Des systèmes spatiaux en prospective. Territoires 2040. Revue d’études et de prospectives N°4. Datar, La documentation française, 2011.

 

L’exercice de science fiction auquel se livre la DATAR dans la revue Territoires 2040 est en soi un sacré challenge. C’est même un exercice de haute volée puisqu’il s’agit de demander à des géographes, des économistes, des politistes d’inventer le futur urbain du pays. Martin Vanier avait marqué de sa pâte le volume 2 sur la périurbanisation, Michel Lussault prends le relais. Pour cela, pas question de donner une seule version de notre avenir mais il s’agit d’analyser des tendances qui pourraient se dégager. Michel Lussault propose ainsi différents scénarios (Horizon) et leurs variantes sur la thématique de l’urbain métropolisé : hyper métropolisation de la France au détriment d’espaces marginalisés, mise en place de méga régions à dimension européenne (organisée autour de neuf métropoles régionales), généralisation de la périurbanisation ou bien encore la mise en place d’un peuplement diffus. Le tout est illustré par une cartographie « rock and roll », œuvre de Karine Hurel qui s’inspire du street art avec des polices de caractères dignes de taggeurs. Si les normes cartographiques sont bouleversées, force est de constater que le message passe efficacement et permet de comprendre les différents enjeux des scénarios. Pour illustrer l’article sur le devenir des villes intermédiaires et leurs espaces de proximité, Karine Hurel a retenu un design années 1970. C’est nouveau dans la manière de faire de la cartographie mais rafraichissant car cela renouvelle la manière de voir notre pays et c’est surtout très efficace graphiquement.

 

Au-delà de la forme qui mérite en soi d’être retenue, le fond donne du grain à moudre. L’article consacré aux villes intermédiaires propose ainsi un scénario 1 effrayant : « Les communautés incertaines ». Les chercheurs réunis autour de l’économiste Francis Aubert pronostiquent un accroissement des inégalités entre les populations résidentes dans les centres et dans le périurbain proche (là où ont été construits les écoquartiers modèles) des villes intermédiaires (Reims, Dijon, Vannes, La Rochelle) et le périurbain éloigné. « Face à ces zones de fermeture volontaire marquées par les classes les plus aisées et les plus âgées, s’érigent des zones de forte densité de population où le bas coût du logement est le critère à peu près unique de choix, en quartier périphérique ou aussi en zone périurbaine d’accès malaisé. »

 

Ce volume de Territoires 2040 a inspiré l’exposition qui se tient au Palais de Iéna jusqu’au 31 mai sur la France 2040 (du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures, métro Iéna, se munir d’une pièce d’identité, gratuit). On peut même dire que l’exposition est la partie la plus aboutie de l’ensemble. Si la thématique de la prospective y est très présente, il y a des cartes et des cartogrammes formidables sur la situation de la France actuelle, qui ne sont pas présents dans le volume chroniqué. Vous retrouverez tout cela sur le site de la DATAR : http://territoires2040.datar.gouv.fr/spip.php?rubrique54&revue=  Toutes ces productions sont à même de renouveler notre manière de faire de la géographie, tant elles posent les bonnes questions sur notre espace.

 

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

 

 

 

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , ,


 

Les périphéries ont voté haut et fort, alors que l’abstention a progressé dans les centres urbains. Analyse géo-électorale du premier tour de la présidentielle, par Hervé Le Bras et Jacques Lévy.

Le Front national se renforce en France mais s’affaiblit dans les villes. Cette carte spectaculaire montre que la signification politique des gradients, autrement dit des degrés d’urbanité, est maximale lorsqu’il s’agit de l’extrême droite. Depuis 2002, le rejet de Jean-Marie puis de Marine Le Pen par les habitants des grandes agglomérations s’est confirmé.

Les électeurs de l’agglomération parisienne et de presque toute l’Ile-de-France confirment clairement leur refus de banaliser le FN, tandis que, à l’inverse, les périphéries les plus lointaines, dans l’Oise, l’Aube ou l’Yonne, renforcent leur adhésion à ce parti. Marine Le Pen ne s’y est pas trompée en s’attaquant directement aux habitants des centres-villes lorsque, depuis son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 15 avril, elle brocardait les Parisiens, traités de  » bobos «  et stigmatisés pour s’adonner au brunch et au Vélib’.

En 2012, les grandes villes de la moitié nord et est du pays – cette France qui regroupe les bastions de la géographie lepéniste – rejoignent celles de l’autre moitié. Strasbourg, Mulhouse, Nancy, Dijon, Besançon, Lyon, Chambéry, Grenoble présentent désormais des scores faibles, comme ceux des villes de l’Ouest et du Sud-Ouest qui avaient exprimé leur rejet depuis plus longtemps. Dans le Midi méditerranéen, enfin, Aix-en-Provence et Montpellier résistent, Marseille, Avignon, Nîmes et Perpignan hésitent, dans un environnement chauffé à blanc.

La grande différence entre ces deux moitiés de la France porte sur le périurbain : au nord et à l’est, ces zones urbaines situées à l’écart des agglomérations manifestent une forte adhésion à la candidate du Front national. Au sud et à l’ouest, le périurbain est davantage tenté de soutenir le FN, mais ce soutien reste à un niveau inférieur à la moyenne nationale. Ce sont alors les marges  » hypo-urbaines « , à l’extérieur des aires urbaines, qui constituent les zones de force de l’extrême droite. Au contraire, au nord et à l’est, le périurbain choisit plus franchement Marine Le Pen.

L’espace du lepénisme, tout en se renforçant en masse, tend à perdre une part de sa consistance territoriale. Il est fait de filaments nombreux mais interstitiels, qui tissent une trame en négatif de celle des grands réseaux de communication. C’est l’espace du retrait, imposé ou volontaire, vis-à-vis de l’espace public. Inversement, l’urbanité, ce mélange de densité et de diversité, se comporte, vis-à-vis du Front national, comme un bouclier renforcé. Cette élection montre donc une radicalisation de l’espace de l’extrême droite : l’adhésion ou le refus dessinent des espaces de plus en plus étanches les uns aux autres.

Jacques Lévy, Le Monde, 25/04/2012

Mots-clefs :, , , , , , , , ,




This map reflects the number of heavy metal bands per 100,000 inhabitants for each country in the world. It codes the result on a colour temperature scale, with blue indicating low occurrence, and red high occurrence [1]. The data for this map is taken from the extensive Encyclopaedia Metallum, an online archive of metal music that lists bands per country, and provides some background by listing their subgenre (Progressive Death Metal, Symphonic Gothic Metal, Groove Metal, etc).

lire la suite sur

http://bigthink.com/strange-maps/560-a-world-map-of-heavy-metal-density

 

Mots-clefs :, , , ,


http://www.julienlavault.com/web/reseaux-sociaux-communautes

« Alors que de plus en plus de villes – Rennes, Nantes, Paris, Bordeaux, Lyon, Lille…- mettent désormais en ligne des données publiques et développent des applications traitant ces données, la révolution de l’open data mobilise désormais la majorité des acteurs publics, Etat, administrations, établissements publics, collectivités locales, entreprises elles-mêmes. Quelques mois après la mise en ligne de la plate-forme date.gouv.fr, la mission interministérielle Etalab (etalab.gouv.fr) chargée d’inciter et coordonner la politique d’ouverture des données publiques vient de lancer Dataconnexions, une plate-forme qui vise à fédérer les partenaires potentiels de l’open data : développeurs, chercheurs, start-up, porteurs de projets innovants… Une trentaine d’acteurs de l’économie numérique se sont déjà associés à Dataconnexions : mastodontes technologiques (Google, Microsoft, Orange), entreprises publiques (La Poste, SNCF), écoles et centres de recherche (Inria, Epita…), entreprises conseils (MacKinsey & Company), pôles de compétitivité (Cap Digital, Silicon Sentier…) …. Réunis le 16 février devant la presse, tous confirmèrent leur intérêt pour l’open data, dont la vertu démocratique cache aussi un important potentiel économique en termes de création d’emplois notamment. »

Lire la suite dans Les Inrocks, N°848, 29/02/2012

Lire l’interview de Sébastien Naudet, président d’Etalab sur lesinrocks.com

Mots-clefs :, , , , , , , , ,


REPORTAGE | LEMONDE | 11.02.12

Gonesse (Val-d’Oise) Envoyé spécial – Le froid givre les champs que longe, au loin, l’autoroute. Derrière l’artère d’où parvient un vrombissement continu, on distingue les cubes bleus d’un centre commercial, muraille de la ville qui se dresse. Soudain, dans l’air glacé, surgissent des lièvres qui gambadent et se rassemblent. « Il y en a des dizaines à travers ces champs, et aussi beaucoup de perdreaux, dit Dominique Plet. J’ai même déjà vu des automobilistes s’arrêter au bord de l’autoroute et descendre pour en tirer au fusil ! »

M. Plet a 68 ans et cultive des céréales sur un des derniers espaces agricoles proches de Paris, au sud de l’aéroport de Roissy, une enclave couvrant près de 1 000 ha et qu’on appelle le Triangle de Gonesse. « Nous en sommes à la cinquième génération à travailler ici, et mon fils est mordu, il veut reprendre, on veut rester agriculteurs. » Ils sont moins d’une dizaine de paysans à exploiter ces riches terres d’Ile-de-France.

Mais l’avenir est incertain. Car c’est sur le Triangle de Gonesse qu’Auchan, le deuxième groupe français de distribution commerciale, envisage de lancer une opération géante, sous le nom d’Europa City, pour un investissement de 1,7 milliard d’euros. Sur 80 hectares s’étendrait un megacentre culturel et de loisirs, comprenant un musée à la surface comparable au Centre Beaubourg, une piste de ski, un cirque permanent, et 250 000 m2 de commerces et de restaurants. Autour, des immeubles de bureaux. Une étude réalisée pour la filiale Immochan, qui pilote le projet, estime que celui-ci créera 11 500 emplois directs et 6 000 indirects. La clientèle ? Une partie des 63 millions de voyageurs qui transitent par l’aéroport, les populations locales, et des Parisiens attirés par ce centre qui prétend renouveler la consommation et qui sera « environnementalement positif ».

Europa City serait dotée d’une gare, construite dans le cadre du Grand Paris, et d’un barreau ferroviaire reliant la Défense et le Parc des expositions de Villepinte. Par ailleurs, un terrain de golf de 90 ha et une zone d’activité de près de 200 ha seraient créés.

« Le Triangle de Gonesse est le morceau d’une stratégie plus globale sur tout le territoire entre Roissy et Le Bourget, dit Hervé Dupont, directeur de l’établissement public d’aménagement de la Plaine de France. La tendance antérieure était d’utiliser les espaces près des aéroports pour faire de la logistique. Maintenant, on cherche plutôt à faire du techno-tertiaire. »

Une évolution qui pourrait revaloriser l’image des villes les plus proches – Gonesse, Sarcelles, Aulnay-sous-Bois -, qui souffrent d’un taux de chômage important. Pour les élus, la promesse d’embauches est prioritaire. « Si la moitié des emplois prévus pouvait revenir sur la zone, ce serait une bonne chose, dit Michel Montaldo, conseiller général (PR) du canton de Garges-lès-Gonesse. Par exemple, on s’aperçoit que le grand stade à Saint-Denis n’a pas créé d’emplois pour les populations pauvres du coin. On voudrait une contractualisation avec Europa City pour pouvoir obtenir des formations adaptées. »

Mais le projet soulève une vive opposition locale, menée par un collectif de dix-sept associations qui contestent l’avancée silencieuse du projet. « Les gens à Gonesse ne sont pas du tout informés par la mairie », dit Mohammed Ouerfelli, de l’Association des habitants de l’est du Val-d’Oise (Adhevo). Une enquête publique sur la « réserve foncière » des superficies concernées va s’ouvrir le 20 février.

PROJET DÉMESURÉ

Les opposants critiquent surtout la destruction des terres agricoles, même si un « carré vert » de 400 ha serait sanctuarisé : « Tous les politiques disent qu’il faut préserver les terres agricoles, observe Bernard Loup, de Val-d’Oise Environnement. Mais on ne voit rien changer sur le terrain ; au contraire, la consommation des terres agricoles s’accélère. »

Lire la suite sur Le Monde.fr

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , , ,