Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Bambou, l’arbre magique de la forêt africaine…

Bonjour,

C’est une plante qui pousse rapidement, et même très vite, qui peut-être récoltée chaque année sans gêner la génération suivante, qui réduit l’érosion des sols, qui nécessite peu d’eau, qui génère une petite économie et des emplois, et qui peut lutter contre la déforestation. C’est une graminée de haute taille qui se prend pour un arbre. Longtemps associé à l’Asie, le continent le mieux doté avec 65% des ressources mondiales, et à la Chine où il nourrit les pandas, le bambou essaime sous les latitudes tropicales, subtropicales, et tempérées. On le trouve en Amérique du Sud, en Equateur, au Mexique, au Brésil, au Chili, et en Colombie. (1)Traditionnellement connu comme l’arbre du pauvre, il est désormais promu matériau high-tech, et rivalise avec des bois traditionnels. Il habille l’habitat individuel et l’architecture innovante,  il se déroule en parquet et en terrasse, il se convertit en meuble, et ses fibres se transforment en textile.  Si la commercialisation de ce bois, issus de plantations et de forêts naturelles, a longtemps été marginale, les acteurs du développement lui assurent aujourd’hui un certain succès. En Afrique, où le bambou couvre 2,7 millions d’hectares et essaime sur 6 pays – Ethiopie, Kenya, Nigeria, Ouganda, République de Tanzanie, et Zimbabwe -, il est désormais perçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. C’est en Ethiopie, pays rongé par la déforestation, que l’INBAR – International Network for Bamboo and Rattan -, teste les possibilités de la graminée.

 

Freiner la déforestation.

La déforestation, cause majeure des famines en Ethiopie, accompagne l’histoire du pays. Il y a un siècle, les forêts couvrent encore près du tiers de la superficie du pays. Dans les années 2000, elles se réduisent à moins de 4% du territoire.  Vers le milieu des années 2000, la FAO estime que 20.000 hectares de forêts disparaissent chaque année, quelques lambeaux situés dans des endroits isolés sont épargnés. La culture du café, la croissance démographique et la quête de terres agricoles ont contribué à ce processus de déforestation. Mais en Ethiopie, comme sur le reste du continent, où le bois constitue l’une des principales sources d’énergie des ménages – la seule dans les campagnes éthiopiennes -, les arbres continuent de tomber. (FAO 1999) Et bien que la consommation d’énergie d’un Ethiopien soit l’une des plus faibles au monde, la démographie nourrit la demande. A la fin des années 90, il devient urgent pour le pays de reboiser. En 2007, 700 millions d’arbres sont plantés, un record, sans pour autant stopper la déforestation. (UNEP 2007). Il y a eu d’autres tentatives de reboisement. A la fin du XIX° siècle, le pays introduit l’eucalyptus, un arbre dont la croissance rapide doit compenser la forêt perdue. Au début du XX° siècle, le pays souhaite se débarrasser de cette espèce venue d’Australie, qui demande beaucoup d’eau et épuise les sols. Sans succès. Un siècle plus tard, le bambou étale ses qualités environnementales. Il pousse sur des sols inhospitaliers ; son système de racines limite l’érosion des sols ; il restaure des terrains  appauvris ou pollués ; son feuillage favorise l’infiltration des eaux. Son rythme de croissance, de 50cm à un mètre par jour pour certaines espèces, et sa facilité à se reconstituer en font une ressource presque « renouvelable ». Il ne lui faut que 3 à 7 ans pour atteindre sa maturité, contre quelques décennies pour la plupart des essences. Il absorbe de grandes quantités de CO², et libère 30% d’oxygène de plus que les arbres. Avec une surface discontinue estimée autour des 850.000 hectares  – contre 1,5 millions dans les années 60 -, l’Ethiopie dispose de la plus importante forêt de bambous du continent africain. (1) L’INBAR, qui développe l’activité mondiale du bambou et incite à une gestion durable des ressources, lance un projet de quatre ans, (2009-2013), financé par la Commission européenne.  Il s’agit d’un échange «Sud-Sud », technologie chinoise au bénéfice des campagnes d’Ethiopie et du Ghana. Ce programme vise à faire reculer l’usage du bois traditionnel, source d’énergie des ménages, au profit du bambou. Les villageois, initiés à fabriquer du charbon de bois dans des fours qu’ils fabriquent, pourront le revendre aux consommateurs citadins. Aux femmes le commerce du bambou, utilisé comme bois à brûler. Ce programme, qui fournit des plants de bambous, initie les villageois à cette activité forestière. (2) (3) (4)

 

« Zengana Boat »

En Ethiopie, le bambou nourrit d’autres initiatives. African Bamboo , une entreprise spécialisée dans  la gestion forestière et la bio-énergie créée en 2012, pont entre les Pays-Bas et l’Ethiopie, compte développer la fabrication de meubles, de panneaux compressés, et de terrasses extérieures destinés à l’exportation. Et produire des briquettes de charbon pour le marché intérieur. L’entreprise compte déjà plus de 150 emplois permanents. Le continent regarde. Le 15 mars dernier, les dirigeants d’une douzaine de pays africains  se sont réunis à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, pour envisager le potentiel du bambou. A cette occasion, Ato Sileshi Getahun, Ministre d’Etat en charge de l’agriculture et à la tête du Conseil de l’INBAR, a déclaré : »Le bambou est considéré comme la plus importante stratégie à forte croissance pour reboiser les régions montagneuses dégradées du pays ». (4) Plus modestement, à Chewsa Kebele, dans la région d’Amhara au Nord de l’Ethiopie , quelques jeunes gens promènent les touristes sur le lac Zengana, à bord d’embarcations circulaires  d’inspiration asiatique, projet emmené par l’INBAR. Achamyeleh, un jeune garçon de 25 ans, est l’un de ces petits entrepreneurs : »Je pensais bien commencer un petit business, mais les bateaux en bois et en métal sont trop chers.(…) Quand j’ai entendu que l’on pouvait fabriquer un bateau en bambou en deux jours seulement pour transporter plus de deux personnes, il fallait que je voie par moi-même. En une saison, le bateau est remboursé, et je projette d’en construire d’autres.» (5) Le « Zengana Boat » navigue désormais sur d’autres lacs de la région du Grand Rift Oriental africain, de Madagascar, et du Mozambique.

 

M.J

 

 

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(1) 2. Extent and characteristics of bamboo resources, Global Forest Resources Assessment 2005, FAO 2005 ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/010/a1243e/a1243e03.pdf

(2) “Ethiopia Leads the Bamboo Revolution”, Ed McKenna, IPS, Addis-Ababa, 08-03-2013 http://www.ipsnews.net/2013/04/expanding-ethiopias-bamboo-sector/

(3)“In Africa’s Vanishing Forests, the Benefits of Bamboo”, Tina Rosemberg, Opinionator, blog NewYork Times, 13-03-2012 http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/03/13/in-africas-vanishing-forests-the-benefits-of-bamboo/

(4) African Bamboo Workshop , INBAR, 27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/african-bamboo-workshop/

(5) Bamboo Boats Float on Rural African Markets, INBAR,  27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/bamboo-boats-float-on-new-rural-markets-in-africa/

 

 


Publié le 12 avril 2013 par marlene dans Afrique,énergie,déforestation,Développement durable
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Les peuples des forêts contestent le REDD.

 

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Bonjour,

 

“Les communautés indigènes demandent un moratoire pour le REDD », titre un article d’IPS du 12 décembre dernier. (1) Il fait écho à la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities against REDD and for Life. Cette représentation de communautés forestières a demandé la suspension du REDD à la Conférence des Nations Unies sur le Climat qui vient de se terminer à  Durban. Le REDD ( pour Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) est un programme des Nations Unies qui vise à indemniser les pays, et les communautés, qui  protègent leurs forêts primaires. L’ONU, qui donne une valeur financière au carbone stocké dans les forêts, entreprend un vaste chantier, inclus dans une stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique. A l’échelle planétaire, la déforestation représente 15 à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.  En septembre 2008, Ban Ki-Moon, le secrétaire Général de l’ONU, commente cette initiative qui débute: «La lutte contre le changement climatique ne peut être gagnée sans les forêts du monde, cela est maintenant clair. » (2) Aujourd’hui, le programme REDD est développé dans 9 pays pilotes, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, la Zambie, l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle Guinée, le Viet Nam; la Bolivie, le Panama et le Paraguay. Auxquels s’ajoutent une vingtaine de pays, qui découvrent la valeur de leurs forêts. A Durban, sept pays d’Afrique centrale, soutenus par leurs donateurs occidentaux,  ont demandé une accélération de mise en oeuvre du REDD dans le  bassin du Congo, seconde forêt primaire de la planète après l’Amazonie. Henri Djombo, Ministre du Développement durable et de l’économie forestière du Congo-Brazzaville approuve. Il espère que d’importantes ressources financières seront disponibles au début de l’année 2012. Moins impatiente, la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities. A Durban, elle a exprimé quelques doutes sur les bénéfices de la transaction REDD pour les communautés originaires des forêts. Un nombre croissant de rapports de terrain signaleraient que les droits des autochtones sont bafoués lors de la mise en œuvre de cette stratégie. Le dispositif REDD, d’abord pensé pour les propriétaires officiels de parcelles forestières, a fait l’impasse sur les territoires coutumiers. Beaucoup de gens vivant dans la forêt, et de la forêt, depuis des générations, ne disposent pas de titre de propriété. Pas plus que d’alternative pour vivre autrement. Selon l’ONU, plus d’un milliard et demi de personnes dépendent directement des systèmes forestiers pour leur survie. Une lecture assouplie d’un droit  à la propriété, concession du REDD, pourrait protéger les “sans-titres” qui exploitent la forêt, argumentent certains. Heriberta Hidalgo, représentante  de communautés du Nord du Chili, n’y croit pas: « C’est une fantaisie plaisante (de croire) que le REDD aidera les populations à sécuriser la propriété foncière. » ‘(1) Madame Hidalgo a une autre vision de l’avenir. Elle voit la forêt céder la place aux plantations, repoussant les populations qui en dépendent pour leur nourriture et leur médecine traditionnelle. Ils pourraient y perdre leur territoire de référence. Le programme REDD propose encore un dispositif de terrain, qui vise à informer les communautés, accompagner la protection des forêts, et éviter les abus. Des pays comme le Brésil ou l’Indonésie le trouvent difficile à mettre en place, trop cher. Au Mexique, lors de la mise en place de projets REDD, cet accompagnement n’a pas suivi. Les populations forestières devaient être informées du déroulement du projet, avant de  donner leur consentement. Mais, d’après Berenice Sánchez, du MesoAmerican Indigenous Women’s BioDiversity Network, une organisation basée à Mexico, le message est mal passé. Les communautés, qui ont bien compris qu’elles allaient recevoir de l’argent, se sont précipitées pour obtenir des crédits. Elles sont aujourd’hui endettées, avec  pour seule issue, vendre leurs terres. Madame Sanchhez  ajoute : « Le REDD est un masque pour les usurpations de terre à grande échelle. »(1) Un autre représentant des communautés de l’Equateur, la Confederation of Indigenous Nationalities of Ecuador (CONAIE) rappelle quarante ans de lutte face à de grands groupes, Texaco, Shell, Rio Tinto. Ces sociétés ont promis une vie meilleure, avant de dévaster les terres, et faire éclater les communautés.  Plus tranchante, Berenice Sanchez  demande l’arrêt immédiat de tous les programmes  REDD qui se mettent en place dans le monde. « C’est une nouvelle forme de colonialisme.» (1) L’IUCN, Union internationale pour la conservation de la nature, met en garde : « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile..  ». (3)

 

M.J.

La cupidité par les arbres. Le Cas Chiapas : la Forêt Lacandona au meilleur offrant…

 

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Pour fouiller le sujet / document PDF/ Forest People Programme :Enseignements à tirer de l’expérience sur le terain ; REDD+ et les droits des peuples autochtones et des communautés tributaires de la forêt. http://www.forestpeoples.org/sites/fpp/files/publication/2011/11/lessons-field-briefing-french_0.pdf

(1)” Indigenous Peoples Call for REDD  Moratorium”, Stephen Leahy , DURBAN, South Africa, 12-12 2011 (Tierramérica) http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=106187

(2) « REDD au secours des forêts », Les Nations Unies et la Norvège s’unissent pour lutter contre les changements climatiques causés par la déforestation, PNUE, New York, 24-10  2008 http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=545&ArticleID=5930&l=fr

(3) « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile : le Cameroun lance le processus d’élaboration de la Readness Preparation Proposal (R-PP) », IUCN, 29-03-2011 http://www.iucn.org/fr/nouvelles_homepage/nouvelles_par_date/2011_news/mars_news_2011/?7184/Pas-de-REDD-sans-les-peuples-autochtones-et-la-societe-civile–le-Cameroun-lance-le-processus-delaboration-de-la-Readness-Preparation-Proposal–R-PP


Publié le 16 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat,déforestation
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Le Brésil ouvre un sentier à la déforestation.

Bonjour,

La réforme du Code forestier est en route au Brésil. Après avoir longuement été débattu et approuvé par les députés, le texte est examiné par le Sénat. S’il est adopté, il permettra aux exploitants brésiliens, industriels et petits cultivateurs, de déboiser au profit de terres agricoles. Si le monde de l’agriculture approuve cette modification, les écologistes y lisent un encouragement à la déforestation. L’image d’un Brésil,  à la fois pionnier et leader sur le front de l’environnement, pourrait s’estomper.

Une déforestation encore active.

Pourtant, il y a quelques mois encore, le Brésil annonçait fièrement un ralentissement de la déforestation en Amazonie. Selon l’INPE, – l’Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais -, l’observatoire brésilien des forêts qui effectue des repérages satellite, le déboisement du couvert amazonien recule effectivement entre 2009 et 2010, moins 6 ,2%. (1)(2) Ce qui laisse quand même un bilan de 7464 km² détruits par la déforestation en 2010, dont la moitié dans l’Etat du Para. D’ailleurs ce répit pour l’Amazonie, observé depuis 2005, ne dure pas. 2011 repart à la hausse. Mai annonce un record, amorcé en mars et avril – la déforestation a progressé de 500% par rapport à mars et avril 2010. (3) L’INPE confirme un regain pour août, porté par l’Etat du Mato Grosso.  Si l’immense complexe amazonien reste le terrain de jeux des coupeurs d’arbres, l’avenir de la grande forêt atlantique, déployée sur l’arc oriental, inquiète aussi les environnementalistes. Son bassin, qui accueille 112 millions de personnes, représente une source d’eau importante pour des zones très peuplées. L’INPE et l’ONG SOS Mâta Atlantica , impliquée dans la préservation de cet écosystème précieux, notent une déforestation ralentie en 2008-2010, par rapport à 2005-2008, mais continue. Au cours des deux dernières années, 312 km² ont été sabotés, avec une mauvaise note pour le Minas Gerais, Bahia, Santa Catarina, et le Parana.(4) Selon SOS Mâta Atlantica, moins de 7% de cette forêt primaire serait intact. Le reste a été grignoté par le développement de l’agriculture et de l’élevage, l’extension des villes, ou les plantations d’eucalyptus.

Agriculture et exportations.

En 1965, c’est un Brésil moins soumis aux tensions humaines et environnementales qui adopte le Code forestier. Sur le papier, ce texte permet de protéger 80% des forêts du Brésil, le reste est réservé aux cultures. Vraisemblablement jamais respecté, mais toujours renforcé par de nouvelles lois, il a sans doute réussi à contenir la déforestation. Du moins ces dernières années. Mais dans ce Brésil qui se développe, le Code forestier gêne les cultivateurs, et contrarie le projet d’un grand pays exportateur de denrées agricoles. Depuis les années 2000, le Brésil, servi par une géographie étendue, est devenu un leader du marché agroalimentaire mondial. Le pays fait commerce de soja, de sucre, d’éthanol, de bœuf, de poulet, de jus d’orange, de tabac, ou de ce café qui a inauguré son offensive sur le marché mondial.  Si le nouveau texte est adopté, les propriétaires terriens pourront déboiser jusqu’à 50% de leurs terres. Le lobby agricole y voit l’opportunité de développer son business. Les petits exploitants ne seraient pas mécontents d’étendre leurs champs. Il est question de développer une agriculture vivrière. Il est aussi question de nourrir une démographie en croissance, qui comptera plus de 200 millions de personnes  en 2030. De leur côté, les  environnementalistes imaginent une porte ouverte à la déforestation. L’impunité pour les zones illégalement exploitées figure déjà dans la modification du code.

Inondations et CO².

S’ils redoutent une dégradation du patrimoine forestier national, les partisans d’un Brésil qui respire  s’inquiètent d’une probable articulation entre déforestation et accidents climatiques. Dans la forêt Atlantique, SOS Mâta Atlantica note un déboisement actif des rives des cours d’eau, des coupes dans la mangrove, et un dénuement des zones qui protègent les habitations. Les sols, privés d’arbres, deviennent vulnérables aux fortes pluies qui provoquent des glissements de terrain. Quand  la déforestation des berges des rivières accentue les risques de crues. En juin 2010, de fortes pluies avaient provoqué  inondations et coulées de boue dans l’Alagoas et le  Pernambuco, deux Etats du Nord-Est assis dans la forêt atlantique. Les populations les plus touchées habitaient à proximité d’espaces mis à nu. (5) Autre argument des écologistes, la déforestation libère du CO², quand l’Amazonie peine de plus en plus à défendre son image de puits de carbone.  Au niveau international, la déforestation annoncée par la re-écriture du Code forestier voile l’image  d’un Brésil écolo, engagé à diminuer ses rejets de CO². De 2005 à 2010, une meilleure gestion de l’Amazonie lui avait permis de réduire d’un tiers ses émissions de gaz à effet de serre.

« Rio+20 »

Un collège composé d’une dizaine d’anciens ministres de l’Environnement a écrit à Dilma Rousseff, la Présidente du Brésil, pour tenter de geler la modification du Code forestier. Cette lettre  souligne le rôle avant-gardiste d’un pays qui a rédigé une loi pour protéger ses forêts, quand les autres n’en avaient pas compris l’importance. Les rédacteurs ajoutent que, grâce à ce processus responsable, le Brésil a pu devenir un acteur majeur dans les conférences internationales sur l’environnement. C’est d’ailleurs au Brésil que doit se tenir le prochain grand rendez-vous des Nations-Unies sur le Développemernt durable. Cette conférence, baptisée « RIO+20 », en référence aux engagements environnementaux formulés 20 ans plus tôt dans la métropole brésilienne, abordera aussi le dossier des forêts.  Rendez-vous donc à Rio,  en juin 2012.

 

M.J.

 

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(1) INPE releases Amazon deforestation rate in 2010, 03-10-2011 http://www.inpe.br/ingles/news/news_20111003_01.php

(2) Comparaison faite pour les périodes aoùt 2008- juillet 2009 et août 2009 – juillet 2010.

(3) Brazil confirms big jump in Amazon deforestation
Rhett A. Butler, mongabay.com , 18-05-2011 / Source INPE
http://news.mongabay.com/2011/0518-inpe_amazon.html

(4) SOS Mata Atlântica and INPE disclose data from Forest Remnants Atlas, 26-05-2011, http://www.inpe.br/ingles/news/news_20110526_02.php

(5) “Forestry Law Reforms Augur More Disasters”,  Fabiana Frayssinet, IPS News; 27-06-2010 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=51967

 


Publié le 20 octobre 2011 par marlene dans Agriculture.,Brésil,déforestation
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Wangari Maathai, « Dame Forêt ».

Bonjour,

Wangari  Maathai vient de s’éteindre. Wangari  Maathai, citoyenne du Kenya, a consacré sa vie au « Green Belt Movement ». Cette initiative, lancée en 1977, vise à émanciper les femmes du Kenya en leur donnant pour mission de planter des arbres. Wangari  Maathai, rare femme africaine à obtenir un doctorat – en biologie – au début des années 70, place l’arbre au cœur du développement des campagnes de son pays. Il s’agit de reboiser les paysages afin de freiner la désertification,  et de permettre aux sols de produire à nouveau. Cette vision, qui sous-tend celle de la sécurité alimentaire, place les femmes au premier plan. Elles sont formées à développer des pépinières, à gérer, à protéger les forêts, ou à produire du miel. L’idée est aussi de les tirer hors de la pauvreté. L’initiative de Wangari  Maathai répond à un déboisement, ancien et toujours actif. Entre 1990 et 2010, le Kenya aurait perdu 6,5% de son couvert forestier. (1)De l’autre côté de ce front de déforestation, après plus de trois décennies de sensibilisation et de travail de terrain, le « Green Belt Movement » a permis de planter plus de 30 millions d’arbres sur le territoire kényan. Près de 900000 femmes, estimation du  PNUE – le Programme des Nations Unies pour l’Environnement – auraient travaillé dans les pépinières et sur les plantations. (2)  Et dans un pays où la déforestation conditionne aussi l’accès à l’eau, le « Green Belt Movement » a déjà reverdi le Mont Kenya, la région des Aberdares, et le  Mau Complex, la forêt de montagne la plus étendue d’Afrique de l’Est, avant d’attaquer le Mont Elgon et les Cherengani Hills. Le Mont Kenya  est sans doute le premier de ces  cinq “châteaux d’eau” qui approvisionnent plus de 90% de la population kényane en eau. (3)

 

Depuis 1986, le « Green Belt Movement » a inspiré d’autres pays d’Afrique. En Tanzanie, en  Ouganda, au Malawi, au Lesotho, en Ethiopia, ou au Zimbabwe, on a misé sur les arbres, avec plus ou moins de succès, pour restaurer les terres. Cette vision du développement, qui articule « environnement », « démocratie », et « paix » mise sur les paysages et leurs ressources pour adoucir la vie des Africains. (4) Car Wangari  Maathai se préoccupe aussi de l’Afrique. Elle est d’ailleurs l’une des voix du Jubilee 2000  Africa Campaign. Ce mouvement, porté par une quarantaine de pays, demandait aux Nations riches d’annuler, pour l’an 2000,  la dette qui pèse sur les plus pauvres. Activiste dans son pays, Wangari  Maathai fait campagne contre l’appropriation abusive des terres. Elle dénonce l’attribution illégale des parcelles forestières.(2)  En 1997, celle qui défend la place des femmes dans la société kényane, échoue à la présidentielle face à Daniel erap Moi. Ses nombreuses interventions contre le régime répressif de Moi lui valent harcèlements, brimades, et quelques séjours en prison. En 2002, le Kenya change de Président. Wangari  Maathai, élue au Parlement, devient  Ministre adjoint pour l’environnement et les ressources naturelles. En 2004, le Prix Nobel de la Paix récompense son combat écologiste, féministe, et humaniste: « Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons les graines de la paix et de l’espérance. » (2)

M.J

 

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(1) Kenya Forest Information and Data, réactualisé en 2011, http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Kenya.htm

 

(2) « Lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004, le Professeur Wangari Maathai », PNUE http://www.unep.org/billiontreecampaign/french/Statements/wangari.asp

 

(3) Green Belt Movement  Tree planting Programme http://greenbeltmovement.org/w.php?id=13

 

(4) Green Belt Movement , GBM International http://greenbeltmovement.org/w.php?id=21


Publié le 30 septembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique,déforestation
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Les Mayas, victimes de désordres environnementaux.

Bonjour,

La chute de la civilisation Maya résulterait d’une dégradation environnementale majeure, conséquence d’une déforestation antérieure. Le système agricole, très sollicité par des populations nombreuses, peut-être un million de personnes vers la fin du premier siècle, n’aurait pas résisté à ce déséquilibre. Après avoir rayonné pendant la période classique – de 250 à 900 après JC -, la civilisation Maya qui se développe en Mesoamérique, s’éteint  avant le premier millénaire. « C’était un effondrement et non un recul, car le second est temporaire alors que le premier caractérise un déclin sur le long terme et la disparition du système économique et social qui structure un Etat, comme cela s’est passé dans cette région. » (1) commente Richard Hansen, anthropologue, spécialiste de civilisation Maya à l’Université de l’Idaho, lors de l’ouverture du 3° Congrès International sur la Culture Maya, au Mexique. Richard Hansen dirige le projet bassin du Mirador, un chantier archéologique et écologique, difficile à atteindre dans le nord du Guatemala. Plus d’une vingtaine de cités, des pyramides, et un complexe de temples se dissimulent dans une forêt tropicale humide de plus de 2000 km². (1) (2)

Du bois pour les édifices.

Pour Hansen, la chute de certaines villes à la fin de la période pré-classique – qui court de 1000 avant JC jusqu’à  l’an 150 de notre ère -, parmi lesquelles Tintal  Nakbe, Wakna,  résulterait d’une sur-exploitation des ressources. Tintal, gros centre urbain de ce premier temps de l’histoire Maya, témoigne d’une civilisation pionnière qui dispose de terrains pour jouer à la balle, élève des pyramides de plus de 50 mètres de haut, et construit une route de 40 km de long, la reliant à Mirador, la principale ville. Au tournant de l’ère chrétienne, Mirador compte environ 200.000 habitants. Lors de la période classique, Palenque, Copan, et Tikal périclitent à leur tour, elles aussi emportées par un déséquilibre environnemental majeur. Pour Richard Hansen, l’érosion massive, consécutive à une déforestation soutenue à l’époque pré-classique, expliqueraient la fin du système Maya. Pas seulement, mais surtout. Le bois est alors une source d’énergie. Il est aussi abondamment utilisé pour confectionner le stuc, plaqué sur les édifices qui se multiplient à l’époque pré-classique. Les besoins en bois vert, nécessaire à la confection de ce stuc, auraient été l’un des facteurs majeurs de cette déforestation, « bombe à retardement » qui précipite le déclin. Le Bassin d’El Mirador, c’est aussi une petite énigme environnementale. L’ensemble s’est développé sans eau, c’est-à-dire sans rivière, sans source, et sans nappe souterraine. A la fin de l’époque pré-classique, vers 100 avant J.C, plus de 100.000 habitants vivent pourtant dans cette zone. (2)Pour satisfaire les besoins, les pluies, abondantes, étaient recueillies dans des citernes. Dans un article paru dans le Monde en 2009, Richard Hansen évoque aussi  la « théorie de la boue ». Les boues collectées dans cette zone de marécages auraient permis de fertiliser les cultures. Sans avoir besoin de détruire la forêt pour récupérer des terres, ni d’épuiser les sols en enchaînant les semences. Malgré tout, l’équilibre environnemental, d’El Mirador n’aurait  pas résisté une civilisation qui voyait un peu trop grand. (3)

Sécheresse.

Quelques années auparavant, un article de Nature, daté de juin 1995, relie la chute de la civilisation Maya à un changement climatique. Cette hypothèse, d’abord envisagée à l’échelle de la Mésoamérique, est difficile à prouver. Les efforts pour reconstituer les humeurs du ciel au cours des trois derniers millénaires ne permettent pas de différencier les changements dus à l’évolution naturelle des cycles climatiques, de ceux provoqués par l’homme. La déforestation, qui a modifié la végétation régionale, brouille la lecture. Mais l’analyse de sédiments recueillis dans le Lac Chichancanab, au Mexique, finit par raconter la carte climatique de cette partie centrale de la péninsule du Yucatan, pendant la période Holocène. L’intervalle compris entre 800 et 1000 de notre ère, qui coïncide avec la fin de la civilisation Maya à l’époque classique, aurait été particulièrement sec. Il y aurait donc une relation, très probable, entre le déclin des Mayas et le climat. (4)

NASA / Site Maya / Guatemala

Sécheresse et déforestation.

La NASA, l’agence spatiale américaine, s’est aussi intéressée au territoire Maya. En 2006,  elle cartographie une zone du Guatemala qui révèle l’héritage architectural de cette civilisation. Photo ci-dessus. En jaunâtre, la forêt qui recouvre les ruines Maya. En rouge, la forêt environnante. En  bleu-vert, la petite végétation clairsemée. Ces sites, enfouis sous un couvert tropical très dense, pas toujours faciles à repérer sur le terrain, sont révélés par image satellite. Décodage. Les Mayas construisaient leurs temples avec des matériaux calcaires. En se détériorant, ces édifices ont modifié la composition des sols. Quelques plantes humides se sont développées alentour, d’autres ont disparu, ou se sont décolorées. La lecture satellite permet de repérer les traces de ruines calcaires, qui apparaissent en couleur jaunâtre. Pour Tom Sever, alors archéologue à la NASA, spécialiste de repérage « remote-sensing », sans contact avec le terrain, le déclin des populations Maya, résulte d’une combinaison de facteurs climatiques, la sécheresse, et anthropologiques, la déforestation. Et Sever d’ajouter : « Comprendre comment les Mayas ont affecté leur environnement pourrait aider l’homme actuel à faire des choix plus éclairés concernant la gestion des forêts tropicales humides. » (4) Conseil d’actualité, qui peut s’appliquer à d’autres désordres environnementaux.

M.J

(1) “Mayan civilisation collapse blamed on environmental damage”, Zee News, 16-03-2011, http://www.zeenews.com/news693602.html

(2) « El Mirador », Authentic Maya, 2009, http://www.authenticmaya.com/mirador1.htm

(3) « El Mirador, mère des cités mayas », Joëlle Stolz, Le Monde, 13.02.2009

(4) “Possible role of climate in the collapse of Classic Maya civilization”, David A. Hodell*, Jason H. Curtis* & Mark  Brenner†, Nature 375, 391 – 394 (01 June 1995); doi:10.1038/375391a0, http://www.nature.com/nature/journal/v375/n6530/abs/375391a0.html

(5)Maya Ruins, Earth Observatory, NASA, 18-02-2006 http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=6293


Publié le 22 mars 2011 par marlene dans Climat,déforestation,Histoire.,Préjudice écologique
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Forêts d’Ethiopie.

Bonjour,

Les forêts, 31% de la superficie du globe – dont plus du tiers en forêts primaires -, abritent 80% de la biodiversité terrestre, et hébergent 300 millions d’humains. L’ONU décide que 2011 sera l’année des forêts. Lancement officiel lors de la 9° cession du Forum des Nations Unies sur les Forêts ( FNDF), qui se déroule du 24 janvier au 4 février. L’occasion d’un zoom sur la situation en Ethiopie, où le couvert forestier a particulièrement été malmené. En attendant que le reboisement annoncé oxygène à nouveau le pays.

Démographie et pauvreté.

En Ethiopie, la couverture forestière représenterait moins de 4%, d’un territoire étendu  sur environ 1 million km². (1)  Vers 2008, les forêts éthiopiennes continuaient de diminuer au rythme de plus de 140.000 hectares par an. (2) (3) En un siècle, le pays aurait perdu plus du tiers de son poumon vert. La démographie, la mise en valeur du pays, les crises politiques, et la pauvreté expliquent une déforestation ancienne. Des années 50 au milieu des années 70, la population augmente, l’agriculture se modernise, des communautés rurales s’éparpillent, et l’on construit des routes. Conséquence, la forêt recule. Une redistribution aléatoire des terres participe au processus. Après 1974, et la Révolution éthiopienne, les populations colonisent un peu plus les forêts, tandis que les plantations de café s’installent à la place des arbres. Aujourd’hui, l’industrie du bois, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation du pétrole, le développement des villes et des villages continuent de faire tomber des arbres. Une déforestation qui tient surtout en deux mots, démographie et pauvreté. Une population qui dépasse sans doute les 80 millions d’habitants (2010), grosse démographie du continent, a besoin de terres pour se nourrir. Conséquence, l’agriculture s’installe à la place des forêts. Les sécheresses répétitives handicapent encore cette économie agricole. Et syndrome de pays pauvre,  où la moitié de la population survit, le bois est le principal combustible des ménages, qui s’en servent pour cuisiner. Il constitue aussi un matériau de construction bon marché, facile à exploiter. Esquisse d’une déforestation que le gouvernement s’empresse à inverser.

Sensibilisation et revenus.

Depuis une décennie, les Autorités orchestrent un reboisement à grande échelle qui mobilise citoyens, agriculteurs, coopératives agricoles, ou organisations gouvernementale. Tout le monde, ou presque, se met à planter des arbres. Une activité qui aurait augmenté le couvert forestier de 4% en 2005.(1) (2) Et de 9% en 2010. (1) (3) On parle d’un à deux milliards de jeunes plants mis en terre. (3) En 2007, le gouvernement adopte sa première politique forestière. Initiative qui s’accompagne d’un travail de sensibilisation auprès des citoyens, qui commencent à s’intéresser aux arbres. Dans le Nord du pays, à Tigray et Amhara, deux régions où les forêts ont été agressées par l’agriculture et les guerres civiles, la situation s’améliorerait. Mais ces efforts de reboisement sont loin de convaincre tout le monde. Un article intitulé « Ethiopie : Restaurer le couvert forestier », daté de septembre 2010, cite l’USAID, une agence de développement américaine très présente sur le terrain: «L’état des ressources forestières doit être considéré comme étant en danger». (3) Crainte exprimée ailleurs dans l’article. Un représentant de la société civile, engagé dans la récupération des terres communautaires et la biodiversité, confirme : «La tendance en Ethiopie est toujours vers la déforestation ». (3) Même si l’intérêt pour la conservation des forêts progresse dans le pays, tendance relevée par d’autres observateurs, la motivation essentielle pourrait être formulée par un paysan éthiopien: « Je comprends que la plantation d’arbres aide à maintenir l’équilibre écologique, mais je le fais pour gagner un revenu supplémentaire afin de couvrir le coût croissant des engrais ». (3)

M.J

Le Biogaz, une alternative au bois….

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(1) Household forest values under varying management regimes in rural Ethiopia, EFD (Environment For Development) http://www.efdinitiative.org/research/projects/project-repository/household-forest-values-under-varying-management-regimes-in-rural-ethiopia

(2) Ethiopia Forest Information and Data, Mongabay http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Ethiopia.htm

http://rainforests.mongabay.com/20ethiopia.htm

(3) L’Ethiopie est, avec le Nigeria et l’Egypte, l’un des pays les plus peuplés du continent africain.

(4) « Ethiopie: Restaurer le couvert forestier », Omer Redi , All Africa, 23-10-2010 »http://fr.allafrica.com/stories/201009230936.html

(5) Déforestation en Ethiopie, Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9forestation_en_%C3%89thiopie


Publié le 31 janvier 2011 par marlene dans Afrique,déforestation
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La Tasmanie, ses diables et ses fantômes.

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Bonjour,

Le cousin de Taz, ce personnage de Looney Tunes qui se déplace à la façon d’une tornade  emportée par un bruit de moteurs, doté d’une dentition menaçante et à l’appétit insatiable, est malade. Depuis quelques années, le diable de Tasmanie, le vrai, ce marsupial carnivore solidement charpenté, armé d’une puissante mâchoire, souffre d’un cancer facial qui le couvre de plaies, l’empêche de s’alimenter, et le condamne à mourir de faim. Le Devil Facial Tumour Disease (DFTD), repéré en 1996, transmissible par morsure, a fait décliner les populations de diables de 60% sur l’ensemble du territoire, avec des régions plus touchées. Au nord-est et au centre de la Tasmanie, où la maladie a été identifiée plus tôt, il ne reste plus beaucoup de ces marsupiaux qui poussent des hurlements effrayants, mais qui n’ont pas si mauvais caractère. Plutôt timides, pas forcément bagarreurs, ils défendent simplement le bout de carcasse qu’ils sont en train de dévorer. (1)

Le diable de Tasmanie est la mascotte de cette grande île soudée au continent australien, et dont elle s’est séparée il y a environ 10 000 ans, à la fin de l’âge glaciaire. Confin isolé au sud-est de l’Australie, de l’autre côté du détroit de Bass, cette île baignée, par l’Océan Indien et le Pacifique, a développé des écosystèmes uniques dont témoigne encore une faune endémique, une douzaine d’espèces d’oiseaux et quatre espèces de mammifères, le diable, le wallaby et le wombat, tous les deux au menu du premier, et le thycacine. Ce dernier, connu sous le nom  de « tigre de Tasmanie »,  aurait disparu dans les années 1930. L’histoire de cette île tempérée, aux paysages montagneux plantés de belles forêts primitives, restés intacts jusqu’à l’arrivée des colons, compte d’autres disparitions. La plus tragique, celle des Aborigènes enracinées en Tasmanie depuis sa séparation avec l’Australie. Quand les premiers colons débarquent au début du XX° siècle sur la terre de Van Dienem, du nom du gouverneur hollandais qui administre ces colonies orientales, l’île est alors un bagne. La population  aborigène est estimée entre 5000 et 10 000 personnes. Trente années de persécutions plus tard,  elle est réduite à 300. Les maladies importées par les Européens, principalement des détenus et leurs gardiens, ont contribué à ce désastre. Les Aborigènes sont ensuite déportés à Flinders Island, avant de disparaître complètement. Le dernier Aborigène de Tasmanie meurt en 1876. (2)Entre temps l’île a changé de nom, sans doute pour échapper à son histoire. Bien plus tard, ce sont les forêts primaires, dans lesquelles s’élèvent les arbres les plus gros et les plus anciens du patrimoine mondial, qui sont menacées de disparition par une déforestation sauvage. Quand ces essences, destinées à la production de bois et de papier, sont abattues, des hélicoptères lâchent des bombes de napalm pour raser ce qui reste de forêt. Un nettoyage efficace, avant de planter des espèces exotiques, à croissance rapide. Selon le WWF, au milieu des années 2000, il disparaissait chaque jour l’équivalent de 44  terrains de football de forêts sur le territoire de Tasmanie.

Mais revenons à notre diable de Tasmanie, espèce en danger inscrite sur la liste rouge de l’Union pour la Nature (IUCN)  que l’on tente de sauver du désastre. En mars dernier, un article du New Scientist rapporte qu’une équipe de scientifiques australiens a peut-être trouvé le moyen de sauver une partie de ces marsupiaux. L’équipe, qui s’est intéressée à des populations épargnées par la maladie, aurait mis en évidence la spécificité de leur système immunitaire. Les diables qui résistent au DFTD seraient équipés de gênes qui attaqueraient la maladie. (3)Plus récemment, un article du Sydney Morning Herald évoque la possibilité d’isoler les populations saines, en les évacuant vers d’autres îles. Une façon de sauver l’espèce. Déjà, des marsupiaux sains, incités à la reproduction dans des zoos, permettent de disposer d’une « population de secours » de 220 individus. Si les diables, carnivores, situés en haut de la chaîne alimentaire, sont de précieux alliés pour le fonctionnement des écosystèmes de Tasmanie – ils pourraient notamment aider au contrôle d’une surpopulation de renards -, leur transfert vers d’autres îles, et d’autres équilibres écologiques, est plein d’incertitudes : « Il y a beaucoup d’exemples dans le monde d’introduction d’espèces sur des îles qui ont mal tourné. » met en garde Andrew Sharman, qui dirige le plan de protection du diable de Tasmanie. (4)

M.J

(1)»Save the Tasmanian devil » http://www.tassiedevil.com.au/aboutdevils.html

(2) Tasmania Facts http://www.tasmaniatrip.com/tasmania-facts.html / Wikipediahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Tasmanie

(3) “The luck of the Tasmanian devils is in their genes”, The New Scientist, 10-03-2010 http://www.newscientist.com/article/mg20527515.300-the-luck-of-the-tasmanian-devils-is-in-their-genes.html

(4) “Australia moving cancer-hit Tasmanian Devils to new islands “, Talek Harris, Sydney Morning Herald, 21-01-2010,http://news.smh.com.au/breaking-news-world/australia-moving-cancerhit-tasmanian-devils-to-new-islands-20100121-mny0.html


Publié le 25 juin 2010 par marlene dans Australie,Biodiversité,déforestation
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Le REDD, une promesse pour le climat et les forêts?

Bonjour,

La Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) est réunie à Bonn jusqu’au 11 juin. Après l’échec de Copenhague, il s’agit de préparer une nouvelle conférence à Cancun, prévue en décembre prochain. Il est aussi question d’examiner les perspectives du mécanisme REDD, pour Réduction des émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts. Les forêts primitives seraient l’une des solutions pour alléger les émissions mondiales de CO², responsables de la crise climatique.

20% des émissions mondiales.

Le REDD doit permettre aux pays pauvres d’échanger la bonne tenue de leurs forêts, et le gain de CO² qui va avec, contre une aide financière. L’’échange a été proposé  par la Papouasie-Nouvelle Guinée en 2005, lors d’une conférence des Nations Unies sur le Climat. L’’idée a fait son chemin, la déforestation représente environ 20% des émissions mondiales de CO², bien plus que les transports. Ce mécanisme, qui devrait drainer des milliards de dollars des pays riches vers les pays pauvres, devrait être opérationnel en 2013. L’idée suppose que les pays bénéficiaires produisent la preuve – historique, statistiques, images satellites, mesures des arbres, retenues CO²… – que leurs forêts ne reculent plus. Des données, en principe,  vérifiées. Ce mécanisme, qui valorise une forêt préservée, cherche encore une récompense appropriée. Première idée, créer un fonds multilatéral bénévole alimenté par les pays riches, sur le modèle des aides au développement. Seconde idée, émettre des crédits REED, valorisés par les tonnes de CO² épargnées par le maintien de la forêt. Puis, les intégrer progressivement au marché international du carbone. Les pays  ayant dépassé leur quota d’émissions C0² pourraient acheter ces crédits pour compenser leurs excès. Déjà deux petits problèmes. L’émission de crédits REDD  pourrait dévaluer le prix du carbone sur le marché international, une bourse qui se cherche encore. Les pays industriels, qui polluent plus qu’autorisé, pourraient également se racheter en finançant un projet forestier dans un pays en voie de développement, commerce discutable. Dans le mécanisme de financement qui se met en place, qui mêle fonds bénévole et connexion au marché du carbone, on parle d’une clause interdisant d’échanger une pollution d’origine industrielle contre quelques hectares de forêt primaire préservée. En attendant un financement adapté, d’autres problèmes se profilent. (1) (2) (3)

Un terrain difficile à baliser.

Comment mesurer le carbone dans une forêt ? Certains s’y emploient , mais la démarche est complexe. Il n’existe pas de catalogue « carbone » des forêts du monde. Pas plus qu’il existe de mesures appropriées à la diversité des forêts. D’ailleurs, la plupart des pays concernés n’ont pas les moyens d’évaluer le potentiel de leurs écosystèmes forestiers. Comment intégrer au REDD les millions de personnes qui dépendent, directement ou indirectement, des forêts, populations souvent marginalisées?  Il est probable que ces gens voient débarquer des officiels ou des directeurs de société, désireux de gérer des territoires forestiers, désormais monnayables. De là à penser que les arbres pourraient prendre plus de valeur que les gens qui les peuplent… Même en invitant les communautés à la préservation de leur environnement, il n’est pas sûr qu’elles en tirent bénéfice si elles ne sont pas propriétaires des arbres. La « récompense – carbone », difficile à mesurer, difficile à attribuer en raison de la complexité des situations sur la propriété des arbres, est une inconnue de taille. Autre problème, la corruption qui caractérise certains pays, quand la classe dirigeante tire profit des forêts . Une hypothèse qui priverait les communautés, et les pays, des avantages financiers du REDD. Sans parler des dirigeants qui présenteraient un tableau, plus désastreux que vrai, de leurs forêts. Mais imaginons un scénario plus optimiste, celui de communautés pauvres dédommagées pour préserver les forêts dont elles dépendent. Un nouveau « contrat » de développement qui permettrait aussi de mieux contrôler l’érosion due à la déforestation, la qualité de l’eau, et la biodiversité.

M.J

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(1) “Will the UN’s forest protection dream turn into a nightmare?” – John Vidal explains Redd – Fred Pearce, guardian, 27-05-2007

http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/27/un-forest-protection-redd

(2) UN-REDD Programme / Site UNEP / http://www.un-redd.org/Home/tabid/565/language/en-US/Default.aspx

(3) REDD : Position de FNE sur les aspects méthodologiques, Fédération des Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, octobre 2009. http://www.fne.asso.fr/fr/themes/question.html?View=entry&EntryID=228


Publié le 4 juin 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Comprendre,déforestation,Non classé
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Une déforestation surestimée ? L’exemple de l’Afrique de l’Ouest.

Bonjour,

Le dernier blog évoquait la déforestation en Afrique. L’Ouest du continent serait particulièrement touché. Les populations, en quête de combustible pour la cuisine, accessible et bon marché, ou de terres agricoles pour se nourrir, n’épargneraient guère l’environnement forestier. Si les méthodes actuelles d’observation permettent de caractériser les formes et le rythme de la disparition des forêts dans la sous – région, deux chercheurs britanniques remettent en question les évaluations antérieures. Une relecture intéressante.

Dans un article qui synthétise une recherche plus documentée en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Libéria, au Ghana, au Togo et au Bénin, James Fairhead et Melissa Leach affirment : «  la thèse que nous soutenons est que les estimations récentes ont considérablement exagéré l’ampleur du déclin des forêts depuis 1900. La surface perdue au cours de cette période atteint vraisemblablement un tiers seulement des chiffres qui circulent actuellement dans les études scientifiques internationales. » Si les estimations de la dernière décennie, servies par de nombreuses  sources d’informations, dont la télédétection, sont fiables,  les évaluations antérieures le seraient moins. Selon James Fairhead et Melissa Leach, l’historique du couvert forestier n’aurait pas été assez fouillé. Nombre d’auteurs seraient partis de suppositions sur la nature et l’étendue de la forêt dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. L’analyse serait encore contrariée par un problème de définition de la forêt, qui peut faire varier l’étendue des surfaces altérées.  Elles peuvent être constituées par un «couvert végétal dominé par des arbres, sans sous- étage d’herbe ou de végétation adventice et n’ayant pas été cultivé récemment», où s’étendre au gré d’une nouvelle définition. Ce qui complique les comparaisons historiques, et fausse l’évolution de la déforestation. D’autre part, il serait probable que ces estimations soient parties de forêts très étendues dans les années 1900-1920, car moins soumises aux pressions des populations agricoles. Ce point de départ, faisant référence à un couvert forestier optimal et exceptionnel,  amplifierait encore l’ampleur du déboisement au cours du siècle. Les chercheurs britanniques, qui ont concentré leur étude sur l’Afrique de l’Ouest, s’inquiètent d’une surévaluation généralisée de la déforestation, estimée avec les mêmes méthodes. Cette lecture erronée de l’utilisation des forêts brouille l’histoire des fluctuations climatiques antérieures, et celle d’une mise en valeur des terres adaptée à ces changements : « En Afrique de l’Ouest en particulier, ceux qui ont soutenu la thèse du déboisement continu et irréversible ont totalement occulté l’expansion considérable de la zone sous forêt qui semble s’être vérifiée au cours des siècles récents. » Cette surestimation de la déforestation déforme les « modèles climatiques régionaux et mondiaux ». Elle interprète encore l’histoire compliquée de la répartition des terres, et celle d’une agriculture traditionnelle qui a valorisé son environnement. Enfin, et surtout, « l’exagération des taux de déboisement ont souvent injustement soutenu des politiques environnementales draconiennes qui appauvrissent encore plus les populations dans une région déjà défavorisée. »

Cet article intitulé « Réexamen de l’étendue de la déforestation en Afrique de l’Ouest au XXe siècle », par J. Fairhead et M. Leach, est paru dans la revue Unasylva, No: 192, 1998   W7126/F. Il est mis en ligne par la FAO http://www.fao.org/docrep/w7126f/w7126f06.htm

M.J


Publié le 21 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Climat: des arbres difficiles à négocier.

Bonjour,

Les forêts sont-elles une partie de la solution pour atténuer les effets du changement climatique ? Question de bon sens, la dégradation des forêts est la seconde cause majeure des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Question d’argent, la conservation des forêts primitives dans les pays en voie de développement pourrait être source de financements. La perspective de Copenhague réactualise une option qui suscite, aussi, des controverses…

Amazon deforestation

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Regain d’intérêt pour les forêts.

Avalées par l’agriculture, l’élevage, et les cultures industrielles, soja et palmiers à huile, sur – exploitées par les forestiers, les marchands peu scrupuleux, et les populations pauvres, ravagées par les incendies, les forêts tropicales sont particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la planète en aurait perdu plus d’un million de km², dont la moitié en Amazonie. Selon les Nations Unies, la déforestation et la dégradation du couvert forestier seraient responsables de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Bien plus que tous les pots d’échappements des voitures qui circulent dans le monde. Mais la forêt, acteur du cycle carbone, porterait aussi une réponse à la crise climatique. La restauration des forêts primitives, et le reboisement d’espaces perdus, permettraient de reconstituer des puits de carbone , destinés à le piéger. L’argument, développé par les Nations Unies et la Banque mondiale, intéresse aussi les pays dotés de forêts. En septembre 2009, leurs représentants sont allés à New-York, au siège des Nations-Unies, pour plaider l’intégration du REDD – Reduce Emission from Deforestation and forest Degradation – aux futurs accords de Copenhague. Après plusieurs décennies de coupes claires et de « laisser-faire », les grands pays forestiers de la planète pourraient avoir intérêt à garder leurs forêts debout. (1) (2)

« Forêts » contre « crédits carbone ».

S’il s’agit de reconstituer des espaces forestiers, il s’agit aussi d’attirer des dollars. Le REDD , Réduction des Emissions résultant du Déboisement et de la Dégradation forestière en Français, production des Nations-Unies, (3) est un plan « anti-déboisement » destiné à préserver les forêts d’Afrique, d’Asie-Pacifique, et d’Amérique du Sud. Il devrait fonctionner grâce à un marché carbone. Cette transaction permettrait aux gros pollueurs de la planète de compenser leurs propres excès en achetant des « crédits-carbone » aux pays qui restaurent  leur couvert forestier. Le programme REDD estime à 30 milliards de dollars annuels les gains de l’échange. (2) Ce mécanisme, qui parie sur la reconstitution de puits à carbone naturels, permettrait encore de réhabiliter un cadre de vie pour les communautés associées. La Banque mondiale estime à 1,2 milliard  le nombre de personnes qui dépendent, à des degrés divers, d’un environnement forestier. S’il s’agit de recomposer les forêts dégradées, il s’agit aussi de freiner l’abattage des arbres. Un cabinet indépendant, mandaté par le REDD, évalue entre 22 et 29 milliards de dollars le financement pour réduire la déforestation d’un quart, d’ici  2015. (2) Projection plus imagée, il faudrait que chaque personne plante deux arbres, chaque année pendant dix ans, pour effacer une décennie de déforestation. (4)

Terrains d’exercice.

En attendant que ce projet – dont les financements restent encore flous – soit intégré à la dynamique climatique décidée à Copenhague, une dizaine de pays, sélectionnés sur les trois continents, sont déjà en piste pour tester la première phase du REDD. Pays pilote, le Vietnam, dont les 10% de couvert primitif contrastent avec une moitié de forêts appauvries, ou en voie de recomposition. Le pays doit recevoir une enveloppe de plus de 4 millions de dollars – don de la Norvège – pour tenter de reconstituer son environnement forestier. Au Brésil, dans l’Etat de l’Amazonas, où se déploie plus d’un million et demi de km² de couvert amazonien, les populations se préparent à échanger une pratique forestière plus responsable, contre des financements. L’Indonésie, qui présente à la fois un fort potentiel et un terrain difficile, développe un projet de conservation sur plus de 4000 km² dans la forêt d’Ulu Masen, dans la province d’Aceh.  Chaque année, près de 3,3 millions de « crédits carbone » devraient récompenser les 100 millions de tonnes de CO² , en principe, gagnés au cours des 30 prochaines années. L’équivalent de 50 millions de vols « Londres-Sydney ». (5) D’ailleurs, en Indonésie, le prix des forêts primitives encore debout serait en train de grimper. (1) Autre terrain d’exercice, le bassin du Congo, où s’élabore encore une stratégie de conservation des forêts.

Un casse-tête d’experts

« Au départ, nous faisons par exemple une photographie du volume du carbone stocké dans la forêt. On verra par la suite, à partir de ces photographies, les activités conduites dans la forêt (agriculture et exploitation forestière). Après cela, on établira un plan de travail et l’on pourra alors déterminer très clairement ce que les populations auront pu conserver comme carbone qui nous sert ici d’unité de mesure. » Extrait d’une mise en œuvre, qui ne s’annonce pas simple, dans le Bassin du Congo.(6) L’une des difficultés de la transaction « forêts contre crédits » reste l’évaluation du gain « carbone ». Autre difficulté, redistribuer – équitablement – les bénéfices de la conservation des forêts. Comment faire en sorte qu’elle arrive sur le terrain, où il n’est pas sûr qu’elle compense une activité de « déboisement », qui profite à beaucoup de monde ?  Sans compter quelques inconnues, exemple au Vietnam. Des chercheurs de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, ont révélé que 40% du couvert forestier regagné entre 1987 et 2006 avait été « avalé » par le voisinage. Pendant que le Vietnam poursuivait une politique offensive de reboisement, le Laos, le Cambodge, et l’Indonésie, continuaient à déboiser. La moitié du bois importé au Vietnam était d’origine illégale.(7) Entre un Brésil qui laisse des troupeaux et ses cultures industrielles s’installer à la place des forêts, une Asie du Sud – Est qui voit ses arbres reculer sous la pression des plantations de palmiers à huile, et une partie de l’Afrique qui grignote ses espace forestiers pour nourrir toujours plus de bouches, la transaction « forêts contre crédits » annonce un vrai casse-tête d’experts.

En attendant un mécanisme REDD mieux huilé, certaines voix – New Carbon Finance, Greenpeace – s’élèvent pour dénoncer ses effets secondaires. Financer la déforestation, via le marché du carbone, en ferait chuter les cours. Ce qui pourrait priver de fonds d’autres initiatives destinées à contenir le réchauffement climatique, plus ciblées. Et si ce mécanisme fonctionnait, il permettrait aux pays riches d’acquérir, à bon prix, des droits à polluer, échangés contre quelques centaines d’hectares de forêts primitives, peut-être encore debout au moment de la transaction…

M.J

(1) « Governments See Dollars in Re-Grown Forests », Voice of America, Luke Hunt, Bangkok, 05-11-2009.http://www.voanews.com/english/2009-11-05-voa10.cfm

(2) Conférence de Presse sur le Programme de l’ONU pour la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement. (UN-REDD), 23-09-2009. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/Conf090923-Jagdeo.doc.htm

(3) Le projet REDD, présenté en 2008, résulte d’une collaboration entre l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

(4) « Woods are spreading over hills around Yan’an, the city where Chairman Mao lived. Here are the facts about reforestation.”, Alice Fishburn , The Times, 05-11-2009, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/science/eureka/article6901277.ece

(5) “Carbon Trading May Reward Indonesians for Saving Rainforest”, Jim Efstathiou Jr, Bloomberg, 07-02-08http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601085&sid=aD1Vb_5uDGlA&refer=europ

(6) “Bassin du Congo : 2,5 milliards de Fcfa pour la conservation du carbone”, Beaugas-Orain Djoyum, Le jour Quotidien, 06-07-2009. http://www.lejourquotidien.info/index.php?option=com_content&task=view&id=5454&Itemid=75

(7) “Vietnam outsources deforestation to neighboring countries », Rhett A. Butler, mongabay.com “, September 02, 2009http://news.mongabay.com/2009/0902-vietnam.html

(8)” Faisons les comptes : les crédits forestiers et leurs effets sur les marchés du carbone », Kate Dooley, Fern/org, Briefing note 06, Juin 2009, 8 p.

http://www.fern.org/media/documents/document_4418_4421.pdf


Publié le 12 novembre 2009 par marlene dans Climat,Copenhague,déforestation
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