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La négociation

Vendredi 15 décembre 2006

La seule richesse que vous possédez réellement c’est l’hétérogénéité des Langues maternelles (LMs) de votre groupe. C’est là qu’il faut baser votre approche. Puisque ces apprenants ne partagent à priori pas de langue commune, il doivent passer par la langue cible (LC = français). Si tel est le cas pour une partie de la classe (frères et sœurs comme ça peut arriver par exemple), regroupez-les, tant bien que mal, de manière à obtenir un mélange de LMs qui vous permettra ensuite de concevoir des activités consistant à communiquer en négociant du sens. C’est à ça que sert la langue. Négocier.

 

Voir les articles suivant pour lire un exemple d’activité et des conseils pour gérer un cours de fle :
- Une activité en FLE : la négociation.
- Quelques conseils pour gérer un cours de FLE : article 1 - article 2 (suite)

Alphabétises en Paires Minimales

Mardi 31 octobre 2006

Episode 1 – 31 Octobre 2006

Contexte d’apprentissage antécédent :

On m’a confié récemment un groupe de deux étrangers qui résident en France depuis un certain temps et ont besoin de plus se faire comprendre. L’un d’entre eux a suivit un cours FLE organisé par une ville voisine. Visiblement cette mesure des autorités locales n’a pas pris en compte le besoin d’apprentissage des apprenants mais adressait plutôt les besoins d’enseignement de la localité. En effet, quel responsable pédagogue aurait consciemment mis en place une formation FLE dans un amphithéâtre municipal destinée à une soixantaine d’étrangers munis de niveaux de français tous plus différents que leur voisin. Ce n’est, après tout, pas si grave dira sûrement le concepteur pour sa défense : ‘ils ont tous besoin de pouvoir s’acheter du pain, de remplir un formulaire administratif, etc… Certes, c’est une bonne raison d’en prendre 60 et de le parquer dans un camp de réfugiés pédagogiques. On n’aurait pas idée de prendre 60 petits de CP pour leur apprendre à compter tous ensemble dans le réfectoire de l’école -aussi beaux bâtiments et missions soient-ils.

Pour la séparation des compétences municipales :

L’argument qui transpire de cette pratique pédagogique indigne est celle de l’économie budgétaire. Comme bien souvent en France, on avance de beaux discours sur l’importance de l’enseignement où l’on critique tout aussi rapidement le manque d’équation entre l’enseignement du professeur et l’apprentissage de l’élève. Ce qu’on oublie de faire c’est financer adéquatement ces démarches enseignantes. C’est l’apprentissage qui en pâtit et l’enseignant qui s’en trouve directement responsable.

Alors je pose la question : pourquoi s’en remettre à une municipalité pour faire de l’enseignement ? Débloquer un budget n’a jamais été autre qu’une question politique, or tout le monde sait que l’argent devient magiquement disponible en période électorale. C’est donc à ce moment là qu’il faut demander à la ville une formation de qualité à ceux qu’elle compte intégrer socialement. Mais comme il reste difficile d’influencer le cours de la politique d’une main et de surveiller le calendrier électoral d’un oeil, l’apprentissage en prend une claque. Mais tout en douceur. Une mauvaise décision administrative faite sous couvert de solutionnements n’a jamais fait mal tout de suite.

Topographie du groupe :

Revenons à mes élèves : Deux jeunes adultes (non-primo-arrivants): l’un Polonais que nous appellerons Darius et l’autre, Arménien que nous appellerons Ardag. L’un travaille dans un centre d’insertion et l’autre pour ce même centre. Au premier cours le premier est venu seul. De nature réservée, il n’appréciait pas de parler de sa vie précédente qui l’a vu migrer d’orphelinats en orphelinats. Comment m’assurer que ce jeune homme avait suivit une scolarité normale en Pologne et qu’il saurait donc lire/écrire dans sa propre langue maternelle. Il s’annonçait particulièrement difficile à cerner dans ses besoins car il ne parlait que sporadiquement et plutôt sur la défensive.

Déroulement de la séance :

Après avoir déterminé les dates des futurs cours je lui ai demandé de me noter quelques informations sur lui-même. Le passage à l’écrit séduit parfois les élèves qui ont du mal à parler d’eux même -pas uniquement par lacunes langagières mais aussi simplement par manque de recul. En temps normal c’est une activité de présentation mutuelle que je demande en activité orale entre paires d’élèves. Mais une paire dont il manque la moitié demande une approche différente.

Faire de la voiture à deux roues, s’appelle motocycler.

Apprentissages de la première leçon :

Voyant le blocage de Darius, j’ai changé d’activité et je lui ai demandé de m’écrire son adresse. Ce qu’il a fait avec grande difficulté. Le résultat n’était à la fois ni lisible ni français. Le commanditaire n’avait donc aucune idée qu’il lui fallait un apprentissage d’alphabétisation pure et dure.

Nous avons procédé à une découverte graphique des lettre des l’alphabet suivie d’une activité de répétition (mimétisme phonatoire) qui, pour centrer l’apprentissage sur l’apprenant, veillait à faire la place belle aux remarques de l’élève sur les différences intrinsèques entre son alphabet et l’alphabet français.

Phase écrite et mimétisme graphique :

Darius sait visiblement tenir son stylo mais ne positionne pas son poignet de sorte à illustration écrire droit. Il semblerait que concentré sur sa production graphique, il ne veuille pas rompre la concentration en levant la main pour la faire glisser vers la droite du centimètre nécessaire à un alignement correct des lettres entre elles. Essayez d’écrire anticonstitutionnellement [il fallait que je le place celui-là ] sans lever le poignet et vous verrez, qu’au mieux, la moitié du mot reste lisible. Sauf que pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de centrer son attention sur un flux lettré français, cette déformation graphique assimilable à une perspective visuelle devient vite illisible. L’auteur n’à clairement pas conscience que son produit écrit n’est pas conforme à une norme qu’il lui reste à intérioriser progressivement.

C’est sur cette norme que nous allons travailler ensemble.

Aux cours suivant Ardag est arrivé et à présenter des besoins similaires en graphie. L’alphabet ne lui est pas aussi inconnu que Darius mais il semblerait qu’une légère forme de dyslexie à un niveau suprasegmental affecte sa capacité à transcrire un mot épelé, à en recopier un ou à l’écrire de mémoire. Cela reste un diagnostique personnel car à ce niveau d’analyse je ne suis pas spécialiste.

A Bientôt

Introduction au(x) monde(s) du FLE

Lundi 23 octobre 2006

Ha bon ?

Peu de gens se doutent qu’autour du monde l’on choisit parfois d’apprendre le français (que l’on y soit contraint ou non). Ces mêmes gens sont encore plus nombreux à ignorer qu’en milieu francophone on puisse apprendre le français quand bien même on n’y aurait pas suivi de scolarité.

Ces apprentis francophones choisissent-ils toujours de l’être ?

Passons cette tentante digression.

La mère patrie linguistique.

L’engouement international pour le français est observable et évoqué régulièrement, ne fut-ce qu’au cours de réjouissantes retrouvailles annuelles de chefs d’états et ministres des quatre coins du globe qui reçoivent notre propre président en grandes pompes tel un chef d’église rassemblant ses ouailles en célébration de leur foi. A croire que notre frère Jacques est un aussi puissant garant de notre langue outre-mer que l’académie française ne l’est entre les 6 faces et quelques de l’hexagone.

En réalité l’enseignement du FLE tient plus du ministère des affaires étrangères que de celui de l’éducation nationale.

Lisez la courte introduction du ministère des affaires étrangères.

Freedom !

Peu connu en absence de certification du ministère de l’éducation, il ne dépend pas officiellement de l’éducation nationale. Et qui dit non affiliation dit absence de syndicalisation et absence de programme aux instructions officielles. Sans public type ni pré requis d’apprentissage, il est impossible d’en rédiger un. En d’autres termes : non-affiliation = grande liberté. Toutes les conditions idéales sont donc réunies pour s’adonner à ce qu’un enseignant normalement constitué affectionne, une pédagogie qui répond aux besoins de ses élèves et leur donne envie de venir en classe.

Certes en France l’image du français comme langue d’exportation, image dont a longtemps bénéficié les LV1 comme l’allemand et l’anglais, n’en est qu’à un état d’esquisse. La dimension internationale ne fait que commencer à se répandre dans les mentalités domestiques. On remarque par ailleurs, ici et là et depuis peu, un intérêt pour la Chine. Les JT de 20 heures, par exemple, s’offrent de nombreux et faciles documentaires sur l’expatriation francophone en Chine. A bien y réfléchir, il y aurait presque concomitance entre l’apparition de reportages sur les délocalisations industrielles (état de l’économie intérieure) avec le développement d’un état d’esprit tourné vers l’international où le français (citoyen), longtemps mauvais élèves des apprentissages en langue vivante prends conscience que le français (langue maternelle) peut lui-même être une langue d’échange économique.

FLE et Mondialisation.

Rendons nous à l’évidence, hommes et femmes de lettre que nous sommes. L’idée du FLE, derrière les motivations du ministère des affaires étrangères, n’est pas de donner à l’académie et aux beaux arts français une rayonnante hélio-eccentricité à la France comme jadis Louis le fit à Versailles. Le but est de donner à une France commercante et d’économie de service une envergure internationale dans un réalisme mondialiste dominé par l’anglais. [1 milliard de locuteurs mandarins, un demi milliard de locuteurs anglophones pour seulement 130 millions de francophones [source]]. Lorsqu’on sait que l’économie iceberg chinoise émerge à une vitesse proportionnelle au réchauffement climatique, on a tout intérêt à en perdre son anglais et apprendre le chinois; mais puisque nous somme très peu à pouvoir et moins encore à vouloir faire cela, le plus simple est de tout faire pour donner au français une place linguistique à la hauteur de ses ambitions économiques.

Alors, vous qui abordez vos cours de didactique avec un doute qui plane sur vos choix estudiantin, sachez que l’on vous attend là bas et ailleurs.

FLE - Grammaire - Groupes verbaux

Vendredi 20 octobre 2006

Toute la conjugaison des verbes du deuxième groupe à écouter : choisir, haïr, agir, finir.

Liste alphabétique des verbes du 3e groupe sur aidenet.