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3º – Baudelaire, Une charogne

Titre: 3º – Baudelaire, Une charogne
Classe: 3ºA
Description: Nous commençons nouveau petit cycle d’études qui se centrera sur l’adaptation de poèmes de poètes français en chanson.

Voici le premier que nous avons étudié : il s’agit de “Une Charogne”, extrait des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, écrit en 1857.

  • -Lecture de ce poème (sous-titres en espagnol):
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XXIX – Une Charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposées!

 Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

Traduction espagnole : http://es.wikisource.org/wiki/Una_carroña

 

L’adaptation de ce poème en musique a été faite par le groupe Both. Vous pouvez télécharger librement et légalement et gratuitement leur album sur le site jamendo.com

Voici le lien direct pour leur chanson : http://www.jamendo.com/fr/track/1102

Elle est également disponible sur Youtube :

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_________________________

Une autre adaptation du texte, totalement différente.

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Date: 2012-01-26

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