Environnement
Un blog sur la géo-environnement

DOHA 2012.

Bonjour,

Les Nations Unies organisent une nouvelle conférence internationale sur le climat à Doha, au Qatar. DOHA 2012, réunie du  26 novembre au 7 décembre, est la dix-huitième Conférence des Parties (COP18) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Et la huitième rencontre des pays signataires de Kyoto. Cette rencontre  doit préciser l’après Kyoto, qui expire le 31 décembre prochain. Le Protocole de Kyoto, traité international qui engage les Etats qui ont ratifié le texte à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique avec la déforestation, est formulé en 1997. Il devient effectif huit ans plus tard, après avoir obtenu un nombre suffisant d’adhérents.  Il compte à ce jour 195 parties – 194 Etats et l’Union européenne –, et n’a toujours pas été ratifié par un acteur majeur de la scène internationale, les Etats-Unis. En décembre 2007, la Conférence de Bali avait officiellement lancé les négociations pour l’après-Kyoto. En décembre 2011, la Conférence de Durban avait permis, in-extremis, de reconduire le Protocole de Kyoto, évitant  un vide juridique. Le Protocole de Kyoto, diversement interprété par les pays industrialisés, est le seul texte qui contraint les Etats membres à faire attention à leurs émissions. Dans le prolongement de  Durban, Doha devrait formuler une nouvelle feuille de route pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce nouveau texte, finalisé en 2015,  devrait  devenir contraignant en 2020. Mais le plus tôt sera le mieux car pour contenir le réchauffement  planétaire sous le seuil des 2°C au cours du siècle, les Nations  industrielles devront réduire leurs émissions de 25 à 40%, par rapport au niveau de 1990. La Conférence de Doha, qui doit amorcer ce nouveau processus international, est aussi l’occasion de faire le point sur les actions déjà engagées par les gouvernements, les acteurs privés, et la société civile pour freiner le réchauffement. Cette rencontre permettra encore d’examiner l’aide destinée aux pays en développement, déjà exposés à un climat qui change.

Un monde à 4°C…

Un rapport de la Banque Mondiale,  intitulé « Turn Down the heat -Why a 4°C warmer world must be avoided”, daté de novembre2012,  rappelle l’urgence à maintenir la hausse des températures sous les 2°C, afin d’éviter un « dangereux » changement de climat. (1) Si tous les pays seront affectés par les conséquences de la crise climatique qui se profile, certains le seront plus que d’autres, annonce le rapport. Le réchauffement, plus étendu sous les hautes latitudes, devrait être plus durement ressenti dans les espaces  tropicaux, aux équilibres plus fragiles. Une modification sensible des températures devrait modifier les conditions agricoles,  et malmener des écosystèmes sur lesquels comptent des millions de personnes pour vivre. La montée des eaux y est  annoncée plus dramatique qu’ailleurs, avec une élévation de 15 à 20% plus importante. Sous les basses latitudes, les cyclones tropicaux devraient se multiplier. Les pays pauvres de l’espace tropical et subtropical devraient connaître plus d’aridité, et plus de sécheresses.  Le rapport, qui redoute un monde réchauffé de 4°C par rapport à l’époque pré- industrielle, prédit des extrêmes, canicules, sécheresses, inondations dans beaucoup de régions du monde, avec de sérieux bouleversements des systèmes humains, des  écosystèmes, et de leurs fonctions associées. Et de conclure : « Un monde à 4°C posera des défis sans précédent à l’humanité. …le réchauffement supposé de 4°C ne doit simplement pas être autorisé à se produire – la chaleur doit être stoppée. Seule une action rapide, conjointe, et internationale peut y parvenir. » (1)

 

Activistes et gouvernements.

Interviewé par IPS, Patrick Bond,  analyste du climat, professeur à l’Université Kwazulu-Natal en Afrique du Sud,  et membre de l’IOPS – The International Organization for a Participatory Society – donne un avis sur l’avenir des négociations sur le changement climatique : « Pour résumer, le Protocole de Montréal de 1987 aurait dû être immédiatement conçu pour intégrer les gaz à effet de serre, mais au lieu de cela, parce que Washington insistait sur un marché du carbone inefficace une décennie plus tard à Kyoto – nous n’avons simplement pas vu une volonté politique appropriée et une stratégie éclairée, et jusqu’à ce que cela change, nous ne parviendrons à rien à une échelle multilatérale(…) Cela signifie que l’avenir de négociations potentiellement fructueuses se joue entre les activistes et la base populaire qu’ils rallient à leur cause, d’un côté, et les gouvernements – et les intérêts qui contrôlent souvent ces gouvernements – de l’autre. » (2)

M.J

 

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(1) “Turn Down the heat Why a 4°C warmer world must be avoided”, November 2012, A Report for the World Bank, by the Potsdam Institute for Climate Impact Research and, Climate Analytics

http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_heat_Why_a_4_degree_centrigrade_warmer_world_must_be_avoided.pdf

 

(2) “Q&A: COP18, Another ‘Conference of Polluters’”, Busani Bafana, Interview du Professeur Patrick Bond, IPS, 27-11-2012 http://www.ipsnews.net/2012/11/qa-cop18-another-conference-of-polluters/


Publié le 4 décembre 2012 par marlene dans Actualité,Climat
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RIO+20, RIO+vert.

Bonjour,

Après Stockholm en 1972 et Rio en 1992, le RIO+20 est la troisième grande rencontre internationale, organisée par les Nations Unies, sur le thème d’un développement plus doux pour la planète et ses habitants. « The future we want », l’intitulé de la Conférence annonce son ambition. Après des rencontres  préparatoires, amorcées en mai, prolongées mi-juin, la partie décisive de ce sommet se tiendra  du 20 au 22 juin 2012, à Rio de Janeiro, la capitale économique du Brésil. On y attend les représentants de plus de 190 pays, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de la Chine, ou de l’Inde, sans doute ceux de la France et de  l’Espagne. Mais pas sûr d’y voir Barack Obama. Au total, 50.000 participants, secteur privé, ONG, bailleurs de fonds, et représentants de la société civile se croiseront dans les rues de la métropole brésilienne. Le Sommet des Peuples, rassemblement alternatif en quête de  justice sociale et environnementale, se tiendra en marge de la rencontre de l’ONU. Si le premier RIO s’est intéressé aux changements climatiques et à la biodiversité, thématiques pour lesquelles il a fait date, le second devrait préciser le concept d’économie verte .(1)

Entre deux Rio.

Entre les deux Rio, vingt ans, et une planète plus malmenée. Le « Living Planet Report 2012 » du WWF (World Wildlife Fund) rapporte une dégradation alarmante de la biodiversité, moins 28% entre 1970 et 2008, à peu près l’écart entre les deux Rio. Avec une situation plus alarmante dans l’espace tropical, dont les paysages ont perdu plus de la moitié de leur biodiversité. Conséquence de ce gâchis, une personne sur six dans le monde souffre de malnutrition. L’empreinte écologique, qui révèle la pression humaine sur les ressources renouvelables, signale une surconsommation des écosystèmes depuis les années 70. Il faut aujourd’hui un an et demi pour que les ressources consommées en une année se renouvellent. Un décalage emmené par les pays les plus riches. En vingt ans, les émissions de carbone ont augmenté de 40%. Avec une démographie gonflée de deux milliards de personnes vers le milieu du siècle, la pression sur les écosystèmes et la progression de la pauvreté risquent fort de s’aggraver. Faute d’imaginer une nouvelle façon de courir après le bien-être, c’est le clash. Si l’humanité entière vivait façon « américain moyen », il faudrait quatre planètes pour régénérer sa consommation annuelle de ressources naturelles. (2)

Un RIO+20 pour adoucir les perspectives.

Le Rio+20 doit poser les bases d’une économie verte qui réduit la pauvreté sans détruire l’environnement, et promouvoir le concept de « bonne gouvernance ». La vision d’une société mondiale moins inéquitable et moins agressive avec la nature  devrait se dessiner. Il s’agit d’une nouvelle étape sur la voie d’un « développement durable », entendu comme une terre encore préservée, ou restaurée, destinée à l’usage des générations futures. Cette réflexion collective devra notamment permettre de repenser l’articulation « production-consommation », et l’adoucir en y intégrant des critères de développement humain. La Conférence cible une thématique environnementale large, qui intègre les océans, les villes durables, l’eau, l’énergie, l’agriculture durable, la sécurité alimentaire, ou les incertitudes liées aux conséquences du  réchauffement climatique. Le Rio+20, qui pose le concept « d’économie verte » à l’échelle mondiale, devrait en envisager les contextes régionaux, les mécaniques, et les possibilités: un vivier d’emplois et des opportunités d’insertion sociale. Les pays pauvres devront être accompagnés par les plus riches dans cette transition verte. Si la communauté internationale ouvre une voie commune, cible des objectifs de consommation ou de production, développe des moyens pour mesurer les efforts accomplis, le processus transitoire pourrait démarrer dès 2015. (1) (3) (4)

Economie verte.

L’UNEP, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, définit l’économie verte comme « l’une dont le but est d’améliorer le bien être de l’humanité et l’égalité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et les pénuries écologiques. » (3) Mais le document signale encore l’élasticité d’un concept  qui peut associer plus librement croissance et environnement. Cette notion d’économie verte s’est imposée dans les discussions internationales au cours des dernières années. La crise financière lui a donné un second souffle. La promesse d’un développement respectueux des écosystèmes, réducteur de pauvreté, est compatible avec celui, plus ancien, de « développement durable » Mais l’instauration de ce nouvel ordre économique, qui noircit les rapports de l‘ONU et absorbe les spécialistes en hypothèses, comporte pas mal d’inconnues. Ce bouleversement des échanges mondiaux, plus défavorable aux pays en voie de développement, pourrait inciter au protectionnisme, déréguler le système de coopération internationale, et renforcer les inégalités.(3) Veronica Couto, l’une des responsable brésilienne du Sommet des Peuples, démasque le concept : «Le modèle économique que l’on déguise aujourd’hui en vert cherche à soumettre tous les cycles vitaux de la nature aux règles du marché et à la domination de la technologie, de la privatisation et de la marchandisation de la nature et de ses fonctions» (5) Un monde où l’eau douce des rivières, les sols fertiles, ou les parcelles de forêts primaires, évaluées pour les services rendus, seront convertis en valeur monétaire ?  Le REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation programme), le programme des Nations Unies qui rémunère les forêts encore debout, récompense pour le carbone stocké, illustre cette marchandisation et ses dérives. Au Pérou, au Kenya, au Congo, en Ouganda, en Indonésie, le REDD ouvre la porte aux compagnies forestières et aux Etats, qui misent sur la valeur carbone des forêts, au détriment des  populations qui exploitent des parcelles depuis des générations, sans titre de propriété.

S’entendre, ou ne pas s’entendre.  

Le premier RIO, la Conférence de Copenhague sur le climat, puis celle de Durban, ont révélé des discordes entre les pays riches, et les autres. Les seconds, au développement plus tardif, ne veulent pas porter la charge environnementale accumulée des premiers, accusés de polluer depuis les débuts de l’industrialisation. Le RIO+20 va probablement poser la question du partage des efforts pour engager cette transition verte. De même qu’il pourrait insister sur la mutation verte et le recul de la pauvreté, au détriment d’autres dossiers, changement climatique ou énergie. La crise financière peut encore vider les promesses et les engagements de ce RIO+2, pour en faire une étape de plus vers une transition. Encore reportée.

M.J

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(1)RIO+20 , United Nations Conference on Sustainable Develoment, Objective and themes, http://www.uncsd2012.org/rio20/objectiveandthemes.html

(2)Living Planet Report2012, Biodiversity, biocapacity, and better choices, WWF http://awsassets.panda.org/downloads/1_lpr_2012_online_full_size_single_pages_final_120516.pdf

(3) The Transition to a Green Economy: Benefits, Challenges and Risks from a Sustainable Development Perspective, Summary of Background Papers,José Antonio Ocampo,Columbia University,Division for Sustainable Development, UN-DESA, United Nations Environment Programme, UN Conference on Trade and Development http://www.uncsd2012.org/content/documents/Transition%20to%20a%20Green%20Economy_summary.pdf

(4) A Green Economy Knowledge-Sharing Platform: Exploring Options, Executuve summary, PDF, http://www.uncsd2012.org/content/documents/290A%20Green%20Economy%20Knowledge%20Platform_ExecSum%20only.pdf

(5) El Moudjahid (Algérie), Sommet de RIO+20 : La planète contre les peuples ?, M. Koursi, 03-06-2012 http://www.elmoudjahid.com/fr/flash-actu/7545

 


Publié le 15 juin 2012 par marlene dans Actualité,Brésil,Développement durable
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Durban, la Conférence sur le climat vue de Côte d’Ivoire.

Bonjour,

Durban, Afrique du Sud. Aujourd’hui s’ouvre la 17° Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques. (CP 17) Pendant une dizaine de jours, jusqu’au 9 décembre, des représentants de 190 pays, des ONG, et des délégués de la société civile, vont tenter de trouver des solutions concrètes pour freiner les effets de la crise climatique.  Et peut-être  proposer un « après » au Protocole de Kyoto.  Quand la Chine et les Etats-Unis refusent de contrôler leurs émissions de gaz à effet de serre. En attendant l’issue de cette nouvelle réunion internationale sur le climat, qu’en pensent les Africains ?  Un point de vue proposé par la RTI, la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne.

 

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Publié le 28 novembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique - Environnement.,Climat
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Climat: de Cancun à Durban.

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Bonjour,

« Les vrais gens ne peuvent pas survivre sous l’eau », message de Greenpeace à l’occasion de la Conférence de l’ONU sur le climat qui s’est achevée à Cancun samedi dernier. Les représentants des petits Etats insulaires du Pacifique, où vivent plus de 8 millions d’habitants, s’inquiètent de la lenteur des négociations quand l’océan menace d’envahir leurs terres. (1) Première île menacée, Nauru, un peu moins de 10.000 habitants, et dont le Président Marcus Stephen remarque : « La gravité de la crise nous échappe. Elle s’est perdue dans un brouillard de jargon scientifique, économique et technique. »(2) Les 193 Nations, réunies pendant deux semaines dans la cité balnéaire mexicaine, n’ont pas clairement répondu aux questions posées par le réchauffement climatique. Combien de pays vont réellement réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les secteurs de l’industrie, des transports, et de l’agriculture pour contenir la hausse des températures à moins de 2°C au cours du siècle ?

Un an après le décevant Sommet de Copenhague, Cancun devait préparer l’après-Kyoto, qui prend fin en 2012. Ce texte de 1997 oblige, en principe, les pays développés qui adhèrent à réduire  leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% entre 2008 et 20012, par rapport à 1990. Malgré la volonté commune exprimée d’adoucir la crise climatique, les discussions concernant l’avenir du Protocole de Kyoto ont été reportées à l’année prochaine. Et à la Conférence de Durban, en Afrique du Sud. A défaut d’une feuille de route qui précise l’après-Kyoto, Cancun réactualise certains engagements formulés à Copenhague. Après 12 jours de négociations, Patricia Espinosa, Ministre des Affaires étrangères du Mexique, à la tête de la Conférence, a proposé un compromis qui décline des outils plus que des engagements. La Bolivie d’Evo Morales a refusé de signer ce texte qui ne précise pas les efforts à accomplir pour réduire les émissions mondiales.  (2) (3) (4)

Parmi les propositions, la création d’un « fond vert pour le climat » pour aider les pays en développement à répondre aux bouleversements environnementaux en cours. Après 2012, cette mesure devrait s’accompagner d’une enveloppe annuelle de 100 milliards de dollars,  promesse faite à Copenhague. Mais la question du financement n’a pas encore été réglée. Un transfert de technologies propres, issues des pays les plus riches, devrait encore aider les pays les moins avancés à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Enfin, le mécanisme REDD , pour Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts, compense la sauvegarde des forêts primaires, et leur gain CO², contre des avantages financiers. Le Brésil, où la forêt recule sous la triple pression du soja, du bétail, et de la consommation de bois, et l’Indonésie, où les palmiers à huile dévastent l’espace forestier, sont particulièrement intéressés par ce mécanisme. (2) (3) (4)

Querelles. Le Japon, la Russie, et le Canada ont averti qu’ils n’adhèreraient pas à un «Kyoto 2 » tant que les Etats-Unis, la Chine, et l’Inde, têtes d’affiche de la pollution mondiale, ne seraient pas impliqués dans la dynamique internationale de réduction de gaz à effet de serre. Jusqu’alors, les Etats-Unis ont refusé de ratifier le Protocole de Kyoto. La Chine et l’Inde, pays émergents, y échappent. La question de la «responsabilité », qui fait du pollueur né avec la Révolution industrielle le coupable historique, empoisonne les rapports. Les puissances émergentes  n’entendent pas sacrifier leur développement industriel pour atténuer un dérèglement climatique, amorcé bien avant leur désir de prospérité. En 2009, la Chine a pourtant promis de réduire de 40 à 45% ses émissions de GES en 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Avec 15% d’énergies alternatives en 2020. Et à Cancun, l’Inde, s’est montrée très active dans les négociations . (2) (3) (4)

M.J

(1) “For us in the Pacific, the Cancún climate summit is about survival », Marcus Stephen, The Guardian, 02-12-2010 http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2010/dec/02/cancun-climate-change-summit-pacific-island-nauru

(2) UN chief warns climate talks are too slow”, Arthur Max, Associated Press, 8-12- 2010 http://www.boston.com/business/articles/2010/12/08/un_chief_warns_climate_talks_are_too_slow/

(3)“China vows to control emissions in next 5 yrs”, Xinhua, 23-11-2010 http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-11/23/content_11598233.htm

(4) “Cancun: des pas comptés pour le climat, un immense bol d’air pour l’ONU » ; Jérôme Cartillier, AFP, 12-12-2010 http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gd-yTRLDUEQxn-JV_4IqQXOLX21w?docId=CNG.505d86ebe1dfca0c333e5b57dc6b23e1.541


Publié le 14 décembre 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Elevation des mers.
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Objectifs du Millénaire, des engagements, du temps, et de l’argent.

Bonjour,

Il ne reste que cinq ans pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), définis en 2000, lors Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unies. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, réunit aujourd’hui et demain à New York les dirigeants de ce monde pour faire le point. Pauvreté, éducation, condition des femmes, santé, ou biodiversité, le rapport 2010 qui suit les grands chantiers de l’ONU témoigne d’avancées timides.(1) Et donne la mesure des efforts à fournir d’ici à 2015.

Combattre l’extrême pauvreté et la faim. Premier objectif qui vise à réduire de moitié, par rapport à 1990, le nombre de personnes vivant avec 1,25 dollar par jour. De 1990 à 2005, le nombre de démunis recule, passant de 1,8 milliard de personnes à 1,4 milliard. Mais la crise mondiale des années 2008 et 2009, qui ralentit aussi la croissance des pays en voie de développement, interrompt cette lente sortie de la misère. Les effets de cette crise pourraient même durablement contrarier ce qui n’était pas si mal parti. Les Nations Unies gardent cependant l’espoir d’une grande pauvreté contenue sous la barre du milliard, d’ici à 2015. L’Asie du Sud-Est, emmenée par la Chine et l’Inde, plus combatives sur le plan de la croissance avec une amélioration du sort des plus pauvres, portent notamment cet espoir. Selon la banque Mondiale, entre 1990 et 2008, la Chine a réussi à tirer plus de 500 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Au niveau mondial, la crise a également contrarié la perspective du plein emploi, moteur d’une réduction significative de la pauvreté. La faim. En 1990-1992, elle concerne 817 millions de personnes. Elle grimpe à 830 millions, plus 13, en 2005-2007. Juste avant la crise financière et alimentaire qui annonce une envolée – vraisemblable – des chiffres. Les dernières données, livrées par la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation  et l’agriculture, chiffrent à 925 millions le nombre de personnes qui manquent de nourriture en 2010.Ce qui est présenté comme un premier recul de la faim depuis 15 ans retarde l’objectif de réduire moitié le nombre de dénutris, d’ici à 2015. Premières victimes de la faim, les enfants. Dans le monde en développement, un quart des moins de 5 ans n’a pas atteint un poids normal. En Asie du Sud, de mauvaises habitudes alimentaires se combinent avec des produits de mauvaise qualité pour expliquer cette malnutrition infantile. Une cartographie plus optimiste révèle qu’en Asie du Sud – Est,  notamment en Chine, en Amérique latine, ou au Caraïbes, la faim continue de régresser.

L’éducation pour tous, le second objectif, piétine. Malgré l’effort de nombre de pays pauvres. L’Afrique sub-saharienne, qui affiche l’une des plus mauvaise note au niveau mondial, enregistre 18% d’inscrits de plus entre 1999 et 2008. En Asie du Sud, autre région mal notée, et en Afrique du Nord, les progrès se situent autour des 10%. Pour inciter les élèves à fréquenter l’école, le Burundi a annulé les frais de scolarité dans le primaire. Résultat, en multipliant par 3 le nombre d’écoliers, le pays arrive à une scolarisation de 99% en 2008. Exemple suivi par la Tanzanie, le Guatemala, et le Nicaragua. Les filles, plus nombreuses à fréquenter l’école qu’auparavant, n’ont pas partout la même chance. En Afrique du Nord, 66% des enfants non scolarisés sont des filles. Mais la principale barrière à l’éducation des filles reste la pauvreté, surtout en milieu rural. C’est un mauvais départ pour tendre vers le troisième objectif, l’égalité des sexes, et l’émancipation féminine, l’un des grands chantiers du millénaire. Et pour cause. Le développement repose sur les femmes qui, scolarisées,  préparent mieux leurs enfants pour affronter l’existence, et les envoient à l’école. L’accès à un emploi rémunéré, condition de cette émancipation, reste difficile. En Asie du Sud, en Afrique du Nord, et en Asie de l’Ouest, seulement 20% des femmes exercent un travail rémunéré, hors secteur agricole. Partout, elles doivent se contenter d’emplois précaires. En Asie du sud et en Afrique sub-saharienne, beaucoup de femmes meurent en accouchant, faute de personnel qualifié. Des décès faciles à éviter avec peu de moyens, qui figurent aux objectifs du Millénaire . Et pourtant, c’est aussi sur des femmes mieux soignées, et mieux nourries, que repose l’autre grand objectif du millénaire, la réduction de la mortalité infantile. En baisse entre 1990 et 2008, moins 28%, le taux de mortalité des moins de cinq ans dans les pays en voie de développement reste scandaleux. Très mauvais classement pour l’Afrique subsaharienne et l’Afghanistan. Principaux ennemis des enfants, la malnutrition – plus d’un tiers des décès infantiles -, la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, et le sida. Le sida, cible d’un cinquième objectif qui vise à éradiquer les grandes pandémies, marque quelques points en matière de traitement. De 2003 à 2008, le nombre de personnes ayant accès à une thérapie antirétrovirale a quadruplé, passant de 400 000 personnes à 4 millions. Un petit 42% des 8,8 millions d’individus ayant besoin de ce traitement. (2)

Les quelques progrès accomplis au cours des 10 dernières années masquent une amélioration lente, inégale, selon les régions, selon les pays. Manque de personnel pour accompagner ces objectifs; faiblesse des Etats ; pesanteur des sociétés appelées à se modifier, la place des femmes, la place des filles, celle des exclus;  manque d’infrastructures, pas de transports, pas d’hôpitaux, pas d’eau propre; ou contextes de guerre, 42 millions de personnes déplacées entre 2000 et 2009, la vision globale des OMD se heurte aux difficultés multiples du terrain. (3)Mais l’un des obstacles majeurs à cette avancée de l’humanité reste l’argent. Ban Ki-mooon évalue à plus de 100 milliards de dollars l’enveloppe nécessaire pour réaliser cet ambitieux programme. Loin d’être achevé. (4)

M.J

(1) Objectifs du Millénaire pour le Développement, Rapport 2010 – Nations Unies. http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

(2)Les Objectifs du Millénaire ciblent encore un environnement durable http://www.undp.org/french/mdg/goal7-f.shtml , exploité raisonnablement. Avec un défi de taille, l’accès à une eau salubre, et à un réseau d’assainissement, cible 2015 « hors de portée ». Le 8° objectif vise «un partenariat mondial pour le développement » http://www.un.org/fr/millenniumgoals/global.shtml

(3) « The Path to achieving the Millenium Development Goals, UNDP http://content.undp.org/go/cms-service/stream/asset/?asset_id=2677427

(4) « M.Calmy-Rey à New York pour un sommet de l’ONU » TSR, 20-09-2010 http://www.tsr.ch/info/monde/2476953-m-calmy-rey-a-new-york-pour-un-sommet-de-l-onu.html


Publié le 20 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Developpement,Objectifs du Millénaire.
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Les « e-déchets », une « e-opportunité » pour le Sud ?

Bonjour,

La géographie de la production de déchets électroniques est en train de glisser vers le « Sud », et les pays émergents. Si les Etats-Unis, qui accumulent chaque année 3 millions de tonnes de « e-déchets », cellulaires, ordinateurs, imprimantes, ou frigidaires, restent les leaders de la pollution électronique planétaire, ils sont aujourd’hui talonnés par la Chine. Les Chinois, qui récupèrent toujours l’électronique obsolète des pays riches pour la recycler, se débarrassent chaque année de  2,3 millions de tonnes de « e-déchets », production maison. Hausse du niveau de vie, et accès à la consommation expliquent. Et ce n’est pas fini. Un rapport de l’ONU,  publié fin février, multiplie par 7 le nombre de téléphones mobiles qui seront jetés en 2020 en Chine, estimation rapport à  2007. En Inde, pour la même période, le nombre de portables abandonnés sera multiplié par 18. D’ici à une dizaine d’années, en Inde, en Chine, et en Afrique du Sud, l’ONU prévoit que le nombre d’ordinateurs hors d’usage augmentera de 400 à 500%. En Colombie, au  Kenya, on consomme de plus en plus d’électronique, frigos, télés, PC, imprimantes, cellulaires, appelée à finir à la benne, aujourd’hui ou plus tard. Le Brésil, le Mexique, et le Sénégal, produisent déjà plus d’ordinateurs usagés par habitant que les onze pays émergents, visés par cette étude. (1)

Un recyclage anarchique.

Contribution des pays émergents et  augmentation attendue du volume de « e-déchets », une accumulation qui pèse sur la question du recyclage. Les « e-dechets » voyagent traditionnellement des pays du Nord vers ceux du Sud, la Chine, l’Inde, le continent africain, ou l’Indonésie. A l’issue d’un périple, souvent illégal, les machines sont désossées par une armée de travailleurs pauvres. Ils travaillent sans protection, en plein air, pour récupérer dans le ventre d’un ordinateur aux performances dépassées, ou dans celui d’une télévision déchue par la génération des « écrans plats » tout ce qui peut se vendre, plastique, cuivre, ou débris d’or. Les recycleurs, exposés à des gaz, des solutions acides, ou des fumées toxiques, libèrent  aussi du mercure ou du plomb, qui finit dans le paysage environnant. En Chine, la rivière Lianjiang, située à proximité d’un centre de recyclage, présentait en 2005 des taux de plomb 2400 fois plus élevés que ceux admis par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). (2) Dans ce rapport intitulé « Recycler – Du déchet électronique à la ressource », l’ONU propose d’organiser une filière du tri, moins agressive, et source d’emplois pour les pays émergents.

Une « e -opportunité » ?

« Il faut que les déchets de l’un deviennent les matières premières de l’autre », simplifie Konrad Osterwalder, sous – secrétaire général de l’ONU. Plus compliqué, il s’agit de structurer et de formaliser l’activité du tri pour adoucir les conditions de travail des recycleurs, et épargner leur lieu de vie. Il s’agit aussi de récupérer un certain nombre de matières premières pour les réutiliser. Une façon de limiter l’extraction minière, et son impact environnemental. Ce recyclage « encadré » serait une étape intermédiaire vers une « économie verte », créatrice d’emplois réguliers et plus décents. Plus facile à dire qu’à faire car le bricolage d’ordinateurs et de portables hors d’usage est une activité souvent informelle, éclatée, et anarchique. La Chine, principale destination du « e-waste » en provenance des pays développés malgré l’interdiction d’importation, leader du dépeçage informel, est le mauvais élève du groupe. Les « e-déchets » y sont souvent brûlés pour un gain mineur, comparé à la pollution produite. A l’inverse, le Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc, et l’Afrique du Sud, où le secteur informel est limité, présenteraient un terrain intéressant pour développer un recyclage propre. Mais pas si simple d’exporter des capitaux, des technologies, et des savoirs, pour organiser un tri dans des pays habitués à une « récup » de survie. D’ailleurs, le rapport propose que certaines opérations délicates, traitements de circuits électroniques ou de batteries, soient effectuées dans les pays riches, qui maîtrisent ce savoir-faire. C’est aussi une bonne idée de déplacer la géographie du traitement de certains « e-déchets » vers le « Nord », et les pays riches.

M.J

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(1) Chine, Inde, Afrique du Sud, Ouganda, Sénégal, Kenya, Maroc, Brésil, Colombie, Mexique, Pérou.

(2) « Les déchets électroniques, la face cachée de l’ascension des technologies de l’information et des communications. » PNUE, GRID Europe, Janvier 2005 http://www.grid.unep.ch/product/publication/download/ew_ewaste.fr.pdf


Publié le 9 mars 2010 par marlene dans déchets,Préjudice écologique,Santé.
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