés, les mauvais métaux associés, ou les déchets industriels, vomis par les villes et leurs usines, participent à cette accumulation qui dénature l’environnement de zones parfois très peuplées. Mais pendant que les détritus s’entassent aux portes des villes de la planète, le recyclage progresse.

 

Urbanisation et consumérisme.  Les pays de l’OCDE, le club des pays riches, se débarrassent de 1,6 millions de tonnes  de déchets par jour, quand l’Afrique subsaharienne n’en produit que 200.000 tonnes. Les Etats-Unis, en tête de liste avec 621.000 tonnes de rejets quotidiens,  sont désormais talonnés par la Chine, 521.000 tonnes. Car, conséquence d’une urbanisation et d’un consumérisme croissants, quatre grandes économies émergentes figurent désormais au top-10 des producteurs de déchets urbains, Chine, Brésil, Inde, et Mexique. Au début des années 2000, la Chine compte un demi-milliard de citadins. Depuis le début des années 80,  la quantité de MSW, collectée et transportée dans le pays, a été multipliée par 4. Soit une progression annuelle supérieure à 8%, bien supérieure à la croissance de la population chinoise. (1)

 

Emballages. Le développement des villes et des revenus croissants influencent encore le contenu des poubelles. Les résidus non naturels, plastiques, papiers, aluminium, se multiplient à mesure que les gens migrent vers les villes, et y consomment des produits manufacturés et emballés. Ainsi les déchets organiques ne constituent que le quart des ordures produites par les cités des pays riches. Les villes de  l’espace émergent, dont les populations sont encore en train de changer de comportement, génèrent encore 60% de déchets organiques. Et les campagnes, encore plus distantes d’une occidentalisation des habitudes et des produits, rejettent entre 40 et 85% de déchets organiques.

 

Recyclage. A l’échelle mondiale, le quart des déchets est recyclé, transformé en compost, ou destiné à un traitement plus doux pour l’environnement que les décharges ou l’incinération. Mais le recyclage obéit aussi à une différenciation entre les pays industrialisés, et ceux qui amorcent leur développement. Etats-Unis en tête, où le tiers des déchets urbain est recyclé, contre seulement 10% en 1980. La plupart des pays riches connaissent une évolution similaire. La filière des déchets, de plus en plus régulée et encadrée, favorise une économie de recyclage. Une activité rentable. Selon la Banque mondiale, le marché de la ferraille et celui du papier dégageraient au moins 30 milliards de dollars chaque année. L’UNEP, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, estime que la filière, définition large, de la collecte au recyclage, rapporterait 400 milliards de dollars annuels, échelle planétaire. L’UNEP, qui s’inquiète de l’accumulation des rejets aux portes des villes, multiplie les incitations au recyclage.(2) Imaginons que la totalité des déchets organiques soient transformés en compost, ou convertis en énergie.

 

Economie circulaire. Présenté comme bon élève du club des pays riches, le Japon. Depuis le début des années 90, l’archipel nippon a multiplié les lois visant à réduire l’utilisation de certains matériaux, à réutiliser et à en recycler beaucoup d’autres. Le pays, engagé sur la voie d’une économie circulaire, en a fait une priorité nationale. Avec quelques succès. La productivité des ressources – le PIB (produit intérieur brut) mesuré à prix constant, divisé par la consommation intérieure de matières, en yen par kg –  devrait doubler d’ici 2015, par rapport au niveau de 1990. Pour la même période, le taux de recyclage devrait également doubler. Et les matériaux envoyés à la décharge ne devraient représenter que le cinquième du volume produit en 1990.

 

Zero Waste. Pour contrer l’accumulation des déchets, quelques ilots de résistance s’organisent. Zéro Waste, c’est la formule choisie par la Nouvelle-Zélande, qui en fait désormais sa marque de fabrique. L’archipel des confins, qui  articule sa politique économique et commerciale autour de cette exigence, travaille son image d’ exportateur de produits « propres ». Sur le site du ZeroWaste, la profession de foi colle aux préoccupations environnementales du moment : « Zero Waste est un but éthique, économique, efficace, et visionnaire, destiné à guider les gens dans le changement de leur style de vie et dans leur pratique afin de retrouver des cycles naturels durables, où tous les matériaux jetés sont conçus pour devenir les ressources d’autres gens »… « La mise en oeuvre de Zero Waste éliminera les rejets qui polluent la terre, l’eau, et l’air, et qui sont une menace pour la planète, la santé des hommes, des animaux, et des plantes. »

M.J

 

 

 

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(1)“The current situation of solid waste management in China”, Qifei Huang · Qi Wang · Lu Dong · Beidou Xi, Binyan Zhou, 27-10-2005, J Mater Cycles Waste Manag (2006) 8:63–69 © Springer-Verlag 2006 http://www.environmental-expert.com/Files/6063/articles/9024/1.pdf

(2) « Vital Waste Graphics » was initiated by the Basel Convention Secretariat and produced in partnership with the Division of Environmental Conventions (DEC) of UNEP, Grid-Arendal and the Division of Early Warning Assessment-Europe of UNEP. It is being published for the seventh meeting of the Conference to the Parties of the Basel Convention (COP7). http://www.grida.no/publications/vg/waste/

Economie circulaire: “Circular Economy related international practices and policy trends”, Prof. Dr. Peter Heck, IfaS, Environmental Campus Birkenfeld, 20.2.2006 http://siteresources.worldbank.org/INTEAPREGTOPENVIRONMENT/Resources/CircularEconomy_Policy_FinalDraft_EN.pdf

Traitement des déchets par pays / Banque mondiale :http://siteresources.worldbank.org/INTURBANDEVELOPMENT/Resources/336387-1334852610766/AnnexL.pdf


Publié le 7 septembre 2012 par marlene dans déchets,Developpement,Urbanisation
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Kangbashi, « ghost-city ».

Bonjour,

Si les villes- fantômes racontent souvent des histoires anciennes, Kangbashi, cité radieuse et endormie sur un bout de désert,  attend l’avenir qui convient à sa modernité clinquante. C’est la chaine d’info Al Jazeera qui, en novembre 2009, diffuse la première un reportage sur ce paysage urbain  « made in China », posé dans les steppes désertiques de Mongolie intérieure . Cette région, nouveau front d’une Chine dopée aux énergies fossiles, dispose d’immenses réserves de gaz naturel et de charbon, découvertes en 2004.  C’est à peu près à cette époque que les Autorités d’Ordos , Préfecture de cette région,  décident de construire une  ville nouvelle. Conçue pour un million d’habitants, elle doit désengorger Dongsheng, petite capitale surpeuplée et assoiffée du district. Les deux villes seront séparées d’une vingtaine de kilomètres.  Dans cette zone aride, Kangbashi  sera érigée à proximité d’une source d’eau. Pendant cinq années, une armée de Mingongs, ces travailleurs migrants venus d’autres régions, concrétisent d’immenses boulevards, façonnent des milliers de logements  regroupés dans des résidences somptueuses, et empilent des milliers de bureaux.  En 2010, Kangbashi,  toujours en chantier, étale ses excès sur 35 km². La ville peut accueillir 300.000 habitants. L’investissement est estimé à  plus d’un milliard de dollars. On évoque un nouveau Dubaï, quelques km² de désert  convertis en métropole prospère.  En attendant la prospérité, 30.000 habitants, estimation optimiste,  se croisent dans une métropole un peu trop spacieuse. D’où son surnom de « ville- fantôme », toponymie largement reprise par la presse.  Côté positif, l’air est encore pur dans cette cité sans embouteillage, dotée d’attributs écolos, espaces verts, panneaux solaires, et bus circulant au gaz. Robert Preston, journaliste à la BBC, qui passe quelques heures dans cette ville  plantée au milieu « nulle part », prétend qu’il n’a jamais rien vu de semblable. Il s’interroge : « un exemple étonnant d’investissement à long terme, ou la manifestation d’une bulle immobilière malsaine ? » (1) Patrick Chovanec, professeur associé à l’Université  Tsinghua de Beijing,  spécialiste de cette « bulle immobilière » remarque que les Chinois collectionnent les appartements vides, faute d’alternatives pour investir leur argent.  Au risque de saper les efforts du gouvernement chinois pour contenir le prix des logements. (2) Ce qui n’a pas empêché une augmentation  d’environ 10%, au cours de l’année passée.(3) En attendant le boom immobilier, et les habitants, des jardiniers entretiennent une barrière végétale, composée des milliers d’arbres et d’arbustes,  destiné à tenir le désert hors de la ville.

M.J

Un nouveau reportage d’Al Jazeera, septembre 2011:

 

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Un reportage photos pour  Time Magazine, signé Michael Christopher Brown

 

(1) China: boom or bust(1), Robert Preston, BBC News, 05-11-2010 http://www.bbc.co.uk/blogs/thereporters/robertpeston/2010/11/china_boom_or_bust_1.html

(2) “Chinese City Has Many Buildings, but Few People”, David Barboza, The New-Tork Times, 19-10-2010, http://www.nytimes.com/2010/10/20/business/global/20ghost.html?pagewanted=all

(3) China’s Desert Ghost City Shows Property `Madness’ Persists, Kevin Hamlin, Bloomberg News, 23-06-2010,  http://www.bloomberg.com/news/2010-06-23/china-s-desert-ghost-city-shows-property-madness-as-buyers-pay-in-cash.html

Et: Inner Mongolia, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Inner_Mongolia, Kangbashi, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Inner_Mongolia

 

 


Publié le 24 novembre 2011 par marlene dans Chine,Developpement,Urbanisation
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Humberstone et Santa Laura, cités rouillées du salpêtre chilien.

Bonjour,

Humberstone et Santa Clara, deux cités habillées de bois grisés et de tôles rouillées, autrefois animées par l’industrie du salpêtre, habitent l’immense solitude de la Pampa Tamarugal, dans désert de l’Atacama, tout au Nord du Chili. Pablo Neruda, le poète chilien, élu sénateur de ces terres ingrates en 1945, plante le décor dans son livre autobiographique: « Entrer sur ces espaces plats, affronter ces sables sans fin, c’est se poser sur la lune. Cette espèce de planète vide recèle la richesse principale de mon pays, mais il faut extraire de la terre aride et des monts de pierre l’engrais blanc et le minerai rouge. Peu d’endroits au monde abritent une vie aussi pénible et aussi dépourvue d’attraits. » (1) Ce sont pourtant ces paysages lunaires, veinés de cuivre et dotés de nitrates , qui font la fortune du Chili. De la fin du XIX° à la première moitié du XX° siècle, le nitrate de soude, alias le salpêtre connu depuis le Moyen Âge, est l’engrais le  plus utilisé dans le monde. Humberstone et Santa Clara, distantes d’à peine deux kilomètres et séparées par une route, sont les fantômes de ce salpêtre qui a développé l’agriculture,  mélangé les gens, et fait couler pas mal de sang.

Explosifs et agriculture.

L’histoire du nitrate chilien, acheminé à dos de mule à Lima à la fin du XVIII° siècle pour fabriquer de l’explosif, démarre vers 1930, quand l’agriculture européenne découvre les propriétés de ce fertilisant naturel. Au Etats-Unis, en Argentine, ou en Russie, la demande explose. Au Brésil, on l’utilise pour faire pousser le café. A Cuba, en République dominicaine, il améliore la culture de la canne à sucre. Vers le milieu du XIX° siècle, un nouveau procédé ouvre la voie à une exploitation industrielle. Les milliers de kilomètres de rail ferroviaire qui quadrillent le nord du territoire chilien au cours des décennies suivantes en facilitent l’exportation. Le Chili est alors le principal producteur mondial de nitrate. En 1890, il contribue pour moitié à la richesse du pays. A la veille de la Première Guerre mondiale, le salpêtre représente 80% des exportations du Chili. (2) Le conflit, qui contrarie les échanges mondiaux, désorganise la filière. L’Allemagne, gros consommateur de ce sel naturel aux mains des Anglais, pour ses explosifs et pour son agriculture, a déjà commencé à produire du nitrate à base d’ammoniaque.

Nitrate d’origine chimique.

En 1862, Le site de Humberstone est investi par la Société péruvienne du Nitrate. L’exploitation s’appelle alors La Palma. De l’autre côté de la route, la construction de Santa Laura, conduite par la société Barra et Risco, s’achève dix ans plus tard. En 1889, La Palma devient l’une des plus grandes cités du salpêtre de la région de Tapaca. On y recense  environ 3000 habitants.(2) La petite ville dispose d’un théâtre, fréquenté par les stars du moment, d’un hôtel, et même d’une piscine. Santa Laura, entreprise plus modeste, compte 420 familles dans les années 20. (2) Mais la crise économique des années 30 contrarie l’industrie du nitrate chilien. La Palma ferme en 1932. Puis ouvre à nouveau. En 1933, la filière du nitrate, reprise par la COSATAN ( Compania Salitrera de Tarapaca y Antofagasta) est réorganisée, et modernisée. La cité s’appelle désormais Humberstone, le nom de son  fondateur anglais. L’exploitation prospère à nouveau, on y construit de nouveaux bâtiments, environ 3700 personnes y habitent en 1940. Les efforts pour rendre la filière compétitive n’ont pas suffi. En 1950, le nitrate chilien ne représente plus que 3% des échanges mondiaux. (2)En 1960, les fertilisants d’origine chimique condamnent le négoce chilien. Et les cités qui s’en sont nourries.

«…quinze grèves, huit ans de pétitions et sept morts… »

Humberstone et Santa Laura racontent aussi l’histoire de ces ouvriers, Chiliens, Péruviens, Boliviens, qui se sont mélangés pour créer une culture « pampina ». Cette petite communauté, isolée et écrasée par le soleil du désert, s’est organisée, a inventé une langue, et a mêlé ses traditions. Pable Néruda y décrit une humanité qui a pris l’aspect du désert  « Ce sont des hommes au visage brûlé; toute leur expression de solitude et d’abandon est déposée dans l’intensité sombre de leurs yeux. » (1) Il évoque encore « cette main qui porte la carte de la pampa dans ses cals et dans ses rides. » (1) Cette colonie, soumise à la discipline et au diktat de ses dirigeants, a surtout inventé la contestation au Chili. Pablo Neruda raconte les conditions de travail et les grèves. Il parle de ces planches posées dans les mines de salpêtre pour éviter que les ouvriers pataugent dans « une boue où l’eau se mêlait à l’huile et aux acides. » Une protection qui a « coûté quinze grèves, huit ans de pétitions et sept morts ». (1) Sept meneurs assassinés dans le désert par une police au service de la compagnie minière. « Mais avant, c’était pire.» En 1907, 6000 travailleurs sont exécutés par l’armée à Iquique, petite ville minière où se sont rassemblés les exploités du salpêtre. Cette grande grève de la province de Tarapaca, date de l’histoire nationale,  permettra au monde ouvrier chilien de se structurer pour conquérir des droits.

Rouille et pillards.

De vieilles machines figées, des rangées de bâtiments de bois offerts aux vents, des toits de tôle malmenés par le sel des brises venues de l’océan, de grandes pièces remplies de lumière et de solitude qui ne demandent qu’à s’effondrer, des planchers crevés, c’est à peu près tout ce qui reste du salpêtre et de ses révoltes. Les pillards se sont déjà servis. En 1970, Humberstone et Santa Laura deviennent monuments nationaux. En 2005, les sites sont listés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La piscine, déjà rongée par la rouille, n’a pas grand-chose à craindre d’une pluie qui ne tombe que deux ou trois fois par siècle.

 

M.J

 

 

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(1) «J’avoue que j’ai vécu », Pablo Neruda, Mémoires, Gallimard, 1975, (« La pampa du salpêtre », p 222 à 228.

(2) Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura, Convention du Patrimoine mondial, UNESCO,  http://whc.unesco.org/fr/list/1178/

Accès à des sites chilien (espagnol) :

- Humberstone y Santa Laura, Nuestro Patrimonio, Nuestro Chile:

http://www.educarchile.cl/Portal.Base/Web/verContenido.aspx?ID=130439

- Oficina Humberstone:

http://www.albumdesierto.cl/ingles/2humber.htm

 


Publié le 13 septembre 2011 par marlene dans Chili,Histoire.,Urbanisation
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« Perfumed Jungle », essence d’architecture verte.

Bonjour,

En feuilletant « GREEN – Architecture Now», un gros bouquin qui illustre les déclinaisons de l’architecture verte dans le monde, maisons individuelles ou projets plus ambitieux, je me suis arrêtée sur « Perfumed Jungle ». C’est une proposition architecturale étonnante qui métamorphose le front de mer de et le quartier des affaires de l’île principale de Hong-Kong. Un gigantesque projet qui oxygène et souligne un paysage urbain planté de buildings. « Hong- Kong », assise au bord de la Mer de Chine méridionale, à l’embouchure de la rivière des perles, signifie « Port aux Parfums », un nom qui évoque le temps où les arbres parfumés abondaient dans la ville. L’équipe de « Vincent Callebaut Architecture » , à l’origine de cette vision architecturale, a repris l’évocation pour imaginer une « Jungle parfumée» dans une ville soumise à de fortes contraintes environnementales, et humaines. Hong- Kong, composée de trois îles aux paysages escarpés, oppressée par un climat subtropical, est encore étouffée par une  pollution qui la plonge souvent dans un brouillard gris. La cité, qui concentre un peu plus de 7 millions d’habitants sur 1/5° de son territoire, le reste est trop montagneux pour construire, présente des densités de 30.000 habitants au km², parmi les  plus élevées au monde. (2) « Perfumed Jungle », qui propose un ensemble de tours aérées et rebondies, offertes à une végétation abondante, qui décline une topographie aquatique en bord de mer, doit modérer la pollution, tout en inversant l’empreinte écologique du quartier. Les tours, jardins verticaux plongés en Mer de Chine, constituent des habitats pour la flore, la faune, et les hommes. Grâce au processus de photosynthèse, leur végétation doit purifier l’atmosphère. Chaque élément, autosuffisant, doit produire plus d’énergie et de biodiversité qu’il en consomme. Au bas des tours, l’espace aquatique, maillage de piscines, de marinas, de nouveaux quais, ou lagons d’épuration biologique, doit constituer une réserve d’eau pour le quartier, un espace de vie pour les espèces locales. Sa géographie, en cascade,  rappelle les paysages de rizières. L’ensemble, aux fonctions écosystémiques, donne vie à l’architecture. Cette proposition urbaine a été imaginée pour l’une des villes les plus prospères de la planète, qui n’a pas encore signé, et qui peine à développer un plan de logements sociaux

Visite du projet sur le site de Vincent Callebaut

M.J

(1) « GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Perfumed Jungle” – Hong-Kong, China, 2007, pp 100-105

(2) Géographie de Hong-Kong, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_de_Hong_Kong


Publié le 12 novembre 2010 par marlene dans Architecure.,Biodiversité,Chine,Urbanisation
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L’homme qui rêvait de blanchir la montagne.

Bonjour,

L’homme qui rêvait de blanchir la montagne s’appelle Eduardo Gold. Ce Péruvien d’une cinquantaine d’années, qui voit son glacier andin reculer d’année en année, va tenter de le reconstituer en le badigeonnant de blanc. L’idée est simple. Recouvrir les hauteurs du Chalon Sombrero, un sommet perché à  4756 mètres, d’une mixture à base de citron, de blanc d’œufs, et d’eau, pour recréer une surface blanche, et augmenter l’albedo.  Quand le soleil est réfléchi sur une surface blanche, ou claire, son énergie est renvoyée dans l’atmosphère, puis dans l’espace, sans réchauffer la surface de la terre. Ainsi, le sommet de Chalon Sombrero, recouvert de blanc, bénéficierait d’un micro- climat, plus froid, qui lui permettrait de recouvrer une partie de ses glaces. Idée loufoque selon les uns, idée géniale selon les autres, mais pourquoi ne pas essayer ?  La Banque Mondiale qui mène l’opération «  Cent idées pour sauver la planète », a retenu, parmi d’autres, le projet de ce glaciologue autodidacte. Et lui a attribué une enveloppe de 200.000 dollars pour éclairer son sommet. (1)

Le Pérou, qui concentre 70% des glaciers de l’espace tropical, est l’un des pays les plus exposés au changement climatique. Un rapport sur ses effets, publié en 2007 par Les Amis de la Terre, documenté par le GIEC (2007), rapporte un recul des glaciers plus alarmant au Pérou que dans les autres pays andins.(2) Au cours des 35 dernières années, ils auraient perdu environ le quart de leur surface. Or ces glaces, qui sont des réservoirs d’eau potable pour les communautés andines et les importantes populations côtières, qui permettent de produire de l’hydro-électricité, et qui irriguent l’agriculture, sont vitales pour le pays.(2) Les habitants de Lipaca, le village que surplombe le Chalon Sombrero, qui dépendent des eaux de son glacier, remarquent son retrait progressif depuis une bonne quinzaine d’années. Et quand moins d’eau signifie moins de pâturages, ils s’inquiètent pour leurs troupeaux, principale activité de la bourgade andine. Pour contrer les effets d’un changement de climat, également observé par des variations de température, quelques villageois, armés de gobelets remplis de cette mixture naturelle utilisée par les Anciens, blanchissent les rochers qui entourent les sommets du Chalon Sombrero pour redonner vigueur à son glacier.

Le problème, c’est qu’il a fallu deux semaines pour couvrir deux hectares. Et qu’il en faudra encore beaucoup pour badigeonner les 70 hectares environnants, à moins d’y employer tout le village. C’est peut-être ici, confinée sur ce petit bout de territoire andin qui lui a donné naissance, que l’idée révèle ses limites. Thomas Condom, glaciologue français impliqué depuis une quinzaine d’année dans l’évolution de ces glaciers tropicaux, interrogé par BBC News, contextualise l’idée d’Eduardo Gold : « L’impact sera nécessairement local, il ne renversera pas ou ne stoppera pas un phénomène observé à l’échelle d’une région entière. Il serait très difficile de reproduire l’expérience à grande échelle dans les Andes. » (1)

L’histoire, en vidéo

M.J

(1) Can painting a mountain restore a glacier?, By Dan Collyns
BBC News, Ayacucho, 17-06-2010.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/world/latin_america/10333304.stm

(2) « Climate Testimonies », Les Amis de la Terre International, Novembre 2007, Pérou, p 24 à 27. http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/


Publié le 1 juillet 2010 par marlene dans Afrique,Climat,Comprendre,Développement durable,eau,Non classé,Préjudice écologique,Urbanisation
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Le Nil, une ressource disputée.

Bonjour,

Sept pays d’Afrique orientale souhaiteraient profiter des eaux du Nil pour se développer. Réunis mi-mai à Entebbe, en Ouganda, L’Ethiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, la République démocratique du Congo, le Rwanda,  et le Burundi, réclament un partage plus équitable des eaux du fleuve. L’Egypte et le Soudan, déserts irrigués par le Nil, rejettent un  processus qui remettrait en cause un accès historique privilégié au plus long fleuve d’Afrique.

Un Nord arrosé, un Sud aride.

Le Nil, qui a porté l’Islam sur le continent africain, et qui bien plus tard, a permis à l’Angleterre de repousser les frontières de son Empire colonial sur les marges orientales, s’étend sur plus de 6800 km. C’est l’un des plus longs fleuves du monde. Son bassin, qui occupe plus de 3 millions de km², environ 10% du continent africain. Il traverse dix pays :le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie. Le fleuve naît à Khartoum, de la confluence du Nil Blanc, venu du Lac Victoria – partagé par l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie – et du Nil Bleu,  qui prend sa source dans le Lac Tana, dans les hauts – plateaux éthiopiens.  C’est aussi le Nil Bleu qui contribue à 70% du débit annuel du fleuve. D’ailleurs, le Nil est principalement alimenté par les pays situés en amont, sur un territoire qui couvre 20% seulement de son bassin. Puis il s’écoule vers un nord plus aride, où l’apport en eau est minimal, et l’évaporation intense. Cette différenciation Nord-Sud, un Sud qui nourrit le fleuve et un nord aride, est soulignée par le régime des pluies. Les pluies tropicales abondantes de la région des Grands Lacs et du sud-ouest éthiopien contrastent avec les faibles précipitations relevées en Egypte et au Soudan. Il tombe entre 900 et 1500-1900 mm de pluies par an au Burundi, au Congo, et au Rwanda. La moyenne égyptienne hésite entre zéro et 120 mm par an. Celle du Soudan part aussi de zéro, mais peut grimper à1610 annuels.  Autre différence, le Nil n’a pas la même importance pour tous les pays qui partagent son bassin. En République démocratique du Congo, le fleuve ne représente qu’une petite part des ressources totales du pays. A l’opposé, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan, et l’Egypte dépendent du Nil pour leur approvisionnement. Au Burundi et au Rwanda, l’eau se renouvelle à l’intérieur des frontières. En Egypte et au Soudan, l’eau provient surtout de l’extérieur. (1) C’est sans doute pourquoi ces deux grands pays, désertiques et dépendants, défendent un accès privilégié au Nil, accordé par le colonisateur britannique en 1929.

Développement et démographies.

Le traité de 1959, qui prolonge et modifie celui de 1929, sert les projections égyptiennes. Le texte de 1959 alloue 75,7% du débit du Nil, 55,5 milliards de m3, à l’Egypte. Le Soudan, qui réclamait plus, obtient 24,3%, 18,5 milliards de m3. De plus, le Caire dispose d’un droit de veto sur les aménagements susceptibles de réduire le débit du fleuve. Les pays situés en amont ont toujours contesté la validité d’un traité pour lequel ils n’ont pas été consultés, Ethiopie en tête. (2)L’Ethiopie, en crise avec l’Egypte depuis la Seconde Guerre mondiale, prétend que la contribution de son territoire aux eaux du Nil – plus des deux tiers du débit exploité par l’Egypte et le Soudan – devrait lui autoriser un  meilleur accès. Les pays situés en amont,  où la démographie explose et les forêts reculent, comptent aujourd’hui sur le Nil pour développer des projets d’irrigation, et construire des barrages hydro-électriques. (3)  L’Ethiopie ambitionne déjà d’exporter de l’électricité. En aval, l’Egypte plus développée, est également confrontée à une démographie galopante. Sa population de 80 millions d’habitants, qui pourrait doubler d’ici le milieu du siècle, manquera d’eau. (4)

M.J

Nil / Population / UNEP

(1) « Water sharing in the Nile River Valley», Diana Rizzolio, UNEP/DEWA/GRID-Geneva-DR-January-June 1999- January-June 2000 http://www.grid.unep.ch/activities/sustainable/nile/nilereport.pdf

(2) » Les enjeux actuels du partage du Nil entre craintes égyptiennes et rancœur éthiopienne », Frédéric Lasserre, Département de Géographie, Université de Laval, 2003, http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2003/lasserre2/article.htm

(3) « Région des Grands Lacs africains : collapse Nature-société pronostique. »Alain Cazenave-Piarrot. alain.cazenave-piarrot@toulouse.iufm.fr

Publié le lundi 8 février 2010

http://geographica.danslamarge.com/REGION-DES-GRANDS-LACS-AFRICAINS.html

(4) « Démographie Egypte : un défi majeur », GéoPopulation, Informations, données, classements, statistiques et cartes sur les pays du monde

http://www.geopopulation.com/20080610/demographie-egypte-defi-majeur/


Publié le 25 mai 2010 par marlene dans Afrique,Developpement,eau,Préjudice écologique,Urbanisation

Elevage: entre industrie et survie.

Bonjour,

Poussé par les pays en voie de développement, l’élevage planétaire est en plein boom. C’est le constat du rapport 2009 de la FAO, l’organisation des Nations –Unies pour l’alimentation et l’agriculture. L’amélioration du niveau de vie, l’urbanisation, et la croissance démographique ont fait décoller la demande en viande, en œufs, et en produits laitiers. Cette évolution, rapide et anarchique, pèse sur l’environnement. Mais, dans les pays les plus pauvres, posséder une vache évite la faim.

Multiplications.

Côté consommation, la multiplication s’impose. En 25 ans, dans les pays de l’Est et du Sud-Est asiatique, la part de la viande dans le régime alimentaire a pratiquement été multipliée par 4. Elle est passée de 12,8kg, par an et par habitant en 1980, à 48,2kg en 2005. En Chine, pour la même période, elle a plus que quadruplé, sautant de 13,7 kg à 59,5 kg. En 2005, les Chinois consomment aussi dix fois plus d’œufs et de lait qu’en 1980. Au Brésil, depuis les années 80, la part de la viande a doublé,  portant la consommation à plus de 80 kg, par an et par habitant, en 2005. Exception dans ce changement de régime, l’Afrique sub-saharienne,  où les chiffres stagnent et reculent. Globalement, si la consommation de produits dérivés de l’élevage a doublé dans les pays les moins riches en plus de deux décennies, elle n’a guère progressé dans les pays développés, où l’alimentation d’origine animale était déjà très importante. Avec plus de 120 kg de viande par an, et par habitant, les Etats-Unis restent le royaume du steack. L’offre a globalement suivi la géographie et l’envolée de la demande. Entre 1980 et 2007, la production issue de l’élevage a plus que triplé dans les pays émergents. L’Asie de l’Est et du Sud- Est a accompli une transition plus rapide, suivie par l’Amérique latine et les Caraîbes. La Chine a multiplié sa production de viande par 6, le Brésil par 4. En 2007, les pays en voie de développement produisent plus d’œufs et de viande que les pays développés.

Elevage industriel.

Elevage industriel, celui qui approvisionne des villes toujours plus peuplées, notamment dans les pays en voie de développement. L’urbanisation y est de 73%, contre une moyenne mondiale de 42%. Au Brésil, en Chine, en Inde, les revenus ont augmenté, les habitudes alimentaires ont changé. La viande s’est imposée dans les menus des citadins qui, désormais, prennent leurs repas à l’extérieur. Ce changement de régime, décliné à l’échelle des puissances émergentes, pèse sur l’environnement. L’élevage, gros producteur de gaz à effet de serre, 18% des rejets mondiaux, est aussi un gros consommateur. Chaque année, il puise 8% de la réserve mondiale en eau. Il s’étend sur de vastes superficies agricoles, 80% des terres disponibles, dont 1/4 de pâturages et 1/3 de zones destinées à produire des aliments pour le bétail. Dans certains pays, les exploitations intensives repoussent la forêt, et favorisent le surpâturage. L’élevage, qui s’est rapproché des villes pour réduire les coûts des transports, est aussi un vecteur de maladies. La FAO regrette que la filière, boostée par la technologie dans un souci de rentabilité, se soit emballée sans cadre institutionnel, sans contrainte, sur le dos des équilibres sociaux et naturels. D’où l’urgence à contrôler un développement qui intègre les petits producteurs, n’épuise pas les ressources naturelles, et respecte les règles sanitaires. Et s’il faut choisir une viande, la volaille ou le porc, en rapide expansion, à l’alimentation  plus douce pour l’environnement que celle du boeuf.

Elevage domestique.

Elevage domestique, celui qui soulage le quotidien des ménages les plus pauvres. Dans de nombreux pays en voie de développement, de petits exploitants associent l’élevage à une agriculture familiale. La FAO, qui a échantillonné une quinzaine de pays, révèle que 60% des ménages entretiennent des animaux. A Madagascar, la part des familles possédant du bétail grimpe à 77%, 63% au Malawi, 82% au Viet-Nam, et 84% en Equateur. Sans compter les oubliés de la richesse européenne, 84% en Albanie, et 72% en Bugarie. Ce bétail, qui donne des veaux et du lait, est d’abord une source de revenus pour ces petits exploitants. Il est aussi l’assurance d’une alimentation régulière, et de bonne qualité. Il représente encore une force de travail pour cultiver les champs. Et dans ce monde où rien ne se perd, les bouses de vaches constituent un engrais, ou un combustible. L’élevage est aussi une source d’emploi pour les femmes qui élèvent des poules et des chèvres, et tirent revenus des œufs et du lait. En Afrique, la volaille, produit de la maison ou produit du village, est d’ailleurs souvent une affaire de femmes. Mais, à moins d’un sérieux coup de pouce de la part des décideurs, assorti d’un encadrement institutionnel, « La production animale risque de rester  un moyen d’existence et un filet de sécurité essentiels pour les ménages pauvres pendant de nombreuses années encore. »

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Et pastoralisme.

A distance de l’élevage industriel et  à proximité de l’élevage domestique, le pastoralisme. Dans certains pays de la Corne de l’Afrique ou du Sahel, les éleveurs négocient leurs chèvres, leurs moutons, leurs bœufs, ou leurs chameaux à des marchands qui les destinent au Proche Orient, ou aux agglomérations côtières d’Afrique de l’Ouest. Ce commerce est aujourd’hui menacé par des normes sanitaires plus rigoureuses. La multiplication des contrôles frontaliers, l’expansion des terres cultivées et des aires protégées, limitent aussi l’espace pastoral traditionnel. Partout dans le monde, les éleveurs nomades sont une espèce en voie de disparition. Autre ennemi de cet élevage itinérant, le changement climatique qui assèche des terres déjà arides, et prolonge les sécheresses.

M.J

Rapport FAO 2009: « Le point sur l’élevage »


Publié le 31 mars 2010 par marlene dans Agriculture.,FAO,Urbanisation
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