Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Maîtres des digues, apprentis des sables.

Bonjour,

Sur la côte hollandaise de Ter-Heidje, tout près de la ville de la Hague, une presqu’île artificielle en forme de croissant s’étire sur une centaine d’hectares à proximité de la plage. D’ici une vingtaine d’années, poussée par les vents et marées, cette île de plus de 21 millions de m3 de sables devrait s’agréger au littoral pour fortifier la plage de plus d’une trentaine d’hectares. Cette dynamique naturelle, qui doit emporter 60% des sédiments vers le Nord et 40% vers le Sud, doit renforcer cette partie de la côte sur une vingtaine de kilomètres. Ce nouveau système de protection côtière s’appelle le « moteur de sable », le Zandmotor. Le sable est dragué au fond de la mer du Nord par des engins spéciaux, à une dizaine de kilomètres des côtes, avant d’être rejeté à proximité de la plage par un système de pipeline. Des bulldozers rassemblent le sable pour fabriquer une île artificielle qui ira engraisser la plage, mètre par mètre. Cette technologie, dernière innovation d’un pays historiquement habitué à maîtriser l’eau, mise sur la nature pour transporter et répartir le sable. (1) (2)

 

Erosion et montée des eaux.

Assis sur un petit territoire ouvert sur 450 km à la Mer du Nord, dont le quart se situe au dessous du niveau de la mer, les Hollandais maîtrisent l’eau depuis des siècles. D’abord pour étendre leur territoire. Depuis le XI° siècle, la démographie, l’agriculture, et l’économie ont porté l’aménagement de polders, ces terres artificielles gagnées sur la mer. Le pays a conquis environ 7000 km². Dans les années 80, l’assèchement des marais et déclin de la biodiversité mettent un frein à l’extension de terres destinées à l’agriculture. Au cours de son histoire, le pays s’est aussi protégé des inondations en développant un système des digues et de canaux. Aujourd’hui, le rempart constitué par le système dunaire, des digues toujours renforcées , des barrières maritimes, et autres protections imaginées par l’homme, préserve les 2/3 du territoire d’inondations régulières. Mais l’érosion des côtes , résultat de l’action conjuguée des courants et des marées, est active.  Et la perspective du réchauffement climatique mobilise les Autorités. La Commission du Delta, qui travaille sur les risques d’inondation dans le pays, prédit une montée des eaux comprise entre 65 cm et 1,3 mètres d’ici 2100. (3) Outre l’élévation du niveau de la mer, le changement climatique pourrait multiplier les risques d’inondation, stimuler l’érosion côtière. (3) (4)

 

Un milliard d’euros.

La perspective du changement climatique, et ses conséquences sur la montée des eaux, rencontre un écho particulier dans ce pays de plus de 16 millions d’habitants. La Randstad, qui réunit les villes d’Utrecht, Amsterdam, La Haye, et Rotterdam,  cœur politique, économique et intellectuel du pays, est particulièrement sensible. Il rassemble près de la moitié des Hollandais, et produit la moitié des richesses du pays. Pour protéger son territoire et ses habitants, le pays développe depuis des années une stratégie d’adaptation à la crise climatique. Les Pays-Bas dont d’ailleurs un modèle de prévention. En janvier 2012, le gouvernement adopte le Delta Act ,  un texte qui garantit à la population qu’à tous les niveaux, le gouvernement collaborera avec les organismes publics et le secteur privé afin de protéger les communautés contre les inondations, et assurer leur approvisionnement en eau potable. Une stratégie nationale d’adaptation devrait renforcer cet acquis. L’institut de recherche Deltares, qui travaille avec  les données fournies par vaste un réseau d’utilisateurs, précise la prévision des crues. Deltares – en partenariat avec une autre entreprise – souhaite utiliser les images  de l’Agence spatiale européenne pour détecter la fragilité du système de digues. Chaque année, le gouvernement consacre environ un milliard d’Euros à l’adaptation climatique. Le gouvernement se donne le temps d’apprécier l’équation « coûts-bénéfices » pour chaque projet, afin  de choisir la solution la moins chère et la plus efficace pour protéger une population qui augmente, et accompagner la mutation économique du pays.(2) (3) (5)

 

Systèmes naturels. 

Le pays, qui entretient et réhausse son rempart contre la mer, remblaie régulièrement ses plages érodées avec du sable, procédé coûteux qui endommage les écosystèmes marins. Achevé en 2011 pour un coût total de 50 millions d’Euros, le moteur de sable pourrait nourrir les plages des Pays-Bas pour un coût réduit de moitié. (2) Ce procédé, qui fabrique des presqu’îles artificielles pour les livrer ensuite à la dynamique des sédiments, travaille avec la nature. Après avoir été les maîtres des digues, les Hollandais misent sur une ingénierie hydraulique qui exploite les systèmes naturels. Et si la quantité de sable nécessaire à protéger les côtes d’une mer plus haute n’est pas suffisante, on augmente la quantité de sable….

 

 

 

M.J

 

 

 

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(1) Zandmotor / sand Engine Project, Seacity 210, Adopting Coastal Cities to Climate Change, http://www.seacityresearchnet.com/archives/tag/sand-engine

 

(2) “To Control Floods, The Dutch, Turn to Nature for Inspiration”, Cheryl Katz, Yale, Environment 360,21-03-2013

 

http://e360.yale.edu/feature/to_control_floods_the_dutch_turn_to_nature_for_inspiration/2621/

 

(3) Polders and dikes of the Netherlands, Matt Rosenberg, About.com Guide, http://geography.about.com/od/specificplacesofinterest/a/dykes.htm &Netherlands maps, http://geography.about.com/od/netherlandsmaps/Netherlands_Maps_.htm

 

(4)Working on the Delta, Delta Programme 2013.  http://www.deltacommissie.com/doc/deltareport_full.pdf

 

(5)“Land and Water Management in the OECD Natural Buffers Against Climate Change”, Antonia Sohns, SGI Sustainable Governance Indicators, 06-16-2013, http://news.sgi-network.org/news/details/1306/natural-buffers-against-climate-change/

 


Publié le 20 juin 2013 par marlene dans Climat,Developpement,Elevation des mers.,Europe,Océns
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Le péril du petit koala dans le bush australien….

 

Bonjour,

 

« Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable – les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. [...] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu’un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable. » (1) écrit Kenneth Cook dans son recueil de nouvelles australiennes, le « Koala tueur ». L’auteur, qui tente de décrocher un koala de son arbre, nourrit sa haine au gré d’un duel assez drôle.  Mais triste revers de l’histoire, ou vengeance posthume de Kenneth Cook décédé il y a quelques années, le koala est devenu une espèce menacée de disparition en Australie. Autrefois chassé par les colons Européens pour la qualité de sa fourrure, plus de trois millions de peaux auraient alimenté ce commerce, une partie de l’opinion australienne s’émeut aujourd’hui du déclin des populations de koalas. Il y va aussi de l’image d’un pays qui a fait du koala sa mascotte. L’Australian Koala Foundation (AKF), une ONG qui s’emploie à regonfler les effectifs et à promouvoir son statut d’espèce menacée, estime qu’il reste sans doute moins de 80.000 koalas dans les paysages australiens. Peut-être même moins de 43.000. Au début des années 2000, ces populations comptaient environ 100.000 individus. Perché dans son eucalyptus, qui lui sert à la fois de garde-manger et d’abri, le koala n’est pas toujours facile à compter. (2)

Marsupial et dormeur.

Kenneth Cook a raison, pourtant surnommé « koala bear » par les pionniers, le koala n’est pas un ourson. C’est un marsupial herbivore, espèce endémique de l’Australie, qui descend probablement du wombat, autre marsupial qui vit dans les forêts de mangrove. C’est un mammifère, aux incisives pointées vers l’avant, qui pèse entre 5 et une quinzaine de kilos, selon les sexes, et selon les régions. Il présente une fourrure plus ou moins grise, et plus ou moins épaisse. Le Koala du New South Wales ne ressemble pas tout à fait au koala du Queensland, qui ne ressemble pas tout à fait au koala du Victoria.  Son habitat s’étend du Nord du Queensland jusqu’au Sud-Est de l’Australie du Sud. Il vit dans l’Est du Queensland, se disperse à l’Ouest; dans l’Est du New-South Wales, sur la frange côtière ou dans les plaines de l’Ouest, dans le Victoria, et dans le Sud-Est de l’Australie du Sud. (3) Kangaroo Island, en Australie du Sud, est une extension un peu particulière de cet habitat. Introduit dans les années 1920, le koala y a proliféré, jusqu’à devenir indésirable sur l’île. Partout, le koala vit là où les arbres assurent son existence. Il adore les feuilles d’eucalyptus, pauvres en nutriments, qui lui apportent l’hydratation nécessaire à sa survie mais peu d’énergie. Il en consomme 500 g par jour en moyenne, jusqu’à un kilo pour les plus voraces. Coincé entre deux branches d’arbre, il dort, beaucoup, jusqu’à 20 heures  par jour. Le koala est attaché à son territoire, deux à trois hectares et quelques arbres, qu’il partage avec d’autres.  Certaines études le prétendent aussi solitaire. Chaque année, une femelle peut donner naissance à petit. Il vivra une petite vingtaine d’années en liberté, dans un habitat préservé. (2) (4) (5)

Habitat et climat.

Depuis la fin du XVIII° siècle, et l’arrivée des colons en Australie, l’AKF estime que 80% de l’habitat naturel des koalas a disparu. Ce qui reste s’étend majoritairement sur des propriétés privées. Depuis deux décennies, les sécheresses, les incendies dans le bush, le défrichage des terres agricoles, l’exploitation des forêts, celle des mines, et la croissance des villes australiennes continuent de grignoter l’habitat des koalas. Le réchauffement climatique inquiète particulièrement les spécialistes. La décennie passée, qui a vu son lot de canicules, d’inondations et de cyclones, semble donner un avant- goût de la nature des changements à venir en Australie. Des températures plus élevées, d’autres sécheresses, et d’autres feux de forêts pourraient encore réduire l’espace de vie des koalas. Le koala résiste difficilement à une température supérieure à 37°C. Il craint la déshydratation. Ses déplacements lents le rendent particulièrement vulnérable aux incendies dans le bush. Le changement de climat, qui devrait réduire le stock de nourriture disponible, pourrait affecter la qualité nutritive et hydrique des feuilles consommées. Pendant ce temps, d’autres koalas sont exposés à une mort plus violente. (2) (4) (6)

Voitures et chiens.

Dans le Queensland, les voitures seraient la principale cause du déclin des populations de koalas. La mutation des paysages australiens, qui force les marsupiaux à quitter leur territoire en quête de nourriture, ou d’un compagnon, les pousse aussi à traverser les routes. Dans le Queensland et le New South Wales, les véhicules qui accompagnent l’exploitation minière multiplient l’occasion d’un accident. L’attaque des chiens, sauvages et domestiqués, est une autre cause majeure de mortalité. Selon l’AKF, la route et les chiens provoqueraient la mort d’environ 4000 koalas chaque année. Dans le Queensland, les chiens et les maladies – conjonctivites, sinusites, pneumonies, infection de chlamydia, ou rétrovirus du koala – sont l’autre grande menace, après les accidents de la route. Perte d’habitat, accidents, attaques de chiens, maladies, l’AKF estime que les populations de koalas auraient diminué de 40% dans le Queensland, et d’un tiers dans le New South Wales au cours des deux dernières décennies. (2) (4) (6)

D’espèce parasite à espèce vulnérable.

A Kangaroo Island, la situation est un peu différente. En 2001, l’île compte environ 27.000 koalas, une invasion. Multiples et voraces, ils sont accusés de détruire leur habitat, et les paysages d’une île très fréquentée par les touristes. En 1997, le gouvernement d’Etat initie une vaste campagne de stérilisation, 10.000 koalas sont castrés. Un peu moins de 4000 sont déplacés dans le Sud-Est de l’Etat. En 2011, le Département de l’Environnement révèle que la population de koalas s’est réduite à 13.000 individus au cours de la décennie écoulée. Un rétrovirus – lié au cancer du koala, lymphome ou leucémie -, actif sur les autres populations d’Australie, est détecté sur l’île que l’on pensait épargnée. Hypothèse de recherche, introduit au Nord, le virus se serait lentement déplacé vers le Sud de l’Australie. La maladie évoque l’hécatombe provoquée par le cancer de la bouche chez les diables de Tasmanie. Mais sans véritable menace d’extinction dans cette partie de l’Australie. (7)(8) En 2001, le koala qui abonde à Kangaroo Island est  listé comme l’une des 8 espèces parasites, « pest species », d’Australie sur le rapport environnemental du Commonwealth. (3) Il est aujourd’hui classé « Vulnérable » dans le Queensland et dans le New South Wales, et « Rare » en Australie du Sud. L’AKF a fait pression sur le gouvernement australien pour que le koala obtienne le statut « d’espèce vulnérable menacée d’extinction » en 2012. (2) La même année, il devient « espèce vulnérable » sur la liste rouge de l’IUCN.

M.J

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(1) Le koala tueur et autres histoires du bush, Kenneth Cook, Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol, Autrement, 2009 – Le Livre de poche, 2011. 

(2) Australian Koala Foundation, About koala, Education resources https://www.savethekoala.com/

(3) The IUCN Red List of Threatened Species, Phascolarctos cinereus, http://www.iucnredlist.org/details/16892/0

(4) Koala, Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Koala

(5) Koala, Dinosoria.com, http://www.dinosoria.com/koala.htm

(6) The Clock Is Ticking on Koala Conservation, Neena Bhandarihttp://www.ipsnews.net/2013/04/the-clock-is-ticking-on-koala-conservation/

(7) « Retrovirus threatens Kangaroo Island koalas » , Catherine Hockley, The Advertiser, 29-09-2011  http://www.theaustralian.com.au/news/breaking-news/retrovirus-threatens-ki-koalas/story-fn3dxity-1226151046413

(8)Spread of koala retrovirus in Australia, Virology blog,  07-11-2012http://www.virology.ws/2012/11/07/spread-of-koala-retrovirus-in-australia/

 

 

 

 

 


Publié le 27 mai 2013 par marlene dans Australie,Biodiversité,Climat,Ecosystèmes.
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Mers et océans en état de stress.

Bonjour,

Pêche excessive et déclin des populations de poissons, acidification des océans et reproduction ralentie des coraux, manque d’oxygène et expansion des zones mortes, pollution et invasion des plastiques, les signes se multiplient pour confirmer la mauvaise santé des océans. Ces changements, plus rapides que prévus, inquiètent la communauté de chercheurs de l’International Program of the State of the Ocean (IPSO), réunie à Londres début avril, en partenariat avec l’IUCN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Leurs conclusions, formulées dans un rapport, évoquent un changement d’époque dans l’histoire des océans. Le réchauffement des mers, l’acidification des eaux, et le manque d’oxygène, se combineraient pour créer un dérèglement du cycle carbone. Ce contexte rappellerait ceux qui ont précédé les cinq grandes périodes d’extinction qui ont accompagné l’aventure de la terre, au cours des 600 millions d’années passées. Selon le rapport, la rapidité de ces mutations ressemble souvent aux pires scénarios prédits par le GIEC, le groupe d’experts internationaux sur le climat. Et les dépasse parfois. La réduction des glaces de l’Arctique, la fonte accélérée du Groënland et du système Antarctique, l’élévation du niveau des mers, et l’échappée du méthane piégé dans les fonds marins, bousculent déjà les projections les plus pessimistes. Avec pour conséquences, migrations et déclins d’espèces marines, déplacement des colonies d’algues toxiques, multiplication des risques sanitaires, ou disparition de certains poissons habitués à vivre dans un système marin, plus riche et plus complexe. Plus que l’addition des facteurs de stress, c’est la multiplication qu’il faut craindre. C’est-à-dire une dynamique qui mêle pêche excessive, modification du milieu, changement climatique, manque de nutriments, et introduction d’espèces invasives. La porte ouverte à un accroissement de ces espèces indésirables et à une prolifération d’algues toxiques, qui vont asphyxier le milieu. Ou encore, une température plus élevée combinée à une acidification croissante, contexte qui va accélérer le blanchiment et contrarier le développement des coraux, et réduire la vie associée à cet habitat . Autre exemple de réaction en chaîne, la prolifération des plastiques dans les mers et les océans, et leurs incidences sur la chaîne alimentaire. A une autre échelle, il est question de l’équilibre entre le « système océan » et le « système terre », dont les évolutions climatiques sont liées. Beaucoup de perspectives alarmistes qui débouchent sur les recommandations classiques, réduction immédiate des rejets de CO², restauration des écosystèmes marins, règlements pour limiter les charges imposées au océans, et intervention des Nation Unies – notamment via la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer pour formuler un mode d’emploi des océans, plus responsable. Car l’agent perturbateur est bien identifié : «La résistance des océans aux conséquences du réchauffement climatique est sévèrement compromise par les autres facteurs de stress d’origine humaine, dont la pêche, la pollution, et la destruction de l’habitat. » (1)

M.J

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Lien résumé du rapport / English

http://www.stateoftheocean.org/pdfs/1906_IPSO-LONG.pdf


Publié le 30 juin 2011 par marlene dans Actualité,Climat,Ecosystèmes.,Pollution de l'eau
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Des coraux, un atoll.

Bonjour,

Environ 75% des récifs coralliens de la planète sont menacés, constat du World Resources Institute (WRI) qui publie, en collaboration avec une vingtaine d’organisations, un rapport intitulé « Reefs at Risk Revisited ». Ce document, qui rafraîchit un état des lieux établi en 1998, qui l’enrichit de données satellites, liste les pressions qui pèsent sur l’écosystème. Pêche excessive et destructrice, constructions littorales et activités humaines, sans oublier des populations côtières de plus en plus importantes,  menaceraient 60% du patrimoine mondial. Nouveauté, le rapport pointe les pressions liées au réchauffement des mers et des océans, les modifications chimiques qui l’accompagnent, ou la montée des eaux. L’enjeu est d’importance. Plus de 275 millions de personnes, situés à moins d’une trentaine de kilomètres d’un littoral, dépendent des récifs coralliens pour leur environnement, leur nourriture, et leur économie. Les coraux,  notamment ceux de la zone tropicale, abritent un catalogue impressionnant d’espèces vivantes, dont une importante variété de poissons.  Sur le plan géographique, ces formations offrent un rempart à l’océan. Dans plus d’une centaine de pays et de territoires, elles protègent 150.000 km de côtes, limitant l’érosion ou atténuant les effets des tempêtes et des grosses vagues qui se forment au large. (2) Trois grands systèmes coralliens dominent la cartographie planétaire. Le plus grand s’étire sur plus de 2000 kilomètres au large des côtes australiennes du Queensland pour former le « Great Barrier Reef », la Grande Barrière de corail. Elle occupe un territoire marin équivalent à la Hollande, la Suisse, et le Royaume Uni.(3) La grande barrière de Nouvelle Calédonie, seconde au palmarès, fait de la France un pays très concerné par la protection des coraux, 10% du patrimoine mondial, en comptant Mayotte et la Polynésie.(4) Troisième grand ensemble corallien situé dans la Mer des Caraïbes, les Cayes du Belize. Si certains coraux se développent en eaux froides ou tempérées, ces constructions naturelles préfèrent la lumière des eaux tropicales du Pacifique, du Mexique, ou des Antilles. (3) Le déclin des coraux, dont l’agonie est signalée par un blanchissement, avant disparition, résulte en grande partie des hommes et de  leurs activités. Aux Maldives, destination touristique de l’Océan Indien, le corail d’îles inhabitées a été utilisé comme matériau de construction, ouvrant la voie à la mer. Ailleurs, les plongeurs, les bateaux, et les hôtels posés à proximité des récifs coralliens, ont perturbé l’équilibre de ce patrimoine côtier. Au Philippines, la pêche à l’explosif a causé pas mal de dégâts dans les récifs. Autre plaie, la pêche au cyanure qui permet de capturer les poissons vivants pour le commerce d’espèces exotiques, ou la gastronomie asiatique, à Hong-Kong, à Singapour, ou en Chine. Désormais interdite au Philippines, elle s’y pratiquait depuis les années 60. Les excès de la pêche laissent des récifs coralliens endommagés, intoxiqués, avec des poissons nourris au poison. La pêche au cyanure menace aussi les récifs d’Indonésie. (5) En Australie, le réchauffement des eaux, amorcé il y a quelques années, a blanchi les coraux de la Grande Barrière. Un rapport de Greenpeace a fait de 1998 une année dramatique pour ces récifs. Au milieu des années 2000,  plus de 40% des coraux de la Grande Barrière étaient malades. Avec des zones sinistrées à plus de 80%. (6) L’augmentation de CO² dans l’atmosphère, ses conséquences sur la température de l’eau et sur l’acidification des océans – simplification d’une dynamique plus complexe –, malmène les récifs coralliens. L’élévation du niveau des mers et des océans précarise encore ces écosystèmes. Avec des conséquences parfois inattendues. Okinotorishima, confetti corallien situé à plus de 1700 kilomètres de Tokyo, front Sud de l’archipel Japonais dans le Pacifique, battu par les typhons et grignoté par l’érosion, est menacé par la montée des eaux. Compte tenu de la superficie de l’atoll, à peine 8 km² à marée basse, doté de deux cailloux, Kitakojima et Higashikojima, qui culminent  à 10 cm au dessus du niveau de la mer, l’acharnement du gouvernement japonais à injecter des milliers de yens et du béton pour sauver ce minuscule récif corallien, semble inouï. Outre sa  position stratégique et quelques réserves minérales, l’engloutissement d’Okinotorishima ferait perdre au Japon l’équivalent de 400.000 km² de ZEE (Zone économique exclusive ) , avantage qui permet au pays d’exploiter l’océan dans un périmètre de 200 miles nautiques. Okinotorishima est sans doute plus protégé que Tuvalu ou les Maldives, pourtant dans le même bateau…

M.J.

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Un espace vulnérable, et renouvelable.

Le rapport signale 27 pays et territoires très vulnérables, socialement et économiquement, à la disparition des coraux. 19 d’entre eux sont de petits états insulaires. Parmi les espaces les plus touchés :  Haiti, Grenade, les Philippines, les Comores, Vanuatu, la Tanzanie, Kiribati, Fiji, et l’Indonésie. Avec une note d’optimisme, les formations qui ne sont plus agressées développent de bonnes capacités à se renouveler.

Deux cartes en un coup d’oeil :

Les récifs coralliens mondiaux classés en fonction des menaces locales. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12015/_original

La capacité des pays et des états à s’adapter à la dégradation et à la perte de leurs récifs coralliens. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12013/_original

(1) Ce rapport est publié par le World Resources Institute (WRI), en collaboration avec Nature Conservancy, WorldFish Center, International Coral Reef Action Network, Global Coral Reef Monitoring Network, PNUE-World Conservation Monitoring Center, Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI)….

(2) Résumé du rapport.

http://pdf.wri.org/reefs_at_risk_revisited_executive_summary.pdf

(3) Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cif_corallien

(4) UNESCO http://whc.unesco.org/en/list/154

(5) Endangered species handbook http://www.endangeredspecieshandbook.org/aquatic_coral.php

(6) (6)“Iconic Great Barrier Reef endangered”, Nicole O’Halloran, Journalism, 16-10-2006, http://neovox.journalismaustralia.com/should_we_say_goodbye_rua.php

(7) « Endangered coral reef shields southern outpost, Jun Sato, Daily Yomiuri online,  http://www.yomiuri.co.jp/dy/photos/0005/lens151.htm

“Un ilôt désert enjeu stratégique entre le Japon et la Chine.”http://www.acoram-var.com/Documents/Revue_de_presse/revue_de_presse_300410/Un_lot_dsert_du_Pacifique_enjeu_stratgique_entre_le_Japon_et_la_Chine.pdf?2e4991b25a9f2c7412c96c2fbe98e2c7=d944e71662e2a4802b8de1b2cd566fa5


Publié le 1 mars 2011 par marlene dans Biodiversité,Elevation des mers.,Pêche.,Pollution de l'eau
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« Qapirangajuq », paroles d’Inuits sur le climat.

Bonjour,

En observant le ciel, les Inuits pouvaient prédire le temps. Les formations de nuages indiquaient la direction du vent. Maintenant, c’est différent. Les nuages, ils prennent un chemin, avant d’en changer rapidement, pour raconter une histoire très différente. D’ailleurs, les vents d’Est dominent, remplaçant les vents du Nord, qui ne soufflent plus aussi fréquemment. « Qapirangajuq – Inuit knowledge and Climate Change », un film sur les changements environnementaux en Arctique, rapporte la parole des Inuits, placés aux premières loges du réchauffement climatique. Les paysages arctiques évoluent plus vite que n’importe quel autre écosystème de la planète. Le permafrost qui fond, les glaciers qui disparaissent, les rivières qui se déchaînent, les ponts qui rompent, les maisons qui tremblent, les pluies acides provoquées par les industries du « Sud », la viande de caribou contaminée, la nourriture souillée par le mercure, et les ours condamnés à mourir de faim. Mais d’autres pensent que les ours survivront aux changements en cours. Comme les Inuits : « Notre monde continue de changer et nous devons apprendre à nous adapter. ».

Zacharias Kunuk, producteur Inuit, et Ian Mauro, géographe et documentariste, ont collecté ces voix d’Inuits, témoignage d’une culture semi-nomade maturée dans les paysages glacés du grand nord : « Les gens du Sud ne veulent pas comprendre la façon de vivre des Inuits. Ils ne connaissent pas notre culture, ne considèrent pas notre opinion, et nous traitent comme des ignorants. La culture inuite est orale, et nous conservons notre savoir dans nos esprits. Même sans texte, notre culture est pleine de sagesse. » Les Anciens y racontent une vie de jeux, de chasse, respectueuse de la vie sauvage, prendre seulement ce dont on a besoin, une organisation communautaire où l’argent n’existe pas. C’est un travail de recherche, qui parie sur le documentaire, outil plus médiatique qu’une publication scientifique – ce qui n’est pas l’avis de tout le monde – pour toucher un public plus large. Et quand Sheila Watt-Cloutier, activiste et voix des Inuits, prend la parole, elle exprime simplement ce qui est en train de se passer : « La pollution est comme une couverture au dessus de notre terre. Notre terre a du mal à respirer et souffre de trop de chaleur. »

M.J

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Le film est accessible dans sa version longue sur : http://www.isuma.tv/hi/en/inuit-knowledge-and-climate-change


Publié le 14 février 2011 par marlene dans Arctique,Biodiversité,Climat
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Climat et migrations, une relation plutôt locale.

Bonjour,

Réchauffement climatique et migrations internationales de masse, une étude vient adoucir cette perspective. Il y aura bien des mouvements migratoires, mais plutôt à l’intérieur des frontières, et de courte durée. Ce document, publié par l’International Institute for Environment and Development (IIEP) le 2 février dernier, synthétise les résultats d’une enquête menée dans trois pays en développement, Bolivie, Sénégal, et Tanzanie. (1) « Les gens affectés par des dégradations environnementales passent rarement les frontières”, commente Dr Cecilia Tacoli, à l’origine de l’étude, “Au lieu de cela, ils partent temporairement vers d’autres zones rurales ou vers de petites villes ». (1) En clair, les migrants développent des stratégies pour fuir une pauvreté, aggravée par la désertification, la dégradation des sols, et les sécheresses. Ils partent ailleurs gagner leur vie, pour être moins vulnérable aux conséquences du changement climatique. L’enquête incite les gouvernements à faciliter ces stratégies migratoires au lieu de les brimer, car elles apportent une réponse aux dégradations environnementales. Quelques recommandations sont adressées aux dirigeants des pays exposés. Ils devraient protéger la région d’origine des migrants, avec une attention particulière pour le droit à la terre. On leur demande d’assister les candidats au départ, de veiller à ce qu’ils soient bien représentés dans l’espace d’accueil, que leurs droits soient respectés. Enfin, il s’agit d’éviter le cercle vicieux qui veut que la migration soit la conséquence du réchauffement climatique, alors qu’elle devrait résulter de la politique qui gère le changement climatique. Et bonne nouvelle pour le pays d’origine, l’étude relève que dans le cas d’une émigration internationale, le migrant investit souvent dans son pays, créant les conditions d’un développement économique local. Qui, à son tour, attirera d’autres désoeuvrés. La migration reste une réponse à la crise climatique. « Les migrations internes, relativement communes, et les migrations internationales, plus rares, se combinent pour aider les gens affectés par le réchauffement climatique. » « La migration fait partie de la solution, et non du problème comme beaucoup de gens le croient. » (1)

Cette étude fait écho à une recherche publiée dans Nature, en juin dernier. La plupart des migrations liées aux changements climatiques, s’effectueront à une échelle locale, plutôt qu’internationale. (2) Balayé aussi le mythe d’une humanité déshéritée, chassée par des extrêmes climatiques, qui irait frapper au portes des pays développés, en Amérique du Nord ou en Europe. Selon Koko Warner, l’un des auteurs de ce travail, spécialiste des migrations et du changement climatique : «Nous avons mis en évidence que les gens dont les régions d’origine sont plus sensibles à l’environnement sont aussi ceux qui peuvent ne pas avoir les moyens de partir très loin. » (2) Si les gens partent temporairement pour échapper à un désastre naturel, une inondation dans le delta du Gange au Bengladesh par exemple, une migration plus longue répond à une destruction totale de l’environnement d’origine. Exemple au Niger, où la sécheresse et la dégradation des sols, entraînent les fermiers de village en village. Mais, « Partir pour revenir » reste une tendance forte. Des Mexicains, chassés par les mauvaises récoltes vers les Etats-Unis et le Canada, rentrent à la fin de travaux saisonniers. Si l’étude reconnaît que le climat agit comme un facteur expulsif, tendance qui devrait se confirmer au fil des dégradations, il n’est pas le seul en cause. La pauvreté et la guerre continue d’alimenter l’émigration en provenance des pays les plus pauvres. L’environnement constitue une raison de plus de partir. Mais ci encore, on plaide pour plus de solidarité. Aux décideurs d’inventer des politiques qui intègrent la migration, quand elle est la meilleure, ou la seule solution.

Alors, balayés les millions de migrants annoncés par le UNCHR – Le Haut Commissariat aux Réfugiés - ? En 2008, le Haut Commissariat tablait sur  50 millions à 1 milliard de déplacés au cours des 50 prochaines années, conséquence du réchauffement climatique. Soit une moyenne  annuelle de 6 millions personnes en quête de meilleures conditions d’existence. En 2008, le UNCHR estimait que 36 millions de personnes avaient été chassés de leur région d’origine par les catastrophes naturelles. Dont plus de 20 millions par les conséquences directes de la crise climatique.(3) Si l’on est à peu près sûr que la fonte des glaciers de l’Himalaya, privant d’eau les populations asiatiques, que la désertification croissante des terres, que l’exposition des deltas et des petites îles à des mers plus hautes, provoqueront des départs, difficile de chiffrer cette humanité en mouvement. Pour Koko Warner :  « Il n’y a pas de méthode scientifique reconnue pour aborder les chiffres. » Il ajoute : «  Nous n’avons pas non plus une définition commune pour les migrants environnementaux. Et c’est difficile de mesurer quelque chose que vous ne pouvez pas définir. » (2)

M.J

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(1) “Climate change: governments should support migration, not fear it”, submitted by Mike, Wed, 02-02-2011. International Institute for Environment and Development http://www.iied.org/human-settlements/media/climate-change-governments-should-support-migration-not-fear-it

The International Institute for Environment and Development (IIED) est un organisme de recherche indépendent, à but non lucratifif, crée en 1971 et basé à Londres. Il est spécialisé dans l’expertise, la recherche, et la réalisation de projets de développement durable : www.iied.org

Rapport PDF: http://pubs.iied.org/pdfs/10590IIED.pdf

(2)“Report disperses migration myth”, Anna Barnett, From

Nature Reports Climate Change , Published online: 11 June 2009 | Corrected online: 19 June 2009 | doi:10.1038/climate.2009.56 http://www.nature.com/climate/2009/0907/full/climate.2009.56.html

D’après un rapport intitulé: “In Search of Shelter”.

Etude conduite de 2007 à 2009, par des chercheurs en sciences sociales, issus de 6 universités européennes. Les chercheurs on retenu 23 sites concernés par les migrations, répartis sur les 5 continents. 2000 personnes ont été interrogées sur leurs intentions migratoires. Ce travail a été finance par finance par la Commission européenne, pour un programme de deux ans, intitulé « Environmental Change and Forced Migration Scenarios » (EACH-FOR).

(3)UNCHR/ 2009 http://www.unhcr.org/4b2910239.html


Publié le 9 février 2011 par marlene dans Climat,Migrations.
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Copenhague : l’appel des Inuits

Bonjour,

A quelques jours de Copenhague, les Inuits se mobilisent pour faire entendre leur voix. Pour ces communautés qui essaiment autour du cercle arctique, le réchauffement climatique a déjà un passé.

Sheila-Watt-Cloutier, une voix pour les Inuits.

« De tous les peuples du monde, après avoir subi les effets néfastes de la mondialisation, nous devrions être en première ligne pour décider d’un environnement respectueux sur notre territoire arctique », confie Sheila-Watt-Cloutier , à CBC News, un grand média canadien, à quelques jours de la Conférence sur le climat des Nations-Unies. (1)  Depuis de nombreuses années, cette activiste, canadienne et Inuite, porte les revendications de sa communauté. Pressentie pour le Prix Nobel de la Paix 2007, avec Al Gore, elle associe réchauffement climatique et droits humains. En 2002, elle prend la tête de l’Inuit Circumpolaire Council (ICC), l’organe de représentation des Inuits. Préoccupée par des paysages arctiques qui commencent à changer, alertée par les scientifiques qui prédisent une fonte des glaces accélérée, elle lance une procédure contre les Etats-Unis. Elle récidive en 2005. Elle devient la voix des communautés Inuites du Canada et d’Alaska, aux habitations malmenées par un permafrost qui dégèle, et menacées de perdre un territoire de pêche dessiné par les glaces de mer. Elle demande réparation aux Etats-Unis, coupables d’émettre des gaz à effet de serre qui perturbent le climat et l’environnement. Elle dénonce une atteinte aux droits culturels et territoriaux des Inuits, pourtant garantis par la Déclaration Américaine des Droits et des Devoirs humains de 1948. De cette bataille juridique, qui engageait « David contre Goliath », selon son expression, elle espérait au moins un siège dans les négociations sur le climat.(2)

Des hivers qui changent.

Les Inuites, qui n’apprécient pas toujours d’être appelés «Esquimaux », essaiment au Canada, aux Etats-Unis, au Danemark, et en Russie.  Cette communauté d’environ 150.000 personnes change parfois de nom, au gré des territoires qui les accueillent. Elle reste « Inuit » dans les provinces canadiennes, le Grand Nord, l’extrémité du Québec, et le Labrador. Elle devient « Inupiat» en Alaska, confins partagés avec les « Yupik », qui vivent aussi en Sibérie. Au Danemark, les « Kalaallit » habitent le Groenland. (3) L’environnement arctique a façonné des communautés de pêcheurs et de chasseurs. Si la mondialisation et l’arrivée des industries d’extraction, gaz et pétrole, ont érodé ce mode de vie traditionnel, la chasse reste une activité indispensable. L’hiver, quand la mer est prise en banquise, les hommes guettent les phoques et les morses qui viennent respirer en surface, dans les trous formés dans la glace. La chasse, qui a une fonction économique, commerce de viande et marché réglementé de fourrures, constitue surtout la base du système alimentaire. Pour les plus pauvres, elle est une question de survie. La chasse, qui associe les différentes générations d’un groupe, est aussi un facteur de cohésion sociale.(2) La réduction des glaces de mer menace l’ensemble de ce système humain. Dès 2003, Sheila Watt-Cloutier rapporte: « L’océan est trop chaud. Nos Anciens, qui enseignent aux jeunes comment exploiter la période hivernale, sont désorientés. Noël dernier, après que la glace se soit formée, les températures ont atteint 4°C, et il a plu. Nous n’avions jamais vu cela auparavant. » (2)

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Des glaces de mer qui se réduisent.

Les scientifiques confirment. En 2003, un chercheur de la NASA estime que la température des océans et des terres de l’espace arctique a augmenté de 1°C en une décennie. Déjà, l’étendue de la couche permanente de glace s’est réduite. (4) La NASA, qui surveille les mouvements de l’Arctique grâce au satellite ICEsat, s’intéresse aussi aux glaces de mer. Terrain de chasse, elles protègent aussi les littoraux de l’érosion des vagues, et influent sur les températures de l’air et de l’eau. Ces dernières années, la couche glacée qui s’installe sur l’Océan Arctique chaque hiver, d’une épaisseur habituelle de deux mètres, a perdu 17cm par an. Soit  68 cm au cours des hivers 2004-2008. Mais toute la couverture océanique ne fond pas en été. La NASA rapporte que la superficie totale d’un manteau plus épais, trois mètres environ, résultat de plusieurs années d’accumulation, aurait diminué de 42% (5)  Sheila Watt-Cloutier le dit autrement : « Au printemps, la glace ne fond plus en juin, mais quelques semaines plus tôt. Parfois, cette glace est si fine que les chasseurs passent au travers. » (3) NASA/ Moovie.

Scénario probable.

Dans la perspective de Copenhague, l’ICC  adresse six recommandations aux  décideurs de la planète. Pour aider les Inuits à préserver leur territoire, elle les invite  à réduire de manière significative leurs émissions gaz à effet de serre. L’ICC souhaite que les effets de la crise climatique sur les sociétés de l’Arctique soit enfin reconnus. L’organisation propose qu’un Inuit intègre le GIEC, le Groupe d’experts internationaux qui étudie l’évolution du climat.  L’ICC insiste sur la nécessité de développer des énergies alternatives sur ces terres isolées. Enfin, et surtout, les représentants Inuits demandent que la communauté internationale les accompagne pour affronter les lendemains qui se dessinent.  L’ICC envisage la création d’un fonds dédié à l’adaptation aux changements climatiques. Elle a déjà chiffré les besoins, 20 milliards de dollars tout de suite, 100 milliards d’ici 2020, et trouvé les financeurs, les pays du G20. Edward Itta, le représentant de l’ICC pour l’Alaska, a quand même une petite idée de la suite, probable, des évènements : « Nous, les Inuits, nous vivons dans des pays prétendus développés. Nous sommes déjà prêts à déplacer des communautés entières et à reconstruire nos infrastructures pendant que notre permafrost fond, et nos littoraux s’érodent. » (6) « David contre Goliath ».

M.J

Lien Youtube Sheila http://www.youtube.com/watch?v=GlSh4XeoLBA

(1) “Inuit leaders demand action at climate-change conference”, CBC News, 16-11-2009.  http://www.cbc.ca/canada/north/story/2009/11/16/inuit-climate-change.html

(2)”Global warming is killing us too, say Inuit”, Paul Brown, Environment, The Guardian, 11-12-2003.http://www.guardian.co.uk/environment/2003/dec/11/weather.climatechange.

(3) Wikipedia/ Inuits http://fr.wikipedia.org/wiki/Inuits#L.27.C3.A9conomie

(4)”La NASA s’inquiète de la fonte des glaces en Arctique”, Notre Planète Info, 24-10-2003. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_254_fonte_glace_arctique.php

(5) New NASA Satellite Survey Reveals Dramatic Arctic Sea Ice Thinning, 2004-2008. http://www.jpl.nasa.gov/news/news.cfm?release=2009-107

(6) Circumpolar Inuit Call on Global Leaders to Act on Arctic Climate Change at COP15 in Copenhagen, 13 November, 2009 – Copenhagen, Denmark, http://www.inuit.org/index.php?id=292&contUid=0#c652


Publié le 20 novembre 2009 par marlene dans Actualité,Arctique,Climat
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Le blanc, une couleur d’avenir…

Bonjour,

Pourquoi ne pas peindre les toits en blanc pour freiner le réchauffement climatique ? C’est l’idée de Steven Chun, le « Monsieur réchauffement » du Président Barack Obama, Prix Nobel de Physique, 1997 . Intervenant à Londres fin mai, lors d’un meeting de « grosses têtes » réunies pour imaginer des solutions à la crise climatique, Steven Chu a développé son idée : «Vous souriez, mais si vous repeignez tous les toits des buildings en blanc, et si vous teintez le revêtement des routes avec une couleur claire, et que vous le faîtes de façon uniforme…Cela reviendrait à interrompre le trafic automobile mondial pendant onze ans. »(1)

Cette solution simple permettrait de réduire le réchauffement climatique. La lumière, réfléchie par des surfaces claires au lieu d’être absorbée, repartirait en grande partie vers l’atmosphère. A l’inverse des radiations infra -rouge émises depuis la surface de la terre réchauffée, dont une bonne partie est piégée par les gaz à effet de serre, cause du réchauffement climatique. Autre avantage de ce changement de couleurs, moins d’énergie pour garder les immeubles confortables, et frais. Par exemple, les systèmes de climatisation fonctionneraient mieux, tout en économisant 10 à 15 % d’électricité. Les villes, converties au blanc à la place du béton, seraient aussi moins chaudes. Le principe pourrait également être étendu au parc automobile. Des voitures claires réfléchiraient la lumière, et consommeraient moins d’énergie pendant l’été. L’idée de Steven Chu revient à amplifier l’effet « albedo » de la terre. Au travail…

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M.J

(1) »Climate guru: Paint roofs white », Steve Connor, NZHerald, 28-05-2009.

http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10574970


Publié le 3 juin 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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Des satellites pour tracer le CO².

Bonjour,

Le Japon lance un satellite pour en savoir un peu plus sur le comportement des gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique. Une fusée est partie vendredi de Tanegashima, dans le sud du pays, avec pour mission la mise en orbite de GOSAT, diminutif de Global Greenhouse Observation by Satellite. GOSAT, qui répond aussi au nom japonais d’IBUKI - « souffle » -, survolera la terre à une distance de 666 km. Ce gros satellite doit cartographier la répartition et l’abondance des GES dans l’atmosphère, avec un intérêt particulier pour le CO² et le méthane. Cette mission de cinq ans va aider les chercheurs à mieux comprendre les mécanismes du réchauffement climatique. Elle va encore faire progresser la climatologie. Elle devrait surtout « contribuer à l’effort international de prévention du réchauffement climatique ». Sous-entendu inspirer les conférences et les traités internationaux sur le climat, de type Kyoto. C’est l’un des souhaits de la JAXA, l’agence spatiale japonaise.(1)

GOSAT, qui doit identifier et contrôler les sources de CO² pour documenter les traités internationaux, a aussi pour mission de retrouver le « carbone manquant ». Environ 50% du carbone émis dans l’atmosphère y reste. Une grosse partie du reste est absorbée par les forêts et les océans, qui fonctionnent comme des « puits ». Pour les scientifiques, qui continuent d’estimer le rôle des forêts et des océans, les comptes ne sont pas bons. La destination finale d’une partie de carbone n’est pas connue. GOSAT devra donc aussi tenter d’éclaircir cette affaire du « puits manquant » qui intrigue les chercheurs. (1) La NASA, l’agence spatiale américaine, qui devrait lancer fin janvier le satellite OCO (Orbiting Carbon Observatory ), a plus ou moins les mêmes objectifs. Mesurer le CO² présent dans l’atmosphère, repérer ses sources d’émission et d’absorption pour comprendre comment les phénomènes naturels et les activités humaines régulent l’abondance et la répartition du CO². Cette mission devrait aider à résoudre l’énigme du carbone manquant. (2)

Retour sur terre, et aux Etats-Unis, où le parti d’Al Gore s’installe au pouvoir. Il est encore question de CO². D’après un récent sondage conduit par Rasmussen Reports - un institut qui interroge l’électorat américain -, 44% des votants pensent que le réchauffement climatique est lié à un cycle planétaire. En face, 41% - surtout des démocrates - attribuent le dérèglement climatique aux activités humaines. En avril 2008, 47% des personnes interrogées dénonçaient les activités humaines. Contre 34%, qui y voyaient les effets d’un cycle naturel. Reste à demander au satellite OCO de photographier le parc automobile américain, et de quantifier ses rejets de CO². Ou à développer le service presse de la NASA.

M.J

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La séparation d’IBUKI

(1) BBC News/ climate satellite set for launch

http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7839772.stm

(2) http://oco.jpl.nasa.gov/ / http://www.flashespace.com/html/oct08/11a_10_08.htm

(3) http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/issues2/articles/44_say_global_warming_due_to_planetary_trends_not_people


Publié le 25 janvier 2009 par marlene dans Climat,Japon,USA
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Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, « l’oublié de Kyoto »  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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