Quand on tape Criel-plage sur google image, ce sont des photos de la plage de galets ou des impressionnantes falaises qui s’ affichent et non celle d’un homme lavant la piscine de la petite commune.

Ainsi, cette photo impressionne par sa grandeur, ses couleurs mais aussi son réalisme. En effet Depardon a figé dans le temps une scène de la vie estivale, dont nous sommes certes tous témoins mais surtout indifférents. Aucun autre personnage n’apparait sur la photo : les vacanciers ne sont pas encore présents car l’heure est sans doute très matinale.; seul l’homme au travail est présent  sur la plage.

Dans quel But Depardon nous intègre-t-il  dans cette France que finalement nous connaissons peu ?

Cette photo prise à Criel Plage en Seine Maritime, représente un moment banal de la saison estivale. Un homme en tenue de travail, nettoie la piscine en bord de plage. Cette photo fige l’ instantanéité du derrière de la scène. Le paysage naturel se devine au loin. Il reste en arrière plan. Celui-ci semble inaccessible, étouffé par les infrastructures .

Et même le talus qui se devine au centre droit n’a rien de naturel.

En revanche, au premier plan, c’est un paysage artificiel qui apparaît. Aux petite cabines  de plage du début du XX é siècle, ce sont rajoutés, une piscine, un parc pour enfants entouré de grillage, des bancs et même la poubelle fait parti du cliché.

L’ homme aménage le territoire. La petite plage de Criel est devenue à son échelle un centre attractif et touristique.

Depardon a donc voulu montrer l’empreinte de l’ homme sur le paysage français. Il constate la littoralisation de l’espace, c’est-à-dire la concentration des hommes et des activités sur les littoraux. Il s’en suit donc l’aménagement du territoire tel que la construction d’une piscine ici par exemple, pour attirer les foules. Depardon nous transporte ici dans une scène du quotidien de la saison estivale, de notre société qui se modifie et exploite de plus en plus les littoraux.

Simple constatation ou dénonciation de l’empreinte de l’ homme sur la nature ?

© Murielle Piton, HK AL

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http://www.lefigaro.fr/medias/2010/09/27/8803cc36-ca16-11df-8901-6fbd366f32cb.jpg

Description:

Cette photo représente un paysage rural et se divise en trois plans:

  • Premier plan: une route départementale est longée par un fil électrique, ce qui donne une certaine harmonie géométrique au paysage. Il y a aussi un panneau de signalisation. Ces éléments rappellent la présence de l´homme, malgré son absence physique.
  • Deuxième plan: on y voit un paysage de campagne (et plus précisément de l´open-field, mais qui n´est pas encore en culture). Cette campagne, bien que peu exploitée,  est néanmoins aménagée par l´homme. Ainsi la présence d´une route et d´un sentier, d´une camionnette (inoccupée) témoigne des activités humaines. Un poteau électrique structure le paysage, on a l´impression que la nature est découpée par les infrastructures mises en place par l´homme. Il y a peu d´activité humaine, mais la présence de bétail en est la marque.
  • Troisième plan: une forêt trace la ligne d´horizon. Elle semble être parfaitement coupée, ce qui est sans doute la marque d´une déforestation ancienne, et donc, là encore, de la présence de l´homme qui aménage le territoire qu´il habite.

Il y a comme une géométrisation de cet espace, rendue par la verticalité du poteau et l´horizontalité de la forêt; le tout étant traversé par la diagonale du sentier.

Intérêt:

Il n´y pas d´être humain sur la photo, mais sa présence se donne à voir. Ainsi, on est bien loin d´une nature rebelle qui pousse dans tous les sens. Ici, l´homme l´a totalement domptée, l´herbe et la forêt sont parfaitement coupées. De même, le sentier, le poteau électrique et le panneau de signalisation illustrent sa domination sur la nature. Cette dernière est organisée par et pour l´homme, en fonction de ses besoins.

Le vert est la couleur prédominante de ce paysage, notons aussi le rôle du poteau électrique qui au-delà de structurer le paysage, n´est pas sans rappeler les cyprès ayant la même fonction dans la peinture de Van Gogh. La présence de l´homme est passée par là et a transformé l´arbre en conducteur d´électricité…

© Mark Moulines et Thibaud Ruellan, HK/AL

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Cette image a été prise par Raymond Depardon au cours du tour de France qu’il a réalisé en 2004, pour réunir une collection de photographies qui reflèteraient l’ensemble du territoire français, ses régions, ses pays, et l’emprise, positive où négative, de l’homme sur ce territoire. La photo ci-dessus a été prise dans le Nord-Pas-de-Calais, à Berck-Plage. On y voit une foule éparpillée sur une plage, probablement pour regarder ou participer à un concours de cerf-volants. En effet, dans cette ville de la côte d’opale, ont lieu chaque année les rencontres internationales du cerf-volant.

L’aspect le plus frappant de cette image est le contraste  entre une foule humaine grouillante qui envahit l’espace, le peuple et y introduit du mouvement, par opposition au calme plat, à la sérénité des éléments, représentés par la mer, dont l’horizon divise nettement la photo en deux parties, le sable et le ciel. Il semble que le territoire soit demeuré à l’état sauvage, que la présence humaine n’y est que ponctuelle, qu’elle puisse en être balayée par un simple coup de vent.

Si les autres photos de l’exposition semblent vouloir montrer la domination de l’homme sur la nature, celle-ci au contraire révèle la faiblesse de l’homme par rapport à la nature. Souvent sur les photos de Depardon, l’homme semble avoir définitivement imprimé sa marque sur la nature par exemple par la construction de routes, de ports, de villes, d’usines… Ici l’homme prend une place qui lui semble mieux proportionnée, à savoir que la nature semble apprivoisée plutôt que dominée. En effet Depardon a exprimé le but de son tour de France, et de ses photographies, à savoir d’ « observer les traces de la présence de l’homme qui par son intervention au fur et à mesure de l’histoire a modifié le territoire ».

On remarque aussi sur cette photo le jeu des couleurs : celles-ci caractérisent la présence de l’homme puisque le ciel, la mer et le sable sont de couleurs unies, alors que la foule humaine et l’ensemble des cerf-volants sont bigarrés. On s’attendrait plutôt à ce que Depardon ait photographié en noir et blanc, comme lui même en avait a priori l’intention, mais à Berck-plage, dit-il «  je ne sais pas si c’est la lumière douce sans contraste, les couleurs criardes de ces cafés, en tout cas ma décision était prise, j’optais à 100% pour la couleur ».

La présence humaine sur cette photo se caractérise par le mouvement, le grouillement même, et la couleur.

On peut interpréter l’exposition de photos de Depardon comme un rappel de ce qu’est la France : à savoir tout un territoire, et pas seulement Paris comme on a facilement tendance à le croire. On peut voir cette exposition comme une opposition à cette expression de JF Gravier qui décrit la France comme « Paris et le désert français » .

Camille Gindre, HK AL

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1ère photographie de l’exposition : Berck plage, Pas-de-Calais, mer du Nord.

En arrière-plan se trouve la plage, cette dernière est grande et vaste ; en effet, elle se situe à marée basse. On voit que cette plage est le lieu de la fête du cerf-volant. Plus précisément il s’agit de la 25ème rencontre internationale de cerfs volants de Berck sur plage. Il semble faire froid puisque les gens portent de gros manteaux, on aperçoit beaucoup de personnes, ce qui contraste donc avec les autres clichés du photographe où on ne voit personne. C’est la photographie de l’exposition qui contient le plus de monde et c’est également la plus intégrante car elle se situe en premier, au début de l’exposition dans une seule salle, elle met en haleine le spectateur, éveille sa curiosité avant d’entamer le périple dans la salle suivante ou sont regroupés tous les clichés.

Il y a des espaces délimités par des fils, cela en raison du festival, il y a également des cabanons pour la fête. Les délimitations correspondent aux aires ou on peut tenir ses cerfs-volants, elles regroupent ainsi plusieurs stands.

De nombreux personnages sont flous, cela confère du mouvement à la photographie. Cela symbolise le temps qui passe, la vie qui se déroule sous nos yeux.

Cette photographie semble être plutôt une vidéo coupée qu’un cliché, toutes les personnes sont en mouvement et on imagine très clairement les gestes qu’ils peuvent être en train de faire. Certains personnages sont comme estompés par leurs mouvements, mais pas les cerfs-volants qui tiennent la pose et composent le tableau.

Cette photographie contraste donc avec le but de Depardon pour cette exposition qui était de ne pas montrer l’être humain mais bel et bien l’aménagement réalisé par ce dernier, il part en effet du principe que nous n’avons pas besoin de voir l’homme pour comprendre que c’est lui qui a réalisé tous ces travaux, lui qui a transformé les paysages. Ainsi, cette photographie nous dit moins de l’aménagement touristique que les autres.

En observant un peu plus en détails la photographie, on aperçoit des tentes, des machines reliées par des fils, des cerfs-volants tombés, cela semble être des aménagements pour le festival.

C’est l’aspect du mouvement qui nous a plu dans cette photographie ainsi que le mélange des générations, la photo est prise d’en haut, en hauteur, la vue est ainsi plus panoramique, on a l’impression de surplomber la scène. C’est enfin le côté humain qui nous a conquises.

Aucune subtilité apparente dans le cadrage somme toute très banal. Depardon n’hésite pas à couper le motif, à cadrer trop serré ; il n’est pas du genre à s’interdire de couper les pieds du sujet. Mais du coup l’équilibre, l’harmonie, la puissance de la photo ne semblent pas provenir de l’artiste mais des choses mêmes ;  comme de surcroît. Depardon se cache derrière ce qu’il montre pour mieux nous le faire voir.

BROCHARD Marine

WEGMANN Alexandra

HK BL

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Dans les clichés réalisés par Raymond Depardon lors de son tour de France en 2004, on rencontre des ronds-points perdus, des cheminées d’usine fumantes, des villages fleuris, des places d’église désertiques et cette photographie, prise en été, de la très prisée station de ski de Chamonix, très prisée ou en apparence seulement, du moins pas à toutes les saisons…

Il y a, en effet, un vif contraste entre le nombre de logements présents sur cette photographie et le nombre d’habitants que l’on peut effectivement apercevoir, sur la terrasse d’un café au premier plan. Le contraste est d’autant plus frappant que les logements sont quasiment tous identiques, comme s’ils avaient été construits en chaîne à la manière des HLM pour répondre à une demande trop importante de logements. Par ailleurs, un trompe l’oeil au deuxième plan nous donne d’autant plus l’impression que l’offre de logement est loin d’être insuffisante. Ce contraste frappant révèle tout l’intérêt géographique de ce cliché. C’est en effet mettre en avant le caractère saisonnier de l’activité touristique des stations de ski qui, très fréquentées pendant les vacances d’hiver, sont quasiment désertées quand vient l’été. Elles manquent pour la plupart d’activités qui puissent se substituer aux très attrayants sports d’hiver et ne proposent l’été que très peu d’activités. Les vacanciers préfèreront donc les stations balnéaires des bords de mer plutôt que la montagne.

C’est ainsi la France silencieuse qui est montrée au grand jour par Raymond Depardon et cette vision particulière de l’hexagone témoigne de son obsession salutaire pour la question du territoire. Il est en effet également réputé pour ses films documentaires comme La Vie moderne, dans lequel il projette la vie de paysans de montagne dont tout porte à croire qu’ils vont disparaître sous l’effet des mutations économiques. Raymond Depardon a donc choisi de mettre en avant la France rurale dans sa simplicité, afin de « revenir au silence de la photographie ».

Marc FREYSSELINARD, HL AL

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