Nicolas Sarkozy. Les habits européens du nouveau Président de la République.
Publié le 12 mai 2007 par ami dans ActualitésNicolas Sarkozy (voir la vidéo) en tant que vainqueur de l’élection présidentielle du 6 mai 2007 dans son premier discours, salle Gaveau, reprenant une partie de son programme électoral a lancé un appel aux Européens.
“La France est de retour en Europe”
1.1. Une affirmation néoconservatrice atlantiste ?
Ce slogan fait penser à celui de Ronald Reagan, ancien Président des Etats-Unis (1981-1988) qui avait proclamé durant la campagne électorale de 1980 “America is back“. Faut-il y voir la marque de l’atlantisme de Nicolas Sarkozy qui avait confié son admiration pour les Etats-Unis lors de son dernier voyage officiel, en septembre 2006, tenant à figurer sur la photo officielle serrant la main du Président G.W. Bush, qui, au demeurant, sera le premier Chef d’Etat à le féliciter, le 6 mai 2007, en lui téléphonant sur son portable, à 20 heures 3 minutes.
1.2. Des relations franco-américaines franches et amicales.
Cette fascination pour les Etats-Unis où tout homme qui a du courage peut réussir, ne signifie pas pour autant que le nouveau Chef de l’Etat entend s’aligner sur les positions de Washington. Si Nicolas Sarkozy s’est désolidarisé de Jacques Chirac à propos du refus d’engager la France dans la guerre en Irak, dans ce premier discours, il considère qu’au nom de l’amitié franco-américaine, un ami comme la France “peut penser différemment“.
A ce titre, selon lui, “.. une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire de prendre la tête de ce combat, parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité toute entière. La France fera de ce combat son premier combat“.
Pour autant, les Etats-Unis sont conscients de devoir lutter contre le réchauffement climatique, mais en recours aux solutions technologiques plutôt qu’aux mesures réglementaires préconisées par l’Union européenne qui fixent des quotas de gaz à effet de serre. Cette vidéo traite des politiques mises en oeuvre par les Etats-Unis depuis une trentaine d’années qui sont présentées par un chercheur américain à l’aide d’une série de transparents.
Cette France de retour en Europe a pour but de se faire entendre de ses partenaires européens auxquels elle lance un appel. Elle vise à faire prendre en compte les positions européennes du candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy, qui sont résumées dans cette vidéo par le conseiller politique, Michel Barnier, ancien Commissaire européen, chargé de la politique régionale (2000-2004).
2. L’appel de la France à l’Union européenne.
2.1.Vers un néo-protectionnisme européen ?
Dans cette première allocution, le nouveau Président de la République déclare :” Je conjure nos partenaires européens d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés“.
Si l’idée que l’Europe ne doit pas être une passoire et se protéger des importations qui menaçent ses emplois (voir l’affaire du textile chinois en janvier 2006) et sont à l’origine de délocalisations, cette idée d’un protectionnisme européen défendue par le nouveau Président de la République apparaît très française. Elle est théorisée par Emmanuel Todd, dans cette vidéo où il présente sa contribution aux réformes économiques, à la demande du Premier Ministre, Dominique de Villepin, lors d’une réunion à Matignon.
C’est peu dire, que celle-ci n’est pas partagée par nos partenaires européens, attachés au libre-échange, comme les pays nordiques et la Grande-Bretagne, ou encore la déclaration du Président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, lors du Conseil européen, de mars 2007, consacré aux réformes économiques.
2.2. Une mondialisation envahissante.
Dans ce même discours, Nicolas Sarkozy s’adressant aux autres Etats européens les conjure également de “ne pas rester sourds à la colère des peuples qui conçoivent l’Union européenne non comme une protection, mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde“.
La mondialisation est perçue comme une menace comme l’affirme le candidat, Nicolas Sarkozy, dans son discours de Saint-Etienne. Loin de la mondialisation heureuse chère à Alain Minc, Nicolas Sarkozy, tout en reconnaissant les mérites de la mondialisation, dénonce ses effets négatifs tels que le changement climatique, les délocalisations, la pauvreté, l’exploitation des salariés ou encore la résurgence des fanatismes et des nationalismes qui érigent “des murs entre les peuples“.
3. Le Conseil européen du 21 juin 2007.
Ce sera le premier Conseil européen qui réunit les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union européenne à 27, où Nicolas Sarkozy sera présent non plus comme Ministre de l’Intérieur ou des Finances, mais comme Chef d’Etat. Il faut s’attendre à des négociations pied à pied avec des partenaires européens réservés sur les idées du nouveau Président de la République française. Si Nicolas Sarkozy sait faire accepter ses idées, alors il ne sera plus seulement un européen convaincu, mais un européen convaincant ! Ainsi, le Président de la République deviendra, Nicolas Sarkozy, l’Européen, s’il sait marquer de la considération à l’égard de l’Europe en ne déclarant pas s’ennuyer aux réunions communautaires et en relayant son message européen de façon cohérente au niveau français et rassurer ses partenaires communautaires qui s’inquiètent de certaines déclarations de campagne. Tel est le cas de la Turquie qui se voit fermer la porte de l’adhésion à l’Union européenne par la France.
Comme il l’a indiqué lors de son discours de Strasbourg du 21 février 2007 (voir la vidéo N.B. Faire défiler les discours de Nicolas Sarkozy pour obtenir celui de Strasbourg à la date indiquée), la France est doit être prête à revenir à la table du Conseil européen pour “débloquer l’Europe institutionnellement” en adoptant un mini-Traité soumis à ratification parlementaire.
Nous rendrons compte de ses premiers pas parmi ses pairs.