Environnement
Un blog sur la géo-environnement

La terre des Africains dédiée aux carburants.

Bonjour,

L’Afrique serait une réserve de terres agricoles lorgnée par des investisseurs, le plus souvent étrangers au continent , pour y développer une agriculture d’’exportation, ou, plus scandaleusement, des plantations destinées à produire des carburants. Ce n’est pas un scoop, mais une étude des Amis de la Terre , publiée en 2010, et intitulée : « Afrique : terre(s) de toutes les convoitises. (1)   Avec un constat qui précise le rapport de force : « Les agrocarburants font concurrence aux cultures vivrières pour les terres arables, et les firmes qui veulent développer les agrocarburants font concurrence aux paysans pour l’accès à la terre. » (p4/36). La crise alimentaire de 2008, et les émeutes de la faim consécutives, éclairent encore cette rivalité entre nourriture et énergie. « L’utilisation d’une partie des récoltes pour la production d’agrocarburants a été un facteur majeur d’augmentation du prix de la nourriture » lit-on à la même page. Sur le continent africain, près du tiers des terres faisant l’objet d’une transaction, soit 5 millions d’hectares, sont destinés à la production de carburants d’origine végétale.

Riziculteurs de Tanzanie.

Une carte, esquissée à partir d’une dizaine d’exemples fouillés par l’organisation, quantifie une partie du  problème. (p6/36) En Sierra Leone, 26.000 hectares sont destinés à la canne à sucre. Au Ghana, plus de 700.000 hectares ont été confisqués aux Ghanéens. Au Benin, 300.000 à 400.000 hectares de zones humides, dans le Sud du pays, sont appelées à  se couvrir de palmiers à huile. Au Nigeria, 100.000 hectares saisis ; au  Cameroun, un bail de 60 ans pour près de 60.000 hectares de palmiers à huile ; en Angola, plus de 500.000 hectares de terres vouées aux agrocarburants. En Ethiopie, 700.000 hectares sont réservés à la canne à sucre, et 23 millions d’hectares bientôt couverts de plants de jatropha.  Au Kenya, 500.000 hectares sont destinés aux entrepreneurs. En Tanzanie, un millier de petits riziculteurs ont été obligés de céder leurs terres aux planteurs de canne à sucre. Au Mozambique, près de 5 millions d’hectares, soit 1/7° des terres arables du pays, sont dans la ligne de mire d’investisseurs. Attirés par des terres bon marché, ils sont Européens, Suisse, Italie, Royaume-Uni, Norvège, France, Espagne, Belgique, ou Portugal. D’autres investisseurs, venus d’Israël,  du Canada, du  Japon, ou du Brésil, laboratoire mondial des agrocarburants, ont encore flairé le bon plan. Addax Bioenergy, des Suisses au Mozambique ; Jatropha  Africa, des britanniques au Ghana ; Compagnie Franco-camerounaise, la carte détaille les intérêts fonciers. (p3/6) A la question « Qui ? », le rapport répond «…des PME – souvent des start-up  ayant identifié des perspectives commerciales dans les agrocarburants ». Avec l’intention claironnée de développer l’économie, locale et nationale, et de créer des emplois, notamment dans les zones rurales. Argument qui réjouit  le pays d’accueil, sans trop d’effets sur le terrain. Quelques économies continentales, Afrique du Sud, Cameroun, Angola, s’intéressent aussi à la filière des carburants, via des entreprises d’Etat et des sociétés d’investissements privés. En 2006, une quinzaine de pays africains, dont le Benin, le Ghana, le Sénégal, et le Mali ont crée une « OPEP verte », l’Association panafricaine des non producteurs de Pétrole (PANPP). La canne à sucre, le sorgho sucrier, le manioc, qui contribuent à l’alimentation des Africains, produisent de l’éthanol. Le palmier à huile, le soja, l’arachide, et le jatropha – plante non comestible qui s’adapte aux sols ingrats – sont utilisés pour le biodiesel.   Si l’intention générale est de produire des carburants alternatifs pour parer la hausse du prix du pétrole et anticiper une pénurie annoncée, il existe aussi des stratégies alimentaires. L’Arabie Saoudite projette d’investir des terres agricoles en Ethiopie, au Soudan, ou en Egypte,  pour y constituer des réserves de céréales.  La Corée du Sud partage cette ambition. En 2008, la société Daewoo Logistic convoite plus d’un million d’hectares de terres arables à Madagascar. Le projet s’ébruite, les Malgaches s’énervent, le gouvernement démissionne. La transaction est annulée.

Eau fraîche, canne à sucre, et jatropha.

« Les répercussions », Chapitre 5 du rapport. Une vision occidentale qui évacue les pratiques rurales des sociétés africaines, et tente de tirer profit de ressources, déjà rares. Si la disponibilité des terres africaines semble sans mesure, 800 millions d’hectares dont seul le quart serait mis en culture, leur vocation échappe parfois aux investisseurs.  La  tradition agricole, qui joue sur l’alternance, cultures-pâturages-jachères, vise à ne pas épuiser les sols. Cette mise en valeur, qui demande probablement plus d’espace disponible que supposé, serait contrariée par une extension des cultures énergétiques. Autre  malentendu souligné dans le rapport, celui des « terres marginales », utilisées pour faire paître les troupeaux, pour collecter du bois et des plantes médicinales, ou pour entretenir un petit jardin. Ces « terres marginales », à vocation communautaire et sans titre de propriété individuel, sont souvent avalées par de gros projets d’agrocarburants. C’est souvent le cas du jatropha, présenté comme une culture qui ne concurrence pas l’agriculture vivrière. Dans le Nord du Ghana,  Biofuel Africa,  intérêts norvégiens, projette  « la plus grande plantation de jatropha au monde » (p20/36), 38.000 hectares convertis. Or une partie de ces terres était mise en valeur par des villageois qui y cultivaient du maïs et du riz. Au Ghana, au Nigeria, en Tanzanie, la compétition pour les terres tourne au profit des agro-industriels.  Et grande est la tentation de planter du jatropha ou du sorgho sucrier, pourtant promis aux sols ingrats, sur des terres plus riches, dotées en eau fraîche. Si la canne à sucre a besoin d’être irriguée pour pousser, le jatropha a besoin d’eau pour démarrer. Il faut 4000 litres d’eau pour produire un litre d’éthanol à base de maïs et de canne à sucre. Et un peu plus de 9000 pour un litre de biodiesel à base de soja. Au Kenya , où les sécheresses consécutives diminuent les récoltes – un kenyan sur 10 se nourrit grâce à l’aide alimentaire -, le gouvernement autorise le Qatar à cultiver des plantes horticoles dans la région du delta du fleuve Tana, une zone agro-pastorale dédiée aux pâturages communautaires. Là, ou de précédents projets de canne à sucre avaient échoué.

« Les ressources les plus précieuses de l’Afrique – sa biodiversité, ses terres, ses habitants – sont exploitées pour exporter du carburant vers des pays énergivores comme l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Chine, et l’Inde. », résume le Réseau africain de Biodiversité. » (p24/36) En Tanzanie, à Madagascar,  au Ghana, où au Sénégal, le ton monte contre les voleurs de terres.

M.J.

L’Indien Ram Karuturi rachète 300.000 hectares de terres agricoles dans l’Ouest de l’Ethiopie pour y produire du riz, beaucoup de riz, et développer des pépinières de palmiers à huile…Avant de partir conquérir d’autres terres au Soudan. … Planète à vendre ( Agoravox , un documentaire diffusé sur ARTE le 19 avril 2011.

 

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(1) : « Afrique : terre(s) de toutes les convoitises. Ampleur et conséquences de l’accaparement des terres pour produire des agrocarburants. Rapport. Les Amis de la Terre Afrique et les Amis de la Terre Europe, juin 2010. http://www.foeeurope.org/agrofuels/FoEE_Africa_up_for_grabs_2010_FRENCH.pdf


Publié le 12 janvier 2012 par marlene dans Afrique,biocarburants,crise alimentaire
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7 milliards: des jeunes, des vieux, des Africains, et des femmes.

Bonjour,

Depuis le 31 octobre dernier, la planète compte 7 milliards d’habitants, estimation des Nations Unies. Il a fallu attendre les années 1800 pour atteindre le premier milliard, il faut désormais 13 années pour en compter un nouveau. Si la baisse de la fécondité dans la plupart des pays du monde ralentit la croissance de la démographie mondiale, la population continue de grossir. En 2011, l’Asie, qui dépasse les 4 milliards d’habitants, a de bonnes chances de rester le continent le plus peuplé. Elle devrait dépasser les 5 milliards au milieu du siècle, avant de redescendre lentement. L ’Amérique, l’Europe, et l’Océanie, en dessous des 2 milliards, devraient les atteindre et s’y stabiliser en 2100. L ’Afrique, qui compte plus d’un milliard d’habitants depuis 2009, caractérisée par une forte fécondité, est en progression vertigineuse. Un rapport publié par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) esquisse un long portrait d’une humanité qui change de profil, et de monde. Trois tendances.

Une humanité plus jeune. La moitié des 7 milliards d’habitants de la planète est âgée de  moins de 25 ans. L’Inde, où les femmes ont un taux de fécondité de 2,5 enfants – soit plus que le remplacement des générations situé à 2,1 – compte 600 millions de 24 ans ou moins. Cette jeunesse est accueillie comme une bonne nouvelle par les Autorités car elle permettra de faire tourner l’économie indienne pendant quelques décennies. Un avis que ne partagent pas démographes et sociologues, qui s’interrogent sur leur capacité s’adapter à un contexte économique plus complexe et plus sophistiqué. En Inde, près de la moitié des enfants souffre de malnutrition, 66% terminent un cycle primaire, avec une chance sur deux de continuer des études secondaires. Le chômage des jeunes est d’ailleurs l’une des inquiétudes de ce début de siècle. Selon l’OIT, l’Organisation internationale du Travail, 13% des 15-24 ans sont sans emploi en 2009. Un record historique lié à la crise économique. Dans le monde arabe, cette proportion dépasse les 23%. En Tunisie et en Egypte, ces jeunes ont fait vivre le « Printemps Arabe ». Un adolescent d’une quinzaine d’années, originaire d’une petite ville située sur les bords du Canal de Suez, évoque l’entrée en politique de cette  jeunesse désoeuvrée : «  C’est nous qui avons fait la révolution. Nos familles nous disaient de nous tenir tranquilles. Nous n’en avons rien fait. Nous sommes descendus dans la rue en quête de notre rêve. » (1) Education insuffisante, chômage, SIDA, mariages précoces, adolescentes enceintes, très nombreuses en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, et dans les Caraïbes, contrarient l’idée d’une jeunesse dorée dans l’espace en développement. Pourtant, pointe le rapport: « La génération actuelle des jeunes est prête à modifier fondamentalement le monde ; il y irait de l’intérêt des gouvernements de cultiver et d’utiliser leur potentiel et de ne pas laisser passer les opportunités qu’ils offrent pour le développement. »(2)

Une humanité plus âgée. En 1950, les plus de 60 ans représentent 8% de la population mondiale. Ils seront 22% vers le milieu du siècle. D’ailleurs, la part des plus de 60 ans progresse de 2,6% par an, plus que la croissance démographique mondiale. Il existe une relation étroite entre jeunes et aînés, dont les vies se séparent. Dans de nombreux pays, développés ou non, la jeunesse émigre vers les villes, à l’étranger, en quête d’un travail, laissant ses aînés seuls, parfois sans ressource. En Chine, la part des personnes âgées progresse régulièrement, conséquence de la politique des familles à un enfant et d’une amélioration de la santé. Les plus de 60 ans, qui représentaient 10% de la population chinoise en 2000, dépassent actuellement plus de 13%. Pour limiter le coût de logements neufs, les Autorités chinoises s’efforcent de retenir la population âgée à domicile. Et y parviennent. Pour parer au coût du vieillissement, la Chine et l’Inde, pourtant dotée d’une démographie plus jeune, réfléchissent comment confier la responsabilité des aînés à leurs enfants. Partout, dans les pays émergents et pauvres, quand l’Etat ne peut intervenir, ONG, collectivités, et donateurs privés sont sollicités pour adoucir la vieillesse, et remédier à l’éclatement des familles. Dans les pays riches, à plus forte espérance de vie et à jeunesse déclinante, le vieillissement pose le problème du financement des retraites, celui du maintien à domicile. S’il existe des écarts, 25% de personnes âgées en Finlande et autour de 5% en Ethiopie et au Mozambique, les vies s’allongent partout. Entre 1950 et 2010, l’espérance de vie a progressé de 11 ans dans les pays développés, de 26 ans dans les pays émergents, et de presque 20 ans dans les pays les plus pauvres. En 2009, le Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies émet un constat mondial : « Le vieillissement de la population est sans précédent ; il est omniprésent ; il est profond ; il est durable. » (3)Au moins jusqu’en 2050.

Espace à part, l’Afrique, où la fécondité élevée pourrait faire s’envoler la démographie. A l’échelle continentale, malgré des situations très variées, elle est de 4,6 enfants par femme, tendance 2005-2011. En 2011, Thomas Buettner, responsable de la population au Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies, note que si la fertilité africaine se maintient pendant trois siècles, échéance longue, la population du continent voisinerait avec les 3 billions de personnes. Plus raisonnable, Joseph Chamie, du Centre des Etudes migratoires de New-York, se projette à moyen terme. Il note que l’Afrique, et le Nigéria, le pays le plus peuplé , pourraient influencer la démographie mondiale. « Si les taux de fécondité de l’Afrique devaient rester inchangés au cours des décennies à venir, la population du continent s’accroîtrait à une vitesse extrêmement élevée pour atteindre 3 milliards d’habitants d’ici 2050 et le nombre incroyable de 15 milliards d’ici 2100, soit environ 15 fois sa population actuelle. », écrit Chamie. Il remarque encore que l’Afrique sera sans doute le dernier continent de la planète à accomplir sa transition démographique, réduire simultanément ses taux de natalité et de mortalité. (4)  Le droit des femmes à donner naissance aux enfants désirés, et à décider de leur calendrier maternel, est l’une des conditions de la transition démographique. Environ 215 millions de femmes dans le monde, en âge de procréer, pratiqueraient un contrôle des naissances si elles avaient accès au planning familial. Les femmes, éduquées, sont actrices d’une démographie contenue, attendue pour la fin du siècle.

 

M.J

 

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Rapport : « Etat de la population mondiale 2011 », UNFPA :  http://foweb.unfpa.org/SWP2011/reports/FR-SWOP2011.pd

(1) p 29, (2) p 33, (3) p 36, (4) p 62.

Une cartographie inter-active sur le site de l’UNFPA : « 7 Bilion » http://7billionactions.org/data


Publié le 2 décembre 2011 par marlene dans Afrique/ population.
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Agriculture: les promesses de la petite école « bio ».

Bonjour,

L’agriculture « bio » pourrait-elle adoucir le problème de la faim dans le monde ? Probablement, argumentent les Nations Unies au fil d’un double rapport.(1) Cette agriculture, plus vraiment traditionnelle, améliorée et débarrassée de produits chimiques, fertilisants et pesticides, permettrait à beaucoup de paysans du monde en développement de doubler leur production de nourriture en une petite dizaine d’années. Cette proposition colle au profil d’agriculteurs, qui travaillent sur des petites structures, faciles à réformer. Elle répond aussi au contexte toujours alarmant de la faim dans le monde. Au cours des 10 dernières années, les progrès pour réduire le nombre d’affamés ont été lents, et inégaux, à l’échelle de la planète. Avec un zoom sur l’Afrique sub-sahélienne, où la faim a progressé de 20% depuis 1990.Au début des années 2000, 33% de la population du Kenya manque encore de nourriture, 19% en Ouganda, jusqu’à 44% en Tanzanie. Cette agriculture «soft», qui décline les lois du Développement durable – « capital naturel », nourriture, bois, eau ; « capital social », le travailler ensemble ; « capital humain », valoriser le savoir de chacun ; « capital financier », se tirer hors de la pauvreté - entend bien montrer qu’elle peut aussi faire grimper la productivité. Expérimentée dans plus d’une cinquantaine de pays, elle a prouvé que les récoltes, issues de semences traditionnelles et protégées avec des méthodes naturelles, pouvaient augmenter leur rendement de 80%, en moyenne. Quelques petits ilôts d’agriculture « bio », développés sur le continent africain, présentent des récoltes augmentées de 116%, en moyenne. Jusqu’à 128% en Afrique de l’Est. Avec des disparités, +179% au Kenya, + 67% en Tanzanie, et +54% en Ouganda. Ces chiffres, issus de projets très encadrés, promettent plus de nourriture dans les pays où l’on en manque. C’est vrai en Afrique sub-sahélienne, en Amérique du Sud, et en Asie. (1) (2)

Rendements prometteurs et petites surfaces.

Retour au Kenya où un projet conduit par le SACDEP (Sustainable Agriculture Community Development Programme) a initié 30.000 petits fermiers à l’agriculture durable. Avant de concentrer son action sur 4500 exploitants installés à l’Est et au Centre du pays. Ces pionniers ont été formés à quelques règles : mauvaises herbes, maladies, et parasites combattus avec des défenses naturelles – Par exemple, des plantes qui attrapent ou repoussent les insectes -; respect des sols pour regagner en fertilité; gestion optimale de l’eau ; et reproduction des semences. Quatre années plus tard, la SACDEP rapporte une productivité augmentée de 50%. Suffisamment pour se nourrir, avec un petit supplément destiné à la vente. L’Ethiopie, en proie à de graves problèmes de malnutrition, a amélioré de 70% l’accès à la nourriture dans le cadre de projets agricoles « bio ». En Ouganda, qui exporte une partie de sa production, ananas, gingembre, ou vanille, le « bio » a permis de pratiquement doubler l’accès à la nourriture. Mais attention, si ce type d’agriculture progresse depuis 2003, il ne représente que 2% du paysage agricole de l’Ouganda. A l’échelle de l’Afrique, les terres qui bénéficient d’une gestion certifiée « bio » rampent entre 1 et 3%  des surfaces cultivées. Au Malawi, autre petit terrain d’expérimentation, les rendements ont été multipliés par 2. Le problème, c’est de diffuser ces méthodes agricoles « soft ». Quelques formations supérieures existent en Afrique du Sud, trop peu sur le reste du continent. Alors ONG dépêchent experts, techniciens, ou fermiers sur le terrain,  qui en formeront d’autres, à des techniques souvent simples. Dommage, l’engagement des gouvernements fait souvent défaut. L’apprentissage et à la mise en œuvre de cette mutation agricole, même à petite échelle, demandent du temps. Au Kenya, la SACDEP a mis une petite quinzaine d’années pour développer son programme.(1)

Lomadef et Monsanto.

« La progression de systèmes d’agriculture biologique produira des gagnants et des perdants. Car ce modèle d’exploitation fermière laisse peu de place aux produits chimiques. Pas sûr que les producteurs acceptent de perdre ces parts de marché. » présage encore le rapport.(3) Justement. Un article paru dans Libération en février dernier raconte comment le Malawi – pourtant terrain  d’expérimentation « bio » – est convoité par Monsanto, grosse enseigne de l’agro-alimentaire américain.(4) Selon Libération, l’entreprise a déjà introduit des semences hybrides, « sélectionnées artificiellement », programmées pour être inutilisables l’année suivante. D’ailleurs au Malawi, les 2/3 des agriculteurs fonctionnent déjà aux semences hybrides. Monsanto et Seedco – une production de la fondation Gates, liée à Monsanto – se partagent déjà les champs. Ces semences, introduites après une sécheresse , offertes avant de devenir payantes – une rente pour les fournisseurs -, ont déjà fait une démonstration rapide et efficace: « Ma vie a été transformée grâce au hybrides,  (…) Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais plus personne n’a faim dans mon foyer. ».(4) Au Malawi, où la situation alimentaire reste très tendue, notamment dans le sud du pays, la ferme LOMADEF (Lipangwe Organic Manure Demonstration Farm), initie 500 familles à améliorer leurs récoltes. Pendant ce temps, Monsanto  pense déjà OGM dans un pays, affamé et gros consommateur de maïs.

M.J

LOMADEF en vidéo….

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(1) Accès rapports :http://www.unep-unctad.org/cbtf/

-Organic Agriculture and Food Security in Africa, Sept 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/15

-Best Practices for Organic Policy. What developing country Governments can do to promote the organic agriculture sector, February 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/3

(2) “Is eco-farming the solution?”, Alister Doyle, IOL Scitech, AFP, 09-03-2011http://www.iol.co.za/scitech/science/environment/is-eco-farming-the-solution-1.1038558

(3) Organic Agriculture and Food Security in Africa, Sept 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/15, p 36

(4)« Malawi, les champs captifs de Monsanto », Sophie Bouillon, Terre, Libération, 25-02-2011 http://www.liberation.fr/terre/01012322088-reperes


Publié le 16 mars 2011 par marlene dans Afrique,Agriculture.,crise alimentaire,OGM
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« Hippo Water Roller »: une petite idée qui roule facile.

Bonjour,

Dans certaines campagnes d’Afrique du Sud, il arrive de croiser un drôle d’animal muni d’un long cou et équipé d’un réservoir, poursuivi par une femme qui l’oblige à parcourir des pistes accidentées, ou à franchir des obstacles difficiles. Cet animal de brousse,  étrange et domestiqué,  s’appelle un Hippo Water Roller, présentation en images Sa mission, transporter de l’eau, jusqu’à 90 litres en une seule fois, pour une charge voisine de 10 kg. Soit l’équivalent de cinq seaux de 20 kg chacun, un fardeau porté sur la tête.  Il allège la sacrément la tâche des femmes habituées à parcourir plusieurs kilomètres pour se ravitailler au point d’eau le plus proche, avec souvent plusieurs aller- retours par jour. Il leur évite aussi une accumulation de seaux d’eau qui se compte en années, et qui finit par peser sur la colonne vertébrale. Malgré de gros efforts après l’Apartheid pour développer une politique de l’eau, de nombreuses régions rurales d’Afrique du Sud restent oubliées. (1) Dans les campagnes pauvres, environ 7 millions de personnes, et sans doute plus, ne disposent pas d’une source d’eau  à proximité. Ce qui signifie aussi que quelques millions de femmes et d’enfants marchent beaucoup pour rapporter l’eau nécessaire au ménage.(2) (3) Une corvée fatigante, qui ne permet pas toujours de satisfaire les besoins journaliers. C’est dans ce contexte de pénurie et d’asservissement que Pettie Petzer et Johan Joner, deux ingénieurs sud-africains, imaginent au début des années 90 une autre façon de transporter l’eau. Ils l’appellent alors « Aqua Roller ».  Le corps, fabriqué en polyéthylène, sert à la fois de roue et de réservoir. Il est surmonté d’une poignée de fer qui permet de le tirer, ou de le pousser, selon les difficultés du terrain. Poussé en territoire miné, il peut aussi sauver des vies. Cet « hippopotame » tout-terrain, évocation du « cheval du fleuve » en Grec ancien, s’est fait un nom dans le monde du design. En 1992, le «Cullinan Design Award ; en 1997 le « Design For Development Award »; et en 2005 le « Index Design To Improve Life Award ».(1) En 2010, près de 30.000 rollers ont été distribués, en Afrique du Sud surtout, mais aussi e Namibie, ou dans le Nord de la Somalie, via le PAM, le programme alimentaire mondial. Une enquête révèle que chaque roller facilite la vie de 7 personnes, plus tous ceux qui bénéficient d’une eau plus légère. Le projet est introduit par IMBUVU, « Hippo » en langue Zoulou, une organisation qui travaille à alléger la pauvreté avec des solutions simples.(4) Il est ensuite porté par INFOTECH, une entreprise spécialisée en technologies de l’information, qui reconnaît l’utilité sociale de l’invention, et collecte des fonds. Le Hyppo Water Roller, trop cher pour un paysan sud-africain, est financé par des donateurs. Aux Etats-Unis, la  Hippo Water International, une ONG, s’en charge. (1) Toujours au Etats-Unis, Emily Pilloton, designer industriel, assure la promotion du roller, via sa Fast Company. Elle en a acheté 75 pour un village d’Afrique du Sud. C’est aussi elle qui remarque les dysfonctionnements d’un marché qui ne demande pourtant qu’à grandir. Une production peu efficace, 75 rollers utilisables pour 120 fabriqués. Un coût de transport trop élevé, des roues volumineuses qui voyagent à vide. (5) Et, sur le terrain, des containers détériorés, rafistolés avec des sacs plastiques. Quelques fausses notes pour une technologie simple, qui porte une petite révolution sociale. Question de moyens.

M.J

What does an idea look like ?

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(1)Hippo Water Roller, Wikipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Hippo_water_roller – Hippo Water Roller Project, http://www.hipporoller.org/

(2)« In rural South Africa, ‘hippos’ carry the load -A new invention has made the difficult task of transporting water a little easier. », Nicole Itano, The Christian Science Monitor, 05-04-2002. http://www.csmonitor.com/2002/0405/p07s01-woaf.html

(3)Water supply and sanitation in South Africa, Wikipedia.http://en.wikipedia.org/wiki/Water_supply_and_sanitation_in_South_Africa

(4) “Imvubu’s  Hippo Water Roller – Facilitate Water Access in Rural African Communities”, RotoWorld, Magazine For the Rotational Moulding and Plastic Design Industries, Volume VI, Issue 1- 2010
http://www.moldingraphics.com/pdf/Hippo%20Roller.pdf

(5) Fast Company – Hippo Roller / Blog http://www.fastcompany.com/blog/alissa-walker/designerati/project-hs-hippo-roller


Publié le 7 décembre 2010 par marlene dans Afrique,eau
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« Gando Primary School »: une école communautaire.

Bonjour,

Après la « Handmade school » du Bengladesh, une autre école, nouvel exemple d’architecture « sociale » qui conjugue « durabilité » et « communautarisme ». L’histoire commence à Gando, au Burkina Faso , une bourgade de 2500 habitants située à 200 kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Elle raconte l’itinéraire d’un enfant du village, Francis Kéré, parti étudier l’architecture en Allemagne. Quand il apprend que les murs de l’école de son enfance commencent à se lézarder, il décide d’en dessiner une nouvelle. (1) Au Burkina-Faso, pays où l’éducation reste un défi, chaque école est importante. L’UNICEF, qui rapporte une scolarisation en hausse, 60% des enfants  contre 45% en 2001-2002, incite à poursuivre l’effort.  Depuis quelques années, les Autorités développent un plan pour atteindre une fréquentation de 70%…à l’horizon 2010. (2)  En Allemagne, Francis Kéré collecte des fonds par le biais d’une association « Bricks for the Gando school », ou « Des briques pour l’école de Gando». Il reçoit le soutien du gouvernement du Burkina-Faso pour entraîner des maçons à la technique des briques de terre compressées. Ce matériau traditionnel, revalorisé car facile à fabriquer localement et à assembler, sera la base du bâtiment. Francis Kéré, qui se souvient de la chaleur insupportable de la classe de son enfance, connaît les contraintes climatiques. Il sait aussi qu’au Burkina-Faso, qui importe toute son énergie, la climatisation est un luxe. Le plan révèle trois salles de classes en alignement, continuité cassée par des espaces extérieurs couverts, ouverts sur l’espace environnant. Les sols en terre battue, les murs, les plafonds, et le toit sont conçus pour rafraîchir l’intérieur de l’école. L’édifice est coiffé d’une large tôle ondulée, destinée à protéger les murs de la chaleur et de la pluie. Un couloir d’air est aménagé entre le plafond et le toit pour favoriser la fraîcheur. Francis Kéré, encore étudiant à l’époque, termine la construction en 2001.(1) Le projet, porté par une « forte tradition de solidarité communautaire », (3) a rassemblé les gens autour d’une idée simple, construire une école pour leurs enfants. Tous les ouvriers, formés aux techniques de construction, sont originaires du village. Les Autorités locales, qui ont financé une équipe d’enseignants,  qui ont permis aux jeunes de s’initier à ces pratiques architecturales, ont joué le jeu. Des logements pour les instituteurs, extension de l’école primaire, signalent une dynamique communautaire qui fonctionne. Des plans existent  pour une librairie, une maison pour les femmes. Cette expérience a été imitée par deux villages voisins, qui ont construit leur école. En 2007, Francis Kéré réalise un établissement secondaire à Dano, une autre bourgade du Burkina-Faso. Conception architecturale similaire: dessiner en fonction du climat avec un coût de construction très serré, tirer parti des matériaux locaux, simplifier la technologie occidentale. Et même préoccupation sociale : initier les communautés à cette « architecture de brousse » pour en faire des bâtisseurs indépendants. (4)

M.J

Une réalisation exposée au MoMa. (5)

Et présentée en vidéo…

http://www.dailymotion.com/videox9vqjp


(1) « Gando primary school », Afritecture, 18-05-2009 http://www.afritecture.org/architecture/gando-primary-school

(2) “Relever le taux de scolarisation au Burkina Faso », UNICEF/ Education Burkina-Fasohttp://www.unicef.org/bfa/french/education_1095.html

(3) Grando Primary School, Gando, Burkina Fasohttp://www.akdn.org/photos_show.asp?Sid=3

(4) World Architecture community,  http://www.worldarchitecture.org/world-architects/?worldarchitects=architectdetail&country=Burkina%20Faso&no=6555

(5) « Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement” – MoMa

October 3, 2010–January 3, 2011


Publié le 19 novembre 2010 par marlene dans Afrique,Architecure.,Développement durable
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Déforestation: la FAO relève des percées dans les forêts d’Afrique.

Bonjour,

La presse africaine titre sur la déforestation du continent. (1) Plus de quatre millions d’hectares de forêts auraient disparu chaque année entre 2000 et 2005, précise la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture qui vient de mettre en ligne son rapport annuel : « Situation des forêts du monde en 2009 ». Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, environ le tiers de la superficie du continent. Au centre, le massif du Bassin du Congo constitue le second poumon de la planète. Partout, la petite agriculture, la multiplication des cultures itinérantes qui grignotent plus souvent des fronts intacts, font  reculer la forêt. Le développement de cultures industrielles, qui a besoin d’espace, pourrait devenir le principal ennemi du couvert forestier. La demande en combustibles, bois et charbon de bois, nourrit encore la déforestation d’un continent en développement, où l’énergie est chère. Le rapport met en relation la forêt et les pressions conjuguées qui se développent sur le continent Africain. La population, en passe de dépasser le milliard. L’urbanisation, dans 10 ans près de la moitié des Africains vivra en ville. Et la pauvreté, aggravée par la démographie, mais soulagée par une agriculture qui gagne sur la forêt. Le rapport prédit qu’en Afrique du Nord, de meilleures conditions d’existence laisseront une chance aux arbres, et favoriseront peut-être le reboisement. En Afrique de l’Est et en Afrique Australe, les densités de populations devraient encore faire reculer la forêt. En Afrique de l’Ouest « la poussée croissante et rapide de la demande de bois de feu en milieu urbain et l’augmentation de la demande de terres agricoles tendront à se traduire par une perte continue du couvert forestier ». (2) Selon l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest, les forêts de la sous- région seraient particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la déforestation aurait avalé 1,2 millions d’hectares par an: « Cette diminution s’est traduite par une fragmentation du couvert, notamment dans la zone humide : passage d’une forêt fermée à une forêt ouverte puis à des espaces boisés. Selon les estimations de la FAO, plus de 10 % des forêts fermées ont été transformées en forêts ouvertes entre 1980 et 2000 et entre 3 et 7 % des forêts fragmentées sont devenues des espaces boisés au cours de cette même période. » (3). En matière de déforestation, s’il est question de superficie, il est aussi question de définition. Prochain blog.

M.J

(1) Afrique: « L’Afrique a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2005 (FAO) », Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) 6 -01-2010, http://fr.allafrica.com/stories/201001070239.html -« Congo-Brazzaville: Des forêts artificielles détruites non loin des villes. »Arsène Séverin, IPS, 8-01-2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001080530.html

(2) »Situation des forêts du monde 2009″-Accès rapport FAO – Format PDF http://www.fao.org/docrep/011/i0350f/i0350f00.HTM

(3) Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les évolutions du milieu : dynamiques foncières. http://www.atlas-ouestafrique.org/spip.php?article159


Publié le 19 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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L’Afrique, piège à carbone ?

Bonjour,

Ouagadougou vient d’accueillir le Forum mondial sur le développement durable. Au menu de cette rencontre dans la capitale du Burkina Faso, « le changement climatique : quelles opportunités pour un développement durable ? ». L’Afrique, continent prétendu « le moins pollueur » et le plus exposé aux excès du climat, prépare Copenhague. Lors de cette prochaine cette rencontre internationale qui décidera d’un nouveau Kyoto, l’Afrique parlera d’une seule voix pour rappeler le principe du « pollueur-payeur ». En attendant, un organisme s’intéresse au bilan carbone du continent…

Revendications africaines.

A Ouagadougou, six dirigeants africains, emmenés par Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), ont décidé d’une position commune pour défendre les intérêts du continent à Copenhague. (1) L’Afrique souhaite des compensations pour les catastrophes naturelles causées par la crise climatique – même si cette relation n’est pas toujours facile à établir. Elle demande aux gros pollueurs de la planète de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40% – par rapport à 1990 – d’ici à 10 ans. Elle veut que les pays industrialisés l’aident  à s’adapter aux changements climatiques, notamment grâce aux transferts de technologie. Elle réclame encore des fonds pour faire face à un changement de climat, et d’environnement, qui ne manqueront pas de s’articuler à la pauvreté. Même si le Ministre de l’Environnement du Burkina-Faso, Salifou Sawadogo, chiffre les besoins du continent à 44 milliards d’Euros, le montant de l’aide  reste difficile à évaluer.( 2) D’autre part, l’Afrique, tenue à l’écart du Mécanisme de Développement Propre (MDP) , aimerait bien en bénéficier davantage. (3) Jean Ping, qui s’exprime au nom des dirigeants africains, espère que les pays industrialisés proposeront un nouveau fonds international pour aider les pays pauvres. (2)

Les mystères du carbone africain.

Argument qui porte les revendications, l’Afrique serait un « petit pollueur ». A l’échelle planétaire, l’Afrique n’émettrait que 2% des GES, et un peu moins de 4% selon d’autres sources. (4)(5) Avec ses trente millions d’habitants, l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, produirait plus de GES que le milliard d’Africains. (2) Estimations difficiles à apprécier. De son côté, CarboAfrica tente de percer les mystères du carbone sur le continent, au fil de ses écosystèmes, forêts, savanes, ou déserts. CarboAfrica est un organisme composé d’une quinzaine de structures de recherche, qui mélange l’Afrique et l’Europe, et associe la FAO. Il mesure les émissions de GES de l’Afrique sub-saharienne, et tente d’identifier leurs sources. Après quelques études de terrain, CarboAfrica précise que les émissions de GES de l’Afrique ne seraient  pas dues aux carburants fossiles – moins de 4% du total -, mais proviendraient de sources naturelles. La déforestation participerait à 17% des émissions de carbone du continent. Les incendies en provoqueraient 40%. Autre piste, l’Afrique influencerait considérablement les variations de CO² dans l’atmosphère, selon les saisons et les années. De fait, l’Afrique jouerait un rôle important dans le système climatique mondial. Mais plus étonnant, son bilan carbone. Ses étendues de forêts et de savanes, qui capturent le carbone par photosynthèse, joueraient un rôle plus important que la déforestation et les incendies de forêts, qui eux, en libèrent. Le continent africain, qui serait un piège à carbone, contribuerait  à atténuer les effets du réchauffement climatique. En attendant des conclusions plus documentées, enquête sur le terrain… (6)

M.J

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(1)Présidents du Bénin, du Burkina-Faso, de la République centrafricaine, du Congo, du Mali, et du Togo.

(2) « Africa wants polluters to pay for climate change”, AFP, 12-10-2009 http://www.kbc.co.ke/story.asp?ID=60364

(3) MDP: Mécanisme du Protocole de Kyoto qui permet à un pays industrialisé de financer un projet dans un pays en développement, afin de l’aider à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce projet – reforestation, énergies renouvelables….- doit l’engager sur la voie d’un « développement propre ». En contre – partie, le pays investisseur bénéficie de crédits d’émissions qui l’aident à tenir ses engagements chiffrés de réduction de GES.

(4) « L’Afrique émet 2% de GES au niveau mondial « , Observatoire du Sahara et du Sahel, http://www.oss-online.org/index.php/fr/global-world/global-world/l-afrique-emet-2-de-ges-au-niveau-mondial.html

(5) « Afrique: Djibo Kâ se prononce sur le Sommet de Copenhague – ‘L’Afrique va parler d’une seule et unique voix », Mamadou Sarr, Walfadjiri, 14-102009 http://fr.allafrica.com/stories/200910140698.html,

(6) « Le rôle de l’Afrique dans la réduction des gaz à effet de serre », FAO, 25-11-2008 http://www.fao.org/news/story/fr/item/8664/icode/


Publié le 16 octobre 2009 par marlene dans Afrique,Climat,Copenhague
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L’Afrique, du soleil et du vent.

Bonjour,

Les énergies renouvelables, une voie de développement pour l’Afrique ? La question a été posée la semaine dernière à Dakar, lors du troisième salon international des énergies renouvelables et de l’environnement en Afrique. Elle a aussi été abordée à Syracuse, où se tenait à peu près en même temps le « G8 » des ministres de l’environnement. La France y a lancé l’idée d’un « programme d’autonomie énergétique »  pour l’Afrique, basé sur l’exploitation des sources d’énergie propres et accessibles. (1) Sur un continent gavé de soleil, balayé par les vents, où le bois reste le principal combustible abordable, et l’électricité le luxe d’une minorité, la question du renouvelable mérite d’être posée.

Déforestation.

Avant de viser un développement économique à l’échelle continentale et de freiner un réchauffement climatique alimenté par la combustion d’énergies fossiles, il s’agit d’améliorer les conditions d’existence de ces millions d’Africains, privés d’électricité. Sur le continent, seulement 20% de la population bénéficie d’un accès direct à l’électricité. Et sans doute moins de 5% dans les pays les plus défavorisés. En brousse, c’est pire, 2% seulement des habitants sont éclairés par le réseau électrique.(2) Ces estimations ne tiennent pas compte des nombreuses coupures d’électricité dues à des infrastructures vétustes. Et qui continuent de se dégrader, faute d’entretien. L’électricité africaine, principalement alimentée par l’exploitation de ses fleuves, quand ils ne sont pas à sec, est en panne. Dans les familles les plus pauvres, on utilise le bois, les bouses de vaches, et les résidus des récoltes pour s’éclairer, ou pour cuisiner. Conséquences, une déforestation encore très active, une perte de temps à trouver la matière première, et une atmosphère malsaine dans les foyers. D’où l’idée de développer les énergies renouvelables, principalement le solaire et l’éolien, pour éclairer les devoirs des écoliers, éviter les arrêts répétés des frigos, ou alimenter les hôpitaux.

Gaspillage de matière première.

En 2004, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), promoteur d’une vision et d’une stratégie pour la Renaissance de l’Afrique, adopte une déclaration pour les énergies renouvelables. Il s’agit de développer les ressources énergétiques du continent, notamment par le biais d’une coopération régionale. Et de rendre cette énergie accessible au plus grand nombre. Perspective partagée par l’Union Africaine, de nombreux organismes Africains, les grands bailleurs de fonds, et soutenue par des gouvernements occidentaux. Le potentiel existe. L’Afrique est l’un des espaces les plus ensoleillés de la planète, privilège sans doute partagé avec l’Australie et la péninsule arabique. Côté vent, la ressource n’est pas négligeable. Une étude commandée par la Banque africaine de développement (BAD) estime qu’une quinzaine de pays, de l’Afrique du Nord au Cap Vert, en passant par la Mauritanie, en Afrique australe ou orientale, pourraient parier sur l’énergie éolienne. (3) Les quelques projets, qui s’éparpillent sur le continent, témoignent d’un gaspillage de la matière première.

Trop peu de projets.

Au Rwanda, en 2007, le Président Kadame inaugure le « plus grand projet d’énergie solaire en Afrique », résultat d’un partenariat avec l’Allemagne. En 2004, le pays s’est trouvé privé d’électricité, suite à l’assèchement de ses lacs et de ses rivières. Le projet, sans doute insuffisant, y apparaît comme une promesse de temps meilleurs. En Ethiopie, les 5500 habitants d’un petit village profitent de l’électricité d’origine solaire, autre bénéfice d’un partenariat avec l’Allemagne. Au sud-est du Nigeria, la Banque Mondiale étudie les possibilités du solaire pour alimenter des communautés rurales, écartées du réseau national. Dans une petite ville du Burkina Faso, au sud –est de Ouagadougou, des panneaux solaires installés sur le toit d’une clinique éclairent le bâtiment depuis deux décennies. A Madagascar, le photovoltaïque est une solution envisagée par le gouvernement et des ONG, pour alimenter des hôpitaux de campagnes soumis à de nombreuses coupures d’électricité. Un grand parc éolien devrait être érigé en Ethiopie pour éclairer plus de cinq millions de citoyens. La Namibie, en manque d’électricité et tributaire de ses voisins, l’Afrique du Sud, la Zambie, le Zimbabwe, mise sur la force des vents et sur un partenariat néerlandais. Le Maroc, mais surtout la Tunisie épaulée par l’Espagne, comptent de plus en plus sur l’éolien pour réduire leur facture d’électricité. (4)

Financement.

Cette liste, même incomplète, signale que tout reste à faire. Le problème, le financement. La hausse des prix des carburants fossiles et la déforestation n’y changent pas grand-chose. L’énergie solaire reste coûteuse, donc inaccessible à une majorité d’Africains. Investir dans un système solaire revient à payer une facture d’électricité longue de 20 ans. (5) Sans être sûr que le matériel durera aussi longtemps. Solution pour les grands travaux, un partenariat avec des acteurs occidentaux et des bailleurs de fonds, avec des remboursements souvent difficiles à honorer. A plus petite échelle, un coup de pouce aux particuliers. Le Ghana et le Burkina Faso ont adopté une fiscalité incitative et mis en place un dispositif de micro-crédits pour aider leurs citoyens à s’équiper en photovoltaïque. L’équipement est remboursable en 24 ou 36 mois.(6) Autre solution, baisser les taxes à l’importation, une pratique expérimentée au Kenya par African Energy, une société installée aux Etats-Unis qui vend des panneaux aux PME africaines.(6) Le PNUE (Programme des Nations Unies pur l’Environnement) parie sur le micro-crédit. En Inde, le PNUE a tenté de convaincre les banquiers locaux de financer de petites installations solaires, histoire d’alimenter quelques ampoules. Résultat, de meilleures notes pour les élèves, des ateliers de couture productifs, et des épiceries plus attractives. (7)

« Desertec » et le four solaire.

Dans un contexte de réchauffement climatique propice aux énergies propres, un grand projet germe dans la tête des Occidentaux, « Désertec ». Il s’agit d’exploiter les ressources énergétiques du Sahara, en débordant un peu sur le Moyen Orient. En clair, tapisser les déserts de panneaux solaires et canaliser la ressource éolienne pour approvisionner une Europe, engagée à réduire des émissions de gaz à effet de serre. Et doter du même coup ces régions d’une source d’énergie propre, et d’une technologie de pointe. « Désertec », un objectif 2050. Moins ambitieux, le four solaire qui cuit les aliments avec les rayons du soleil. Une invention qui date d’une vingtaine d’années, et qui aurait bien besoin d’un petit coup de pouce.

MJ.

Un universitaire camerounais évoque les coupures d’électricité dans son pays. L’énergie solaire, un truc pour les touristes…..Petit problème, le son ne marche pas à tous les coups…Comme l’électricité sur le continent africain…

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(1) “Le dialogue Nord-Sud progresse sur le climat”, Brigitte Perucca, Le Monde, 24-04-09.

(2) « L’énergie, clé de la prospérité en Afrique », Analyse et perspectives de la problématique de l’énergie sur le Continent , Itai Madamombe, Afrique Renouveau http://www.afrik.com/article8172.html

(3) « Tunisie : l’énergie éolienne a le vent en poupe. », Féthi Djebali, Youad Ben Rejeb, 23-12-2008. http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=5049

(4) Sources diverses.

(5) »L’énergie Solaire est-elle une solution alternative pour l’Afrique ? Le prix des panneaux continue de baisser », 26/09/2004, http://www.grioo.com/info3123.html

(6) « Solaire : l’Afrique en aura besoin pour se développer », Bati Depot, 14-11-08

http://www.bati-depot.fr/actualite/solaire-l-avenir-de-l-afrique-1602.html

(7) « Afrique: L’énergie solaire offre des solutions pour les zones rurales les plus pauvres », United Nations (New York), 30 Avril 2007, http://fr.allafrica.com/stories/200704301232.html



Publié le 29 avril 2009 par marlene dans Actualité,Afrique - Environnement.,énergie
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Afrique, pauvreté, environnement, et développement.

Bonjour,

Semaine de l’économie africaine sur le Webpedagogique, petite recherche, un titre accroche mon œil : « Afrique : pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre ». « L’Afrique est connue comme l’une des parties les plus riches du monde lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre – malgré les richesses naturelles et le flot d’aides », a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) » Plus loin : «  »La dette écologique causée par l’exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario », a ajouté Mutasa. « Elle maintient le continent en bas, empêche la région de sortir du cercle de la pauvreté, et déclenche la nécessité d’avoir plus d’aide » » Cet article développe l’exemple de la Zambie, ses mines de cuivre, ses exploitants prospères, ses populations exclues des profits, mais généreusement dédommagées en déchets et en poussières, résultat d’une exploitation irrespectueuse. La question de l’exploitation des richesses africaines, et leurs conséquences environnementales sur la vie des communautés, trop rarement discutée lors des Conférences internationales, figurait à l’agenda du 3° Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide au Développement.

Une aide aux consultants…

Troisième rencontre après Rome (2004) et Paris (2005), le Forum d’Accra (2-4 septembre 2008) visait à examiner l’aide au développement, et ses dysfonctionnements. Vaste programme qui dépasse la question environnementale, mais qui l’inclut. Et s’il y a rencontre, c’est qu’il y problème. Mais je ne vais pas fouiller le sujet, quelques kilomètres de blog n’y suffiraient pas. Retour sur le forum d’Accra qui a rassemblé des représentants et pays donateurs, des pays bénéficiaires, et de la société civile, pour examiner les acquis de la Déclaration de Paris. C’est-à-dire tenter de réajuster une aide peu efficace, mal ciblée, et souvent trop lente, malgré les bonnes intentions affichées. Au total, plus de 100 milliards de dollars sont alloués chaque année aux pays les plus démunis.(1) Une aide ralentie par les procédures administratives, instrumentalisée par les rivalités politiques, et soulagée par la corruption. Une récente étude sur la Déclaration de Paris montre que moins de la moitié des fonds alloués arrivent dans les délais prévus par les bailleurs de fond. (1) Les représentants des Eglises d’Afrique et des organisations religieuses internationales, très présentes sur le terrain de la pauvreté, prétendent que les plus démunis ne profitent pas de l’aide. Dans un texte destiné à préparer le forum d’Accra, le collectif religieux affirme que six des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année pourraient être sauvés avec des moyens simples et peu coûteux. Le rapport souligne encore que « l’aide est estimée sur la quantité, et non par ce qu’elle apporte au développement ». « La Déclaration de Paris ne tient pas compte du développement durable », poursuit le collectif. Encore deux extraits: « La moitié de l’aide est donnée sous la forme de consultants qui coûtent cher et qui répondent aux directives des donneurs. », « Les gouvernement des pays riches se comportent de façon honteuse en limitant l’aide à leurs propres intérêts économiques… »

De fait, l’aide au développement génère une dynamique complexe. Elle a des incidences sur le commerce des pays secourus, leur dette, la gestion des ressources. Elle influe sur la politique internationale, et reste ligotée à certains intérêts. La crise financière, la hausse des produits alimentaires, les difficultés d’accès à l’énergie, ou les effets du changement climatique l’ont rendue plus urgente, et plus précieuse, sur un terrain qui n’en verra peut-être jamais la couleur…

M.J

L’article d’attaque : « Afrique: Pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre? »Miriam Mannak, 9 Septembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200809091141.html

Pour en savoir sur le Forum D’Accra deux points de vue africains : Arbre à Palable / Forum d’ACCRA – septembre 2009 (1) http://www.arbre-a-palabre.org/2008/09/forum-daccra-septembre-2009/, et « La société civile exige une action urgente en matière d’aide au développement », 1er septembre 2008, Libération-Afrique http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2289. Côté occidental, une présentation du processus – et des priorités – de l’aide au développement sur le site de l’Agence française de Développement (AFD) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/Efficacite_1/pid/1686, et un appel à l’efficacité de l’aide par la Commission européenne http://www.eu-un.europa.eu/articles/fr/article_8119_fr.htm

Enfin, un lien vers AFRODAD, un organisme de recherche qui examine le problème de la dette africaine, et son impact sur le développement du continent. http://www.afrodad.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Publié le 4 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
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L’eau et l’Afrique, revue de presse.

Bonjour,

Encore un sujet sur l’eau, thème crucial de ce siècle qui avance, trouver des moyens plus efficaces pour la conserver, l’utiliser, et protéger la ressource. Jacques Diouf, Président de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, parle de la pénurie d’eau qui se dessine comme « l’enjeu du XXIème siècle ». Derrière cette prise de conscience et ces intentions, il y a un quotidien. Un milliard de personnes sur la planète sont privées d’eau potable, et plus de deux milliards n’ont pas accès aux réseaux d’assainissement. L’eau est une entreprise coûteuse, et pas forcément rentable. Pendant ce temps, une partie de l’humanité, souvent la même, est victimes de ses excès. Pour mieux se rendre compte des multiples réalités de l’eau, l’idée est de relever les titres de la presse africaine. Une accumulation, effectuée sur une période relativement courte, qui révèle des pénuries, une incessante quête à l’eau potable, et des inondations. Extraits.

L’Algérie multiplie les projets hydrauliques…

Inondations au Sénégal

Le 10 septembre, « Sénégal : les sapeurs pompiers interviennent sur une quarantaine de sites sinistrés », info Agence de presse sénégalaise. Pluies diluviennes, difficultés d’évacuation des eaux, des bassins de rétention qui débordent, canaux de drainages impraticables, et des habitations menacées d’inondation. La banlieue de Dakar est particulièrement touchée. On patauge dans beaucoup de quartiers: »Tout le quartier est dans l’eau. Nous avons été obligés d’envoyer les enfants chez leurs grands-parents. J’ai récemment proposé à mon épouse d’aller chez ses parents en attendant que la situation revienne à la normale, mais elle a refusé. C’est une vie difficile que nous menons ici », déplore M. Sylla. Alors les pompiers pompent les eaux, et le gouvernement débloque des crédits. Sénégal encore, le 9 septembre, info du Soleil (Dakar)  , cette fois ce sont les habitants de Touba qui sont victimes d’inondations. Un quartier de la ville a du être abandonné, les pluies ont chassé les habitants. La ville ne dispose pas de canaux d’évacuation. Ses rues, boueuses et ponctuées de flaques, sont impraticables. Plus grave, les eaux stagnantes jouxtent les ordures. Certaines eaux usées, issues des fosses sceptiques, se seraient mélangées avec des eaux de pluie. Avec deux perspectives, le paludisme et le cholera… La veille, l’Agence de presse sénégalaise évoque encore les inondations, à Pikine, dans la grande banlieue de Dakar, maisons inondées, eaux stagnantes, difficultés d’évacuation, la pluie qui ne cesse pas….Plus au Sud, à l’extrémité de la petite côte, Joal Fadiouth ,la ville de Léopold Sédar Senghor, est aussi sous les eaux…

Plus bas dans le calendrier…


Publié le 12 septembre 2008 par marlene dans Afrique,eau
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