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Mieux vaut parier que le réchauffement existe…

25 septembre 2007 · Pas de commentaires

“Une” de Courrier International.

Bonjour,

Hier à New-York, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a invité quatre vingt politiques à plancher sur le climat. Cette réunion devait préparer la conférence de Bali de décembre prochain, celle qui décidera de l’après - Kyoto, qui expire en 2012. George Bush n’y était pas. Il s’affaire à son propre sommet sur le climat, prévu pour les 27 et 28 septembre prochains à Washington. Deux réunions, et deux façons d’envisager une action pour le climat. Les “pro-Kyoto”, notamment l’Union européenne avec le soutien de l’ONU, prônent une intensification des efforts pour réduire les émissions de carbone. Et les “contre”, George Bush et les Etats - Unis en tête, refusent des engagement chiffrés, à chaque pays de décider. Voilà pour le contexte.

Les écologistes, ces “djihadistes”.

Courrier International (1) titrait le numéro de cette semaine, encore en kiosque jusqu’à demain mais pas introuvable après, “Climat - Le réchauffement n’existe pas”. Titre assorti d’une mise en garde: “Du moins certains le croient.”Ce dossier, qui évoque l’histoire du “négationnisme” climatique, ses motivations, et ses principaux acteurs, fait écho à Newsweek. En aôut dernier, l’hebdo américain titre: “Le réchauffement climatique est un canular”, assorti d’un sous -titre explicatif: “C’est ce que prétendent les négationnistes, biens financés, pour rejeter les preuves du réchauffement”. Avalanche de réponses dans la presse américaine, les contestataires du réchauffement se défendent, jusqu’à traiter les écologistes de “djihadistes remarquables par leur intégrisme”. Et à considérer le réchauffement climatique comme “un conte pour enfants” (1). Mais retour à Courrier International, morceaux choisis d’une presse internationale qui s’intéresse au “lobby des sceptiques”.

Des “négationnistes” soutenus par le gouvernement américain, et les industriels.

On commence par Newsweek, qui retrace la saga du “negationnisme” américain. Des politiques, la bande à George Bush, et des industriels, la compagnie pétrolière Exxon - Mobil en tête, se seraient offerts des scientifiques pour démonter les arguments d’autres chercheurs, “convaincus” du réchauffement climatique. En 1988, James Hansen, célèbre climatologue , commence à affirmer la relation entre le climat et l’effet de serre. Les industriels du pétrole, de l’acier, et de l’automobile, répliquent immédiatement. Ils fondent le Global Climate Coalition (GCC), et le Information Committee Environment (ICE), chargés d’orchestrer la désinformation, de démonter les conclusions du GIEC, de diviser la communauté de chercheurs, ou de comploter contre Kyoto. L’arrivée de George Bush à la Maison Blanche en 2001 leur offre un allié. La même année, les Etats - Unis tournent le dos à Kyoto. Les “négationnistes”, soutenus et financés par le gouvernement Bush, et par les industriels associés, ont prospéré. La saga de Newsweek abandonne les “négationnistes” en septembre 2007, quand George Bush décide sa fameuse conférence sur le réchauffement. Mais les “négationnistes” comptent encore pas mal d’alliés chez les Libéraux.

Les “négationnistes” ne sont pas tous américains.

Ce dossier nous apprend encore que les “négationnistes” ne sont pas tous américains, exemple les Australiens. Ainsi, Danna Vale, à la tête d’un groupe de parlementaires libéraux, considère le réchauffement comme un “phénomène à l’échelle de la Voie lactée et qu’en conséquence le gouvernement australien n’y peut rien”. Imparable. Une théorie selon laquelle toutes les planètes flanquées d’une atmosphère seraient soumises à un réchauffement, ce qui élude la responsabilité humaine…Même John Howard, le Premier Ministre australien, jusqu’ici aligné sur les positions de George Bush, a fini par reconnaître le phénomène du réchauffement.

Autre sceptique présenté par Courrier, Luiz Carlos Molion, météorologue brésilien. Approche plus scientifique. Il remet en cause la relation “CO²-réchauffement”. Il parie sur l’influence climatique de l’Océan Pacifique, réelle. Il reproche au GIEC de ne pas prendre en compte toutes les données, de pratiquer des raccourcis concernant la concentration de CO² dans l’atmosphère. Et de proposer: ” Je pense que les scientifiques sont honnêtes, mais qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de fonds mis à la disposition des chercheurs défendant la cause du réchauffement de la planète”.

Dossier à lire, difficile de rejeter certaines hypothèses scientifiques des “sceptiques”, mais hasardeux d’y accorder trop de crédit. Et puisqu’il est difficile de s’improviser climatologue, je vous propose d’envisager le réchauffement un peu à la manière du “Pari” de Pascal. Première proposition, vous pariez sur l’existence du réchauffement. Cette hypothèse est vraie, vous limitez les effets du dérèglement du climat, et vous préservez l’avenir de la planète. Le réchauffement n’existe pas, mais les mesures engagées contre le réchauffement ont des retombées positives pour l’environnement (moins de pollution atmoshérique, moins de déforestation..). Seconde proposition, vous pariez sur l’inexistence du réchauffement. Il existe, dommage, et vraisemblablement sans retour. Il n’existe pas, vous avez eu raison, mais les atteintes à l’environnement, affranchies d’une limitation de rejets de gaz à effet de serre, continuent de plus belle…

M.J.

(1) Courrier International, N° 881 du 20 au 26 septembre 2007.

Tags: Climat

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