Contournement autoroutier de Bordeaux, un tracé contesté.
Bonjour,
L’histoire se passe encore à Bordeaux, le contournement autoroutier d’une métropole située sur un axe atlantique, de plus en plus fréquenté par les camions. C’est l’histoire d’un gros dossier régional, compliqué, qui mobilise les représentants de l’Etats, oppose les élus, et développe la résistance des communautés riveraines. C’est l’histoire d’une vraie bataille régionale, un vrai sujet d’environnement, le trafic routier.
Des autoroutes qui mènent en Espagne.
Deux mots sur le contexte du projet. Le contournement autoroutier de Bordeaux est censé répondre à une intensification des échanges entre l’Europe du Nord, et la péninsule ibérique. Cette hausse de la fréquentation de l’axe Atlantique, via Bordeaux, s’expliquerait par le développement économique de la péninsule ibérique, Espagne, Portugal. L’argument « autoroutier » est encore conforté par l’attrait touristique du Sud – Ouest de la France, et de la Péninsule ibérique. C’est dans cette région d’Europe que les autres européens aiment passer leurs vacances. Les enjeux du projet…
Des autoroutes au service de la consommation.
Autre raison, la fonction de l’Espagne et du Portugal dans l’espace économique européen. L’Espagne, et notamment l’Andalousie, est devenu le verger de l’Europe. Et il faut bien transporter ces productions vers les consommateurs européens. L’Espagne, mais surtout le Portugal, présentent encore l’avantage d’une main d’œuvre, moins chère. Et donc, toute désignée pour produire des pièces détachées ou des biens de consommation pour d’autres pays d’Europe.
“Touche pas à mes vignes”.
Bordeaux, passage obligé dans cet échange Nord – Sud, devrait voir passer 20 000 à 24 000 véhicules par jour, dans les deux sens, d’ici à 2025, contre un peu plus de 14. 0000 au début des années 2000. Plusieurs scénarios de contournement ont été proposés, avec de gros impacts environnementaux pour l’agglomération bordelaise, la Haute Gironde, le Médoc, le Bassin d’Arcachon. Exemples. « Touche pas à mes vignes », 37% des terres viticoles du Blayais étaient affectées par le tracé nord, qui devait encore bousculer les vignobles d’un grand cru bourgeois du Médoc. Agriculture, écosystèmes, ou tourisme, les riverains se sont mobilisés contre ces bouleversements environnementaux annoncés. Petite victoire pour les opposants, le Tribunal Administratif, qui n’a pas annulé le projet, a cependant ralenti la machine à tracer les autoroutes. Les associations sont désormais invitées à débattre du tracé définitif, prévu pour 2008. Fin de la parenthèse bordelaise.
Des autoroutes alternatives.
Elle ouvre cependant le dossier des 2500 kilomètres de ruban autoroutier qui va couvrir le territoire français, façon « toile d’araignée ». Des aménagements autoroutiers qui servent l’intensification du trafic, et qui contrarient les efforts multiples pour réduire l’usage de la voiture (transports en commun, co- voiturage, partage, véhicules moins polluants…). Ces centaines de kilomètres d’autoroutes, tracées dans un contexte de réchauffement climatique, éludent une vraie réflexion sur le fret ferroviaire. La mer? Il y a quelques années, le Port de Cork , en Irlande, a lancé une étude de marché concernant les liaisons vers Bayonne, Bordeaux, Bilbao, et Santander. L’objectif : éviter le transit des camions vers le Royaume Uni, et assurer une liaison directe entre l’Irlande, et la péninsule ibérique. Le rail et la mer, une alternative au bitume ? Sans doute un vrai complément.
“Et voilà notre vie”.
Faute d’une réponse, je vous propose la question, en vidéo. « Et voilà notre vie », parcours de chauffeurs routiers qui tracent sur les Autoroutes pour tenir les délais de livraison. Siestes forcées sur les parkings.
M.J.

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