Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Mers et océans en état de stress.

Bonjour,

Pêche excessive et déclin des populations de poissons, acidification des océans et reproduction ralentie des coraux, manque d’oxygène et expansion des zones mortes, pollution et invasion des plastiques, les signes se multiplient pour confirmer la mauvaise santé des océans. Ces changements, plus rapides que prévus, inquiètent la communauté de chercheurs de l’International Program of the State of the Ocean (IPSO), réunie à Londres début avril, en partenariat avec l’IUCN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Leurs conclusions, formulées dans un rapport, évoquent un changement d’époque dans l’histoire des océans. Le réchauffement des mers, l’acidification des eaux, et le manque d’oxygène, se combineraient pour créer un dérèglement du cycle carbone. Ce contexte rappellerait ceux qui ont précédé les cinq grandes périodes d’extinction qui ont accompagné l’aventure de la terre, au cours des 600 millions d’années passées. Selon le rapport, la rapidité de ces mutations ressemble souvent aux pires scénarios prédits par le GIEC, le groupe d’experts internationaux sur le climat. Et les dépasse parfois. La réduction des glaces de l’Arctique, la fonte accélérée du Groënland et du système Antarctique, l’élévation du niveau des mers, et l’échappée du méthane piégé dans les fonds marins, bousculent déjà les projections les plus pessimistes. Avec pour conséquences, migrations et déclins d’espèces marines, déplacement des colonies d’algues toxiques, multiplication des risques sanitaires, ou disparition de certains poissons habitués à vivre dans un système marin, plus riche et plus complexe. Plus que l’addition des facteurs de stress, c’est la multiplication qu’il faut craindre. C’est-à-dire une dynamique qui mêle pêche excessive, modification du milieu, changement climatique, manque de nutriments, et introduction d’espèces invasives. La porte ouverte à un accroissement de ces espèces indésirables et à une prolifération d’algues toxiques, qui vont asphyxier le milieu. Ou encore, une température plus élevée combinée à une acidification croissante, contexte qui va accélérer le blanchiment et contrarier le développement des coraux, et réduire la vie associée à cet habitat . Autre exemple de réaction en chaîne, la prolifération des plastiques dans les mers et les océans, et leurs incidences sur la chaîne alimentaire. A une autre échelle, il est question de l’équilibre entre le « système océan » et le « système terre », dont les évolutions climatiques sont liées. Beaucoup de perspectives alarmistes qui débouchent sur les recommandations classiques, réduction immédiate des rejets de CO², restauration des écosystèmes marins, règlements pour limiter les charges imposées au océans, et intervention des Nation Unies – notamment via la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer pour formuler un mode d’emploi des océans, plus responsable. Car l’agent perturbateur est bien identifié : «La résistance des océans aux conséquences du réchauffement climatique est sévèrement compromise par les autres facteurs de stress d’origine humaine, dont la pêche, la pollution, et la destruction de l’habitat. » (1)

M.J

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Lien résumé du rapport / English

http://www.stateoftheocean.org/pdfs/1906_IPSO-LONG.pdf


Publié le 30 juin 2011 par marlene dans Actualité,Climat,Ecosystèmes.,Pollution de l'eau
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Des coraux, un atoll.

Bonjour,

Environ 75% des récifs coralliens de la planète sont menacés, constat du World Resources Institute (WRI) qui publie, en collaboration avec une vingtaine d’organisations, un rapport intitulé “Reefs at Risk Revisited”. Ce document, qui rafraîchit un état des lieux établi en 1998, qui l’enrichit de données satellites, liste les pressions qui pèsent sur l’écosystème. Pêche excessive et destructrice, constructions littorales et activités humaines, sans oublier des populations côtières de plus en plus importantes,  menaceraient 60% du patrimoine mondial. Nouveauté, le rapport pointe les pressions liées au réchauffement des mers et des océans, les modifications chimiques qui l’accompagnent, ou la montée des eaux. L’enjeu est d’importance. Plus de 275 millions de personnes, situés à moins d’une trentaine de kilomètres d’un littoral, dépendent des récifs coralliens pour leur environnement, leur nourriture, et leur économie. Les coraux,  notamment ceux de la zone tropicale, abritent un catalogue impressionnant d’espèces vivantes, dont une importante variété de poissons.  Sur le plan géographique, ces formations offrent un rempart à l’océan. Dans plus d’une centaine de pays et de territoires, elles protègent 150.000 km de côtes, limitant l’érosion ou atténuant les effets des tempêtes et des grosses vagues qui se forment au large. (2) Trois grands systèmes coralliens dominent la cartographie planétaire. Le plus grand s’étire sur plus de 2000 kilomètres au large des côtes australiennes du Queensland pour former le “Great Barrier Reef”, la Grande Barrière de corail. Elle occupe un territoire marin équivalent à la Hollande, la Suisse, et le Royaume Uni.(3) La grande barrière de Nouvelle Calédonie, seconde au palmarès, fait de la France un pays très concerné par la protection des coraux, 10% du patrimoine mondial, en comptant Mayotte et la Polynésie.(4) Troisième grand ensemble corallien situé dans la Mer des Caraïbes, les Cayes du Belize. Si certains coraux se développent en eaux froides ou tempérées, ces constructions naturelles préfèrent la lumière des eaux tropicales du Pacifique, du Mexique, ou des Antilles. (3) Le déclin des coraux, dont l’agonie est signalée par un blanchissement, avant disparition, résulte en grande partie des hommes et de  leurs activités. Aux Maldives, destination touristique de l’Océan Indien, le corail d’îles inhabitées a été utilisé comme matériau de construction, ouvrant la voie à la mer. Ailleurs, les plongeurs, les bateaux, et les hôtels posés à proximité des récifs coralliens, ont perturbé l’équilibre de ce patrimoine côtier. Au Philippines, la pêche à l’explosif a causé pas mal de dégâts dans les récifs. Autre plaie, la pêche au cyanure qui permet de capturer les poissons vivants pour le commerce d’espèces exotiques, ou la gastronomie asiatique, à Hong-Kong, à Singapour, ou en Chine. Désormais interdite au Philippines, elle s’y pratiquait depuis les années 60. Les excès de la pêche laissent des récifs coralliens endommagés, intoxiqués, avec des poissons nourris au poison. La pêche au cyanure menace aussi les récifs d’Indonésie. (5) En Australie, le réchauffement des eaux, amorcé il y a quelques années, a blanchi les coraux de la Grande Barrière. Un rapport de Greenpeace a fait de 1998 une année dramatique pour ces récifs. Au milieu des années 2000,  plus de 40% des coraux de la Grande Barrière étaient malades. Avec des zones sinistrées à plus de 80%. (6) L’augmentation de CO² dans l’atmosphère, ses conséquences sur la température de l’eau et sur l’acidification des océans – simplification d’une dynamique plus complexe –, malmène les récifs coralliens. L’élévation du niveau des mers et des océans précarise encore ces écosystèmes. Avec des conséquences parfois inattendues. Okinotorishima, confetti corallien situé à plus de 1700 kilomètres de Tokyo, front Sud de l’archipel Japonais dans le Pacifique, battu par les typhons et grignoté par l’érosion, est menacé par la montée des eaux. Compte tenu de la superficie de l’atoll, à peine 8 km² à marée basse, doté de deux cailloux, Kitakojima et Higashikojima, qui culminent  à 10 cm au dessus du niveau de la mer, l’acharnement du gouvernement japonais à injecter des milliers de yens et du béton pour sauver ce minuscule récif corallien, semble inouï. Outre sa  position stratégique et quelques réserves minérales, l’engloutissement d’Okinotorishima ferait perdre au Japon l’équivalent de 400.000 km² de ZEE (Zone économique exclusive ) , avantage qui permet au pays d’exploiter l’océan dans un périmètre de 200 miles nautiques. Okinotorishima est sans doute plus protégé que Tuvalu ou les Maldives, pourtant dans le même bateau…

M.J.

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Un espace vulnérable, et renouvelable.

Le rapport signale 27 pays et territoires très vulnérables, socialement et économiquement, à la disparition des coraux. 19 d’entre eux sont de petits états insulaires. Parmi les espaces les plus touchés :  Haiti, Grenade, les Philippines, les Comores, Vanuatu, la Tanzanie, Kiribati, Fiji, et l’Indonésie. Avec une note d’optimisme, les formations qui ne sont plus agressées développent de bonnes capacités à se renouveler.

Deux cartes en un coup d’oeil :

Les récifs coralliens mondiaux classés en fonction des menaces locales. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12015/_original

La capacité des pays et des états à s’adapter à la dégradation et à la perte de leurs récifs coralliens. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12013/_original

(1) Ce rapport est publié par le World Resources Institute (WRI), en collaboration avec Nature Conservancy, WorldFish Center, International Coral Reef Action Network, Global Coral Reef Monitoring Network, PNUE-World Conservation Monitoring Center, Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI)….

(2) Résumé du rapport.

http://pdf.wri.org/reefs_at_risk_revisited_executive_summary.pdf

(3) Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cif_corallien

(4) UNESCO http://whc.unesco.org/en/list/154

(5) Endangered species handbook http://www.endangeredspecieshandbook.org/aquatic_coral.php

(6) (6)“Iconic Great Barrier Reef endangered”, Nicole O’Halloran, Journalism, 16-10-2006, http://neovox.journalismaustralia.com/should_we_say_goodbye_rua.php

(7) « Endangered coral reef shields southern outpost, Jun Sato, Daily Yomiuri online,  http://www.yomiuri.co.jp/dy/photos/0005/lens151.htm

“Un ilôt désert enjeu stratégique entre le Japon et la Chine.”http://www.acoram-var.com/Documents/Revue_de_presse/revue_de_presse_300410/Un_lot_dsert_du_Pacifique_enjeu_stratgique_entre_le_Japon_et_la_Chine.pdf?2e4991b25a9f2c7412c96c2fbe98e2c7=d944e71662e2a4802b8de1b2cd566fa5


Publié le 1 mars 2011 par marlene dans Biodiversité,Elevation des mers.,Pêche.,Pollution de l'eau
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“Qapirangajuq”, paroles d’Inuits sur le climat.

Bonjour,

En observant le ciel, les Inuits pouvaient prédire le temps. Les formations de nuages indiquaient la direction du vent. Maintenant, c’est différent. Les nuages, ils prennent un chemin, avant d’en changer rapidement, pour raconter une histoire très différente. D’ailleurs, les vents d’Est dominent, remplaçant les vents du Nord, qui ne soufflent plus aussi fréquemment. « Qapirangajuq – Inuit knowledge and Climate Change », un film sur les changements environnementaux en Arctique, rapporte la parole des Inuits, placés aux premières loges du réchauffement climatique. Les paysages arctiques évoluent plus vite que n’importe quel autre écosystème de la planète. Le permafrost qui fond, les glaciers qui disparaissent, les rivières qui se déchaînent, les ponts qui rompent, les maisons qui tremblent, les pluies acides provoquées par les industries du « Sud », la viande de caribou contaminée, la nourriture souillée par le mercure, et les ours condamnés à mourir de faim. Mais d’autres pensent que les ours survivront aux changements en cours. Comme les Inuits : « Notre monde continue de changer et nous devons apprendre à nous adapter. ».

Zacharias Kunuk, producteur Inuit, et Ian Mauro, géographe et documentariste, ont collecté ces voix d’Inuits, témoignage d’une culture semi-nomade maturée dans les paysages glacés du grand nord : « Les gens du Sud ne veulent pas comprendre la façon de vivre des Inuits. Ils ne connaissent pas notre culture, ne considèrent pas notre opinion, et nous traitent comme des ignorants. La culture inuite est orale, et nous conservons notre savoir dans nos esprits. Même sans texte, notre culture est pleine de sagesse. » Les Anciens y racontent une vie de jeux, de chasse, respectueuse de la vie sauvage, prendre seulement ce dont on a besoin, une organisation communautaire où l’argent n’existe pas. C’est un travail de recherche, qui parie sur le documentaire, outil plus médiatique qu’une publication scientifique – ce qui n’est pas l’avis de tout le monde – pour toucher un public plus large. Et quand Sheila Watt-Cloutier, activiste et voix des Inuits, prend la parole, elle exprime simplement ce qui est en train de se passer : « La pollution est comme une couverture au dessus de notre terre. Notre terre a du mal à respirer et souffre de trop de chaleur. »

M.J

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Le film est accessible dans sa version longue sur : http://www.isuma.tv/hi/en/inuit-knowledge-and-climate-change


Publié le 14 février 2011 par marlene dans Arctique,Biodiversité,Climat
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Climat et migrations, une relation plutôt locale.

Bonjour,

Réchauffement climatique et migrations internationales de masse, une étude vient adoucir cette perspective. Il y aura bien des mouvements migratoires, mais plutôt à l’intérieur des frontières, et de courte durée. Ce document, publié par l’International Institute for Environment and Development (IIEP) le 2 février dernier, synthétise les résultats d’une enquête menée dans trois pays en développement, Bolivie, Sénégal, et Tanzanie. (1) « Les gens affectés par des dégradations environnementales passent rarement les frontières”, commente Dr Cecilia Tacoli, à l’origine de l’étude, “Au lieu de cela, ils partent temporairement vers d’autres zones rurales ou vers de petites villes ». (1) En clair, les migrants développent des stratégies pour fuir une pauvreté, aggravée par la désertification, la dégradation des sols, et les sécheresses. Ils partent ailleurs gagner leur vie, pour être moins vulnérable aux conséquences du changement climatique. L’enquête incite les gouvernements à faciliter ces stratégies migratoires au lieu de les brimer, car elles apportent une réponse aux dégradations environnementales. Quelques recommandations sont adressées aux dirigeants des pays exposés. Ils devraient protéger la région d’origine des migrants, avec une attention particulière pour le droit à la terre. On leur demande d’assister les candidats au départ, de veiller à ce qu’ils soient bien représentés dans l’espace d’accueil, que leurs droits soient respectés. Enfin, il s’agit d’éviter le cercle vicieux qui veut que la migration soit la conséquence du réchauffement climatique, alors qu’elle devrait résulter de la politique qui gère le changement climatique. Et bonne nouvelle pour le pays d’origine, l’étude relève que dans le cas d’une émigration internationale, le migrant investit souvent dans son pays, créant les conditions d’un développement économique local. Qui, à son tour, attirera d’autres désoeuvrés. La migration reste une réponse à la crise climatique. « Les migrations internes, relativement communes, et les migrations internationales, plus rares, se combinent pour aider les gens affectés par le réchauffement climatique. » « La migration fait partie de la solution, et non du problème comme beaucoup de gens le croient. » (1)

Cette étude fait écho à une recherche publiée dans Nature, en juin dernier. La plupart des migrations liées aux changements climatiques, s’effectueront à une échelle locale, plutôt qu’internationale. (2) Balayé aussi le mythe d’une humanité déshéritée, chassée par des extrêmes climatiques, qui irait frapper au portes des pays développés, en Amérique du Nord ou en Europe. Selon Koko Warner, l’un des auteurs de ce travail, spécialiste des migrations et du changement climatique : «Nous avons mis en évidence que les gens dont les régions d’origine sont plus sensibles à l’environnement sont aussi ceux qui peuvent ne pas avoir les moyens de partir très loin. » (2) Si les gens partent temporairement pour échapper à un désastre naturel, une inondation dans le delta du Gange au Bengladesh par exemple, une migration plus longue répond à une destruction totale de l’environnement d’origine. Exemple au Niger, où la sécheresse et la dégradation des sols, entraînent les fermiers de village en village. Mais, « Partir pour revenir » reste une tendance forte. Des Mexicains, chassés par les mauvaises récoltes vers les Etats-Unis et le Canada, rentrent à la fin de travaux saisonniers. Si l’étude reconnaît que le climat agit comme un facteur expulsif, tendance qui devrait se confirmer au fil des dégradations, il n’est pas le seul en cause. La pauvreté et la guerre continue d’alimenter l’émigration en provenance des pays les plus pauvres. L’environnement constitue une raison de plus de partir. Mais ci encore, on plaide pour plus de solidarité. Aux décideurs d’inventer des politiques qui intègrent la migration, quand elle est la meilleure, ou la seule solution.

Alors, balayés les millions de migrants annoncés par le UNCHR – Le Haut Commissariat aux Réfugiés - ? En 2008, le Haut Commissariat tablait sur  50 millions à 1 milliard de déplacés au cours des 50 prochaines années, conséquence du réchauffement climatique. Soit une moyenne  annuelle de 6 millions personnes en quête de meilleures conditions d’existence. En 2008, le UNCHR estimait que 36 millions de personnes avaient été chassés de leur région d’origine par les catastrophes naturelles. Dont plus de 20 millions par les conséquences directes de la crise climatique.(3) Si l’on est à peu près sûr que la fonte des glaciers de l’Himalaya, privant d’eau les populations asiatiques, que la désertification croissante des terres, que l’exposition des deltas et des petites îles à des mers plus hautes, provoqueront des départs, difficile de chiffrer cette humanité en mouvement. Pour Koko Warner :  « Il n’y a pas de méthode scientifique reconnue pour aborder les chiffres. » Il ajoute : «  Nous n’avons pas non plus une définition commune pour les migrants environnementaux. Et c’est difficile de mesurer quelque chose que vous ne pouvez pas définir. » (2)

M.J

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(1) “Climate change: governments should support migration, not fear it”, submitted by Mike, Wed, 02-02-2011. International Institute for Environment and Development http://www.iied.org/human-settlements/media/climate-change-governments-should-support-migration-not-fear-it

The International Institute for Environment and Development (IIED) est un organisme de recherche indépendent, à but non lucratifif, crée en 1971 et basé à Londres. Il est spécialisé dans l’expertise, la recherche, et la réalisation de projets de développement durable : www.iied.org

Rapport PDF: http://pubs.iied.org/pdfs/10590IIED.pdf

(2)“Report disperses migration myth”, Anna Barnett, From

Nature Reports Climate Change , Published online: 11 June 2009 | Corrected online: 19 June 2009 | doi:10.1038/climate.2009.56 http://www.nature.com/climate/2009/0907/full/climate.2009.56.html

D’après un rapport intitulé: “In Search of Shelter”.

Etude conduite de 2007 à 2009, par des chercheurs en sciences sociales, issus de 6 universités européennes. Les chercheurs on retenu 23 sites concernés par les migrations, répartis sur les 5 continents. 2000 personnes ont été interrogées sur leurs intentions migratoires. Ce travail a été finance par finance par la Commission européenne, pour un programme de deux ans, intitulé « Environmental Change and Forced Migration Scenarios » (EACH-FOR).

(3)UNCHR/ 2009 http://www.unhcr.org/4b2910239.html


Publié le 9 février 2011 par marlene dans Climat,Migrations.
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Copenhague : l’appel des Inuits

Bonjour,

A quelques jours de Copenhague, les Inuits se mobilisent pour faire entendre leur voix. Pour ces communautés qui essaiment autour du cercle arctique, le réchauffement climatique a déjà un passé.

Sheila-Watt-Cloutier, une voix pour les Inuits.

« De tous les peuples du monde, après avoir subi les effets néfastes de la mondialisation, nous devrions être en première ligne pour décider d’un environnement respectueux sur notre territoire arctique », confie Sheila-Watt-Cloutier , à CBC News, un grand média canadien, à quelques jours de la Conférence sur le climat des Nations-Unies. (1)  Depuis de nombreuses années, cette activiste, canadienne et Inuite, porte les revendications de sa communauté. Pressentie pour le Prix Nobel de la Paix 2007, avec Al Gore, elle associe réchauffement climatique et droits humains. En 2002, elle prend la tête de l’Inuit Circumpolaire Council (ICC), l’organe de représentation des Inuits. Préoccupée par des paysages arctiques qui commencent à changer, alertée par les scientifiques qui prédisent une fonte des glaces accélérée, elle lance une procédure contre les Etats-Unis. Elle récidive en 2005. Elle devient la voix des communautés Inuites du Canada et d’Alaska, aux habitations malmenées par un permafrost qui dégèle, et menacées de perdre un territoire de pêche dessiné par les glaces de mer. Elle demande réparation aux Etats-Unis, coupables d’émettre des gaz à effet de serre qui perturbent le climat et l’environnement. Elle dénonce une atteinte aux droits culturels et territoriaux des Inuits, pourtant garantis par la Déclaration Américaine des Droits et des Devoirs humains de 1948. De cette bataille juridique, qui engageait « David contre Goliath », selon son expression, elle espérait au moins un siège dans les négociations sur le climat.(2)

Des hivers qui changent.

Les Inuites, qui n’apprécient pas toujours d’être appelés «Esquimaux », essaiment au Canada, aux Etats-Unis, au Danemark, et en Russie.  Cette communauté d’environ 150.000 personnes change parfois de nom, au gré des territoires qui les accueillent. Elle reste « Inuit » dans les provinces canadiennes, le Grand Nord, l’extrémité du Québec, et le Labrador. Elle devient « Inupiat» en Alaska, confins partagés avec les « Yupik », qui vivent aussi en Sibérie. Au Danemark, les « Kalaallit » habitent le Groenland. (3) L’environnement arctique a façonné des communautés de pêcheurs et de chasseurs. Si la mondialisation et l’arrivée des industries d’extraction, gaz et pétrole, ont érodé ce mode de vie traditionnel, la chasse reste une activité indispensable. L’hiver, quand la mer est prise en banquise, les hommes guettent les phoques et les morses qui viennent respirer en surface, dans les trous formés dans la glace. La chasse, qui a une fonction économique, commerce de viande et marché réglementé de fourrures, constitue surtout la base du système alimentaire. Pour les plus pauvres, elle est une question de survie. La chasse, qui associe les différentes générations d’un groupe, est aussi un facteur de cohésion sociale.(2) La réduction des glaces de mer menace l’ensemble de ce système humain. Dès 2003, Sheila Watt-Cloutier rapporte: « L’océan est trop chaud. Nos Anciens, qui enseignent aux jeunes comment exploiter la période hivernale, sont désorientés. Noël dernier, après que la glace se soit formée, les températures ont atteint 4°C, et il a plu. Nous n’avions jamais vu cela auparavant. » (2)

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Des glaces de mer qui se réduisent.

Les scientifiques confirment. En 2003, un chercheur de la NASA estime que la température des océans et des terres de l’espace arctique a augmenté de 1°C en une décennie. Déjà, l’étendue de la couche permanente de glace s’est réduite. (4) La NASA, qui surveille les mouvements de l’Arctique grâce au satellite ICEsat, s’intéresse aussi aux glaces de mer. Terrain de chasse, elles protègent aussi les littoraux de l’érosion des vagues, et influent sur les températures de l’air et de l’eau. Ces dernières années, la couche glacée qui s’installe sur l’Océan Arctique chaque hiver, d’une épaisseur habituelle de deux mètres, a perdu 17cm par an. Soit  68 cm au cours des hivers 2004-2008. Mais toute la couverture océanique ne fond pas en été. La NASA rapporte que la superficie totale d’un manteau plus épais, trois mètres environ, résultat de plusieurs années d’accumulation, aurait diminué de 42% (5)  Sheila Watt-Cloutier le dit autrement : « Au printemps, la glace ne fond plus en juin, mais quelques semaines plus tôt. Parfois, cette glace est si fine que les chasseurs passent au travers. » (3) NASA/ Moovie.

Scénario probable.

Dans la perspective de Copenhague, l’ICC  adresse six recommandations aux  décideurs de la planète. Pour aider les Inuits à préserver leur territoire, elle les invite  à réduire de manière significative leurs émissions gaz à effet de serre. L’ICC souhaite que les effets de la crise climatique sur les sociétés de l’Arctique soit enfin reconnus. L’organisation propose qu’un Inuit intègre le GIEC, le Groupe d’experts internationaux qui étudie l’évolution du climat.  L’ICC insiste sur la nécessité de développer des énergies alternatives sur ces terres isolées. Enfin, et surtout, les représentants Inuits demandent que la communauté internationale les accompagne pour affronter les lendemains qui se dessinent.  L’ICC envisage la création d’un fonds dédié à l’adaptation aux changements climatiques. Elle a déjà chiffré les besoins, 20 milliards de dollars tout de suite, 100 milliards d’ici 2020, et trouvé les financeurs, les pays du G20. Edward Itta, le représentant de l’ICC pour l’Alaska, a quand même une petite idée de la suite, probable, des évènements : « Nous, les Inuits, nous vivons dans des pays prétendus développés. Nous sommes déjà prêts à déplacer des communautés entières et à reconstruire nos infrastructures pendant que notre permafrost fond, et nos littoraux s’érodent. » (6) « David contre Goliath ».

M.J

Lien Youtube Sheila http://www.youtube.com/watch?v=GlSh4XeoLBA

(1) “Inuit leaders demand action at climate-change conference”, CBC News, 16-11-2009.  http://www.cbc.ca/canada/north/story/2009/11/16/inuit-climate-change.html

(2)”Global warming is killing us too, say Inuit”, Paul Brown, Environment, The Guardian, 11-12-2003.http://www.guardian.co.uk/environment/2003/dec/11/weather.climatechange.

(3) Wikipedia/ Inuits http://fr.wikipedia.org/wiki/Inuits#L.27.C3.A9conomie

(4)”La NASA s’inquiète de la fonte des glaces en Arctique”, Notre Planète Info, 24-10-2003. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_254_fonte_glace_arctique.php

(5) New NASA Satellite Survey Reveals Dramatic Arctic Sea Ice Thinning, 2004-2008. http://www.jpl.nasa.gov/news/news.cfm?release=2009-107

(6) Circumpolar Inuit Call on Global Leaders to Act on Arctic Climate Change at COP15 in Copenhagen, 13 November, 2009 – Copenhagen, Denmark, http://www.inuit.org/index.php?id=292&contUid=0#c652


Publié le 20 novembre 2009 par marlene dans Actualité,Arctique,Climat
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Le blanc, une couleur d’avenir…

Bonjour,

Pourquoi ne pas peindre les toits en blanc pour freiner le réchauffement climatique ? C’est l’idée de Steven Chun, le « Monsieur réchauffement » du Président Barack Obama, Prix Nobel de Physique, 1997 . Intervenant à Londres fin mai, lors d’un meeting de « grosses têtes » réunies pour imaginer des solutions à la crise climatique, Steven Chu a développé son idée : «Vous souriez, mais si vous repeignez tous les toits des buildings en blanc, et si vous teintez le revêtement des routes avec une couleur claire, et que vous le faîtes de façon uniforme…Cela reviendrait à interrompre le trafic automobile mondial pendant onze ans. »(1)

Cette solution simple permettrait de réduire le réchauffement climatique. La lumière, réfléchie par des surfaces claires au lieu d’être absorbée, repartirait en grande partie vers l’atmosphère. A l’inverse des radiations infra -rouge émises depuis la surface de la terre réchauffée, dont une bonne partie est piégée par les gaz à effet de serre, cause du réchauffement climatique. Autre avantage de ce changement de couleurs, moins d’énergie pour garder les immeubles confortables, et frais. Par exemple, les systèmes de climatisation fonctionneraient mieux, tout en économisant 10 à 15 % d’électricité. Les villes, converties au blanc à la place du béton, seraient aussi moins chaudes. Le principe pourrait également être étendu au parc automobile. Des voitures claires réfléchiraient la lumière, et consommeraient moins d’énergie pendant l’été. L’idée de Steven Chu revient à amplifier l’effet « albedo » de la terre. Au travail…

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M.J

(1)”Climate guru: Paint roofs white”, Steve Connor, NZHerald, 28-05-2009.

http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10574970


Publié le 3 juin 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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Des satellites pour tracer le CO².

Bonjour,

Le Japon lance un satellite pour en savoir un peu plus sur le comportement des gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique. Une fusée est partie vendredi de Tanegashima, dans le sud du pays, avec pour mission la mise en orbite de GOSAT, diminutif de Global Greenhouse Observation by Satellite. GOSAT, qui répond aussi au nom japonais d’IBUKI - « souffle » -, survolera la terre à une distance de 666 km. Ce gros satellite doit cartographier la répartition et l’abondance des GES dans l’atmosphère, avec un intérêt particulier pour le CO² et le méthane. Cette mission de cinq ans va aider les chercheurs à mieux comprendre les mécanismes du réchauffement climatique. Elle va encore faire progresser la climatologie. Elle devrait surtout « contribuer à l’effort international de prévention du réchauffement climatique ». Sous-entendu inspirer les conférences et les traités internationaux sur le climat, de type Kyoto. C’est l’un des souhaits de la JAXA, l’agence spatiale japonaise.(1)

GOSAT, qui doit identifier et contrôler les sources de CO² pour documenter les traités internationaux, a aussi pour mission de retrouver le « carbone manquant ». Environ 50% du carbone émis dans l’atmosphère y reste. Une grosse partie du reste est absorbée par les forêts et les océans, qui fonctionnent comme des « puits ». Pour les scientifiques, qui continuent d’estimer le rôle des forêts et des océans, les comptes ne sont pas bons. La destination finale d’une partie de carbone n’est pas connue. GOSAT devra donc aussi tenter d’éclaircir cette affaire du « puits manquant » qui intrigue les chercheurs. (1) La NASA, l’agence spatiale américaine, qui devrait lancer fin janvier le satellite OCO (Orbiting Carbon Observatory ), a plus ou moins les mêmes objectifs. Mesurer le CO² présent dans l’atmosphère, repérer ses sources d’émission et d’absorption pour comprendre comment les phénomènes naturels et les activités humaines régulent l’abondance et la répartition du CO². Cette mission devrait aider à résoudre l’énigme du carbone manquant. (2)

Retour sur terre, et aux Etats-Unis, où le parti d’Al Gore s’installe au pouvoir. Il est encore question de CO². D’après un récent sondage conduit par Rasmussen Reports - un institut qui interroge l’électorat américain -, 44% des votants pensent que le réchauffement climatique est lié à un cycle planétaire. En face, 41% - surtout des démocrates - attribuent le dérèglement climatique aux activités humaines. En avril 2008, 47% des personnes interrogées dénonçaient les activités humaines. Contre 34%, qui y voyaient les effets d’un cycle naturel. Reste à demander au satellite OCO de photographier le parc automobile américain, et de quantifier ses rejets de CO². Ou à développer le service presse de la NASA.

M.J

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La séparation d’IBUKI

(1) BBC News/ climate satellite set for launch

http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7839772.stm

(2) http://oco.jpl.nasa.gov/ / http://www.flashespace.com/html/oct08/11a_10_08.htm

(3) http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/issues2/articles/44_say_global_warming_due_to_planetary_trends_not_people


Publié le 25 janvier 2009 par marlene dans Climat,Japon,USA
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Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, “l’oublié de Kyoto”  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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A Amsterdam et ailleurs, ces maisons qui flottent..

Bonjour,

Habiter une maison flottante ? Une façon de repenser sa relation au territoire, à l’eau, de bousculer les règles de l’aménagement urbain, une option qui monte au Pays-Bas. Ce pays très densément peuplé, partiellement conquis sur la mer, très exposé aux inondations, cherche une réponse à son manque d’espace, et aux conséquences annoncées du réchauffement climatique. L’élévation estimée du niveau des océans – jusqu’à 90 cm prévus au cours du XXI° siècle -, conjuguée à l’abaissement des sols, réaction à l’assèchement et au tassement des terres, augmentent les risques de submersion au pays des polders. On prédit que 65% du territoire, abaissé sous le niveau des mers, serait menacé par les eaux. Soit le double de l’espace actuellement exposé aux inondations.(1) Replié derrière des digues, longtemps traumatisé par la catastrophe de février 1953 – quand la mer poussée par une grosse tempête avait rompu les protections, envahi une grande partie du territoire, faisant plus d’un millier de disparus – le pays commence à revoir sa relation à l’eau. Le péril pourrait aussi devenir une opportunité. C’est sans doute un peu plus compliqué, un chercheur qui évoque la relation entre les Néerlandais et l’eau écrit : « Les Pays-Bas ne peuvent se comprendre sans cette relation haine-amour existentielle, il n’y a pas d’autre mot, avec l’eau ». (1)

Pour pallier le manque d’espace sur terre et compenser la pénurie de logements, les Pays-Bas misent donc sur l’habitat flottant. Une dizaine de communes, épaulées par le gouvernement, projettent des programmes immobiliers adaptés aux fluctuations des marées. Le succès des « lots d’eau » déjà proposés à la vente, version maritime de la parcelle, signale un nouveau marché en pleine expansion. Et surtout prétendu moins cher que l’immobilier traditionnel. Pour soutenir ce nouvel enthousiasme, le Centre d’architecture d’Amsterdam (Arcam) vient de présenter une maison flottante, destinée au quartier d’IJburg. Cet ensemble résidentiel, qui s’édifie sur une île artificielle au nord-est d’Amsterdam, devrait accueillir 18 000 logements d’ici 2020. Dont une centaine de maisons flottantes. ABC Arkenbouw signe ce prototype cossu, soutenu par une structure creuse en béton profonde d’environ 2 mètres, appuyée sur des piliers métalliques, conçu pour épouser les variations du niveau d’eau. Coût de cette habitation d’environ 170 M², 250.000 Euros, sans compter le « lot d’eau », entre 110.000 et 140.000 Euros à IJburg. Pas forcément donné. ABC Arkenbow, qui parie sur une cinquantaine de transactions par an, étoffe son catalogue de nouveautés architecturales. (2) Mais l’idée n’est pas révolutionnaire à Amsterdam, ou les péniches aménagées et les constructions de bois amarrées dans les canaux du centre, témoignent d’une vieille pratique de la maison flottante.

C’est d’ailleurs un habitat traditionnel dans certaines régions d’Asie. En Thaïlande, à Phitsanulok sur les rives de la Nan, les maisons flottantes témoignent de la culture locale. Au Vietnam, des villages flottent dans la baie d’Along. A Chau Doc, dans la région du delta du Mékong, on élève des poissons-chats dans la partie immergée des habitations. Au Cambodge, où de pauvres communautés du Lac Tonlé Sap, sur le fleuve Mékong, s’agglutinent dans des habitations flottantes. C’est encore une forme d’habitat assez répandue sur le continent américain. On dénombre environ 500 maisons flottantes à San Francisco, 500 à Seattle, 3.500 à Portland, en Oregon, et 500 à Vancouver, en Colombie britannique. A Vancouver, une communauté flottante est installée à Granville Island, à proximité du centre. Plus loin, à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville, dans l’estuaire de la rivière Fraser, un village flottant, accolé à une marina pour ses services, téléphone, poste, parking, concentre une cinquantaine d’habitations. Le concept architectural, bien maîtrisé, est similaire à celui développé aux Pays-Bas, une structure en bois appuyée sur une boîte en ciment qui obéit au rythme des marées. Dan Wittenberg, constructeur de ces structures flottantes pour International Marine Flotation Systems, évoque les difficultés à convaincre les banquiers et bénéficier des procédures classiques: «Au début, on ne pouvait pas avoir de crédit, d’assurance, de permis de construire, d’accréditation environnementale (…) pour ces maisons qui flottaient sur l’eau parce que les Autorités compétentes ne comprenaient pas le concept. » (3) Et pourtant, ses maisons étaient aussi stables que des habitations conçues pour la terre ferme. « La première règle pour concevoir une maison flottante, c’est qu’elle ne coule pas. »(3)

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Ces communautés flottantes ont un site, une invitation à visiter certains villages flottants. Derrière l’aspect carte postale, il y a une vraie question d’urbanisme. L’eau pourrait être le nouveau territoire de la ville. Des architectes y travaillent. Au Japon, à Monaco, ou à Dubaï, la cité s’installe sur la mer…..

M.J

(1) » Rendre les Pays Bas à l’eau ? le rude défi du changement climatique », Pieter Leroy, Professeur à la Radboud Universiteit Nijmegen, attaché au département des sciences politiques et sociales de l’environnement.

(2) «  Maisons flottantes aux Pays-Bas », F.B avec Belga, Weekend.be

(3) « International Marine builds many floating villages», Daily Commercial News, 14 septembre 2007.


Publié le 16 septembre 2008 par marlene dans eau,Urbanisation
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Les pieds dans l’eau, l’Inde révèle son plan “Climat”

Bonjour,

L’Inde, quatrième pollueur de la planète, révèle un plan pour lutter contre le réchauffement climatique. Info, BBC News.
Le pays devrait progressivement introduire les énergies renouvelables dans son modèle de développement. Et selon son Premier Ministre, Manmohan Singh, l’énergie solaire devrait être au cœur de cette conversion annoncée. Tout devrait être mis en œuvre pour faire basculer une économie alimentée aux énergies fossiles, vers un système de production basé sur le renouvelable. « Notre succès dans cette entreprise changera la face de l’Inde », a prédit le Premier Ministre.

Il y a un an, le pays s’est doté d’un Council Climate Change, un organisme institutionnel dédié aux problèmes climatiques, et au développement durable. Un site internet, « Climate change », y révèle les positions, et les engagements du gouvernement indien. L’Inde fait d’ailleurs partie des 120 pays en développement ayant ratifié le protocole de Kyoto. Ce qui ne l’engage pas à grand-chose. L’Inde, espace économique émergent, est exemptée des objectifs de réduction de gaz à effet de serre qui obligent, en principe, les grand pays industrialisés engagés. En présentant son plan d’action national de lutte contre le changement climatique, Manmohan Singh a éludé la question d’une réduction des émissions de carbone, pourtant annoncés à la hausse. D’après la Banque Mondiale, et son « Petit Livre Vert de l’environnement », édition 2002, les émissions de l’Inde avaient déjà progressé de 57%, entre 1992 et 2002.

Malgré son engagement en faveur du climat, et son intérêt pour Kyoto, l’Inde revendique pour son peuple, le droit au développement économique et social. Avec un objectif majeur, sortir de la pauvreté. Et autre argument développé pour détourner la question des gaz à effet de serre, les émissions de carbone par tête d’habitant sont minimes, comparées à celles des pays riches. L’Inde, qui rassemble 17% de la population mondiale, prétend ne contribuer qu’à 4% des rejets mondiaux.(1)

Dans un rapport intitulé « L’alerte bleue », daté de mars dernier et rédigé par un Indien, Greenpeace projette les effets de températures plus élevées de 4°C à 5°C d’ici la fin du siècle, en Asie du Sud. La montée des océans , le dérèglement des moussons, les sécheresses, ou les difficultés d’approvisionnement en eau, pourraient déplacer 130 millions de personnes, dont une grosse majorité située sur une zone côtière, très exposée. Une élévation de 40 cm du niveau marin, prévision du GIEC d’ici 2100, déracinerait les fortes densités du Delta du Ganges-Brahmaputra, au Bangladesh, et les populations de la longue frange côtière indienne, semée de grosses métropoles. Dans un autre article de BBC News, daté de janvier 2008, un journaliste – qui relie prudemment l’élévation du niveau marin au changement climatique – rapporte que deux îles des Sunbardans, ont été rayées de la carte. Submergées. 6000 personnes ont été déplacées. Une mer plus haute de 45 cm pourrait avaler les trois quarts de la plus grande forêt de mangrove du monde, patrimoine mondial UNESCO. Et priver de terres des millions de personnes dans l’archipel des Sunbardans, et du pourtour du Golfe du Bengale. Dans cette zone, l’élévation du niveau marin, liée aux fontes de l’Himalaya, progresse plus vite qu’ailleurs.

Vidéo WWF, le Delta des Sunbardans, en Inde et au Bangladesh, exposé au réchauffement climatique.

M.J

(1)Chiffre de mars 2007, préparation du sommet du G8 de Heiligendamm (Allemagne – Juin 2007)


Publié le 4 juillet 2008 par marlene dans Climat,Inde
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