Bonjour,
Le nucléaire, une solution pour lutter contre le réchauffement climatique? Oui, peut - être. En tout cas, ce n’est pas l’avis de tout le monde. C’est d’ailleurs l’une des questions qui a animé les débats de la dernière réunion du GIEC, à Bangkok, début mai. Pésentée comme une énergie “propre”, sans émission de gaz à effet de serre, la solution nucléaire rencontre toujours une opposition solide. Les dangers du nucléaire, l’hypothèse d’une prolifération, le stockage des déchets, et le coût réel d’une énergie très subventionnée, donnent des arguments aux “anti”. Ce qui n’empêche pas le lobbying du nucléaire de pousser à la consommation…
Le nucléaire, une alternative illusoire.
Comparé aux énergies fossiles - pétrole, charbon, gaz -, le nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre. Cette répétition pour souligner qu’il ne contribue pas au réchauffement climatique, avantage majeur dans un monde en voie de reconversion aux énérgies propres. Une “énergie verte”. Et même une “énergie renouvelable”. Argument avancé, une partie de l’uranium utilisé, reconverti en combustible “neuf”, augmente considérablement les réserves mondiales. De belles perspectives d’exploitation, qui devraient quand même rencontrer l’épuisement des réserves d’uranium, d’ici à la fin du siècle. (1) En attendant, le nucléaire séduit, même des écologistes. Exemple, Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace. Pour d’autres, Stephan Singer, en charge du dossier climat et énergie pour le Fonds mondial pour la nature, le WWF Europe, le “nucléaire ne peut constituer une alternative durable et efficace aux énergies fossiles.”(2)
Petite géographie des “pépins” nucléaires.
Le nucléaire est d’abord une énergie à “risques”. Un argument qui puise vraisemblablement dans une peur irrationnelle véhiculée par les opposants du nucléaire, mais qui s’appuie aussi sur des exemples. Three Miles Island, aux Etats Unis, en 1979, le Japon avec Tsuruga en 1981, 1987 et Tchernobyl, retour au Japon, Tokaimura en 1997 et 1999, deux morts, quelques centaines d’irradiés, quelques milliers de réfugiés, Mihama en 2004, plus un série de dysfonctionnements récents, pour terminer cette liste rapide en Europe, et en Suède, où une série d’incidents depuis juillet 2006, alimentent la contestation suédoise. Sur environ 440 réacteurs nucléaires dans le monde, c’est peu, mais largement suffisant pour asseoir l’argument du “risque”. Lors d’une interview dans Libération - je mets l’article en ligne plus loin pour une autre raison -, Benjamin Dessus, expert pour les questions d’énergie et d’environnement, évoque l’épuisement des ressources d’uranium vers 2080, d’où la necessité de passer avant aux centrales de quatrième génération, celles qui fonctionnent au plutonium. Et de nous rassurer: “Mais une civilisation de plutonium est bien plus dangereuse en termes de risques d’accidents et de prolifération.” (1)
Prolifération, déchets, et subventions.
Autre risque lié au nucléaire, la prolifération, lire la Corée du Nord et l’Iran. Et la question des déchets nucléaires, enfouis, que personne ne sait retraiter. Retour à Bangkok, où Stephen Singer commente: ” Il n’y a pas un seul dépôt dans le monde pour les déchet radioactifs qui soit accepté par les géologues.”(2) Ambiance. En France, les déchets et les incertitudes, sont stockées sur le territoire national. Autre agument au service des “contre”, le coût, c’est à dire le prix réel d’une technologie très subventionnée par les Etats. La théorie d’une indépendance énergétique ne tient pas non plus la route. Exemple en France, la totalité de l’uranium est importé, notamment d’Australie, et du Niger.
Pause vidéo: un monde nucléaire?
Le nucléaire, un “nain” contre le réchauffement climatique.
Donc actuellement, 441 centrales nucléaires fonctionnent dans le monde, dans une trentaine de pays. Les Etats - Unis, la France, le Japon, mais aussi l’Inde et la Chine, en quête de solutions énergétiques, exploitent l’atome pour produire de l’électricité. Georges Bush, défovable à Kyoto, considère le nucléaire comme un excellent moyen de lutter contre les gaz à effet de serre. L’Europe, qui a récemment décidé de réduire de 20% ses rejets atmosphériques d’ici à 2020, qui souhaite encore faire 20% d’énergie, et qui s’oriente vers le 20% d’énergie renouvelable, accepte le compromis nucléaire. Considérant que le nucléaire représente actuellement environ 6,5% de l’énergie consommée dans le monde, et vraisemblablement moins de 5% vers 2030, source AIE (Agence internationale pour l’énergie), sa contribution à limiter les émissions de gaz à effet de serre reste anecdotique. (3) C’est mieux que rien.
Seconde pause vidéo, la France va dans le mur…
A l’échelle planétaire, le moyen le plus efficace pour contenir le réchauffement reste la maîtrise de l’énergie. Beaucoup d’experts soutiennent cet argument. Un plan d’économie d’énergie qui va de la ville aux transports, en passant par l’optimisation du parc de logements. Une modération qui combine les mesures, et les technologies, dont les énergies renouvelables. Les vraies.
M.J.
En lien, cet interview particulièrement intéressante de Benjamin Dessus, notamment concernant la question de l’EPR. On pourrait y lire une incitation à la consommation de nouvelles technologies nucléaires…
(1)”Le nucléaire ne nous sauvera pas du réchauffement”, recueilli par Alexandra Scwartzbrod, Libération, 14 mai 2007 - (2) “Climat: le nucléaire, solution controversée contre le réchauffement”, AFP, in Le Nouvel Observateur, 3 mai 2007 - (3) “Réchauffement climatique: le nucléaire ne résout rien”, www.alternativelibertaire.org. Source “Sortir du nucléaire”.
1 réponses à ce jour ↓
1 Naturel // 18 mai 2007 le 8:20
L’illusion du nucléaire contre le réchauffement climatique…
Vu sur le web pédagogique. …
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