RISQUES:seismes en CHINE…

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Une zone à forte sismicité

LE MONDE | 21.05.08

La sismicité du territoire chinois est l’une des plus fortes au monde. En cause, l’irrépressible déplacement vers le nord de la plaque indienne, qui bute contre l’Eurasie à la vitesse de 40 à 50 millimètres par an. Les forces mises en jeu sont considérables et c’est ce mouvement d’une plaque contre l’autre qui a contribué à la formation de l’Himalaya.

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Les faits La peur de nouveaux séismes provoque la panique au Sichuan


Un violent tremblement de terre s’est produit, lundi 12 mai, dans la province chinoise du Sichuan. Vous ou vos proches ont été frappés par le séisme, racontez-nous.

L’Inde pousse le plateau tibétain vers l’intérieur de la Chine ; celui-ci exerce à son tour sa pression sur la Chine centrale, vers le nord et le nord-est. A ses marges orientales, le grand plateau a chevauché le bassin sédimentaire du Sichuan, provoquant le séisme du lundi 12 mai. En 1933 et en 1976, la même région avait connu des séismes de magnitude 7,5 et 6,4, cependant beaucoup moins meurtriers que le dernier à avoir frappé la zone. Egalement sous la pression du plateau tibétain, les provinces de Qinghai et de Gansu devraient aussi, dans les prochaines années, connaître des séismes de grande ampleur, selon la majorité des spécialistes.

La sismotectonique – l’étude des failles actives – est capable de prédire les régions de plus grand péril. Une étude, publiée en juillet 2007 dans la revue Tectonics par des chercheurs du British Geological Survey, pointait ainsi très précisément le risque d’un important séisme le long de la faille de Longmen Shan – celle en cause dans le tremblement de terre du 12 mai. La nécessité de surveiller cette région a conduit les autorités chinoises à investir. Le 11 avril, tout juste un mois avant que la terre ne tremble, l’agence Chine nouvelle annonçait la mise en test du réseau numérique, lancé en 2004, reliant les 1 200 stations sismiques principalement installées dans le centre du pays.

Stéphane Foucart

AFRIQUE:maladies et sous-développement tuent toujours…

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Le paludisme tue un enfant toutes les trente secondes en Afrique

        Le paludisme en chiffres:Le paludisme en chiffres

- 500 millions de personnes touchées par an
- 59 % de personnes touchées en Afrique, 38 % en Asie, 3 % en Amérique
- 1 enfant meurt du paludisme toutes les trente secondes en Afrique
- 1,1 million de morts par an
- 1 million de morts des complications
- 60 % des pertes fœtales et 10 % des décès maternels
- 12 milliards de dollars de PIB perdus par an en Afrique sub-saharienne
- 1,3 point de croissance perdu par an dans les pays fortement atteints
- 3,2 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour la prévention et les soins

Sources : Banque Mondiale, OMS, RBM

LEMONDE.FR | 25.04.08

Les cent quatre-vingt-douze pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont choisi en mai 2007 la date du 25 avril 2008 pour célébrer la première journée mondiale de lutte contre le paludisme.

Maladie infectieuse la plus meurtrière après le sida, la malaria – nom anglais du paludisme – est transmise par le sang via une piqûre de moustique. Elle sévit surtout dans les zones tropicales et touche en priorité les femmes enceintes et les enfants. Il existe quatre espèces de parasites provoquant des symptômes variables en durée et intensité. Forte fièvre pouvant s’accompagner de maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées, toux, le paludisme a pour particularité de fonctionner par cycles typiques de forte fièvre coïncidant avec la multiplication des parasites et l’éclatement des globules rouges, qui conduit à l’anémie.

UN FREIN IMPORTANT AU DÉVELOPPEMENT

Il constitue un problème majeur de santé publique dans plus de quatre-vingt-dix pays, où il ralentit la productivité et enferme durablement les communautés dans la pauvreté. La Banque mondiale a estimé que les pertes de PIB imputables à cette maladie en Afrique sub-saharienne s’élèvent à 12 milliards de dollars par an. Soit un manque à gagner quatre fois supérieur à la somme nécessaire pour lutter efficacement contre le fléau à un niveau mondial. Dans la même région, le paludisme est la cause de 60 % de l’absentéisme scolaire.

S’il existe des traitements qui ont fait leurs preuves, ce sont surtout les actions préventives de distribution de moustiquaires traitées aux insecticides et la prise de médicaments antipaludiques en amont qui ont permis de diviser par cent le nombre de cas de paludisme au Vietnam entre 1992 et 2006. Mais dans les régions endémiques d’Afrique sub-saharienne, les parasites les plus dangereux ont développé une résistance à la chloroquine, le traitement le plus généralement utilisé. Et les nouveaux traitements combinés à base d’artémisinine présentent des coûts dix à vingt fois plus élevés. « On a procédé à des distributions systématiques sans en mesurer l’impact et prévenir le développement d’une inévitable résistance », déplore le docteur Pierre Druilhe, directeur de l’unité de parasitologie biomédicale de l’Institut Pasteur de Paris.

LA RECHERCHE D’UN VACCIN, ENTRE PROGRÈS ET FAUSSES PISTES

S’il se réjouit d’un regain de mobilisation autour de la question, le chercheur constate un manque de concertation dans les recherches de vaccin. « Les agences internationales financent des projets de recherche redondants, privilégiant une approche où les molécules sont ‘choisies’ par le système immunitaire des souris, ce qui est, selon moi, une fausse piste. En ce moment quarante à cinquante essais cliniques sont menés sur des molécules qui ont déjà démontré leur inefficacité« , explique-t-il.

L’équipe du docteur Druilhe a choisi d’étudier les mécanismes de défense immunitaire chez les populations exposées au paludisme. Une molécule cible ainsi identifiée a présenté des résultats encourageants à l’issue d’une première phase de tests d’inocuité en 2000. Et une prochaine série d’essais d’efficacité sur des enfants africains indiquera si un vaccin peut être développé d’ici 2012.

Mais, en attendant un éventuel vaccin dont les premiers bénéficiaires seront les voyageurs des pays du Nord, « la population qui intéresse en priorité les laboratoires » selon le docteur Druilhe, le programme mondial de lutte contre le paludisme a besoin de 2 milliards de dollars supplémentaires pour lutter efficacement contre la maladie sur le terrain.

Mélanie Duwat

ETATS-UNIS:des compagnies aériennes à problèmes…

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TRANSPORT AERIEN

Déficitaires et inefficaces, les compagnies aériennes américaines connaissent une crise structurelle

 Pour nombre d'analystes, la solution à la crise du transport aérien américain ne peut être que financière. AP/Noah Berger

Pour nombre d’analystes, la solution à la crise du transport aérien américain ne peut être que financière.

LE MONDE | 23.04.08

La maison mère de la compagnie aérienne américaine United Airlines, UAL, a annoncé mardi 22 avril 537 millions de dollars de pertes (336 millions d’euros) au premier trimestre. Sur la même période, AMR (American Airlines) a perdu 328 millions de dollars, et Continental 80 millions. Les analystes s’attendent à ce que les trois autres « Big Six » – Delta, Northwest et US Airways – annoncent aussi des pertes. Les compagnies aériennes américaines, en difficulté chronique depuis des années, entrent dans ce qui apparaît comme une crise systémique, accélérée par l’augmentation brutale du prix du kérosène (53 % en un an) et la diminution du trafic lié à la récession.

Pour renforcer leur capacité financière et pouvoir enfin se moderniser, Delta et Northwest ont annoncé leur fusion (Le Monde du 16 avril). Celle-ci devra obtenir l’aval du Congrès et des syndicats des deux entreprises, qui pourraient tenter de l’empêcher ou de modifier ses conditions. Les personnels devaient voter mercredi 23 avril.

Pour Richard Aboulafia, spécialiste du Teal Group à Washington, les « grandes manoeuvres » ont commencé. Dès lors que cette fusion « modifie le paysage concurrentiel », a prévenu Larry Kellner, patron de Continental, sa compagnie « fera le nécessaire pour garantir son maintien comme compétiteur sur le long terme ». Il négocie déjà avec United une fusion qui créerait un numéro un mondial plus gros encore que Delta-Northwest. United prospecte aussi en direction d’US Airways. De son côté, American Airlines a pris langue avec Continental. « A terme, les « Six » ne seront plus que quatre, peut-être trois. Mais ces fusions génèrent autant de problèmes – d’hétérogénéité des flottes, par exemple – qu’elles n’en résolvent. Surtout, elles ne changeront rien aux difficultés structurelles du secteur », juge M. Aboulafia.

Pour nombre d’analystes, la solution à la crise du transport aérien américain ne peut être que financière, tant son infrastructure paraît obsolète et dégradée. Selon une étude du ministère des transports dévoilée le 18 avril, un déplacement aérien à l’intérieur des Etats-Unis est plus long aujourd’hui qu’il y a vingt ans. De l’heure prévue d’embarquement à l’arrivée, pour se rendre de New York à San Jose, en Californie, il faut ainsi, en moyenne, trois heures de plus. Retards constants, flotte âgée, contrôle aérien archaïque, aéroports saturés, annulations de vols accrues, sécurité suspecte, tel est le « paysage ».

« RATIONALISER LE RÉSEAU »

Ex-PDG d’American Airlines, Robert Crandall a publié, lundi 21 avril, un article dans le New York Times : il y a trente ans, rappelle-t-il, le Congrès adoptait la loi de dérégulation aérienne ; « depuis, le transport aérien américain s’est gravement détérioré. Nos compagnies étaient des leaders mondiaux, elles sont désormais à la traîne dans tous les domaines ». Il en appelle à « l’intervention du gouvernement », car « la seule approche par le marché n’a pas pu et ne pourra pas produire le système dont nous (les Etats-Unis) avons besoin ».

Loren Thompson, le spécialiste du Lexington Institute, estime que l’Etat doit d’autorité « rationaliser le réseau » pour résorber une « compétition effrénée » qui s’est avérée « catastrophique » tant pour le service aux clients que pour la rentabilité des compagnies.

En attendant, celles-ci prennent des mesures pour rogner leurs coûts ou engranger quelques recettes. American Airlines va peu à peu réduire ses vols de 3,6 %, Continental de 5 %, United jusqu’à 9 %. AMR souhaite céder sa filiale American Eagle et a vendu 90 % de son unité de gestion financière pour 480 millions de dollars. Continental retire de sa flotte, pour un an, 14 Boeing 737 trop consommateurs en kérosène ; United retire 30 vieux DC80. Les compagnies augmentent leurs tarifs de 4 à 50 dollars selon les distances. Elles taxent le second bagage et renchérissent le coût du changement de vol pour les clients. Toutes suppriment des emplois. Continental aurait même fait pression sur ses pilotes pour économiser du carburant sur des vols transatlantiques, ce qui aurait provoqué une forte hausse des demandes d’atterrissage d’urgence en 2007, selon un rapport du ministère des transports.

Des mesures de rigueur perçues comme insuffisantes par les analystes. Selon une récente étude de Thomson Financial, American Airlines ne saurait redevenir bénéficiaire avant 2011, au mieux.

Sylvain Cypel

MONDIALISATION et commerce équitable…

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Rémi Roux, cofondateur de la marque Ethiquable

« 70 % des produits issus du commerce équitable sont vendus en grande surface »

LEMONDE.FR | 25.04.08 |    

Quel est l’état de santé du marché du commerce équitable en France ?

Rémi Roux : Il se porte très bien. En 2006, il a progressé de 40 % et pour 2007, on tourne autour de 27 %. Cela représente 210 millions d’euros dont plus de 165 millions pour les seuls produits alimentaires. En 2007, 42 millions de produits labellisés « Max Havelaar » [association qui garantit le respect des règles du commerce équitable] ont été vendus dans toute la France, dont la moitié était du café.

Depuis 2003, lorsque la grande distribution s’est lancée dans la course, elle a permis aux produits équitables de toucher un public plus large. Le marché s’est alors développé de manière exponentielle chaque année. 70 % des ventes sont aujourd’hui réalisées en grandes et moyennes surfaces.

La France est-elle en retard par rapport à ses voisins européens ?

Les pays du nord de l’Europe ont été les premiers à se lancer sur le marché. Le label « Max Havelaar » est né au Pays-Bas et s’est rapidement développé en Suisse et en Angleterre. A titre d’exemple, un Français dépense environ 3 euros par an dans des produits issus du commerce équitable alors que pour un Suisse, ce sont près de 20 euros.

De même, en Angleterre, 30 % du café vendu est labellisé commerce équitable, contre 5 % seulement en France. Nous sommes donc en retard, mais d’autres pays sont plus à la traîne encore, comme l’Espagne où le label « Max Havelaar » vient tout juste de se constituer. Les ventes y sont dérisoires, à peine un dixième de celles réalisées en France.

Qui sont les Français qui achètent « commerce équitable »?

Tous sont attirés par l’exotisme et l’originalité des produits, mais ce ne sont pas forcément des « bobos ». Mais c’est vrai que le prix plus élevé de nos produits nous empêche de toucher les classes les plus populaires. Les acheteurs les plus aisés sont donc notre cible historique. Ils dépensent en moyenne 17 euros par an et par personne.

Mais les classes moyennes ne dépensent que 3 euros de moins : elles représentent l’avenir du commerce équitable en France. L’enjeu est de limiter l’écart entre les prix de produits du commerce équitable et ceux des produits classiques. Outre les économies d’échelle, la flambée actuelle des matières premières qui touche entre autres, le café et le riz, nous est favorable. Le commerce équitable n’est pas du tout pénalisé puisque les prix étaient déjà au-dessus de ceux du marché. Nous ne sommes donc pas obligés de les augmenter

Propos recueillis par David Even

MONDIALISATION et Méditerranée:la Tunisie et son économie.

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L’économie tunisienne, miracle ou mirage ?

 

Les échanges France/Tunisie:

La France reste le premier client de la Tunisie et son premier fournisseur, malgré l’effritement de sa part de marché. Et la Tunisie est le 23e partenaire de la France, devant le Maroc et l’Algérie.

En 2007, la valeur globale des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint un niveau record de près de 7 milliards d’euros (+ 14 % par rapport à 2006), au bénéfice de la Tunisie, pour la troisième année consécutive. La France a acheté à la Tunisie pour 3,8 milliards d’euros, mais n’a vendu que pour 3,2 milliards d’euros. La France se classe à la quatrième place des pays investisseurs en Tunisie (après la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Italie, qui investissent principalement dans le secteur énergétique). On compte deux fois plus d’entreprises françaises en Tunisie qu’au Maroc, et trois fois plus qu’en Algérie. Au total, la France a permis la création de plus de 100 000 emplois directs, ce qui la place au premier rang des employeurs étrangers en Tunisie, selon la Mission économique française à Tunis.

LE MONDE | 24.04.08

Autant la Tunisie a une image négative en matière de droits de l’homme, autant elle a bonne réputation dans le domaine économique. Le “pays du Jasmin” – où Nicolas Sarkozy se rend en visite officielle du 28 au 30 avril – est le bon élève des institutions multilatérales et de l’Occident : il honore ses dettes, est stable et rassure. Sans disposer des fabuleuses réserves en hydrocarbures de ses voisins, la Tunisie est un peu le modèle du Bassin méditerranéen. Un pays propre, doté d’infrastructures, éduqué, où les droits des femmes sont les plus avancés du monde arabo-musulman. La Tunisie est l’une des destinations favorites des Français. Ils sont chaque année 1 350 000 à aller y passer leurs vacances, pour peu cher, en toute sécurité. Pas de bidonvilles (tout juste quelques “gourbivilles” dus à l’exode rural), pas de misère criante.

Faute de pouvoir commercer avec ses voisins (l’Union du Maghreb arabe ne réussit pas à décoller), la Tunisie s’est tournée vers l’Union européenne, notamment dans le cadre de l’accord d’association qui a abouti, en janvier 2008, au libre-échange des biens industriels. “Nous avons la culture de l’export dans nos gènes depuis la Carthage phénicienne”, rappellent les Tunisiens en souriant. Les deux principaux moteurs de l’économie sont les exportations et la consommation des ménages. Les premières sont stimulées par les investissements étrangers dans le cadre du régime dit “offshore” pour les produits de la sous-traitance (les intrants et les exportations sont libres de droits et taxes). Ce secteur fournit des emplois à bas prix. La consommation est encouragée par les crédits, dont l’encours a doublé depuis 2004, avec pour conséquence un lourd endettement des ménages.

HAUSSE DES PRIX

La classe moyenne tunisienne est souvent considérée comme le facteur-clé de la croissance. Pourtant, les détracteurs du président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, assurent depuis des années que “la classe moyenne s’érode”.

Aperçu de l'image

“Faux”, répond le ministre du développement et de l’investissement extérieur, Mohamed Nouiri Jouini, pour qui, au contraire, elle ne cesse de croître et englobe aujourd’hui 80 % de la population active.

Si l’on entend par “classe moyenne” ceux qui possèdent leur logement, ils sont effectivement plus de 80 % à en faire partie. Si l’on prend en compte les revenus et le pouvoir d’achat, il y a un doute. “La classe moyenne s’amenuise, mais de façon imperceptible. Cela n’apparaît pas clairement pour deux raisons : les Tunisiens ont de plus en plus tendance à multiplier les petits emplois, quitte à avoir des journées de forçat, et ils vivent à crédit”, souligne Hacine Dimassi, professeur d’économie à l’université de Sousse. Pour lui, la classe moyenne est “laminée” non par l’impôt direct, mais par l’impôt sur la consommation. “On grignote les gens petit à petit. Ils sentent bien que leur pouvoir d’achat diminue, mais c’est flou”, note-t-il. Exemples : l’eau, le téléphone ou l’électricité, sur lesquels la TVA est de 16 % ; l’alimentation, qui a fait un bond de 10 % en un an. Ou encore l’essence, augmentée à la pompe à huit reprises en deux ans, soit de 40 %.

Pourtant, la Tunisie est un pays producteur d’or noir. L’exploitation de ses petits bassins pétroliers a longtemps été jugée trop coûteuse, mais la situation a changé avec la hausse vertigineuse du cours du baril et les recettes à l’exportation augmentent nettement depuis 2006. Dans l’immédiat, la Tunisie continue d’exporter tout son brut (qu’elle n’a pas la capacité de raffiner) et d’importer la totalité de sa consommation. Aussi la facture pétrolière reste-t-elle l’obsession des autorités.

“DIPLÔMÉS CHÔMEURS”

L’autre plaie de la Tunisie, c’est la question des “diplômés chômeurs”. S’ils sont dépourvus de relations, ces jeunes sortis de l’Université tunisienne se voient offrir, dans le meilleur des cas, un emploi dans les hôtels à touristes ou de standardiste dans les centres d’appels. Officiellement, le pourcentage de diplômés chômeurs est de 17 %. Il serait en fait beaucoup plus élevé.

Bien plus que les libertés bafouées, le chômage des jeunes exaspère la population, provoque rancoeurs et envies d’exil. A cela s’ajoute la médiocre qualité de l’enseignement dispensé dans le secondaire et le supérieur. “Nous avons gagné le pari de la quantité : 75 % des jeunes Tunisiens obtiennent aujourd’hui le bac. Il nous faut maintenant gagner celui de la qualité”, admet le ministre du développement. Une réforme destinée à réhabiliter la formation et l’enseignement professionnels a été engagée en 2007. Pour l’heure, la frustration est grande. Nombreux sont ceux qui se sentent écartés du “miracle” économique tunisien, dans lequel ils ne voient qu’un “mirage”. La réussite fulgurante des proches du président Ben Ali et de son épouse attise ressentiments et rumeurs. Pour les Tunisiens, il y a d’un côté une poignée de très riches qui bénéficient de la mondialisation et surtout du “système” Ben Ali, basé sur le clientélisme, comme l’a décrit l’universitaire Béatrice Hibou dans son livre La Force de l’obéissance (La Découverte, 2008). Et de l’autre côté, une masse de presque pauvres, condamnés aux bas salaires et à la “débrouille”. En réalité, le vrai problème en Tunisie n’est pas tant la création de richesse que la bonne répartition de cette richesse.

Florence Beaugé (Tunis, envoyée spéciale)

CHINE:un arrière pays toujours peu développé…

1-GEO/ECO, CHINE, POLLUTION Aucun commentaire CHINE •  Région pauvre cherche industrie polluante Les entreprises s’installent dans des régions économiquement déshéritées. Les autorités locales sont prêtes à les accueillir malgré les dangers liés à la pollution.
Une usine chimique dans la région de Jiangsu
DR

Selon le Jiangsu Jingji Bao et le Xinhua Ribao, la majorité des investisseurs participant à la récente réunion “Consultations sur les investissements dans le nord de la province du Jiangsu” étaient originaires du sud de la province, et une part importante des programmes qu’ils proposaient concernait des industries très polluantes comme la pétrochimie, la teinturerie ou la galvanoplastie. Ainsi, sur les dix-neuf activités que la ville de Taicang projette de transférer dans le nord de la province, la moitié présente un risque élevé de pollution. “Ce genre d’activités ne trouve plus de place dans le sud du Jiangsu du fait des différentes contraintes en matière d’environnement ou de coût des terrains”, a expliqué sans détour un industriel du sud de la province lors de la réunion.
Li Dihua, professeur à l’institut de l’environnement de l’université de Pékin, confirme la tendance des régions développées à transférer leurs productions et leurs industries fortement polluantes vers les régions les plus pauvres. Pour désigner ce phénomène, apparu de manière importante en Chine au cours des vingt dernières années, on parle de “délocalisation de la pollution”. Par exemple, dans les années 1980, des industries polluantes de Shanghai ont déménagé au sud du Jiangsu ; puis, depuis peu, avec le développement de la région et la hausse parallèle des seuils de tolérance environnementaux, les entreprises polluantes viennent peu à peu s’implanter dans des zones accusant un retard économique, comme le nord du Jiangsu et la province de l’Anhui.
Le principe de délocalisation de la pollution suit trois grands itinéraires : de la côte est vers l’ouest du pays ; des zones les plus développées vers les moins développées au sein de la même région ; enfin, des villes vers les campagnes. Selon une étude présidée par Cao Dong, chercheur à l’Institut des sciences environnementales de Chine, cette pratique s’est généralisée dans les grandes métropoles chinoises. Ainsi, à Pékin, la Commission du développement et des réformes pour la municipalité promet que, d’ici à 2008 [année où les Jeux olympiques auront lieu à Pékin], toutes les entreprises polluantes auront déménagé en zone rurale.
De nombreux environnementalistes estiment que l’aggravation du phénomène de délocalisation de la pollution est intimement liée au culte du PIB que l’on trouve chez certains hauts fonctionnaires locaux. Pour garantir une ascension rapide de cet indicateur, ceux-ci élaborent de nombreuses politiques dites “préférentielles” et ouvrent des “voies vertes” [allusion aux passages en douane sans formalités] destinées à attirer hommes d’affaires et capitaux. Parfois, ces mesures dérogatoires touchent également le domaine de l’environnement, et ces voies de passage vertes finissent par déboucher sur des points noirs. Un journaliste de Jingji Guancha Bao a relevé dans la ville de Qingyuan [province du Guangdong] un appel aux investissements formulé ainsi : “[Nous vous offrons] des seuils abaissés, des coûts diminués, de l’espace à volonté, des services de qualité !” Par “seuils”, il faut entendre seuils de pollution.

Une croissance à tout prix, sans penser à la nature

D’après une enquête réalisée par l’Administration d’Etat de protection de l’environnement (AEPE), les régions moins développées attendent beaucoup de la croissance économique, mais, en raison de la faiblesse de leurs infrastructures, elles ne peuvent participer au développement de produits de haute technologie, à forte valeur ajoutée et peu polluants. Elles sont donc réduites à accepter les activités que les régions développées ne veulent pas héberger.Certains fonctionnaires et chercheurs affirmaient à demi-mot ne pas avoir d’autre choix : comment se préoccuper de la protection de l’environnement quand on n’a pas de quoi se nourrir et se vêtir ! Selon Su Yang, chercheur pour le développement social au Centre de recherches sur le développement, la Chine se trouve encore à un stade intermédiaire d’industrialisation, où l’Ouest n’aurait que le droit d’effectuer les “besognes les plus sales”. A ce propos, Yang Dongping, le directeur adjoint de l’organisation non gouvernementale de protection de l’environnement Ziran zhi you [“Friends of Nature”, (http://www.fon.org.cn)], estime qu’une telle approche revient à “ramasser des graines de sésame en laissant les pastèques” [c’est-à-dire oublier l’essentiel].
La dégradation de l’environnement est irréversible : une fois qu’elle est avérée, il est souvent trop tard pour y remédier même avec de grosses sommes d’argent. En 2006, le Livre vert de l’environnement écrit par l’association met en exergue le cas typique de la gestion des pollutions extrêmement graves de la rivière Wei [qui se jette dans le fleuve Jaune] et du lac Dian [près de Kunming, au sud-ouest]. Au bout de dizaines d’années d’efforts et de dizaines de milliards de yuans [quelques milliards d’euros] investis, les résultats ne sont toujours pas probants. Une autre enquête réalisée par l’AEPE va dans le même sens. Si on ne prend en compte que les neuf provinces et régions de l’ouest du pays, les préjudices économiques directement engendrés par la dégradation de l’environnement atteignent 13 % du PIB de ces régions. Certains chercheurs soulignent combien le phénomène est lié au mode actuel de croissance économique en Chine, qui pose deux sortes de problèmes : celui d’une croissance extensive privilégiant les investissements d’échelle et celui du développement à tout va de l’industrie lourde par des localités qui ne s’interrogent pas sur l’opportunité de tels choix tellement elles se trouvent en concurrence les unes avec les autres pour attirer des activités économiques. Cette situation est amenée à être un sujet de préoccupation pendant encore de longues années. Li Yang
Zhongguo Xinwen Zhoukan (China Newsweek)

URBANISATION,PHENOMENE MONDIAL CROISSANT…

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par François Arnal publié dans : hgeofm    (( —-   extrait blog

La ville de demain

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Barcelone vue du haut de la Sagrada Familia

je vous recommande la lecture du numéro de Courrier International consacré à la ville de demain
n° 885 – 18 oct. 2007Métropoles en mouvement Editorial

Deux ou trois choses qui sont en train de changer sur le front urbain. D’abord, nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en ville : on estime que 80 % des Européens sont citadins et 50 % métropolitains. Ensuite, nous savons que les enjeux de demain, notamment écologiques, se situent surtout dans les grandes agglomérations. Enfin, bonne nouvelle, comme le montre l’exemple de New York ces dernières années, grande ville n’est pas toujours synonyme d’insécurité et de mauvaise santé…
Et Paris ? Comme le souligne The Independent, les vingt arrondissements parisiens, face à Londres ou à Madrid, sont ridicules avec leurs 2,1 millions d’habitants cloîtrés dans l’enceinte du périphérique. Il faudrait au moins intégrer une couronne de communes de banlieue, soit un ensemble de 6 millions d’habitants, pour créer un Grand Paris à la hauteur des défis qui s’annoncent.
Car nos vies quotidiennes se construisent (ou se brisent) à ce niveau, dans la grande ville. Qu’il s’agisse des transports, de l’emploi, des loisirs, des espaces verts, des aménagements fluviaux, de l’équilibre entre créativité et respect du patrimoine, les décisions des municipalités sont primordiales – plus encore que les lois votées par les Parlements nationaux ou européen.
En Europe et ailleurs, les responsables tentent de penser cet avenir complexe où la bonne échelle n’est plus la ville avec son centre et ses banlieues, mais la mégapole ou mégalopole.


Notre dossier, qui parcourt plusieurs continents en proposant des exemples précis, se veut d’abord une invitation à la réflexion.
 

source Courrier International -par François Arnal publié dans : hgeofm

RISQUES SANS FRONTIERES…

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Pollution sans frontières.

La pollution chinoise vient de l’Occident

Une grande partie du CO2 émis en Chine est due à la production de biens de consommation destinés aux Occidentaux. Une donnée à prendre en compte.
Pour comprendre l’impasse quand laquelle se trouve le débat sur le réchauffement climatique, il vous suffit de jeter un coup d’œil à votre baladeur numérique. La grande majorité des lecteurs MP3 vendus dans le monde sont fabriqués en Chine, où la principale source d’énergie est le charbon. Pour chaque lecteur MP3 fabriqué, environ 8,5 kilogrammes de dioxyde de carbone sont libérés dans l’atmosphère. Au­jourd’hui, ces baladeurs, tout comme des milliers de produits fabriqués dans les usines chinoises, soulèvent une question importante dans le débat sur le réchauffement. Il s’agit de savoir si le gouvernement ­chinois est responsable de la pollution lorsqu’un gadget est fabriqué en Chine par une entreprise américaine puis exporté et utilisé par des ­conso­mmateurs de Stockholm ou de São Paulo.

source  Courrier International d’après Jane Spencer Wall Street Journal


“Comme les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté, la Chine est le coupable idéal. Pourtant, la véritable responsabilité de la hausse des émissions chinoises incombe aux consommateurs des produits chinois en Europe, en Amérique du Nord et dans le reste du monde”, explique Andrew Simms, directeur des orientations à la New Economics Foundation, une organisation de défense de l’environnement implantée à Londres.

Le Bangladesh (source NASA)

Si les émissions de CO2 baissent aux Etats unis ou en Europe occidentale c’est grâce à l’externalisation de la production industrielle vers la Chine ou l’Inde.
Avec la mondialisation la notion de frontière vole en éclat non seulement parce ce que les économies sont interconnectées et que l’espace industriel est désormais planétaire et non plus national mais également parce que la pollution n’a plus de frontières.
Le nucléaire de Tchernobyl nous l’avait appris, le réchauffement global nous le confirme,  si la hausse des températures sera ponctuée en fonction des zones géographiques selon une logique fort complexe, l’élévation du niveau des océans sera mondiale…

par François Arnal publié dans : geofac

TAIWAN (FORMOSE),dernier territoire chinois non communiste,conteste Tchang Kaï-chek son conquerant nationaliste…

2-HISTOIRE, 22-H. CONTEMPORAINE, COMMUNISME Aucun commentaire

Adieu, Tchang Kaï-chek

 Le général Tchang Kaï-chek en visite à Taïpeh, en décembre 1961. AFP

Le général Tchang Kaï-chek en visite à Taïpeh, en décembre 1961.

LE MONDE | 22.03.08 

 (…)Une campagne de « détchangkaïchekisation » est en cours à Taïwan. Longtemps vénéré, le généralissime, ancien chef du Parti nationaliste (Kouomintang), chassé de Chine continentale par les forces communistes en 1949, et arrivé avec 2 millions de soldats affamés sur l’île, qu’il a dirigée d’une main de fer jusqu’à sa mort en 1975, serait en passe de devenir un vulgaire « tueur », un « assassin », dans le langage politiquement correct des jusqu’au-boutistes.

Du coup, le mémorial, construit spécifiquement pour lui rendre hommage, avec 89 marches par terrasse parce que Tchang est mort à 89 ans, a été rebaptisé en décembre « Hall mémorial national » pour la démocratie de Taïwan…  (…)

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Le Mémorial Chiang Kai-shek, à Taipei .
CNA

Avant, seuls les claquements de bottes de la relève de la garde, résonnant sur le marbre, venaient, à heures fixes, troubler le silence intimidant de l’endroit. Il en émanait une impression de grandeur et de majesté – ce qu’il est désormais convenu d’appeler la mégalomanie du dictateur. Jusqu’aux récentes transformations, le colossal Tchang Kaï-chek en bronze, souriant derrière sa moustache, les mains sur les genoux écartés à la manière des empereurs, le regard porté plein ouest vers sa Chine natale, emplissait l’espace de son autorité.La statue de 600 tonnes n’a pas bougé ; il aurait fallu la couper en morceaux pour la transporter…

Mais ont fait irruption des panneaux couverts de photos historiques, d’immenses bannières montrant les manifestations des années 1980 et 1990 dans Taïpeh réclamant la démocratie, ainsi que  (…)l’île Verte, située au sud-est de Taïwan. Car cette (…)île  a un lourd passif. C’est là que le Kouomintang envoyait les prisonniers politiques taïwanais pendant les sinistres années de « terreur blanche ».

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De fait, la relation de défiance, voire de haine, entre les Taïwanais et le Kouomintang remonte au massacre appelé aujourd’hui le « 2.2.8″ (pour le 28 février 1947) au cours duquel une altercation entre une vielle femme et un soldat du Kouomintang a dégénéré en une émeute générale. Plusieurs milliers de corps ont été retrouvés… « En 1947, Tchang Kaï-chek n’était même pas encore arrivé sur place », remarquent les uns. « Il est prouvé que c’est de lui que sont venus les ordres de répression sanglante », rétorquent les autres. Quoi qu’il en soit, la cohabitation à venir entre les Taïwanais et le Kouomintang « envahisseur » était bien mal amorcée…

D’autant que Tchang Kaï-chek a pendant longtemps traité Taïwan comme une simple base arrière provisoire, en attendant la reconquête du Continent. Toute opposition des Taïwanais au pouvoir absolu du Kouomintang de Tchang Kaï-chek fut systématiquement réprimée, la presse totalement contrôlée.

De tous les lieux débaptisés, le plus visible est l’aéroport international Tchang Kaï-chek, devenu l’aéroport de Taoyuan, du nom de la localité. « Pékin va adorer. On dirait à présent que c’est l’aéroport d’une ville chinoise parmi d’autres », commente, sceptique, un journaliste taïwanais (…Aujourd’hui,)rien n’indique ni le mausolée de Tchang Kaï-chek ni la maison qui abrite le tombeau de Tchang Ching-Kuo, le fils.

Ce dernier, qui fut aussi président (1977-1988), a également largement bafoué les droits de l’homme dans un premier temps, est finalement resté le président le plus populaire des Taïwanais pour sa fin de mandat : levée de la loi martiale, élargissement des élections, et miracle économique.

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Les dépouilles mortelles des deux hommes ne sont toujours pas enterrées. Car Tchang Kaï-chek, qui a toujours souhaité reconquérir la Chine continentale, aurait voulu être enterré sur le Continent, mais seulement une fois la réunification opérée(… )Malgré le vent hivernal, quelques promeneurs déambulent dans le cimetière de statues du généralissime, adjacent au mausolée de Tchang Kaï-chek. On le voit à cheval, debout, assis, en buste et en pied, jeune et vieillard… Les statues viennent des quatre coins de Taïwan, des bureaux de poste aux cours de récréation.  (…)

 Le chercheur français Jean-Pierre Cabestan (…estime  qu’il y a de la manoeuvre dans l’air): : « Des statues de Tchang Kaï-chek, on en jetait déjà à la pelle dans les années 1990 (… )Que le président relance tout cela maintenant, après huit ans aux commandes, c’est peu crédible… »En 1996 déjà, soit quatre ans avant l’arrivée au pouvoir de l’actuel président taïwanais indépendantiste, un grand parc de la capitale avait été rebaptisé le parc « 228″, en hommage aux victimes du massacre de 1947. Plusieurs monuments avaient été érigés et une commission d’indemnisation des familles des victimes avait été mise en place.

Au DPP, qui demande d’« arrêter de rendre hommage à un tyran et un assassin », le Kouomintang répond : « Et si Tchang Kaï-chek n’avait pas défendu Taïwan contre la révolution communiste, où en serait-on aujourd’hui de la démocratie taïwanaise ? » Cette querelle d’anciens n’intéresse (…pas) la jeunesse (…). Pour elle, la démocratie est un acquis, Tchang Kaï-chek est mort, et enterré ; ou presque.

(extraits article Florence de Changy)

La PAC (politique agricole commune):origines ,réussite…surproduction !

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L’agriculture européenne   ou la  surproduction subventionnée par la CEE.

De notre correspondant à Bruxelles (UE) JEAN QUATREMER

QUOTIDIEN : vendredi 14 mars 2008

En (…) mars 1968, les campagnes européennes s’agitent. Le mardi 12 mars, une manifestation de quelques centaines de paysans, venus surtout de Bretagne mais aussi de toute la CEE (1), déboule à Bruxelles. C’est la première fois que les agriculteurs font entendre leurs voix devant le Conseil des ministres de l’agriculture, qui siège à l’époque en plein centre de Bruxelles, au Palais des congrès (il déménagera vers le «Charlemagne», situé au cœur du quartier européen, le 1er janvier 1972). Ils ont compris qu’il ne servait à rien de crier leur colère dans leur pays d’origine alors que, désormais, les décisions agricoles se prennent dans la capitale européenne.(…)

Les agriculteurs sont venus protester contre la proposition du Néerlandais Sicco Mansholt,

 le commissaire chargé de l’Agriculture, qui veut diminuer le prix garanti du lait afin de lutter contre la surproduction.

                                                                                                                                  

  En effet, comme on est sûr de vendre à bon prix, la CEE rachetant les surplus, on produit sans se préoccuper des besoins du marché. La toute jeune politique agricole commune (PAC) est déjà victime de son succès : alors que l’Europe n’était pas autosuffisante sur le plan alimentaire au moment de la signature du traité de Rome, en mars 1957, elle enregistre en 1968 ses premiers excédents.

La PAC est une vraie invention française. Lors des négociations du traité de Rome, en 1956-1957, c’est Paris qui l’a exigée en contrepartie du marché commun. Pays encore largement agricole à la différence de l’Allemagne, son industrie vivote à l’abri de frontières douanières, et la zone de libre-échange industrielle européenne va contraindre les entreprises hexagonales à une douloureuse adaptation. La France veut donc valoriser son agriculture en exportant librement chez ses voisins. Ce qu’elle obtient. Mais le traité ne prévoit la mise en place totale de la PAC qu’à la fin d’une «période de transition», en 1970… Le général de Gaulle, de retour au pouvoir en 1958, ne l’entend pas de cette oreille : le marché commun sera industriel ET agricole, ou ne sera pas. Il est soutenu par la toute nouvelle Commission européenne, présidée par l’Allemand Walter Hallstein, qui voit là un moyen de mettre en œuvre une vraie politique fédérale.

Premier président de la Commission européenne, Walter Hallstein met en place le marché unique, la Politique agricole commune (PAC) et surmonte les crises institutionnelles des années 1960.

 

Les Six, réunis à Stresa (Italie) du 3 au 12 juillet 1958 avec les organisations professionnelles, ont arrêté les grands principes de la PAC que la Commission mettra en musique en juin 1960 : les produits agricoles circuleront librement au sein de la CEE, et des organisations communes de marché seront mises en place avec des prix unifiés et garantis, quelles que soient les variations des prix mondiaux. Cette «bulle agricole» sera protégée : comme les prix européens seront la plupart du temps supérieurs aux prix mondiaux, les importations seront taxées et les exportations aidées pour combler la différence de tarif.

Il faudra huit ans avant que la PAC ne couvre l’ensemble des produits agricoles. Finalement, le 1er juillet 1968, non seulement le marché agricole est achevé, mais pour la première fois le budget du Feoga (Fonds européen d’orientation et de garantie agricole, chargé de gérer l’argent destiné aux agriculteurs) dépasse le milliard d’«unités de compte», l’ancêtre de l’euro. Les résultats sont là : la productivité de l’agriculture a pratiquement doublé en dix ans, le revenu par agriculteur a augmenté même si l’exode rural s’est accéléré, les exportations ont explosé au point que Valéry Giscard d’Estaing parle de «pétrole vert». Surtout, «en 1968, les premiers excédents céréaliers et laitiers sont arrivés», se souvient Michel Jacquot, ancien directeur du Feoga (1987-1997) et qui, à l’époque, était l’assistant du directeur général de l’Agriculture. «Comme les prix garantis étaient élevés, plus on produisait, plus on gagnait d’argent, quelle que soit la qualité des produits.» Les montagnes de beurre, les lacs de lait et vin, les frigos communautaires débordant de viande, les silos gorgés de grain se profilent à l’horizon.

Le commissaire Sicco Mansholt propose donc en décembre 1968 de «casser la spirale d’augmentation des prix», comme l’explique Jacquot, en sortant de ce productivisme effréné. «Mansholt voulait une agriculture plus écologique, plus durable», affirme Philippe Lemaitre, qui fut le correspondant du Monde à Bruxelles de 1966 à 2000. Mais les paysans ne veulent pas entendre parler d’une remise en cause de cette «rente illimitée», selon l’expression de Lemaitre, même si, en réalité, elle ne profite qu’aux plus gros (80 % des aides vont à 20 % des agriculteurs) et surtout aux céréaliers, aux producteurs de lait et de sucre. En outre, après les événements de Mai, la France ne veut pas se mettre à dos ses agriculteurs, et elle freine des quatre fers. Le plan Mansholt déclenchera la colère des campagnes, une vraie colère bien violente : les 23 et 24 mars 1971, une manifestation à Bruxelles réunissant 50 000 paysans se soldera par un mort accidentel et plus de cent blessés.

En 1974, avec la nomination de Jacques Chirac au ministère de l’Agriculture, l’ami de la FNSEA qui n’hésite pas à se rendre à Bruxelles en compagnie des dirigeants du principal syndicat agricole, tout espoir de réforme est enterré pour longtemps.

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Il faudra attendre 1992 puis 2003 pour que les idées de Sicco Mansholt commencent à être appliquées et que la spirale productiviste soit brisée. La prochaine réforme, attendue pour 2013, s’annonce encore plus drastique. 1968 aura été l’année des occasions ratées pour l’agriculture européenne.

(1) La Communauté économique européenne compte alors six membres : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

Mondialisation financière:”Très, très grave pour tour le monde….”:vers un krack à la 1929 ?

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Daniel Cohen : ” le système ne pourra pas s’en tirer seul … LE MONDE | 18.03.08

Pourquoi assiste-t-on à une aggravation de la crise financière depuis deux jours ?

La cause immédiate en est le rachat par JPMorgan de la banque d’affaires Bear Stearns quasiment pour un “franc symbolique”. Personne n’imaginait que la situation était (aussi)grave (…et)cela met en lumière le fait que la Réserve fédérale américaine [Fed] n’a pas les outils adaptés pour faire face.

L'entrée du siège social de la banque Bear Stearns à New York.Getty Images

Après avoir été renflouée d’urgence, la banque d’investissement Bear Stearns a été rachetée par sa concurrente JP Morgan Chase pour environ 236 millions de dollars afin d’éviter sa faillite.

La crise s’est installée en trois temps.

1 (…)tout le monde a cru que l’affaire des “subprimes » américains avait déclenché une crise de liquidité.

2(…) derrière les notes “triple A” des agences de notation, on a découvert des actifs vraiment insolvables et des maquillages qui représentent autant d’escroqueries morales et financières(..L)es dégâts sont passés à 200 ou 300 milliards de dollars [127 ou 190 milliards d’euros] dans les comptes des établissements ayant acheté ces “subprimes”. La crise est devenue une crise de solvabilité.

3(.. ).l’ensemble du marché hypothécaire américain est maintenant touché, car les prêts à risque ne sont plus les seuls concernés:sous l’effet de la baisse des taux, les actifs avaient pris de la valeur et généré des plus-values immobilières, déclenchant un phénomène de bulle et de richesse qui poussait la consommation.Désormais le système américain fonctionne en sens inverse, c’est-à-dire que les ménages constatent que leur dette excède le prix de leur maison; ils rendent les clés à leur banque et stoppent leurs remboursements. Et le château de cartes s’effondre.

Une aversion au risque s’installe. Les banques ne se font plus confiance entre elles. Le coût du financement se durcit, parce que le crédit devient plus difficile à obtenir et non parce que les taux augmentent. La défiance engendre la défiance et le système financier s’installe dans un cercle vicieux.

Pourquoi les banques centrales ne sont-elles pas parvenues à l’éviter ?

Dans la phase un de la crise, elles ont injecté des liquidités. Dans la phase deux, la Fed a baissé ses taux, ce qui permet une recapitalisation des établissements, mais trop lente.

Voici que, comme lors de la crise de 1929, la Fed ressort des instruments non bancaires et s’autorise même à prendre en pension des actifs risqués!

Le président américain George W. Bush, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson (à gauche) et le président de la Fed, Ben Bernanke (à droite), lundi 17 mars 2008.AP/Gerald Herbert

le président de la Fed, Ben Bernanke (à droite).

En fait, la bonne solution consisterait à faire ce que l’on a fait en France avec le Crédit lyonnais. On a séparé le bon grain de l’ivraie, les vrais actifs des insolvables, avant de recapitaliser.

Mais il est inconcevable de recapitaliser la totalité du système financier malade : cela nécessiterait des sommes considérables.

Quelle thérapeutique serait efficace ?

Restaurer la solvabilité des ménages est inadapté et les banques centrales font la preuve qu’elles n’ont pas les moyens de traiter le problème(…Il faut que le G7 ait le culot de créer un fond public de réserve pour se porter au secours des établissements en difficulté.

Sinon, il faudra reconnaître que les seuls sauveurs possibles sont les fonds souverains et qu’on est passé à une nouvelle étape de la mondialisation qui ne concerne plus la libéralisation du textile par exemple, mais la libéralisation des liquidités. S’interdire de réfléchir à ces solutions atypiques conduirait à laisser la crise s’aggraver, car le système ne pourra s’en tirer seul.

A quelles réformes les banques doivent-elles s’astreindre pour éviter la répétition de cette crise ?

On savait depuis la crise de 1929 qu’il n’était pas une bonne chose que les banques d’affaires soient mariées avec les banques de dépôt. Les aléas des investissements à risque peuvent polluer les prêts aux entreprises et aux particuliers. N’est-il pas paradoxal de vivre aujourd’hui une crise financière, alors que l’économie réelle mondiale est en bonne santé ? Il faut donc sauver le système financier contre lui-même et revenir à une séparation entre banques d’affaires et banques de dépôt.

La possible baisse des taux de la Fed vous semble-t-elle inutile ?

Elle laisse entière la menace de stagflation qui pèse sur l’économie américaine. Car l’inflation par les cours des matières premières semble devoir se poursuivre, alors que le refroidissement est à l’œuvre.

Normalement, le ralentissement de l’économie des Etats-Unis devrait faire baisser ces produits de base. Si tel n’était pas le cas, cela prouverait que la banque centrale a perdu sa crédibilité auprès des marchés, et ce serait vraiment très, très grave pour tour le monde.

(extraits des propos recueillis par Alain Faujas)

STRUTHOF:un camp de concentration en ALSACE;

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LA VISITE DES TERMINALES AU CAMP DU STRUTHOF(Natzwiller)

Cliquer ici ——————)  PP Struthof

CHINE:la censure de la répression,Internet sous controle:les limites de la Mondialisation de l’information…

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La Chine censure YouTube sur la répression  au Tibet

LEMONDE.FR | 17.03.08 |

La Chine a beau être le pays comptant le plus grand nombre d’internautes – plus de 220 millions –, les autorités maintiennent un contrôle strict sur l’accès au Réseau. Une nouvelle preuve de ce quadrillage numérique a pu être constatée lors des manifestations réprimées au Tibet depuis le 14 mars. Sur le portail YouTube, des dizaines de vidéos montrant des affrontements, parfois très sanglants, à Lhassa, ont été retirées ou bloquées deux jours plus tard. Les internautes situés en Chine qui tentent d’accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches. D’autres importants portails vidéo locaux, comme 56.com, youku.com ou tudou.com, ne gardent plus trace des scènes qui se sont déroulées au Tibet.

Le gouvernement chinois, qui oblige les sites hébergés sur son territoire à surveiller leur contenu et a déjà bloqué par le passé l’accès aux sources diffusant des informations considérées comme délicates, n’a pas officiellement réagi. Si Pékin sait amoindrir la portée du Web, il sait également le laisser évoluer quand cela l’arrange. Au début des affrontements au Tibet, des messages d’internautes chinois, condamnant “les séparatistes” tibétains, se sont multipliés, notamment sur le principal portail chinois, Sina.com. Certains commentaires, rapportés par l’AFP, donnent une idée de l’ambiance sur la Toile chinoise : “Il n’y a qu’un seul mot pour ces séparatistes qui veulent nous empêcher de couler des jours heureux : tuer !”, écrit un internaute chinois. “Qu’on tue les séparatistes !”, lance un autre. Le blog Tenement Palm propose également des traductions en anglais de certains messages chinois glanés au gré de ses conversations sur Internet.

Seuls les médias officiels sont actuellement habilités à informer le public chinois sur la situation à Lhassa. Les télévisions ont diffusé au cours de ces deux derniers jours des images de manifestants tibétains attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. Aucune image ne témoigne d’une quelconque présence policière, pourtant déployée en force.

 Des militaires chinois dans une rue de Tongren, dans la province de Qinqhai, le 17 mars 2008. AP

L’armée chinoise s’est déployée dans des régions gagnées par les troubles. Lhassa, la capitale de ce territoire isolé de l’Himalaya, a été placée sous étroite surveillance policière, tout comme les enclaves tibétaines du Sichuan et de Gansu.

Sur le site de l’agence officielle de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, les articles sur la situation au Tibet évoquent tour à tour “un complot fomenté par des séparatistes” et la réouverture des écoles à Lhassa.

Un dernier bilan officiel chinois datant de lundi fait état de “treize morts brûlés ou poignardés à Lhassa”, ce qui viendrait appuyer les affirmations des autorités chinoises, qui assurent ne pas avoir fait usage d’armes à feu alors que de nombreux témoignages recueillis sur place l’évoquent. Le gouvernement tibétain en exil estime qu’au moins quatre-vingts personnes sont mortes.

Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines. AP/Soinam Norbu

Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines.

Interrogé par la chaîne qatarie Al-Jazira, Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l’université de Hongkong, estime qu’il est “indéniable que le gouvernement chinois a verrouillé l’accès à ce qu’il considère être des informations ou des vidéos sensibles”. “Nous comptons sur des touristes pour nous envoyer des informations”, explique-t-il. Le quotidien britannique The Guardian a fait partie des premiers sites d’informations à publier des photographies et des vidéos des affrontements à Lhassa. Le site de la BBC a mis en ligne des témoignages et des photographies de touristes présents dans la capitale tibétaine. Le site du Guardian serait également inaccessible actuellement en Chine, alors que la BBC est périodiquement censurée. Un discours du dalaï-lama y a notamment été bloqué.

Comme ce fut le cas en septembre 2007 lors des manifestations des bonzes en Birmanie, les médias occidentaux étaient absents lorsque les troubles ont commencé. Plus encore qu’à Rangoun, les journalistes étrangers ont eu du mal à se rendre au Tibet pour constater l’étendue des dégâts et le degré réel de violence. L’accès est en effet interdit aux médias étrangers, et seuls les journalistes ayant obtenu un permis spécial – qui n’est pas nécessaire pour visiter d’autres régions chinoises – ont pu s’y rendre avant lundi. Quant à ceux qui sont sur place, ils courent le risque d’être expulsés ; l’Association des journalistes de Hongkong a notamment fait état, lundi, de l’expulsion de six de ses journalistes présents à Lhassa.

Luc Vinogradoff

CHINE: Mondialisation contre Droits de l’Homme ?

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Pour les Etats-Unis, la Chine n’est plus parmi les Etats les plus répressifs !

LE MONDE | 12.03.08 (extraits)

Les Etats-Unis ont retiré, mardi 11 mars, la Chine de leur liste des « pires » Etats bafouant les droits de l’homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l’Erythrée(… A présent) Washington inscrit dix pays dans cette catégorie des « pires violateurs systématiques des droits de l’homme dans le monde » en 2007 : la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, l’Erythrée et le Soudan.

La Chine(…est désormais)qualifi(ée de ) « pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n’ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l’homme et les libertés fondamentales basiques ».

Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté « mauvais ». « Le gouvernement, écrit le rapport, a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi ». Toutefois (…)le gouvernement de Pékin a procédé à « plusieurs réformes importantes », notamment l’examen par le Parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort(…)

Sur cette deuxième liste de « pays autoritaires » figurent notamment le Venezuela, le Nigeria, la Thaïlande, le Kenya et l’Egypte. - (AFP.) 

Etat de siège au Tibet

LE MONDE | 15.03.08

C’était l’accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d’obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la “région autonome du Tibet” sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d’un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d’émeutes antichinoises.

émeutes à Lhassa

Forces de sécurité chinoises s'abritant derrière à Lhassa, le 14 mars 2008. REUTERS

marche de moines boudhistes au N/E du TibetLE GOUVERNEMENT EN EXIL AFFIRME QUE 80 PERSONNES ... La question tibétaine entache brutalement l’image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l’homme ?Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l’effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s’était déjà produit en début d’année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux – où il devait officier comme consultant artistique – en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.L’exaspération des Tibétains doit être grande pour qu’ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d’“inimaginable”, malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d’être salué.

Des centaines de Tibétains auraient trouvé la mort, selon le Parlement en exil

Des militaires chinois, dimanche à Lhassa, la capitale du Tibet (Reuters).

Pour sa part, l’entourage du dalaï-lama évoquait dimanche 80 victimes de la répression chinoise ces derniers jours. Le pouvoir à Pékin, lui, en reconnaissait à peine 13.

LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)

La partie, hélas, s’annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu’au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s’affranchir d’une vision paranoïaque de l’histoire. Ils sont convaincus que l’Occident conspire afin d’entraver l’essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd’hui renaissante. Il faut qu’ils comprennent qu’une puissance n’est grande que si ses minorités souhaitent l’intégrer sur une base volontaire, et non forcée.

A Lhassa, le 16 mars.

AFP/–

A Lhassa, le 16 mars.

La soudaine colère d’une population amère, d’ordinaire pacifique

LE MONDE | 15.03.08

À l’approche des Jeux olympiques (8-24 août) qui pourraient servir de prétexte aux adversaires de Pékin pour attirer l’attention sur les graves manquements aux droits de l’homme dont est accusée la Chine, on pouvait s’attendre à ce que le Tibet, l’un des maillons les plus faibles de la République populaire, saisisse cette opportunité. La plupart des Tibétains, dont le pays fut annexé en 1951 par la Chine après que l’armée populaire de “libération” eut “libéré” Lhassa un an plus tôt, ne se sont jamais totalement résignés à devenir chinois.

(…D)ans la population,(ceux qui ) n’ont jamais connu autre chose que le pouvoir de Pékin, ont bien dû s’accommoder de l’évidence. Le Tibet est chinois et risque fort de le rester. Mais le processus de colonisation, (…avec) la ligne de chemin de fer qui relie désormais Lhassa au reste de l’empire, a donné le sentiment aux Tibétains que, désormais, leur pays n’est plus qu’une terre de conquête économique – et touristique – pour le reste de la Chine.(…D’où) cette accumulation de frustration, “ce profond ressentiment” à l’égard des Chinois dont vient de parler le dalaï-lama, la cause de cette soudaine flambée de violence ? L(e…) pouvoir, relayé localement par des (…) tibétain(s…) a réussi, depuis une bonne dizaine d’années, à supprimer toute velleité de protestation. A la fin des années 1990, on entendait encore parler dans Lhassa d’incidents isolés(…) Depuis, l’ordre régnait.

Pékin accuse l(e…)dalaï-lama (…)en Inde, où siège son gouvernement d’exil, d’avoir fomenté les troubles. Ce dernier s’en défend.

Conférence de presse du dalaï lama, le 16 mars. AFP/MANAN VATSYAYANA 

le dalaï lama, le 16 mars.

(Cependant…)dans le nord de l’Inde, plusieurs centaines de Tibétains ont tenté d’organiser une marche symbolique vers leur patrie avant d’en être empêchés par la police. A Katmandou, au Népal, où réside également une importante communauté tibétaine, des activistes qui se dirigeaient vers l’ambassade de Chine ont affronté les forces de l’ordre.

Que les manifestations des moines de Lhassa(…) aient pu ou non avoir été plus ou moins planifiées ne change rien à l’affaire. Elles ont fourni le terreau où la colère rentrée d’une partie de la population, d’ordinaire pacifique, s’est aussitôt dirigée contre “l’ennemi” tout désigné : la population chinoise, qui forme sans nul doute aujourd’hui la majorité de la population de Lhassa.

Ce n’est pas une révolution. Rien qu’une révolte qui en dit long sur l’amertume des citoyens de cette “région autonome” qui porte bien mal son nom.

(extraits article Bruno Philip)

LES SUD(s)

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blog de collègue (Céline Martin)

trés bien fait,avec conseils por réussir sa « carte »!

Cartes et croquis
 

Croquis : la diversité des Suds

Légende du croquis : La diversité des Suds

A VOIR!

——-cliquer ici—-————) La Typologie des Suds

Mondialisation : les ventes d’armes aussi sont mondialisées…

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Un des plus grands trafiquants d’armes de la planète,Victor Bout, a été arrêté

Victor Bout lors de son arrestation à Bangkok.

Il est accusé d’avoir “vendu des armes et des explosifs aux rebelles colombiens” des FARC, selon la police thaïlandaise, qui l’a arrêté (…L’)agence de lutte contre le trafic de drogue aux Etats-Unis, a confirmé les chefs d’inculpation(…)

Selon des responsables de la DEA, des agents américains ont tendu un piège à V. Bout en se faisant passer pour des responsables des FARC à la recherche d’armes. (…) V.Bout devrait dans un premier temps être poursuivi en Thailande (…), avant d’être extradé “pour un procès (…), vraisemblablement les Etats-Unis”(…) Peu après son arrestation, le parquet de New York l’inculpait pour vente d’armes(..)La Russie, où il est soupçonné dans plusieurs affaires, pourrait également demander son extradition

Victor Bout lors de son arrestation à Bangkok, jeudi 6 mars.REUTERS/SUKREE SUKPLANG

D’origine tadjik, cet ancien officier de l’armée de l’air soviétique est soupconné d’avoir vendu des armes aux quatre coins du monde, approvisionnant notamment l’Alliance du Nord du commandant Massoud et les talibans en Afghanistan, les islamistes de Bosnie et de nombreux pays sous embargo de l’ONU, notamment la Sierra Leone, le Rwanda, le Congo, le Soudan et l’ensemble de la région des Grands Lacs. Possédant une des flottes de cargos privées les plus grandes au monde, il a successivement transféré la base de ses opérations d’Ostende en Belgique vers les Emirats de la péninsule arabe.

(…), Victor Bout a développé ses activités après l’effondrement de l’Union soviétique. “Aujourd’hui, Bout est virtuellement capable de transporter des tanks, des helicoptères et des armes à n’importe quel endroit du monde”(…)Plusieurs pays ont enquêté sur cet homme qui apparaît rarement en public, sans qu’il ait jamais été poursuivi pour trafic d’armes.

 En 2007, les journalistes Douglas Farah et Stephen Braun ont coécrit un livre sur Victor Bout intitulé Marchand de la mort(…) Bout aurait également inspiré le personnage interprété par Nicolas Cage dans le film d’Andrew Niccol Lord of War.

Mondialisation:l’impuissance de l’U.E.devant les « paradis fiscaux »…

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Les Européens ne parviennent pas à s’entendre sur la levée du secret bancaire

LE MONDE | 05.03.08 Bruxelles, bureau européen

Le scandale des fonds placés au Liechtenstein n’y fait rien : l’Autriche et le Luxembourg ont défendu bec et ongle leur secret bancaire, mardi 4 mars à Bruxelles, en refusant la refonte d’une directive sur l’épargne réclamée par une majorité d’Etats membres afin de lutter contre l’évasion fiscale. Les deux pays ont conditionné tout durcissement de la législation à un accord équivalent avec les paradis fiscaux, comme la Suisse et le Liechtenstein, nichés au cœur de l’Europe(…)

 Or la Suisse, le Liechtenstein, San Marin, Andorre et Monaco auront, de l’avis général, les plus grandes difficultés à accepter le moindre durcissement. En vigueur depuis le 1er juillet 2005, la directive sur la fiscalité de l’épargne prévoit en théorie un échange d’informations automatique d’un Etat membre à l’autre sur les comptes ouverts par des non-résidents au sein de l’Union.

Mais le Luxembourg, l’Autriche et la Belgique sont parvenus à protéger leur secret bancaire, en imposant une simple retenue à la source sur les placements d’épargne des non-résidents – soit 15 % des intérêts perçus jusqu’en juillet, 25 % ensuite, et 35 % en juillet 2011. Un dispositif repris sous la pression des Européens par les paradis fiscaux, mais qui, d’après Berlin, montre ses limites avec l’affaire de fraude vers le Liechtenstein.

(…)Une seule concession a été acceptée par les tenants du secret bancaire : la Commission européenne présentera dès la fin juin, et non pas à l’automne comme prévu initialement, une évaluation des trois premières années d’existence de la législation.

(…L)es services (de l’UE)ont identifié des pistes susceptibles de limiter les marges de manœuvre des éventuels fraudeurs. Il s’agit pour l’essentiel d’étendre le champ d’application du texte à de nouveaux types de placements financiers, comme les portefeuilles d’actions, les produits dérivés ou les fonds immobiliers, et non plus aux seuls comptes d’épargne. Bruxelles entend aussi « améliorer l’identification des bénéficiaires », en incluant dans la directive les fondations et autres sociétés anonymes, alors que la législation ne concerne à ce stade que les personnes individuelles.

Signe des temps, certains pays en général soucieux de défendre leur place financière se sont faits discrets mardi. La Belgique, qui pratique depuis juillet 2005 la retenue à la source, a confirmé son intention de passer d’ici à 2011 à l’échange automatique d’information dans le cadre de la directive actuelle(…) La Belgique souhaiterait conditionner tout progrès à l’achèvement d’autres chantiers fiscaux bloqués par plusieurs capitales, comme l’harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les sociétés. Le Royaume-Uni a aussi soutenu une révision de la législation à condition qu’elle systématise l’échange d’informations.

(…)D’après les diplomates, Berlin cherche surtout à profiter du débat pour « terroriser » les paradis fiscaux et les fraudeurs susceptibles d’y placer leurs économies(…)

(extraits article Philippe Ricard)

Detestables paradis européens…

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1268

Quelqu’un pourra-t-il expliquer un jour comment le très joli mot persan de pairi daiza signifiant jardin clôturé (paradiso en vieux perse) et qui désigne le lieu où les êtres humains sont récompensés de leurs vertus, en soit devenu à dénommer l’une des plaies de notre monde moderne : le paradis fiscal.

Les paradis fiscaux en Europe

Roger Brunet a déjà tout dit sur ces paradis dans un Atlas [1] qui n’a pas pris une ride sur le fond, même si leur géographie a évolué. Un paradis fiscal et judiciaire est fondé sur le secret bancaire. Il offre des impôts très bas, une grande facilité pour créer des sociétés et ouvrir des comptes bancaires, une stabilité politique. Le Liechtenstein, Andorre et Monaco sont régulièrement épinglés par l’OCDE pour ne pas coopérer avec les systèmes judiciaires voisins. Ce qui est détestable est de voir des circuits financiers utilisés par des entreprises ou des particuliers qui sont les mêmes que ceux empruntés par des hommes politiques corrompus, des terroristes, des mafieux.

L’affaire du Lichtenstein a relancé l’offensive de l’Union européenne contre ces places et montré, à quelques semaines d’un autre scandale à la Société générale, la difficulté à organiser dans le monde actuel la circulation de l’argent et à en contrôler la géographie. L’Union européenne est infestée de ces places douteuses qui ne sont pas que des micro-Etats, mais des pays aussi « respectables » que la Belgique, l’Autriche, la Suisse ou le Luxembourg.

La taille et la position de ces petits pays militent en faveur d’une ressource rare pour attirer les capitaux : la défiscalisation. C’est elle qui pousse les particuliers et les entreprises à mettre en concurrence les places financières. Les multinationales choisissent ainsi de régler leurs impôts au gré des filiales installées dans des pays à fiscalité favorable. La fraude, elle, est une manière de tromper le fisc en sous-évaluant ses revenus. Quatorze ans de négociations ont été nécessaires pour que la majorité des Etats européens échangent leurs informations sur les revenus de l’épargne des non-résidents mais certains Etats refusent de lever le secret bancaire.

Selon le Fonds monétaire international, il y aurait dans le monde une soixantaine de paradis fiscaux, dont plus du tiers en Europe. Et trois fois plus que dans les années 1970. Plus de sept milliards d’euros d’actifs seraient domiciliés dans les paradis fiscaux, représentant 3% du PIB mondial. Il faut ajouter des revenus d’activités illégales, de la criminalité organisée. Mais la plus grande partie vient de la fraude fiscale qui fait défaut dans les pays tiers. La taxation des fortunes non déclarées, selon Tax Justice Network, atteindrait 170 milliards d’euros par an. Pour la France, selon le Syndicat national unifié des impôts, plus de 1200 condamnations ont été prononcées au pénal et 4600 redressements effectués à l’international en 2007 pour 1 milliard d’euros. Entre ce qui est détecté et la fraude réelle, il faut imaginer selon le fisc français, une évasion de 40 à 50 milliards d’euros, un peu plus que le déficit budgétaire actuel.

Un bilan sombre qui révèle une géographie plus que jamais opaque d’une égalité pourtant inscrite dans les idéaux politiques démocratiques.

Gilles Fumey

Mondialisation et placements financiers:les fonds souverains,des capitaux et des moyens d’action énormes.

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Fonds souverains : prédateurs ou sauveurs ?

LE MONDE | 16.01.08
La planète compte près de quarante “fonds souverains”. Ce terme abscons et un peu inquiétant se réfère à des investisseurs étatiques hétéroclites dont la puissance financière est estimée à plus de 3 000 milliards de dollars (2 035 milliards d’euros). C’est l’équivalent du PIB de la France et assez pour racheter toutes les entreprises du CAC 40. Les plus puissants sont issus des pays émergents d’Asie et du Moyen-Orient. Mêlant intérêts politiques et économiques, ces fonds suscitent l’inquiétude en Occident.

Qu’est-ce qu’un fonds souverain ? Il s’agit de fonds d’investissement dont les revenus sont propriété de l’Etat. Leur objectif est de faire fructifier des excédents budgétaires, dopés par les revenus pétroliers (Norvège, pays du Golfe, etc.) ou par les excédents commerciaux (Chine). Ils prennent la forme d’entités dédiées, comme le fonds ADIA d’Abu Dhabi, la China Investment Corp. (CIC) en Chine, ou d’entreprises étatiques, comme Dubaï Holding.Leur existence ne date pas d’hier. Le premier fonds a été créé au Koweït dans les années 1950, celui de Singapour (Temasek) dans les années 1970. Mais l’explosion de leurs revenus, concomitante à l’envolée des prix des matières premières, les a mis sur le devant de la scène mondiale.

Où investissent-ils ? Les fonds souverains “font leur shopping” dans les grands groupes internationaux. Ils multiplient les participations directes dans des groupes emblématiques : du distributeur britannique Sainsbury (Qatar), au Nasdaq (Dubaï), la Bourse électronique de New York, en passant par la banque américaine Morgan Stanley (Chine) ou l’écurie de formule 1 McLaren (Bahreïn).

Ce phénomène est récent. Jusqu’à présent, les Etats investissaient dans des produits sans risque, comme des bons du Trésor américains. Mais “la nouvelle génération de leurs gérants, formée à la City ou à Wall Street, s’est familiarisée avec des techniques financières sophistiquées”, note Julien Faye, associé pour le cabinet de conseil Bain à Dubaï. Les fonds ont développé des stratégies plus agressives. Mumtalakat, au Bahreïn, promet ainsi un rendement supérieur à 15 % par an et utilise “l’effet de levier”, empruntant massivement pour doper ses rendements.

A quoi sert leur argent ? Aux Emirats arabes unis, où le revenu par habitant dépasse 41 700 dollars, “on sait que la richesse ne durera pas”, confie Ashraf Hambi Fouad, chez Mubadàla à Abu Dhabi. Les fonds préparent ainsi activement l’après-pétrole, faisant fructifier la manne pour la faire durer. Ils visent aussi à diversifier les sources de revenus et à développer l’industrie locale. CIC, le fonds de Pékin, devrait ainsi consacrer les deux tiers de ses 200 milliards de dollars au financement d’entreprises chinoises.

Faut-il les craindre ? Le flou qui les entoure fait redouter des ambitions plus politiques (espionnage industriel ou contrôle d’industries stratégiques) qu’économiques. Début 2006, l’entrée au capital de Dubaï Ports World dans les activités portuaires aux Etats-Unis a suscité une vive polémique. Et depuis, les réflexes protectionnistes se sont accentués.

L’Allemagne étudie un dispositif pour préserver ses industries-clés, soutenue par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. En octobre 2007, le G7 a mandaté le Fonds monétaire international (FMI) pour définir un code de conduite et obliger ces investisseurs à plus de transparence.

Début janvier, Nicolas Sarkozy a assuré que la France assumerait “le choix politique, stratégique, de protéger ses entreprises”. Mais avec une croissance en berne, le discours change : la France est “ouverte aux fonds souverains”, si leurs intentions sont “sans ambiguïté” et leur gouvernance “transparente”, vient de se raviser M. Sarkozy, lors de son passage à Riyad.

Claire Gatinois (Dubaï, Bahreïn, Abu Dhabi, envoyée spéciale)

Mondialisation:l’Asie à la conquête de l’informatique du “Nord”,avec d’ ex-NPI sont en pleine forme!

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Le Taïwanais Acer annonce le rachat de Gateway et devient le troisième fabricant mondial de PC

En rachetant Packard-Bell, Acer deviendra numéro trois aux Etats-Unis avec 12 % du marché.AP

En rachetant Packard-Bell, Acer deviendra numéro trois aux Etats-Unis avec 12 % du marché.

LE MONDE | 27.02.08

Le constructeur informatique taïwanais Acer a annoncé, lundi 27 août, l’acquisition amicale de l’américain Gateway. Il passe ainsi devant le chinois Lenovo et se hisse à la 3e place mondiale des fabricants d’ordinateurs dans le monde.
Dans un communiqué, Acer et Gateway annoncent que la firme californienne est valorisée à environ 710 millions de dollars (520 millions d’euros), soit 1,90 dollar par action – une prime de 57 % sur sa dernière cotation de vendredi 24 août. Les conseils d’administration des deux entreprises ont approuvé la fusion, qui devrait être effective en décembre, après l’approbation des autorités de régulation américaine et taïwanaise.

Combinés, les deux groupes représenteraient un chiffre d’affaires de plus de 15 milliards de dollars (11 milliards d’euros), pour une production d’environ 20 millions d’ordinateurs par an, selon le communiqué. Le nom “Gateway”, très connu aux Etats-Unis, devrait être conservé, pour former une entité multimarque, selon le président d’Acer, J.T. Wang.L’acquisition de Gateway, marque icône de l’informatique américain des années 1990, par Acer met en lumière l’expansion remarquable du taïwanais, qui est déjà devenu l’une des marques les plus connues en Asie. Elle lui permet aussi de mettre un pied sur le marché américain, en s’offrant le troisième fabricant d’ordinateurs des Etats-Unis, derrière Hewlett-Packard et Dell, les deux leaders mondiaux. “Notre complémentarité géographique et de produits fait d’Acer un excellent partenaire pour Gateway, qui nous pousse à accepter cette offre”, a déclaré Ed Coleman, le PDG de Gateway.

PERCÉE SUR LE MARCHÉ GRAND PUBLIC

Cette fusion devrait aussi relancer la guerre des acquisitions dans le secteur informatique. Le chinois Lenovo, devenu le troisième constructeur mondial en 2005 en rachetant la division PC d’IBM, se fait non seulement dépasser par Acer, mais pourrait aussi se faire ravir une proie de choix, le néerlandais Packard Bell, numéro 3 en Europe.

Le groupe chinois avait en effet annoncé le 8 août son intention de racheter le fabricant de PC hollandais, avec qui il était en pourparlers. Mais dans un communiqué, publié lundi 27 août, juste avant l’annonce de son rachat par Acer, Gateway a indiqué qu’il entendait utiliser le droit de préemption qu’il détient sur le capital de Packard Bell. Ce droit a été obtenu en mai 2006 en contrepartie d’un accord de non-concurrence entre les deux sociétés.

Packard Bell avait jusqu’à maintenant nié toute discussion avec Acer. En mettant la main à la fois sur Gateway et Packard Bell, Acer se renforce significativement aux Etats-Unis et en Europe, où son concurrent Lenovo est peu implanté.

Fondé en 1976, Acer s’est montré “très offensif depuis deux ans et a fait une percée sur le marché grand public, avec une croissance extrêmement forte en Europe”, explique Bertrand Huck, analyste chez Gfk. Acer a notamment profité de l’essor des ordinateurs portables, son point fort.

Mais la réussite de l’offre du groupe taïwanais n’est pas encore assurée. A la Bourse de Taïpeh, Acer perdait 6,9 % mardi, certains analystes jugeant son offre sur Gateway surévaluée. Ce dernier bondissait en revanche de 49 % au New York Stock Exchange, à 1,80 dollar.

Michel Rose

Mondialisation,écologie et developpement :le Brésil et la déforestation de l’Amazonie.

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Amazonie brésilienne : la déforestation s’aggrave

CHIFFRES

SUPERFICIE.
L’Amazonie brésilienne couvre 5 millions de km2 (répartis sur 9 Etats), dont 100 000 km2 de réserves indiennes, 200 000 km2 de zones pour l’exploitation durable et 1,9 million dekm2 de forêt publique.
POPULATION.
22 millions d’habitants y vivent, dont 480 000 Indiens répartis en 220 tribus.
DESTRUCTION.
En trente ans, 17 % de la végétation originale ont disparu, soit 700 000 km2. En 2007, quelque 22 000 foyers d’incendie (brûlis) ont été signalés. Chaque km2 de forêt détruit produit 22 000 tonnes de CO2.

En baisse depuis 2004, la déforestation a repris au Brésil depuis août 2007, en dépit des mesures adoptées. | SILVESTER Hans

SILVESTER Hans

En baisse depuis 2004, la déforestation a repris au Brésil depuis août 2007, en dépit des mesures adoptées.

Le MONDE | 29.02.08

Officiellement, l’objectif du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, est de parvenir à une “déforestation zéro” en Amazonie. Mais le Brésil en est très loin. Les destructions ont repris de plus belle entre août et décembre 2007. Quelque 7 000 km2 de forêts ont alors été rasés, a constaté en janvier l’Institut national de recherches spatiales (INPE) sur ses relevés satellites, pour faire place au soja, au bétail et à la canne à sucre.

Au total, le déboisement entre août 2007 et juillet 2008 pourrait augmenter de 34 %, alors que les autorités brésiliennes se vantaient à la conférence sur le climat à Bali, en décembre 2007, d’avoir jugulé le phénomène, les chiffres montrant depuis trois ans un recul des destructions.Le président Lula da Silva a réclamé des mesures urgentes pour inverser la tendance. Aussi la police fédérale a-t-elle lancé, le 26 février, une vaste opération avec 300 hommes, qui seront un millier début avril, pour combattre le déboisement illégal dans les Etats du Para, du Mato Grosso et du Rondonia, les plus concernés.

Pas moins de treize ministres sont responsables de la lutte contre la déforestation en Amazonie, mais ils ne parlent pas tous le même langage. Le gouvernement est écartelé entre deux défis : préserver la forêt tropicale et favoriser la croissance économique.

Deux femmes incarnent ce dilemme au sommet. Marina Silva, ministre de l’environnement, enfant de l’Amazonie, est auréolée de son passé aux côtés du militant assassiné Chico Mendes. Mais elle a souvent cédé aux pressions. Elle a ainsi autorisé la construction de deux centrales électriques sur le Madeira, un affluent de l’Amazone. L’autre est Dilma Rousseff, chef de cabinet du président Lula, responsable du Plan d’accélération de la croissance, élaboré pour multiplier les infrastructures à travers le pays, notamment en Amazonie, où fourmillent des projets de routes, ports et usines hydroélectriques.

Après le sombre record entre août 2003 et juillet 2004, où 27 429 km2 de bois étaient partis en fumée, Marina Silva a réorganisé la surveillance par satellite, mais sans moyens ni personnel. “Les amendes infligées par l’Etat sont ridiculement basses et le déboisement se poursuivra”, prédit l’un des directeurs de Greenpeace-Brésil, Sergio Leitao. Selon lui, seulement 2 % des contraventions sont payées par les destructeurs.

100 000 KM DE VOIES CLANDESTINES

“Les autorités conçoivent le développement de l’Amazonie sur un modèle des années 1950″, critique Sergio Abranches, sociologue spécialiste en écologie politique. Il cite en exemple les routes conçues pour évacuer les denrées agricoles, la BR 163 Cuiaba-Santarem, à moitié asphaltée, et celle à l’étude entre Porto Velho et Manaus.

Les relevés cartographiques prouvent que le goudron se transforme en boulevard de déboisement pour les trafiquants de bois, orpailleurs, aventuriers et agriculteurs. Quelque 100 000 km de chemins clandestins existeraient déjà.

Marina Silva encourage des activités d’“exploitation durable” dans des zones baptisées “unités de conservation”, et une gestion surveillée des forêts publiques, qui couvrent 40 % de la surface forestière. Ainsi les 2 200 km2 de forêt à Jamari (Rondonia) seront bientôt cédés à des concessionnaires privés pour une “exploitation propre”. Un début.

Neuf organisations non gouvernementales (ONG) brésiliennes et internationales ont élaboré un ambitieux Pacte pour la valorisation de l’Amazonie, afin d’éradiquer la déforestation d’ici à 2015. “Il faut valoriser l’entretien de la forêt sur pied et rémunérer ceux qui la protègent”, plaide Adriana Ramos, de l’ONG Instituto Socioambiental, signataire du pacte.

Le Brésil veut démontrer qu’il se préoccupe de l’Amazonie de crainte d’une internationalisation de la gestion de la plus grande forêt tropicale de la planète, dont la déforestation, par brûlis, contribue à l’émission de gaz à effet de serre. Dans son ouvrage Brésil, le capital naturel (non traduit en français), l’agronome brésilien Mauro Victor se dit convaincu que “si le Brésil ne freine pas la destruction de l’Amazonie par conviction, il y sera contraint par des pressions extérieures, d’abord économiques et commerciales, puis politiques, voire militaires”.

Les élections municipales sont prévues en octobre. La ministre de l’environnement craint que des maires d’Amazonie ferment les yeux, cette année, sur les destructions illégales perpétrées par leurs électeurs.

Annie Gasnier (Rio de Janeiro, correspondance)

Mondialisation:un Monde multipolaire où la Chine affirme son statut de grande puissance.

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La Chine annonce une forte augmentation de ses dépenses militaires

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.08

Dans le cadre de son programme de modernisation des forces armées, la Chine prévoit d’accroître son budget militaire de 17,6 % en 2008. Le nouveau budget des forces chinoises atteindra 417,769 milliards de yuans, soit 38,7 milliards d’euros, a indiqué, mardi 4 mars, le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire Jiang Enzhu, à la veille de l’ouverture de la réunion annuelle du Parlement. Selon le responsable chinois, la hausse budgétaire est majoritairement destinée à augmenter la solde des militaires et à améliorer l’entraînement des officiers, ainsi qu’à remettre à niveau les équipements.

Depuis plus d’une décennie, les dépenses dans le domaine de la défense connaissent une croissance à deux chiffres, souvent présentée comme un rattrapage par rapport aux années 1970 et 1980. En 2007, la hausse a été de 17,8 %, la plus élevée en dix ans. Le porte-parole chinois a toutefois souligné que l’augmentation de ce budget est à mettre en rapport avec la croissance économique. “La construction de l’armée chinoise est en adéquation avec le développement de l’économie et de la société”, a-t-il déclaré, précisant également que les dépenses militaires augmentent aussi moins vite que les recettes publiques.

SCEPTICISME DES ÉTATS-UNIS

La Chine estime enfin que, dans ce domaine, son budget reste “inférieur à celui d’autres pays, en particulier certaines grandes puissances”. De fait, en février, le président américain George W. Bush a proposé pour l’exercice 2009 un budget militaire de 606,4 milliards de dollars, soit 400 milliards d’euros, une hausse de 7,5 % par rapport à celui approuvé par le Congrès pour 2008.

Les estimations officielles des dépenses militaires chinoises ont été accueillies avec scepticisme à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Dans son dernier rapport, le Pentagone s’interroge ainsi sur “les risques pour la stabilité” découlant du “manque de transparence” de la Chine. Le gouvernement américain estime que l’expansion militaire chinoise prépare une éventuelle crise avec Taïwan, et n’écarte pas non plus la possibilité que “Pékin développe des capacités pour d’autres circonstances comme des conflits sur des ressources ou des territoires disputés”.

Dans un communiqué officiel, le Japon voisin a également réagi en appelant la Chine à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale. “Le ministère [de la défense] continuera à œuvrer pour que la Chine renforce la transparence sur la force de son armée”, font savoir les responsables japonais.

Mondialisation:avec le développement de l’inflation,la Chine restera-t-elle longtemps compétitive ?

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L’inflation chinoise devient une menace

LE MONDE | 03.03.08

L’annonce par la province chinoise du Guangdong d’une hausse de 13 % du salaire minimum est un signe inquiétant. La banque américaine Citigroup estime pour sa part qu’il augmentera globalement de 21 % en moyenne en Chine en 2008.

Une telle progression va certainement affecter le niveau de l’inflation dans le monde. Ce mouvement de hausse du salaire minimum est la conséquence des pressions qui s’exercent sur l’ensemble de l’échelle des rémunérations en Chine. Pendant des décennies, la production de produits manufacturés à bas prix dans ce pays a été un élément clé de désinflation dans le monde. L’actuelle envolée des coûts pousse les prix planétaires dans l’autre direction.

En gros, l’augmentation, en dollar, des produits chinois devrait correspondre à la hausse des salaires moins les gains de productivité, augmentée des accroissements de coûts autres que ceux du travail (énergie, immobilier, capital…) et de la progression du yuan face au dollar. Or, même en Chine, il est peu probable que la productivité du travail dans les usines augmente de plus de 10 % par an. Donc, si les salaires progressent de 21 %, le coût du travail augmentera de 11 %. En faisant une moyenne avec la hausse des coûts non salariaux (+ 7 % aujourd’hui en Chine), cela donne une hausse des prix de 9 % qui correspond à 18 % d’inflation en dollar si on considère que le yuan va s’apprécier, cette année comme en 2007, de 9 % face au billet vert.

Dans le passé, la hausse des prix pouvait être réduite en transférant la production à l’intérieur du territoire chinois, c’est-à-dire dans les zones rurales. Mais, dans ces régions désormais, le salaire minimum connaît des hausses atteignant parfois les 50 %, même au Tibet. Pour les fabricants, il n’y a plus d’eldorado salarial en Chine. Transférer la production au Vietnam n’est pas non plus une solution : l’inflation y était de 15,7 % en rythme annuel en février et la monnaie locale, le dong, s’apprécie aussi contre la devise américaine.

Comme la Chine représente 16 % des importations américaines, une augmentation de 18 % en dollar des produits chinois va ajouter 2,9 % d’inflation aux biens importés – une hausse des prix qui, pour l’essentiel, exclut l’énergie et l’alimentation. D’ailleurs, les prix à l’importation aux Etats-Unis étaient déjà en hausse de 13,7 % en janvier par rapport au même mois de 2007.

Martin Hutchinson

Chine:un pays émergent qui s’impose de plus en plus comme un gagnant de la Mondialisation.

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Les constructeurs automobiles chinois débarquent en Europe

Une voiture du constructeur automobile chinois BYD présent au 78e salon de Genève. AFP/FABRICE COFFRINI

Une voiture du constructeur automobile chinois BYD présent au 78e salon de Genève.

LE MONDE | 05.03.08 GENÈVE ENVOYÉE SPÉCIALE

Les constructeurs chinois sont restés étonnamment discrets au Salon de l’automobile de Genève qui ouvre ses portes au grand public jeudi 6 mars. Seuls deux constructeurs étaient présents, Brilliance et BYD (prononcez bi why di). Et pourtant, le lancement d’un véhicule chinois en France serait imminent.

« L’arrivée des voitures chinoises en Europe ne me surprend pas. Il est normal que des constructeurs tentent de s’implanter sur des marchés matures », estime Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan. Avec 8 millions de véhicules en 2007 et 10 millions en 2008, la Chine est désormais le deuxième marché mondial derrière les Etats-Unis. Mais ses exportations restent encore très modestes, 300 000 voitures particulières, essentiellement vers le Kazakhstan, l’Iran ou encore l’Algérie et le Vietnam.Grand absent du Salon de Genève, le constructeur Shuanghuan pourrait bien être le premier à vendre un de ses modèles, le 4 × 4 CEO, si l’on en croit China Automobile France, son distributeur officiel.

En juillet 2007, il a reçu son homologation européenne, le sésame pour vendre des véhicules. Son prix sera d’environ 25 900 euros. Ce véhicule avait défrayé la chronique en septembre 2007 lors du Salon automobile de Francfort. Avant de la Toyota Land Cruiser, calandre et bouclier du Honda CRV, profil et feux arrière du 4 × 4 X5 de BMW et planche de bord de la Lexus GX 470, voilà à quoi ressemble ce 4 × 4 ! BMW avait porté plainte pour faire interdire la vente du CEO en Allemagne.

China Automobile, qui se défend de toute contrefaçon, espère faire homologuer aussi l’UFO de Jonway qui ressemble beaucoup au Rav 4 de Toyota… Les prévisions du distributeur restent modestes : il vise 3 000 ventes en année pleine. « Comparé à 16 millions de véhicules en Europe, ça reste effectivement très marginal », souligne Rémi Cornubert, directeur associé chez Oliver Wyman.

Une fois l’homologation obtenue, sans doute d’ici fin 2008, la marque Brilliance, représentée par Asie Auto, proposera sur le marché français quatre berlines (BC3, BS2, BS4 et BS6). « Nous voulons surtout mettre l’accent sur la BS4. Elle sera vendue entre 16 000 et 18 000 euros », indique Elisabeth Young, présidente d’Asie Auto. Le prix de la BS2, une petite citadine, devrait tourner autour des 12 000 euros et celui de la BS6 entre 18 000 et 19 000 euros.

« TOUT DEVRAIT ALLER PLUS VITE »

D’ici la fin du premier semestre, Asie Auto devrait lancer le 4 × 4 Xpedition de Landwind pour un prix de 15 900 euros. Mme Young, qui souhaite distribuer quatre ou cinq marques d’ici à 2012, ne veut pas connaître les déboires de Brilliance et Landwind lancés aux Pays-Bas et dont la commercialisation avait dû être stoppée pour cause de sécurité médiocre.

Car pour attirer des clients, les prix, environ 20 % moins cher que ceux pratiqués par les autres constructeurs ne suffiront pas. La sécurité est l’enjeu majeur des voitures chinoises. D’autant que de nombreux scandales ont éclaté ces derniers mois. Le premier crash test Euro Ncap réalisé sur la Brilliance BS6, en octobre 2007, s’était révélé catastrophique. A 64 kilomètres heure, le véhicule n’avait pas résisté au choc. En cas d’accident, les passagers n’auraient sans doute pas survécu. A la suite de ce test, la BS6 avait été retirée du marché belge. « Le constructeur a fait 60 modifications sur le châssis », affirme Mme Young. Aucun véhicule ne sera commercialisé sans avoir obtenu au moins trois étoiles.

Une fois sur le marché, les constructeurs chinois devront aussi s’appuyer sur un réseau solide afin de rassurer le client en cas de problème. Asie Auto s’appuie sur l’ex-réseau de MG Rover de 140 points de vente.

Face à cette nouvelle concurrence, les grands constructeurs mondiaux restent sereins, même s’ils ne sous-estiment pas la capacité des constructeurs chinois à s’inspirer de l’expérience des Japonais et des Coréens. « Ces derniers ont mis dix ans à pénétrer le marché américain et européen, rappelle M. Cornubert. A court terme, je ne les vois pas prendre une part de marché significative. En revanche, sur cinq à dix ans, c’est une vraie menace. »

Serein, Dieter Zetsche, président du directoire de Mercedes, estime qu’il leur faudra des décennies pour jouer un rôle sur le haut de gamme. En revanche, sur les plus petits véhicules, à fort volume, « tout devrait aller plus vite », concède-t-il.

Nathalie Brafman

Chine:un exode rural en plein developpement,un pouvoir qui l’utilise.

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En Chine, le pouvoir affiche sa sollicitude à l’égard des migrants

LE MONDE | 05.03.08 PÉKIN CORRESPONDANT
Ils sont 200 millions en Chine et représentent une grande partie de la force de travail qui ne cesse de faire pousser les gratte-ciel et élargir les villes de l’empire : les travailleurs migrants, paysans chassés des campagnes par une pauvreté endémique, classe sociale souvent misérable, sous-payée et parfois dépourvue des droits dont jouissent les autres citoyens, viennent de faire leur entrée à l’Assemblée nationale populaire (ANP).

Aux côtés des 3 000 délégués, trois de ces “mingong” (min pour nongmin, paysan et gong pour gongren, ouvrier) se sont assis, mercredi 5 mars, à l’ouverture de la session annuelle du “Parlement”, sur les bancs de l’immense salle du Grand Palais du peuple de Pékin.

Leur désignation est une tentative du pouvoir de montrer qu’il se soucie, selon les mots d’ordre en vigueur d’“améliorer les conditions de travail” de ces migrants de l’intérieur. A l’heure où le rythme effréné de la croissance creuse les inégalités sociales, le régime est conscient des effets potentiellement déstabilisateurs de cette poudrière sociale.

Deux des trois mingong sont des femmes. L’une d’elles, Hu Xiaoyan, a 34 ans et est originaire de la province du Sichuan (Sud-Ouest). Il y a dix ans, elle a émigré à Foshan, ville du Guangdong, la province emblématique de la croissance chinoise depuis un quart de siècle. Employée d’une usine de poterie, elle a gravi tous les échelons et s’est intégrée dans le système pour être finalement “élue” par le congrès local du parti de sa province, première députée mingong à l’échelon national.

LA CRISE DE L’ÉDUCATION

Sur son ordinateur portable, Mme Hu a recueilli les doléances. Une de ses priorités, a-t-elle déclaré à la presse, sera d’attirer l’attention sur le délicat problème de “l’éducation des enfants” des travailleurs migrants. Ces derniers, souvent illégaux en ville, doivent en effet assurer l’éducation de leurs rejetons dans des écoles officieuses ou tout bonnement les laisser au pays.

La seconde mingong s’appelle Zhu Xueqin. Agée de 31 ans, elle est originaire de la province du Jiangsu (Est). Elle a dû abandonner ses études pour des raisons financières et a émigré à Shanghaï où elle est devenue couturière à la chaîne. Privilégiée, elle a réussi à obtenir une bourse qui lui a permis d’aller se perfectionner au Japon. Elle est devenue vice-présidente du syndicat de son parti et son appartenance à la Ligue de la jeunesse communiste, dont est issu le président de la République et chef du parti Hu Jintao, n’est sans doute pas pour rien dans son ascension jusqu’au sommet. Elle dit vouloir oeuvrer pour élargir au niveau national la couverture sociale de ces travailleurs migrants que leurs employeurs “oublient” parfois de payer durant des mois…

Le troisième a un itinéraire des plus classiques. Originaire de la province du Guizhou (Sud), foyer de minorités ethniques pauvres, Kang Houming a nomadisé longtemps, du Tibet au Sichuan, avant de passer des années à Chongqing (Sud-Ouest), où il a vécu sur un chantier de construction. Son souci est aujourd’hui de voir se développer une politique de logement pour mingong : “Je gagne 2 000 yuans par mois (200 euros) et les prix de l’immobilier sont au-dessus de mes moyens”, a-t-il déclaré. En vingt-huit ans de labeur, M. Kang a économisé environ 3 000 euros.

L’entrée au Parlement des trois mingong symbolise le fait, souligne la presse, que les droits des travailleurs migrants “sont les mêmes que les autres citoyens, d’autant qu’ils ont énormément contribué à la croissance économique de la Chine”.

Bruno Philip

Sous la pression des défis sociaux, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a promis, mercredi 5 mars, lors de l’ouverture à Pékin de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), la mise en place d’un gouvernement plus efficace pour une société plus juste. Après s’être félicité du fait que la Chine était passée de la sixième à la quatrième place dans l’économie mondiale de 2002 à 2007, le premier ministre a reconnu les immenses défis sociaux et environnementaux que la Chine doit relever. “Nous sommes parfaitement conscients qu’il existe encore beaucoup de problèmes à résoudre dans le développement économique et social”, a-t-il affirmé, appelant à “résoudre les problèmes patents liés aux intérêts vitaux de la population”. Il a ainsi promis une enveloppe de 276,2 milliards de yuans (25,5 milliards d’euros, + 20 % par rapport à 2007) “pour accélérer la mise en place d’un système de protection sociale”. Pour 2008, la priorité sera la lutte contre l’inflation, qui rogne le pouvoir d’achat des moins favorisés, et le renforcement des contrôles pour éviter la surchauffe économique. – (AFP)

Etats-Unis:le point sur les candidatures aux élections présidentielles.

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Le Monde 05 03 08

—————-) Résultats

chez les Démocrates :Clinton ou Obama?

Hillary Clinton et Barack Obama, le 1er février 2007.

chez les Républicains:McCain !

John McCain sera reçu par le président Bush à la Maison Blanche, mercredi 5 mars.

Le coup de Prague(1948):un coup d’état communiste en Tchécoslovaquie.

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sur blog collègues:Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere:

Le coup de Prague

Le président Edvar Benès..

La nouvelle République mêle démocratie parlementaire et planification de type socialiste

…en 1948,le parti communiste organise des manifestations…

Une des manifestations orchestrées par le PCT, à Prague en février 1948.

En mai, une liste communiste unique est proposée aux électeurs.En juin 1948 Gottwald,communiste,dirige seul le pays…
Staline et Gottwald sur une affiche de propagande (analysée par M. Tribouilloy sur son blog).

pour tous les détails:———————)Le coup de Prague

Le soulevement de Budapest et l’écrasement de la révolution hongroise par Khrouchtchev(1956).

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sur blog collègues:Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere:

Le soulèvement de Budapest et la révolution hongroise (octobre- novembre 1956).

Les chars du pacte de Varsovie écrase la révolution hongroise.

La tenue du XXème congrès du PCUS permet une timide libéralisation du régime en Hongrie (suspension de la collectivisation, amnistie pour les condamnés du début des années 1950).

Lescommunistes « libéraux », favorables à une libéralisation du régime, tout en maintenant celui-ci dans le bloc de l’Est sont dirigés par Imre Nagy, Janos Kadar, Geza Losonczy. Ces derniers se prononcent pour une démocratisation partielle, seule façon de sauver les « bases de la démocratie populaire ». Imre Nagy jouit d’une grande popularité .

La statue de Staline est renversée.

Khrouchtchev envoie les chars russes écraser dans le sang ce mouvement d’opposition au communisme…

pour les détails ——————–)Les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise (octobre- novembre 1956).

Bloc sovietique:le printemps de Prague (été 1968) et sa repression ou la doctrine Brejnev de la souveraineté limitée.

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Printemps de Prague-1968

Dès 1967, les intellectuels tchécoslovaques critiquent l’attitude intransigeante du secrétaire du PC tchèque, le stalinien Novotny. Bientôt ces critiques gagnent aussi la direction communiste.

Novotny doit composer avec un groupe de « libéraux » menés par Alexandre Dubcek, premier secrétaire du PC slovaque. Ce dernier remplace d’ailleurs Novotny après sa démission en janvier 1968….

Les Russes n’ acceptent pas cette évolution vers un « communisme démocratique »…

Brejnev envoie les chars du Pacte de Varsovie,à son service.

L. Brejnev

…le Printemps de Prague est écrasé…

Les chars soviétiques écrasent le printemps de Prague.

pour les détails ———————) Printemps de Prague (été 1968) et doctrine Brejnev.

l’Europe des démocraties populaires.

COMMUNISME Aucun commentaire

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l’Europe des démocraties populaires.

Les troupes du pacte de Varsovie interviennent à Prague, en 1968.

Téléchargez————-) le diaporama sur l’Europe des démocraties populaires (jusqu’en 1968).

La « destalinisation »en URSS:1956,le rapport Khrouchtchev.

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sur blog collègues:Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere:

Le rapport Khrouchtchev.

Khrouchtchev en 1956.

Le XXème Congrès du PCUS.

pour les détails ———–) 1956,le rapport Khrouchtchev

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