Photographie : Clara Philippot

Localisation :   Ile du nord de l’archipel des Cyclades, Mykonos se situe dans la Mer Egée, en Grèce.  La photo a été prise à une extrémité du vieux port qui jouxte la ville de Khora. C’est ici que se font les départs pour l’île de Délos, site archéologique voisin de Mykonos.

Description :   Les différents plans qui se succèdent s’opposent presque les uns aux autres : au premier plan, une étendue de sable qui rencontre la mer. La presence d’une petite barque qui semble à peine amarrée apporte une pointe de couleur au tableau.  La scène du deuxième plan est beaucoup plus vivante : trois hommes sont présents, dont deux discutent, l’un sur un banc, l’autre debout, et le troisième est en marche. Ce sont peut être des ouvriers ou seulement des badauds, écrasés par un soleil de plomb.  Derrière eux, la plage continue et plusieurs coques de bateaux sont renversées à même le sable, assurant ainsi l’existence d’un port qui paraît encore petit mais actif. Au quatrième plan,  une petite église blanche jouxte un immeuble blanc également se situant à sa droite : les deux batîments sont typiquement grecs : blancs pour ne pas attirer la chaleur, teintés de couleurs plutôt vives et aux lignes très découpées et épurées.  Enfin au dernier plan, une scène presque insolite : une foule de personnes, principalement des touristes, se trouve devant un ferry dont la destination est une autre île et qui est au départ.  Le bateau est grand, surtout par comparaison aux petites barques des premiers plans.

Interprétation : On voit sur cette photo les deux visages de la Grèce : La Grèce traditionnelle, plutôt pauvre bien qu’il n’y ait pas ici de signes évidents de crise et la Grèce en tant que destination hautement touristique dès le début de la saison.  L’église semble désertée, en tout cas ignorée par les touristes qu’on imagine précipités et affairés, même de loin. En effet, les trois personnages du deuxième plan dégagent une certaine sérénité en comparaison à la foule. Pourtant la présence de cette église est significative : en Grèce, on en trouve en très grand nombre, ayant souvent la même architecture toujours simple et dont les dômes ronds contrastent avec le découpage net des côtés.

On comprend aussi l’importance du tourisme pour l’économie grecque, qui l’utilise comme une de ses sources principales de revenus : cette destination paradisiaque attire encore beaucoup de monde, surtout grâce aux îles dont le charme subsiste encore malgré le monde qui s’y trouve l’été.  Des moyens (comme le ferry qui fait la navette entre Mykonos et des îles plus au sud) sont donc utilisés pour rentabiliser au maximum le potentiel touristique des îles des Cyclades. Pourtant, les locaux ne semblent pas tant changer leurs habitudes à l’arrivée des foules et continuent leurs activités presque comme si de rien n’était.

Intérêt : Ce qui m’a surtout intéressé dans cette photo, c’est le décalage certain entre les scènes, et les multiples  facettes qu’elle permet d’aborder. Si l’on ne  regarde pas le ferry, la photo prend un sens tout autre mais sûrement moins intéressant.

Clara Philippot, HK

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photographie : François Yazbeck

Londres, capitale du Royaume-Uni, ville riche d’histoire, est traversée d’ouest en est par la Tamise, fleuve de 346 km de long au bord duquel a été pris cette photographie. Ce dernier relie par ailleurs la mégapole à la mer du Nord.

Le cliché peut se découper en deux plans : en premier lieu, à l’avant, un bateau de taille moyenne, qu’on pourrait apparenter à un bateau de plaisance, navigue doucement vers une destination inconnue, tandis qu’à l’arrière plan les immeubles et autres constructions et infrastructures se mêlent les uns aux autres pour former un bloc hétérogène assez représentatif de l’aménagement des territoires fortement urbanisés. D’ailleurs, les immeubles de verre ainsi que le gratte-ciel visible en haut à droite laissent supposer la présence d’un quartier d’affaire de l’autre côté de la rive. Les deux plans soulignés se distinguent l’un de l’autre par une sorte de ligne de démarcation matérialisée par le passage de la zone maritime à la zone terrestre. Cette séparation est accentuée par les bateaux accostés au centre gauche de l’image, et par la végétation à droite. D’un autre point de vue, on pourrait  remarquer dans le cliché l’existence d’un troisième plan en haut à gauche, point de fuite de la photo où deux grues et une haute habitation fragmentent le paysage.

L’agglomération londonienne, partie de la mégalopole européenne, centre d’impulsion mondial aussi bien sur le plan économique (sixième ville du monde par le PIB), politique (abrite le siège du Commonwealth), et culturel (grande destination touristique, elle joue un rôle important dans les domaines de l’art et de la mode), doit beaucoup de son expansion à la présence de la Tamise, mise en avant sur cette photo. En effet, le fleuve a eu une influence majeure sur le développement de la ville : à l’origine, cette dernière n’était fondée que sur la rive nord du fleuve mais la construction progressive de ponts lui a permis de se bâtir autour de lui. Aussi, se jetant dans la mer du Nord, il a longtemps représenté un moyen avantageux de communication ouvert sur l’Europe, en partie responsable de l’essor de la ville. Cependant, bien qu’un atout largement profitable, le fleuve représente aussi une contrainte naturelle pour Londres et ses habitants puisqu’il est sujet à la marée. La Tamise impose donc des aménagements particuliers pour parer à ces dangers.

Dans une autre mesure, les grues visibles en arrière plan rappellent le dynamisme encore actuel de cette ville : elle accueille en effet les jeux olympiques de 2012, pour la troisième fois de son histoire et pour la première fois depuis plus de 60 ans. La capitale britannique a pourtant fait face à des concurrents sérieux tels que la ville de New York, ou Paris. Cet événement sportif nécessite là aussi des aménagements, des infrastructures indispensables pour accueillir des sports variés et un nombre conséquent de spectateurs, le tout inscrit dans une politique de développement durable sans laquelle on ne peut jouer depuis quelques années.

L’intérêt géographique de cette photographie réside dans le fait que la ville symbolise à la fois la relation entre l’homme et les contraintes et atouts territoriaux auxquels il doit faire face, ainsi que la vitalité et le rayonnement d’une ville intégrée dans la mondialisation.

François Yazbeck, HK/AL

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photographie : Alice Becquet

Cette photographie a été prise lors d’une visite du Parc National des Arches, un site protégé situé en Utah, dans l’ouest des Etats-Unis. Dans cette zone désertique, l’eau, le gel, les températures extrêmes et les mouvements souterrains ont façonné dans le roc de nombreuses falaises, buttes et également des arches comme en témoigne la photo.

Description

Au premier plan, au centre de la photo, un escalier de pierre ocre se détache du sol sableux de même couleur, séparant ainsi le paysage en deux parties. De chaque côté de l’escalier poussent quelques buissons épars, produisant de l’ombre, rare en cet endroit.

Au second plan, l’oeil est immédiatement attiré par une arche de pierre qui constitue le point central de la photographie. De part est d’autre de l’arche s’élèvent des rochers. La photographie est prise de telle sorte que l’ouverture de l’arche reste à demi dissimulée, cette dernière semble ainsi former une porte dans un mur de pierre, une porte donnant sur le ciel que l’on voit en arrière plan. On aperçoit également quelques nuages derrière l’arche, se détachant de l’étendue de ciel bleu.

Interprétation et Justification du choix de la photographie

Le premier intérêt de cette photo est d’ordre esthétique. Le site et l’arche de pierre se dégageant sous un ciel bleu azur sont d’une beauté peu commune.
Mais j’ai choisi cette représentation en raison de l’illustration qu’elle constitue d’un rapport subtil entre l’homme et la nature. Cette arche est une merveille de beauté naturelle, qui ne doit rien à l’homme, et qui a surgi dans un milieu désertique d’où il est à priori exclu. Et pourtant l’homme est bien là, même s’il se fait discret.

En effet, les découvertes archéologiques ont confirmé la fréquentation du site par les ancêtres des indiens actuels, qui, subsistant par la cueillette et la chasse, s’accommodaient de ce milieu à priori hostile.
D’autre part, un examen plus approfondi révèle la présence de marches grossièrement taillées dans la pierre menant à l’arche, transformée aussi en voie d’accès sans avoir été enlaidie, profanée.
Cette capacité de l’homme à reconnaître la beauté d’un site naturel et à s’y soumettre tout en l’occupant, apparait ainsi mise en évidence.

Alice Becquet, Hypokhâgne AL

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photographie : Sarah Banon

Ce cliché a été pris au cœur des Alpes, à Chamonix, en Haute-Savoie.
On y voit au premier plan la vallée de Chamonix et sa végétation abondante. Puis au second plan se déploie la chaine du Mont Blanc depuis l’Aiguille du Midi jusqu’à l’Aiguille du Goûter. Le glacier des Bossons en descente et le Mont Blanc lui-même attirent plus particulièrement l’œil du spectateur.

Cette photographie – apparemment simple et purement touristique – demeure un témoin de la « cohabitation » Homme/Nature. Elle permet de constater de la manière dont l’Homme a pu adapter des conditions naturelles à une évolution de la société. Elle démontre comment l’Homme a pu surpasser les contraintes posées par cette Nature, les caractéristiques dont on a pu tirer parti. On peut également reconnaitre la présence de l’Homme au sein d’une Nature qu’il a peut-être tendance à mener à sa perte.

Les Alpes se détachent comme le théâtre d’une avancée technique et culturelle : le tunnel du Mont Blanc. En effet, construit de 1957 à 1965, il constitue un passage privilégié et facilité entre les villes de Chamonix et Courmayeur en Italie. Il permet ainsi de tisser des liens internationaux plus forts entre ces deux régions, en adéquation avec un projet de solidarité européenne et répondant au concept d’espace Schengen. L’Homme a donc su profiter d’un monument naturel pour favoriser des nouvelles valeurs de sa société. Par ailleurs, et moins spectaculaire, les habitants ont pu adapter la Nature à ses conditions de vie. Il a créé des barrages comme celui d’Emosson pour contrôler les passages de l’eau et l’exploiter (énergies renouvelables …). Par ailleurs, la ville de Chamonix – grâce à un tourisme montagnard tout au long de l’année – a pu développer une économie qui lui permet de s’inscrire (techniquement parlant par exemple) dans un monde moderne.

Mais l’Homme a également eu des impacts, néfastes, sur cet élément naturel. Aussi est-il à l’origine du recul du Glacier des Bossons amorcé à la fin du XIX e siècle. On peut également constaté d’un taux de pollution croissant, entrainé logiquement par l’apparition des automobiles dans la région du Mont Blanc.

Sarah Banon, HK/BL

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photographie : Jeanne Chevrier

Cette photographie a été prise du sentier des muletiers qui surplombe le lac de Sainte-Croix du Verdon dans les Alpes de Haute Provence.
Au premier plan, on observe des chênes rouvres (au centre) ou bien pédonculés (à gauche) derrière un lit de broussailles sèches composé de genêts, de genévriers et de graminées. C’est une végétation de semi-altitude typique de l’arrière pays provençal, car elle
nécessite peu d’eau.
A droite du premier plan descend vers le lac un petit chemin pierreux et poussiéreux.
Le sol calcaire laisse apparaître une roche blanche que l’on retrouve régulièrement dans la région (le troisième plan laisse deviner des plages de galets). Le sol agricole est d’ailleurs particulièrement adapté à la culture du fenouil, du chêne truffier et bien sûr de la lavande (on trouve en Provence un nombre important de distilleries).
Au second plan, on aperçoit le lac de Sainte-Croix. Lieu au tourisme particulièrement développé, le lac offre de nombreuses possibilités d’activités nautiques (locations de canoës, de bateaux électriques ou encore de pédalos), profitant de l’attraction des gorges du Verdon au milieu desquelles il est construit. En effet, artificiel, il a été créé en 1973 par la construction d’un barrage par l’Electricité De France, engloutissant ainsi le village des Sallessur-Verdon qui fût déplacé vers les hauteurs. Les habitations furent totalement rasées avant le remplissage. Aujourd’hui, le lac permet également aux canadairs de venir chercher de l’eau quand les fréquents incendies de forêt se déclenchent.
Au dernier plan, on peut voir devant les montagnes le nouveau village des Salles, au dessus du lac. Il est le point de départ de beaucoup de randonnées amenant les touristes ou randonneurs confirmés à emprunter des sentiers, plus ou moins dangereux,, des gorges aux
sommets entourant le lac, le plus grand étant le grand Margès (1577 mètres d’altitude). Un peu plus haut vers la droite se trouve Aiguines, dont le château privé (à droite) date du XVIIème siècle. Une partie du territoire communal a été immergée lors de la construction du barrage.
Si cette photographie semble initialement représenter un paysage paisible où la nature semble avoir tous les droits, il en va autrement des conséquences sociales occasionnées par le projet de construction du barrage de Sainte-Croix. Car tout touriste ne sait pas
automatiquement qu’au fond de ce lac profond sommeillent les racines des anciens habitants du village englouti. Paradoxalement, le lac demeure, pour la population, l’emblème de la richesse, du progrès, mais aussi de la destruction et de l’arrachement.

Jeanne Chevrier, HK/AL

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