Bonjour,
Concernant le réchauffement climatique, beaucoup de questions résistent encore aux scientifiques. C’est le message d’une enquête de Libération (13 novembre 2007) qui interroge: “L’Océan Arctique sera-t- il vide de glaces l’été en 2050 ou en 2080 ? La mousson africaine montera-t-elle plus au nord, ou se rétractera-t-elle plus au sud? Les cyclones tropicaux seront- ils plus nombreux et intenses, ou le seront- ils moins ? Le niveau des océans ne va-t-il s’élever que d’un demi-mètre, ou plus d’ici à la fin du siècle?”. Les scientifiques ont du mal à caractériser avec précision l’évolution du climat, son calendrier, et ses conséquences terrestres. “Ils ne savent pas tout”, commente Pascale Braconnot, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Université Versailles-Saint-Quentin). Si un certain nombre d’incertitudes entourent l’évolution d’un climat, finalement difficile à interroger, reste une certitude, le réchauffement bien en cours. En lien “Des temps incertains”, l’enquête de Libé qui montre la complexité des modèles, et des prévisions.
Pendant ce temps, le GIEC, réuni à Valence cette semaine, rend la synthèse de son dernier rapport, quatrième édition. Vingt cinq pages pour résumer les les 2500 pages des trois volumes parus depuis janvier. Un difficile exercice de synthèse pour décrire l’évolution du réchauffement climatique, destiné aux décideurs de la planète. Cette feuille de route devrait influencer les décisions politiques, liées au réchauffement, pour les cinq ans à venir. Ce document servira encore de référence à la Conférence des Nations Unies de Bali, en décembre prochain, pour décider des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre après 2012, fin de la première phase de Kyoto. Conséquences d’un réchauffement déjà perceptible, le retrait des glaciers, une diminution de la couverture neigeuse dans l’espace alpin, une fragilité des glaces d’été en Arctique, ou la fonte du Permafrost. Mais, certains reprochent au GIEC de fournir un rapport, privé des données recueillies après la fin des travaux, soit depuis un an. Une perte d’informations qui pourrait adoucir les conséquences du réchauffement dans le document final. Le chercheur britannique, James Lovelock, commente “Même les pires prédictions du GIEC sous-estiment la sévérité du changement climatique”(1). Désaccords d’experts qui ne remettent pas en cause une certitude: “L’activité humaine émettrice de gaz à effet de serre est clairement responsable des augmentations de températures déjà constatées.”, conclut le GIEC. (1)
Pour poser autrement la question du réchauffement climatique, je vous invite à aller voir “Un jour sur terre”. C’est un film qui nous emmène du printemps dans l’océan arctique, jusqu’à l’hiver en Antarctique. Un voyage à travers les saisons, et les grands écosystèmes de la planète. Images magnifiées par les nouvelles technologies, beaucoup de moyens et cinq ans de tournage pour souligner la fragilité des équilibres naturels. Loin du calendrier et de l’intensité des bouleversements climatiques à venir, ce film témoigne de ce que nous risquons de perdre.
M.J
Pour en savoir un peu plus sur le film…
(1) “Les experts du climat réunis à Valence pour conclure le rapport qui servira de base à l’après-Kyoto”, Le Monde, 12-11-07
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