Quand on tape Criel-plage sur google image, ce sont des photos de la plage de galets ou des impressionnantes falaises qui s’ affichent et non celle d’un homme lavant la piscine de la petite commune.
Ainsi, cette photo impressionne par sa grandeur, ses couleurs mais aussi son réalisme. En effet Depardon a figé dans le temps une scène de la vie estivale, dont nous sommes certes tous témoins mais surtout indifférents. Aucun autre personnage n’apparait sur la photo : les vacanciers ne sont pas encore présents car l’heure est sans doute très matinale.; seul l’homme au travail est présent sur la plage.
Dans quel But Depardon nous intègre-t-il dans cette France que finalement nous connaissons peu ?
Cette photo prise à Criel Plage en Seine Maritime, représente un moment banal de la saison estivale. Un homme en tenue de travail, nettoie la piscine en bord de plage. Cette photo fige l’ instantanéité du derrière de la scène. Le paysage naturel se devine au loin. Il reste en arrière plan. Celui-ci semble inaccessible, étouffé par les infrastructures .
Et même le talus qui se devine au centre droit n’a rien de naturel.
En revanche, au premier plan, c’est un paysage artificiel qui apparaît. Aux petite cabines de plage du début du XX é siècle, ce sont rajoutés, une piscine, un parc pour enfants entouré de grillage, des bancs et même la poubelle fait parti du cliché.
L’ homme aménage le territoire. La petite plage de Criel est devenue à son échelle un centre attractif et touristique.
Depardon a donc voulu montrer l’empreinte de l’ homme sur le paysage français. Il constate la littoralisation de l’espace, c’est-à-dire la concentration des hommes et des activités sur les littoraux. Il s’en suit donc l’aménagement du territoire tel que la construction d’une piscine ici par exemple, pour attirer les foules. Depardon nous transporte ici dans une scène du quotidien de la saison estivale, de notre société qui se modifie et exploite de plus en plus les littoraux.
Simple constatation ou dénonciation de l’empreinte de l’ homme sur la nature ?
© Murielle Piton, HK AL
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