Bonjour,
“Quand l’exploitation forestière a commencé…nous avons perdu la capacité de survivre grâce à la forêt où nous trouvions des aliments et des moyens de vie…La température a augmenté parce qu’il n’y avait plus d’arbres pour maintenir la fraîcheur, la diversité biologique a diminué, aussi bien végétale qu’animale, et certaines espèces animales ont disparu.” Ce n’est pas un scientifique qui constate, mais Juk Eng Jau, directeur d’un programme de développement communautaire de la région de Baram River, dans l’Etat de Sarawak, en Malaisie. Ce constat est extrait d’un rapport publié fin novembre par les “Amis de la Terre”, une grosse ONG environnementale. Elle dresse le bilan d’un réchauffement en cours dans deux pays développés, l’Australie et le Royaume Uni, et s’attarde sur les pays en voie de développement, le Brésil, le Honduras, le Pérou, le Mali, le Zwaziland, Tuvalu, et la Malaisie. Ce rapport donne la parole à ceux qui tentent, déjà , de s’adapter aux conséquences du réchauffement. Retour en Malaisie, où le déboisement et le développement des infrastructures, ne touchent pas que la forêt tropicale.
Une mangrove nourricière et protectrice
En Malaisie, la déforestation grignote aussi la mangrove côtière, celle qui nourrit :” ..mais le problème le plus grave pour nos moyens de vie est la diminution des stocks de poissons qui a résulté de l’élimination de la mangrove”, confie Rousli Ibrahim, un pêcheur côtier de 61 ans. La déforestation avale cette mangrove qui protège des colères de l’océan, des tsunamis, et d’une élévation annoncée du niveau de la mer. Plus de la moitié des Malais habitent sur les côtes de la Malaisie péninsulaire. “Pendant le tsunami asiatique de 2004, les forêts nous on protégé des vagues. il n’y a pas eu de victimes, bien que le village ait été un peu inondé…Cet incident nous a encouragé à continuer de replanter de palétuviers les zones défrichées et de nouveaux endroits le long de la côte..” commente le pêcheur. Il poursuit: ” Nous ne savons pas si cela correspond à ce que l’on appelle le réchauffement climatique, mais nous savons que le temps a changé, parce que nous ne pouvons pas prévoir comme avant le temps ou le vent qu’il fera. En attendant, nous allons continuer de planter des palétuviers pour éviter les effets de catastrophes futures. C’est notre manière de survivre et de maintenir l’écosystème intact.”
Des méthodes traditionnelles plus adaptées aux modifications.
Ailleurs, c’est un vieux riziculteur qui a expérimenté de nouvelles méthodes de cultures introduites par le gouvernement, semences et pesticides. Elles ne sont plus adaptées aux modifications de l’environnement, et multiplient les maladies des plantes. Ce pêcheur est revenu à la méthode traditionnelle, le système cedung, un savoir qui lui vient de son père. Meilleurs rendements, préservation de l’environnement, élimination naturelle des nuisibles, et retour aux buffles pour labourer la terre. “Je veux exhorter le gouvernement à réinstaurer de vieilles méthodes de culture du riz parce qu’il est certain qu’elles aideraient les agriculteurs à se préparer au climat sévère dont on voit déjà des signes.”, conclut le riziculteur.
L’expérience, et les moyens.
J’ai forcé sur la citation. Elle révèle des gens expérimentés, qui ont une connaissance remarquable d’un environnement qui est en train de se transformer. Une expérience qui leur permet aussi de s’adapter à ces changements, avec des moyens traditionnels, et accessibles. Cette expérience puise vraisemblablement dans l’histoire d’autres adaptations, au climat, et au cadre de vie. A mille lieues des compensations que leur gouvernement obtiendra, peut - être, des Occidentaux à Bali, souvent oubliés par les autorités malaises, ces gens sont en train de composer avec leurs moyens, et leurs traditions. Ils sont les premières victimes d’un réchauffement amorcé, ils sont aussi les premières réponses. Ce qui n’empêche pas un nécessaire petit coup de pouce: ” Ce que disent les scientifiques sur le changement climatique et le déboisement n’est pas nouveau pour nous. Ce que nous voudrions, c’est que le gouvernement tienne compte de nos difficultés…”
Je vous invite à fouiller l’exemple malais, qui montre aussi comment des horticulteurs changent de variétés au profit d’espèce plus adaptées, ou comment certains maraichers s’orientent vers les fleurs. La Malaisie, p 16 à 19 d’un rapport PDF, et donc difficile à trancher…
M.J

1 réponses à ce jour ↓
1 Paul // 15 déc 2007 le 6:48
La déforestation produit autant de CO2 que tous les combustibles fossiles utilisés pour la production d’électricité dans le monde, c’est-à -dire 17 à 18% des gaz à effet de serre.
Certains prétendent que doubler le nombre de réacteurs nucléaires réduirait les émissions de gaz à effet de serre. Mais cela ne changerait pas grand chose en réalité et de toute façon est impossible pour de nombreuses raisons.
Voir : http://futura24.site.voila.fr/electri/nucle_co2.htm
Une grande partie de la déforestation sert à remplacer la forêt (qui absorbait le CO2 en grande quantité) par la production d’agrocarburants. Donc, un remède pire que le mal.
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