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New-York, cité subtropicale convoitée par les eaux? Une étude récente souligne les impacts du réchauffement climatique sur le Nord Est des Etats - Unis. Deux scénarios, l’un est optimiste, l’autre moins.
Canicules et secheresses.
Une enquête de l’Union of Concerned Scientists, une association de chercheurs américains, vient de révéler à quoi devrait ressembler la région du Nord - Est des Etats - Unis, d’ici la fin du siècle. Cette étude, conduite par Peter Frumhoff, l’une des têtes du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), esquisse deux scénarios. Le premier, pessimiste, serait déterminé par des émissions de gaz à effet de serre (GES), “élevées”. Sous - entendu, si l’on ne fait rien pour freiner le processus de réchauffement. Dans ce premier cas, les enfants qui naissent aujourd’hui devraient connaitre des hivers de 4,5°C à 6,5°C plus chauds que les moyennes historiques, vers le milieu de leur vie. La hausse des températures estivales, toujours par rapport à la moyenne historique, serait comprise entre 6°C et 14°C. Avec en prime, une sécheresse annuelle. Le second scénario, plus optimiste, mise sur des émissions de GES, “basses”. Conséquence sur les températures, plus 3°C à 4, 5°C l’hiver, et 1,5°c à 4°C pendant l’été.
New - York, les pieds dans l’eau.
Le scénario le plus pessimiste promet encore des inondations côtières, fréquentes. Boston et Atlantic City connaitraient des inondations, exceptionnelles, tous les deux à quatre ans, jusqu’en 2050. Elle deviendraient annuelles, dans la seconde moitié du siècle. New York verrait la mer s’élever de 3 mètres, et envahir Manhattan, environ tous les cinq ans. Et tous les dix ans, la Big Apple serait menacée par une inondation catastrophique. Selon ce scénario, la grande agglomération connaitrait un climat analogue à celui de la Géorgie, ou de la Caroline du Sud, soit une migration climatique “Sud”, de plus de 1000 kilomètres. New - York deviendrait une ville au climat subtropical.
New - York, convoitée par les eaux. Le scénario d’un ouragan, combiné à une élevation de la mer de 0,7 mètres…
Septième pollueur mondial
Quel que soit le scénario, ce changement de climat devrait affecter une région très urbanisée, très peuplée, 57 millions d’habitants, au coeur de l’économie américaine. La montée du niveau de la mer et la multiplication des jours de canicule devraient freiner la productivité industrielle. Un bouleversement climatique qui devrait encore perturber l’agriculture, la pêche, le tourisme, et les écosystèmes forestiers. Les stations de ski deviendraient plus rares, faute de neige. Et certaines essences d’arbres pourraient migrer vers le Nord. L’hypothèse d’un scénario acceptable est un défi pour cette région, qui est aussi le septième émetteur mondial de CO².
Un scénario “optimiste” contraignant.
Une réduction de 80% des émissions de GES, par rapport à 2000, jusqu’en 2050, et une réduction annuelle de 3% pendant les décennies suivantes, permettraient de tendre vers un scénario, moins noir. Une perspective qui dépend d’une meilleure gestion de l’énergie et des moyens de transport, et d’un aménagement du territoire optimisé. Selon le résumé du rapport, les citoyens, les entreprises, et les états travaillent à réduire leurs émissions de CO². La plupart des neuf états de la région ont déjà misé sur les énergies alternatives. Le New Jersey, qui s’est doté d’une législation très ambitieuse, vise un retour au niveau d’émissions de 1990, d’ici 2020. Et de poursuivre son effort jusqu’en 2050, pour réduire ses rejets de 75%, par rapport à 1990. Une ambition qui rend ce scénario probable. “Global warming represents an enormous challenge, but we can meet if we act swiftly”, Peter Frumhoff est optimiste.
M.J
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