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Nairobi brûle ses déchets pour cuisiner…

18 octobre 2007 · Pas de commentaires

Bonjour,

L’incinération des déchets est l’une des questions qui fâche, au Grenelle de l’environnement. Et qui fâche drôlement. Dans un communiqué, médecins et scientifiques n’hésitent pas à évoquer une “aberration sanitaire”, une “impasse écologique”, et une “absurdité économique”. Ils réclament un moratoire pour une gestion, plus propre, de ces rejets. Mais brûler les déchets, devenu inacceptable pour les uns, pourrait être une aubaine pour d’autres. Direction Kibera, au Kenya, dans la banlieue de Nairobi.

Kibera, c’est le plus grand bidonville d’Afrique, avec probablement un million d’habitants, et peut - être 1,2 million. Kibera, dont le nom évoque la “forêt” ou la “jungle” en Nubien, est surtout un espace de grande pauvreté, 40% de la population au chômage, et moins d’un dollar par jour pour la plupart. L’Etat a déserté cet immense bidonville accroché à la capitale, pas d’électricité, pas d’eau potable, pas d’évacuations sanitaires, pas de poubelles, et pas de ramassage. Ruelles boueuses chargées de détritus, odeurs pestilentielles, et risques d’épidémies associées, typhoïde et diarrhées. C’est dans l’un de ces quartiers, empoisonné par les ordures ménagères, que l’on a développé l’idée d’une grosse cuisinière communautaire, pour les brûler.

Deux fois par semaine, une cinquantaine de chômeurs de Kibera collecte des détritus pour 10 shillings kenyans, soit environ 0,10 centimes d’euros. Un travail peu valorisant, qui vaut quand même mieux que de ne rien faire. Ils trient ensuite ces détritus, plastiques durs, métaux, et verre d’un côté, pour la revente. Et de l’autre, tous les déchets inflammables, que l’on laisse sécher pendant deux jours, avant de les enfourner dans la fameuse cuisinière communautaire. Et sur les plaques chauffées par la combustion de ces déchets, on fait bouillir l’eau pour le thé, on cuit du pain ou des chapatis, de petites galettes chaudes, et on cuisine de la viande pour 5 à 10 shillings kényans, 5 à 10 centimes d’euros. Cette nourriture est ensuite revendue, à des prix subventionnés”, aux habitants de Kibera. L’association Umande trist gère ce projet.

Ce projet pilote, porté et financé par le PNUE ( Programme des Nations unies pour l’environnement), rentre dans le cadre d’une réhabilitation du bassin des rivières de Nairobi. Ces rivières, situées à proximité des bidonvilles, sont de véritables poubelles, envahies de plastique, de verre, de batteries, ou des métaux lourds. Résultat, les cours d’eau sont pollués jusqu’à l’Océan Indien. Dans une ville qui, selon les Nations Unies, produit environ 300 tonnes de déchets par jours, ce type d’incinération domestique pourrait se développer. Mais pour l’instant, tous les efforts se concentrent sur cette cuisinière géante, qui devrait avaler jusqu’à 500 kilos d’ordures par jour. Son four pourrait chauffer l’eau de la vaisselle, et de douches attenantes. Et si l’engin crache encore une épaisse fumée, on pense y remédier en augmentant la température d’incinération. Mais dans un quartier ou tout le monde patauge dans la boue, au milieu des ordures, le recyclage des fumées n’est pas encore une priorité…

M.J

Une promenade dans Kibera, juste pour se rendre compte…

Tags: Developpement

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