Mots-clefs :carte topographique, Cartographie, géographie, hypokhâgne, IGN, Revue de presse
Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Flammarion, 2010
Les Anglais se gaussent de notre passion des vacances. Se sont-ils penchés sur la rentrée, car, fin août, le pays rentre ? Les libraires et les lecteurs qui viennent de dévorer des livres sur les plages rentrent aussi. Les éditeurs gardent le meilleur pour cette transe éditoriale qu’est la saison des prix qui transformera notre sapin de Noël en porte-cadeaux. L’an dernier, Gallimard nous livrait La diagonale du vide. Cette année, Flammarion nous envoie La carte et le territoire. Qui sait si Albin Michel n’a pas demandé à Amélie Nothomb d’écrire pour 2011 une Géographie régionale ?
Dans la première partie qui compose La carte et le territoire de Michel Houellebecq, un plasticien de renommée mondiale, Jed Martin, expose une trentaine d’agrandissements photographiques empruntés aux cartes Michelin « Départements ». Des cartes de zones géographiques variées, « de la haute montagne au littoral breton, des zones bocagères de la Manche aux plaines céréalières de l’Eur-et-Loir ». L’exposition est installée au siège de Michelin, avenue de Breteuil à Paris, annoncée par cette transcription majuscule : « LA CARTE EST PLUS INTERESSANTE QUE LE TERRITOIRE ».
La carte Michelin joue dans le roman le même rôle que la plupart des objets et des lieux : voitures, tableaux, supermarchés, clé USB, pavillons de banlieue… Mais ici, Jed Martin raconte un coup de foudre pour les cartes sur l’autoroute A20. Il va enterrer sa grand-mère à Châtelus-le-Marcheix, et sur « une des plus belles autoroutes de France » dans un relais peu avant La Souterraine, il achète une carte de la Creuse. « C’est là, en dépliant sa carte, à deux pas des sandwiches pain de mie sous cellophane, qu’il connut a seconde grande révélation esthétique. Cette carte était sublime ; bouleversé, il se mit à trembler devant le présentoir. Jamais il n’avait contemplé d’objet aussi magnifique, aussi riche d’émotion et de sens que cette carte Michelin au 1/150 000 de la Creuse, Haute-Vienne. »
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Le Monde, 19/08/2010
A 100 ans révolus, on pourrait l’imaginer fragile et vulnérable… Pourtant, elle se défend bien, la carte Michelin. Un moment donnée pour morte face aux GPS et autres smartphones, la carte routière chère aux Français résiste. « Bon an, mal an, il se vend encore plus de 10 millions de cartes Michelin dans le monde, dont plus de 5 millions en France », détaille Paul Carril, directeur de la cartographie chez Michelin. L’activité emploie, tous métiers confondus, plus de 80 personnes.
Même si le support reste en papier, la nouvelle technologie n’est pas étrangère à Bibendum. Depuis quelques semaines, Michelin commercialise une carte enrichie de « flashcodes », sortes de codes-barres formés de petits carrés noirs et blancs lus pour l’instant par l’iPhone d’Apple. Il suffit de »flasher » avec son iPhone l’un des 22 codes (21 villes plus la France) sur cette carte appelée France Trafic en temps réel, pour qu’apparaissent autour de l’agglomération choisie des informations sur la circulation, les accidents, les bouchons ou les travaux en cours.
La mise à jour des cartes papier traditionnelles n’est pas en temps réel, mais presque ! Chaque année, sur l’ensemble des cartes, ce sont entre 4 et 6 millions d’opérations de modifications qui sont apportées. Des modifications qui portent notamment sur le réseau routier : telle autoroute a été terminée, des travaux ont été lancés sur telle autre, etc. « Le public ne comprendrait pas que telle ou telle route y figure encore, alors qu’elle n’existe plus », explique Philippe Sablayrolles, responsable de la production cartographique chez Michelin. « Ce qui signifie qu’avant de figer la carte à un instant T pour pouvoir l’imprimer, il y a un énorme travail en amont avec les pouvoirs publics, les donneurs d’ordres, les concessionnaires d’autoroutes, en France et à l’étranger aussi », assure-t-il.
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AFP/PHILIPPE MERLE
Lyon et ses bouchons. La congestion routière a longtemps collé à l’image de la capitale des Gaules, occultant même les « petits bouchons » de sa réputation gastronomique. A l’est de l’agglomération, la rocade de contournement de 62 kilomètres, doublant le boulevard périphérique, qui permet d’éviter le tunnel de Fourvière, a changé la donne au début des années 1990. A l’ouest, le périphérique s’interrompt au bout de 10 kilomètres. Pour le boucler jusqu’au sud, le tronçon de l’ouest du périphérique (TOP) devra franchir un vif débat politique, une enquête publique, des études techniques, avant de voir le jour à l’horizon 2018-2020, pour un coût d’environ 2 milliards d’euros. En attendant, 100 000 véhicules en moyenne empruntent quotidiennement le tunnel de Fourvière, construit à une époque où l’autoroute était l’alpha et l’oméga du développement urbain. (…)
Les transports constituent l’enjeu majeur de la métropole lyonnaise. Pour la première fois depuis les années 1960, la voiture est passée sous la barre symbolique des 50 % de part d’utilisation dans les modes de déplacements des 57 communes du Grand Lyon. Réduire encore la part bruyante et polluante de la voiture en développant les modes alternatifs, c’est la ligne directrice de la politique des transports. Pas simple quand la voiture est gage de liberté et occupe 80 % de la voirie publique. « Dans les sondages, les particuliers se déclarent très favorables aux transports en commun sans forcément penser les utiliser. Ils se disent que la voie sera libre pour eux ! », relativise Charles Raux, directeur du laboratoire d’économie des transports de l’université Lyon-II. Les distances logement-travail augmentent beaucoup plus vite que n’évoluent les réseaux de transport. « En France, à la différence de l’Allemagne, par exemple, on a pris beaucoup de retard », ajoute M. Raux.
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Les » mappeurs » utilisent l’outil informatique pour actualiser des plans de ville ou de quartier souvent incomplets.
Tendance
Qui n’a jamais griffonné quelques informations pratiques sur un plan de ville ? Une croix pour désigner l’emplacement exact de son domicile, une flèche pour les sens uniques récemment créés, ou encore le tracé des nouvelles voies de dégagement. Et si tous ces précieux détails, ajoutés par chacun, étaient regroupés sur un même plan qui serait distribué gratuitement…
Cela existe déjà en ligne, par exemple avec Google Maps que les internautes peuvent compléter à leur guise, à condition toutefois de ne pas en faire un usage commercial. De même, le fabricant de GPS TomTom » demande à ses utilisateurs de mettre à jour la base de données « , observe Thierry Joliveau, géographe à l’université de Saint-Etienne (Loire).
La technique de l’actualisation est utilisée dans les pays où les plans demeurent imprécis et les adresses imparfaites. Ainsi, à Beyrouth, au Liban, l’éditeur de plans Zawarib suggère aux habitants de signaler les évolutions de la voirie ou l’apparition de nouveaux repères visuels, tels que les magasins.
Le principal projet cartographique s’appuyant sur la contribution des utilisateurs demeure toutefois Openstreetmap. Née en 2006 au Royaume-Uni, cette base de données géographiques fonctionne comme un » Wikipédia de la carte « , chacun étant amené à modifier, préciser, voire invalider un fond de carte disponible en ligne.
Le document, plus ou moins détaillé selon les villes et les pays en fonction de l’assiduité des internautes locaux, ne constitue pas la plus jolie carte, mais il présente l’avantage d’être, à l’instar des logiciels libres, utilisable sans restriction.
Le Monde, 4 novembre 2009
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