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L’étude de l’incipit de la Boîte à Merveilles avec carte heuristique

si vous trouvez cette étude très fastidieuse une petite carte mentale vous simplifiera énormément la vie

Le soir … peu sorcière

( Pages 3-4)

1-      Le système énonciatif :

A-Les indices révélant la présence d’un écrivain- narrateur (adulte) :

« Moi, Je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids »

Le « je » renvoie à un écrivain-narrateur , d’où le respect de la règle des trois identités : L’auteur, le narrateur et le personnage principal sont une seule et même personne.

Cependant le « Je » (écrivain) ne tardera pas à céder la place à « Il » (petit garçon de six ans) marquant ainsi le début de la dissociation entre l’auteur et le narrateur :

« Il désire tant ce petit moineau ! Il ne le mangera pas, il ne le martyrisera pas, Il veut en faire son compagnon… » . Cette prise de distance sera complète dans le troisième paragraphe «  Nous habitions Dar Chouafa … » C’est à partir de ce passage que la narration sera assurée par un narrateur différent de l’écrivain, désormais, celui-ci n’interviendra que pour expliquer ou commenter certains faits.

B-Les indices du temps :

1-Le récit s’ouvre « Le soir », la nuit et la solitude déclenchent la narration , toutefois l’auteur narrateur-adulte n’hésitera pas, à plonger dans ses souvenirs lointains espérant y trouver l’origine de son malaise : « Ma solitude ne date pas d’hier ».

« le soir » se révèle un moment particulièrement pénible pour le « je » (auteur) et le « il » (petit garçon) d’où un véritable jeu de miroir.

Les temps verbaux

Le présent de l’indicatif a des valeurs différentes selon son emploi. Deux valeurs sont à retenir dans notre cas.

Le présent de l’énonciation : il correspond au moment où l’on parle.

Je songe / Je ne dors pas / Ma solitude ne date pas d’hier Ma solitude ( aujourd’hui, en ce moment)

Je vois P3 5 (maintenant que je parle.

Ce présent annonce un énoncé ancré dans la situation d’énonciation. Il révèle la présence d’un narrateur adulte et du moment d’écriture (moment de la parole, de l’énonciation). Il lui permet aussi de faire des commentaires. Ce temps est courant dans des genres littéraires comme l’autobiographie.

Le présent de narration : il s’emploie pour rapporter des actions passées en les rendant plus « vivantes », plus actuelles, donne une impression de direct.

Ainsi Sefrioui a recours à ce présent pour rendre cette scène qui appartient au passé et la montrer avec un effet précis.

Au présent: « Je vois » Enoncé ancré dans la situation, présent de l’ énonciation Au passé, l’enfance… Un petit garçon de six ans dresser un piège pour attraper un moineau Il (l’enfant) désire tant ce moineau /Il ne le martyrisera pas / Il veut en faire son compagnon Il court / Il revient s’asseoir sur le pas de la porte / Le soir , il rentre le cœur gros P3

C-Indices de lieu : L’auteur-narrateur ne mentionne pas le lieu où il se trouve au moment de l’écriture, cependant le lieu où se trouve l’enfant est parfaitement connu « au fond d’une impasse … la ruelle…sur le pas de la maison…Dar Chouafa ».

2-Un « Je » solitaire :

L’obscurité du soir qui tombe et le poids de la solitude qui accable le narrateur déclenchent la narration, en effet le lecteur se trouve devant un être solitaire, isolé du monde ; ainsi l’écrivain se distingue nettement des autres «  Le soir quand tous dorment, les riches dans leurs chaudes couvertures, les pauvres sur les marches des boutiques ou sous les porches des palais, moi, je ne dors pas… », il ne s’agit ni d’un riche ni d’un pauvre, c’est un être solitaire tout simplement.

Cette solitude fatidique écrasant  le narrateur et l’empêchant de dormir « moi, je ne dors pas. Je songe à ma solitude… » semble se coller à son âme si bien qu’elle devient une partie intégrante de son être ; l’emploi de l’adjectif possessif « ma » en est une preuve suffisante.

L’auteur se lance alors dans une véritable quête à travers les méandres obscures de son passé, faisant face à ses peurs, ses espérances et ses rêves d’enfant, dans l’espoir de trouver  l’origine de sa solitude. Aussitôt les souvenirs commencent à défiler clairement devant lui « je vois », la première image qui se présente devant ses yeux est celle d’un petit garçon jouant seul et cherchant un ami ( un moineau) puisqu’il n’en a pas trouvé parmi les humains, l’attente se fera longue et sans résultat, la nuit tombée l’enfant rentrera à la maison le cœur brisé et les yeux larmoyants.

1ère année bac, La Boîte à merveilles

  1. lawair
    13/11/2013 à 15:16 | #1

    @flammebleue pardon Monsieur et merci pour votre aide que Dieu vous bénisse lorsque j’ai vu sur le site ikipédia ceci :
    Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. »
    L’énoncé « Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. » est produit par la situation d’énonciation suivante.
    – L’énonciateur est « Solange Martin ».
    – Le destinataire est « Charles Dupuis ».
    – Le lieu de l’énonciation est « au pied de la tour Eiffel ».
    – Le temps de l’énonciation est le « lundi 10 janvier 2005 ».
    Cet énoncé ne comportant aucun embrayeur permettant de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d’énonciation, cet énoncé doit donc être analysé comme « coupé » de celle-ci. Cet énoncé est un récit.
    je n’ai plus rien compris puisque vous m’aviez dit Monsieur que tous les dialogues sont ancré dans la situation d’énonciation mais cet exemple m’a complètement désorienter, c’est un discours direct juger comme étant un récit !
    pouvez vous m’éclaircir merci infiniment

  2. lawair
    05/11/2013 à 18:21 | #2

    salam pardon MONSIEUR,
    est ce que vous pouvez me dire si les dialogues que je retrouve dans la boite à merveilles font parti des énoncés coupés ou ancrés , je crois qu’ils sont coupés car on y utilise le présent de la narration , est ce que je me trompe?

    • flammebleue
      07/11/2013 à 17:28 | #3

      C’est une question que tu m’as déjà posée si ma mémoire est bonne. Mais je te répondrai quand même: tout dialogue est un discours, tout discours est un énoncé ancré dans la situation de l’énonciation, de surcroît, le présent employé dans les dialogues est bel et bien le présent de l’énonciation vu que les faits se déroulent au même moment où le locuteur les exprime.
      bon courage

  3. lawair12
    04/11/2013 à 20:59 | #4

    salam ,
    s’il vous plait je n’arrive pas à comprendre la chose suivante :
    est ce que les dialogue que l’on retrouve dans la boite à merveilles font partie des énoncés ancrés ou coupés ? moi je crois qu’ils sont coupés car ils ne se passent pas au moment où le narrateur parle , il utilise le présent de la narration pour rendre les faits plus réels est ce que je me trompe Monsieur ?

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