La Renaissance (fin XV-XVI siècle)

Deux siècle plus tard , avec la Renaissance, le fou devient un personnage majeur,  personnage symbolique  comme le montrent notamment le motif de La Nef des fous ( Narrenschiff = composition littéraire sur de grands thèmes mythiques ex : nef des dames vertueuses en 1503 , nef de santé en 1413 ) mais aussi les farces populaires, la littérature humaniste avec Eloge de la folie de Didier Erasme (1511) et l’iconographie de Jérôme Bosch .
La folie hante l’imagination du monde occidental par les images fantastiques qu’elle fait naître.  Et dans les farces, les personnages du fou , du Niais ou du sot prennent de plus en plus d’importance. Le fou prend place au centre du théâtre, comme le détenteur de vérité, c’est lui qui dit dans sont langage de niais les paroles de la raison. Il dit l’amour aux amoureux, la médiocre réalité des choses aux orgueilleux  aux insolents et aux menteurs ; il est mis en scène lors de la fête des fous dans de nombreuses villes. C’est le fou qui prédit le règne de Satan et la fin du monde.



Durant cette période, les fous  mènent alors une existence errante. les villes confient ses fous à des mariniers pour  s’en débarrasser. Les emmener plus loin , hors de l’enceinte de la ville. Cette coutume était surtout fréquente en Allemagne  à Nuremberg.
Mais cette pratique n’est pas une généralité ; une grande partie des fous sont gardés au village ou à la maison. Si l’assistance aux aliénés n’était pas du ressort des villes, certains «  furieux » étaient enfermés dans des « maisons spéciales » : les tours aux fous / en 1409 est même fondé par un ecclésiastique en Espagne, un premier hôpital psychiatrique.

Les fous ne sont donc pas invariablement chassés. Foucault précise que les villes ne chassaient que les fous étrangers, elles ne s’occupaient que de LEURS fous citoyens. .
Durant cette période, apparaît une notion essentielle , l’existence de 2 types de folie mentale : une maladie tranquille qui semble être tolérée par la société et une maladie mentale furieuse, qui trouble l’ordre public et qui va entrainer la création de structure pour gérer le malade ; il faut protéger la société du malade mais aussi protéger le malade de la société.

Le monde au début du XVII  siècle  est donc assez tolérant avec la folie, elle est au cœur des hommes et des choses, au cœur de la littérature. Mais de nouvelles exigences sont en train de naître.

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