Bonjour,
La crise écologique n’est pas qu’une somme d’accumulations désastreuses qui condamnent, à terme, notre planète. Nous pouvons éviter la catastrophe, répond Lester Brown, cela dépend de moi, et de vous. Lester R Brown était à Paris la semaine dernière pour présenter la traduction française de son ouvrage “Plan B.O : rescuing a planet under stress and a civilization in trouble”, devenu “Le Plan B. pour un Pacte écologique mondial”, préface de Nicolas Hulot. Lester Brown y propose une lecture concrète d’une crise planétaire inquiétante, mais pas désespérée.
Un “Gourou du mouvement environnemental”.
Pour le Washington Post, Lester Brown l’est l’un des penseurs les plus influents de notre époque. Pour le Telegraph de Calcutta, il est le “Gourou du mouvement environnemental”. Depuis plus de trois décennies, Lester Brown réfléchit à la problématique environnementale. Agro-économiste, il est l’un des fondateurs de l’écologie politique mondiale. Il est aussi l’un des pionniers du développement durable. En 1974, il fonde le Worldwatch Institute, premier institut mondial dédié à la recherche, et à l’analyse, des problèmes environnementaux. En 2001, il crée le Earth Policy Institute, un institut de recherche spécialisé dans le développement durable. Lester Brown, qui analyse les problèmes environnementaux et interpelle les dirigeants, écrit beaucoup. “Eco-economy: une autre croissance est possible, écologique et durable”, et “Plan B” sont les plus connus d’une cinquantaine d’ouvrages, accessibles dans quarante langues. Influent donc, il paraît que ses travaux auraient inspiré Jean Louis Borloo, le superministre de l’Ecologie, pour préparer le Grenelle de l’Environnement.
L’inventaire des maux de la planète.
Pénurie de pétrole, insuffisance des ressources en eau, problèmes d’accès à la nourriture, accidents météorologiques, bouleversement des écosystèmes, risques politiques et économiques consécutifs, “Plan B” examine d’abord les problèmes qui se posent à la planète. Un inventaire illustré d’exemples concrets. L’eau, un assèchement des fleuves et des rivières déjà perceptibles. Le Colorado, le grand fleuve du Sud Ouest américain, et le Fleuve Jaune, berceau de la civilisation chinoise, peinent déjà à rejoindre la mer. Cette baisse de débit affecte encore le Nil, l’Indus, et le Gange. Lester évoque le manque d’eau, celle qui hydrate, et celle qui permet l’agriculture. Et dans cette compétition pour l’eau, les villes et les industries gagnent plus souvent que les agriculteurs. Autre problème, l’érosion des sols. Dans les pays touchés par la dégradation des sols, la santé des populations dépend de la santé des sols. Et la plupart des 840 millions de personnes qui souffrent de faim dans le monde vivent sur ces terres stériles. Déforestation. La forêt d’Haïti, autrefois dense et riche, ne couvre plus que 2% du territoire. Une mise en garde au reste de la planète si l’on n’arrête pas la déforestation.
Une réponse globale.
Après les maux, les solutions pour “sauver notre civilisation”. Une réponse qui intègre la restauration des écosystèmes, la mutation de l’agriculture pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, et l’amélioration des conditions d’existence. Une réponse globale qui devrait permettre de réguler la démographie mondiale, et stimuler l’économie. Lester est convaincu que la réponse aux défis environnementaux ne pourra être que planétaire. Il insiste sur la lutte contre la paupérisation qui guette, d’abord, les espaces en voie de développement. Il invite le monde occidental à tirer parti de son avance technologique, et financière, pour changer le cours des choses. Et finalement, il propose une mutation, nécessaire, et plutôt heureuse.
” A nous de jouer”.
Lester Brown termine son ouvrage sur une note optimiste. Il examine les progrès liés à ses propositions. Des changement concrets, assortis d’une enveloppe finalement assez raisonnable, 161 milliards de dollars, dont 68 milliards pour en finir avec la pauvreté, et 93 pour restaurer la planète. Une somme qui représente moins d’1/6 des dépenses militaires annuelles dans le monde, convertit Nicolas Hulot dans la préface de l’ouvrage. Pour Lester Brown, le choix est entre nos mains. Ou on perpétue le système économique global actuel, jusqu’à l’implosion. Ou, on adopte le “Plan B” pour devenir la génération qui régulera la démographie, éradiquera la pauvreté, et stabilisera le climat. Les historiens se rappelleront de ce choix, à nous de jouer…
Deux vidéos. Dans la première, in English, Lester Brown y présente son ouvrage. Il nous invite à choisir des énergies renouvelables, le soleil et le vent, pour combler nos besoins énergétiques, et tendre vers l’autosuffisance. La seconde, toujours in English, est une conférence, plus d’une heure, au Berkeley Institute of Environment. Un document assez long, dans un Anglais assez accessible, qui révèle la dimension de Brown.
M.J
Video 1:
Vidéo 2 :
L’ouvrage:
“Le Plan B: pour un Pacte écologique mondial”, Lester R. Brown, Ed. Calmann-Levy et Souffle Court.
1 réponses à ce jour ↓
1 Catherine // 29 nov 2007 le 9:05
Noter que Plan B pour un pacte écologique mondial est la traduction de Plan B 2.0: Rescuing a Planet Under Stress And a Civilization in Trouble
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