
Japon: the Umbrellas, au gré des rizières. (Photo: site Christo, en lien)
Bonjour,
Encore une petite scéance sur le Land Art, invités Christo et Jeanne Claude. Christo, c’est le nom d’artiste de ce couple qui utilise le tissu pour créer des oeuvres éphémères. Les Christo emballent les paysages, les monuments, ou aménagent des lieux naturels. Leurs oeuvres gigantesques, qui déguisent l’architecture, interprètent l’environnement, fonctionnent avec le public.
Le Land Art, gigantesque et éphémère.
Deux mots de rappel sur le Land Art, un mouvement artistique apparu dans les déserts de l’Ouest américain, à la fin des années 60. Ce mouvement, qui rejette palettes et musées, s’exprime au coeur de la nature. Les artistes mettent des lieux en scène(désert du Nevada, montagnes du Tibesti…), travaillent les matériaux naturels (bois, terre, pierres, sables, rochers, glaces..), ou introduisent des produits manufacturés (poteaux d’acier, tissus…) dans leurs créations. Ces oeuvres sont souvent gigantesques, et fréquemment éphémères. La photographie et la vidéo leur donnent une nouvelle vie. Christo appartient à la petite dizaine d’artistes du Land Art, groupe élargi par nombre d’autres artistes contemporains qui travaillent au renouveau des paysages. On a déjà beaucoup parlé d’Andy Goldsworthy.
L’Art de l’emballage.
Christo, Christo Javacheff et Jeanne Claude Denat, seraient nés le même jour, de la même année, le 13 juin 1935. Lui voit le jour en Bulgarie, elle au Maroc. Devenus américains, ils vivent à New York depuis les années 60. Ils commencent leurs créations monumentales au début des années 70. En 1972, un rideau de 13 000 m² de nylon tissé orangé, est offert aux vents d’une vallée californienne, et rapidement emporté par eux… Toujours en Californie, un mur d’une quarantaine de kilomètres de long, inauguré le jour de la mort de Mao Tsé - Tung, est mis en scène pour illustrer l’arbitraire des frontières. Il est resté en place une quinzaine de jours. En 1982, Christo entoure 11 îlôts artificiels de papier rose à Miami, rose couleur de crème glacée, et d’insouciance. En 1985, le couple emballe le Pont - Neuf, à Paris, dans un polyester ocre-jaune. Le plus vieux pont de la capitale, peint par Turner, Renoir, ou Picasso, devient un ouvrage moderne pendant quelques jours. La même année, Christo récidive à Berlin, où le Reichstag se retrouve empaqueté dans un tissu argenté. Cinq millions de personnes viennent admirer l’oeuvre. Plus récemment, “The gates”, en 2004 à New York, on en reparle dans un prochain blog. Ou, “The Umbrellas”(1984 - 1991), projet réalisé aux Etats - Unis, et au Japon.
Des parasols invités dans le paysage.
Un matin d’octobre 1991, 3100 parapluies - plutôt des parasols -, commencent à s’ouvrir, simultanément, à Ibaki, au Japon, et dans la région de Los Angeles, en Californie. Au Japon, les parasols bleus s’égrenent dans une vallée d’une vingtaine de kilomètres, au Nord de Tokyo. Plantés de façon rapprochée, ils épousent la géométrie des rizières, soulignent la couleur de la végétation luxuriante, et de l’eau . En Californie, ils sont jaunes. Ils s’étalent dans une vallée d’une trentaine de kilomères, à une centaine de kilomètres au Nord de Los Angeles. Leur couleur s’accorde aux collines marron, semées de broussailles , un paysage presque désertique. Dans les deux pays, ils évoquent l’occupation de l’espace, optimisé au Japon, plus aéré aux Etats - Unis. Ces parasols fonctionnement comme des haltes, des maisons ouvertes, des campements temporaires, une façon de suggérer le caractère éphémère de l’art.
Une composition inattendue et intégrée.
Une dizaine d’entreprises, au Japon, aux USA, en Allemagne, et au Canada, ont confectionné les matériaux (tissu, structures, supports..) destinés la fabrication des parasols. Les 3100 parasols ont été assemblés en Californie, dont 1340 ont été acheminés par bateau au Japon. Chaque parasol mesurait 6 mètres de haut, pour 8,60 mètres de diamètre. Presque deux ans de travail - le projet est amorcé en 1984 -, pour un budget de 26 millions de dollars. Le projet a été financé par la vente des dessins, collages, maquettes, ou litographies, destinés à préparer l’exposition. Ce mode de financement est une règle, les “Christo” refusent les subventions. Et pendant dix huit jours, le public a profité de cette composition inattendue et joyeuse, intégrée dans un environnement à peine dérangé. Démontées, les oeuvres sont recyclées…
Compte rendu visuel - et déformé - de “The Umbrellas”:
M.J.
2 réponses à ce jour ↓
1 Collision // 5 nov 2008 le 3:50
Je fais un travail sur cette œuvre, et elle est vraiment extraordinaire! Pas étonnant venant de Christo
Deux peuples, divisés lors de la guerre, ce sont retrouvés réunis par le biais de ses parasols. Preuve que l’on est pas si différent et que la guerre à touchés les deux camps. Sauf qu’ici, on ne s’envoie pas des bombes mais des ombrelles! C’est quand même plus sympathique non?
2 marlene // 5 nov 2008 le 7:16
C’est une jolie façon d’interpréter cette oeuvre. Bonne suite pour votre travail…
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