Archives
Catégories

Compteur


174078 visiteurs

Commentaires récents
    décembre 2009
    L M M J V S D
    « Nov   Jan »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
    Blogoliste
    Blogoliste

    Corrigé de devoir : L’ Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale

    HISTOIRE TERMINALE

    CORRIGE DE DEVOIR 

    EXPLICATION DE DOCUMENT

    CARTE DE L’EUROPE EN 1945

     

    L’Europe au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale

     

    1. A quel contexte ce document correspond-il ?

     

    Le document proposé est une carte qui représente le continent européen au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Une semaine après le suicide d’Hitler, l’Allemagne nazie a capitulé à Reims et Berlin les 8 et 9 mai 1945. On peut dater cette carte de la fin de l’année 1945, car le tracé des frontières des Etats inclut certaines dispositions prises à Potsdam par les Alliés (Truman, le Président des Etats-Unis, Attlee, le premier ministre britannique et Staline, le maître de l’URSS) en juillet-août 1945 et car elle mentionne le procès de Nuremberg, qui s’est tenu de novembre 1945 à octobre 1946. Le contexte est donc celui d’une victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et du remodelage de l’Europe qui en découle. Les frontières sont modifiées ce qui entraîne d’importants déplacements de populations, certains pays annexent des territoires, les pays vaincus ne sont plus maîtres de leur sort mais soumis aux vainqueurs qui découpent leur territoire en zones d’occupation militaire.

    Il ne faut donc pas ici s’appesantir sur une guerre froide qui n’a pas encore réellement commencé, simplement évoquer ses germes.

     

    1. Quel est le sort de l’Allemagne et de l’Autriche ?

    L’Autriche avait été annexée au Reich en 1938 par l’Anschluss. Liée à l’Allemagne nazie, elle en partage les victoires et les défaites. Vaincues, l’Autriche et l’Allemagne n’existent plus en tant qu’Etats indépendants, au sens de maîtres de leur destin politique. Dans l’attente de leur statut futur, elles sont découpées en quatre zones d’occupation militaire, gérées par les armées victorieuses. En ce qui concerne l’Allemagne, la France occupe la zone la plus proche de la frontière franco-allemande, au nord se trouve la zone britannique, au sud la zone américaine et à l’est la zone soviétique. La ville de Berlin, ancienne capitale du Reich, enclave en zone d’occupation soviétique est soumise au même découpage quadripartite et dépend de l’autorité conjointe des Alliés.

     

    1. Quelle place nouvelle tient l’URSS en Europe et quelles en sont les conséquences ?

    L’URSS est entrée dans la Seconde guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne nazie et terminé la guerre en contribuant massivement à la défaite du Reich. Envahie le 22 juin 1941, l’URSS a payé un tribut très lourd : plus de vingt millions de morts militaires et civils confondus, des centaines de villages détruits, des régions entières dévastées, des villes soumises à des batailles très meurtrières (900 000 morts à Leningrad, 800 000 à Stalingrad…), un désastre économique. L’ampleur des sacrifices consentis au cours de la grande guerre patriotique, le sang versé, des populations mobilisées à outrance pour l’effort de guerre, le rôle essentiel joué dans l’écrasement de l’Allemagne valent alors aux Soviétiques et en particulier à Staline un énorme prestige. Prestige que Staline exploite largement par la propagande, qui rejaillit sur les partis communistes et  permet ensuite de faciliter leur succès politique un peu partout en Europe.

    Territorialement, l’URSS a agrandi son espace propre en annexant toute la frange orientale de l’Europe :

    –          Carélie, prise à la Finlande

    –          Estonie, Lettonie, Lituanie, privées de leur indépendance

    –          Prusse orientale (région de Königsberg/Kaliningrad)

    –          Pologne orientale

    –          Ruthénie subcarpatique, Volhynie, Bukovine (intégrées à l’Ukraine soviétique)

    –          Bessarabie prise à la Roumanie

    Ces annexions s’accompagnent de transferts massifs de populations :

    – Polonais contraints de se déplacer vers l’ouest

    – Allemands non seulement chassés de la Prusse orientale, mais aussi de régions autrefois allemandes et désormais acquises à la Pologne (à l’est de la ligne Oder-Neisse), également expulsés des Sudètes par le gouvernement tchécoslovaque. 

    En 1945, l’Europe compte environ 50 millions de personnes déplacées, certaines devenues apatrides et installées dans des camps pour personnes déplacées.

    A ce glacis protecteur qui va de la Baltique à la mer Noire, s’ajoute une large zone occupée par l’Armée rouge : Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie. Toute l’Europe centrale et orientale, libérée du joug nazi est désormais sous contrôle soviétique, à l’exception de la Yougoslavie et de l’Albanie, libérées par les partisans locaux. Cette zone tampon s’explique par la crainte russo-soviétique des invasions qui ont émaillé l’histoire du pays, et par la volonté d’avoir sur les marges frontalières des régimes politiques qui ne puissent pas manifester d’hostilité envers l’URSS. Pour Staline, il est légitime d’occuper des pays dont les régimes politiques ont soutenu le nazisme (Roumanie d’Antonescu, Hongrie d’Horthy, Slovaquie de Mgr Tiso…). Les armées américaines étant présentes dans la partie occidentale de l’Europe, il se produit donc une sorte de face-à-face, dans une Europe peu à peu coupée en deux idéologiquement. Alliés pour abattre le nazisme, Américains et Soviétiques deviennent rapidement méfiants l’un envers l’autre. La question du devenir de la Grande Alliance, celle des relations américano-soviétique se pose.

    1. Quel est le rôle des deux grands événements mentionnés sur la carte dans la préparation de l’avenir de l’Europe ?

    Lors de la conférence de Yalta, qui s’est tenue dans la presqu’île soviétique de Crimée, en février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline ont commencé à réfléchir aux lendemains de la victoire. A cette date, les troupes soviétiques approchent de Berlin alors que les armées anglo-américaines sont encore bloquées au niveau du Rhin. Politiquement, les trois Grands se sont accordés sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur celui de la reconstruction d’une Europe dénazifiée. Le principe moral les a conduits également à décider que les criminels de guerre doivent être jugés et qu’une Organisation des nations unies doit veiller sur la paix et la sécurité futures (Conférence de San Francisco, 1944). Staline entérine un accord dont il sait qu’il ne respectera pas les engagements démocratiques dans les pays occupés par ses armées en Europe centrale et orientale. Yalta entérine les annexions de Staline, qui est en position de force.

    Les principes de Yalta sont confirmés lors de la conférence de Potsdam et l’Allemagne est soumise au principe des trois D : dénazification (enquêtes, jugements pour éliminer l’influence nazie dans la société allemande), démilitarisation (l’Allemagne ne peut plus posséder d’armée) et décartellisation (démantèlement des grands groupes industriels qui ont financé et soutenu le nazisme et qui ont profité de la guerre en utilisant de la main-d’œuvre gratuite sous forme de travail forcé).

    Le procès de Nuremberg a fait comparaître un certain nombre de responsables nazis civils et militaires, en fonction en Allemagne ou dans des zones de l’Europe occupée : Hermann Goering, Joseph Goebbels, Rudolf Hess, Von Schirach, Albert Speer, Seyss-Inquart, Keitel, Jodl…sont condamnés à mort par pendaison ou à des peines de prison de plus ou moins longue durée (Speer est libéré au bout de quelques années, Hess est condamné à perpétuité et incarcéré à la prison de Spandau). Certains responsables, en fuite, ne peuvent être condamnés (Bormann, Eichmann). Le tribunal se compose de représentants des quatre puissances alliées (Etats-Unis, Royaume-Uni, URSS, France), donc des vainqueurs. L’ambigüité du procès vient aussi du fait que l’URSS y siège pour juger des principes antitotalitaires qui ne sont pas respectés chez elle. Cependant le tribunal élabore une notion juridique nouvelle, celle de crime contre l’humanité, qui constitue une avancée indéniable dans le monde du droit et d’une morale internationale à vocation universelle. Cette notion de crime contre l’humanité participe largement à la construction de la mémoire de cette guerre, qui a vu pour la première fois de l’histoire la mise en œuvre de génocides pensés et perpétrés par un Etat, à une échelle continentale et industrielle. Les mémoires de ce conflit, parfois antagonistes, attendent parfois des décennies pour se révéler.

    Comments are closed.