Bonjour,
Encore un sujet sur l’eau, thème crucial de ce siècle qui avance, trouver des moyens plus efficaces pour la conserver, l’utiliser, et protéger la ressource. Jacques Diouf, Président de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, parle de la pénurie d’eau qui se dessine comme « l’enjeu du XXIème siècle ». Derrière cette prise de conscience et ces intentions, il y a un quotidien. Un milliard de personnes sur la planète sont privées d’eau potable, et plus de deux milliards n’ont pas accès aux réseaux d’assainissement. L’eau est une entreprise coûteuse, et pas forcément rentable. Pendant ce temps, une partie de l’humanité, souvent la même, est victimes de ses excès. Pour mieux se rendre compte des multiples réalités de l’eau, l’idée est de relever les titres de la presse africaine. Une accumulation, effectuée sur une période relativement courte, qui révèle des pénuries, une incessante quête à l’eau potable, et des inondations. Extraits.
En quête d’eau potable…
Le 10 Septembre 2008, Info Plus Gabon. A la Une, une coupure d’électricité à Libreville et sa région pendant la nuit de dimanche à lundi – l’eau et l’électricité marchent souvent ensemble -, « une nuit d’enfer » rapporte le journal. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale du groupe français Veolia Water, est sur la sellette. Malgré ses engagements d’approvisionnement régulier, les coupures d’eau et d’électricité sont fréquentes. Mécontentement grandissant des usagers, et interrogation. Pourquoi l’état gabonais, qui a signé une convention avec la SEEG n’intervient-il pas ? Toujours au Gabon, la veille, info Gabonews :« Les Gabonais boudent la qualité de l’eau et dénoncent le silence de la SEEG ». Les abonnés de la la SEEG, ont dû avaler une eau « colorée ».
Le 9 septembre, source Angola Press Agency (Luanda), bonne nouvelle au sud-ouest du continent , « De l’eau potable à plus de 60 mille habitants à Cusse », une petite ville au sud du pays, où le gouvernement a financé de nouveaux systèmes de distribution d’eau potable, et d’énergie. On passe quelques jours, le 4 septembre, info tirée de Nord-Sud, Abidjan : « Côte d’Ivoire: Pénurie d’eau au quartier Sokoura - Les populations appellent le préfet au secours ». « Depuis 2002, nous n’avons pas d’eau dans notre quartier. Nous avons sollicité l’aide du gouverneur. Six ans sans eau courante, c’est vraiment éprouvant. Surtout pour nos mamans et nos femmes dans l’exécution des tâches ménagères. » Le 4 septembre toujours, le Nord-Sud annonce: « L’air et le soleil pour produire de l’eau potable. », un projet de centrale thermoaerohydraulique pour la capitale de la Côte d’Ivoire, toujours en projet….
L’Algérie multiplie les projets hydrauliques…
Pendant ce temps, en Algérie, l’eau fait les titres de la Tribune d’Alger, les 9 et 10 septembre. Trois articles. Le 9 septembre le Ministre des Ressources en Eau garantit « la sécurité hydrique du pays. » Mis à part quelques problèmes d’approvisionnement dans l’ouest du pays, et la région d’Oran, manque de pluies, les villes algériennes ne devraient pas manquer d’eau cette année. Pour satisfaire ses besoins domestiques et agricoles, l’Algérie multiplie petits et grands travaux. Des projets de retenues collinaires, eau de consommation et d’irrigation, sont en cours. Environ 70 barrages sont réalisés. La capture des eaux de la précieuse nappe phréatique albienne, au Sud-Est du pays, permettra de desservir la région des hauts plateaux. Un aqueduc de plus de 700 kilomètres devrait alimenter Tamanrasset, à l’extrême sud du pays. Et 13 unités de dessalement d’eau de mer, prévues pour 2009, devraient approvisionner les grandes ville littorales. « Le dessalement de l’eau de mer, une option stratégique », titre La Tribune.
Inondations au Sénégal
Le 10 septembre, « Sénégal : les sapeurs pompiers interviennent sur une quarantaine de sites sinistrés », info Agence de presse sénégalaise. Pluies diluviennes, difficultés d’évacuation des eaux, des bassins de rétention qui débordent, canaux de drainages impraticables, et des habitations menacées d’inondation. La banlieue de Dakar est particulièrement touchée. On patauge dans beaucoup de quartiers:”Tout le quartier est dans l’eau. Nous avons été obligés d’envoyer les enfants chez leurs grands-parents. J’ai récemment proposé à mon épouse d’aller chez ses parents en attendant que la situation revienne à la normale, mais elle a refusé. C’est une vie difficile que nous menons ici”, déplore M. Sylla. Alors les pompiers pompent les eaux, et le gouvernement débloque des crédits. Sénégal encore, le 9 septembre, info du Soleil (Dakar) , cette fois ce sont les habitants de Touba qui sont victimes d’inondations. Un quartier de la ville a du être abandonné, les pluies ont chassé les habitants. La ville ne dispose pas de canaux d’évacuation. Ses rues, boueuses et ponctuées de flaques, sont impraticables. Plus grave, les eaux stagnantes jouxtent les ordures. Certaines eaux usées, issues des fosses sceptiques, se seraient mélangées avec des eaux de pluie. Avec deux perspectives, le paludisme et le cholera… La veille, l’Agence de presse sénégalaise évoque encore les inondations, à Pikine, dans la grande banlieue de Dakar, maisons inondées, eaux stagnantes, difficultés d’évacuation, la pluie qui ne cesse pas….Plus au Sud, à l’extrémité de la petite côte, Joal Fadiouth ,la ville de Léopold Sédar Senghor, est aussi sous les eaux…
Plus bas dans le calendrier…
En remontant le calendrier, le 27 aoùt, Somalie, info IPS « Trouver de l’eau à Mogadiscio », où l’enfer pour s’approvisionner depuis 1991, et la chute de Siad Barre, dans une ville en guerre, en proie au vandalisme, et où les habitants ont bricolé leur propre système de distribution… Toujours le 27 aoùt, info ANGOP, le chef de l’Etat angolais inaugure le projet « Eau pour tous ». Le 28 aôut, info Gabonews, « Lutte contre l’insalubrité à Koulamoutou », au Gabon, opération ville propre. Le même jour, info Midi Madagasikara, visite de la Banque Africaine de Développement (BAD) à la Présidence pour « relever les défis de l’eau et de l’assainissement dans la grande île » de Madagascar. Le 29 aout, info du Sidwaya., saison des pluies au Burkina Faso, les routes de Ouagadougou, truffées de nids de poules, de marigots, et encombrées d’immondices, sont impraticables. Burkina Faso encore, le même jour, information de l’Observateur Paalga, 1 milliard de FCFA pour « abreuver 7 communes », traduction eau potable, hygiène, et assainissement pour quelques villages. Toujours le 29 aôut, l’Inter Press service de Johannesburg rapporte que les deux millions de personnes de Kampala, la capitale ougandaise, risquent de manquer d’eau. Des pluies imprévisibles et une mauvaise gestion de la distribution ont souillé l’eau du robinet et celle des sources de la ville. Et le Ier septembre, « des quartiers de Kinshasa mal desservis en eau potable », info Le Potentiel…
Je suppose que l’on peut appliquer l’exercice à d’autres régions du monde….
M.J.
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