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Une lettre de gratitude d’un pessimiste à un homme d’espoir.

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Etude d’une lettre adressée à d’Estournelles : 12J285

* Cerner l’auteur : 

Il est français et habite depuis 17ans au Cambodge. Dix de ces années ont été consacrées à l’étude. Il s’est penché sur les mêmes questions que d’Estournelles et décide de lui envoyer un courrier le 14 décembre 1902, totalement inconnu de lui.

* Comment les projets d’Estournelles sont-ils arrivés jusqu’à ses oreilles ?

– Le journal officiel. On y trouve ses discours délivrés devant la chambre des députés à propos de la guerre de Chine.

– Le Temps, un autre journal. Le Sarthois y rédige des articles en faveur de la paix et de la confédératon européenne.

Après ces nombreuses lectures, notre homme est un fervent partisan de d’Estournelles. Il souhaite à tout prix assister à la conférence prévu à l’Ecole des hautes études sociales mais un empêchement vient malheureusement contrarier ses plans.

* Deux hommes convaincus :

-Il faut créer une fédération européenne pour y rétablir la paix et rassembler les valeurs communes.

-Il faut être lucide concernant les Etats-Unis d’Amérique. Ce sera une très grande puissance quand l’Europe sera le « vieux monde ». Elle a déjà fait ses preuves d’un point de vue industriel et politique, le reste viendra vite. L’Amérique du Sud, nous la dressons contre nous.

-Il ne faut surtout pas déclencher une guerre en Europe. La question de l’Alsace-Lorraine doit être résolue pascifiquement car « Toute victoire appelle la défaite ». 

Il faut penser aux exclus, les petits-gens notamment. Il leur faut « un peu du gâteau social, et être dans l’Etat autre chose que des électeurs ».

*D’Estournelles redonne de l’espoir :

L’homme dont il est question était très pessimiste.

« Je tremble à la pensée de voir que nos enfants verrons peut-être sombrer l’idée de la justice idéale. […] Je tremble à l’idée de voir périr notre nation française… »

D’Estournelles lui a véritablement redonné l’espoir qu’il avait perdu en pensant à des solutions qui lui avaient échappées. Cette lettre est le témoignage d’une grande reconnaissance. Elles contient des mots qui ont de quoi émovoir : « Vous m’avez consolé […] je viens, quoiqu’inconnu de vous, vous remercier, vous encourager à mon tour, vous engager à mener ce bon combat. Tenez la bonne parole […] . Merci monsieur le député pour le bien que vous m’avez fait et le courage dans la bonne voie que vous suivez. »  Lire la suite »

Arbitrage : le chemin de fer international

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Ce document est une lettre de Monsieur Gromier, datée du 24 mai 1904, adressée à Estournelles à propos du chemin de fer international.

Gromier, fondateur de l’Association économique des amis de la paix sociale et directeur de La Correspondance Gromier (courrier diplomatique), rapporte au baron quelques-unes des correspondances qu’il a reçu « d’un peu partout », au sujet du Transmandchourien (chemin de fer international).

Il est question d’une « force internationale » sur le territoire de la Mandchourie (au nord-est de l’Asie, entre la Chine, la Russie, et la Corée du Nord) qui garantirait la « sécurité du commerce international ». La dernière citation évoque l’exploitation du chemin de fer par cette force, et l’utilisation des profits pour « payer les dettes internationales contractées par la Russie ».

 

Cote : 12 j 295

Lettre au sujet de la guerre pour le Directeur du Temps.

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Côte du document : 12J345

D’Estournelles et la politique de la Paix


Lettre écrite le 4 janvier 1915 par d’Estournelles de Constant, pour le Directeur du Temps à Paris.

Il écrit une fois de plus pour démentir des choses dites à son égard. Ici, il parle d’une réunion qui doit avoir lieu à Berne cette semaine ci afin de trouver des moyens pour mettre fin à la guerre. On lui aurait demandé si il était pour quelque chose à l’organisation de cette réunion, et il répond qu’il n’était même pas au courant, pas plus que ses amis Français, Belges ou Anglais.

Il ajoute ce qu’il a déjà dit et expliqué de nombreuses fois depuis 5 mois : autant il a mitstoutes ses forces et son travail en œuvre pour prévenir la guerre, autant maintenant, lui et ses amis comptent bien mener celle-ci jusqu’au bout.

Ensuite, pour soutenir la guerre, il conte son ambition qui est de mettre le Gouvernement Allemand hors d’état de recommencer, et surtout le condamner à à réparer dans le mesure du possible les crimes qu’il a fait subir à la Belgique, à l’Alsace-Lorraine, à la France et à la conscience du monde entier.

Il termine en disant que la paix avec l’Allemagne actuelle ne servira à rien et sera au contraire «une démoralisante et dérisoire solution.». Ce ne sera pas la paix et obligera la guerre à recommencer dans 10 ans.

diverses lettres à D’Estournelles de Constant.

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Le Président du conseil à Monsieur D'Estounrelles de Constant.

Paris, le 20 août 1882, 20h au soir.


J'ai reçu le télégramme par lequel vous me faites savoir l'heureux résultat de vos demandes auprès d'Ali Bay,
 je tiens à vous remercier de l'utile concours que vous m'avez prêté dans cette circonstance délicate.
___________________________________

Résidence Française à Tunis.

Tunis, le 20 Octobre 1882.

Je déclare ratifier tous les engagements  qu'à pris mon frère Monhammed et Sadok envers la France 
et J'agirai jamais que d'accord avec elle.


Côte : 12 J 66

« Le nationalisme serait bien bas si nos dirigeants n’étaient plus ou moins ses complices. »

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Dans cette lettre adressée à Nicholas Murray Butler, Estournelles de Constant blame le nationalisme de Poincaré, alors président de la république francaise. Cette lettre est très virulente et dénonce le comportement xénophobe et en partie germanophobe du personnage de Poincaré,mais également de « l’immonde chef  du parti » Léon Daudet. Selon d’Estournelles le nationalisme serait « imbécile autant que malfaisant » . De plus d’Estournelles dénonce le fait que la guerre ait été renforcée par  le nationalisme car il a vu dans la guerre deux résultats primordiaux : »-se débarrasser de la concurrence étrangère,chasser de la France ce qu’il appelle les Mètèques […],nettoyer en un mot,notre territoire de tout ce qui peut gêner[…] ».Pour conclure,d’Estournelles effectue une violente diatribe du nationalisme de Poincaré et de la xenophobie qu’il engendre.

(côte:12j66)

« Le vrai dialogue, c’est quand on reconnaît à l’autre la même dignité. »

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« Le vrai dialogue, c’est quand on reconnaît à l’autre la même dignité. Il n’y a pas de dialogue entre un maître et son esclave. […] L’Europe occidentale a dominé et exploité le monde à partir de la conquête des amériques, elle a pratiqué la traite des Noirs et l’esclavage, elle a exercé les dominations les plus longues et les plus dures de l’hsitoire. » Edgar Morin.

Petite mise au point historique

A la fin du XIIème siècle, Marco Polo revient de Chine et éveille chez les européens un attrait pour ces terres riches et alléchantes. Ils tentèrent à plusieurs reprises de prendre pied sur l’Empire de Milieu, mais ils furent repoussés par ces orientaux qui les considéraient comme des barbares. Les anglais et les américains se rabatirrent, en désespoir de cause à la contrebande. De 1820 à 1830, celle-ci était florissante, du thé contre de l’opium. Naturellement, cette drogue était interdite. Les britanniques trouvèrent enfin un prextexte pour attaquer la Chine, lorsqu’elle saisit une importante réserve d’opium anglaise, il faut « défendre ses marchants » ! Dès qu’ils occupèrent HongKong, le traité de Nankin est mis en place : ouverture de cinq ports au commerce et une somme considérable (5.75 millions de livres) à la coutonne d’Angleterre, à titre de réparation de guerre.

Les occupants devinrent de plus en plus exigeants et ils ne virent aucune autre solution que le recours aux armes pour imposer leurs conditions nouvelles. Un incident anodin, une accusation, à raison, d’un capitaine anglais permit à l’Angleterre de réitérer une guerre. Ils demandèrent d’ailleurs le soutien des Français qu’ils obtinrent…Le port de Kanton est pris sous le feu des coalialitionnaires. Ils réclament la révision du traité de Nankin, des réparations de geurre et le droit d’asseoir en Chine des réprésentations européenes. Les chinoises refusent, les alliés européens marchent vers Pékin. L’empereur jette l’éponge et le 26 juin 1858 il signe la capitulation. Les occidentaux obtiennent ceux qu’ils veulent et continuent d’abuser de leur pouvoir : un traité est mis en place pour la légalisation du commerce d’opium avec la mention « Médicament étranger » ! La dynastie Mandchoue qui ne jouissait pas de grande sympathie au sein de son peuple, craignit de totalement perdre le contrôle. En désespoir de cause, elle engage la troisième guerre d’opium, qui se finit comme les autres par une défaite. Tout au long du XIXème siècle, la Chine ne cesse s’être humiliée, même par des Etats insignifiants, qui, sous le manteau occidental, dictent leurs conditions. La fierté chinoise se réveille en 1900, c’est la guerre des boxers. Les membres de la société secrète du Yihetuan se soulève contre la présence étrangère, ils envahissent les missions catholiques, tuent des prêtres et l’ambassadeur allemand. Les européens ont riposté avec une hargen et une violence sanguinaire. Voici ce que dit général Chaffé avec deception : « Pour tout véritable boxer qui a été tué depuis la prise de Pékin, seuls 15 pauvres coolies ou ouvriers agricoles ont été exécutés ainsi que des femmes et des enfants. » Les exaltions, les abus et les exécutions gratuites des occidentaux en Chine se prolongèrent jusqu’au-delà de la deuxième guerre mondiale, jus’qu’à la prise de pouvoir par les communistes de Mao Tsé Toung en 1949.

12J 285

Dans l’année 1900, d’Estournelles reçoit une lettre d’un de ses amis députés. Ce dernier réagit, fulminant au discours de Claude Cochin, député adverse.

La position de Cochin : Au vu de la résistance minime des boxers, et de la victoire internationale, Cochin parle de l’inutilité militaire de la Chine. Autrement dit, il faut continuer une politique de conquête, bien qu’il s’en d’éfende. Cochin considère cela comme une « mise en valeur de la Chine ». Il réclame un « pied à terre », comme un investissement, au côté des allemands, des russes et des anglais.

L’ami d’Estournelles, résume cela en une phrase : « Ainsi, monsieur Cochin ne veut pas démembrer la Chine, il se contente d’en prendre un morceau ! »

La position de l’auteur et de d’Estournelles : Cochin et ses partisans ne tirent aucune leçon de ce quil s’est passé (la révolte des boxers), en outillant la Chine, ils l’arment contre son ennemi : eux. En outillant 400 millions d’habitants, c’est un avenir sanglant qui se prépare et de nombreuses insurections. La répression de ces révoltes que Cochin qualifie de « locales » coûtera beaucoup de troupes et d’argent, ce qu’ils trouvent habituellement en Chine. Mais celle-ci est épuisée, en faillite; ce qui les obligera à puiser ces ressources sur le territoire français. De plus, notre armée est déjà concentrées sur la frontière de l’est, opposée aux Allemands, notre flotte opposée à celle des anglais, pourquoi crée une troisième armée, colonialiste ? Evidemment, créer une armée est un projet bien trop important pour se justifier uniquement avec le problème chinois, elle ira donc dans les autres pays colonisés par les européens, en Afrique et ailleurs. Par conséquent, cette armée devra être assez forte pour lutter contre, non seulement des indigènes, équipés d’armes perfectionnées, dirigés par des instructeurs occidentaux, mais aussi créer des tensions nouvelles. Le transport, le recrutement, et l’approvisionnement des notres, nous obligera à de perpetuels et croissants sacrifices. En France, le trésor s’épuise et ne réussit pas à être alimenté par des impôts, qui double depuis 30 ans ! Le surplus de population est illusoire. Notre population stagne, contrairement aux Allemands…L’ami d’Estournelles resistera de toutes ses forces à cette politique de mégalomanie, encouragée par Cochin. Elle est contre nature et hors de proportions avec les forces d’un seul Etat car elle n’aboutit qu’à des conflits.

D’estournelles dit « Ne vous contentez pas d’avoir une politique, commençez par vous procurer les ressources de cette politique. »

Pour l’auteur, la France ne doit pas suivre ses voisins, son rôle est au contraire de rappeler à la prudence. Il faut trouver un terrain d’entente, s’unir contre des dangers communs. Il met aussi en garde contre la futur puissance des chinois (ce qui se vérifie aujourd’hui !).

Pour ou contre les colonies – Note pour mon livre

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Le document est une analyse sur les idées coloniale de M, d’Estournelles de Constant, intitulée «La quinzaine coloniale». C’est en effet une analyse du livre «concurrence et chômage» dans la revue des deux mondes. C’est un exposé de la crise économique de la vieille Europe, des causes profondes qui l’ont déterminée et qui paraissent devoir l’étendre. Par rapport à la France, d’Estournelles de Constant fait preuve d’une rare érudition dans l’analyse des défectuosités de l’organisation économique et administrative. Il dénonce aussi la nécessité de l’expansion coloniale, de la nécessité de plus en plus impérieuse de diriger vers les régions en friche les énergies qui risquent de rester sans emploi, lorsqu’elles ne tournent pas à la turbulence ou à l’indiscipline. Il dit que la colonisation intérieure de la France est devenue un besoin social, il dit aussi que la race jaune menace l’Europe. D’Estournelles finit par dire ce qu’il se passera dans le futur de la France.

Cote du document : 12J230

Critique coloniale

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Discours de M. d ‘Estournelles

Constant

à la

conference de la Haye

Paul d’Estournelles de Constant et sa critique de la colonisation

Dans le texte que j’ai eu l’occasion d’etudier, Paul d’Estournelles de Constant nous fait part d’une sorte d’inquiétude sur la colonisation.En effet M. d’Estournelles de Constant trouve que les pays qui s’approprient des terres qui ne leurs appartiennent pas, le font d’une maniere qui le derange quelque peu. Comme je l’ai dit precedement, il n’est pas contre la colonisation en elle meme mais celui ci estime que les pays les plus riche ne peuvent pas se donner le droitd’envahir un pays comme bon leurs semble. Celui-ci compare cette colonisation comme une lutte inegale que nous pourrions comparer a David contre Goliath. M. d’Estournelles de Constant, dit aussi que la facon dont sont faites les choses sont devenues trop banalisés par les citoyens et que  » les temps modernes » ont été le theatre de grands crimes, de grandes guerres…

« […] l’exces meme de ce pouvoir sans controle, l’abus des plus admirables progres, provoquerent de grands mouvements spontanés d’horreur et dde rédemption. »

12j359

Paul d’Estournelles de Constant à la Conférence de La Haye.

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  • Il forme le bureau de la conférence qui se compose de 52 membres.

Chaque étét est représenté par plusieurs délégués, la conférence constitua un parlement universel constitué de plus de 300 menbres.

Elle a lieu a Binarhoff : cette conférence est divisée en deux partis, une grande partie une grande partie qui constitue le bloc libéral et une autre partie que l’ on peut compter sur les doigts.

Le succès de la nouvelle institution fut une inquiérude pour l’ Europe.

A partir du drame qui s’ est passé à Agadir, un mouvement populaire d’ organisation d’ une justice internationale forma une espérance.

La Russie cherhe des compensations à Constentinople, quant à l’ Allemagneet à l’ Autriche, ils se réservent le chemin de Salonique et de Bagdad.

L’ Autriche s’ annexe la Bosnie et l’ Herzégovine puis l’ Italie en Tripolitaine puis une guerre éclate entre les Balkans et la Turquie.

Deux camps se sont mit en place : un mouvement pacifique qualifié de socialiste et un mouvement militariste.

Il pensait que si la plupart des membres de la Haye avait résisté aux évènements, ils auraient gagner du temps et donc ils auraient tout sauver.

Grâce à l’ intervention des Etats-Unis et de l’ Angleterre, le monde n’ est pas tombé sous les coups du militarisme

  • Dans ce discours Paul D’Estournelles de Constant décrit la conférence de La Haye à laquelle il prend part. C’est une réunion pour la paix des pays, et elle se déroule entre autre dans un lieu charismatique. C’est une assemblée de diplomates où 26 puissances sont représentées. Ces pays, bien qu’ils soient tous différents, parlent tous la langue française qui devient le trait d’union de tous. Dans ce discours, d’Estournelles évoque l’importance de la langue française parlée dans les conférences. Cependant, les diplomates – bien qu’ils aient tous une religion personnelle : protestants, musulmans, catholiques – adoptent tous la même religion. Lors de cette conférence commune, ils ne donnent pas de références précises. Paul d’Estournelles de Constant nous affirme que la réunion prit une tournure neutre et laïque. « La neutralité religieuse fut la conséquence naturelle de la diversité des cultes représentés. » Dans cette conférence de La Haye, il n’était plus question de religions mais d’une justice humaine entraînée par une révolution des diplomates.

Dans son discours, le prix nobel de la paix évoque les noms de représentants de chaque pays qui furent aussi ses maîtres. Ces représentants symbolisent l’intelligence et idées communes dans cette conférence de la paix. Paul d’Estournelles de Constant insiste sur le fait que tous ces pays réunis prennent part à cette conférence dans le but de servir un même idéal, ce qui fut un miracle et un merveilleux souvenir pour d’Estournelles.

12 J 359

Marine & Yoan.

Premier Congrès Universel des Races (Londres, 1911)

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D’Estournelles de Constant a écrit :

« LE RESPECT QUE DOIT LA RACE BLANCHE AUX AUTRES RACES« 

« Je ne parlerai pas de nos devoirs ; je me borne à faire appel à notre intérêt. »

« L’intérêt de la race blanche est de voir clair, de mesurer la masse innombrable des populations que nous avons dominées jusqu’à ce jour et que notre orgueil a cru pouvoir définitivement classer comme inférieures. Cette classification s’explique dans une certaine mesure car il est clair que les populations si diverses qui occupent la surface du globe n’ont pas été toutes également partagées. Il est des populations indigènes très malheureuses, odieusement opprimées par d’autres indigènes et pour lesquelles la conquête des blancs a été un secours et même le salut. Mais cela dit, il faut ajouter aussi que cette classification a permis, pendant des siècles, à une minorité d’exploiter sans scrupules et sans limite une majorité d’êtres humains moins privilégiés. Aurait-on jamais tolérer l’infamie de la traite des nègres si on ne l’avait pas justifiée en abaissant ces malheureux à la condition d’un bétail ou d’un gibier ? Et cette condition a été si bien établie dans nos mœurs qu’il a fallu, en dépit de l’abolition de l’esclavage, fonder des sociétés pour les indigènes dans le même esprit que les sociétés pour la protection des animaux. »

« Nous avons donc bien du chemin à faire pour nous affranchir de nos préjugés de races, parce que ces préjugés nous conviennent et ne sont au fond que des prétextes. A coté des ses instincts généreux qu’il est impossible de méconnaître, la race blanche étant la race dominante a trouvé commode de se qualifier de race supérieure pour mettre bien des abus au compte des exigences de la civilisation. Ce n’est pas par amour du progrès que nous dépouillons les indigènes de ce qu’ils possèdent. »

« Si la race blanche était plus sincère, si elle appliquait simplement les principes chrétiens qu’elle reproche aux races soi-disant inférieures de ne pas connaître, elle s’inspirait du plus élémentaire de ses principes : « ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fit » ; et la question des races, comme la question sociale ne se poserait pas. « 

« La Révolution Française nous a donné la déclaration des Droits de l’Homme ; ce n’est pas assez, il faut nous acheminer maintenant à une déclaration plus désintéressée, plus générale, plus . Les Conférences de la Haye ne sont qu’un début, nous arriverons un jour à la déclaration des Devoirs de l’Homme. « 

« En attendant, sans viser trop haut, respectons les autres races dans notre intérêt plus encore que dans le leur. C’est notre intérêt individuel et notre intérêt national. »

« C’est en Tunisie que j’ai fait mon apprentissage de la Conciliation. En somme le succès de la France en Tunisie s’explique parce que nous avons dominé notre orgueil et pas seulement celui des Arabes. « 

« Tout pays où ces axiomes élémentaires sont encore considérés comme des naïvetés est un pays menacé. »

« Tout d’abord c’est la rancune, le mépris qu’une domination violente, étrangère inspire aux indigènes ; des haines silencieuses mais profondes s’accumulent ; elles livrent nos installations à la merci d’un soulèvement que la première occasion favorable fait éclater. « 

« En d’autres termes, il faut faire oublier notre conquête matérielle par notre conquête morale, de sorte qu’elle soit un bienfait et non un fléau. « 

« Heureusement, tout excès provoque en nous sa réaction, sa protestation et nous voyons aux colonies , parmi les explorateurs, les officiers, les hommes d’énergie et d’action que pousse une volonté ardente d’être utiles, des caractères admirables, des apôtres, dont la bonté rachète l’erreur des autres ; là, comme ailleurs , mais plus brutalement se poursuit la lutte du bien et du mal. En face des vieux instincts de pirates et de négriers, se dressent des âmes de saints ! Là, comme ailleurs, celui qui s’élève au-dessus de lui-même élève son pays et l’humanité. Mais le problème n’en reste que plus nettement posé. Il se résume ainsi : le blanc qui n’aspire qu’à se faire craindre des indigènes est détestable et détesté ; il attire sur lui, sur son pays, sur sa race, des vengeances qui n’atteindront peut-être que ses fils, mais qui seront d’autant plus terribles qu’elles auront été plus lentes à s’exercer. En sorte que le dernier mot de l’éducation des indigènes c’est l’éducation préalable des blancs, c’est la culture de l’esprit, c’est l’abaissement de notre orgueil, c’est le respect des droits d’autrui. « 

« Ces grands mots n’étaient que des mots jadis ; on en riait ; aujourd’hui ils vivent, se propagent et s’imposent. Je les ai vus triompher, quoi qu’on en dise, aux deux Conférences de la Haye, où les représentants des races « soi-disant inférieures » ont pu discuter librement avec ceux des plus grandes puissances et faire triompher, aux applaudissements de tous, les principes les plus généreux et les plus sages, obliger la force à commencer de s’incliner devant le droit. »

« Ce n’est qu’un commencement, je le sais ; mais ces grands débats nous acheminent à découvrir le monde, à nous mieux connaître nous-même. Ces rapprochements internationaux ont l’heureux effet de stimuler, chez les uns et chez les autres, l’éducation nationale, l’éducation morale et, finalement, l’éducation générale ; ils nous apprennent à nous discipliner, à discipliner notre égoïsme ; ils éclairent notre conscience et nous découvrent notre véritable intérêt. Le reste vient ensuite par surcroît. Les blancs seront d’autant plus respectés et plus aimés qu’ils seront vraiment supérieurs, et non seulement les plus instruits et les plus forts. »

« Déjà un immense progrès a été réalisé le jour où tous les États, sans distinction de races, petits ou grands, ont eu à la Haye chacun une seule voix posant exactement le même poids que les autres. On ne reviendra pas sur ce progrès : à chacun sa voix, à chacun son droit, à chacun sa part dans le Monde. « 

« C’est une ère nouvelle qui commence : il s’agit maintenant de conserver les résultats ; que chacun en profite en contribuant par sa propre organisation nationale au progrès de l’organisation générale. « 

Côte : 12J368 / Congrès de Londres, 1911