Bonjour,
Le 5 juillet dernier, lors de la Conférence internationale sur les biocarburants à Bruxelles, le Président brésilien, Luiz Inacio Lula Da Silva, vantait les mérites de ce carburant issu de l’agriculture. Le biocarburant, alternative aux énergies fossiles et réponse crédible au réchauffement climatique, est une voie prometteuse pour les pays en voie de développement. Une plaidoirie confortée par trente années d’expérience brésilienne dans la production d’éthanol.
Un carburant pas toujours très “bio”
Lula considère le biocarburant comme le moyen de réduire l’écart entre pays riches, et pays pauvres. L’article examine encore la question des carburants verts, sous l’angle européen… “Lula vante les biocarburants à Bruxelles”
Si le biocarburant offre une alternative “mondialiste” intéressante, ses bienfaits pour l’environnement résistent mal à un examen plus poussé. C’est aussi le sujet du moment. Ce carburant, qui économise environ 60% de gaz à effet de serre par rapport à un carburant classique, n’entretient pas toujours de bonnes relations avec son environnement. Eclairages sur un carburant pas toujours très “bio”…
Une concurrence croissante avec les produits agricoles.
Exemple en Amérique du Sud. Le maïs, à la base de l’alimentation des hommes et du bétail, est détourné au profit de la production de biocarburant. Conséquence, une baisse de l’offre par rapport aux besoins alimentaires, et une augmentation du prix de cette céréale. Selon une étude OCDE/ FAO (Juillet 2007), le développement des biocarburants pourrait faire grimper le prix des denrées agricoles au cours de 10 prochaines années. Pour l’instant, le rapport attribue la hausse des prix agricoles aux sécheresses, et à la baisse des stocks disponibles. “Biocarburants: augmentation des prix agricoles?” Selon ce rapport, l’évolution des biocarburants dans les pays de la zone tempérée ne peut se faire sans les subventions des Etats…
Déforestation.
Au Brésil, la déforestation de la forêt amazonienne, au profit de la canne à sucre destinée à la production d’éthanol, est révélée. Conséquence secondaire, l’utilisation d’engrais fertilisants pour accroître les rendements contribue encore à la dégradation des écosystèmes de l’Amazonie. On change de pays, direction l’Indonésie, second producteur d’huile de palme de la planète, après la Malaisie. L’indonésie, qui selon Greenpeace aurait déjà sacrifié près des trois quarts de ses forêts primaires pour planter des palmiers, et condamné certaines essences rares, vise la première place mondiale, devant la Malaisie. Une course qui lui vaut le rythme de déforestation le plus soutenu de la planète. “Les forêts indonésiennes victimes des biocarburants”. Et conséquence de cette déforestation, qui s’accompagne d’une érosion des sols et qui prive l’environnement de ses remparts contre les coulées de boue et les inondations, une mousson plus dévastatrice. La déforestation aggrave les conséquences des moussons en Indonésie.
Economiser l’énergie avant d’en imaginer d’autres.
Cette liste des mauvaises relations entre le biocarburant et l’environnement n’est pas exhaustive. On aurait pu parler d’une production de maïs, très gourmande en eau. Pour finir, je vous propose une lecture signée du WWF, le Fonds mondial pour la nature. Origine du biocarburant, menace pour les terres agricoles, bilan écologique, rejet de gaz à effet de serre sous forme de protoxyde d’azote et de méthane, le WWF s’interroge sur le developpement des carburants verts. Le WWF propose d’autres solutions alternatives, comme le biogaz. Et surtout, il formule une recommandation judicieuse: “Economiser l’énergie avant d’en produire plus… “Les biocarburants: solution à la crise énergétique”
Prochain blog, les coupeurs de canne à sucre. Au brésil, l’éthanol fabrique aussi des esclaves.
M.J
1 réponses à ce jour ↓
1 Olivier // 23 nov 2007 le 6:50
Bonjour,
merci de vister notre site et nous contacter si cela vous parle….
Olivier
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