Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les forêts au menu de la FAO…

 

Bonjour,

Quelques millions de personnes dans le monde vivent, directement ou indirectement, de la forêt. Ils en consomment les fruits, les noix, les champignons, les insectes, les feuilles, ou le miel produit par les abeilles. Ils en commercialisent les aliments. Ils y travaillent ou tirent bénéfice de l’exploitation de ces écosystèmes. Lors d’une conférence internationale qui s’est tenue à la mi-mai, la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – place la forêt au cœur d’une stratégie mondiale de sécurité alimentaire. Ces écosystèmes, qui nourrissent et emploient une partie de l’humanité, pourraient nous rapprocher un peu plus des Objectifs du Millénaire qui visent à réduire de moitié la pauvreté et la faim dans le monde à l’horizon 2015. Pour servir cette vision, la FAO définit quelques priorités. Au plus près du terrain, il s’agit d’encourager les petits exploitants qui tirent profit des arbres et des systèmes forestiers, de soutenir ces initiatives par le micro-crédit. Pour cela, il faut améliorer l’accès aux arbres et aux terres, en sécurisant les systèmes fonciers. La FAO veut remodeler une forêt productive, un espace fertile aux ressources en eau et aux sols préservés. Cette forêt qui fonctionne est aussi un régulateur climatique, paramètre important de la production alimentaire. Près des côtes, les zones humides boisées et les systèmes de mangrove, qui protègent des inondations, sécurisent l’accès à la nourriture. La mangrove, qui apporte de l’eau douce aux forêts et aux populations, pèse dans cette stratégie. Enfin, des forêts en bonne santé conditionnent la qualité d’une pêche fluviale et côtière. (1)

 

Une vidéo de la FAO nous emmène dans les forêts d’Afrique centrale, où le gibier représente 30 à 80% de la consommation de protéines des ménages ruraux. Le commerce de cette viande de brousse est aussi un moyen de gagner de l’argent. Ici, la forêt est source de protéines apportées par la viande de gibier et les insectes, de vitamines contenues dans les feuilles, d’énergie produite par le bois qui sert à cuisiner, et de revenus. Près de 90% de ceux qui font commerce de produits forestiers sont des femmes. Elles utilisent leurs gains pour payer les frais scolaires des enfants, pour acheter des aliments de base et des médicaments. Certaines profitent des ressources de la forêt pour développer un petit business. Au Cameroun, le négoce des cinq principaux produits forestiers non ligneux génère 34 milliards de dollars, et emploie, directement et indirectement, plus de 300.000 personnes…

M.J


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(1) « La contribution des forêts à la sécurité alimentaire et à la nutrition mérite plus d’attention ». La Conférence sur les forêts pour la nutrition appelle à sécuriser les régimes fonciers pour les petits exploitants. FAO. Rome, 16 mai 2013. http://www.fao.org/news/story/fr/item/176247/icode/

« Les forêts au service de la nutrition et de la sécurité alimentaire », http://www.fao.org/docrep/014/i2011f/i2011f00.pdf

 

 

 


Publié le 21 mai 2013 par marlene dans Afrique,Alimentation,faim,FAO,Objectifs du Millénaire.
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Mayange, laboratoire de développement du Millénaire.

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Bonjour,

A Mayange, au Rwanda, des femmes tressent des paniers pour les vendre. Elles travaillent de leurs mains, se familiarisent avec le business pour gagner un peu d’argent, et échapper à leur condition. C’est l’un des projets porté par le Millenium Village Initiative, un partenariat imaginé par le Earth Institute – et l’économiste Jeffrey Sachs -, le PNUD (Programme des Nation Unies pour le Développement),et le Millenium Promise. Le Millenium Village Initiative vise à aider un certain nombre de communautés, en Afrique sub-saharienne, à éradiquer la grande pauvreté. Et tendre vers les Objectifs du Millénaire.

Sécurité alimentaire.

En 2006, quand Mayange est sélectionné pour expérimenter le programme « Millenium villages »,  le contexte alimentaire est tendu. La région, située dans le « Pays des mille collines », à une quarantaine de kilomètres au Sud de Kigali , est habituée aux sécheresses qui rendent les sols peu productifs. Celle de 2005, consécutive à une mauvaise récolte l’année précédente, fait craindre une famine. Le projet, initié à Kagange, une commune de la circonscription de Mayange, s’étend bientôt à l’ensemble de cette communauté de 20.000 habitants. Comme le reste du Rwanda, Mayange se relève du génocide de 1994. Ici aussi, après la guerre civile, il est question de réconciliation nationale. Et comme ailleurs dans le pays, tous les indicateurs de développement sont dans le rouge. La pauvreté règne, la nourriture manque. L’UNICEF et le World Food Program – Programme alimentaire mondial ou PAM  en français, – se préparent à une intervention urgente pour sauver des mères et des enfants dénutris. Le dispensaire, privé de personnel, de médicaments, et d’équipement, sans eau courante, sans électricité, ne remplit plus sa fonction. La population connaît pourtant l’un des taux de prévalence du SIDA les plus élevés du pays, 13%. Un enfant sur cinq  meurt avant d’avoir eu 5 ans. Les classes sont  surchargées, jusqu’à 80 élèves. Faute de moyens, peu d’enfants entament un cycle secondaire. En 2006, le Millenium Village Initiative, qui souhaite adoucir la couleur du tableau,  mise d’abord sur la sécurité alimentaire, problème N°1.

Exportation de manioc à bicyclette.

Le paquet est mis dès la première année. Les fermiers s’attaquent à l’érosion des sols,  collectent l’eau de pluie, multiplient les engrais et les semences plus résistantes à la sécheresse. La surface cultivée triple. La communauté stocke désormais des céréales, pour affronter d’éventuelles pénuries. En 2007, une saison des pluies plus longue que d’habitude, et une maladie installée dans les plants de maïs, rappellent un équilibre alimentaire précaire. La communauté, qui s’installe dans l’autosuffisance, commence à développer des activités agricoles à plus forte valeur ajoutée. Elle plante des arbres fruitiers, avocats, mangues, et grenades. Elle se lance dans la culture de patates douces et de haricots, destinés au marché local. Fin 2008, une sécheresse touche le nord du Burundi, à une quinzaine de kilomètres au Sud de Mayange, à deux heures de vélo seulement. Le World Food Program craint une famine. A Mayange, la récolte de Manioc est exceptionnelle. Une partie est exportée au Burundi, par bicyclette. En Juin-juillet, 2009, on estime qu’une centaine d’intermédiaires, grimpés sur des vélos chargés de manioc, effectuent le voyage deux fois par semaine. Ce petit commerce frontalier, pas toujours légal, qui dure quelques mois, rapporte des bénéfices à la communauté. Et aux cyclistes : « Avec l’argent qu’ils ont tiré de ce commerce, les gens peuvent payer les droits d’inscription de l’école et les dépenses de santé, ou en profiter pour améliorer leur maison, et leur menu. », commente le Président de la coopérative de manioc, Twitezimbere Kagenge ‘Kotka’. Le manioc, qui pousse facilement, vendu frais ou en farine, est plein de promesses. Pour lancer la culture, le Millenium Villages Project a investi 70.000 US $ dans les plantations. Une somme que la coopérative devrait  rembourser au Fonds de Développement de la communauté de Mayence au bout de six ans. (1) C’est la règle du jeu.

Un développement accompagné jusqu’en 2015.

Le modèle de développement impulsé par le Millenium Village Initiative suppose, qu’avec un investissement modeste, les communautés puissent régler la question alimentaire, pour développer des activités rentables, et diversifiées. Il s’agit d’améliorer le niveau de vie des ménages, et de stimuler l’économie locale. A terme, la communauté doit assumer seule un développement stable, jusqu’alors financé par d’autres. Actuellement, un villageois coûte 110 US dollar par an. Le Millenium Village en donne 50 ; le gouvernement – national et local – en lâche 30 ; les donateurs et ONG impliqués dans les projets locaux, 20. Le reste, 10 $, vient des villageois. Actuellement 80 communautés, disséminées dans une dizaine de pays africains, bénéficient de cet accompagnement financier et technique pour se rapprocher des Objectifs du Millénaire(2) Au terme de cette première phase, 2006-2010, Mayange, en principe débarrassée de la faim, fait progresser quelques indicateurs de développement. Le dispensaire, doté d’un nouvel équipement, compte aujourd’hui 18 infirmières spécialisées. Contre 3 auparavant. Les femmes accouchent au dispensaire, et peuvent y rester quelques jours. Depuis 2005, la mortalité infantile aurait chuté de 30%. Celle des mères de 25%, baisse amorcée avant 2005.(3) La prévalence du paludisme s’est effondrée. Construction et rénovation de classes, formation de professeurs, accès à l’eau et à l’électricité, l’éducation, épaulée par l’UNICEF, se met en ordre de marche. Seulement 35 élèves par classe prévus. Plus de 25 coopératives, dont l’une fonctionne en autonomie, animent une économie qui va de l’élevage du poulet, en passant par les savons, et les fameux paniers. A l’issue du contrat, en 2015, Mayange, comme les autre communautés encadrées par le Millenium Village Initiative, devra continuer, seule, le chemin du Millénaire.

Betty Mukamugenzi, dirige une coopérative de paniers. Citée par la presse africaine, elle admet que maintenant, elle peut employer du personnel pour travailler dans sa ferme. Pendant que ses employées peuvent payer les droits de scolarité de leurs enfants. Actuellement, 90% de profits générés par la coopérative, reviennent aux femmes qui tressent les paniers. Quand 10% sont réinvestis dans la coopérative. Le petit problème, c’est l’abondance de paniers, qui ne trouvent pas toujours preneur. (4) Mais, leçon de développement à l’occidentale, ils sont en vente sur Facebook.

M.J

Carte interactive des projets développés à Mayange.

Voir aussi Rwanda / UNDP

(1) « Rwanda’s Millennium Village exports cassava to Burundi. » http://blogs.millenniumpromise.org/index.php/2009/09/30/rwandas-millennium-village-exports-cassava-to-burundi/

(2) Millenium Villages initiative http://www.unmillenniumproject.org/mv/index.htm

(3) «Comment préserver la vie des mères et des enfants », Stephanie Urdang, Afrique Renouveau, Vol. 23#4 (Janvier 2009), http://www.un.org/ecosocdev/geninfo/afrec/french/vol23no4/meres-et-enfants.html

(4) “Rwanda: Millennium Village Brings Prosperity And Unity”, Yolande Cole, Focus Media, Kigali, 28-08-2009 – http://allafrica.com/stories/200908280428.html


Publié le 24 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Developpement,Objectifs du Millénaire.
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Objectifs du Millénaire, des engagements, du temps, et de l’argent.

Bonjour,

Il ne reste que cinq ans pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), définis en 2000, lors Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unies. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, réunit aujourd’hui et demain à New York les dirigeants de ce monde pour faire le point. Pauvreté, éducation, condition des femmes, santé, ou biodiversité, le rapport 2010 qui suit les grands chantiers de l’ONU témoigne d’avancées timides.(1) Et donne la mesure des efforts à fournir d’ici à 2015.

Combattre l’extrême pauvreté et la faim. Premier objectif qui vise à réduire de moitié, par rapport à 1990, le nombre de personnes vivant avec 1,25 dollar par jour. De 1990 à 2005, le nombre de démunis recule, passant de 1,8 milliard de personnes à 1,4 milliard. Mais la crise mondiale des années 2008 et 2009, qui ralentit aussi la croissance des pays en voie de développement, interrompt cette lente sortie de la misère. Les effets de cette crise pourraient même durablement contrarier ce qui n’était pas si mal parti. Les Nations Unies gardent cependant l’espoir d’une grande pauvreté contenue sous la barre du milliard, d’ici à 2015. L’Asie du Sud-Est, emmenée par la Chine et l’Inde, plus combatives sur le plan de la croissance avec une amélioration du sort des plus pauvres, portent notamment cet espoir. Selon la banque Mondiale, entre 1990 et 2008, la Chine a réussi à tirer plus de 500 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Au niveau mondial, la crise a également contrarié la perspective du plein emploi, moteur d’une réduction significative de la pauvreté. La faim. En 1990-1992, elle concerne 817 millions de personnes. Elle grimpe à 830 millions, plus 13, en 2005-2007. Juste avant la crise financière et alimentaire qui annonce une envolée – vraisemblable – des chiffres. Les dernières données, livrées par la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation  et l’agriculture, chiffrent à 925 millions le nombre de personnes qui manquent de nourriture en 2010.Ce qui est présenté comme un premier recul de la faim depuis 15 ans retarde l’objectif de réduire moitié le nombre de dénutris, d’ici à 2015. Premières victimes de la faim, les enfants. Dans le monde en développement, un quart des moins de 5 ans n’a pas atteint un poids normal. En Asie du Sud, de mauvaises habitudes alimentaires se combinent avec des produits de mauvaise qualité pour expliquer cette malnutrition infantile. Une cartographie plus optimiste révèle qu’en Asie du Sud – Est,  notamment en Chine, en Amérique latine, ou au Caraïbes, la faim continue de régresser.

L’éducation pour tous, le second objectif, piétine. Malgré l’effort de nombre de pays pauvres. L’Afrique sub-saharienne, qui affiche l’une des plus mauvaise note au niveau mondial, enregistre 18% d’inscrits de plus entre 1999 et 2008. En Asie du Sud, autre région mal notée, et en Afrique du Nord, les progrès se situent autour des 10%. Pour inciter les élèves à fréquenter l’école, le Burundi a annulé les frais de scolarité dans le primaire. Résultat, en multipliant par 3 le nombre d’écoliers, le pays arrive à une scolarisation de 99% en 2008. Exemple suivi par la Tanzanie, le Guatemala, et le Nicaragua. Les filles, plus nombreuses à fréquenter l’école qu’auparavant, n’ont pas partout la même chance. En Afrique du Nord, 66% des enfants non scolarisés sont des filles. Mais la principale barrière à l’éducation des filles reste la pauvreté, surtout en milieu rural. C’est un mauvais départ pour tendre vers le troisième objectif, l’égalité des sexes, et l’émancipation féminine, l’un des grands chantiers du millénaire. Et pour cause. Le développement repose sur les femmes qui, scolarisées,  préparent mieux leurs enfants pour affronter l’existence, et les envoient à l’école. L’accès à un emploi rémunéré, condition de cette émancipation, reste difficile. En Asie du Sud, en Afrique du Nord, et en Asie de l’Ouest, seulement 20% des femmes exercent un travail rémunéré, hors secteur agricole. Partout, elles doivent se contenter d’emplois précaires. En Asie du sud et en Afrique sub-saharienne, beaucoup de femmes meurent en accouchant, faute de personnel qualifié. Des décès faciles à éviter avec peu de moyens, qui figurent aux objectifs du Millénaire . Et pourtant, c’est aussi sur des femmes mieux soignées, et mieux nourries, que repose l’autre grand objectif du millénaire, la réduction de la mortalité infantile. En baisse entre 1990 et 2008, moins 28%, le taux de mortalité des moins de cinq ans dans les pays en voie de développement reste scandaleux. Très mauvais classement pour l’Afrique subsaharienne et l’Afghanistan. Principaux ennemis des enfants, la malnutrition – plus d’un tiers des décès infantiles -, la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, et le sida. Le sida, cible d’un cinquième objectif qui vise à éradiquer les grandes pandémies, marque quelques points en matière de traitement. De 2003 à 2008, le nombre de personnes ayant accès à une thérapie antirétrovirale a quadruplé, passant de 400 000 personnes à 4 millions. Un petit 42% des 8,8 millions d’individus ayant besoin de ce traitement. (2)

Les quelques progrès accomplis au cours des 10 dernières années masquent une amélioration lente, inégale, selon les régions, selon les pays. Manque de personnel pour accompagner ces objectifs; faiblesse des Etats ; pesanteur des sociétés appelées à se modifier, la place des femmes, la place des filles, celle des exclus;  manque d’infrastructures, pas de transports, pas d’hôpitaux, pas d’eau propre; ou contextes de guerre, 42 millions de personnes déplacées entre 2000 et 2009, la vision globale des OMD se heurte aux difficultés multiples du terrain. (3)Mais l’un des obstacles majeurs à cette avancée de l’humanité reste l’argent. Ban Ki-mooon évalue à plus de 100 milliards de dollars l’enveloppe nécessaire pour réaliser cet ambitieux programme. Loin d’être achevé. (4)

M.J

(1) Objectifs du Millénaire pour le Développement, Rapport 2010 – Nations Unies. http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

(2)Les Objectifs du Millénaire ciblent encore un environnement durable http://www.undp.org/french/mdg/goal7-f.shtml , exploité raisonnablement. Avec un défi de taille, l’accès à une eau salubre, et à un réseau d’assainissement, cible 2015 « hors de portée ». Le 8° objectif vise «un partenariat mondial pour le développement » http://www.un.org/fr/millenniumgoals/global.shtml

(3) « The Path to achieving the Millenium Development Goals, UNDP http://content.undp.org/go/cms-service/stream/asset/?asset_id=2677427

(4) « M.Calmy-Rey à New York pour un sommet de l’ONU » TSR, 20-09-2010 http://www.tsr.ch/info/monde/2476953-m-calmy-rey-a-new-york-pour-un-sommet-de-l-onu.html


Publié le 20 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Developpement,Objectifs du Millénaire.
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L’eau: des chiffres qui en disent moins long que prévu.

Bonjour,

Stockholm organise la 20° édition de la Semaine mondiale de l’eau jusqu’au 11 septembre. La pollution est au programme de cette conférence annuelle qui examine la situation de l’eau dans le monde. La Stockholm International Water Institute (SIWI), à l’origine de l’évènement, publie sur son site une série de statistiques qui esquisse une cartographie mondiale du partage de la ressource, et des pressions qui pèsent sur elle. Une esquisse qui donne la mesure des efforts à accomplir pour tendre vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD – 2000),  et ceux  du Sommet mondial sur le développement durable (2002). Il s’agissait, à l’horizon 2015, de réduire de moitié la population n’ayant pas accès à l’eau potable et à un réseau sanitaire.

Ressource et pénurie. Sur notre planète, l’eau est surtout salée.  97% de la ressource circule dans les mers et les océans. L’eau fraîche, 3%, est principalement stockée dans les glaces des pôles (70%), ou retenue dans les sols et les nappes aquifères. Ce qui reste, moins de 1%, permet de subvenir à nos besoins, domestiques, agricoles, et industriels. Environ 20% de l’eau totale consommée provient de nappes phréatiques, renouvelables ou non. Et plus les régions sont sèches, plus les nappes souterraines sont sollicitées. Un palmarès des plus gros consommateurs, en volume,  place l’Inde, la Chine, les Etats-Unis en tête, suivis par le Pakistan, le Japon, la Thaïlande, l’Indonésie, le Bengladesh, le Mexique, et la fédération russe. La « pénurie d’eau » recouvre deux réalités. Une eau en abondance, mais employée inefficacement ou gaspillée. Et une eau rare, déficit de pluies ou population importante et ressource limitée. La crise de l’eau, qui n’est pas forcément liée à la géographie de la ressource, dépend beaucoup de la géopolitique – des rivalités pour l’accès à l’eau-, de la pauvreté, et des inégalités associées.

Eau potable. Chaque jour, nous avons besoin de 20 à 50 litres d’eau, non polluée, pour satisfaire nos besoins immédiats. Correction immédiate, un enfant né dans un pays développé consomme 30 à 50 fois plus d’eau qu’un autre enfant qui grandit dans un espace pauvre. 87% de la population mondiale, près de 6 milliards de personnes, consomme de l’eau potable en provenance d’une source. Dont 54% dispose d’une arrivée d’eau dans leur logement. Et 33% qui utilise les fontaines publiques, les puits, ou les collectes d’eau de pluie. Restent 884 millions de personnes, dont la moitié vit sur le continent asiatique, qui consomment de l’eau non contrôlée, puisée dans les étangs, les rivières, les canaux d’irrigation, ou les puits non protégés. L’accès à l’eau potable, véritable défi pour une population urbaine appelée à exploser vers le milieu du siècle, enregistre quelques progrès. En Afrique. La Tanzanie, qui couvrait 38% de ses besoins en 1990, parvient à 73% en 2002. Pour la même période, la Namibie est passée de 58% à 80%. Et à la question, « qui va chercher l’eau potable à une source éloignée du domicile » ? Les femmes, deux fois plus nombreuses que les hommes.

Eau et santé. Environ 2,5 milliards de personnes vivent sans structure sanitaire. Avec des ruraux plus mal lotis que les urbains. Et une fracture Nord-Sud évidente. Moitié moins d’équipements sanitaires dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Près de deux millions de personnes, essentiellement des enfants de moins de 5 ans, meurent de maladies diarrhéiques chaque année. Sur le papier, un accès à l’eau potable, des structures sanitaires, et une éducation à la propreté, pourraient faire chuter le nombre de ces morts prématurées. Une réduction de la morbidité estimée entre 20 et 45%. En réalité, les progrès sont lents. D’ici à 2015, la population d’exclus des équipements sanitaires pourrait glisser vers les 2,4 milliards de personnes.

Eau et pauvreté. Environ deux personnes sur trois sans accès à l’eau potable survivent avec moins de 2 dollars par jour. Moins d’un dollar pour la troisième. Plus de 600 millions de personnes privées d’évacuations sanitaires disposent de moins de 2 dollars par jour. Plus de 385 millions n’arrivent pas au dollar journalier. Difficile pour ces ménages d’investir dans l’aménagement domestique, dans l’hypothèse où les réseaux sont en place. Au niveau des Etats, les chiffres montrent que l’investissement dans la distribution d’eau potable et la multiplication de réseaux sanitaires éviteraient de plus grosses dépenses liées à la pollution de l’eau, aux maladies, et aux morts prématurées. Cette mortalité coûterait au continent africain l’équivalent de 5% de son PIB. Au chapitre « eau et corruption », le prix d’un raccordement domestique au réseau d’eau serait majoré d’environ 30%.

Eau et agriculture. Grande consommatrice d’eau,  l’agriculture avale 70% des réserves disponibles. Dont une bonne partie est absorbée par l’irrigation, environ 20% des surfaces mondiales cultivées. Soit 40% de la production vivrière totale. Le développement de l’élevage, et le besoin d’aliments qui l’accompagne, accroît la pression sur la ressource. En d’autres termes, la production de viande demande 8 à 10 fois plus d’eau que la production de céréales. Pour le dire autrement, 1 kg de viande nécessite autant d’eau que la consommation moyenne d’une famille riche – 50 litres d’eau par jour et par personne – pendant 10 mois. Pour nourrir tout le monde en 2050, les malnutris et les trois milliards de personnes à naître, il faudrait 50% d’eau en plus. A moins de réduire le gaspillage, moins de récoltes gâchées, moins de transports, et moins d’aliments jetés à la poubelle. Sans oublier une irrigation plus efficace, arroser moins pour produire plus. Une irrigation moins généreuse, aussi, pour les cultures destinées aux carburants alternatifs.

Eau et climat. Pendant la dernière décennie du siècle passé, plus de deux milliards de personnes ont été affectées par les désastres naturels, inondations et sécheresses, surtout. Des sécheresses meurtrières, qui exacerbent la malnutrition et la famine. Et qui rendent l’accès à l’eau encore plus difficile. Des inondations qui corrompent les installations sanitaires, et font le lit des épidémies. L’amplification des inondations pourrait produire 330 millions de réfugiés climatiques. Une errance qui retarderait encore les objectifs des années 2000 et 2002.

M.J.

En lien, une carte inter-active (FAO), « L’eau et les pauvres en milieu rural », irrigation, pauvreté, cultures, et interventions pour réduire la pauvreté sur le continent africain. …


Publié le 10 septembre 2010 par marlene dans Actualité,Développement durable,eau
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