
Le Svalbard, un archipel arctique.
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Une immense banque végétale, destinée à protéger les espèces des bouleversements climatiques, des catastrophes naturelles, ou des guerres, est inaugurée au Svalbard. Cet archipel de l’Arctique, plus connu sous le nom de Spitzberg, situé en marge du monde, à un millier de kilomètres du Pôle Nord, devient le gardien de la diversité biologique de la planète. Un paradoxe pour ce territoire hostile, où le pergélisol - sol gelé en permanence - refuse aux arbres de pousser, et où le thermomètre affiche -14°C pendant l’hiver. Un immense entrepôt, abrité dans une montagne, pourra stocker jusqu’à 4,5 millions d’échantillons végétaux, collectés partout dans le monde. Ce trésor sera conservé dans trois chambres froides maintenues à -18°C, accessibles par un tunnel creusé dans le permafrost. Situé à 130 mètres d’altitude, cet immense frigo rempli de graines de blé, de soja, de riz, et de milliers d’autres semences, devrait être protégé d’une élévation du niveau marin. Même en cas de fonte des glaces du Groenland, et de l’Arctique. Béton armé et portes blindées, cette forteresse est prévue pour résister à la “fin du monde”. Une précaution utile dans une région qui vient de connaître un séisme d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter.
José Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne, et Wangari Maathai, le Prix Nobel de la Paix, inaugurent aujourd’hui cette banque végétale. Il a fallu environ un an et demi pour construire ce vaste entrepôt frigorifique. Le début de la collection se chiffre à 250.000 échantillons. Chaque donateur, Etat ou institution, reste propriétaire de ses semences. Le gouvernement norvégien a financé ce projet estimé autour de 6 millions d’Euros. La Global Crop Diversity Trust devra gérer la collecte, et entretenir la forteresse. La fondation de Bill Gates devrait participer au financement des expéditions. Ce projet, appelé”l’Arche de Noe végétale”, est une belle idée qui ne convainc pas tout le monde. Jean Marie Prosperi, Professeur à l’Ecole supérieure agronomique de Montpellier, remet en cause la capacité de conservation de certaines semences, au delà de 50 ans. Il souligne encore que 30 à 50% des espèces ne survivront pas sous forme de semences dans la glace, plantes tropicales, arbres fruitiers, et vigne…
M.J
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