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Quelques jours avant la Conférence de Bali sur le Climat, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) publie son dernier rapport. Intitulé “La lutte contre le changement climatique: un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé”, ce document invite les pays développés à une solidarité internationale. Faute de quoi, les bouleversements climatiques risquent de créer un “apartheid”, entre pays riches, et pays pauvres.
“Le chaos, ou la communauté?”
Le changement climatique est une crise qui peut encore être évitée. “Mais d’extrême justesse” prévient le PNUD. Le monde à moins d’une décennie pour réagir, et freiner le processus. C’est de tous les problèmes, le plus important, et le plus urgent. “Et maintenant? Le chaos ou la communauté?”, interroge le rapport, qui cite Martin Luther King. Le PNUD attend donc une réponse planétaire, à une crise planétaire. Le document souligne que “L’atmosphère terrestre ne fait pas de différence entre pays émetteurs de gaz à effet de serre”. Une tonne de carbone en provenance de Chine, pollue autant qu’une autre tonne, produite aux Etats-Unis. Les émissions d’un pays se transforment en problème climatique pour un autre. Donc, tout le monde doit faire des efforts, mais responsabilité historique oblige, pas les mêmes.
Un effort commun, un bilan carbone inégal.
Les pays développés, largement responsables du bilan climatique, sont invités réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80% - par rapport à 1990 -, d’ici 2050. Le PNUD demande aux pays en voie de développement de collaborer, grande première, en réduisant de 20% leurs émissions. Mais, cet effort pourra attendre 2020, afin de ne pas compromettre un processus de développement, souvent fragile dans les pays les plus pauvres. Desmond Tutu, ancien archevêque de Cape -Town, en Afrique du Sud, et collaborateur de ce rapport résume: “Pour s’exprimer sans complaisance, les pauvres du monde sont lésés par un problème dont ils ne sont pas responsables. Le bilan carbone du fermier du Malawi ou de l’habitant du bidonville de Haïti est à peine visible dans l’atmosphère terrestre”.
Une adaptation à deux vitesses.
Inégalités dans la responsabilité historique, et inégalités d’adaptation aux changements climatiques. Car l’adaptation reste le privilège des riches, au moins dans un premier temps, et en pariant que le climat ne s’emballe pas trop. Pendant que les Hollandais élaborent une architecture adaptée à l’élévation du niveau de la mer, les habitants du Vietnam bricolent de petites constructions pour se protéger des crues. Et dans les villages du Mekong, les habitants apprennent à flotter.
Adaptation, version Pays Bas:
Le PNUD invite donc les pays riches, responsables d’une crise qui expose les pauvres, à les aider. Sinon, les changements climatiques créeront un “apartheid”, l’expression est de Desmond Tutu, qui poursuit: “Aucun pays, quelle que soit sa richesse ou sa puissance, ne sera à l’abri des conséquences. A long terme, les problèmes des populations défavorisées frapperont à la porte des riches, et la crise du climat conduira au désespoir, à la colère, et fera planer des menaces sur la sécurité collective.”
Approche bi-polaire, pour une réalité un peu plus complexe. La Chine et l’Inde, pays émergents non soumis à des objectifs de réduction de gaz à effet de serre, devenus entre temps gros pollueurs, sont désormais invités à participer à l’effort international, en faveur du climat. Une invitation qu’ils pourraient ne pas apprécier, boom économique explique. Réponse à Bali, qui commence le 3 décembre.
M.J

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