Environnement

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Ces îles glacées qui voyagent.

9 octobre 2007 · Pas de commentaires

Bonjour,

La géographie arctique est une géographie qui bouge. Il y a quelques jours, je vous parlais de Churchill, petit port canadien accroché au Nord du continent américain, et jusque là, pratiquement immobilisé par les glaces de l’Arctique. Des glaces qui fondent, une opportunité pour Churchill qui se rêve déjà en grand port commercial, escale obligée sur le fameux passage du Nord - Ouest, qui relie le Groënland à l’Alaska, l’Atlantique au Pacifique. Je ne vous ai pas parlé des convoitises géopolitiques, et minières, qui accompagnent cette probable opportunité géographique.

On reste au Canada, direction l’archipel Arctique, le Nuvanut, et la grande île d’Ellesmere, encore un cas de géographie qui ne tient plus en place. L’histoire commence il y a plus de 4500 ans, quand le plateau d’Ayles s’accroche à l’immensité glacée d’Ellesmere. L’histoire s’accélère en août 2005. En moins d’une heure, une large fente déchire le plateau de glace d’Ayles, libérant une grande partie de cette croûte de glace. Une séparation brutale qui a enrichi l’Arctique d’une nouvelle île, 66 km² pour 40 kilomètres d’épaisseur, une belle portion de glace. Une rupture qui fait date dans l’histoire du réchauffement de l’Arctique. D’après le GIEC, depuis plus d’un siècle, les températures moyennes de l’Arctique auraient augmenté pratiquement deux fois plus, que dans les autres régions du globe. D’ailleurs, toujours depuis un siècle, le Canada polaire aurait perdu 90% de ses plateaux de glace.

Pendant deux années, l’ïle d’Ayles dérive vers le Sud - Est, quelques glaçons en moins. On l’attendait récemment du côté des îles Reine Elisabeth, passage vers la Mer de Beaufort. Inquiétudes sur les navires, et les plate - formes pétrolières. Et finalement, le 4 septembre dernier, réchauffée par les eaux, Ayles se fracture encore, après un périple de 470 kilomètres au Sud. Mi - septembre, une partie de l’île regarde vers la baie norvégienne, pendant que l’autre hésite pour le Détroit de Penny. Et fin septembre, l’île d’Amund Ringnes sépare définitivement les gros glaçons. Le premier continue son voyage vers le Détroit de Massy. Le second profite d’une température de -15°C, dans le Détroit de Hassel. Ou l’inverse.

M.J

Je vous propose de retrouver cette histoire, sur son site canadien. Un road book avec de belles images satellite…

Le voyage d’Ayles..

Tags: Climat

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