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Le 27 juin dernier, l’agence des Nations Unies pour la population (UNFPA) a publié son rapport annuel sur l’état de la population mondiale, cuvée 2007. Ce texte, intitulé “Libérer le potentiel de la croissance urbaine” examine l’urbanisation mondiale, ses risques et ses dangers, mais aussi ses chances. A condition d’accompagner cette urbanisation.
Plus de la moitié de la population mondiale dans les villes.
En 2008, plus de la moitié de la population de la planète, soit 3,3 milliards d’habitants, vivra en ville. Une première dans l’histoire de l’humanité. D’ici 2030, cette proportion devrait grimper à 60%, il y aura environ 5 milliards de citadins. Et 81% de cette population urbaine planétaire sera concentrée dans les petites villes et les grosses métropoles des pays en voie de développement. Une perspective inquiétante dans un environnement urbain déjà caractérisé par la pauvreté, le manque d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement, ou par une taudification galopante. Exemple. Dans la plupart des villes africaines, seulement 10% des citadins ont accès au réseau des eaux usées.
En une génération, des villes deux fois plus peuplées.
Zoom sur l’Afrique et l’Asie, au coeur de ce rapport 2007. En l’espace d’une seule génération, environ 25 années, la population urbaine de ces deux continents devrait doubler. En 2030, l’Afrique comptera 740 millions de citadins, contre 300 millions au tournant du millénaire. Dans le même temps, 2,6 milliards d’asiatiques vivront en ville, contre 1,4 milliard en 2000. Si la “mégalopole” domine sur le continent asiatique - 22 villes de plus de 8 millions d’habitants en 2015 -, l’Afrique n’en comptera que deux, Lagos et Le Caire, toujours à l’horizon 2015. (Prévisions ONU)
Des jeunes citadins sans avenir.
Dans un supplément “jeunesse”, le rapport de l’UNFPA examine les conditions d’existence des jeunes citadins. Le tableau est particulièrement préoccupant pour les enfants et les adolescents des villes des pays pauvres. La plupart ne bénéficie pas des avantages urbains. Malgré un taux de scolarisation généralement plus élevé en ville qu’à la campagne, beaucoup de jeunes de ces espaces pauvres, notamment les filles, abandonnent l’école avant de terminer des études secondaires. Quand ils ont eu la chance de fréquenter un établissement scolaire. Plus exposés au chômage que les adultes, les jeunes travaillent dans le secteur informel, où ils sont victimes d’abus de la part de leurs employeurs. Ce rapport s’interroge sur l’avenir de ces jeunes qui habitent des taudis surpeuplés, sans eau courante, sans électricité, et sans gaz, un univers encore assombri par les conflits familiaux et la violence. Et quand les parents disparaîssent, les jeunes se retrouvent seuls. Dans certains pays, les jeunes ne vivent d’ailleurs pas avec leurs parents. En Ethiopie, 30% des filles de 10 à 14 ans, habitent hors du foyer familial. Au Bénin, un peu moins de 15% des jeunes de 14 ans, et moins, ne grandissent ni avec leur père, ni avec leur mère, pourtants vivants - contre 9% en milieu rural -. Pour ces jeunes, c’est la rue qui tient lieu de foyer.
L’avenir des villes passe par les taudis.
La vie urbaine, qui ne tient pas ses promesses, expose les inégalités. Grosses voitures, belles résidences, séries TV, ou Internet, révèlent un monde auxquels ces jeunes n’ont pas accès. La frustration et le sentiment d’exclusion fabriquent la violence urbaine. Et, faute de mesures pour accompagner cette urbanisation sans précédent, le pire est à craindre. Pour l’UNFPA, l’avenir de ces citadins pauvres dépendra des décisions prises aujourd’hui. Par exemple, quand un milliard de personnes, dont 90% dans les espaces en voie de développement, vivent dans des taudis, l’amélioration des logements peut offrir de meilleures perspectives urbaines. L’UNFPA recommande encore aux municipalités, aux pays, et à la communauté internationale d’accompagner ces jeunes citadins dans la vie. Il s’agit de leur permettre de poursuivre des études, de fonder un foyer, d’attirer les investisseurs dans ces pays pauvres pour favoriser l’emploi, condition d’une perspective familiale, et d’encourager les organisations de jeunes. Les jeunes et les habitants des taudis et des quartiers pauvres sont invités à participer à cette amélioration des conditions de vie. Pour l’UNFPA, c’est dans ces quartiers que se livrera la bataille pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement…”en particulier celui de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015″… Et de mettre en garde: “L’immense expansion urbaine qui attend les pays en voie de développement aura des répercussions sur le monde entier et elle exige une riposte mondiale.”
Une association qui s’occupe de ces enfants qui traînent à Dakar….
Information intéressante, le rapport pointe que cette urbanisation résulte plus de l’accroissement naturel de la population - sauf exceptions, notamment en Chine et au Vietnam -, que de l’apport migratoire. Et donc, plutôt que de développer des politiques et des fonds pour stopper l’immigration en provenance des campagnes, il serait plus adapté de mettre la ville au service de ses principaux acteurs, les femmes. Et surtout les jeunes…
M.J.
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