RISQUES:seismes en CHINE…

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Une zone à forte sismicité

LE MONDE | 21.05.08

La sismicité du territoire chinois est l’une des plus fortes au monde. En cause, l’irrépressible déplacement vers le nord de la plaque indienne, qui bute contre l’Eurasie à la vitesse de 40 à 50 millimètres par an. Les forces mises en jeu sont considérables et c’est ce mouvement d’une plaque contre l’autre qui a contribué à la formation de l’Himalaya.

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Un violent tremblement de terre s’est produit, lundi 12 mai, dans la province chinoise du Sichuan. Vous ou vos proches ont été frappés par le séisme, racontez-nous.

L’Inde pousse le plateau tibétain vers l’intérieur de la Chine ; celui-ci exerce à son tour sa pression sur la Chine centrale, vers le nord et le nord-est. A ses marges orientales, le grand plateau a chevauché le bassin sédimentaire du Sichuan, provoquant le séisme du lundi 12 mai. En 1933 et en 1976, la même région avait connu des séismes de magnitude 7,5 et 6,4, cependant beaucoup moins meurtriers que le dernier à avoir frappé la zone. Egalement sous la pression du plateau tibétain, les provinces de Qinghai et de Gansu devraient aussi, dans les prochaines années, connaître des séismes de grande ampleur, selon la majorité des spécialistes.

La sismotectonique – l’étude des failles actives – est capable de prédire les régions de plus grand péril. Une étude, publiée en juillet 2007 dans la revue Tectonics par des chercheurs du British Geological Survey, pointait ainsi très précisément le risque d’un important séisme le long de la faille de Longmen Shan – celle en cause dans le tremblement de terre du 12 mai. La nécessité de surveiller cette région a conduit les autorités chinoises à investir. Le 11 avril, tout juste un mois avant que la terre ne tremble, l’agence Chine nouvelle annonçait la mise en test du réseau numérique, lancé en 2004, reliant les 1 200 stations sismiques principalement installées dans le centre du pays.

Stéphane Foucart

CHINE:un arrière pays toujours peu développé…

1-GEO/ECO, CHINE, POLLUTION Aucun commentaire CHINE •  Région pauvre cherche industrie polluante Les entreprises s’installent dans des régions économiquement déshéritées. Les autorités locales sont prêtes à les accueillir malgré les dangers liés à la pollution.
Une usine chimique dans la région de Jiangsu
DR

Selon le Jiangsu Jingji Bao et le Xinhua Ribao, la majorité des investisseurs participant à la récente réunion “Consultations sur les investissements dans le nord de la province du Jiangsu” étaient originaires du sud de la province, et une part importante des programmes qu’ils proposaient concernait des industries très polluantes comme la pétrochimie, la teinturerie ou la galvanoplastie. Ainsi, sur les dix-neuf activités que la ville de Taicang projette de transférer dans le nord de la province, la moitié présente un risque élevé de pollution. “Ce genre d’activités ne trouve plus de place dans le sud du Jiangsu du fait des différentes contraintes en matière d’environnement ou de coût des terrains”, a expliqué sans détour un industriel du sud de la province lors de la réunion.
Li Dihua, professeur à l’institut de l’environnement de l’université de Pékin, confirme la tendance des régions développées à transférer leurs productions et leurs industries fortement polluantes vers les régions les plus pauvres. Pour désigner ce phénomène, apparu de manière importante en Chine au cours des vingt dernières années, on parle de “délocalisation de la pollution”. Par exemple, dans les années 1980, des industries polluantes de Shanghai ont déménagé au sud du Jiangsu ; puis, depuis peu, avec le développement de la région et la hausse parallèle des seuils de tolérance environnementaux, les entreprises polluantes viennent peu à peu s’implanter dans des zones accusant un retard économique, comme le nord du Jiangsu et la province de l’Anhui.
Le principe de délocalisation de la pollution suit trois grands itinéraires : de la côte est vers l’ouest du pays ; des zones les plus développées vers les moins développées au sein de la même région ; enfin, des villes vers les campagnes. Selon une étude présidée par Cao Dong, chercheur à l’Institut des sciences environnementales de Chine, cette pratique s’est généralisée dans les grandes métropoles chinoises. Ainsi, à Pékin, la Commission du développement et des réformes pour la municipalité promet que, d’ici à 2008 [année où les Jeux olympiques auront lieu à Pékin], toutes les entreprises polluantes auront déménagé en zone rurale.
De nombreux environnementalistes estiment que l’aggravation du phénomène de délocalisation de la pollution est intimement liée au culte du PIB que l’on trouve chez certains hauts fonctionnaires locaux. Pour garantir une ascension rapide de cet indicateur, ceux-ci élaborent de nombreuses politiques dites “préférentielles” et ouvrent des “voies vertes” [allusion aux passages en douane sans formalités] destinées à attirer hommes d’affaires et capitaux. Parfois, ces mesures dérogatoires touchent également le domaine de l’environnement, et ces voies de passage vertes finissent par déboucher sur des points noirs. Un journaliste de Jingji Guancha Bao a relevé dans la ville de Qingyuan [province du Guangdong] un appel aux investissements formulé ainsi : “[Nous vous offrons] des seuils abaissés, des coûts diminués, de l’espace à volonté, des services de qualité !” Par “seuils”, il faut entendre seuils de pollution.

Une croissance à tout prix, sans penser à la nature

D’après une enquête réalisée par l’Administration d’Etat de protection de l’environnement (AEPE), les régions moins développées attendent beaucoup de la croissance économique, mais, en raison de la faiblesse de leurs infrastructures, elles ne peuvent participer au développement de produits de haute technologie, à forte valeur ajoutée et peu polluants. Elles sont donc réduites à accepter les activités que les régions développées ne veulent pas héberger.Certains fonctionnaires et chercheurs affirmaient à demi-mot ne pas avoir d’autre choix : comment se préoccuper de la protection de l’environnement quand on n’a pas de quoi se nourrir et se vêtir ! Selon Su Yang, chercheur pour le développement social au Centre de recherches sur le développement, la Chine se trouve encore à un stade intermédiaire d’industrialisation, où l’Ouest n’aurait que le droit d’effectuer les “besognes les plus sales”. A ce propos, Yang Dongping, le directeur adjoint de l’organisation non gouvernementale de protection de l’environnement Ziran zhi you [“Friends of Nature”, (http://www.fon.org.cn)], estime qu’une telle approche revient à “ramasser des graines de sésame en laissant les pastèques” [c’est-à-dire oublier l’essentiel].
La dégradation de l’environnement est irréversible : une fois qu’elle est avérée, il est souvent trop tard pour y remédier même avec de grosses sommes d’argent. En 2006, le Livre vert de l’environnement écrit par l’association met en exergue le cas typique de la gestion des pollutions extrêmement graves de la rivière Wei [qui se jette dans le fleuve Jaune] et du lac Dian [près de Kunming, au sud-ouest]. Au bout de dizaines d’années d’efforts et de dizaines de milliards de yuans [quelques milliards d’euros] investis, les résultats ne sont toujours pas probants. Une autre enquête réalisée par l’AEPE va dans le même sens. Si on ne prend en compte que les neuf provinces et régions de l’ouest du pays, les préjudices économiques directement engendrés par la dégradation de l’environnement atteignent 13 % du PIB de ces régions. Certains chercheurs soulignent combien le phénomène est lié au mode actuel de croissance économique en Chine, qui pose deux sortes de problèmes : celui d’une croissance extensive privilégiant les investissements d’échelle et celui du développement à tout va de l’industrie lourde par des localités qui ne s’interrogent pas sur l’opportunité de tels choix tellement elles se trouvent en concurrence les unes avec les autres pour attirer des activités économiques. Cette situation est amenée à être un sujet de préoccupation pendant encore de longues années. Li Yang
Zhongguo Xinwen Zhoukan (China Newsweek)

RISQUES SANS FRONTIERES…

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Pollution sans frontières.

La pollution chinoise vient de l’Occident

Une grande partie du CO2 émis en Chine est due à la production de biens de consommation destinés aux Occidentaux. Une donnée à prendre en compte.
Pour comprendre l’impasse quand laquelle se trouve le débat sur le réchauffement climatique, il vous suffit de jeter un coup d’œil à votre baladeur numérique. La grande majorité des lecteurs MP3 vendus dans le monde sont fabriqués en Chine, où la principale source d’énergie est le charbon. Pour chaque lecteur MP3 fabriqué, environ 8,5 kilogrammes de dioxyde de carbone sont libérés dans l’atmosphère. Au­jourd’hui, ces baladeurs, tout comme des milliers de produits fabriqués dans les usines chinoises, soulèvent une question importante dans le débat sur le réchauffement. Il s’agit de savoir si le gouvernement ­chinois est responsable de la pollution lorsqu’un gadget est fabriqué en Chine par une entreprise américaine puis exporté et utilisé par des ­conso­mmateurs de Stockholm ou de São Paulo.

source  Courrier International d’après Jane Spencer Wall Street Journal


“Comme les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté, la Chine est le coupable idéal. Pourtant, la véritable responsabilité de la hausse des émissions chinoises incombe aux consommateurs des produits chinois en Europe, en Amérique du Nord et dans le reste du monde”, explique Andrew Simms, directeur des orientations à la New Economics Foundation, une organisation de défense de l’environnement implantée à Londres.

Le Bangladesh (source NASA)

Si les émissions de CO2 baissent aux Etats unis ou en Europe occidentale c’est grâce à l’externalisation de la production industrielle vers la Chine ou l’Inde.
Avec la mondialisation la notion de frontière vole en éclat non seulement parce ce que les économies sont interconnectées et que l’espace industriel est désormais planétaire et non plus national mais également parce que la pollution n’a plus de frontières.
Le nucléaire de Tchernobyl nous l’avait appris, le réchauffement global nous le confirme,  si la hausse des températures sera ponctuée en fonction des zones géographiques selon une logique fort complexe, l’élévation du niveau des océans sera mondiale…

par François Arnal publié dans : geofac

CHINE:la censure de la répression,Internet sous controle:les limites de la Mondialisation de l’information…

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La Chine censure YouTube sur la répression  au Tibet

LEMONDE.FR | 17.03.08 |

La Chine a beau être le pays comptant le plus grand nombre d’internautes – plus de 220 millions –, les autorités maintiennent un contrôle strict sur l’accès au Réseau. Une nouvelle preuve de ce quadrillage numérique a pu être constatée lors des manifestations réprimées au Tibet depuis le 14 mars. Sur le portail YouTube, des dizaines de vidéos montrant des affrontements, parfois très sanglants, à Lhassa, ont été retirées ou bloquées deux jours plus tard. Les internautes situés en Chine qui tentent d’accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches. D’autres importants portails vidéo locaux, comme 56.com, youku.com ou tudou.com, ne gardent plus trace des scènes qui se sont déroulées au Tibet.

Le gouvernement chinois, qui oblige les sites hébergés sur son territoire à surveiller leur contenu et a déjà bloqué par le passé l’accès aux sources diffusant des informations considérées comme délicates, n’a pas officiellement réagi. Si Pékin sait amoindrir la portée du Web, il sait également le laisser évoluer quand cela l’arrange. Au début des affrontements au Tibet, des messages d’internautes chinois, condamnant “les séparatistes” tibétains, se sont multipliés, notamment sur le principal portail chinois, Sina.com. Certains commentaires, rapportés par l’AFP, donnent une idée de l’ambiance sur la Toile chinoise : “Il n’y a qu’un seul mot pour ces séparatistes qui veulent nous empêcher de couler des jours heureux : tuer !”, écrit un internaute chinois. “Qu’on tue les séparatistes !”, lance un autre. Le blog Tenement Palm propose également des traductions en anglais de certains messages chinois glanés au gré de ses conversations sur Internet.

Seuls les médias officiels sont actuellement habilités à informer le public chinois sur la situation à Lhassa. Les télévisions ont diffusé au cours de ces deux derniers jours des images de manifestants tibétains attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. Aucune image ne témoigne d’une quelconque présence policière, pourtant déployée en force.

 Des militaires chinois dans une rue de Tongren, dans la province de Qinqhai, le 17 mars 2008. AP

L’armée chinoise s’est déployée dans des régions gagnées par les troubles. Lhassa, la capitale de ce territoire isolé de l’Himalaya, a été placée sous étroite surveillance policière, tout comme les enclaves tibétaines du Sichuan et de Gansu.

Sur le site de l’agence officielle de presse Chine nouvelle, Xinhua.net, les articles sur la situation au Tibet évoquent tour à tour “un complot fomenté par des séparatistes” et la réouverture des écoles à Lhassa.

Un dernier bilan officiel chinois datant de lundi fait état de “treize morts brûlés ou poignardés à Lhassa”, ce qui viendrait appuyer les affirmations des autorités chinoises, qui assurent ne pas avoir fait usage d’armes à feu alors que de nombreux témoignages recueillis sur place l’évoquent. Le gouvernement tibétain en exil estime qu’au moins quatre-vingts personnes sont mortes.

Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines. AP/Soinam Norbu

Le gouverneur du Tibet a indiqué, lundi 17 mars, que treize personnes sont mortes dans les émeutes à Lhassa. Mais pour le gouvernement tibétain en exil, les morts se comptent par centaines.

Interrogé par la chaîne qatarie Al-Jazira, Ying Chan, directeur du département de médias et journalisme à l’université de Hongkong, estime qu’il est “indéniable que le gouvernement chinois a verrouillé l’accès à ce qu’il considère être des informations ou des vidéos sensibles”. “Nous comptons sur des touristes pour nous envoyer des informations”, explique-t-il. Le quotidien britannique The Guardian a fait partie des premiers sites d’informations à publier des photographies et des vidéos des affrontements à Lhassa. Le site de la BBC a mis en ligne des témoignages et des photographies de touristes présents dans la capitale tibétaine. Le site du Guardian serait également inaccessible actuellement en Chine, alors que la BBC est périodiquement censurée. Un discours du dalaï-lama y a notamment été bloqué.

Comme ce fut le cas en septembre 2007 lors des manifestations des bonzes en Birmanie, les médias occidentaux étaient absents lorsque les troubles ont commencé. Plus encore qu’à Rangoun, les journalistes étrangers ont eu du mal à se rendre au Tibet pour constater l’étendue des dégâts et le degré réel de violence. L’accès est en effet interdit aux médias étrangers, et seuls les journalistes ayant obtenu un permis spécial – qui n’est pas nécessaire pour visiter d’autres régions chinoises – ont pu s’y rendre avant lundi. Quant à ceux qui sont sur place, ils courent le risque d’être expulsés ; l’Association des journalistes de Hongkong a notamment fait état, lundi, de l’expulsion de six de ses journalistes présents à Lhassa.

Luc Vinogradoff

CHINE: Mondialisation contre Droits de l’Homme ?

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Pour les Etats-Unis, la Chine n’est plus parmi les Etats les plus répressifs !

LE MONDE | 12.03.08 (extraits)

Les Etats-Unis ont retiré, mardi 11 mars, la Chine de leur liste des « pires » Etats bafouant les droits de l’homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l’Erythrée(… A présent) Washington inscrit dix pays dans cette catégorie des « pires violateurs systématiques des droits de l’homme dans le monde » en 2007 : la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, la Biélorussie, l’Ouzbékistan, l’Erythrée et le Soudan.

La Chine(…est désormais)qualifi(ée de ) « pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n’ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l’homme et les libertés fondamentales basiques ».

Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté « mauvais ». « Le gouvernement, écrit le rapport, a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi ». Toutefois (…)le gouvernement de Pékin a procédé à « plusieurs réformes importantes », notamment l’examen par le Parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort(…)

Sur cette deuxième liste de « pays autoritaires » figurent notamment le Venezuela, le Nigeria, la Thaïlande, le Kenya et l’Egypte. - (AFP.) 

Etat de siège au Tibet

LE MONDE | 15.03.08

C’était l’accident tant redouté par Pékin. Depuis des mois, le régime chinois était attentif au moindre dérapage susceptible d’obscurcir le climat avant la tenue des Jeux olympiques (JO) de Pékin, dont le Parti communiste (PCC) a fait une opération de relations publiques à sa gloire. Ses craintes se confirment avec les violences qui, depuis le début de la semaine, embrasent Lhassa, la capitale de la “région autonome du Tibet” sous tutelle chinoise. Marches de moines bouddhistes, arrestations musclées, fermeture des principaux monastères, incendie d’un marché, et même, selon des sources médicales, plusieurs victimes : ces incidents sont les plus graves ayant secoué le Tibet depuis la loi martiale décrétée en 1989 à la suite d’émeutes antichinoises.

émeutes à Lhassa

Forces de sécurité chinoises s'abritant derrière à Lhassa, le 14 mars 2008. REUTERS

marche de moines boudhistes au N/E du TibetLE GOUVERNEMENT EN EXIL AFFIRME QUE 80 PERSONNES ... La question tibétaine entache brutalement l’image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l’homme ?Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l’effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s’était déjà produit en début d’année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux – où il devait officier comme consultant artistique – en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.L’exaspération des Tibétains doit être grande pour qu’ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d’“inimaginable”, malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol, des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d’être salué.

Des centaines de Tibétains auraient trouvé la mort, selon le Parlement en exil

Des militaires chinois, dimanche à Lhassa, la capitale du Tibet (Reuters).

Pour sa part, l’entourage du dalaï-lama évoquait dimanche 80 victimes de la répression chinoise ces derniers jours. Le pouvoir à Pékin, lui, en reconnaissait à peine 13.

LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)

La partie, hélas, s’annonce périlleuse. Pour le régime, le Tibet constitue un enjeu stratégique sur lequel il ne fléchira pas. Il y a fort à parier qu’au lendemain de ces troubles il jouera sur une corde nationaliste à laquelle la population chinoise est extrêmement sensible. Nombre de Chinois, et pas seulement ceux qui soutiennent le PCC, ont du mal à s’affranchir d’une vision paranoïaque de l’histoire. Ils sont convaincus que l’Occident conspire afin d’entraver l’essor de la Chine, jadis humiliée, aujourd’hui renaissante. Il faut qu’ils comprennent qu’une puissance n’est grande que si ses minorités souhaitent l’intégrer sur une base volontaire, et non forcée.

A Lhassa, le 16 mars.

AFP/–

A Lhassa, le 16 mars.

La soudaine colère d’une population amère, d’ordinaire pacifique

LE MONDE | 15.03.08

À l’approche des Jeux olympiques (8-24 août) qui pourraient servir de prétexte aux adversaires de Pékin pour attirer l’attention sur les graves manquements aux droits de l’homme dont est accusée la Chine, on pouvait s’attendre à ce que le Tibet, l’un des maillons les plus faibles de la République populaire, saisisse cette opportunité. La plupart des Tibétains, dont le pays fut annexé en 1951 par la Chine après que l’armée populaire de “libération” eut “libéré” Lhassa un an plus tôt, ne se sont jamais totalement résignés à devenir chinois.

(…D)ans la population,(ceux qui ) n’ont jamais connu autre chose que le pouvoir de Pékin, ont bien dû s’accommoder de l’évidence. Le Tibet est chinois et risque fort de le rester. Mais le processus de colonisation, (…avec) la ligne de chemin de fer qui relie désormais Lhassa au reste de l’empire, a donné le sentiment aux Tibétains que, désormais, leur pays n’est plus qu’une terre de conquête économique – et touristique – pour le reste de la Chine.(…D’où) cette accumulation de frustration, “ce profond ressentiment” à l’égard des Chinois dont vient de parler le dalaï-lama, la cause de cette soudaine flambée de violence ? L(e…) pouvoir, relayé localement par des (…) tibétain(s…) a réussi, depuis une bonne dizaine d’années, à supprimer toute velleité de protestation. A la fin des années 1990, on entendait encore parler dans Lhassa d’incidents isolés(…) Depuis, l’ordre régnait.

Pékin accuse l(e…)dalaï-lama (…)en Inde, où siège son gouvernement d’exil, d’avoir fomenté les troubles. Ce dernier s’en défend.

Conférence de presse du dalaï lama, le 16 mars. AFP/MANAN VATSYAYANA 

le dalaï lama, le 16 mars.

(Cependant…)dans le nord de l’Inde, plusieurs centaines de Tibétains ont tenté d’organiser une marche symbolique vers leur patrie avant d’en être empêchés par la police. A Katmandou, au Népal, où réside également une importante communauté tibétaine, des activistes qui se dirigeaient vers l’ambassade de Chine ont affronté les forces de l’ordre.

Que les manifestations des moines de Lhassa(…) aient pu ou non avoir été plus ou moins planifiées ne change rien à l’affaire. Elles ont fourni le terreau où la colère rentrée d’une partie de la population, d’ordinaire pacifique, s’est aussitôt dirigée contre “l’ennemi” tout désigné : la population chinoise, qui forme sans nul doute aujourd’hui la majorité de la population de Lhassa.

Ce n’est pas une révolution. Rien qu’une révolte qui en dit long sur l’amertume des citoyens de cette “région autonome” qui porte bien mal son nom.

(extraits article Bruno Philip)

Mondialisation:un Monde multipolaire où la Chine affirme son statut de grande puissance.

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La Chine annonce une forte augmentation de ses dépenses militaires

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.08

Dans le cadre de son programme de modernisation des forces armées, la Chine prévoit d’accroître son budget militaire de 17,6 % en 2008. Le nouveau budget des forces chinoises atteindra 417,769 milliards de yuans, soit 38,7 milliards d’euros, a indiqué, mardi 4 mars, le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire Jiang Enzhu, à la veille de l’ouverture de la réunion annuelle du Parlement. Selon le responsable chinois, la hausse budgétaire est majoritairement destinée à augmenter la solde des militaires et à améliorer l’entraînement des officiers, ainsi qu’à remettre à niveau les équipements.

Depuis plus d’une décennie, les dépenses dans le domaine de la défense connaissent une croissance à deux chiffres, souvent présentée comme un rattrapage par rapport aux années 1970 et 1980. En 2007, la hausse a été de 17,8 %, la plus élevée en dix ans. Le porte-parole chinois a toutefois souligné que l’augmentation de ce budget est à mettre en rapport avec la croissance économique. “La construction de l’armée chinoise est en adéquation avec le développement de l’économie et de la société”, a-t-il déclaré, précisant également que les dépenses militaires augmentent aussi moins vite que les recettes publiques.

SCEPTICISME DES ÉTATS-UNIS

La Chine estime enfin que, dans ce domaine, son budget reste “inférieur à celui d’autres pays, en particulier certaines grandes puissances”. De fait, en février, le président américain George W. Bush a proposé pour l’exercice 2009 un budget militaire de 606,4 milliards de dollars, soit 400 milliards d’euros, une hausse de 7,5 % par rapport à celui approuvé par le Congrès pour 2008.

Les estimations officielles des dépenses militaires chinoises ont été accueillies avec scepticisme à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Dans son dernier rapport, le Pentagone s’interroge ainsi sur “les risques pour la stabilité” découlant du “manque de transparence” de la Chine. Le gouvernement américain estime que l’expansion militaire chinoise prépare une éventuelle crise avec Taïwan, et n’écarte pas non plus la possibilité que “Pékin développe des capacités pour d’autres circonstances comme des conflits sur des ressources ou des territoires disputés”.

Dans un communiqué officiel, le Japon voisin a également réagi en appelant la Chine à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale. “Le ministère [de la défense] continuera à œuvrer pour que la Chine renforce la transparence sur la force de son armée”, font savoir les responsables japonais.

Mondialisation:avec le développement de l’inflation,la Chine restera-t-elle longtemps compétitive ?

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L’inflation chinoise devient une menace

LE MONDE | 03.03.08

L’annonce par la province chinoise du Guangdong d’une hausse de 13 % du salaire minimum est un signe inquiétant. La banque américaine Citigroup estime pour sa part qu’il augmentera globalement de 21 % en moyenne en Chine en 2008.

Une telle progression va certainement affecter le niveau de l’inflation dans le monde. Ce mouvement de hausse du salaire minimum est la conséquence des pressions qui s’exercent sur l’ensemble de l’échelle des rémunérations en Chine. Pendant des décennies, la production de produits manufacturés à bas prix dans ce pays a été un élément clé de désinflation dans le monde. L’actuelle envolée des coûts pousse les prix planétaires dans l’autre direction.

En gros, l’augmentation, en dollar, des produits chinois devrait correspondre à la hausse des salaires moins les gains de productivité, augmentée des accroissements de coûts autres que ceux du travail (énergie, immobilier, capital…) et de la progression du yuan face au dollar. Or, même en Chine, il est peu probable que la productivité du travail dans les usines augmente de plus de 10 % par an. Donc, si les salaires progressent de 21 %, le coût du travail augmentera de 11 %. En faisant une moyenne avec la hausse des coûts non salariaux (+ 7 % aujourd’hui en Chine), cela donne une hausse des prix de 9 % qui correspond à 18 % d’inflation en dollar si on considère que le yuan va s’apprécier, cette année comme en 2007, de 9 % face au billet vert.

Dans le passé, la hausse des prix pouvait être réduite en transférant la production à l’intérieur du territoire chinois, c’est-à-dire dans les zones rurales. Mais, dans ces régions désormais, le salaire minimum connaît des hausses atteignant parfois les 50 %, même au Tibet. Pour les fabricants, il n’y a plus d’eldorado salarial en Chine. Transférer la production au Vietnam n’est pas non plus une solution : l’inflation y était de 15,7 % en rythme annuel en février et la monnaie locale, le dong, s’apprécie aussi contre la devise américaine.

Comme la Chine représente 16 % des importations américaines, une augmentation de 18 % en dollar des produits chinois va ajouter 2,9 % d’inflation aux biens importés – une hausse des prix qui, pour l’essentiel, exclut l’énergie et l’alimentation. D’ailleurs, les prix à l’importation aux Etats-Unis étaient déjà en hausse de 13,7 % en janvier par rapport au même mois de 2007.

Martin Hutchinson

Chine:un pays émergent qui s’impose de plus en plus comme un gagnant de la Mondialisation.

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Les constructeurs automobiles chinois débarquent en Europe

Une voiture du constructeur automobile chinois BYD présent au 78e salon de Genève. AFP/FABRICE COFFRINI

Une voiture du constructeur automobile chinois BYD présent au 78e salon de Genève.

LE MONDE | 05.03.08 GENÈVE ENVOYÉE SPÉCIALE

Les constructeurs chinois sont restés étonnamment discrets au Salon de l’automobile de Genève qui ouvre ses portes au grand public jeudi 6 mars. Seuls deux constructeurs étaient présents, Brilliance et BYD (prononcez bi why di). Et pourtant, le lancement d’un véhicule chinois en France serait imminent.

« L’arrivée des voitures chinoises en Europe ne me surprend pas. Il est normal que des constructeurs tentent de s’implanter sur des marchés matures », estime Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan. Avec 8 millions de véhicules en 2007 et 10 millions en 2008, la Chine est désormais le deuxième marché mondial derrière les Etats-Unis. Mais ses exportations restent encore très modestes, 300 000 voitures particulières, essentiellement vers le Kazakhstan, l’Iran ou encore l’Algérie et le Vietnam.Grand absent du Salon de Genève, le constructeur Shuanghuan pourrait bien être le premier à vendre un de ses modèles, le 4 × 4 CEO, si l’on en croit China Automobile France, son distributeur officiel.

En juillet 2007, il a reçu son homologation européenne, le sésame pour vendre des véhicules. Son prix sera d’environ 25 900 euros. Ce véhicule avait défrayé la chronique en septembre 2007 lors du Salon automobile de Francfort. Avant de la Toyota Land Cruiser, calandre et bouclier du Honda CRV, profil et feux arrière du 4 × 4 X5 de BMW et planche de bord de la Lexus GX 470, voilà à quoi ressemble ce 4 × 4 ! BMW avait porté plainte pour faire interdire la vente du CEO en Allemagne.

China Automobile, qui se défend de toute contrefaçon, espère faire homologuer aussi l’UFO de Jonway qui ressemble beaucoup au Rav 4 de Toyota… Les prévisions du distributeur restent modestes : il vise 3 000 ventes en année pleine. « Comparé à 16 millions de véhicules en Europe, ça reste effectivement très marginal », souligne Rémi Cornubert, directeur associé chez Oliver Wyman.

Une fois l’homologation obtenue, sans doute d’ici fin 2008, la marque Brilliance, représentée par Asie Auto, proposera sur le marché français quatre berlines (BC3, BS2, BS4 et BS6). « Nous voulons surtout mettre l’accent sur la BS4. Elle sera vendue entre 16 000 et 18 000 euros », indique Elisabeth Young, présidente d’Asie Auto. Le prix de la BS2, une petite citadine, devrait tourner autour des 12 000 euros et celui de la BS6 entre 18 000 et 19 000 euros.

« TOUT DEVRAIT ALLER PLUS VITE »

D’ici la fin du premier semestre, Asie Auto devrait lancer le 4 × 4 Xpedition de Landwind pour un prix de 15 900 euros. Mme Young, qui souhaite distribuer quatre ou cinq marques d’ici à 2012, ne veut pas connaître les déboires de Brilliance et Landwind lancés aux Pays-Bas et dont la commercialisation avait dû être stoppée pour cause de sécurité médiocre.

Car pour attirer des clients, les prix, environ 20 % moins cher que ceux pratiqués par les autres constructeurs ne suffiront pas. La sécurité est l’enjeu majeur des voitures chinoises. D’autant que de nombreux scandales ont éclaté ces derniers mois. Le premier crash test Euro Ncap réalisé sur la Brilliance BS6, en octobre 2007, s’était révélé catastrophique. A 64 kilomètres heure, le véhicule n’avait pas résisté au choc. En cas d’accident, les passagers n’auraient sans doute pas survécu. A la suite de ce test, la BS6 avait été retirée du marché belge. « Le constructeur a fait 60 modifications sur le châssis », affirme Mme Young. Aucun véhicule ne sera commercialisé sans avoir obtenu au moins trois étoiles.

Une fois sur le marché, les constructeurs chinois devront aussi s’appuyer sur un réseau solide afin de rassurer le client en cas de problème. Asie Auto s’appuie sur l’ex-réseau de MG Rover de 140 points de vente.

Face à cette nouvelle concurrence, les grands constructeurs mondiaux restent sereins, même s’ils ne sous-estiment pas la capacité des constructeurs chinois à s’inspirer de l’expérience des Japonais et des Coréens. « Ces derniers ont mis dix ans à pénétrer le marché américain et européen, rappelle M. Cornubert. A court terme, je ne les vois pas prendre une part de marché significative. En revanche, sur cinq à dix ans, c’est une vraie menace. »

Serein, Dieter Zetsche, président du directoire de Mercedes, estime qu’il leur faudra des décennies pour jouer un rôle sur le haut de gamme. En revanche, sur les plus petits véhicules, à fort volume, « tout devrait aller plus vite », concède-t-il.

Nathalie Brafman

Chine:un exode rural en plein developpement,un pouvoir qui l’utilise.

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En Chine, le pouvoir affiche sa sollicitude à l’égard des migrants

LE MONDE | 05.03.08 PÉKIN CORRESPONDANT
Ils sont 200 millions en Chine et représentent une grande partie de la force de travail qui ne cesse de faire pousser les gratte-ciel et élargir les villes de l’empire : les travailleurs migrants, paysans chassés des campagnes par une pauvreté endémique, classe sociale souvent misérable, sous-payée et parfois dépourvue des droits dont jouissent les autres citoyens, viennent de faire leur entrée à l’Assemblée nationale populaire (ANP).

Aux côtés des 3 000 délégués, trois de ces “mingong” (min pour nongmin, paysan et gong pour gongren, ouvrier) se sont assis, mercredi 5 mars, à l’ouverture de la session annuelle du “Parlement”, sur les bancs de l’immense salle du Grand Palais du peuple de Pékin.

Leur désignation est une tentative du pouvoir de montrer qu’il se soucie, selon les mots d’ordre en vigueur d’“améliorer les conditions de travail” de ces migrants de l’intérieur. A l’heure où le rythme effréné de la croissance creuse les inégalités sociales, le régime est conscient des effets potentiellement déstabilisateurs de cette poudrière sociale.

Deux des trois mingong sont des femmes. L’une d’elles, Hu Xiaoyan, a 34 ans et est originaire de la province du Sichuan (Sud-Ouest). Il y a dix ans, elle a émigré à Foshan, ville du Guangdong, la province emblématique de la croissance chinoise depuis un quart de siècle. Employée d’une usine de poterie, elle a gravi tous les échelons et s’est intégrée dans le système pour être finalement “élue” par le congrès local du parti de sa province, première députée mingong à l’échelon national.

LA CRISE DE L’ÉDUCATION

Sur son ordinateur portable, Mme Hu a recueilli les doléances. Une de ses priorités, a-t-elle déclaré à la presse, sera d’attirer l’attention sur le délicat problème de “l’éducation des enfants” des travailleurs migrants. Ces derniers, souvent illégaux en ville, doivent en effet assurer l’éducation de leurs rejetons dans des écoles officieuses ou tout bonnement les laisser au pays.

La seconde mingong s’appelle Zhu Xueqin. Agée de 31 ans, elle est originaire de la province du Jiangsu (Est). Elle a dû abandonner ses études pour des raisons financières et a émigré à Shanghaï où elle est devenue couturière à la chaîne. Privilégiée, elle a réussi à obtenir une bourse qui lui a permis d’aller se perfectionner au Japon. Elle est devenue vice-présidente du syndicat de son parti et son appartenance à la Ligue de la jeunesse communiste, dont est issu le président de la République et chef du parti Hu Jintao, n’est sans doute pas pour rien dans son ascension jusqu’au sommet. Elle dit vouloir oeuvrer pour élargir au niveau national la couverture sociale de ces travailleurs migrants que leurs employeurs “oublient” parfois de payer durant des mois…

Le troisième a un itinéraire des plus classiques. Originaire de la province du Guizhou (Sud), foyer de minorités ethniques pauvres, Kang Houming a nomadisé longtemps, du Tibet au Sichuan, avant de passer des années à Chongqing (Sud-Ouest), où il a vécu sur un chantier de construction. Son souci est aujourd’hui de voir se développer une politique de logement pour mingong : “Je gagne 2 000 yuans par mois (200 euros) et les prix de l’immobilier sont au-dessus de mes moyens”, a-t-il déclaré. En vingt-huit ans de labeur, M. Kang a économisé environ 3 000 euros.

L’entrée au Parlement des trois mingong symbolise le fait, souligne la presse, que les droits des travailleurs migrants “sont les mêmes que les autres citoyens, d’autant qu’ils ont énormément contribué à la croissance économique de la Chine”.

Bruno Philip

Sous la pression des défis sociaux, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a promis, mercredi 5 mars, lors de l’ouverture à Pékin de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), la mise en place d’un gouvernement plus efficace pour une société plus juste. Après s’être félicité du fait que la Chine était passée de la sixième à la quatrième place dans l’économie mondiale de 2002 à 2007, le premier ministre a reconnu les immenses défis sociaux et environnementaux que la Chine doit relever. “Nous sommes parfaitement conscients qu’il existe encore beaucoup de problèmes à résoudre dans le développement économique et social”, a-t-il affirmé, appelant à “résoudre les problèmes patents liés aux intérêts vitaux de la population”. Il a ainsi promis une enveloppe de 276,2 milliards de yuans (25,5 milliards d’euros, + 20 % par rapport à 2007) “pour accélérer la mise en place d’un système de protection sociale”. Pour 2008, la priorité sera la lutte contre l’inflation, qui rogne le pouvoir d’achat des moins favorisés, et le renforcement des contrôles pour éviter la surchauffe économique. – (AFP)

Les Khmers rouges et le Cambodge (1975): en pleine « Détente »,un génocide ou un crime contre l’Humanité ?.

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sur blog collègues:Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere

les Khmers rouges

Entrée des Khmers rouges dans Phnom Pen, en avril 1975.

pour les détails —————-) Le Cambodge aux mains des Khmers rouges.

La décolonisation et la naissance du Tiers Monde.

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Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere

de la décolonisation au Tiers Monde.

Gandhi et Nehru.

Téléchargez la première partie du diaporama consacré à la décolonisation.

Liens utiles sur l’Asie orientale

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Histoire et géographie au lycée Braque d’Argenteuil par A. Loez et J. Blottiere————)Liens utiles sur l’Asie orientale

Vè République:la politique étrangère de la France sous de Gaulle en 1967

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Sur Herodote.net

ici———-)Article illustré par une vidéo

dés 1966,au Cambodge,il se positionne conrtre la guerre du Viet Nam

Charles de Gaulle, Discours de Phnom Penh (1er septembre 1966)

« Au lendemain des accords de Genève de 1954, le Cambodge choisissait, avec courage et lucidité, la politique de la neutralité, qui découlait de ces accords et qui, dès lors que ne s’exerçait plus la responsabilité de la France, aurait seule pu épargner à l’Indochine de devenir un terrain d’affrontement pour les dominations et idéologies rivales et une sollicitation pour l’intervention américaine. C’est pourquoi, tandis que votre pays parvenait à sauvegarder son corps et son âme parce qu’il restait maître chez lui, on vit l’autorité politique et militaire des Etats-Unis s’installer à son tour au Viêt-nam du sud et, du même coup, la guerre s’y ranimer sous la forme d’une résistance nationale. Après quoi, des illusions relatives à l’emploi de la force conduisirent au renforcement continuel du Corps expéditionnaire et à une escalade de plus en plus étendue en Asie, de plus en plus proche de la Chine, de plus en plus provocante à l’égard de l’Union Soviétique, de plus en plus réprouvée par le nombre de peuples d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine, et, en fin de compte, de plus en plus menaçante pour la paix dans le monde.

Devant une telle situation, dont tout donne, hélas ! à penser qu’elle va aller en s’aggravant, je déclare ici que la France approuve entièrement l’effort que déploie le Cambodge pour se tenir en dehors du conflit et qu’elle continuera de lui apporter dans ce but son soutien et son appui. »

Cet extrait est tiré du discours de Phnom Penh, du 1er septembre 1966, du Général de Gaulle, dans lequel il dénonce la guerre du Viêt-nam.

(blog d’un collègue, Hugo Billard ———-) Le jardin des retours )

Le roi du Cambodge Norodom Sihanouk accueillant le général de Gaulle lors de sa visite à Phnom Penh en 1966.(Photo : AFP) http://www.rfi.fr/actufr/images/058/CAMBODGE_sihanouk1966.jpg

2nde Guerre Mondiale:aout 1945,2 bombes atomiques américaines sur le Japon

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-dossier et video sur Herodote.net

ici——- – - -) Article illustré par une vidéo

-et encore sur Terra Nova—–)Video d’archives de la bombe d’Hiroshima

CHINE:QUELLE LIBERTE D’EXPRESSION ?

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Liberation-09 02 08

Chine: Reporters sans frontières déplore le bal «des faux-culs et des lâches»

Un Chinois se fait photographier avec le T-shirt de RSF vendredi à Paris (AFP).

L’association de défense de la liberté de la presse organisait vendredi une opération à Paris pour dénoncer la répression en Chine, à 6 mois des JO.

François Meurisse

LIBERATION.FR : vendredi 8 février 2008

2 réactions

Robert Ménard est très en colère. A six mois des Jeux olympiques d’été de Pékin, le secrétaire général de Reporters sans frontières fustige sans retenue l’attitude des autorités chinoises. «Quand les Chinois ont obtenu les JO en 2001, ils ont promis une liberté de la presse totale. Les engagements n’ont pas été respectés. Ils se sont foutus de nous.»

 
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Des déclarations faites vendredi à la mi-journée dans le quartier des Grands Magasins à Paris où RSF organisait une opération «Pékin 2008» : les Parisiens étaient invités se faire prendre en photo avec un T-shirt noir, représentant les anneaux olympiques en forme de menottes. Objectif de la manifestation, réaliser une affiche – prochainement visible dans les gares parisiennes et peut-être dans le métro – avec tous les portraits. Selon l’association de défense de la liberté de la presse, 31 journalistes sont emprisonnés en Chine ainsi qu’une cinquantaine de cyberdissidents.
Mais Robert Ménard, qui porte lui-même le T-shirt de son organisation, ne s’en prend pas seulement aux Chinois. Selon lui, le Comité international olympique (CIO) et son président Jacques Rogge entretiennent un silence coupable. «Jacques Rogge avait dit qu’il réagirait chaque fois qu’il serait informé d’une atteinte aux droits de l’homme. Or, il n’a jamais rien dit. Tout ce qui l’intéresse, c’est la qualité des hôtels et les sponsors !» Dernier visé, Nicolas Sarkozy, «pas à la hauteur de ses engagements» non plus vis-à-vis du pouvoir chinois. En résumé, «on a l’impression d’avoir à faire à des faux-culs et des lâches». Pour autant, le secrétaire général de Reporters sans frontières refuse d’appeler au boycott des Jeux. «On n’est pas contre les JO, ni contre le sport ou la Chine. Nous, on ne veut pas gâcher la fête mais les autorités chinoises sont en train de le faire.»

Dans la rue piétonne, les passants font la queue pour qu’on leur tire le portrait. Un haut-parleur crache une petite musique chinoise. Jean-Jules vient de poser pour la photo : «Il est indispensable que les journalistes puissent travailler en liberté et surtout critiquer. Je ne sais pas si la situation peut évoluer rapidement en Chine mais avec la pression internationale, les choses bougent».

La preuve ce vendredi même puisque Yu Huafeng, directeur du journal libéral Nanfang Dushi Bao et emprisonné depuis 4 ans, vient d’être libéré. Mais pour Vincent Brossel, responsable du bureau Asie de RSF, le pouvoir souffle le chaud et le froid. «Le journaliste hongkongais Ching Cheong a lui aussi été libéré récemment mais le dissident Hu Jia a, lui, été arrêté le 27 décembre dernier pour «incitation à la subversion au pouvoir de l’Etat». Il y a des avancées du côté des journalistes mais chez les dissidents, ça tape !»

Un autre secteur où «ça tape», c’est sur le web selon Clotilde Lecoz, responsable du bureau Internet et libertés : «A l’heure où tout le monde se demande s’il faut réguler Internet et comment le faire, la Chine est en train d’installer un modèle juridique très restrictif qui risque de faire tâche d’huile au Vietnam, en Birmanie, etc.»

Entre les curieux, les volontaires pour la photo et les journalistes, un vieil homme est très énervé. C’est un dissident chinois installé de longue date à Paris. «En Chine, on dit que les Jeux, c’est pour le peuple. C’est faux, les JO c’est pour le régime.»

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NOUVELLES TECHNOLOGIES:LA FRACTURE Nord/Sud SE REDUIT…

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La « fracture numérique » se réduit rapidement entre le Nord et le Sud

LE MONDE | 07.02.08

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont emblématiques du basculement économique en cours. Le Rapport 2007-2008 sur l’économie de l’information, publié mercredi 6 février par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), en dresse un tableau spectaculaire.

En 1996, les économies développées assuraient les deux tiers des exportations de produits et services de ce secteur, et les pays en développement, le tiers restant. Dix ans plus tard, les proportions se sont presque inversées. Les économies développées n’assurent plus que 47 % des exportations, les pays en développement s’arrogeant la plus grosse part du gâteau.Chine et Inde sont les principaux acteurs de ce basculement. Pékin est désormais le premier exportateur mondial de produits du secteur des TIC, loin devant les Etats-Unis, suivis du Japon. Le premier pays européen, l’Allemagne, est 6e, le Royaume-Uni 11e et la France 13e. L’Inde s’est, elle, hissée au rang de 8e exportateur mondial de services relevant de ce secteur, avec un taux de croissance moyen annuel de plus de 37 % entre 2000 et 2005. Si cette croissance se poursuit, l’Inde se retrouvera parmi les tout premiers dans les années à venir.

Ces deux pays moteurs en ont entraîné d’autres dans leur sillage, car ils ont, à leur tour, commencer de sous-traiter une partie de leur production chez leurs voisins. Au Sri Lanka, le nombre d’informaticiens a ainsi presque triplé entre 2003 et 2008, indique le rapport de la Cnuced.

Logiquement le commerce Sud-Sud de biens du secteur des TIC a dépassé les échanges Nord-Sud en 2004.

Parallèlement, l’utilisation de ces nouvelles technologies a progressé dans toutes les parties du monde, mais avec des taux de croissance bien supérieurs dans les pays en développement : le nombre de téléphones mobiles pour 100 habitants a ainsi augmenté de 55 % dans les « économies en transition » entre 2002 et 2006, contre 9 % dans les pays développés. Les chiffres sont du même ordre de grandeur pour la pénétration d’Internet.

COÛTS D’ACCÈS PLUS RÉDUITS

Si les pays les moins développés continuent de rester à l’écart en matière de production de biens ou de services de haute technologie, ils progressent néanmoins en matière d’utilisation. « Le rythme des innovations dans le secteur des TIC a été si rapide que les coûts d’accès à ces technologies ont été considérablement réduits, ce qui a permis de démocratiser le recours aux TIC« , affirme le rapport. En conséquence, la fracture numérique s’est réduite. La téléphonie mobile notamment s’est bien diffusée. Au Ghana, le nombre d’abonnés est passé de 8 % à 23 % entre 2002 et 2006. C’est le pays qui a connu la plus forte augmentation du nombre d’utilisateurs par habitant. Les connexions à Internet augmentent aussi dans ces pays, qui restent néanmoins encore peu équipés en réseau haut débit.

Cette diffusion sert aux particuliers mais aussi et surtout aux entreprises, ce qui dynamise l’économie de ces pays. Car Internet, mais aussi les services de transmissions de données sur téléphone mobile, permettent aux populations rurales d’être mieux informées.

Pour mesurer l’importance de ce phénomène dans les pays en développement, et inciter d’autres pays à en faire autant, les auteurs du rapport ont étudié avec attention le cas de la Thaïlande. Une augmentation de 10 % de la proportion de salariés utilisant des ordinateurs, dans ce pays, a permis une hausse de 3,5 % de la productivité, soit deux fois plus qu’en Finlande, pays réputé pour être en pointe à cet égard.

Annie Kahn

Article paru dans l’édition du 08.02.08.

***LA MEGALOPOLE JAPONAISE:construire un croquis.

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Cette construction progressive en Powerpoint est disponible sur STRABON,le site de l’Académie de Versailles.

Cliquer ici (avec un peu de patience!) —–) pour le visualiser

DES SUDS trés diversifiés et inégaux…

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Pour commencer…

L’inégal développement économique des pays du Sud

iLes pays du sud ont un niveau de dynamisme économique très variable. On peut donc parler des “suds” plutôt que de “Sud“. Il y a quatre groupes principaux à connaître:

  1. Des pays qui sont des puissantes continentales : la Chine, l’Inde, le Brésil.
  2. Les pays membres de l’OPEP comme l’Arabie saoudite ou les Emirats Arabes Unis (Dubaï).
  3. Les NPIA : la Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour.
  4. Les PMA qui sont environ 50 comme le Soudan ou le Yémen.

;) Lien avec le programme : Il est conseillé de connaître trois à cinq caractéristiques économiques des pays précédents pour évoquer le chapitre” l’espace mondialisé” ou celui “unité et diversité des suds“.

…et puis…

(cours de collègue)

UNITE ET DIVERSITE DES SUDS

Cette leçon s’intègre dans le cadre de l’étude des mondes en quête de développement. Le développement correspond à l’accroissement des richesses associé à l’amélioration des conditions de vie d’une population sur un territoire. IDH pour le mesurer (inventé par le PNUD). L’IPH est encore plus représentatif car il identifie le nombre d’individus souffrant des manques les plus élémentaires (faible longévité (risque de décéder avant 40 ans), pourcentage d’analphabètes, accès aux soins et à l’eau potable, nombre d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition). Nous reprendrons l’idée de développement durable qui est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Peu de pays dans le monde sont développés et certains développés se redéveloppent (Russie par ex emple). Faut-il parler d’un Sud ou bien des Suds aujourd’hui ?

1:LE SUD, QUELLE UNITE?

1.1: Une pauvreté omniprésente

Les pays industrialisés produisent 80 % du PIB mondial. LePIB cumulé des 49 PMA équivaut à celui de l’Autriche. L’ampleur des inégalités de revenus est donc considérable. Le PIB (tient compte du coût de la vie) varie entre 53000 dollars pour Luxembourg et 470 dollars pour Sierra Leone. Les inégalités se creusent ; dans les années 90, le revenu moyen par hab a diminué dans 54 pays. Le chômage et le sous-emploi sont chroniques et la pauvreté de masse entraîne une sous-alimentation pour 800 millions de personnes, peu d’accès à l’éducation, aux soins , au logement et à l’eau potable. Ces inégalités sont aussi internes car l’essentiel des richesses est concentré entre les mains d’une élite favorable. Dans les villes des îlots de richesse jouxtent les quartiers de taudis et de bidonvilles.

L’économie dépend dans ces pays en grande partie de l’agriculture (peu productive souvent) et le secteur informel est très développé. L’agriculture fournit la majorité des emplois dans les pays du sud et grâce à l’extension des surfaces cultivées, à des aménagements hydrauliques financés par l’état, à l’utilisation de céréales à hauts rendements, certains pays d’Asie et d’Amérique latine ont connu  » leur révolution verte ». Mais en Afrique et dans les régions intérieures d’Asie et d’Amérique latine les techniques rudimentaires et les structures archaïques dominent encore.

Parallèlement à cela les cultures commerciales destinées au marché mondial ( fruits, agrumes, café, thé, cacao canne à sucre) forment un secteur moderne mais ils entrent en concurrence avec les cultures vivrières et augmentent la dépendance des pays du sud à l’égard des pays riches qui les importent.

Endettement de beaucoup de ces pays qui ont des économies dépendantes

Dépendance commerciale: les PED sont menacés par l’instabilité des cours des produits primaires qu’ils ne maîtrisent pas + ils sont soumis aux investissements des FMN qui délocalisent + ils se heurtent aux barrières douanières des PID et à la concurrence des agricultures subventionnées des PID. ==> les termes de l’échange sont défavorables.

Dépendance financière: faute de capitaux nationaux pour investir, les PED empruntent sur des marchés financiers et s’endettent. Par exemple l’Afrique subsaharienne a une dette extérieure de 73% de son PNB. De plus l’aide publique au développement est insuffisante et étant constituée de prêts, alourdit la dette. Le FMI imposant des plans draconiens à ces pays pour alléger leur dette, les Etats n’ont plus de possibilité d’investir.

1.2: Des conditions de vie très difficiles:

Ce sont des pays en pleine transition démographique.

  • Les PED sont 67 % de la pop mondiale en 1950 (1,6 M) et sont 85 % aujourd’hui(5 M). Ils participent pour 98 % à l’accroissement de la population mondiale soit 80 M par an. Beaucoup de pays sont encore dans la 1e ou la 2e phase de la TD. Natalité très importante car beaucoup de jeunes donc population plus féconde bien qu’en baisse (3-4 enfants par femme). La mortalité faible (8%) souvent inférieure aux pays riches du fait de la jeunesse des populations (33% ont moins de 15 ans contre 18 % ds les pays développés). Cependant il y a tout de même une baisse globale de la fécondité dans tous ces pays du Sud en raison notamment de la scolarisation des jeunes filles. Les contrastes peuvent être importants : 8 enfants par femme au Niger, 2,8 en Algérie.

Tous ces pays regroupent les caractéristiques des pays sous développés.

800 M de personnes souffrent de la faim , plus les inégalités sanitaires, d’encadrement médical et de dépenses de santé. Les écarts entre les niveaux de santé de la population mondiale n’ont jamais été aussi importants, ils se renforcent car l’état de santé des populations africaines ne s’améliore que très lentement. En 2002,l’espérance de vie à la naissance d’une fillette japonaise est de 85 ans pour 36 ans pour une fillette de Sierra Leone. 32 pays ont un taux de mortalité infantile 500 pour 10 000 naissances vivantes, surtout en Afrique (1 Africain sur 9 a le sida). En 2003, 38 M de personnes vivent avec le VIH. Au Mozambique, taux de 200 pour mille. En Afrique australe, l’espérance de vie a chuté de 6 ans ( Selon l’OMS, le rougeole est dans le monde à l’origine de 12% des décès chez les enfants de moins de 5 ans. Une vaccination systématique dans les pays en développement pourrait diminuer de moitié le taux de mortalité infantile. Attention car même dans les pays à forte mortalité, près de la moitié des décès est due aux maladies non transmissibles (hypertension, tabagisme, alcoolisme,hypercholéstérol, obésité). Mondialisation de l’épidémie de surpoids : 1 milliard de personnes.

En ce qui concerne l’alphabétisation : 1 adulte sur 5 est analphabète aujourd’hui dans le monde alors qu’en 1950, plus de la ½ de la pop mondiale l’était.Aujourd’hui sont en grandes difficultés : Haïti, Afghanistan, Bangladesh, Népal, Pakistan, Tchad. Niger (86% ; 78% pour les hommes, 93% pour les femmes) alors qu’on a 1,7% en Italie. La campagne d’alphabétisation en Chine a porté ses fruits: 80% en 1950, 16% aujourd’hui.

1.3: Pourquoi ces difficultés?

  • On pense au poids des contraintes naturelles. Même si on peut remarquer que les aléas naturels ne sont pas plus fréquents dans les pays du sud que du nord. On peut malgré tout parler des cyclones dévastateurs et des longues périodes de sécheresse. Le problème est surtout que les pays du Sud sont beaucoup plus vulnérables faute de moyens de prévention efficace, d’absence de constructions aux normes, d’impact plus important sur des populations mal nourries.
  • Effet de la colonisation. La pauvreté entretient les tensions ethniques, qu’accentue la délimitation artificielle des frontières.
  • Effets de la mondialisation (endettement et dépendance croissante)
  • Responsabilité des gouvernements en place : dictature, guerres civiles, corruption. C’est là que les refugiés sont les plus nombreux ( 2O millions). La radicalisation religieuse dans le monde islamique provoque aussi des rébellions.

Si les contrastes sont saisissants entre le Nord et le Sud, il faut différencier différents Suds car là aussi les contrastes sont saisissants entre ceux qui accumulent toutes les difficultés et qui ne trouvent pas de solution de développement efficace et ceux qui se rapprochent de plus en plus du Nord.

2.1: Une diversité croissante:Ecarts sont plus importants dans ce Sud : taux de mortalité infantile de 180 pour mille en Afrique subsaharienne et 7pour mille en Malaisie par exemple.1) Les Etats continentsChine qui possède le 2e PNB derrière les EU. Le marché de consommation et de main d’œuvre est considérable. Son IDH encore modeste (0,745, 94e) mais son espérance de vie est correcte (73/69)+ progrès de l’alphabétisation. Un problème apparaît tout de même . Cependant cette forte croissance démographique a accentué les inégalités socio- spatiales entre le littoral et l’intérieur. Par contre se pose un problème de démocratie.L’Union indienne a un PNB modeste mais a fait d’immenses progrès dans l’agriculture ( révolution verte) et dans l’industrie (informatique à Bangalore). Cependant beaucoup d’Indiens vivent encore sous le seuil de pauvreté.2) Les pays émergentsLes NPI et les pays ateliers d’Asie insérés dans la mondialisation mais fortement dépendants de l’étranger. Les pays exportateurs de pétrole bénéficient de revenus importants mais il reste un problème du développement pour ces pétromonarchies. Au Venezuéla, en Algérie, une fraction importante de la population connaît toujours la pauvreté et le chômage. Le Brésil et le Mexique constituent des puissances régionales, notamment par leur poids démagogique. Ces pays avaient développé leur industrie en étant protectionniste et s’ouvrent aujourd’hui aux patrons étrangers. Exemple : Jaguars latino-américain (Chili). Ils sont capables d’être dynamiques dans leur alliance avec le MERCOSUR (quatuor fondateur : Brésil, Argentine,Paraguay, Uruguay et Etats associés : Chili, Bolivie, Pérou, Venezuela, Colombie, Equateur) en Amérique latine : élection d’un Parlement régional en 2006.

L’Afrique ne compte aucun NPI sauf l’île Maurice. D’autres pays émergents st proches des NPI mais ils manquent parfois d’ouverture, de stabilité ou de croissance économique (Turquie, Afrique du Sud).

Globalement la situation sociale de tous ces pays s’améliore. L’ Amérique du Sud est plus en difficulté car le poids de la dette dans ces pays est forte ou il peut toujours y avoir une crise asiatique qu’on peut comprendre comme des crises de croissance pour des pays qui ont trouvé leur voie de développement. 3)pourquoi le qualificatif de PMA ?49 PMA furent recensés en 2003,surtout en Afrique noire, où la paupérisation est absolue. Mais aussi en Asie (Afghanistan, Laos, Népal) et en Amérique (Haïti). Ces pays ont un PIB :hab inférieur à 500 dollars,une part de l’industrie dans le PIB inférieure à 10%, et un taux d’alphabétisation inférieur à 20 %. Il faut ajouter la dépendance alimentaire, les ravages du SIDA et d’autres maladies, les guerres civiles, la faible insertion dans les flux éco mondiaux. Ces pays exportent des produits agricoles et importent des produits manufacturés. Le problème est que certaines productions de ces pays (coton) sont concurrencées par les pays du Nord qui sont souvent subventionnées. L’échec souvent de la politique de développement provient du manque de moyens financiers, d’une main d’oeuvre qualifiée, d’un marché intérieur actif. Ces pays ont essayé de s’organiser politiquement dans le cadre du NEPAD (nouveau partenariat pour le developpement en Afrique) qui réclame l’annulation pure et simple de la dette de ces pays.

4) les pays intermédiairesIls sont mieux que les PMA mais ne connaissent pas vraiment de décollage économique. Ce sont les PVD les plus nombreux. Leur unité tient à une intégration incomplète à la mondialisation et à des rapports de dépendance avec les pays du Nord.Ils exportent leurs produits agricoles et leurs ressources énergétiques (Ghana, Nigéria) . Les investissements étrangers sont sélectifs.

2.2: Les différentes voies pour sortir du sous-développement:

  • Les héritages de la domination du Nord

Echange inégal pendant la colonisation (importation de produits à bas prix pour les matières premières et débouchés pour les produits manufacturés. Cette domination a empêché les pays du Sud de développer une capacité de développement autonome.Au moment des indépendances, leur économie se retrouve faiblement diversifiée, et il y a une faible qualification. Cependant les infrastructures de transport et l’ essor urbain sont des conditions du développement.

  • les principales stratégies de développement

Toutes les voies de développement ont placé l’industrialisation au centre de leurs objectifs. Certains ont choisi la modernisation agricole (révolution verte) ou tourisme (Kenya, Mexique, Thaïlande, Tunisie). 3 grandes stratégies dominent:Industrialisation par substitutions aux importations : voie la plus ancienne : Argentine, Brésil, Mexique suite à la crise des années 30 puis , Tunisie, Côte d’Ivoire dans les années 50. Forte intervention de l’Etat, protectionnisme. Cela valorise les ressources nationales, assure la formation d’un marché intérieur. Il s’agit de produire ce qui était auparavant importé. Cela a permis à ces pays de diversifier leur économie mais insertion difficile dans lamondialisation.Industrialisation orientée vers l’exportation : succès indéniable de ce modèle qui a anticipé en quelque sorte les impératifs de la mondialisation actuelle. Modèle des NPIA, Chili, Ile maurice, Tunisie. Remontée de filières.

Industrialisation industrialisante ou voie autocentrée : inspiration du modèle soviétique de développement. C’est l’exemple de l’Algérie,Corée du nord, Chine avant 1980. où il fallait assurer l’indépendance nationale sur l’industrie lourde, en implantant des pôles d’activité en des lieux choisis sur le territoire. Cela nécessite des moyens initiaux pour construire une industrie coûteuse, ce qui a été permis par la rente pétrolière ou par l’aide de l’URSS. Echec danss l’ensemble de ce modèle .

Le bilan:

La période 60-80 fut positive pour le Sud : développement des Dragons, hausse des prix du pétrole et des matières premières, ce qui a permis aux producteurs de financer la croissance. Côte d’Ivoire, Brésil.La période 80-2000 plus difficile car faible croissance du Nord, baisse du cours des matières premières et contre choc pétrolier (début 86, le baril est à 10$ contre 40$ fin 80). Ces pays s’étaient endettés et la hausse du $ a rendu cette dette écrasante. L’aide publique au développement impose des mesures difficiles par le FMI (réduction du déficit budgétaire,dévaluation des monnaies, privatisations et ouverture à la mondialisation. Souvent ces aides ont permis une reprise de la croissance, mais ne sont pas parfaites.

***DECOLONISATION APRES LA 2è G.M.

11-AFRIQUE, 13-ASIE, 14-EUROPE, 2-HISTOIRE, DECOLONISATION, FRANCE, TIERS-MONDE Aucun commentaire

PLEIN DE DOCUMENTS EN PEU DE LIGNES…

autant de blogs et de sites intéressants à consulter!

—–) Une carte chronologique pour visualiser les décolonisations en Asie

—–) Une carte des Phases de la décolonisation

—–) Une carte de la Décolonisation de l’Afrique

—–)Visionnez une vidéo sur la en France et dans l’Empire fra nçais (1930-1960)

———)Sur la décolonisation de l’Empire français, voir le site du CRDP de Reims et cherchez un peu ! Il y a là:

.une étude d’un ensemb le docume ntaire qui permet de faire le point sur les modalités et les étapes de l’émancipation des colonies françaises

.une présentation sur le général de Gaulle et l’Algérie.-

.une composition qui fait un bon bilan sur la France face à la décolonisation de 1945 à 1962

—-) La décolonisation de l’Indochine française au cours de la .

——-) Visionnez deux vidéos sur la guerre d’Indochine ! Lire la suite »

——–)et encore: Une carte des participants à la conférence de Bandoung aprés la décolonisation de l’essentiel de l’Asie,en 1955.

——-) le site de JERÖME PICQ ,trés riche:pour le voir ,aller sur http://lewebpedagogique.com/grunen/

Voilà! bonne pioche!

LA FAIM DANS LE MONDE – carte

1-GEO/ECO, 11-AFRIQUE, 13-ASIE, MONDIALISATION, SUD Aucun commentaire

(extraits du blog d’un collègue)

Carte de la famine dans le monde

21 12 2007

Voici la carte de la famine dans le monde publiée par la FAO (Food & Agriculture Organization), organisme de l’ONU.

Faites une typologie de la malnutrition en prenant comme catégorie celles de la légende. Faites ainsi la liste des pays pour les seuils suivants :

* + de 50 % de population malnourrie

entre 35 et 50 %

entre 25 et 35 %

entre 15 et 25 %

entre 5 et 15 %

Vous pouvez réaliser la typologie sous formes de tableau à double entreée (1 pour les catégories, 1 pour les continents)

***2è GUERRE MONDIALE:PERSONNAGES MAJEURS ,GRANDES CONFERENCES ,PROCES,DEBUT DE LA GUERRE FROIDE…

14-EUROPE, 2-HISTOIRE, 2è G.M., ALLEMAGNE, COMMUNISME, FRANCE, GUERRE FROIDE, JAPON, NAZISME Aucun commentaire

**UNE FOULE DE RENSEIGNEMENTS PRECIS…

extraits du blog d’un collègue ,JERÔME PICQ :

http://lewebpedagogique.com/grunen/

Allez voir directement ce thème sur————–) TES – Histoire – Monde en 1945

2008,3ème CHOC PETROLIER ?

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Le pétrole est à un niveau record…

Editorial

Pétrole et inégalité

LE MONDE | 03.01.08 | 14h04 • Mis à jour le 03.01.08 | 14h04

Sauf que tous les pays ne sont pas égaux dans leur capacité d’adaptation. Les Etats-Unis, qui consomment le quart de la production mondiale de brut, souffrent moins qu’on ne pourrait le croire de la hausse des cours, puisque l’essence absorbe seulement 4 % du revenu disponible des ménages, contre 6 % en 1980. En Europe, la force de l’euro agit comme un bouclier. Pour un pays comme la Chine, qui approche les 10 % de la consommation mondiale de brut, les énormes réserves de change accumulées grâce aux exportations ont permis jusqu’ici d’acquitter la facture sans trop de dommages. Il en va tout autrement pour les pays en développement dépourvus de ressources pétrolières. Selon une étude récente de la Banque mondiale, à chaque fois que le baril augmente de 10 dollars, cela inflige une baisse de 1,5 % au produit intérieur brut des pays les plus pauvres de la planète.

Les économies riches ont tendance à devenir plus vertueuses quand le pétrole est cher. Elles augmentent leur efficacité énergétique, investissent dans des technologies qui rendent les véhicules moins gourmands. Le Grenelle de l’environnement, en France, a profité de cette conjoncture. Mais les pays pauvres sont désarmés. Les voitures qu’ils peuvent acheter ne sont pas les modèles hybrides à faible consommation d’essence qui font fureur en Californie. Le transport, moteur essentiel du développement, reste massivement dépendant du pétrole. La plupart des Etats subventionnent l’essence et le fioul : la hausse devient vite insupportable pour des budgets étriqués, les obligeant à couper dans d’autres dépenses essentielles – le logement, l’éducation ou la santé.

En 2005, au sommet du G8, les nations riches s’étaient engagées à alléger de 50 milliards de dollars la dette des pays pauvres. Or, en 2006, le surcoût pétrolier était déjà dix fois plus important que la réduction de la dette. Puisque, selon toutes les prévisions, le monde va devoir vivre durablement avec un pétrole cher, il est urgent d’envisager non seulement de transférer aux plus pauvres les technologies innovantes permettant d’économiser l’énergie, mais aussi de leur fournir davantage d’aide financière. Qui est prêt à agir dans ce sens ?

Article paru dans l’édition du 04.01.08.

Baril à 100 dollars : le monde s’installe dans l’ère du

pétrole cher

 

Comment analyser cette brusque poussée de fièvre sur les marchés de New York et de Londres, où le baril de brent de la mer du Nord a lui aussi atteint un sommet (97,84 dollars en clôture) ? Les experts l’expliquent par la baisse continue des stocks de brut aux Etats-Unis depuis deux mois et la faiblesse persistante du dollar, qui rend le pétrole moins cher pour les investisseurs non américains. Mais aussi par le nouvel attentat, mercredi, en Algérie et le regain de violence au Nigeria, deux grands pays producteurs d’or noir.

La Maison Blanche a immédiatement fait savoir qu’il n’est pas question de puiser dans les réserves stratégiques des Etats-Unis pour faire refluer les cours. Rien ne justifierait une telle mesure, que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait dû prendre, à l’automne 2005, après les ravages causés par les ouragans Katrina et Rita sur les installations pétrolières du golfe du Mexique. En dépit d’une baisse des stocks, les réserves restent en effet importantes, et aucune pénurie de brut ne se profile dans les prochains mois.

De leur côté, plusieurs pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui assure 42 % de la production mondiale, ont une nouvelle fois rejeté toute responsabilité dans cette flambée des cours. Aux pays consommateurs qui lui demandent de pomper plus de pétrole, le cartel de Vienne a répondu mercredi, par les voix de la Libye et du Qatar, que le marché est bien approvisionné et que la hausse est due aux spéculateurs. Selon des sources dans l’industrie pétrolière, il a suffi d’un seul échange entre deux traders indépendants américains à New York pour que le baril atteigne les 100 dollars.

Sans crise politique majeure ni menace imminente sur l’approvisionnement des pays industrialisés, le prix du brut a augmenté de 57,2 % en 2007, un choc partiellement amorti en Europe par la vigueur de l’euro face au dollar. De nombreux facteurs semblent réunis cependant pour un recul des cours en 2008 : offre certes tendue mais suffisante pour répondre à la demande, climat géopolitique à la détente (notamment en Iran), baisse de la croissance économique et donc du surplus de la demande pétrolière.

Cette analyse ne vaut que pour le court terme. « Il est peu probable que les consommateurs aient le coeur à la fête », avait prévenu, dès décembre, le Centre for Global Energy Studies (CGES) de Londres, qui fait autorité dans les milieux pétroliers. Il estimait que la barre des 100 dollars serait vite franchie. Pour le CGES, il faudrait que l’OPEP décide d’augmenter sa production pour que les prix baissent.

Les cabinets spécialisés, les financiers et les industriels s’accordent à dire que l’époque du pétrole bon marché est révolue et que le monde est entré dans une ère de l’énergie chère. Mises à part les années 1970 marquées par les deux chocs pétroliers violents de 1973-1974 et de 1979-1980, les prix du brut sont restés extrêmement bas au cours du siècle passé pour une énergie fossile destinée, par nature, à s’épuiser. Le prix du baril était encore à dix dollars en 1998 et il a remonté jusqu’à 25 dollars en 2003. Il a fallu attendre 2004 et une brutale hausse de la demande pour qu’il flambe vraiment.

Le directeur général de Total juge qu’« il n’y a aucune raison pour que le prix du pétrole baisse« . Pour Christophe de Margerie, « les vannes de l’OPEP sont ouvertes à fond et il n’y a pas assez de pétrole en cas de crise ». Seule l’Arabie saoudite pourrait compenser la défaillance d’un grand pays exportateur comme l’Iran, le Venezuela ou le Nigéria. Trois pays qui, depuis des années, ne parviennent pas à remplir le quota de production attribué par l’OPEP.

Faut-il croire les prévisions des analystes des grandes banques et des institutions financières ? Ces dernières années, ils ont souvent pêché par excès… d’optimisme. Selon une étude de la Deutsche Bank, ils ont systématiquement sous-estimé la progression des cours, qui a été finalement plus forte qu’ils ne l’avaient prévu.

La banque d’affaires Goldman Sachs, très impliquée sur les marchés pétroliers, pense que le brut texan américain (WTI) vaudra en moyenne 95 dollars cette année – et même 100 dollars au cours du quatrième trimestre – contre 85 dollars auparavant. La banque met en avant l’inflation des coûts de production et les incertitudes géopolitiques, qui continuent à freiner les investissements. Ils sont pourtant nécessaires aussi bien dans l’exploration-production de nouveaux gisements que dans le secteur du raffinage, où les nouvelles capacités en cours de construction au Moyen-Orient et en Asie ne seront sans doute pas suffisantes pour répondre à une demande.

MARGES DE MANOEUVRES LIMITÉES

Les économies des pays industrialisés sont moins dépendantes au pétrole qu’il y a trente ans, notamment pour produire leur électricité. La facture énergétique globale ne cesse d’augmenter. Et même d’atteindre des niveaux insupportables pour de nombreux pays en développement privés de toutes ressources en hydrocarbures. En France, la facture pétrolière représentait 4 % du produit intérieur brut (PIB) en 1980. Elle était tombée à moins de 1 % en 1998 avant de remonter à un peu plus de 2 % en 2006. Dans ce contexte, elle s’est considérablement alourdie ces dernières années pour atteindre en 2006 près de 40 milliards de dollars. La demande de pétrole est, en effet, peu « élastique » au prix puisque les deux tiers du brut consommé dans le monde le sont dans les transports, un secteur où il n’existe pas encore de véritable alternative à l’essence et au gazole en dépit du développement des agrocarburants dans certains pays (Brésil, Etats-Unis) et des véhicules hybrides (essence-électricité).Contrairement aux années 1970, l’envolée des prix pétroliers n’a pas entraîné de récession car cette flambée a été en partie alimentée par la vigueur de la croissance mondiale et la demande des pays émergents (Chine, Inde, Moyen-Orient). Mais elle a contribué à nourrir l’inflation et limite désormais lamarge de manoeuvre des banques centrales pour baisser les taux d’intérêts et limiter ainsi les effets de la crise des subprimes sur l’économie mondiale.

Jean-Michel Bezat

Le baril de pétrole à 100 dollars :

un monde bipolaire

LE MONDE | 03.01.08 | 08h15 • Mis à jour le 03.01.08 | 12h35

Le baril de pétrole a battu mercredi 2 janvier un recordhistorique : à plus de 100 dollars en séance, il a dépassé son pic d’avril 1980, quand la révolution islamique, en Iran, l’avait porté à 99,04 dollars (39,50 dollars de l’époque), selon les derniers calculs du Cambridge Energy Research Associates (CERA). C’est un « retour vers le futur », jugeait récemment le président du CERA, Daniel Yergin, en rappelant que les tensions géopolitiques sont « au centre des inquiétudes sur l’offre pétrolière ».

Pour les pays producteurs, la rente pétrolière permet à leurs fonds souverains d’investir à l’étranger et de sortir peu à peu leurs économies du « tout-pétrole ». Selon le Fonds monétaire international, Abu Dhabi Investment Authority, gestionnaire des fonds pétroliers des Emirats arabes unis, serait le plus riche et gérerait 875 milliards de dollars (590millions d’euros). Le Trésor français estime que les fonds publics et privés du Moyen-Orient capitaliseraient de 750 à 1 00 milliards de dollars. Voire de 3 000 à 4 000 milliards, selon des banquiers en poste dans cette région.

A l’opposé, l’envolée des cours pénalise les pays consommateurs, même si l’enrichissement des pétromonarchies leur offre des débouchés commerciaux (Airbus…). Et c’est une catastrophe pour les pays pauvres dépourvus d’or noir, qui grèvent leur budget pour subventionner essence, gazole et fioul.

CONTRATS RENÉGOCIÉS

Le pétrole cher est aussi une arme à double tranchant pour les « Big Oil ». Elles ont réalisé des profits historiques depuis la flambée des prix en 2005. Au 3etrimestre 2007, les cinq majors (Exxon, Shell, BP, Total, Chevron) ont enregistré 20 milliards de dollars de résultat net.

Mais leurs profits, calculés en dollars, ont baissé, en moyenne, de 15 % – et leur production de 9 % – durant cette période, selon Citigroup. La baisse des marges de raffinage (différence entre le prix du brut et le prix des produits raffinés vendus par les compagnies) et le renchérissement des coûts des projets en cours rognent les profits.

A cela s’ajoutent les règles de certains contrats de partage de production, qui prévoient une baisse du nombre de barils cédés aux compagnies étrangères quand le prix du brut monte. Exxon, Chevron et ConocoPhillips ont reconnu en avoir fait les frais. Or, ces contrats vont se multiplier, passant, en 2012, à 40 %, voire 60 %, des accords signés par les compagnies européennes, estime une étude de Citigroup.

En outre, les prix élevés accélèrent le remboursement de leurs investissements et le moment où elles doivent commencer à partager la production avec les pays hôtes. Enfin, plus les prix montent et plus les pays producteurs sont poussés à renégocier – à leur profit – les contrats signés à des périodes moins favorables pour eux pour obtenir un profit plus important. Cette loi se vérifie partout : du Kazakhstan au Venezuela, de l’Algérie à la Russie.

« En général, les gouvernements sont les grands bénéficiaires quand les prix atteignent de nouveaux sommets », souligne Robert Dudley, patron de l’anglo-russe TNK-BP. Les multinationales ne détiennent que 8 % des réserves mondiales prouvées; les compagnies nationales des pays producteurs 37 %, mais elles devraient atteindre 75 % en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie.

« Sur les 25 premiers pays détenteurs de réserves prouvées de pétrole et de gaz, 21 sont en développement ou en transition », indique un rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Pour s’équiper, diversifier leur économie et financer des programmes sociaux nécessaires à leur stabilité politique, ils ont besoin d’énormes capitaux.

A l’inverse, les ressources en hydrocarbures des pays développés décroissent dixfois plus vite que celles de ces nations. Les majors occidentales dominaient jusque dans les années 1980. Des observateurs leur prédisent désormais le sort des « dinosaures », il y a 65 millions d’années.

Jean-Michel Bezat

Nouvel opera de Pekin

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Pékin inaugure son opéra

en attendant les

Jeux olympiques

LE MONDE | 21.12.07 | 16h52 • Mis à jour le 21.12.07 | 16h52

Vue extérieure du Grand Théâtre national de Pékin, conçu par l'architecte Paul Andreu, le 25 septembre 2007. | AFP/PETER PARKS  

Vue extérieure du Grand Théâtre national de Pékin,

conçu par l’architecte Paul Andreu, le 25 septembre 2007.

AFP/PETER PARKS

PÉKIN ENVOYÉ SPÉCIAL

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L‘inauguration, samedi 22 décembre, du Grand Théâtre national de Chine, plus connu sous le nom d’Opéra de Pékin, marque l’achèvement du projet imaginé par l’architecte françaisPaul Andreu, connu pour avoir construit des aéroportsdans le monde entier, principalementpour le compte d’Aéroports de Paris (ADP) jusqu’en 2003.Cette ouverture survient au moment où le gouvernement etla municipalité, après avoir passé au bulldozer l’essentiel de l’anciennecité impériale, font mine de découvrir, par la voix du ministre de la culture, que desexcès ont été commis.

Au choix : destruction massive du patrimoine, invasion des nouvelles autoroutes urbainespar un nombre croissant de voitures, urbanisation sans véritable projet. La seule colonnevertébrale semble être les Jeux olympiques d’août 2008 : sans trop savoir si l’énormepollution de la ville ne va pas fragiliser l’événement.Situé à une portée de fusil de la place Tiananmen, le Grand Théâtre national fait face à Zhong NanHai, centre des principaux organes du pouvoir depuis Mao Zedong, avecla feinte humilité des faibles qui se courbent devant les puissants. C’est un immenseobjet ovoïde, recouvert de verre et de titane, avec un rien de yin et un chouïa de yang,entouré d’une mince flaque d’eau sous laquelle il faut passer pour découvrir ce que cache le dôme.

DÉCORATION NOUVEAU RICHE

Ce passage souterrain a une similitude grandiose avec les systèmes imaginés par Paul Andreu, alors qu’il était à ADP. Il règne une atmosphère efficace de palais des congrès, ou de centre commercial. On atteint ensuite l’espace de la grande voûte, qui dissimule trois salles de 2 400, 2 000 et 1 000 places. La première peut accueillir de grandes productions lyriques à l’occidentale, des remakes d’opéras révolutionnaires, des sous-réunions du comité central du PC. La deuxième se veut symphonique, elle est dotée d’un orgue monumental de plusieurs milliers de tuyaux. La troisième abrite l’opéra chinois traditionnel qui mérite, il est vrai, de sortir de son demi-oubli. Pas l’ombre d’une élégance dans ces salles à l’acoustique en revanche performante et qui offrent, consolation non négligeable, un bon rapport entre la scène et la salle.

La décoration de l’ensemble, contre laquelle s’est battu Andreu, est la plupart du temps lourde, prétentieuse, surchargée de marbres, et pour autant inconfortable, car le mobilier manque – hors les fauteuils des salles, qui rappellent terriblement des sièges d’avion dépourvus de ceinture.On se prend à rêver qu’allant au bout de cette décoration nouveau riche, les c ommanditaires de l’opéra se soient adressés aux ensembliers du Faubourg-Saint-Antoine qui fournissent déjà les émirs d’Arabie. Las, Philippe Starck, le célèbre designer français, a déjà fait appel aux mêmes fabricants de meubles ou à leurs cousins chinois pour l’immense restaurant du Lan (le Bleu), situé à quelques kilomètres, sur la même avenue. C’est donc un théâtre où les clients peuvent « se la jouer », adapté au goût des nouvelles fortunes locales, pour qui la culture est encore un puzzle à reconstituer.

L’opéra d’Andreu reste peu apprécié des Chinois, toutes classes sociales confondues, qui y voient un projet retiré aux « génies » locaux de l’architecture et un objet incongru par rapport à l’essence de l’architecture chinoise – si tant est qu’il reste un tant soit peu d’essence qui ne soit pas vouée à tourner au pastiche.

Seuls se sont réjouis les jeunes architectes, moins parce qu’ils admirent le fameux »oeuf de canard » que parce qu’il les libère des normes enseignées dans les écoles. On peut ainsi se féliciter qu’Andreu ait ouvert la porte aux signatures brillantes de Rem Koolhaas et Ole Sheeren (avec la tour de la CCTV), d’Herzog et de Meuron (le stade olympique), et de Zhu Pei, seul Chinois de l’épopée actuelle (le BeijingDigital Center).

Frédéric Edelmann

Article paru dans l’édition du 22.12.07.